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Sculpture en métal. — Numismatique. 54 IV. Glyptique f)6 Peinture et calligraphie 70 Ci 1. Notions générales 70 II. Calligraphie 71 III. Peinture sur verre 76 IV. Peinture à IMiuile 89 v. Peinture en broderies 97 M, Mosaïque 99 VII. Portraits 102 (Gravure 103 Kmaillerie sur métaux 105 i I. Ëmaux incrustés 107 II. Ëmaux translucides sur relief 154 III. Émaux peints 166 I)AMASQUI?iEK1E 198 Akt du lapidaire 202 Orfêvbebie 206 Artcébamique 275 i I. Poteries byxantines 276 II. Faïence vernissée et émaillée des fabriques d'Espagne et d'Italie 282 III. Faïence fine française, dite de Henri II 30:» IV. Faïence émaillée de Bernard Palissv 307 V. Grès-cérame de Flandre et d'Allemagne 313 'p' vi. Porcelaine 31 « vj TABLK Pagrt. VlllllERlE ;»2<| J I. Verrerie dans Tantiquilé 320 II. Verrerie chez les Grecs du Bas-Empire 33. 'i m. Verrerie vénitienne 339 IV. Verrerie allemande 358 Art de l'armurier 360 Serrurerie 368 Horlogerie 361) Mobilier civil et reugieux 373 Hi I Mobilier religieux 373 II. Meubles à Tusage de rhabitation 373 m. Objets usuels S8f SECONDE PARTIE.— Monuments orientaux 387 $ I. Arts libéraux et industriels 387 Sculpture , . 387 Peinture 388 Mosaïque et marqueterie 390 Calligraphie 390 Ëmaillene sur métaux 39i Art du lapidaire 393 \ 11. Industries artistiques 393 Orfèvrerie 393 Art céramique 394 Art de Tarrourier 399 Vernissure 400 Meubles et objets usuels 402 DESCRIPTION DES MONUMENTS. PREMIÈRE PARTIE. — Monuments européens 411 Sculpture 41 1 $ i. Sculpture en bois 411 II. Sculpture en marbre et en matières tendres 44 f m. Sculpture en ivoire 450 IV. Sculpture en métal 4 76 1. Objets d'or et d'argent 476 2. Bronzes • 480 3. Fers 48j PES DIVISIONS. vij V. Nuoiisinalique * 487 VI. Glyptique 489 t. InUilles 480 2. Camées 480 :i. Figurines el bustes eu matières précieuses 492 Pekntl'be. . 495 !i I. Peinture en détrempe 495 1 . Miniatures d^ancien manuscrits 495 2. Aquarelles, gouaches el miniatures 503 II. Pe nlure sur verre 505 1 Vitraux français et allemands 505 2. Vitraux héraldiques de la Suisse allemande 507 :<. Peinture opaque sur cristal de roche . 515 m. Peinture à rhuile 517 IV. Peinture en broderies. . ' 521 V. Mosaïque 522 VI. Portraits 523 Gbavube 631 Calliuraphie 641 èmailixrie sl'r métaux 569 '7 ^ I. Faïence des fabi iques hispano-arabes 077 11. Terres vernissées et émaillées des fabriques dltalie. . . 077 m. Faïence fine française du xvi* siècle. .......... 081 IV. Faïences émaillées de Bernard Palissv 08"» V. Faïence émaillée allemande 088 VI. Grès-cérames de Flandre et d'Allemagne 688 Vil. Porcelaines de diverses fabriques européennes 089 Verrerie 091 5 1. Verroterie antique 091 II. Verroterie de Venise 092 1 . Verre blanc 692 2. Verre teint 090 '^ 3. Verre émaillé » 098 4. Verre à ornementation filigranique 701 5. Verre doublé à réseau de filigranes 707 6. Verre-mosaïque 708 % 111. Verroterie émaillée allemande 709 IV. Verroterie de diverses fabriques 7U Art DE l'armurier 712 \ !.. Armes défensives. — Parties d'armures 712 II. Armes offensives de main 715 m. Armes à feu et pulvérins. 717 Serrurerie 721 Horlogerie 725 $ I. Horloges et pendules 725 II. Montres 729 Mobilier civil et religieux 735 % I. Mobilier religieux 735 II. Meubles, cabinets et coffrets 747 III. Objets usuels 757 SECONDE PARTIE. — Monuments orientaux 707 Sculpture 707 ji I. Sculpture en bois. — Ouvrages chinois 707 11. Sculpture en matières tendres. — Ouvrages chinois. . . 709 m. Sculpture en ivoire 771 1. Ouvrages chinois 771 2. Ouvrages indous 772 IV. Sculpture en bronze 772 1. Ouvrages chinois 772 2. Ouvrages indous 773 0 DES DIVISIONS. ix Pf.intlke 77.% % 1. Peinture en détrempe 775 I. Ouvrages chinois 775 t. Ouv rages indous. 776 II. Peinture sur verre. — Ouvrages chinois 785 Mosaïque et marqueterie 787 1. Ouvrages chinois 787 2. Ouvrages indous 790 CALLIGRAraiE 791 ÊMA1LLER E 793 ( I. Ëmaux incrustés 793 1 . Ouvrages chinois 793 î. Ouvrages indous 795 II. Ëmaux peints — Ouvrages chinois •. . . . 795 Art du lapidaire 797 J I. Bfatières dures 797 1. Ouvrages chinois. . '97 2. Ouvrages indoos 801 il. Albâtres et matières tendres. — Ouvrages chinois .... 802 OnrÉVRERlE 805 % I. Orfèvrerie 805 J. Ouvrages chinois 805 S* Ouvrages persans et turcs 800 11. Bijouterie 807 1 . Ouvrages chinois 807 S. Ouvrages indous 807 3. Ouvrages persans 808 Art céramique 809 % I. Terres diverses et grès. — Ouvrages chinois. 809 II. Porcelaines 810 1. Porcelaine de la Chine 810 2. Porcelaine du Japon 81.i m. Vitrification. — Ouvrages chinois 815 Art de L'ARMURIErt . 817 Vbbivissure 8*23 \ I. Laque du Japon 823 i . Laque noir à dessins d'or 823 2. Laque aventuriné à dessins d'or 825 3. Laque rouge et laque vert à dessins d'or 827 II. Laque de la Chine 827 n TABLE DES DIVISIONS. HoeiLIKH Hïil ^ I. Meubles, cabineu et cufTrets uni 1. Ouvrsge^i cbinoid et japoiiajs oiit 3. Ouvrages indous sïii 11. Objets usuels 8jii I. Ouvrai^es cliiaois uw i. Ouvrages du Tong'kini; 83a 3. Ouvrages indous Hîti 4. Ouvrages arabes S3T TaBLS des MATltBES SSU Liste des artistes cités K5:t rLARcaïa. INTRODUCTION HISTORIQUE. INTRODUCTION. Le fityle de la renaissance italienne et le gciût pour les arts •le l'antiquité s' étant répandus en Europe au commencement du seizième siècle, tous les èditîccs élevés depuis la décadence del'erapire romain, toutes les productionsartistiquesdu moyen &ge tombèrent dans le mépris, et, à quelque époque qu'ils apjpartinssent, furent également confondus sous la dénomina- tion impropre As gofhiqttes . Bientôt il passa pour constant que l'art avait été anéanti durant tout le cours du moyen Age, ou du moins qu'il ne s'était montré que dans un état de dégra- dation complète. On supposa sans examen qu'il n'y avait plus aucune utilité, aucun enseignements tirer des immenses travaux de cette longue période. Les artistes en toutes choses ne chercheront leurs inspirations que dans les ouvrages anti- ques, et toute la science archéologique fut réservée à l'étude et à l'interprétation des monuments des anciens. Les édifices du moyen &ge eurent cruellement 4 louffnr pendant les trois cents années que subsistèrent dans toute 2 INTRODUCTION, leur force ces injustes préjygés. Néanmoins, à la fin du dernier siècle, les châteaux de la féodalité, bien que poursuivis pai* la politique des rois et affreusement démantelés pour la plu- part, laissaient encore sur le sol des preuves gigantesques de leur existence; quelques-uns des monuments de Tarchitecture civile avaient pu échapper à la reconstruction dans plusieurs de nos vieilles cités, et les églises, protégées longtemps par leur destination et ensuite par leur solidité, avaient résisté en grand nombre aux atteintes de toutes sortes qu elles avaient eu à subir : nos grandes, cathédrales étalaien)| encore toute leur magnificence. , ,- -y Aussi, au commencement de la Restauration, lorsque les exagérations de Técole de l'Empire eurent amené une réaction dans les idées, cette réaction s'opéra d'abord en faveur de Tarchitecture , qui pouvait fournir à l'étude de nombreux matériaux. Les grands édifices du moyen &gc, devant lesquels où passait indifférent tout le temps qu'ils furent réputés bar- bares, apparurent dans toute leur beauté, et l'on reconnut aussitôt l'intérêt qu'il y avait à étudier et à suivre, sur ces monuments encore debout , la marche de l'art à travers les siècles passés. Des hommes studieux se mirent à explorer nos provinces pour découvrir les édifices subsistants; des sociétés se formèrent pour en assurer la conservation; des érudits purent en retracer l'histoire, et l'on vit s'ouvrir sur plusieurs points de la France des cours d'archéologie nationale, utilité de l'étude On comprit alors que le sentiment de l'art n'avait pas dû ^, ****»... se manifester seulement dans l'architecture, dans la sta- objels mobiliers du moyen à«e tuairo et dans la peinture monumentales ; que les instruments Cl de ^^ culte, les meubles, les armes, les joyaux et même les la renaissance. ^ ^ ^ . ustensiles domestiques devaient porter aussi l'empreinte du talent et de l'imagination des artistes des anciens temps, et pouvaient servir de témoignage irrécusable du caractère de chaque époque. On regarda comme évident que la connais- sance des monuments de la vie privée de nos aïeux devait être d'un grand secours aux historiens de cette période si peu connue du moyen âge, vers laquelle se dirigeaient toutes les études historiques , et qu'elle était indispensable à l'artiste qui , INTRODUCTION. ;i abandonnant les sujets grecs et romains, voulait reproduire les scènes de notre histoire nationale. Le style grec de l'Empire avait eu d'ailleurs une influence plus flSk^heuse sur les meubles que sur les édifices ; rien n'é- tait moins approprié à l'ornementation des objets mobiliers que les emprunts faits à l'antiquité grecque et romaine. On sentait donc aussi la nécessité de retremper à d'autres sources toutes les productions de notre industrie artistique, et de faire revivre les monuments de la renaissance dont le style s'adaptait d'une manière si heureuse à la décoration des meubles, des armes, des vases et des bijoux. Tous ces motifs, qui rendaient la connaissance des objets meubles du moyen âge et de la renaissance aussi nécessaire que celle des édifices, furent parfaitement appréciés, mais les ma- tériaux manquaient complètement à l'étude. Les meubles n'a- vaient pu, comme les édifices, résister à l'action destructive du temps. D'autres causes d'ailleurs en avaient amené l'anéantis* sèment presque complet. Pour les productions des arts indus- triels du moyen âge, ce n'était pas seulement du seizième siècle qu'il fallait en dater la perte : chaque siècle à son tour, dominé par l'empire de la mode et par le goût du changement, avait méprisé, détruit et transformé en objets nouveaux, lors- qu'il était possible de le faire, le mobilier civil et religieux des âges précédents. Ainsi Suger, au commencement du douzième siècle, qualifiant de barbares les artistes qui, dans les siècles an- térieurs, avaient exécutas plus précieux morceaux du trésor de son église de Saint-Denis^ substituait à leurs œuvres celles des premiers mattres de son temps ; et ceux-ci , trois siècles plus tard, recevaient à leur tour la dénomination de barbares que le célèbre abbé avait donnée à leurs devanciers. Quant aux objets mobiliers du seizième siècle, leur forme si pure et si graci ^use, les ornements si fins, si délicats qui les décoraient, les ara- besques si spirituellement composées, les figurines si capri- cieuses dont ils étaient enrichis, tout cela avait paru mesquin an siècle de Louis XIY, qui traita la renaissance comme la renaissance avait traité le moyen âge. Sous Louis XV, la no- blesse du style, à laquelle visaient lep artistes du grand roi. 4 INTRODUCTION, fut taxée (le louitleur, et les objets niobilici^s subirent une nouvelle transformation, d'où résulta le maniéré et la profu- sion des ornements. Enfin Tamour exclusif de l'art grec et le • mouvement révolutionnaire et anti-religieux de la fin du dix- huitième siècle portèrent le dernier coup aux productions des arts industrielt de toutes les époques antérieures. Avant donc de remettre en lumière les arts du moyen âge et de la renaissance dans leur application aux monuments de la vie privée et d'en pouvoir tirer des enseignements profita- bles, il fallait chercher et recueillir les débris dispersés de ces monuments. Dédaignés depuis plusieurs siècles, ils se trou- vaient enfouis dans les réduits les plus obscurs des sacris- ties, relégués dans les greniers, employés aux usages les plus vulgaires, livrés aux enfants et répandus dans une foule de mains qui en ignoraient la valeur. Les difficultés attachées à ces recherches ne rebutèrent pas cçrtains esprits studieux, actifs et patients, qui prirent à cœur tout à la fois de compléter la réhabilitation des antiquités du moyen âge, et de substituer à la monotone imitation des mo- dèles de l'antiquité grecque des conceptions variées qui pus- sent s'appliquer, suivant le besoin, aux instruments du culte, aux meubles, aux armes, aux vases, à tous les objets usuels que l'art se plait à embellir. ArchéoiogiicB Déjà dans les premières années de ce siècle, à une épo- qui 86 BODt ^Q ^^ l'école française était prédominante et professait le occupés * ^ ' ... les premiers pIus profond dédain pour tout ce qui s'éloignait des tradi- ** wir^atei!* ^^*^^^ classiques, quelques hommes avaient commencé à re- cueillir les monuments meubles de l'antiquité des sociétés mo- dernes. C'est un devoir que de rappeler les noms de ces sa- vants, qui furent les promoteurs de la révolution artistique opérée de nos jours. M. Alexandre M. Alexandre Lenoir mérite d'être placé au premier rang. Lenoir. jj^yg jg Dovcn, il avait cultivé la peinture jusqu'en 1 790. A cette époque il conçut l'idée, aussi patriotique qu'elle était heureuse, de réunir dans un seul dépôt tous les monuments des arts de l'ancienne monarchie française qui se trouvaient exposés H la destruction par suite do la suppression des mai- INTRODUCTION, sons religieuses. Son projet, soumis à Bailly, premier maire de Paris, fut accepté par l'Assemblée nationale, et le comité d'aliénation des biens nationaux nomma l'auteur du projet conservateur de ces monuments. On ne pouvait faire un meil- leur choix. M. Lenoir n'épargna rien durant la tourmente révolutionnaire pour remplir la noble mission qu'il avait reçue. Souvent ce fut au péril de ses jours qu'il arracha de précieux monuments aux coups du vandalisme. Ce zélé pieux de M. Lenoir lui a valu d'être cité avec honneur dans les annales de notre époque*. En 1796 le riche dépôt où M. Le- noir avait réuni près de cinq cents objets fut érigé en musée dans l'ancien couvent des Petits- Augustins, sous le nom de Musée des monuments français. Tout y fut disposé par les soins du savant archéologue. Six salles renfermaient tous les monuments du moyen &ge ; les magnifiques mausolées de Louis XII, de François I" et de Henri II, qu'il avait arrachés à la destruction en 1793, s'y trouvaient aussi rétablis. En rassemblant ainsi les plus beaux morceaux de la sculp- ture nationale des temps passés, M. Lenoir n'aurait pas osé braver le goût et les opinions de son époque jusqu'à placer dans son musée des objets mobiliers du moyen &ge et de la renaissance, et, sauf quelques magnifiques émaux de Limoges dont il avait décoré le tombeau de Diane de Poitiers, le Musée des monuments français n'avait reçu que des morceaux de sculpture et d'architectiure. Mais M. Lenoir comprenait trop bien tout l'intérêt qui 8*to;achait également aux monuments de la vie privée des anciens temps pour négliger de les re- cueillir, et tout en remplissant le mandat que l'Etat lui avait ' . confié, il sut aussi sauver de la destruction une foule d'objets ^^ de cette nature, pour en former une très belle collection. Cette collection a été vendue en 1837, peu de temps avant sa mort ; on en retrouvera plusieurs pièces des plus curieuses ^ dans le cabinet dont nous allons donner la description. M. Vivant Denon, directeur des musées sous l'Empire, m. nciion commença dés sa jeunesse à réunir des objets d'art pendant ^ - f I) M. Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. II, p. 148. - — :; (» INTRODUCTION, un séjour de plusieurs années qu'il fit en Italie. Plus tard, ayant suivi le général Bonaparte en Egypte, il trouva dans ce curieux pays de nouveaux objets à ajouter à ses collections. Les antiquités égyptiennes, grecques et romaines, les mé- dailles, les beaux dessins des grands mattres de l'Italie étaient en majorité chez lui ; mais bien que M. Denon, intimement lié avec David, fftt attaché à l'école classique, il avait su apprécier le mérite des monuments du moyen &ge et du sei- zième siècle, et lutilité qu'on pouvait retirer de leur étude. Aussi il avait donné à ces monuments une place honorable dans son cabinet. En 1826, après la mort de M. Denon, toute sa collection fut vendue aux enchères. M. wiUomin. M. WiUcmin, artiste graveur, avait publié, dans les der- nières années du dix-huitième siècle, sous le titre de Meubles et ustensiles des Grecs et des Romains, et sous celui de Choix de costumes et de meubles des peuples de V antiquité, deux ou- vrages qui devinrent, dès leur apparition, le manuel des pein- tres, des sculpteurs et des ornemanistes de l'école de David. En pénétrant ainsi jusque dans les détails les plus minutieux des arts industriels de l'antiquité, M. Willemin s'aperçut que les modèles empruntés aux arts des anciens peuples de rÉgypte, de la Grèce et de l'Italie ne pouvaient suffire à l'activité de la génération nouvelle ; qu'il fallait songer à exhu- mer tous les monuments de l'art national du long oubli dans lequel ils étaient plongés, et que g était une œuvre éminem- ment utile que de les faire connaître par la gravure. Pour y parvenir, il se fit antiquaire, et rassembla une grande quan- tité di'objets d'art du moyen âge et de la renaissance ; puis il commença, en 1806, à publier par livraisons, sous le titre do Monuments français inédits, une suite de monuments de tous les arts libéraux et industriels de ces deux époques. Cette publication, pour laquelle M. Willemin n'épargna ni soins, ni sacrifices, ni voyages multipliés, dura trente années. Le bon choix des pièces reproduites, la scrupuleuse fidélité qui carac> térise toujours ses illustrations et leur bonne exécution firent apprécier cet ouvrage, qui répandit plus qu'aucun auti*e, parmi les artistes et dans le public, la connaissance do nos anti- Du Sommerard. INTRODUCTION. 7 quités nationales ' . La collection de M. Willemin a été vendue pièce à pièce et dispersée avant sa mort, arrivée en 1 839 . M. Revoil, bien qu'élève de David, guidé par un goût natu- m. nevuii rel et par la fréquentation du Musée des Petits-Augustins, se passionna pour les objets d'art du moyen âge et de la renais- sance, et commença à Paris une collection qu'il transporta en- suite à Lyon. Cette collection, qu'il n'avait cessé d'augmenter, était devenue considérable et très précieuse par le choix des objets, lorsque le roi Charles X en fit l'acquisition pour la pla- cer dans les salons du Louvre, où elle est exposée aujourd'hui. M. Du Sommerard, à son retour de l'armée d'Italie, entra m. en 1807 à la cour des comptes. Il put alors se livrer à son pen- chant pour les arts des temps anciens, et se mit à la recherche des monuments du moyen âge et du siècle de François I*^ Sa collection, à laquelle il consacrait tous ses loisirs et qu'il aug- mentait chaque jour, était devenue en 1832 l'une des richesses archéologiques de Paris. Ce fut alors qu'il eut l'idée de la transporter dans l'ancien hôtel de Cluny, qui devint, grâce à l'amabilité extrême avec laquelle il accueillait tous les ama- teurs, un véritable musée public. Tous les dimanches il y avait foule chez lui comme au Louvre. Ce n'était pas assez pour le savant archéologue d'abandonner à la curiosité et souvent à l'indiscrétion du public les reliques historiques qu'il avait ras- semblées avec tant de peine; il se plaisait encore à expliquer toutes choses, et répandait autour de lui la science qu'il avait acquise par de longues études. Par là M. Du Sommerard a vé- ritablement popularisé le goût de nos antiquités nationales*. (I) La variété de sujets et de motifis que M. Willemin a jetée dans sa publication et le défaut de classification méthodique auraient rendu son ouvrage insufiSsant dans Tétat actuel des connaissances archéolo- giques ; mais le texte précis, exact et instructif dont M. André Pottier a accompagné les planches, en a lait un livre du plus haut intérêt, qu'on peut regarder comme une savante histoire de Part pendant les deux grandes époques que M. Willemin s^était proposé de faire con- naître. (1) La collection de M. Du Sommerard est devenue la propriété de TËtat, en vertu d'une loi du 29 juillet 1843, qui a également autorisé 8 INTUODUCTION. M. sauvageoi. M. Sauvageot, intimement lié avec M. Willemin et M. Re- voil, puisa dans la société do ces savants antiquaires le goût pour les belles productions du moyen âge et de la renaissance. Guidé par les conseils de ses deux amis, il commença vers la même époque que M. Du Soramerard à former une collection. Ses recherches se portèrent de préférence sur les monuments des arts et de l'industrie du seizième siècle qui présentaient une forme agréable et un dessin pur et correct. Cette collec- tion possède d'excellents portraits de Janet, de ravissantes miniatures à l'huile, de très belles pièces de ce service de faïence exécuté, dit-on, pour Henri II ; nulle autre ne renfenne une suite aussi complète de terres émaillées de Palissy. Les émaux, les verreries, les fines sculptures sur pierre et sur bois, les armes, tout en un mot est de premier ordre dans cette pré- cieuse collection chérie des artistes. Depuis près de trente ans. M. Sauvageot n'a jamais cessé de l'augmenter avec amour et persévérance. M. currwid. M. Carrand préluda àla recherche des antiquités par de pro- fondes études sur nos anciennes chroniques, sur les ouvrages que nous ont laissés les savants bénédictins et les traités de diplomatique. Aussi les vieux manuscrits et les monuments du moyen âge, surtout ceux dont la connaissance et l'inter- prétation exigeaient des recherches scientifiques, furent prin- cipalement l'objet de ses investigations. A la suite de plusieurs voyages en Italie et dans diverses provinces de la France, il parvint à réunir des objets de choix, tous précieux, non- seulement par leur exécution, mais encore par les documents intéressants qu'ils fournissent à l'histoire de l'art, aux usages religieux et aux habitudes de la vie domestique durant la pé- riode du moyen âge. Nommé au concours, en 1826, archiviste de la ville de Lyon, sur quatorze prétendants, M. Carrand put fouiller & l'acquisition de Thôtel de Cluny, où cette collection se trouvait con- servée. Cet hôtel, réuni au palais romain des Thermes, forme aujour- d'hui un musée d'aiilîquitôs nationales, musée qui, sous Thabilo direc- tion de M. Edmond Du Sommerard, s'est déjà augmenté, depuis trol< ans seulement qu'il est ouvert, de monuments très précieux. INTRODUCTION. 9 son aise dans les trésors confiés à sa garde. 11 puisa de nou- Telles connaissances dans les documents que lui fournirent ces vieux manuscrits , ces chartes délaissées depuis long- temps, et acquit ainsi, sur les antiquités du moyen âge, une science dont il n'est point avare, et qui donne à ses opinions archéologiques une puissante autorité. M. le comte de Pourtalès, possesseur de très beaux anti- M.iecumic ques, de vases grecs et étrusques de premier ordre et d'une ^^ ^*^'^^^'^- magnifique galerie de tableaux des grands mattrcs italiens , idlemands et flamands, comprit, en amateur éclairé des arts, toute la portée du mouvement archéologique qui se manifes- tait, et s'empressa d'ajouter à ses collections de nombreux objets du moyen âge et de la renaissance, parmi lesquels se trouvent des pièces d'un grand prix et du plus haut intérêt. M. le comte de Monville, M. Brunet-Dcnon et M. Fiérard m. de Monviiie avaient également collecté un assez grand nombre d'objets *^^*"^*^^- précieux. Tels étaient avant 1830 les antiquaires qui, dans le but que nous avons indiqué, luttèrent d'efforts pour arracher à un anéantissement complet les monuments de la vie privée de nos aïeux * . (1) Les souverains , depuis quinze ans , ont suivi le mouvement im- primé par de modestes archéologues. Le roi Louis de Bavière, zélé pro- tecteur de's arts, a fait réunir dans un musée particulier, qui a reçu le nom de Vereinigten Sammlungen,des sculptures en ivoire, en pierre tendre et en bois du moyen ftge et du seizième siècle, des émaux de Limoges et des pièces d^orfévrerie sculptée. Les bijoux et les pierres dures tra- vaillées qui sont conservés dans deux endroits différents de son palais, la chambre du trésor et la riche chapelle^ seront sans aucun doute exposés dans un local plus vaste, lorsque ce palais sera terminé. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III avait rassemblé des monu- ments meubles du moyen âge et de la renaissance dans plusieurs salles de son palais de Berlin , qai ont reçu le nom de KonigUche Kunstkammer, Ce local trop resserré n'étant pas en rapport avec Timportance de la belle collection qu'il renferme , le roi actuel Fré- déric-Guillaume IV fait préparer dans le nouveau musée des salles où elle sera plus convenablement placée. A Vienne , plusieurs salons du palais du Belvédère , faisant suite à Daménil. 10 INTRODUCTION. M. Debrugo A Cette époque, M. Debruge Duménil vint apporter son concours à leurs utiles travaux. Séduit par la beauté de l'exé- cution et par l'exquise délicatesse des productions de l'in- dustrie artistique des peuples de l'Orient, il avait commencé par collecter une grande quantité d objets provenant de la cenx qui contiennent les armures provenant du château d' Ambras , et le trésor impérial, renferment une grande quantité d'objets d'art du moyen âge et du seizième siècle. A Dresde, deux établissements, le Musée historique (Dos historische Muséum ) et le Griine Gewolbe présentent de précieuses collections d'objets de même nature. En France , le gouvernement s'est occupé plus tard de former des collections de ces précieux monuments ; ce n'est que tout récemment que l'érection du musée do Cluny a été décidée. Charles X, il est vrai, après avoir acheté les objets qui composaient la collection de M. Re- voit , les a fait déposer au Louvre avec ceux que possédait déjà la liste civile ; mais, il faut le dire avec regret, tous ces beaux monuments de l'industrie des anciens temps sont restés dispersés sans classifica- tion méthodique dans les divers endroits du musée du Louvre, où Ton doit supposer qu'ils n'avaient été placés que provisoirement. Des bijoux, des pièces d'orfèvrerie du plus grand prix, des matières dures travaillées , des laques de la Chine sont exposés dans l'espèce d'anti- chambre qui précède le musée Charles X ; les émaux , les faïences d'Italie et de Palissy, les ivoires, les pierres tendres, les bois sculptés, et les autres monuments du moyen âge et de la renaissance sont répar- tis dans deux pièces fort éloignées l'une de l'autre ; la première, sur la cour, se trouve placée entre les salles qui réunissent les antiquités grecques et romaines et celles qui renferment les monuments antiques de l'Egypte ; l'autre, du côté du quai, coupe en deux parties la série des tableaux de l'école française. On reconnaît tout de suite le double in- convénient de semblables dispositions : les monuments du moyen âge et de la renaissance étant divisés perdent toute la valeur, tout l'intérêt d'une collection, et les antiques, comme les tableaux, subissent dans leur classification une interruption qui est presque un contre-sens. Que toutes les productions des arts industriels de ces deux époques, réparties aufjourd'hui dans trois salles du musée , soient réunies aux nombreux objets de cette nature que la liste civile possède encore dans ses magasins, et que le tout soit disposé méthodiquement dans quelques salons du second étage du Louvre, alors la France possédera l'une des plus riches et des plus intéressantes collections de l'Europe. INTRODUCTION. 11 Chine, de l'Inde et de la Perse ; mais la connaissance qu'il fit de messieurs Du Sommerard et Carrand, et l'amitié qui Tunit bientôt à ces savants donnèrent à ses études une autre direction. Comme eux, il se mit à la recherche des monuments meubles du moyen âge et de la renaissance. Doué d'un goût fin et d'un diagnostic très sûr, esprit persévérant, travailleur infa* tigable, ennemi du luxe et des plaisirs des salons, tout son temps, tous ses soins, toutes ses économies furent employés à atteindre le but qu'il s'était proposé. Son plan avait pris, il est vrai, de vastes dimensions. Il But voulait non-seulement offrir à Thistoricn des témoignages du ^® ^*^®"«^'»**"- goût, des mœurs et des usages des anciens temps, et fournir à l'artiste des types et des modèles , mais encore réunir des objets en assez grand nombre et d'une variété telle qu'on pût étudier dans sa collection les diverses applications do l'Art i lomementation des productions de l'industrie chez les dif- férents peuples de l'Europe, depuis le commencement du moyen âge jusque vers le milieu du dix-septième siècle, épo- que à laquelle le stylo do la renaissance avait été complète- ment abandonné. Il avait l'intention au surplus de conserver en appendice, comme terme de comparaison, quelquecHins des meilleurs produits de l'industrie orientale qui avait obtenu ses premières affections. Partant de ce point de vue, qui présentait un immense dé- veloppement, et sans s'attacher de préférence aux monuments de telle ou telle époque, aux productions de telle ou telle industrie, M. Debrugo Duménil rassembla une foule d'ob- jets très divers, n'en admettant aucun néanmoins qui ne tdt d'une parfûte conservation et que l'art n'eût empreint de son cachet. Il se promettait de faire plus tard une classification méthodique, lorsqu'il en aurait recueilli une assez grande quantité pour constituer un ensemble qui pût répondre à ses vues. Huit années furent employées par M. Debruge Duménil à cette œuvre immense avec une activité et une constanco que rien ne pouvait altérer. Malgré sa mauvaise santé , il fit pluï^ieurs voyages en Belgique et en Angleterre . La vente de VI INTRODUCTION, quelques-unes des plus riches collections, comme celles de MM. Alexandre Lenoir, de Mon ville, Fiérard , Durant, de Renesse d'Anvers, lui offrit aussi l'occasion de se procurer des objets d'une liante importance ; enfin son fils, qui habitait l'Italie, la parcourut à plusieurs reprises, et y fit des acquisi- tions considérables A la fin de 1838, il avait réuni plus de six mille objets ; il se disposait à faire une épuration sévère pour ne laisser sub- sister dans sa collection que les plus intéressants et les plus précieux ; déjà il avait désigné le local qui devait les recevoir, lorsque la mort vint l'arracher à ses travaux ^ Poursuivant l'œuvre que M. Debruge Duménil avait entre- prise, ses enfants ont fait choix des pièces qui devaient con- stituer définitivement la collection, et par des acquisitions nouvelles ils se sont efforcés de compléter les productions de certaines industries artistiques. Tous ces monuments ont ensuite été classés et disposés dans une galerie où depuis 184.0 un grand nombre de savants, d'artistes et d'amateurs ont été reçus. Utilité Ces premiers soins remplis, nous avons pensé qu'il serait d'uu catalogue ^^ j^ f^^ ^^ cataloguc dcscriptif et raisonné pour les per- la coiiecUoo. sonnes qui prennent plaisir à visiter cette collection, sans avoir fait aucune étude des arts et de l'industrie des temps passés, et que ce serait doubler l'intérêt qu'elles pouvaient prendre à tous ces monuments, que de leur en indiquer, autant que possible, l'âge, l'origine et l'usage. ciassiocation Après avoir séparé les monuments européens des produc- adoptée. tions artistiques qui appartiennent à l'Orient, il nous restait à choisir entre plusieurs modes de classification applicables à chacune de ces deux grandes divisions. D'une part, l'ordre chronologique a le grand inconvénient de mêler les produc- tions de tous les arts, de toutes les industries, et de rappro- cher des objets hétérogènes ; de l'autre, l'ordre par nature de matière ne présente réellement qu'un intérêt secondaire. (1)M. Debruge Duménil laissait un fils, M. Marcel Debruge Duménil, et une fille mariée à M. Jules Labartc; ils sont aujourd'hui seuls pro- priétaires de la collection. INTUODUCTiON. 13 Nous avons donc pensé qu'il était préférable de réunir en- semble toutes les productions du même art ou de la môme industrie ; c'était d'ailleurs rentrer dans les idées du fonda- teur de la collection. Cette classification une fois établie, nous ayons eu égard, lorsque cela était nécessaire, à la na- ture de la matière pour faire des sous-divisions ; enfin les objets qui composent chaque division ou sous-division ont été classés chronologiquement. Restait à fixer l'ordre à établir entre les différents arts, entre les différentes industries. Nous avons placé naturelle- ment en première ligne les productions des arts libéraux : la sculpture, la peinture, la gravure. La sculpture a été divisée en plusieurs sections, eu égard à la matière employée par l'artiste. Plaçant d'abord les ma- tières tendres, comme le bois, la pierre calcaire, l'ivoire, sur lesquelles le sculpteur a dû commencer à s'exercer, nous avons mis & la suite les métaux et les pierres dures, qui, demandant une technique et des préparations particulières, n'ont pu être travaillés qu'alors que l'art était déjà fort avancé. Pour les monuments de la peinture, nous avons commencé la classification par ceux qui sont exécutés au moyen de l'ap- plication de matières colorantes fluides et molles de leur nar ture, les faisant suivre de ceux qui sont le produit de l'assem- blage de diverses matières colorées. Tous les portraits , à quelque genre de peinture qu'ils appartiennent, ont formé une section particulière par les motifs que nous déduirons plus loin, Après les arts libéraux, nous avons classé les arts indus- triels qui ne peuvent avoir d'existence que par l'intervention d'un artiste : la calligraphie, qui exige le concours du dessi- nateur et du peintre ; l'émaillerie sur métaux, qui réclame un ciseleur pour ses émaux incrustés, un peintre pour ses émaux peints ; la damasquinerie, qui veut un graveur pour buriner les intailles que l'orfèvre remplit d'or et d'argent; l'art du lapidaire, qui demande au dessin la forme de ses vases. Enfin, nous avons placé à la suite les industries qui pou- vaient subsister sans le secours de l'art, mais qui l'ont appelé à embellir leurs productions : l'orfèvrerie, l'art céramique, la t4 INTRODUCTION. verrerie, l'art de l'armurier, la serrurerie, Thorlogerie, la fabrication des meubles et des objets usuels. Réunion La classificatiou une fois terminée, nous nous sommes des documcnu ^perçu que, si nous pouvions par quelques courtes notices et les indostries appeler lattcntion des visiteurs sur un certain nombre d'ob- rcpnépcniés j^^ q^j présentent un intérêt tout spécial, il nous fallait la coiieciioo. étendre beaucoup nos articles descriptifs et souvent tomber dans des redites, pour pouvoir donner un aperçu des carac- tères généraux et particuliers de chacun des arts, de chacune des industries représentés dans la collection. Nous avons pensé qu'il était préférable, lors de la description des objets, de nous en tenir à une simple énonciation à l'égard de ceux qui n'ofi&ent rien de particulier, et de rassembler sous forme d'introduction quelques documents sur l'origine, le dévelop- pement et la technique de ces arts et de ces industries. Pour atteindre ce but, après avoir étudié les monuments jusqu'à présent recueillis dans les musées et dans quelques- unes des meilleures collections particulières de France, d'Al- lemagne et d'Italie, afin de comparer ces monuments avec ceux de notre collection, nous avons consulté plusieurs in- ventaires manuscrits des quatorzième, quinzième et seizième sièeles, qui nous ont fourni de précieuses ressources, et in- terrogé lea^ anciens auteurs qui ont donné des renseignements sur les arts et les artistes du moyen âge et de la renaissance ; nous avons surtout largement usé des travaux publiés par les érudits qui depuis quinze ans se sont occupés des antiquités de ces deux époques ; nous n'avons pas négligé non plus de puiser de précieux enseignements auprès de plusieurs de nos savants et des hommes qui possèdent des connaissances techniques. Néanmoins l'étude des monuments de la vie privée de nos aïeux est beaucoup trop récente pour que nous ayons pu sans doute éviter de tomber dans plusieurs erreurs, et notre tra- vail, ne devant comprendre que des documents qui se réfèrent aux objets conservés dans la collection, est nécessairement fort incomplet. Ces documents, au surplus, n'ont été rassem- blés ni pour les savants, ni môme pour les connaisseurs : les uns n'y trouveraient que ce que leurs écrits nous ont appris, INTRODUCTION. 15 que ce qu'ils ont lu dans les écrits do leurs devanciers ; les autres, que ce qu'ils savent déjà. Notre but, nous le répétons, a été de donner aux nombreux amateurs qui chaque hiver visitent notre collection des renseignements capables d'exci- ter leur intérêt et de satisfaire leur curiosité. PREMIÈRE PARTIE. MONUMENTS EUROPÉENS. SCULPTURE. J I. NOTIONS GénÉRALES. Parmi les arts du dessin, c'est sans contredit la sculpture dont l'emploi a été le plus fréquemment adopté pour l'orne- mentation des monuments de la vie privée. A toutes les épo- ques, les instruments du culte, les armes, les meubles à l'usage de l'habitation, les ustensiles domestiques, en quelque matière qu'ils aient été façonnés, ont été enrichis plus ou moins do figures, d'emblèmes, d'ornements sculptés ou ciselés, dont le mérite artistique était naturellement en rapport ayec le goût du temps qui les a vus nattre. L'établissement successif des Goths et des Lombards en sculpture Italie, l'invasion des Francs dans les Gaules et les malheurs '"''^'^■^^^ de toute sorte qui accablèrent l'Occident durant les premiers preiutersiiècicA siècles du moyen âge n'anéantirent pas les arts industriels ; ils ^^ '"®^®° ^^' furent même encouragés par les barbares , qui en recherchèrent les productions. Mais, en songeant à toutes les causes qui ont dû amener depuis tant de siècles la destruction des objets d'art mobiliers de cette époque reculée, on ne s'étonnera pas du petit nombre qui en estparvenu jusqu'à nous : quelques pièces du taréfior de Monza, qu'on fait remonter à la reine Théode- linde, la cathedra en ivoire de saint Maximien, archevêque de Ravenne (vi^ siècle), et le trône de Dagobert, conservé dans l'église de Saint-Denis, dont l'authenticité n'est pas incontes- 1« INTKODUCTION. table, sont presque les seuls monuments mobiliers attribués à l'industrie artistique des trois premiers siècles du moyen Age. Il faut donc s'en tenir aux conjectures sur le style de l'orne- mentation des objets meubles de ce temps. On sait qu'au moment où le christianisme, triomphant sous Constantin, fut libre enfin de produire au dehors les marques de son existence, l'art chrétien, qui ne pouvait se créer immé- diatement une technique nouvelle, adoptale style de l'antiquité dans l'état de décadence où il se trouvait alors. Les premiers siècles du moyen âge ne paraissent pas avoir suivi d'autres in- spirations. En Italie, le roi des Goths Théodoric, passionné pour les arts et les monuments de l'ancienne Rome, faisait res- taurer dans leur état primitif les édifices élevés par les Romains et en faisait construire de nouveaux d'après les principes de l'art antique. Si les Lombards, successeurs des Goths, s'efforcè- rent, principalement sous Agilulphe et Théodelinde, de suivre l'exemple des peuples qu'ils avaient vaincus, il n'est pas à sup- poser que ces barbares aient introduit quelque changement dans la pratique des arts qui leur était inconnue. Les nombreux monuments de la grandeur des Romains qui existaient encore et ceux qu'avait tout récemment édifiés Théodoric durent leur servir de guide, et bien qu'ils soient restés fort au-dessous des modèles qu'ils avaient suivis, si l'on en juge par les frag- ments de sculpture qui subsistent à Pavie et à Monza, on ne peut néanmoins trouver dans ces sculptures aucune espèce d'originalité. Quant à la Gaule, qui avait été civilisée par les Romains et conquise par un peuple guerrier auquel la culture des arts était étrangère, tout porte à croire qu'elle conserva dans ses travaux artistiques, durant l'époque mérovingienne, le caractère des magnifiques monuments que les Romains y avaient élevés. Les objets mobiliers de cette première période du moyen âge furent donc nécessairement empreints du style de l'antiquité. Époque A la fin du viii*^ siècïe, Charlemagne travailla avec ardeur i-arioYingienne.^ la restauration des arts. Adrien I" et Léon III se mon- trèrent en Italie les dignes émules de ce grand homme dans cette noble entreprise; mais ce furent encore les monuments SCULPTURK. 17 (le Tantiquité qae les artistes de cette époque prirent pour modèles. Les admirables manuscrits ornés de miniatures que cet âge nous a légués, les fragments de mosaïque existants à Rome, quelques restes de constructions, comme cette muraille de l'abbaye de Lorsch sur le chemin de Manheim à Darmstadt, et les chapiteaux du château de Ingelheim qu'on voit au musée de MayenceS sont autant de preuves qu'ils s'appliquèrent à conserver assez fidèlement le style de l'antiquité romaine. Néanmoins on ne peut méconnaître qu'une certaine influence byzantine n'ait commencé dès lors à se faire sentir : ce qui s'ex- pliqne facilement par les relations deCharlemagne avec la cour d'Orient. Le style oriental se prétait trop bien à cette richesse d'ornementation, que les hommes préfèrentlaplupartdu temps i la noblesse et à la simplicité, pour ne pas avoir eu une grande influence sur toutes les industries artistiques qui s'occupaient de produire les armes, les bijoux, tous les objets meubles, en on mot, à l'usage des grands. On peut s'en convaincre par la couronne de Charlemagne que possède le trésor de Vienne, où la forme est sacrifiée à la richesse de la matière et à l'exhibi- tion des énormes pierres fines dont elle est surchargée. Ce que nous disons de l'époque de Charlemagne doit se rap- porter également au temps où régnèrent ses fils et ses petits-fils . La vive impulsion donnée par ce grand homme ne s'éteignit pas immédiatement à sa mort, et jusqu'à la fin du règne de Charles le Chauve les arts reçurent encore des encouragements. Si la sculpture monumentale des premiers siècles du moyen âge ne nous a légué que de rares débris, la sculpture appli- quée aux objets mobiliers, qui seule doit nous occuper, pré- sente des spécimens plus fréquents dans ces feuilles d'ivoire qui proviennent de diptyques ou de la couverture de riches manuscrits. La collection possède trois plaques d'ivoire de cette époque, n^ 139, 140 et 141 , qui ont eu bien certainement l'une de ces destinations. Elles sont empreintes toutes trois, plus ou moins, du style de l'antiquité, suivant leur degré d'ancienneté. (1) 11. DE Caumont, Cours (tant, mon., t. IV, p. 101. 2 1« INTRODUCTION. La première présente un caractère du plus grand intérêt sous le rapport de Ticonographie chrétienne. Jésus y est représenté jeune et imberbe et la tête auréolée d'un nimbe sans croix, ce qui ne se rencontre que dans les monuments fort anciens . Cette pièce peut être antérieure à Charlemagne. La seconde est du règne de ce prince, et la troisième, où Ton peut remarquer que les inspirations de Tart antique sont suivies moins fidèlement, doit appartenir à la fin du dc*^ siècle ou aux premières années du x*'. On y voit l'un des apôtres conférant le baptême en pré- sence d'un grand nombre de fidèles; le catéchumène est plongé nu dans la cuve baptismale : c'est là une représentation du baptême par immersion qui était seul en usage durant les pre- miers siècles de l'Église ; les assistants portent le costume an- tique, la tunique courte et la chlamyde agrafée sur l'épaule droite. La collection conserve aussi un peigne en ivoire, n*' 1615, sur lequel sont sculptés deux bas-reliefs; il doit re- monter à l'époque carlovingienne, mais il parait appartenir à l'industrie byzantine. Les trois plaques d'ivoire sculptées dont nous venons de parler sont dues au contraire à l'art romain. Le x*^ siècle ne nous fournit aucun monument de la vie pri- vée. Les incursions fréquentes des Sarrasins en Italie dès le milieu du ix^ siècle, les désordres qui souillèrent la chaire de saint Pierre au x°, l'invasion des Normands en France et les guerres intestines au milieu desquelles périt la race de Char- lemagne furent des faits de nature à paralyser les artistes et à éteindre presque en tous lieux le flambeau que ce grand homme avait allumé. L'appréhension de la fin du monde qui, dans la croyance populaire, devait arriver avec la fin du x** siècle, vint se joindre à ces calamités. Les peuples tombèrent dans le découragement et l'apathie; la culture des arts fut presque généralement abandonnée. Nouveau siyie Uuo foîs qu'après l'an 1 000 la nouvelle année qui s'ouvrit làu !!• siècle, f^^ venue rassurer les populations, une prodigieuse activité se manifesta dans toutes les classes. Ce fut à qui des rois, de» seigneurs, des communautés et des villes relèverait avec plus de splendeur les temples tombés en ruine, à qui les enrichirait des meubles et des instruments les plus précieux. Mais pendant SCULPTURE. 19 la longue léthargie où Tart avait sommeillé, les traditions de l'antiquité avaient été oubliées ; il fallait d'ailleurs du nou- veau à des hommes appelés pour ainsi dire aune nouvelle vie. Ce fut surtout dans la sculpture que se signala la trans- formation. Aux conceptions régulières de l'art antique suc- céda toute la fantaisie d'un art nouveau qui s'affranchit de toute règle, et n'eut d'autre limite que celle de l'imagination de Tartisto. Cette indépendance entratna le sculpteur dans tous les écarts de l'inexpérience. Il commença à s'exercer sur les moulures, sur les archivoltes des arcades et dans la corbeille des chapiteaux, où la figure humaine fut souvent reproduite de la manière la plus bizarre et la plus incorrecte. Ce ne fut guère qu'au commencement du xif siècle qu'on vit caraciÂre paraître des statues de grande proportion et des bas-reliefs ^^dJ^JJÏ"*'**"^ qui, sans être exempts de défauts, étaient au moins ramenés siècle. à une certaine correction. L'influence byzantine s'y fait sentir d'une manière évidente : de longs bustes, une sorte de raideur et d'absence de mouvement, des expressions calmes et recueil- lies, un système de draperies à petits plis parallèles et serrés, des emprunts au luxe oriental d'étoffes à franges de perles, rehaussées de pierreries encastillées, voilà ce qui peut carac- tériser la statuaire du xii*^ siècle. L'adoption du costume contemporain fut aussi l'un des ca- ractères distinctifs de la transformation de l'art au xf siècle. Alexception du Christ, de la Vierge, des anges etdes apôtres, qui conservèrent la longue robe traînante et le grand man- teau de l'antiquité, tous les autres personnages furent revê- tus des habillements que l'artiste avait sous les yeux ; les armes , les meubles, les ustensiles de son époque entrèrent aussi dans ses compositions, à quelque temps, à quelque lieu qu appartînt la scène qu'il reproduisait. La statuaire fit de grands progrès à partir de la fin du xn^ siècle. Jusque-là la ressemblance de toutes les figures ne permet pas de douter qu'il n'y ait eu pour elles un type arrêté que les artistes reproduisaient presque constamment; mais, dès cette époque, ils commencent à s'affranchir de cette imi- tation, et se rapprochent peu h peu de la nature dans la ma- 20 INTRODUCTION, nière de rendre les figures ; ils empruntent leurs ornements aux végétaux indigènes ; le dessin s*améliore, sans que le style des sculptures perde de son originalité. Dès le commencement du xui^ siècle on remarque de la souplesse et du mouvement dans les poses, de lexpression dans les figures ; les draperies plus amples sont disposées avec élégance. A la fin de ce siècle la France était en possession d*an art original, qui ne devait rien à Tart antique ni à l'art byzantin : les cathédrales de Chartres, de Reims et d* Amiens offraient des milliers de statues et d'immenses bas-reliefs, vé- ritables chefs-d'œuvre sous le rapport de la forme tout aussi bien que sous celui de l'expression religieuse. La fin du xm^ siècle peut être regardée comme la plus belle époque de l'art du moyen âge. Au XIV® siècle le dessin est souvent moins pur ; on s'attache plus aux détails qu'à l'effet général de l'ensemble ; les drape- ries sont un peu tourmentées ; les figures satyriques, les ani- maux bizarres reparaissent dans les ornements. Le même style existe à peu près, surtout en ^France, dans la première moitié du xv® siècle et même au delà. Le travail est plus prétentieux que dans le siècle précédent ; les figures ont perdu cette noble sévérité de la statuaire du xiii® siècle; elles reproduisent souvent avec exagération les sentiments et les passions dont elles sont agitées ; néanmoins de grands progrès se font remarquer dans le dessin. A ces caractères généraux de la sculpture monumentale en France, en Allemagne, en Angleterre et dans les Flandres durant le moyen âge, nous devons ajouter une observation, c'est que, pendant toute cette période, l'architecture était re- gardée comme l'art par excellence ; tous les autres lui étaient subordonnés. L'architecte, chef des artistes, réglait le plan du travail et choisissait les objets ; les idées venaient de lui ; les sculpteurs, les peintres ne faisaient que traduire ses in- spirations. Les sculpteurs de petits ouvrages, libres dans leurs allures, présentent des travaux plus originaux. Ils sont dominés ce- pendant par le style général de leur époque, et la préémi- iîCULPTURE. 21 uence de Tarcbitecture se fait tellement sentir même à leur égard, qu*ils lui empruntent presque toujours les décorations dont ils enrichissent leurs ouvrages. Cette tendance générale et l'adoption du costume contemporain ont lavantage d'aider beaucoup à déterminer Tâge des objets de la sculpture mo- bilière. Les guerres de Charles YIII et de Louis XII avaient fait connaître aux artistes de la France les trésors do l'antiquité et le beau style des sculptures italiennes des xi\'* et xv^ siècles. L'art national sut en faire son profit, et, sans perdre encore complètement son originalité, il rendit ses formes pures et correctes, et parvint à une imitation plus parfaite de la nature. On doit de très belles œuvres à cette école française. Bientôt les artistes appelés d'Italie par François P' intro- Scuipiurc duisirent en France le genre italien du commencement du ""'****'*'« XVI* siècle auquel on a donné le nom de renaissance. Les dernières traces de l'ancien art national disparurent entiè- rement ; les sujets mythologiques et poétiques de la Grèce exercèrent exclusivement l'imagination de nos sculpteurs de petits objets ; les arabesques, remises en vogue par Raphaël et ses élèves, couvrirent de leurs capricieux enroulements tous les monuments sculptés de la vie privée auxquels ils s'adap- taient d'une façon merveilleuse. Nous aurons occasion de revenir plus d'une fois sur ce caractère du stylo de la renais- sance italienne, qui se perpétua pendant toute la durée du XVI* siècle, et même, en subissant quelques modifications, du- rant le premier tiers du xvn*. La collection possède plusieurs monuments sculptés des spcciuiens xf, xif et xra® siècles. Ils ne s'y trouvent pas en très grand dewruiptuic •^ . mobilière nombre, car les instruments du culte et les ustensiles dômes- tirés tiques de ces époques reculées sont fort rares, et ce n'est àdeiûcoUocnon. peu près que dans les miniatures des manuscrits qu'on peut apprendre à les connaître. Pour le xi* siècle on y trouvera un autel domestique, n® 1476, enrichi de figures en ivoire. Le haut-relief, si bien fouillé, n° 1 , fera connaître toute la vigueur du style du xiii*, et la belle statuette de la Vierge, n" 146, fournira la preuve qu'à la tin de ce siècle la sculpture chré- tt INTRODUCTION. tienne avait pris une admirable direction et avait élevé son style à une hauteur dont elle n'a fait que déchoir sous le rapport du sentiment, lorsqu'au xvi^ siècle elle emprunta le style de l'antiquité païenne, qui ne pouvait lui permettre de reproduire des sensations et des idées que les anciens n'a- vaient pas été appelés à comprendre. •* La beauté chrétienne . «• comme l'a fort bien dit M. Ch. Magnan * , n'est pas la beauté •« païenne. Le développement des épaules et de la poitrine, ** ces signes caractéristiques de la force dans le sens le plus <« physique, ne sont pas les attributs de la sainteté ; et qui •• n'a étudié que la statuaire antique n'est pas suffisamment *< préparé pour comprendre la statuaire du moyen âge. Dans « la statuaire de l'antiquité, les sens parlent aux sens ; dans » la sculpture moderne, c'est un dialogue pour ainsi dire entre ** les sens et l'esprit : la statuaire grecque produit en nous un M sentiment très pur, le sentiment du beau, mais du beau «« physique ; la statuaire chrétienne développe le sentiment •« du beau physique et du beau moral, et plutôt le dernier que •• le premier. »» La statuette que nous signalons résume parfaitement ces deux sentiments, et peut passer pour l'un des plus parfaits modèles de la sculpture de la plus belle époque du moyen âge. Pour le xrv® siècle, les diptyques et les triptyques sculptés en ivoire sont assez nombreux ; nous en parlerons plus loin. Quant aux objets usuels enrichis de sculptures, ils sont presque aussi rares que ceux du siècle précédent. Parmi ceux que possède notre collection , on doit remarquer, sous le n° 1 54 . un grand oliphant d'ivoire couvert de feuillages d'un beau style et de figures de personnages et d'animaux taillées avec esprit. Cette espèce de cor ou cornet, instrument de guerre et de chasse, a été très en usage dès les premiers siècles du moyen âge, et a ordinairement reçu de riches décorations, en quelque matière qu'il ait été fabriqué. Il était porté par un page ou un écuyer, et souvent par le chevalier lui-même. Il servait dans les châteaux à donner l'alerte ou à prévenir de (1) Notice sur la alattAe de la reine NaïUchikle. SCULPTURE. 2i l'arrivée du seigneur ou d'un étranger de marque. On le trouve très souvent mentionné dans les anciens inventaires. Ainsi on lit dans celui des meubles et joyaux du roi Char- les V^ , fait en 1 379 : « Ung cornet d'yvire bordé d or, pendant - à une courroye d'un tissu de soie, ferré de fleure do lys et - de daulphins d'or. » Nous renvoyons à la partie descriptive du catalogue pour les monuments du xv'' siècle et pour ceux du xyi*^, qui sont très nombreux dans la collection. A ces considérations générales nous allons ajouter quel- ques documents particuliers sur les principaux objets de sculpture qu'elle renferme. S II. SCULPTUBE EN IVOIRE, EN DOIS ET AUTBES MATIÈRES TENDRES. Les plus nombreux monuments de la sculpture mobilière Diptyques du moyen âge qui soient parvenus jusqu'à nous sont les di- ^^^jîj'^lllfro"**' ptyques et les triptyques d'ivoire. au moyen âge. Les diptyques remontent à une haute antiquité. Dans l'origine ils étaient formés de deux petites tablettes de bois ou d'ivoire se repliant l'une sur l'autre, et dont l'intérieur pré- sentait une table renfoncée enduite de cire sur laquelle on écrivait. De là les noms de Bli^MyaL et de pugillares qu'on leur donna, le premier à cause de leur double pli, le second en considération de leur petitesse qui permettait de les renfer- mer dans la main'. Ces tablettes étaient entourées de fils de lin sur lesquels on coulait de la cire que l'on imprimait d'un cachet. Elles servirent dès lors aux missives secrètes. Les diptyques reçurent bientôt une destination plus intéres- (1) Ms. Bibl. royale, n« 8356, r> 213. (2) Le mot ^ixTux* tire son étymologie de ^î;, deux fois, et de istûoow, je plie: aussi , lorsqu'on eut ajouté d'autres feuilles à ces tablettes , elles prirent , suivant le nombre de plis, les noms du TpîicTu/,a, itivrâ- irrjx*, etc. ( GoRi, Thesauros diplycorum Florentiœ, 1759, 1. 1 , p. 1 . ). Nous avons cru dès lors pouvoir donner le nom de tétraply(|ue à un petit monument de (Quatre feuilles d'ivoire, n" 160, qui se replient Tune sur Tautre, bien que ce nom ne soit pa?» usité. U INTRODUCTION. santé. Du temps des empereurs, les consuls et les hauts ma- gistrats envoyaient à leurs amis, pour consacrer le souvenir de leur élévation, ainsi qu*aux principaux personnages dont ils avaient obtenu les suffrages et aux gouverneurs des pro- vinces, des diptyques dlvoire dont les parties extérieures étaient sculptées en bas-relief. On y traçait ordinairement l'image du consul revêtu de tous les ornements de sa dignité ; on y inscrivait ses noms, ses qualités, les dénominations de ses ancêtres ; souvent on y figurait les jeux du cirque dont il avait gratifié le peuple lors de son installation. Ces dipty- ques, qui ont reçu le nom de consulaires, présentent un grand intérêt, mais ils appartiennent plutôt aux derniers temps de l'antiquité qu'au moyen âge. Plus tard , lorsque l'empire romain eut adopté la religion chrétienne, les consuls envoyèrent aussi des diptyques aux prin- cipaux évêques, et ceux-ci crurent devoir reconnaître ce témoi- gnage de bienveillance et de respect envers l'Église en pla- çant ces diptyques sur l'autel, afin que le magistrat donateur fût recommandé aux prières pendant le sacrifice de la messe. Telle est l'origine des diptyques ecclésiastiques, dont Gori ' reconnaît quatre classes : ceux sur lesquels on inscrivait les nouveaux baptisés ; ceux qui recevaient les noms des bienfai- teurs de l'Église, des souverains et des évêques ; ceux où les saints qui avaient illustré l'Église par la gloire de leur martyre ou par les lumières de leur esprit se trouvaient mentionnés ; ceux enfin qui servaient à l'inscription des fidèles, clercs ou laïques, morts dans le sein de la vraie foi. Les sculptures qui enrichissaient la partie externe de ces diptyques tiraient leurs sujets des scènes de l'Évangile ou des Actes des apêtres ; aussi, après la chute de l'empire, parurent-ils très convena- bles pour décorer la couverture des livres de prières, et cet emploi nous en a conservé un grand nombre. Durant les persécutions des empereurs iconoclastes , les artistes grecs produisirent un grand nombre de sculptures portatives, et multiplièrent dans les diptyques et dans les ta- (I) GoRi^ ouvrage cité, t. I, p. 242. SCULPTURE. W bleaux à volets de petite proportion toates les représenta- tiens odieuses à Constantinople qui pouvaient ainsi échapper à la proscription. Lorsque la persécution cessa, lusage en était universel ; il se perpétua dans les siècles suivants : le croisé, le voyageur, le pèlerin le plus pauvre enferma dans des diptyques et des triptyques de bois et d'ivoire les saintes images qu'il transpor- tait dévotement avec lui et devant lesquelles il s'agenouillait plusieurs fois par jour pour offrir sa prière à Dieu. On en fai- sait aussi d'une plus grande proportion qu'on plaçait au- dessus du prie-dieu, dans l'intérieur des appartements. Les grands seigneurs, les rois eux-mêmes en possédaient toajours dans leur trésor. Les inventaires du xrv^ siècle en mentionnent un grand nombre; ils y sont ainsi désignés : «*Ung - tableaux d'yvire de deux pièces historiez de la Passion. — - Ung tableaux d'yvire de deux pièces très monument ouvrez * et historiez * . » Souvent au xrv® siècle on coloriait le fond sur lequel se détachaient les figures qui recevaient aussi quelques touches de peinture et des applications dor. Plusieurs tri- ptyques de la collection présentent des traces de coloriage et de dorure. Tous ces tableaux cloans n'étaient pas, comme les anciens diptyques, sculptés extérieurement, mais bien à l'in- térieur : la fragilité de la sculpture se trouvait ainsi protégée. La collection possède un grand nombre de diptyques et de triptyques d'ivoire de la fin du xm* siècle et surtout du xiv*, parmi lesquels il y en a plusieurs d'une exécution et d'un fini remarquables. On y retrouve les costumes, les armes, les instruments de musique, les ustensiles des xiii® et xrv^ siècles. Aujourd'hui qu'on s'est mis à restaurer les églises du moyen %, et qu'avec raison on veut rétablir les décorations inté- rieures, bas-reliefs, peintures murales et vitraux dans le style de l'époque où ces édifices ont été élevés, les petits tableaux d'ivoire fourniront aux sculpteurs et aux peintres d'utiles ^seignements et des modèles dont il est bon qu'ils s'inspi- wnt. Nous ne voulons pas dire qu'ils doivent imiter l'incor- (i) Inventaire de Charles V, manuscril ciU», T' 212. 20 INTRODUCTION, rectiou du dessin qu'on y rencontre souvent ; mais en mariant aux idées de ces vieux temps l'habileté des écoles actuelles, ils arriveront à produire des œuvres irréprochables au point de vue de la science, du dessin et de larchéologie. Les diptyques consulaires et ecclésiastiques avaient pris des proportions beaucoup plus grandes que\es pyillares : ils ont dû donner naissance aux retables. Reubies Jusqu au IX® sièclo, on ne chargeait les autels d'aucun or- poriaiifs. ugm^jj^. qq ^q f^t qu'au x* qu'on commença à y placer des croix. Jusqu'au xrv® siècle on n'y voyait ni chandeliers ni croix à demeure fixe. Lorsque le prêtre allait dire la messe, deux acolytes portaient les flambeaux, et l'officiant le crucifix ; ils les déposaient sur l'autel, et, quand le service était ter- miné, cierges et crucifix était enlevés et déposés à la sacristie. A bien plus forte raison ne plaçait-on pas sur l'autel ou der- rière, ces tabernacles, ces contre-retables qui, au xv^ siècle, surtout en Allemagne, s'élevèrent quelquefois jusqu'aux voû- tes de l'église. La raison en est simple : c'est que , jusqu'au xiu® siècle, l'évoque assistait aux offices sur un siège placé au fond de l'abside, et que l'addition d'un retable sur l'autel l'aurait empêché de voir le peuple et les membres du clergé placés au delà^ Mais lorsque les autels se furent multipliés dans les églises, et que le siège de l'évêque eut été déplacé, on commença au xiv^ siècle à apporter avec le crucifix et les flambeaux de petits retables portatifs, qui étaient posés sur l'autel pendant le saint sacrifice et enlevés ensuite avec le matériel liturgique. Les grands diptyques et triptyques d'i- voire reçurent cette destination ; les premiers retables porta- tifs ne durent pas en excéder de beaucoup les proportions. Notre collection conserve deux retables portatifs, n°" 147 et 148, qu'on reconnaît pour appartenir à l'art lombard ou vé- nitien du xrv® siècle. Dès le xm*^ siècle la sculpture avait com- mencé à prendre à Venise et dans la Lombardie une meilleure direction , qu'on doit attribuer au séjour que fit dans ces contrées Nicolas de Pise, lorsqu'il y fut appelé pour construire l'église (1) De CArMONT, Cours d'ant. mon,, l. VI, p. Ifi5 el suiv. SCULPTURE. 27 de Saint- Antoine à Padoue et celle des Frari à Venise * . Le mouvement dont les figures sont animées dans les sculptures de nos deux retables, le style de la composition, la dignité dans les attitudes, la souplesse des draperies, tout y annonce linfluence d'un rénovateur. Bien que les retables portatifs ne fussent pas d'une très grande proportion , la dimension de deux ou trois feuilles d'ivoire n'était pas suffisante pour les composer. On les sculpta donc sur de petites plaques d'ivoire et plus souvent sur des 08, qui furent rapprochés les uns des autres et fixés dans un encadrement. La fine marqueterie de bois et d'ivoire qui borde les bas-reliefs de nos deux retables était un travail fort en vogue dans le nord de l'Italie au xm® et au xrv^ siècles. Si nous n avons pas encore parlé de sculptures d'ivoire à sculptures sujets profanes, c'est que jusqu'à la fin du xra® siècle les '«"i®^* sujets religieux exerçaient seuls l'imagination des artistes ; nuûs lorsqu'au xrv® siècle les romans commencèrent à faire concurrence aux légendes pieuses, les artistes ivoiriers en^ richirent les coffrets et les ustensiles domestiques de sujets tirés de ces histoires merveilleuses. Sortant des composi- tions dont la tradition avait à peu près consacré tous les ty- pes, ils purent donner plus d'essor à leur imagination : aussi l'étude de ces sculptures profanes peut faire connaître beau- coup mieux que les sculptures à sujets de sainteté le style propre à ces artistes et le génie de leur époque. Il faut croire néanmoins que les sujets religieux obtinrent toujours la pré- férence, car les sculptures profanes du xrv^ et même du xV ftiède sont très rares. La collection en possède un joli spéci- men dans les bas-reliefs n° lôO, qui sont traités avec une grande finesse d'exécution; les costumes des personnages sont ceux de la fin du xin® siècle. Un peigne d'ivoire, n*^ 1 5 1 6 , du XIV* siècle présente aussi deux bas-reliefs dont l'un re- produit l'attaque du château d'Amour, sujet qui plaisait fort à nos vieux romanciers. On voit que les petits tableaux d'ivoire ont été sculptés (I) D'Agincourt, Histoire de VArt, t. H, p. 71 . V8 INTRODUCTION, en nombre très considérable durant le cours du moyen &ge. Au XVI® siècle, ils furent dédaignés et abandonnés, comme toutes les choses qui s'écartaient de Tart antique ; un assez grand nombre cependant a pu échapper à la destruction, et aujourd'hui ils sont recueillis avec le plus grand empresse- ment dans les musées et dans les collections particulières, parce que, indépendamment du mérite qui leur est propre , ils servent à retracer l'histoire de la sculpture pendant une longue période. Les noms des artistes qui ont sculpté pendant quatre siècles ces statuettes ravissantes de sentiment et d'expression, qui ont ciselé ces bas-reliefs si pleins de naïveté, sont tombés dans un injuste oubli, écrasés par la renommée, souvent usurpée, de leurs successeurs. C'est un devoir et une répa- ration tardive que de proclamer leurs noms. De patients archéologues s'occupent d'en faire la recherche ; nous leur signalons Jean Lebraellier, qui est désigné dans Tinventaire de Charles V comme ayant sculpté ** deux grans beaulx ta- »* bleaulx d'yvire des troys Maries*. « Cet artiste, qui sculptait pour le roi, devait être l'un des premiers de son temps. Sculpture H faut revenir sur nos pas pour faire connaître quelques byzantine mouuments de la collection dus à l'industrie byzantine, «iècie. Sous Ics heureuscs influences du long et glorieux règne de Justinien, l'art se maintint à Constantinople, sans progrès, mais presque sans déclin, et affecta, longtemps encore après lui, de se montrer fidèle aux traditions de l'antiquité. Néan- moins le style qui a reçu le nom de byzantin commença dès lors à se révéler comme le principe d'un art nouveau. Une certaine sécheresse dans les contours, la maigreur des formes, l'allongement des proportions, le luxe du costume signalent son apparition. L'hérésie des empereurs iconoclastes vint accroître les causes de la décadence et fut surtout fatale à la sculpture. Basile le Macédonien (f 886), restaurateur des images , donna aux arts des encouragements qui les relevè- rent de l'abaissement où ils étaient tombés. Constantin Por- (I) Ms. Bibl. roy., n«8756, I* 232. SGULPTURK. 29 phjTogénète, qui régna de 912 à 959, marcha sur les traces de son aïeul. Artiste et littérateur, il favorisa l'étude des arts et des lettres en donnant l'exemple par ses travaux per- sonnels. Aussi au x« siècle Técole constantinopolitaine était encore une savante école, et l'Italie, comme l'Allemagne, lui empruntait ses artistes. C*est à Constantinople que le doge Orseolo conunandait, en 976, la célèbre PaUa d!Oro pour Téglise de SaintrMarc ; à peu près à la môme époque, Henri II attirait des artistes grecs à sa cour ; Didier, abbé du Mont- Cassin, faisait exécuter en 1066, dans cette célèbre abbaye, des travaux par des artistes de cette école ^ ; enfin les portes de bronze de la basilique de Saint-Paul-hors-des-Murs, près de Rome, étaient fondues à Constantinople en 1070 par les ordres de Hildebrand, si fameux depuis sous le nom de Gré- goire Vil. La collection possède, de cette époque du xi® siècle, un bas-relief, n^ 142, représentant saint Pierre et saint Nicolas, sculpté sur une table d'ivoire arrondie par en haut, qui offre ainsi la forme d'une arcade plein cintre. Cette plaque d'ivoire a pu, dans l'origine, être séparée en deux parties formant les volets d'un triptyque, mais il est plus probable qu'elle a dû servir à décorer la couverture d'un livre de prières. Nous poisons cette opinion dans l'existence de plaques d'ivoire de cette forme que nous avons vues sur des manuscrits du xi® siè- cle. Nous pouvons en citer trois. Les deux premiers sont conservés dans la bibliothèque publique de Bamberg. Ce sont deux graduels notés et écrits, l'un pour l'empereur Henri II jf 1024), l'autre pour l'impératrice Cunégonde, sa femme*. Le parchemin de ces manuscrits est découpé par en haut en forme de demi-cercle. Les plaques d'ivoire qui composent la couverture épousent la forme du vélin, et présentent chacune, sur une table renfoncée, un personnage en pied : le Christ et (1) LÉON d'OsTiE, Chro. cas,, 1. III , c. 28. (2) On lit à la fin de la messe de Pâques , dans celui de ces manu- scrits qai était à Pusage de Tempereur : « Exaudi^ Christe. Henrico a Dec eoronato, magno et padfico imperatori vita et gloria* » :J0 INTRODUCTION, la Vierge sur Tuu des manuscrits, saint Pierre et saint Paul sur Tautre Le style de ces sculptures a beaucoup de rapport avec celui de notre bas-relief; des inscriptions grecques, dis- posées en lignes verticales, sont, comme dans le monument de notre collection, un témoignage de leur origine byzantine. Le troisième manuscrit existe à la bibliothèque royale de Berlin. Sur sa couverture d'ivoire, découpée en forme d'ar- cade, le Christ est représenté assis, et bénissant suivant le mode en usage dans l'église grecque. Il semblerait qu'au xii^ siècle les meilleurs artistes de Con- stantinople aient émigré en Occident ; car à partir de cette époque l'art dégénère rapidement dans la ville impériale. Attaqué par les Arabes et les Turcs seldjoucides du côté de l'Orient, parles Bulgares en Occident, l'empire perdit de son étendue et de sa force ; l'invasion des croisés vint ajouter à ces calamités, et les empereurs qui occupèrent le trône durant les XI® et XII® siècles, tout occupés de défendre l'empire, ne purent s'occuper des arts. Le sac de Constantinople par les Latins en 1204 fut le dernier coup porté aux arts dans cette malheureuse cité. Les statues, les vases d'or et d'argent, les objets d*art de toute espèce qui s'y trouvaient encore, devin- rent la proie de Tignoranco et de la cupidité. D'autres causes avaient entraîné l'art byzantin dans une voie funeste. Malgré la destruction de l'iconomachie, le culte des images était resté frappé d'atteintes dont il ne put se rele- ver. La sculpture d'abord fut moins employée, la statuaire ne le fut jamais dans les temples, et cette exclusion devint comme un principe consacré par l'église grecque ^ Les craintes que conçurent aussi les évoques, de voir les ennemis des images y découvrir des sujets de scandale, rendirent plus sévères les lois qui défendaient aux artistes de s'écarter des règles que leur prescrivait la discipline ecclésiastique. Resserrés ainsi dans des limites étroites, ne pouvant en aucune manière donner carrière à leur imagination , ils se firent en quelque sorte une liturgie pittoresque, et suivirent tous dans leurs ouvrages (I) D'Ar.iNCOURT, Hist. de l'Art, 1. 1, p. 63. SCULPTURE. :m le même patron arrêté par l'usage. L'exagération d'un luxcjus- qu'alors inconnu et les détails minutieux du costume des per- sonnages semblent absorber toutes les facultés du sculpteur. Il y a mieux, et pour empêcher tout écart de la part des artistes, on pensa à rédiger un livre où seraient décrits avec précision tous les objets de la symbolique et de l'histoire religieuse que l'art pourrait reproduire, où tout serait indiqué jusqu'au caractère des figures et au libellé des inscriptions qui devaient les accompagner. Ce code devint dès lors et pour toujours la règle invariable de tout artiste de l'école orientale. C^t à M. Didron, le savant secrétaire du comité historique des arts et monuments, que la science archéologique doit la connaissance de ce curieux manuel d'iconographie grecque. Voyageant en Grèce avec M. Durand en 1839, ces messieurs s'étonnèrent de voir dans toutes les églises, à quelque siècle qu'elles appartinssent, les sujets et les personnages toujours représentés de la même manière. Ainsi, à SaintrLuc, le Bap- tême du Christ ou bien la Pentecôte, Moïse ou bien David, étaient figurés en mosaïque, absolument comme étaient peints à firesque dans Cesarini David, Moïse, la Pentecôte et le Bap^ iéme de Jésus ; Saint-Luc cependant est du x^ siècle et Cesarini du xvn*^; ils retrouvaient à Athènes, à Mistra, à Saint-Lac, le saifU Jean Chrysosiôme que M. Durand avait dessiné dans le baptistère de SaintrMarc de Venise. Après avoir quitté l'Attique, ils employèrent un mois à visiter les monastères et les cellules du mont Athos. Toutes les peintures de la sainte montagne ressemblaient identique- ment à celles qu'ils avaient vues ailleurs. M. Didron ayant complimenté un peintre d'Esphigménou de la prodigieuse facilité avec laquelle il traçait sur le mur l'esquisse de sujets assez compliqués : •< Cela est moins extraordinaire que vous • pourriez le croire, lui dit le peintre ; voici un manuscrit qui - nous apprend tout ce que nous devons faire ; ici on nous " enseigne à préparer nos mortiers, nos pinceaux, nos cou- - leurs, à composer et disposer nos tableaux; là sont écrites - les inscriptions et les sentences que nous devons peindre - et que vous m'entendez dicter à mes élèves. » 20 INTRODUCTION, nièrc de rendre les figures ; ils empruntent leurs ornements aux végétaux indigènes ; le dessin s'améliore, sans que le style des sculptures perde de son originalité. Dès le commencement du xiii^ siècle on remarque de la souplesse et du mouvement dans les poses, de l'expression dans les figures ; les draperies plus amples sont disposées avec élégance. A la fin de ce siècle la France était en possession d'un art original, qui ne devait rien à Tart antique ni à l'art byzantin : les cathédrales de Chartres, de Reims et d'Amiens offraient des milliers de statues et d'inunensesbas-reUefs, vé- ritables chefs-d'œuvre sous le rapport de la forme tout aussi bien que sous celui de l'expression religieuse. La fin du xio® siècle peut être regardée comme la plus belle époque de l'art du moyen âge. Au xiv^ siècle le dessin est souvent moins pur ; on s'attache plus aux détails qu'à l'effet général de l'ensemble ; les drape- ries sont un peu tourmentées ; les figures satyriques, les ani- maux bizarres reparaissent dans les ornements. Le même style existe à peu près, surtout en ^France, dans la première moitié du xv^ siècle et même au delà. Le travail est plus prétentieux que dans le siècle précédent ; les figures ont perdu cette noble sévérité de la statuaire du xiii^ siècle; elles reproduisent souvent avec exagération les sentiments et les passions dont elles sont agitées ; néanmoins de grands progrès se font remarquer dans le dessin. A ces caractères généraux de la sculpture monumentale en France, en Allemagne, en Angleterre et dans les Flandres durant le moyen âge, nous devons ajouter une observation, c'est que, pendant toute cette période, l'architecture était re- gardée comme l'art par excellence ; tcms les autres lui étaient subordonnés. L'architecte, chef des artistes, réglait le plan du travail et choisissait les objets ; les idées venaient de lui ; les sculpteurs, les peintres ne faisaient que traduire ses in- spirations. Les sculpteurs de petits ouvrages, libres dans leurs allures, présentent des travaux plus originaux. Ils sont dominés ce- pendant par le style général de leur époque, et la préémi- SCULPTURE. 33 tracées par la trailition et par le Guide. I^s inscriptions en langue russe qui accompagnent ces petits ouvrages, et sont le plus souvent en caractères slavons dont on ne fait plus usage que dans les livres liturgiques, servent à les distinguer des travaux des Grecs. On peut voir dans la collection, sous lesn"" 100, 101, 247 et 248, quelques sculptures en bois et en ivoire, sorties des mains des artistes russes. Depuis le commencement du moyen &ge jusque vers la fin scuipiure du xrv*^ siècle, la pierre, dans la sculpture monumentale, «"^w"* * ^ \ au XV* 8l^^rle l'ivoire, dans la petite sculpture mobilière et décorative , avaient joui d'une grande faveur et avaient été employés de préférence à toute autre matière. A cette époque le bois de- vint fort en vogue et fournit aux sculpteurs des matériaux abondants dont ils surent tirer un grand parti pour ciseler des portes, des retables, des stalles avec une admirable finesse et ane complication étonnante de détails. Des statues même de grande proportion furent taillées dans des pièces de bois de chêne, dont la dureté se prêtait parfaitement à ce travail. Dans l'inventaire du trésor de Charles V, de 1379, on trouve déjà, mais en petit nombre, la mention de statuettes et de tableaux sculptés en bois. Girard d'Orléans y est nommé comme ayant fait pour le roi » ung tableaux de boys de quatre pièces ^ »• Ce fut principalement dans les retables, qui prirent en général, au xv* siècle, de grandes proportions, que se déve- loppa Tart de sculpter le bois. En France, à la fin du règne de Louis XI, sous Charles VIII, sous Louis XII et même encore sous François P', on en vit paraître d'une très grande éléva- tion^, étalant tout ce que la sculpture du temps pouvait pro- duire de plus délicat, et offrant, au milieu de décorations ar- ehitectoniques dans le style de l'époque, des scènes sculptées en haut relief qui renfermaient une quantité considérable de petites figures. Les Allemands 8*adonnèrent surtout à ce genre de sculpture neubies décorative. Suivant le docteur Kugler, elle aurait pris nais- allemands en lN>i8 sculpté. (1) Ms. BibL roy., n» 8356, f» 232. (2) De Caumont, Cours d^ant. mon., t. VI, p. 176, 3 ïO INTRODUCTION, nièrc de rendre les ligures ; ils empruntent leurs ornements aux végétaux indigènes ; le dessin s'améliore, sans que le style des sculptures perde de son originalité. Dès le commencement du xui^ siècle on remarque de la souplesse et du mouvement dans les poses, de lexpression dans les figures ; les draperies plus amples sont disposées avec élégance. A la fin de ce siècle la France était en possession d'un art original, qui ne devait rien à l'art antique ni à l'art bviantin : les cathédrales de Chartres, de Reims et d'Amiens oflraient des milliers de statues et d'immenses bas-reliefs, vé- ritables chefs-d'œuvre sous le rapport de la forme tout aussi bien que sous celui de l'expression religieuse. La fin du xin^ siècle peut être regardée conune la plus belle époque de l'art du moyen Age. Au xiv* siècle le dessin est souvent moins pur ; on s'attache plus aux détails qu'à l'effet général de l'ensemble ; les drape- ries sont un peu tourmentées ; les figures satyriques, les ani- maux bixarres reparaissent dans les ornements. Le m^e style existe à peu près, surtout en 'France, dans la première moitié du x^^ siècle et même au delà. Le travail est plus prétentieux que dans le siècle précédent ; les figures ont perdu cette noble sévérité de la statuaire du xnr^ siècle; elles reproduisent souvent avec exagération les sentiments et les passions dont elles sont agitées ; néanmoins de grands progrès se font remarquer dans le dessin. A ces caractères généraux de la sculpture monumentale en France, en Allemagne, en Angleterre et dans les Flandres durant le moyen âge, nous devons ajouter une observation, c'est que. pendant toute cette période, rarehitecture était re- gardée comme l'art par excellence : ums les antres lui étaient snbofdonnés. L'areliiteck>. chef des artistes. nêgUit le plan dn travail ei clioisissait les objets ; les idées venaient de lai ; les scalptenrs. les peintres ne ûùsaient que traduire ses in- sfwrations Les sculpteurs de petits ottvrages.librvsdaiis presentent des travaax ptas originaux. Ils soat pendant par le strie gènenl de lenr epM^ae. et !a preeaù- SCULPTURE. :J5 ment et extérieurement de peintures appartenant aux pre- miers mattres allemands de Tépoque. Dans ce cas, c'était le peintre qui fournissait le dessin de la partie sculptée de cette espèce de triptyque ; il en dirigeait l'exécution, et souvent y travaillsût lui-môme * . On rencontre maintenant de ces monu- ments incomplets : les volets peints sont venus comme ta- bleaux enrichir quelque musée; la partie sculptée, moins appréciée et séparée des volets, est restée dans les églises, ou bien a été détruite. C est ainsi qu'on voit à Vienne, dans la belle galerie du prince de Lichtenstein, les deux volets d'un triptyque de la main d* Albert Diirer, dont le panneau central, qui sans doute était sculpté, n'existe pas.  côté de ces retables de grande proportion, il on existe de petits qui ont été destinés à orner les chapelles, les oratoires, à être placés au chevet du lit, et qui par leur dimension constituent des monuments de la vie privée. En général leur exécution est délicate et soignée, et il n'est pas douteux que les meilleurs artistes ne se soient adonnés à ce genre de tra- vail. Ils reçoivent en Allemagne le nom d'autel domestique iHausalidrcàen) , qui leur convient parfaitement. Notre collection conserve plusieurs modèles curieux de ces retables allemands. Le grand triptyque n° 3 reproduit en petit les dispositions du soubassement et de Tétage inférieur du grand retable de Saini-Kilian ; on y trouve, comme dans ce retable, YEcce Homo présenté au peuple par la Vierge et saint Jean . Le bas^relief n° 6 , représentant la Onicijixion, for- mait sans doute la partie centrale d'un retable dont les vo- lets, couverts de sujets peints, auront été détachés. Ce mor- ceau de sculpture est attribué à Michel Wohlgemuth (f 1 5 1 9) , maître d'Albert Diirer, qui a exécuté beaucoup d'ouvrages de ce genre*. Le monument n^ 1481 est un excellent spécimen de ces autels domestiques dont la partie centrale présentait ime scène en sculpture polychrome de haut relief ou de ronde bosse, renfermée dans une niche close par des volets à sujets (1) D** KuGLEB, Handbuch der Kunstgeschichte, S. 771. (2) Idem, S. 77a. 36 INTRODUCTION, peints. Quelques statuettes de saints et de saintes, n°^ 8, 9, 10, 21 et 22, ont dû ^tre arrachées à des retables de cette espèce. Sculpture Parmi les artistes qui sculptaient le bois avec tant de per- en bow fection en France et en AUemafi^ne, il en est qui s exercèrent, de très petite ° , ^ proportion, au XV® sièclc et jusquo dans les premières années du xvi®, à dans le style produire dans le style gothique des ouvrages d'une telle finesse qu'il faut souvent une loupe pour en apercevoir tous les dé- tails. Dans quelques millimètres carrés ils placent souvent des scènes qui contiennent vingt personnages. Si les artistes qui ont fait ces petits ouvrages ne se recommandaient que par la patience qu'il leur a fallu pour les terminer, il y aurait à leur tenir peu de compte de ce mérite; mais plusieurs de ces fines sculptures joignent à l'extrême délicatesse de leur exécution une composition sage, un dessin correct, des figures et des attitudes pleines de sentiment et d'expression. La collection possède en ce genre plusieurs pièces remar- quables : le gros grain de chapelet n° 1 5, le retable n° 17, les deux tombeaux n** 23 et 24, la figure de viergen® 18, la lettre F n° 26 , et le petit triptyque n** 4 3 , dont les figures découpées sont appliquées sur plume de colibri. Sculpture L'Italie n'était pas entrée franchement dans le mouvement Italienne q^j ^^ ^jc gièclc, avait poussé l'art daus des voies nouvelles en du XV* siècle. * * France, en Allemagne et dans les Flandres ; la sculpture, à la fin du XII® siècle, y était tombée au dernier degré d'ignorance et de grossièreté. Mais au commencement du xaf naquit Ni- colas de Pise, qui devait ouvrir l'ère de la renaissance. On sait que, parmi la multitude de marbres antiques qui furent appor- tés par la fiotte des Pisans, lors de la construction de la ca- thédrale de Pise , se trouvait un bas-relief présentant deux compositions tirées de l'histoire de Phèdre et d'Hippolyte. Les Pisans, frappés de la beauté de ce chef-d'œuvre, en déco- rèrent la façade de leur église. Le jeune Nicolas l'admira comme tout le monde, mais seul il eut l'idée de reproduire des œuvres d'un style aussi élevé : il étudia avec ardeur ce bas- relief et d'autres morceaux antiques, et bientôt, laissant là les patrons de ses maîtres , il opéra dans l'art une révolution complète. SCL'LPTURi:. 37 Jean, son fils, devint sous sa direction un habile sculpteur, et parvint même à surpasser son maître. André dePise, au xi\^ siècle, continua l'œuvre de ces grands artistes. Il copia moins servilement l'antiquité et montra un talent plus original; il rendit encore des services signalés en perfectionnant tous les procédés techniques de l'art. Les frères Agostino et Agnolo de Sienne, Orcagna, architecte et sculpteur (f 1389), et quelques autres surent jusqu'à la fin de ce siècle maintenir l'art dans les voies où il était entré. Au commencement du xv^ siècle, la renaissance était complète. La sculpture, sous les inspirations des Donatello (1383 f 1466) et des Ghiberti (f 1465), avait atteint à la perfection . Ces grands génies furent puissamment secondés, dans cette œuvre de régénération, par une foule d'habiles sculpteurs, leurs contemporains, leurs élèves ou leurs imitateurs. On doit citer principalement après eux Simone, frère de Donatello, An- tonio Rosellino et Bemardo, son frère, Giuliano et Benedetto da Maiano, Luca délia Robbia, Pietro et Antonio Pollaiuolo. Andréa Vcrocchio et Desiderio da Settignano qui, à l'âge de vingt-huit ans, fut ravi à l'art dont il aurait été l'un des astres les plus éclatants , si 1 on en juge par les travaux qu'il a laissés . Les œuvres de ces grands maîtres , toutes monumentales , ont été destinées pour la plupart à la décoration des églises, des palais ou des mausolées. Parmi les monuments de la vie pri- vée, il en est cependant que la grande sculpture pouvait entre- prendre ; ce sont les portraits . Les maîtres que nous venons de citer en ont laissé quelques-uns renfermés aujourd'hui dans les musées et les palais de l'Italie. La collection possède en ce genre une œuvre admirable. C'est le buste en marbre blanc (n" 103) de Béatrix d'Esté, fille d'Hercule P^ duc de Ferrare, qui fut exécuté lorsque cette princesse pouvait avoir dix à douze ans. Cette sculpture, em- preinte d'un charme inexprimable, est attribuée à Desiderio da Settignano, et, en la comparant aux œuvres connues de cet artiste, on ne peut douter qu'elle ne soit réellement de lui. Ce que Vasari dit de la nature de son talent se rapporte au sur- plus en tout point à l'auteur du buste de Béatrix : « Desiderio 38 INTRODUCTION. ** imita Donatello ; mais il possédait une grâce et une élégance ** qui lui étaient propres ; ses têtes de femmes et d enfants ont - un caractère de délicatesse et de douceur qui provient au- ** tant de la nature que du talent de l'ouYrier^ •* Cicognara* caractérise encore mieux la valeur des sculp- tures de Desiderio dans des termes qu'une traduction ne pour- rait qu'affaiblir et qui expriment à merveille toutes les qualités du buste de Béatrix : «< Condusse il marmo con taxa moUezza sin- golare ed una pasiosita che aile morbide carm lo rendeva rasso- miglicmte » D'Agincourt' remarque avec raison que Deside- rio excellait dans la composition et l'exécution des ornements. On ne peut en effet trouver d'ornements plus gracieux et d'une délicatesse plus exquise que ceux qui enrichissent notre buste. La princesse Béatrix, qui épousa Louis le More, duc de Milan, en 1491, était née en 1473; c'est donc vers 1484 ou 1485 que son buste a dû être fait, et c'est précisément l'épo- que où, suivant Vasari, florissait Desiderio da Settignano. Petite L'influence des grands artistes italiens s'était fait sentir sculpture j^y^g toutes les contrées de l'Europe dès la fin du xv« siècle aUemaode . ' en bois et surtout dans les premières années du xvi^. Cependant jus- ei en pierre ^^^ ^^^^ l^ moitié de ce siècle, la plupart des artistes aile- première moitié mands, n'ayant rien emprunté au style italien, conservèrent du xvi« siècle, j^^^g leurs œuvres un cachet d'originalité tout particulier. On peut en juger par la petite sculpture allemande du commen- cement du XVI® siècle. Nuremberg, où travaillaient Adam Kraft (f 1507 j. Michel Wohlgemuth (f 1619), Peter Vischer (f 1629) et ses fils, Veit Stoss ( 1447 t 1642) et le grand Albert Durer, était à cette époque le centre artistique de toute l'Allemagne et le rendez-vous de tous les hommes qui voulaient étudier les arts, n se forma, à côté de ces grands maîtres, comme une pépinière d'artistes qui mirent leur talent au service de toutes les industries. Ils imprimèrent alors aux monuments de la vie (1) Vasari, Vie de Desiderio da Settignano. (2) GicoGNARA, Storia délia scultura, Venezia, 1816, t. H, p. 70. (3) Hist. de l'art, sculpt,^ t. II, p. 82. SCULPTURli. 39 privée et aux ustensile» domestiques de toutes sortes des formes si pures, Us les enrichirent d'ornements si ravissants, de figurines si gracieuses, qu'ils en firent de véritables objets d'art qu'on recherche ai^ourd'hui avec empressement. Parmi ces artistes de second ordre, les plus habiles produi- sirent alors un grand nombre de petites sculptures remarqua- bles par une conception spirituelle, par la correction du dessin et par la finesse de l'exécution. Ils y employaient le bois, l'ai* bàtre, un marbre tendre (feinen Marmor], diverses espèces de pierre, mais surtout un calcaire compacte à grains fins dont on se sert pour la lithographie. Cette pierre, qui reçoit dans le nord de l'Allemagne le nom àQ Speckstein^ , est désignée sous celui de KehlheimerSiein dans le cabinet des médailles et des antiques de Vienne* Les artistes les plus renommés en ce genre sont Ludwig Krug (f 1535), dont la Kunsikammer^ de Berlin possède un beau bas-relief, le Péché d*Adam et d'Eve; Peter Flotner if 1546), qui a sculpté sur bois et sur pierre avec une égale perfection, et Johann Teschler (f lô46). Les plus grands artistes de l'époque ne dédaignèrent pas de s^adonner à cette sculpture de petite proportion. Le doc- teur Kugler^ cite comme étant bien certainement de la main d'Albert Durer un haut relief en Specksiein, la Naissance de $(ttrU Jean, daté de 1510, qui se trouve au musée britannique à Londres ; une Prédication de saint Jean-Baptiste, également en haut relief, dans la collection de Brunswick, et deux petites statuettes, Adam et Eve, dans le cabinet de curiosités de Gotha. Nous avons vu chez M. Melchior Boisseré, à Munich, deux bas-reliefs sur bois de 10 à 12 centimètres de hauteur avec le monogramme d'Albert Diirer; ils représentent tous les deux la Vierge debout tenant l'enfant Jésus ; l'un est daté (1) D^ KvGLER, Handbuch der Kunstgeschichte, S. 781. (2) Joseph Arneth, Das K, K. MUnz-und Antiken-Kabinel, Wien, 1845. (3) Die Kunstkammer (la chambre des arts]. Voyez page 9, à la note. ( i) D' KuGLER, Handbuch der Kunstgeschickie^ S. 781 . 40 INTRODUCTION. de 15 f5, l'autre de 1616. Il est impossible de rien trouver eu ce genre de plus ravissant. Les Ve7*eimgien Sammlungen de Mu- nich * possèdent aussi deux petits bas-reliefs en marbre tendre , dont Tun, portant le monogramme du grand artiste allemand, représente une fournie nue vue par le dos, et l'autre la même femme vue de face. Dans cette collection se trouvent plusieurs bas-reliefs circulaires en Speckstein attribués à Lucas Kranach, et plusieurs bas-reliefs en bois qu'on croit du môme artiste. La Kunstkammer de Berlin conserve un petit autel domestique finement exécuté où est gravé le monogramme de Hans Briig- gemann, lauteur du beau retable de la cathédrale de Schleswig, et une petite figure de Tapôtre saint Jacques sculptée sur bois, en bas-relief, pleine d'expression et d'un travail très délicat, avec le monogramme de Hans Sch'âuflin (f 1550), peintre dis- tingué, élève d'Albert Diirer. On peut voir aussi à Paris, dans le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale, un petit bas-relief en bois marqué d'un monogramme qu'on regarde comme celui de Lucas de Leyde. Notre collection possède plusieurs de ces petites sculptures allemandes, soit en Speckstein, soit en bois. La pièce la plus remarquable est un grand bas-relief en Speckstein, n° 104. sculptée en 1622 par Hans Dollinger, graveur en pierres fines très distingué ^. L'originalité de la conception, la vigueur et la pureté du dessin, le soin étonnant de Texécution, la grande dimension du monument font de ce bas-relief un des plus pré- cieux morceaux de la fine sculpture allemande du commence- ment du xvi*^ siècle. Puriruits Ce fut surtout daus les portraits que la petite sculpture Hur boi8 allemande atteicrnit à la perfection. Ces ouvrages, empreints el sur pierre ^ ^ * . '^ \ de rècoie de l'école naturaliste, sont d un style si pur et d'un fini si re- marquable, qu'ils peuvent être comptés parmi les plus nobles productions de l'art germanique et soutenir la comparai- son avec les plus beaux portraits-méilaillons des artistes ita- liens. (1) Die vereinigten Sammlungen (les Collections réunies). Voyez page 9, à la note. (2) }i KGLEU, Neucs allgemeines Kiinstlerlexicon. MUnchen, 1836. allemande du XVI* siècle. SCULPTURE. H La ville d' Augsbourg se montra dans ce genre de sculpture la rivale de Nuremberg. Les portraits de Nuremberg sont plus particulièrement travaillés sur pierre, ceux d'Augsbourg sur bois ^ Ce qui caractérise les premiers, c'est un style très arrêté, très ferme, et une grande facilité d'exécution. Dans les autres, on trouve une observation naïve de la nature, unie à beaucoup de grâce et de finesse. Quelques ouvrages des premières années du xvi*^ siècle sont dus à Albert Diirer et surtout à ses élèves, et parmi les artistes d'Augsbourg, Hans Schwartz est cité comme le plus habile. Cette application de la sculpture aux portraits de petite proportion, surtout aux portraits-médaillons, a été très en vogue pendant toute la durée du xvi^ siècle ; les plus beaux appartiennent au premier tiers. Ces productions de l'art, fort estimées ajuste titre, sont aujourd'hui recueillies avec grand soin, non-seulement dans les collections particulières, mais encore dans les musées publics. Il existe un grand nombre do ces portraits -médaillons à Berlin, dans la Kunsikammer ; quelques-uns portent le monogramme d'Albert Diirer. Les Ve- rehdgten Sammlimgen de Munich contiennent, entre autres portraits-médaillons sur bois, ceux de Kreler et de sa femme, attribués à Diirer et datés de 1520, et un beau portrait de femme, avec le nom de Jacoba, sculpté sur Speckslein, qu'on croit de Lucas Kranach ; en effet, ce portrait semble être celui de la femme qui lui a servi si souvent de modèle dans ses ta- bleaux. A Vienne, on fait tant de cas de ces portraits, que, dans le cabinet des médailles, ils sont placés non loin des plus beaux camées et des admirables travaux de Cellini. Le musée du Louvre et le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale en possèdent quelques-uns; mais, à Paris, la collection la plus riche en portraits-médaillons sur bois est celle de M. Sauvageot. On y trouve notamment le portrait de Rai- mund Fugger, célèbre banquier d'Augsbourg, grand ama- teur et puissant protecteur des arts. (t) D^ KUGLEB, Handbuch der Kunsigeschichte^ S. 782. 42 INTRODUCTION. A part leur valeur artistique, ces portraits ont ai\jourd'bui un grand mérite historique : certes ce sont les meilleurs qu'on puisse rencontrer de tous les personnages importants de la grande époque du xvi* siècle. On peut voir dans notre collection quelques beaux portraits en Speckêiein : celui de Louis V le Pacifique, n° 105, qui ap- partient au premier quart du xvi® siècle, et ceux de Viltberg et Furleg, n*" 107 et 108, qui, bien que de la secondemoitié de ce siècle, sont d une très bonne exécution. L'encadrement du médaillon de Furleg, composé de petits amours montés sur des béliers, témoigne de l'invasion complète du style ita- lien en Allemagne. Le portrait-médaillon en bois, n° 27, peut être rangé parmi les plus fins de l'école d'Augsbourg du commencement du xvi® siècle. Au XVII® siècle , on travaillait encore en Allemagne sur Specksiein, Les sculpteurs s'appliquèrent alors à faire de pe- tits bustes de ronde bosse ; ceux de l'empereur Léopold I^ et de la princesse deNeubourg, sa femme, conservés dans notre collection, n°" 116 et 117, sont d'une délicatesse achevée. Sculpture Vers le milieu du xvi® siècle, le style italien de la renais- ^d^" sance avait pénéti:é partout, et avait remplacé en France, deuxième moitié dans los Flandres et en Allemagne surtout S le caractère du xyi« siècle, d'originalité que les artistes de ces différents pays pouvaient avoir conservé jusqu'à cette époque. C'est à ce point qu'il est souvent très difficile de déterminer avec certitude l'origine des petits travaux d'art de la seconde moitié du xvi® siècle. Le style de la renaissance était particulièrement favorable à la décoration : aussi l'industrie artistique pritrclle durant cette période un immense développement. On trouve dans les meubles, dans les ustensiles domestiques, dans tous les mo- numents de la vie privée de cette époque embellis par l'art, une pureté de formes, une gr&ce et une élégance parfaites. Les sculpteurs se plurent surtout à orner tous ces objets de charmantes arabesques : les festons de fleurs et de fruits, les rinceaux, les arbustes, les animaux, les figures humaines (1) D' KuGLER, Beschreibung der KoniyL Kunsikammer zu Berlin. Berlin, 183S, S. 154. et au xvui*. SCULPTURE. 43 agencées souvent dune manière toute fantastique, fourni- rent à leur imagination les compositions les plus suaves, qui s'harmonisaient presque toujours avec les objets qu elles de- vaient enrichir. Entre autres sculptures de ce genre, on trouvera dans notre collection deux cadres de miroir, n*" 33 et 34, l'encadrement d'un petit groupe d'ivoire, n^ 262, et les deux fragments, n* 35 et 36, qui font connaître que les artistes en petite sculp- ture de la seconde moitié du xvi*' siècle surent profiter des modèles que leur avaient laissés les Squarcione de Padoue, les Filippo Lippi, les Pinturicchio, les Morto da Feltro et le grand Raphaël lui-même. Au xvn^ et au xvni*^ siècle, ces artistes suivirent en général Au xvu* siècle le goût de leur époque. Ainsi, dès le commencement du xvn®, on voit prédominer le style de l'école flamande, que les grands succès de Rubens et de ses élèves avaient mis fort en vogue. A l'élégance, à l'idéal du style italien succède le naturalisme porté quelquefois jusqu'à l'excès. Plusieurs artistes cepen- dant surent éviter toute exagération, en copiant fidèlement la nature sans s'écarter des règles du goût. Parmi les plus célèbres il faut citer François Du Quesnoy, plus connu sous le nom de François Flamand, né à Bruxelles (1694 t 1644). S'étant rendu à Rome à l'âge de vingt- cinq ans, pour y étudier les chefs-d'œuvre des grands maîtres italiens, il y fut contraint, pour subsister, de faire de petits ouvrages en ivoire et en bois, qui commencèrent sa réputa- tion. Aucun artiste n'a porté plus loin que François Flamand la perfection dans les statuettes de petite proportion et surtout dans les figures d'enfants. n y a dans la collection quelques morceaux qui lui sont attribués. Un groupe de deux femmes, n° 52, appartenant à l'école flamande du xvif siècle, est digne aussi de ce grand maître. Sous les inspirations de Nicolas Poussin (f 1 666 ) et d'Eus- tache Lesueur (f 1666), l'art prit en France, à la fin du règne de Louis XIII, une direction plus sévère, qui se perpétua dans les premières années du règne de Louis XIV. Mais bientôt 41 INTRODUCTION, la pureté du style disparut sous le luxe des ornements, et les artistes, visant au grandiose, n'arrivèrent souvent qu'à don- ner à leurs œuvres un caractère de lourdeur : le bon goût no put s'allier que rarement à la pompe des décorations. Les deux bas-reliefs, n° 60, la Cène et le Lavement des pieds ^ quelques groupes de la Vierge tenant l'enfant Jésus, n** 63, 64 et 65, la croix sculptée, n** 69, et le bas-relief de la Chvie de saint Paul, n"* 57, peuvent donner une idée de la petite sculpture en bois de la première de ces deux époques; le groupe de Saint Michel terrassant le démon, n** 75, doit ap- partenir à la fin du règne de Louis XIV. Au XYiii"^ siècle, la noblesse du style disparaît entièrement sous le poids des enjolivements. Les artistes ornemanistes surent trouver cependant des dispositions ingénieuses et d'une exécution fort délicate, comme on peut en juger par le cadre de bois doré, n** 79, du temps de Louis XV. Nous avons poussé notre examen jusqu'au xvnf siècle, pour compléter ce que nous avions à dire de la sculpture en bois. Revenons sur nos pas pour nous occuper de la sculpture en ivoire. Sculpture Le goût pour les ouvrages de petite proportion en ivoire, en iToire ç^\ avait prédominé pendant tout le cours du moyen âge , se au xviii* siècle, trouva, comme nous l'avons dit, remplacé au commencement du XV® siècle par la vogue qu'obtinrent alors les sculptures en bois ; on rencontre en effet peu de sculptures en ivoire du xv*^ siècle. Mais cette belle matière se prétait trop bien à la petite sculpture décorative , pour ne pas reprendre faveur lorsque le style italien de la renaissance, ayant pénétré dans toutes les branches de l'industrie, eut empreint de son ca- chet les armes, les meubles, les ustensiles à l'usage de la vie privée. On reconmiença à travailler l'ivoire en Italie dans les pre- mières années du xvi® siècle ; mais ce fut surtout dans les Flandres, en Hollande et en Allemagne que la sculptui*e en ivoire prit un grand développement vers le milieu de ce siè- cle. Lesartiistes de Nuremberg et d'Augsbourg, qui sculptaient avec tant de facilité le bois et le Speckstein, durent indubita- SCULPTURE. 4j blenient se livrer à ce genre de travail. Un grand nombre de vases d'ivoire , couverts do ravissantes sculptures , existent dans les musées de Munich, de Vienne et de Berlin. Les riches montures de ces vases, en or et en vermeil, qui dé- notent le style de la seconde moitié du xvi^ siècle et des pre- mières années du xvn^, se trouvent très souvent frappées dune estampille figurant une pomme de pin, qui est la mar- que de Torfévrerie d'Augsbourg. Ne peut-on pas avec raison en tirer cette conséquence , que des artistes de cett<5 ville s'occupaient alors de sculpter l'ivoire * ? Il n'est pas étonnant au surplus que les artistes allemands se soient livrés à ce genre de travail ; car les souverains de ce pays étaient tellement passionnés pour la sculpture en ivoire, que non-seulement ils lui accordèrent une haute pro- tection, mais que plusieurs d'entre eux devinrent d'habiles ivoiriers. L'électeur de Saxe Auguste le Pieux (f 1586) , grand amateur d'objets d'art et fondateur de la collection du Griine Gewolbe^, passait ses moments de loisir à sculpter au tour des ouvrages d'ivoire, et parmi les travaux de sa main qui subsistent encore à Dresde, il y en a de très remar- quables ; la Kunstkammer de Berlin conserve un vase sculpté par l'électeur de Brandebourg, Georges Guillaume (f 1640); l'électeur de Bavière Maximilien (f 1651) sculptait aussi en ivoire : on voit de lui dans le palais du roi, à Munich, un lustre enrichi de reliefs d'un bon goût, et dans les Verei- nigien Sammlungen, une grande quantité de vases et d'autres objets de sa main, exécutés au tour. On montre aussi dans le Griine Gewolbe de Dresde deux tabatières attribuées au czar Pierre le Grand. De même que la sculpture en bois, la sculpture en ivoire a adopté le style de l'époque et du pays où elle a été pratiquée ; nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut sur ce point (1) D' KuGLsn, Beschreibung (lerKunslkammer zu Berlin, S. 205, 207. — L. v. Ledebub, Leitfaden fiir die Konig. Kunstkammer. BerMn^ 1844, S. 7. (2) Das griine GevHJlbe (le Caveau vert). Voifez page 10» à la note. f6 INTRODUCTION. Les artistes ivoiriers ont décore, dans la seconde moite du wf siècle, une foule d'ustensiles domestiques. Beaucoup se sont exercés avec succès sur les poignées d'épées et de da- gues, sur les manches de couteaux, sur les pulrerins; ils ont aussi traité des sujets d'un style plus élevé : à la fin du xvf et dans la première moitié du xvu^ siècle , ils ont produit de fines statuettes d'un tsire irréprochable. La partie inférieure de la dent de l'éléphant, qui se prêtait on ne peut mieux à former des panses de vases, fîit appliquée à cet objet; on sculpta dessus de hauts reliefs d'un grand mérite, et des montures ciselées par les plus habiles orfèvres du temps vin- rent encore en rehausser la valeur. Parfois on en fit aussi des eippes dont les bases on les chapiteaux, soit en argent doré, soit en bronxe, sont très souvent du m^eur goût. Vers la seconde moitié du xvn* siècle les ouvrages de tour furent en grande &veur. A tontes les époques on sculpta beaucoup de crucifix, et quelques-uns sont du premier mérite. Des morceaux de sculpture en ivoire sont attribués aux plus grands artistes. On trouve au Palais-Vieux de Florence, dans la grande salle qui précède la chapelle, des pièces d*ivoire remarquables par la pureté du style et par la beauté de l'exé- cution : un Ckrist à la colonne et on SahU Sébastien sont , dit-on, de Cdlini ; anx Vereinigten Sammhtngen de Munich, on montre un crucifix de la main de Michel-Ange ; le trésor impérial de Vienne possède un cippe sculpté en hant rdief , SiRne soutenu par des satyres, qui lui est également attribué, et un crucifix qu'on dit de Benvenuto Cdlini. Ces pièces ont certainement une grande valeur artistique, mais rien ne prouve jusqu'à présent que ces deux grands mattres aient travaillé l'ivoire. Le S6ne de Vienne, par exem|de, nous a paru i^ipartenir bien plus à Técole flamande de Rubens qu'au style sévère de Michd-Ange. Cicognara* fjût observer avec raison que les travaux en ivoire attribués à Michel-Ange sont si nombreux qu'il fiMidrait. s'ils étaient sortis de ses mains. qu'Q n'eût fiût que cela toute sa rie : ces sculptures présentent (1) Stoha lUUa semUmra. t. II, |>. 442. SCULPTURE. 47 d'ailleurs l>eaucoup plutôt le caractère de l'école de Raphaël . Quant à Cellini , on ne trouve rien dans ses Mémoires qui . puisse faire supposer qu'il se soit occupé de travaux de cette sorte. n est certain cependant que des artistes très distingués, à en juger par les œuvres qui subsistent, ont sculpté Tivoire en Italie au xvi^ siècle; mais les noms de ces artistes patients et modestes, effacés par les brillants génies qui les entouraient, ne sont pas venus jusqu'à nous. Cicognara pense que les travaux en ivoire de cette époque sont dus aux élèves de Valérie Vicentino et de Giovanni Ber- nardi de Castel-Bolognese, qui tous étaient grands dessina- teurs et sculpteurs de mérite. Ces sculptures peuvent souvent aller de pair, en effet, pour la délicatesse de l'exécution et la pureté du dessin, avec les plus beaux ouvrages des graveurs de camées de cette époque. On en jugera par les deux hauts reliefs de notre collection, n^ 181 et 182. Parmi les artistes italiens du xvn® siècle qui ont travaillé rivoire, on peut citer Alessandro Algardi (1593 f 1654), au- teur du célèbre bas-relief de Saint Léon venant au devant d'Attila, lun des plus beaux ornements de l'église de Saint- Pierre de Rome. Cet habile maitre fut obligé dans sa jeunesse, comme François Flamand, de sculpter des figures d'ivoire pour gagner saviez L'Allemagne et les Flandres, qui s'étaientpassionnées pour la sculpture en ivoire, ont conservé soigneusement les noms des artistes ivoiriers. Voici les plus célèbres : Copé, surnommé Fiammingo (f 1610), né en Flandre, qui travaillait à Rome. On a de lui de grands bassins avec aiguières entièrement couverts de sculptures en relief, dans le genre de celui de notre collection, n° 193. François Du Quesnoy, dont nous avons déjà parlé, a porté la sculpture en ivoire au dernier degré de perfection. Jacob Zeller, artiste hollandais. Le Griine Gewolbe conserve de lui une frégate posée sur un piédestal, où se trouve repré- (1) Cicognara, Storia deila scultura, l. III , p. 71. 48 INTRODUCTION, sonté Neptune conduisant des chevaux marins, ouvrage re- marquable daté de 1620. Léo Pronner, de Nuremberg (f 1630). Il faisait des ou- vrages d une délicatesse extrême; on a de lui, dans la même collection , des noyaux de cerises sur lesquels, à l'aide d une loupe, on peut compter jusqu'à cent tètes. Christoph Harrich (f 1630) sculptait de préférence des tôtes de morts et des figures de jeunes filles accolées à des squelettes ; notre collection possède quelques pièces de cet artiste, n" 196 et 197. Gcorg Weckhard et Lobenigke se rendirent célèbres, à peu près à la même époque, par leurs ouvrages de tour; ce dernier sculptait aussi des statuettes. VanObstal, d'Anvers, fut membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris, où il mourut en 1668; on pourrait, à bon droit, le compter au nombre des artistes fran- çais. Il a fait pour Louis XIV de très belles sculptures en ivoire. Leonhard Kern, de Nuremberg (f 1663) , qui florissait à Berlin, avait longtemps travaillé en Italie. Angermann, dans le même temps, excellait à faire de petits squelettes ; la figure n^ 223 de notre collection lui est attri- buée. Barthel, mort à Dresde en 1694. Ses plus beaux morceaux sont des copies de groupes antiques qui renferment généra- lement des animaux ; au Griine Gewolbe, on voit de cet ar- tiste un taureau conduit par deux sacrificateurs, et un che- val attaqué par un lion, Pfeifhofen , qui florissait vers la même époque, travaillait le bas-relief. Van Bossiut de Bruxelles (f 1 692). Cet artiste, qui séjourna longtemps à Rome, fut Tun des plus habiles de son temps. L'ivoire se modelait sous ses mains comme de la eire; il ex- cella surtout dans les figures de femmes et d'enfants. On ren- contre beaucoup de ses ouvrages en Italie * . (1) CicoGNARA, Storia lieUa scultura^ t. Il, p. 444. SCULPTURE. 49 La famille Zick, de Nuremberg, a fourni «les artistes en ouTrages de tour depuis le commencement du xvn® siècle jus- qu'au commencement du xvin*. Lorenz Zick (f 1666) fabri- quait, à l'imitation des Chinois, de ces boules mobiles ren- fermées les unes dans les autres; Stephan son fils (f 17IS), tout en continuant ce genre d'industrie, a fait des pièces plus remarquables; ce sont des yeux et des oreilles avec tout l'ap- pareil de la Tue et de l'ouïe. Le Grûne Gewolbe et la Kunsi^ kammer renferment des pièces curieuses de ces doux artistes. Parmi les artistes de la fin du xvii* siècle et ceux du XMjf, on peut citer les suivants : Le Norvégien Magnus Berger (f 1739), dont la Kunsf kam- mer possède un bas-relief daté de 1690. Balthasar Permoser, né en Bavière en 1 650, mort à Dresde en 1732, avait travaillé quatorze ans en Italie*. On doit le regarder comme l'un des meilleurs sculpteurs ivoiriers. Il y a au Grune Gewolbe de superbes pièces de cet artiste et no- tamment une copie d'assez grande proportion du groupe de r Enlèvement d'une Sabine, de Jean de Bologne. Lûck, qui travaillait en 1 737 à Dresde, a fait des bustes et des crucifix. Simon Troger, de Nuremberg (f 1769). Cet artiste se ser- vait d'un bois brun pour les draperies et les accessoires. On voit des pièces très belles de sa main dans les Vereinigien Sammlungen de Munich; le Grûne Geuoolbe a de lui un morceau capital, le Sacrifice dC Abraham On trouvera dans notre collection trois figures de cet artiste, n* 263, 264 et 265 ; la Femme qui tient un enfant, n** 264 , est une répéti- tion d'un groupe qui se trouve dans la collection de Mu- nich. Le Bavarois Krabensberger, qui a imité le genre adopté par Troger, faisait surtout des Bohémiens et des Lazaroni. Michel Daebler, à la fin du xvra** siècle, sculptait, pour pommes de canne, des groupes d'enfants et d'animaux : ses compositions, souvent spirituelles, sont toujours d'une exé- (1) CicoGNARA, Sioria délia scidtura, t. III, p. 152. bO INTRODUCTION. cution soignée. Notre collection contient plusieurs pièces dans le style de cet artiste, n" 380, 381 et 283. A la même époque, Krueger faisait de petites figures gro- tesques, telles que des bossus et des gueux ayant des boutons de diamants sur leur casaque. Le Griine Gewolbe est fort riche eu petites figures de cet artiste; notre collection en conserve une assez curieuse, le Petit bossu, n° 384. Plusieurs artistes out sculpté des portraits-médaillons en ivoire. Les plus connus sont : Raimund Fale (-{- 1703), graveur en médailles, qui trariûl- lait à Berlin en 1688. Chevalier, dont la Kunatkammer possède un portrait de Marie II d'Angleterre, signé Cavalier, LomUtà, 1690. Giovanni Pozzo, graveur en médailles à Rome, duquel on peut voir, dans la même collection, un portrait daté de 1717. Plusieurs artistes français se sont livrés à la sculpture en ivoire ; mais très peu sont connus. H existe quelques pièces attribuées à Girardon, sculpteur de LouisXIV. Il y a tout heu de croire, au surplus, que, depuis la fin du xvi' siècle, la sculpture en ivoireaétépai'ticulièrementtraitée, soit en France, soit en Italie, par des artistes flamands et allemands qui s'y établirent. On a vu, en effet, que Copé Fiammiago, Frangois DuQucsnoy, Loonhard Kcm, Van Bos- siut, Fermoser, les plus habiles do tous, ont fiût un long sé- jour en Italie, et que Van Obstal, non moins renommé, était membre de notre Académie do sculpture et, pour ainsi dire, naturalisé Francis. Indépendamment des pièces que nous avons signalées en nommant les artistes ivoiriers, on trouvera dans notre collec- tion quelques bons morceaux de sculpture italienne. On peut citer, parmi les plus curieux du xvi" siècle, le JvgemerU de Paris, n" 1 68. où les personnages ont conservé le costume de l'époque de Louis Xil ; leCouieau, n" 176, connu sous le nom de Cotiieau de Diane de Poitiers , bien que rien n'indique qu'il ait pu appartenir à la duchesse de Valentinois ' ; la et décrit par M. AndréPotlier, dans les en cire. SCULPTURE. 51 Nymphes au bain, n® 1 75; Hercule combattant Géryon, n^ 1 79 ; la Leçon deflûle, n® 180. La sculpture allemande de la même époque a fourni à la collection un bas-relief, n** 177, portant la date de 1649, dont les figures sont touchées avec une fermeté et une déli- catesse d'exécution qui rappelle Técole de Nuremberg. On trouvera aussi dans la collection plusieurs de ces mor- ceaux d'ivoire , pris dans la partie inférieure de la dent de l'éléphant, montés en vases ou en cippes, et dont le contour est sculpté en haut relief ; ils appartiennent, pour la plupart, au commencement du xvii® siècle. Quelques groupes de figu- res, des bas-reliefs, un assez grand nombre de statuettes et un bon crucifix feront connaître d'ailleurs, avec les pièces que nous avons déjà eu l'occasion de citer, le style de la sculpture en ivoire aux différentes époques du xvn*^ et du xviii® siècles en France, en Allemagne et en Italie. La matière molle de la cire se prétait trop bien à la plas- sculpture tique , pour n'avoir pas été employée par les sculpteurs dans les temps les plus reculés. On sait que les Grecs et les Ro- mains modelaient des figures en cire. La céroplastique fut pratiquée en Italie dès la renaissance de l'art. Tous les célèbres orfèvres italiens des xiv*' et xv* UonumaUs français inédits^ tome II , planche 289, page 67 du texte. Le révérend Fragonall Dibdin avait déjà parlé de cette jolie pièce dans son Voyage en France. Voici dans quels termes il raconte une conversation qu'il eut avecWillemin, à ce sujet : • N'auriez- vous pas, • dis-je à Willemin, quelques curiosités dont vous voudriez vous • défaire ? — Aucune, me répondit-il. > Mais il possédait des dessins de ces sortes d'objets. • Ayez la complaisance do me montrer quelques- • ans de ces dessins. > Il me ût voir l'étui et le couteau de Diane de Poitiers , dessiné par Langlois sur Toriginal. « Où est Toriginal ? ■ lui demandai-je aussitôt. • Oh 1 Monsieur, ce n'est pas la première fois • qu'on me fait cette question : un gentilhomme do votre pays, n'ayant • pe se le procurer, en avait presque perdu l'esprit, et dans un temps • on aurait pu l'avoir pour 20 louis. ■ J'avoue que je fus très heureux d'obtenir le dessin de Langlois pour 40 francs. • Voyage bibliogra^ pkique, archéologique et pittoresque en France , traduction de M. Cra- pelet, t. IV, p. 213. 5-2 INTRODUCTION. siècles préparaient eu cire les modèles Je leurs délicieuses compositions, et les grands artistes firent leurs premiers es- sais sur cette matière. Luca délia Robbia avait appris à mo- deler en cire, de Leonardo, le plus habile orfèvre de Florence ; le fameux Ghiberti, forcé par la peste de quitter Florence, en 1400, soccupait, durant son exil, de modeler en cire et eu stuc; Michelozzo, l'un des meilleurs élèves de Donatello, tirait parti de la terre, du marbre et de la cire avec un égal succès ; le célèbre sculpteur vénitien Sansovino avait modelé en cire une copie du gi*oupe de Laocoon qui fut regardée par Raphaël comme un chef-d'œuvre; et le Tribolo, élève de San- sovino, faisait des statuettes en cire assez estimées pour servir de modèle à Andréa del Sarto dans une grande peinture à fresque*. Un bas-relief de plus de 60 centimètres de haut représentant une descente de croix, qui existe dans la rie fie chapelle du palais royal de Munich, est attribué à Mi- chel-Ange, et la beauté de l'ouvrage vient à l'appui de cette opinion. Enfin le modèle en cire que Cellini a fait de sa statue de Persée, et qui est conservé dans la galerie de Florence, est bien supérieur au bronze. La facilité qu'il y avait de donner à la cire les couleurs de la nature la fit employer pour les portraits. Orsino, sous la direction d'Andréa Verocchio, son maître, exécuta en cire, et de grandeur naturelle, la figure de Laurent de Médicis. Ce genre de portrait devint fort à la mode à cette époque ; Orsino en fit un grand nombre, dont Vasari vante le mérite*. Lorsqu'au commencement du xvi* siècle les portraits -mé- daillons devinrent à la mode, on en fit beaucoup en cire : les figures découpées étaient appliquées sur un fond d'ardoise, de verre teint, ou d'ivoire coloré. Alfonso Lombardi de Fer- rare, qui était l'artiste le plus renommé dans ce genre de travail, exécuta les portraits des plus célèbres personnages de sou temps. Lors du couronnement de Charles-Quint, il était à Cologne. Ses médaillons le mirent en vogue, et tous les '-(1) Vasari, dans la vie de ces cinq artistes. (2) Idem y Vie d' Andréa Verocchio. SCULPTURE. 53 scigncui's de la suite de l'empereur voulurent taire faire leur portrait par cet artiste * . Dans le second tiers du xvi^ siècle, il y avait en Italie un t^l engouement pour les portraits-médaillons en cire que les amateurs eux-mômes se livraient à ce genre de travail. - Je serais trop long si je me mettais à énumérer, - dit Vasari*, tous ceux qui modèlent des médaillons en cire ; - car aujourd'hui ' il n'y a pas un seul orfèvre qui ne s'en - mêle, et bien des gentilshommes s'y sont appliqués, comme - Jean-Baptiste Sozzini à Sienne, et le Rosso de' Giugni à -* Florence. « Les portraits-médaillons en cire de Lombardi ayant pénétré en Allemagne précisément à l'époque où les artistes de Nu- remberg et d'Augsbourg apportaient le plus de perfection dans les portraits-médaillons sur bois et sur Sperksfein, plu- sieurs d'entre eux s'empressèrent d'imiter l'Italien Lombardi et se servirent de la cire, bien plus facile encore à manier que le bois et la pierre tendre. Les musées d'Allemagne conservent un grand nombre de portraits en cire provenant d'artistes allemands ; les plus beaux reproduisent des personnages de la seconde moitié duxvi*" siè- cle. Nous avons particulièrement remarqué à la Kunstkammer de Berlin ceux de Sigismond II, roi de Pologne (f 1 572), de Georges II de Liegnitz (f 1577), de l'électeur Jean-Georges de Brandebourg et de sa femme Elisabeth, de 1579. La col- lection de M. Hertel, de Nuremberg, est très riche en por- traits de ce genre : les plus beaux sont attribués à I^renz Strauch, artiste de cette ville. Nous avons vu aussi dans le cabinet de M. Forster, de la môme ville , un beau portrait de l'empereur Rodolphe II , signé Wenceslas Maller. Quoiqu'on ait fait beaucoup de portraits-médaillons en cire au XVI* siècle, il n'en est parvenu jusqu'à nous qu'une petite quantité, vu la fragilité de la matière. Notre collection en possède un, n° 110, qui ne manque pas de mérite ; il a été acheté en Allemagne. (1) Vasaui, Vie de Lombardi. (2) Vie de Valerio de Viceniino et antres graveurs en pierres fines. (.1) Vasari avait terminé son ouvrage vers le milieu du xvi® >vcelo. 54 INTRODUCTION. On continua, au xyii"^ siècle et au commencement du xviii*, à faire des portraits en cire. C. Rapp, Chevalier que nous avons déjà cité pour ses médaillons en ivoire, et Weihen- meyer, ont laissé leurs noms sur quelques ouvrages. Au musée de Gotha, on trouve de très bons portraits de petite proportion, en haut relief pour la plupart; les vêtements, qui dénotent le commencement du xviii® siècle, sont en étoffes du temps. Nous avons lu le nom de Tartiste Braunin sur l'un des meilleurs. On s est également servi de la cire en Italie et en Alle- magne à la fin du xvii^ siècle et au commencement du xvin®, pour faire en haut relief des sujets qui, bien que dans un stylo peu élevé, sont remarquables par lexpression des figures. Notre collection possède deux sculptures polychromes en haut relief, n^ 1 22, de travail italien, dont le naturel rachète . ce que les sujets peuvent avoir de grossier et de vulgaire. § III. SCULPTURE Eff MÉTAL. — NUMISMATIQUE. La fonte et la ciselure des métaux forment une branche très intéressante de la sculpture. Nous ne nous occuperons pour le moment que du travail du bronze et du fer. Quant aux ouvrages en or et en argent, comme ils appartiennent à l'orfèvrerie, nous nous réservons d'en parler en traitant de cet art. Foni* La fonte et la ciselure du bronze ont été pratiquées avec succès dans les premiers siècles du moyen &ge. Le Liber au pontif colis d'Anastase le Bibliothécaire fait mention d'une moyen âge. grande quantité de bronzes , dans l'énumération des dons faits aux églises sous le règne de Constantin et le pontificat de saint Silvestre. Dans les siècles suivants, les matières d'or et d'argent figurent presque seules parmi ces pré- sents * . Il paraîtrait qu'au xi*^ siècle l'Italie avait à peu près perdu (1) On peut consulter à cet égard le relevé qu'en a fait d'Agincourt, Hxst. de l'Art., i. Il, p. 98. et ciselure des métaux SCULPTURE. 55 l'usage de fondre le bronze et de le travailler en bas-relief, puisque ce fut à Constantinople, où Ton avait conservé les traditions des procédés antiques, que Hildebrand, sous Alexandre II (f 1073), commanda les portes de Saint-Paul hors les murs. Cependant, à la même époque, TAllemagne exécutait des travaux en bronze, tels que les portes de la ca- thédrale d'Augsbourg et le tombeau de Rodolphe de Souabe dansFéglise deMersebourg. Ces ouvrages portent, il est vrai, plus ou moins, un certain cachet de l'art byzantin ^ : ne pour- rait^n pas en conclure que l'art de couler et de ciseler le bronze fut importé en Allemagne par ces artistes byzantins que l'empereur Henri le Saint avait appelés à sa cour au com- mencement du xi^ siècle t A la fin du xii^ siècle, l'art de fondre le bronze avait reparu en Italie, et commençait à y être pratiqué avec succès. Ce farent deux Italiens, Pietro et Uberto de Plaisance, qui fabri- quèrent, sur Tordre de Célestin III (f 1198), les portes qui ornent la chapelle orientale de Saint-Jean de Latran : l'inscrip- tion qu'ils y ont gravée a conservé leurs noms à la postérité. Bonnano dePise, le précurseur de Nicolas, fondait, à peu près à k même époque, celles du dême de Pise et de Saint- Martin deLucques. Au xrv* siècle, André de Pise avait perfectionné les procédés techniques de la fonte et de la ciselure du bronze. Après ce grand artiste, tous les sculpteurs italiens, ses élèves ou ses successeurs, s'adonnèrent à cette belle partie de la statuaire, qui suivit toutes les phases de l'art, jusqu'à Tépoque de son entière restauration au xv® siècle. Les portes de bronze que Suger fit faire pour l'éslise de Saint-Denifl, au xn® siècle, les magnifiques tombes d'Everard dePouiUoy (f 1223 ) et de Geoffroy d'Eu (f 1237), évêques d'Amiens, et celle de Jean, fils de saint Louis, qui sont du ^^ siècle, suffiraient pour établir la preuve qu'on savait fon- dre le bronze en France au xii® et au xin^ siècles. L'Allemagne possède encore un assez grand nombre de "monuments funéraires en bronze du xiv*^ et du xv*^ siècles. (1) D' KuGLER, Handbuch der Kunstgeschichte, S, 488. 56 INTRODUCTION. Peter Vischer, son plus fameux sculpteur, qui, au commence- ment du xvi^ siècle, introduisit le premier le style italien de la renaissance dans la sculpture allemande, avait antérieurement produit de fort belles tombes en bronze, empreintes du style germanique du moyen âge ^ Les grands travaux de sculpture monumentale n'appar- tiennent pas à la partie de Tart dont nous nous occupons ; nous avons voulu seulement rappeler que l'art du fondeur et du ciseleur en bronze avait été cultivé en Italie, en Allemagne et en France pendant toute la période artistique du moyen âge, et en tirer cette conséquence que, depuis le xi* siècle jus- qu'au XV®, on avait bien certainement fondu en bronze une grande quantité de monuments du culte et de la vie privée. Cependant très peu d'objets de ces époques reculées sont parvenus jusqu'à nous. Les monuments d'or, d'argent ou de cuivre émaillé sont plus nombreux que ceux qui se ratta- chent à la sculpture en bronze. Il est à croire que la vileté de la matière les aura fait complètement abandonner, lorsque les richesses du clergé et le luxe des grands, au xrv* siècle, fii-ent adopter presque exclusivement l'or et l'argent, ou tout au moins le cuivre doré et émaillé, pour les instruments du culte et les vases et ustensiles à l'usage des princes. Notre collection conserve un monument curieux de la sculp- ture en bronze de la fin du xii^' siècle ou des premières années du XIII® : c'est un crucifix en cuivre fondu, légèrement ciselé et doré (n® 332). La croix est formée de troncs d'arbres seule- ment ébranchés, ce qui est plus naturel et plus favorable à la sculpture que ces croix équarries, menuisées, qui se ressentent de la règle et du compas. Le Christ a dépouillé la longue robe byzantine du xi* siècle ; il porte une tunique qui ceint les reins et descend jusqu'aux genoux, tunique beaucoup plus gracieuse que le pauvre linge tourmenté dans ses plis qu'on adopta au xrv* siècle. Au pied de la croix, les trois archanges Michel, Gabriel et Raphaël sont assis sur une sorte de bouclier ovale, étendu sur des cuisses musculcuses de lion. Comme dans les (I) D' KuGLER, Handbuch der Kunstgeschichte, S. 777. SCULPTURE. 57 monuments antiques, les griffes du lion sont établies pai* pans et terminées par des ongles humains, pour ainsi dire. Chacun des archanges, dont les ailes étendues enveloppent en se re* joignant le pied de la croix , porte contre sa poitrine un médaillon où se trouve écrit son nom qui rappelle ses fonctions aaprés du Très-Haut. La tête du Christ et celles des anges ont une physionomie un peu rude : on les faisait avec plus d'art, en général, au commencement du xiu^ siècle ; mais ces physionomies énergiques ne valent-elles pas mieux que ces têtes doucereuses et fades dû Christ qu'on fait trop souvent aujourd'hui 1 Ces défauts sont d*ailleurs rachetés largement par la richesse de la composition et la sublimité de la pensée de l'artiste. Les messagers de l'Éternel, assis au pied de la eroii, ne sont-ils pas là pour attester que le supplicié n'a pas cessé d'être le Dieu de l'univers, et qu'ils sont prêts à exécu- ter ses immuables décrets t Au moyen âge, il n'y avait que peu d'artistes qui pussent entreprendre les grandes tables tumulaires où se trouvait figurée l'image du défunt; le prix très élevé de ces monuments nedevait en permettre, d'ailleurs, l'emploi que pour les tombes des grands seigneurs. Mais lorsque le goût des arts, au xv^ siè- de, se fut répandu en Allemagne, et que les artistes de talent ftrent devenus très nombreux, les particuliers riches firent placer sur les tombeaux de leurs parents des médaillons cir- culaires fondus et ciselés en bronze, qui avaient le plus sou- vent pour motifs les armoiries du défunt, quelquefois suppor- tées par des anges, des enfants ou des animaux. Le bas-relief ^t, d'ailleurs, découpé dans ses contours et appliqué sur la W)le de pierre. Ce fut principalement à Nuremberg qu'on s'occupa de ce ?®ûre de monument, depuis le milieu du xv® siècle jusqu'au delà du XVII*. Le cimetière de cette ville, où repose la dépouille Bïortelle du célèbre Albert Diirer, en offre le témoignage * . (0 U tombe de ce grand artiste, revêtue d'un simple médaillon do ™^^, porte cette seule inscription: »Quidquid Albcrti Dureri ^f^tale fuitf 8ub hoc œndiiur tumulo. Emigravit viii idus aprilis *•!>• XXVIII. • Et plus bas son monogramme si connu. Mikliillon» tuniulaire» allemands des xv« ei XVI» siècles. 58 INTRODUCTION. On y trouve un nombre considérable de tombes enrichies d'un médaillon découpé faisant relief sur la pierre ; plusieurs pré- sentent des compositions d'un style très élevé, qui réunissent à une grande pureté de dessin un travail d'une exquise déli- catesse. Notre collection possède un médaillon de cette espèce, de la fin du XV* siècle, n** 334, qui décorait le tombeau de lor- févre Bartholomé et de sa femme. Bronxes Au XVI* sièclc, les sculpteurs florentins firent une grande florentins quantité de bronzes de petite proportion, statuettes ou bas- du XVI* si^^clfi XXX ' reliefs, qui sont pour la plupart des copies d'ouvrages anti- ques, ou de chefs-d'œuvre des artistes contemporains. Quel- ques-unes de ces pièces sont même sorties des mains des habiles maîtres* de cette époque. La collection conserve plusieurs de ces fines sculptures en bronze. La plus remarquable est un bas-relief, n^ 335, repré- sentant VErdevement de Ganymède. Ce bronze reproduit exactement un marbre de Michel-Ange qui existait, il y a peu de temps encore, dans la galerie du prince Lucien Bonaparte &Rome. Giovanni Bemardi deCastel-Bolognese, l'un des plus célèbres graveurs en pierres fines du xvi* siècle, qui a beaucoup travaillé sur les dessins de Michel-Ange, a gravé ce bas-relief sur cristal de roche *. Bernardi a fondu aussi quelques bron- zes. Serait-il l'auteur de celui-ci t II est certain que cette œuvre est celle d'un artiste de mérite, et quelques connaisseurs ont même pensé que ce bronze a été fondu sur la cire modelée par Michel-Ange. Portraita. La foutc et la ciselure des métaux se prêtaient trop bien à la médaillons reproduction des portraits-médaillons, pour ne pas y avoir été Numismatique, appliquées dès la renaissance de l'art en Italie. Les plus grands artistes du xv® siècle s'adonnèrent à ce genre de tra- vail; et le XVI® siècle vit paraître des médaillons où l'art attei- gnit à un tel degré de perfection, que Michel-Ange, en contem- plant la médaille du pape Paul III faite par Alessandro Cesari, (1) Son camée a été reproduit dans le Trésor numismatiquey pi. xiii , n» 1. SCULPTURi:. 59 s'écriait que l'heure de la mort avait sonné pour l'art, parce que l'on ne pouvait rien voir de mieux ^ . Les Allemands qui, dans la première moitié du x\f siècle, excellaient, comme nous l'avons dit, dans les portraits-médail- lons sur bois et sur Speckstein, se livrèrent également à la fonte et à la ciselure des métaux pour reproduire des portraits . Les artistes les plus distingués de cette époque furent Hiero- Qjrmas Magdeburger et l'orfèvre Heinrich Reitz de Leipsick. Dans la seconde moitié du xvi^ siècle, on compte parmi les plus célèbres : Matthias Karl et Valentin Maler à Nuremberg , Constantin Miiller à Augsbourg, et Jacob Gladehals à Berlin ; au commencement du xvn® siècle, Hans Pezold (f 1633), qui travaillait à Nuremberg. La Kunstkammer de Berlin conserve de cet artiste un très beau portrait d'Albert Diirer. Les Flamands firent aussi des portraits-médaillons en mé- tal. On peut citer comme les meilleurs artistes de la moitié du XVI* siècle : Paulus "Van Vianen, Steven Van HoUand et Conrad Bloc. En France, à la fin du xvi^ et au commencement du xvii^ •iècle, Dupré jouissait d'une réputation bien méritée. On trouvera dans la collection quelques portraits-médaillons ^ or et en argent des maîtres allemands (n~ 384 à 388), et notanunent le beau médaillon de Charles-Quint par Heinrich Heits; on y verra aussi les portraits de Henri IV et de Marie deMédicis réunis dans le même médaillon de bronze (n° 356), Ms beau travail de Dupré. Le fer, malgré sa dureté, n'a pas échappé au ciseau du ciselure en fer; •cnlpteur. Ce fut principalement en Allemagne, dans la se- -»"c'n*"^«'- conde moitié du xvi* siècle, qu'on cultiva cette branche de 1^. La ville d' Augsbourg surpassait toutes les autres. Ses ^Btes ciseleurs, qui portaient le nom de Platlner •, ont couvert de leurs fines ciselures en haut relief un grand nom- ^ de pommeaux d'épées et de dagues ; ils ont enrichi de leurs bas-reliefs les fourreaux d'épées , les meubles et les (0 Vasari, Vie de Valerio Vicentino et autres graveurs, (2) D' KuGLER, Handbuch der Kunstgesckichtc , S. 797. 60 INTRODUCTION, ustensiles domestiques ; quelques-uns même ont taillé dans le fer des statuettes de ronde bosse. Parmi les plus célèbres, on distingue Thomas Ruker, qui fit en 1574 un fauteuil en- richi de sculptures d'un grand mérite, représentant des scènes historiques. Ce fauteuil, qui fut offert par la ville d'Augsbourg à Rodolphe II, est actuellement en Angleterre. Le maître le plus renommé du xvif siècle fut Gottfried Leygebe, né en Silésie; il travaillait à Nuremberg et mourut à Berlin en 1683*. D'abord simple armurier, il se fit remarquer par d'ingénieuses compositions et surtout par une exécution d'un fini très déli- cat. On voit de lui, à la Kunsikammer de Berlin et au Muséum historique de Dresde, des poignées d'épées d'un travail mer- veilleux ; il a fait aussi un grand nombre de bas-reliefs en fer. Les ouvrages de cet artiste qui jouissent en Allemagne de la plus haute réputation sont des statuettes équestres d'une assez grande proportion, taillées dans des blocs de fer. Le Grune Getoblbe de Dresde possède de lui une statuette équestre de Charles II d'Angleterre, représenté sous la figure de saint Georges tuant le dragon , et la Kunsikammer de Berlin la statuette de Frédéric-Guillaume le Grand sous la figure de Bellérophon monté sur Pégase et terrassant la Clii- mère. A ne considérer que la difliculté vaincue, ce sont là cer- tainement les premiers travaux de Leygebe ; mais ses petits bas-reliefs et surtout ses poignées d'épées sont d'un travail bien supérieur. On trouvera dans notre collection quelques bonnes pièces en fer ciselé, notamment le bas-relief n° 381 , les Noces d! Her- cule, qui doit appartenir à l'école d'Augsbourg de la fin du XVI* siècle, et le cippe n** 380. Cette dernière pièce, traitée dans le style italien de la môme époque , pourrait bien néanmoins provenir d'un mattre allemand, car les artistes de l'Allemagne ont complètement abandonné le type original al- lemand dès le milieu de ce siècle, pour adopter le style italien de la renaissance, surtout dans les objets d'industrie artis- tique*. (1) D' KuGLER, Beschreibung , der K. Kunsikammer, S. 246. (2) Idem, S. 154. SCULPTURE. 61 De très grands travaux en fer ont été faits on France au XYi* siècle, entre autres la belle grille qui ferme au Louvre la galerie d'Apollon ; mais bien qu'enrichis de mascarons et de figures, ils appartiennent plutôt à la serrurerie artistique qu'à la sculpture. A côté des ouvrages fondus dans un moule, ou scupltés dans Tratiii la masse de métal, il en existe d'autres qui sont obtenus par *" 'ep«"«^' on procédé différent, consistant à repousser au marteau des spbyrciaton. feuilles de métal, de manière à leur donner la forme que lar- tiste veut produire, et à exprimer à leur surface des figures ou des ornements en relief. Ce procédé, qui a reçu de quelques érudits le nom de tphyrèlaton, et auquel on donne plus ordinairement celui de travail au repoussé, remonte à une haute antiquité. Les objets métalliques dont parle Homère sont toujours tra- vaillés au marteau, et il n est pas douteux que les statues colossales des anciens n'aient été ainsi faites. Quelque légè- reté que l'on puisse donner au métal fondu par la perfec- tion du moule, elle ne pourra jamais être mise en comparaison avec celle d'une feuille do métal dont le marteau viendra réduire l'épaisseur autant que sa malléabilité peut le per- mettre. Aussi le procédé du repoussé fut-il employé principale- nwnt dans la confection des armures de luxe et dans l'orfè- vrerie, qui, jusqu'au xvii*^ siècle, comprenait l'exécution des bw-reliefs et des statues d'or et d'argent : il s'agissait de réunir dans ces armures de parade la richesse à la légèreté, et dans les travaux d'orfèvrerie, de produire des pièces d'une P^ie dimension en leur donnant le moins de poids possible ; nen ne pouvait mieux satisfaire à cette double condition que le travail au repoussé. Durant tout le moyen âge. les bas-reliefs, les statues, les va- *^ d'or et d'argent ont presque tous été travaillés au repoussé cti ciselés ensuite. Le moine Théophile , qui vivait au xn® siè- cle, nous l'apprend dans son Essai s^u7* divers arts ^, et nous (1) Le moine Théophilo a écrit un traité , généralement connu sous 6t INTRODUCTION. sayons, par le traité sur l'orfèvrerie de Benyonuto Ccllini, que ce procédé était seul en usage parmi les orfèvres de son temps, le titre de Diversarum artium schedula, dans lequel il a décrit les pro- cédés de divers arts cultivés au moyen âge. On conçoit tout Tintérét qui doit s'attacher à un pareil livré, au moment surtout où l'on s'occupe plus que jamais de cette curieuse époque. On compte six manuscrits seulement de cet ouvrage : il n'était donc connu que de quelques savants, et n'avait été publié qu'incomplète- ment dans le siècle dernier, en Allemagne, par Lessing, et à Londres , par Raspe, lorsque M. le comte de L'Escalopier, après avoir colligé avec soin les variantes de tous les manuscrits subsistants, en a publié en 1843 une édition aussi complète qu'on pouvait la donner, avec la tra- duction en regard du texte. Il était impossible , à moins d'avoir étudié à fond et pratiqué pour ainsi dire tous les arts différents dont s'occupe Théophile , de faire de sa Diversarum artium schedula une .traduction irréprochable; mais bien qu'on puisse ne pas admettre certaines parties de l'interpréta- tion donnée par M. de L'Escalopier au texte de Théophile, il n'en a pas moins rendu un immense service à la science archéologique en publiant ce curieux traité et en le traduisant. La publication seule du texte était une œuvre importante qui mérite les plus grands éloges. Il serait bien nécessaire de savoir exactement à quelle époque le traité de Théophile a été écrit; mais il est dépourvu de toute révéla- tion d'une date positive, et les érudits ont résolu très diversement cette grave question. Gomme nous aurons souvent à citer la Diversarum artium schedula , nous avons dû examiner attentivement les diverses opinions qui se sont produites. Ce traité se trouve rapporté par extraits dans une compilation des premières années du xiv" siècle , le Lumen animœ; il ne peut donc avoir été écrit postérieurement à la fin du xiii*, tous les critiques sont d'accord sur ce point ; mais la diversité des opinions s'établit sur l'é- poque antérieure de sa publication. Lessing, séduit par l'affinité philo- logique des noms propres Theophilus et TutUoy a attribué la Diversa- rum artium schedula à un certain moine du couvent de Saint-Gall , appelé TutUo , qui vivait au ix^ siècle , sans que rien pût militer en faveur de cette haute antiquité du livre ; Raspe, Morelli , Lanzi , Emeric David, et MM. de Montabert, Léclanché et Batissier, datent l'ou- vrage du x« ou du xi* siècle. Mais aucun de ces auteur^ n'a motivé son opinion , regardantf on ne sait pourquoi , la question comme hors de doute et résolue. M. J. Marie Guichard , dans l'introduction qui pré- cède la traduction de H- de L'Escalopier, a été d'un avis contraire. SCULPTURE. 63 en France et en Italie ; lui-môme n en employait pas d'autre dans la fabrication des bijoux, des vases, des figurines d'or et Après avoir discuté les opinions émises avant lui, après avoir inter- rogé le texte, il a« pensé que la publication d'un traité où le pein- tre, le verrier, le mosaïciste, le miniaturiste, le ciseleur et le fon- deur de métaux, le calligraphe, le facteur d'orgues, Torfévre et le joaillier viennent chacun puiser des instructions , ne pouvait être un bit isolé ; qu'elle n'a pu avoir lieu qu'à une époque de renouvellement et de renaissance; que tel a été le caractère des xn* et xra* siècles, et qa'on devait reporter à ce temps l'ouvrage de Théophile. M. Gui- diard ajoute qu'en comparant les textes de Théophile avec les travaux des artistes aux xii* et xm« siècles, on aperçoit bientôt une conformité parfaite entre la doctrine du maître et les productions des élèves. M. l'abbé Texier, dans son Histoire de l'orfèvrerie au moyen âge , a traité la question. Examinant le livre de Théophile en ce qui con- cerne la peinture sur verre, le savant archéologue estime que ce moine artiste possédait toute la pratique des verriers de la première iDoitié du xm* siècle , et qu'il devait être leur contemporain. De même que Lessing, en fixant au ix* siècle la publication du traité de Théophile , avait été beaucoup trop loin , ne serait-ce pas la placer trop près de nous que de la dater du milieu du xui* siècle ? Souvent, en effet , on reconnaît dans certains procédés de Théophile une naïveté qui n'annonce pas une pratique fort avancée. Pour la pein- tore sur verre , il ne connaît qu'un seul émail , et il ne semble pas ayoir eu connaissance du verre rouge doublé d'une couche de verre hlanc, qui cependant commençait à être en usage au xni® siècle. (PéUure sur verre, par M. Bontemps, 1845, p. 27.) Lorsqu'il veut snnoler des pierreries sur les croix , les nimbes, les livres , les bor- dures de vêtements, toutes choses qu'il rend par du verre jaune- dair, pour imiter l'or, il emploie de petits fragments de verre coloré ^ bleu ou en vert qu'il fixe sur le verre jaune, avec de la couleur d'émail un peu épaisse , la cuisson faisant ensuite adhérer ces frag- BMiits sur le fond du verre jaune. D'on autre côté , à l'appui de cette opinion que Théophile a écrit au ïffl» siècle, on a cru voir des fenêtres-ogives dans les fenestrœ productœ dont il parle au chapitre ux du livre m, en enseignant la fabrication ^ l'encensoir par le procédé du repoussé. Mais si l'on veut faire atten- ^OQ dans quelles circonstances Théophile prescrit de faire sur l'encen- ^^^ fenestrœ productœ, on verra qu'elles doivent être placées entre ^ cdonnettes qui, cantonnant les angles de tours carrées, devaient ^ resserrées dès lors l'une contre l'autre, et ne pouvaient admettre 54 INTRODUCTION. On continua, au xvii*^ siècle et au commencement du xvni*^, à faire des portraits en cire. C. Rapp, Chevalier que nous avons déjà cité pour ses médaillons en ivoire, et Weihen- meyer, ont laissé leurs noms sur quelques ouvrages. Au musée de Gotha, on trouve de très bons portraits de petite proportion, en haut relief pour la plupart; les vêtements, qui dénotent le commencement du xviu*^ siècle, sont en étoffes du temps. Nous avons lu le nom de lartiste Braunin sur Tun des meilleurs. On s'est également servi de la cire en Italie et en Alle- magne à la fin du xvn^ siècle et au commencement du xvin®, pour faire en haut relief des sujets qui, bien que dans un stylo peu élevé, sont remarquables par l'expression des figures. Notre collection possède deux sculptures polychromes en haut relief, n° 1 22, de travail italien, dont le naturel rachète . ce que les sujets peuvent avoir de grossier et de vulgaire. § III. SCULPTURE EN MÉTAL. — NUMISMATIQUE. Foni« et ciselure des métaux au moyen &gc. La fonte et la ciselure des métaux forment une branche très intéressante de la sculpture. Nous ne nous occuperons pour le moment que du travail du bronze et du fer. Quant aux ouvrages en or et en argent, comme ils appartiennent à l'orfèvrerie, nous nous réservons d'en parler en traitant de cet art. La fonte et la ciselure du bronze ont été pratiquées avec succès dans les premiers siècles du moyen âge. Le Liber pontificaUs d'Anastase le Bibliothécaire fait mention d'une grande quantité de bronzes , dans l'énumération des dons faits aux églises sous le règne de Constantin et le pontificat de saint Silvestrc. Dans les siècles suivants, les matières d'or et d'argent figurent presque seules parmi ces pré- sents * . 11 paraîtrait qu'au xi*" siècle l'Italie avait à peu près perdu (1) On peut consuller à cet égard le relevé qu'en a fait d'Agincourt, Hist. de l'Art., i. H, p. 98. SCULPTURE. 55 lusage de fondre le bronze et de le travailler on bas-relief, puisque ce fut à Constantinople, où l'on avait conservé les traditions des procédés antiques, que Hildebrand, sous Alexandre II (f 1073), commanda les portes de Saint-Paul hors les murs. Cependant, à la même époque, TAllemagne exécutait des travaux en bronze, tels que les portes de la ca- thédrale d' Augsbourg et le tombeau de Rodolphe de Souabe dansFéglise deMersebourg. Ces ouvrages portent, il est vrai, plus ou moins, un certain cachet de Tart byzantin ^ : ne pour- raitK)!! pas en conclure que l'art de couler et de ciseler le bronze fut importé en Allemagne par ces artistes byzantins que l'empereur Henri le Saint avait appelés à sa cour au com- mencement du xi^ siècleî A la fin du xu^ siècle, l'art de fondre le bronze avait reparu en Italie, et conunençait à y être pratiqué avec succès. Ce forent deux Italiens, Pietro et Uberto de Plaisance, qui fabri- quèrent, sur Tordre de Célestin III (f 1198), les portes qui ornent la chapelle orientale de Saint-Jean de Latran : l'inscrip- tion qu'ils y ont gravée a conservé leurs noms & la postérité. Bonnano dePise, le précurseur de Nicolas, fondait, à peu près i la même époque, celles du dôme de Pise et de Saint-Martin deLucques. Au xrv* siècle, André de Pise avait perfectionné les procédés techniques de la fonte et de la ciselure du bronze, ^rès ce grand artiste, tous les sculpteurs italiens, ses élèves ou ses successeurs, s'adonnèrent à cette belle partie de la «tatuaire, qui suivit toutes les phases de l'art, jusqu'à l'époque ûe son entière restauration au xv® siècle. I-es portes de bronze que Suger fit faire pour l'église de ^^t-Denis, au xn* siècle, les magnifiques tombes d'Everard <ïeFouiUoy (f 1223 ) et de Geoffroy d'Eu (f 1237), évoques ^ Amiens, et celle de Jean, fils de saint Louis, qui sont du ^'^ siècle, suffiraient pour établir la preuve qu'on savait fon- ^^^ le bronze en France au xif et au xin*^ siècles. Il' Allemagne possède encore un assez grand nombre de Monuments funéraires en bronze du xiv*^ et du xv^ siècles. (1) D' KuGLER, Handbuch der Kunstgeschkhtc, S. 488. 54 INTRODUCTION. On continua, au xvii° siècle et au commencement du xvni*, à fairo des portraits en cire. C. Rapp, Cheralier que nous avons déjà cité pour ses médaillons en ivoire, ot Weihen- meyer, ont laissé leurs noms sur quelques ouvrages. Au musée de Gotha, on trouve de très bons portraits de petite proportion, en haut relief pour la plupart; les vêtements, qui dénotent le commencement du xvni' siècle, sont en étoffes du temps. Nous avons lu le nom de l'artiste Braunin sur l'an des meilleurs. On s'est égfdement servi de la cire en Italie et en Alle- magne à la lîn du xvn^ siècle et au commencement du xvm*, pour faire en haut relief des sujets qui, bien que dans un style peu élevé, sont remarquables par l'expression des figures. Notre collection possède deux sculptures polychromes en haut relief, n' 1 22, de trav^l italien, dont le naturel rachète . ce que les sujets peuvent avoir de grossier et de vulgaire. EN H^AL. — NUMISMATIQUE. La fonte et la ciselure des métaux forment une branche très intéressante de la sculpture. Nous ne nous occuperons pour le moment que du travail du bronze et du fer. Quant aux ouvrages en or et en argent, comme ils appartiennent & l'orfèvrerie, nous nous réservons d'en parler en traitant de cet art. La fonte et la ciselure du bronze ont été pratiquées avec succès dans les premiers siècles du moyen &ge. Le Uber pontipcalis d'Anastase le Bibliothécaire fait mention d'une grande quantité de bronzes , dans l'énumération des dons faits aux églises sous le règne de Constantin et le pontificat de siùnt Silvestro. Dans les siècles suivants, les matières d'or et d'argent figurent presque seules parmi ces pré- sents < . Il paraltnùt qu'au xi' siècle l'Italie avait à peu près perdu fl) On peut consulter à wt égard le relevé qu'en a fait d'Agincourt, Uim. d»i'Art.;x. II, p. 98. SCULPTURE. 67 Ainsi, dans l'inventaire de Charles V, de 1379*, on trouve souvent renonciation de camées qui viennent décorer des pièces d'orfèvrerie ; mais les sujets qui y sont gravés ne se rattachent presque jamais à la religion chrétienne, comme cek aurait eu lieu sans aucun doute, d'après les usages du temps, si ces pierres avaient été gravées pour les pièces d'or- fevrerie qu'elles décorent. Au f* 66 de cet inventaire on fait le relevé des signets (les sceaux) du roi, et voici comment celui dont il se servait habituellement est désigné : « Le signet du - roy, qui est de la teste d'un roy sans barbe et est d'un fin rubis - d'Orient ; c'est celui de quoi le roy scelle les lettres qu'il " escript de sa main. ^ Plus bas, au f^ 78, on décrit » les - anneadx à camahieux estant on un autre cof&e dont le roy « porte la clef : ung camahieu où il y a ung lyon couchant, assis • (enchâssé) en une verge d'or néellée. — Ung autre camahieu à - une teste de femme, assis en une verge d'or toute plaine. — - Ung autre petit camahieu d'un enffant à elles (ailes) acropy . » A eette description on ne peut méconnaître des pierres anti- ques ; la dernière ne reproduisait-elle pas la figure de Cupidon î Au f^ 63 du même inventaire on trouve un anneau dont le -=.:> ei fut mime «pfl.aP3,^r*«w, ita ■^ Krl-T^m IrfXïTU'Wf.V-BBaB»- - ini Çî»&: -rr.w: Joseph Hékr -'-Il .».^,r ..." ut- ' «s i'^Té jusqu'à k hmar *.-«.= c:r ■ ' U- y.-ii4 De devons pu ii,«-b-3^ r i^— 00 ■iTH.qni ne.M rattadw^nas^^,,,^ '. 10 U ™ privée. La !(ti*ï»5^, _^ e. 41d«s:ell«dem««fcJ««»,^ ^ îe pK» aude*. et ïnft ^ *,.,-— s. I«loisi«d-ui,a«,«r,,'*;"7^ Jepierres gravées tejw»,,,^ '"" Uncertamnool»*ï,g^,_ pendant i notre MBMi.,^^ '"'^ •1 c»mneobjetd'o««^,^^ •■■- 17, 1. 1, p. 267. (7) Mazois, Antiq. de Pompéi, 3« partie, p. 77, 1'* partie, p. 54. 78 INTRODUCTION. Les anciens savaient parfaitement colorer le verre ; nous citerons, en traitant de la verrerie, les documents qui établis- sent ce fait. La collection d'ailleurs possède des vases de verre antique qui présentent les plus belles couleurs ; rien ne s'oppo- sait donc à ce qu'ils pussepj; colorer le verre à vitres, comme celui avec lequel ils confectionnaient ces vases ; néanmoins les fragments de vitres antiques qui ont été découverts jusqu'à présent sont blancs. Emploi II est certain toutefois que, du moment où le christianisme du verre coloré triomphant se fut emparé des basiliques pour les faire servir les fenêtres AUX cérémonies du culte, les fenêtres de ces nouveaux temples des églises, forent garnies de verre coloré. Emeric David, à Tappui de cette opinion qu'il partage, traduit ainsi deux vers de la des- cription que Prudence nous a laissée de la basilique de Saint- Paul hors les murs bâtie par Constantin : « Dans les fenêtres » arrondies se déploient des vitraux de diverses couleurs; ** ainsi brillent les prairies ornées des fleurs du printemps ^. n Si Ton a pu çontei^er la fidélité de la traduction et voir des mosaïques dans le Ayofo insigni varie de Prudence, pour rap- porter à un temps plus rapproché l'emploi des verres de cou- leur dans les églises, les écrits de Grégoire de Tours ne peuvent laisser aucun doute sur l'existence des verrières de couleur au vi* siècle. Fortunat, évéque de Poitiers, son con- temporain, vante aussi, en plusieurs endroits de ses poésies, l'éclat des verrières colorées*. Dans ces verrières éclatantes de diverses couleurs, il n'y avait encore aucune figure, aucun ornement peint sur le verre; elles se composaient d un grand nombre de pièces diverse- ment colorées, teintes chacune uniformément dans la masse, coupées sur différents patrons et assemblées de manière à rendre des motifs. On ne doit les regarder que comme de» mosaïques transparentes. (1 ) Tum ccmiuros hyalo inHgni varie cucurrit arcus : Sic prata vernis floribus renident. Prudewt. Oipl ÎTcçavcov hymn. xii, v. 53 et 54. Ed, RomoBy J788, t. 1, p. 1199. (2) Levieil, ouvr. cité, p. 12. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 79 Dya en effet une grande différence entre colorer le yerro vcrroienu et peindre dessus. Les verres colorés s'obtiennent en mêlant ®' "^^^^ ^*'"^' àlapÀte en fusion, pendant la fabrication, certains oxydes mé- talliques qui communiquent à toute la pâte une couleur uni- forme. Cette coloration n'est pas superficielle ; elle existe dans tonte la substance du verre, les matières colorantes s'étant in^ement combinées par la fusion avec la masse vitreuse. Ceprocédé produit ce qu'on appelle des verres teints, qu'il ne hxA pas confondre avec les verres peints . Pour obtenir ceux-ci , on prend une table de verre translucide, incolore ou déjà teinte dans la masse, et sur l'une de ses surfaces ou sur toutes deux on rend le dessin et le coloris avec des couleurs vitrifia- blés. Ces couleurs, véritables émaux, sont le produit d'oxydes nétalliques, qui donnent la coloration, mêlés et combinés avec des composés vitraux auxquels on adonné le nom de fondants. Ces fondants deviennent les véhicules des couleurs, et c'est parleur intermédiaire, à l'aide de l'action d'une forte chaleur, que les matières colorantes sont fixées sur la table de verre et ineorporéea avec elle. Le eharme des brillantes mosaïques des verrières du pre- a quelle cpoquc mier Age du christianisme a dû naturellement amener le désir i7!!!dntare d ytraoer des figures et des sujets ; mais la question de savoir sur verre. i quelle époque on a commencé à peindre sur le verre avec des conleors d'émail n'a pas été moins controversée que celle de l'emploi des verres pour clore les fenêtres. Ânastase le Bibliothécaire, qui écrivait à la fin du ix* siècle, et qui s'est complu à étaler dans ses Vies des papes toutes les magnifioences dont ils avaient décoré les églises, ne parle ja- mais de vitres peintes, mais seulement de vitres teintes en couleur. Ainsi lorsque, dans la vie de Léon III (f 8 1 6) , il rap- porte que ce pontife fit garnir de vitres l'église de Saint-Jean de Latran, c'est dans des termes qui ne permettent pas de supposer l'existence d'une peinture quelconque sur les vitraux employés : Fenestras de absidà ex vitro diversis cohribus con- clusit* . n faut donc déjà regarder comme à peu près établi que la peinture sur verre n'était pas connue au ix* siècle; car s'il (1) Atiastase le Bibl., dans la vio de Léon III. 80 INTRODUCTION, en avait été aatrement, les papes, si jaloux de décorer les égli- ses, n'auraient pas manqué d'accueillir avec transport ce nou- veau moyen de les embellir, et Anastase aurait parlé de ce genre si splendide de décoration. Le x*^ siècle a été en proie à tant de calamités, et les arts, privés presque partout de l'appui des princes, étaient alors tombés dans un tel état d'avilissement, qu'il n'est pas probable que cette époque ait pu donner naissance à une découverte aussi importante. Aussi Levieil^, Alexandre Lenoir*, Lan- glois' et M. de Caumont^ ont exprimé cette opinion, que la peinture sur verre n'avait commencé à se montrer qu'au xi® siècle. Émeric David, au contraire, a pensé que l'invention de la peinture sur verre devait remonter au règne de Louis le Débonnaire ou à celui de Charles le Chauve^. Mais, dans la note qui accompagne le passage où il émet cette opinion, il semble détruire toute la valeur de son argumentation en di- sant que « si l'art de peindre sur verre eût été connu du temps « de Charlemagne, les poëtes contemporains n'auraient pas « manqué de célébrer une invention si remarquable. » La même observation ne doit-elle pas s'appliquer au temps de Charles le Chauve 1 Eh bien ! quel écrivain du ix^ siècle ou même du x® a donc parlé de la peinture sur verre! Aussi Émeric David ne peut- il appuyer son opinion que sur un écri-> vain du xf siècle. L'historien du monastère de Saint-Benigne de Dijon, qui écrivait vers 1052, dit E. David, assure qu'il existait encore de son temps, dans l'église de ce monastère, un très ancien vitrail représentant le martyre de sainte Pas- chasie, et que cette peinture avait été retirée de l'église res- taurée par Charles le Chauve ^. Sans s'arrêter à discuter l'in- (1 ) Levieil , ouvrage cité, p. 20. (2) Musée des monuments français. (3) Ouvrage cité, p. 9. (4) Cours cTantiquités monum.^ t. VI, p. 465. (5) Hist. de la peinture , éd. 1842, p. 79. (6) Voici le texte du chroniqueur : « Postea pro confessùme deitcUis sententià fuit multata capHati; ut qucedam vitrea antiquitus fada , et usque ad nostra perdurans tempora^ eleganti permonstrabat picturà. • Chron, S. Benig. Dttnon., apud d'Acbery, SpicU,^ t. II, p. 383, c. ii. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 81 terprétation donnée par £. David au texte sur lequel il s'appuie, nepeatron pas dire que le moine de Saint- Bénigne a appliqué le mot de peinture à une représentation exprimée par un assem- blage de Terres teints, et confondu, comme le fait très bien re- marquer Alexandre Lenoir, Fart de teindre le verre avec celui de le peindre? M. Batissier, qui a publié récemment une excel- lente histoire du verre et des vitraux peints * , partage l'opinion de E. David : il se fonde sur le traité de Théophile, la Diversa- nmarHumschedula. Le savant moine a consacré trente-un cha- pitres de son livre à l'art des verriers et à la peinture sur verre, et si la publication de son traité remontait au rx*" siècle ou même aux premières années du x^, on pourrait en tirer cette consé- quence, que la peinture sur verre devait exister dès le temps de Charles le Chauve. Aussi, pour se servir d'une autorité aoBsi imposante que celle de Théophile, M. Batissier est-il obligé d'admettre que ce moine écrivait à la fin du x® siè- cle, et encore qu'il ne parle pas de la peinture sur verre comme d'une invention nouvelle*. Mais nous avons dit plus haut' que, depuis qu'on a fait une étude plus approfondie du line de Théophile, on pense généralement qu'il n'a pu être écrit antérieurement au xif siècle. Ce traité ne saurait donc être invoqué en faveur de l'opinion qui ferait remonter la découverte de la peinture sur verre au milieu du ix*^ siècle. Ne doit-on pas supposer plutôt que cette admirable inven- tion n'a pu se produire que dans un temps de renaissance ; à une époque où les hommes, sortis des agitations du x^ siècle, et n'étant plus dominés par la terreur de la fin du monde, qui avait paralysé toute activité, toute industrie, s'élançaient vers une vie nouvelle ; à une époque où les hommes, de quel- que condition qu'ils fussent, unissaient à l'envi leurs efforts pour édifier, restaurer et embellir les temples consacrés au Seigneur; à une époque enfin où l'art s'ouvrait de nouvelles (1) Elle est insérée dans le Cabinet de l'anuUeur, t. II. (t) Le Cabinet de l'amateur, t. II, p. 87. (3) Voir plus haut, p. 62. 6 82 INTRODUCTION. voies, se créait un nouveau style, et s'efforçait d'étaler aux yeux des œuvres originales, étrangères à ce qui avait paru jusqu alors! Il est de fait au surplus, et cela est reconnu par tous les archéologues, qu'on ne connaît aujourd'hui au- cune vitre peinte qui puisse avec certitude être reportée au delà du xii^ siècle. Il faut donc sarréter à cette opinion que la peinture sur verre n'a dû prendre naissance qu'au xi® siècle. Vitraux Los vitraux du xïf et ceux du xnf siècle ont à peu près le ^" ^"' même caractère. Ds sont composés de petits médaillons his- ■uxiii*su\ic. tories de différentes formes, symétriquement distribués sur des fonds de mosaïque de verre de couleur empruntés aux siècles précédents. Ces fonds présentent des compartiments, soit en carré, soit en losange, remplis de fleurs à quatre pé- tales, de trèfles et d'autres ornements; ils sont encadrés dans des bordures très variées, qui offrent souvent des feuilles re- courbées en crochet et des entrelacs sur lesquels s'épanouis- sent des palmettes de différentes sortes. Les sujets des mé- daillons sont empruntés à l'Ancien et au Nouveau-Testament, ou bien encore aux histoires légendaires des saints. Les linéa- ments principaux du dessin, soit dans les sujets, soit dans les fonds, sont dessinés par des filets de plomb qui encadrent et réunissent ensemble toutes les pièces de verre, ordinairement teintes, très rarement incolores, dont se compose un vitrail. Sur ces pièces de verre, toujours d'assez petite dimension, les plis des draperies, les détails des ornements sont rendus par une couleur bistrée ou rousse appliquée au pinceau. Quel- ques hachures de cette couleur indiquent les ombres. Les carnations elles-mêmes ne sont pas exprimées par une cou- leur d'application ; un verre légèrement teinté en violet en forme le fond, et les traits sont indiqués avec cet unique émail bistré. A la fin du xii^ siècle cependant, un modelé en bistre, exécuté avec ce même émail, parvient à produire un rendu plus détaillé, et des hachures, enlevées en clair sur un fond de couleur, produisent un effet lumineux très heureux ; en sorte qu'avec une seule couleur d'émail les peintres verriers arrivent à obtenir trois teintes différentes *. Bientôt dans (I) TiiFOPniM Dwersarum artium schcdula, lib. Il , cap. xx. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 83 quelques verrières, au lieu de petits médaillons à sujets, on peint des figures isolées de plus grande proportion qui se dé- tachent sur un fond mosaïque. Ce qui fait surtout estimer les verrières des xii® et xiii* siè- des, malgré leur imperfection sous plusieurs rapports, c'est l'harmonie qui règne entre elles et l'ensemble de l'édifice au- quel elles appartiennent. A quelque distance qu'on les exa- mine, on est frappé do l'élégance de la forme et du prestige do la couleur. Le verrier n'a pas eu l'intention de faire une œoYre à part; il s'est peu préoccupé de rendre la nature avec exactitude ; son but a été de concourir, sous la direction de l'architecte, à l'ornementation du monument, et il n'a jamais manqué d'y parvenir par l'agencement de couleurs harmo- mmisement distribuées, qui, tout en brillant du plus vif éclat, répandent dans l'intérieur du temple un jour mystérieux qui ajoute à la sévérité grandiose de l'architecture. Cette entente de l'effet n'excluait pas la richesse des détails. Les mosaïques des fonds et les bordures qui les encadrent présentent des des- sins toujours gracieux, d'une originalité charmante et d'une Tariété infime. Les sujets sont empreints d'une naïveté tou- chante, qui n'exclut ni la vie ni le mouvement. Théophile, dans les chapitres xvii, xviii, xrx, xx et xxi du Technique livre n de sa Diversarvm ariium schedula, nous apprend de /** ^''!?".' * * du XII» siècl( quelle manière le peintre verrier dessinait ses compositions, d'après conunent il coupait le verre, comment il le peignait. Théophile. Sur une table de bois préalablement blanchie avec de la cwie pulvérisée et délayée dans l'eau, l'artiste traçait d'abord ^ la règle et au compas la dimension exacte de la verrière ou du panneau de cette verrière qu'il voulait composer. Ceci fait, " dessinait au trait avec du plomb ou de l'étain , puis il repassait *^ec de la couleur rouge ou noire le sujet qu'il comptait rcpré- *^ter dans la verrière, ainsi que la bordure et les détails des ^tiements qui devaient la décorer, indiquant les ombres par des '^lures, telles qu'elles devaient être reproduites par l'émail *^*stré. Il déterminait ensuite la couleur de chacune des parties ^ U composition, soit par de la couleur appliquée sur la table ^^*i8les différents compartiments que formait le dessin, soit 8f INTRODUCTION. par une lettre de convention qui renvoyait à une couleur donnée. Le verrier, d'après ces indications, prenait alors au- tant de morceaux de verre teint qu'il y avait de compartiments différents dans le dessin ; et posant sur la table ces morceaux de verre, l'un après l'autre, à la place qu'ils devaient occu- per, il traçait dessus, avec de la craie broyée dans l'eau, les contours extérieurs du dessin qui se laissaient voir au- dessous. Les verriers ne connaissaient pas alors le moyen de cou- per le verre avec le diamant : on ne commença à en faire usage qu'au xvi® siècle. Pour découper tous ces morceaux do verre, on se servait d'une tige de fer rougie au feu ; on la promenait sur le tracé, qu'on avait soin d'humecter légère- ment si le verre résistait à se fendre; le verre ainsi divisé laissait-il quelques aspérités, on employait pour les enlever une espèce de pince ou de griffe de fer nommé grésoir (gra- sarivmfeiTum). Tous les morceaux de verre ainsi découpés étaient alors reportés sur la table où lé dessin se trouvait indiqué, chacun à la place qu'il devait couvrir, et le peintre, avec cette couleur d'émail bistré dont Théophile indique la composition dans son chapitre xix * , retraçait sur le verre les lignes du dessin (I) Théophile indique ainsi la composition de Témail employé à peindre le verre : • Toile cuprum tenue percussum, comburens in par- vula patella ferrea, donec ptUvis omnino sit, et accipe partictUas vhidùt vitri, et saphiri grœci, terens singulariter inter duos lapides porfiriticos^ et commiscens hœc tria simul , ita ut sit tertia pars pulvis , et iertia viride, tertiaque saphirum, tere^ pariter super ipsum lapidem cum vino vel urina dUigentissime, et mtttens in vas ferreum sive plumbeum, pingi vUrum cum omni cautela secundum tractus, qui sunt in tabula, • D'après ce texte, on reconnaît que Témail de Théophile est composé, V comme matière colorante, d'oxyde de cuivre provenant de l'oxyda- tion do ce métal obtenue dans un vase de fer ; 2* de deux fondants, Pun de verre déjà coloré par de l'oxyde de cuivre , l'autre de verre coloré en bleu ( probablement par le safre dont la matière colorante est l'oxyde de cobalt). Ce mélange n'aurait produit qu'un émail bleuâ- tre ; 'mais le cuivre ayant été calciné dans un vase de fer, une cer- taine quantité de ce métal s'est transformée en oxyde rouge, qui, au xiT* siècle. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 85 et les ombres marquées Bur cette table. Théophile enseigne an soiplos à dégrader les tons avec cette seule couleur d'émail, de telle sorte quon puisse supposer qu'il y a trois couleurs difi&rentes, et fait connaître quelques autres ressources des peintres Terriers de son temps. Lorsque la peinture d'émail, ainsi appliquée sur le verre teint, était séohe, on portait les pièces de verre dans le four- Bttui de cuisson. La cuisson opérée et le verre refroidi, les différents morceaux qui composaient le dessin étaient réu- nis de nouveau et joints ensemble par des tiges de plomb. An xiv* siècle, le peintre verrier essaie de copier la nar vitraux tnre avec fidélité, et y réussit quelquefois. Il commence à dieither des effets de clair-obscur, à introduire des ombres et des reflets dans les ornements et dans les draperies ; les cvnatkmB ne sont plus exprimées par des verres teintés en ▼idet. mais peintes sur des verres blancs, au moyen d'une oeolenr de grisaille rouge ; il leur donne un modelé qui se rap- proche davantage de la nature. Les morceaux de verre devien- nentplos grands, les plombs s'espacent, les grandes figures isolées se multiplient et prennent , dans la claire- voie des éj^ises, à la fin du siècle, de grandes proportions ; ces figures M&t placées sous des décorations architecturales, et se dé- tachent, non plus sur un fond de mosaïque, mais sur un fond onironge ou bleu. La conséquence des progrès que fit le peintre verrier dans l'srt dn dessin fut qu'il s'efforça de créer une œuvre indivi- duelle, sans négliger absolument cependant l'effet général qoe devait produire la verrière. S'il n'osa encore aborder une *^e en grandes figures, soumise aux lois de la perspective, 3 shandonna toutefois les médaillons légendaires à sujets de P®fte proportion. A ne considérer les verrières qu'au point de vue de la dé- ^nition monumentale, on peut dire que les tableaux de verre ^^Qv* siècle produisent un effet moins saisissant que les ™*fe avec le verre bleuâtre , a fourni cet émail brun-roussâtre que ' "'* "remarque dans les verrières des xip et xnr siècles. 86 INTRODUCTION, mosaïques à chaudes couleurs, relevées de médaillons histo- riés, des deux siècles précédents. Néanmoins les dispositions architecturales qui , au xiv^ siècle , encadrent les figures , sont souvent aussi très favorables à la décoration de l'édi- fice dont elles semblent prolonger Tétendue. L'amélioration du dessin et du coloris est une large compensation d'ailleurs à l'effet mystérieux des verrières du xiii® siècle, et Ton peut regarder la fin du xrv® comme l'une des plus belles époques de la peinture sur verre. Vitraux Tous los arts se tiennent et marchent d'un pas à peu près ^" ^^^ "^'^ égal. La peinture sur verre suivit les progrès de la peinture à première moiiié l'huile pendant le XV* siècle et la première moitié du xvi®. La ^" *^**- correction du dessin, le costume des personnages et le style de la composition servent surtout à déterminer l'âge des vitraux pendant ces cent cinquante années. La tendance des artistes verriers à produire des œuvres individuelles se fait sentir de plus en plus à partir du commencement du xv® siècle. Dbs dé- corations , toujours empruntées à l'architecture du temps, qui encadrent les personnages et les sujets, s'accroissent chaque jour davantage etprésententune grande complication de lignes et d'ornements, souvent d'un très bel effet. Pendant une grande partie du xv*' siècle, des légendes peintes sur des phy- lactères expliquent les sujets, la plupart du temps par un ver- set tiré des saintes Ecritures. Les tentures bleues ou rouges, figurées derrière les personnages, offrent des étoffes damas- sées d'une grande richesse. Les bordures sont rares, et quand il s'en trouve, ce sont des rinceaux de feuillages assez mai- gres, peints sur de longues bandes de verre. Les verriers ar- rivent à faire un grand usage des grisailles, qui laissent pé- nétrer beaucoup de jour dans l'intérieur des édifices, et ne produisent aucun de ces beaux effets des mosaïques colorées des xn* et xra*^ siècles. On commence, dans la seconde moitié du xv* siècle, à peindre des édifices et des paysages en perspective. Au xvi*, les artistes se montrent fort habiles à produire des sites gra- cieux, des lointains profonds, des arbres, des fruits et des fleurs. Les sujets tirés des légendes sont abandonnés; les PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 87 scènes de l'Evangile, les figures des apôtres, des prélats et des abbés dominent dans les compositions. Da reste, les moyens d'exécution, durant toute cette période, furent à peu près les mêmes que dans les siècles précédents. Diverses améliorations furent néanmoins progressivement ap- portées aux ^ciens procédés. Dès le xiii^ siècle, et surtout au XIV*, on s'était servi d'un verre rouge doublé d'une couche de Terre blanc, dont on tirait un bon parti. Suivant les exigences du dessin, on usait certains endroits du verre rouge, qui for- mait le fond des draperies, de manière à découvrir la couche de Terre blanc , et , dans ces parties ainsi champlevées , on introduisait de nouvelles couches de verre diversement coloré, que l'on fixait au feu du moufle, et qui simulaient des franges et des broderies , ou bien encore des pierres précieuses. Au xv* siècle, on fit de ces verres doublés bleus, verts, violets, et l'on obtint ainsi de très beaux effets et une grande variété de tons juxta-posés, sans avoir besoin de se ser- Vffcomme auparavant d'autant de pièces de verre qu'il y avait de couleurs. Dès les premières années du xv^ siècle, on fit beaucoup moins usage des verres teints dans la masse, et bientôt on préférales verres blancs et l'emploi des couleurs d'émail pour rendre le trait et le coloris. Au milieu du xvi® siècle, la révolution dans l'art de la pein- vitraux tiffe sur verre était complète. La chimie avait largement , î!®** ... *■ . deuxième iDoi lie ^igrandi la palette des peintres, et la grande quantité de cou- du xvi* siècle, lenrs d'émail dont ils pouvaient disposer leur permit d'aban- donner entièrement les verres teints dans la masse, et de peindre sur une seule pièce do verre blanc avec des émaux étendus à Isa surface. Le verre ne fut plus alors que la matière objective de la peinture, comme la toile ou le bois dans la pçmture à l'huile. Les verriers en vinrent à trailuire sur des ^^fes blanches comme sur une toile les chefs-d'œuvre de Ra- P*^l, de Michel- Ange et des autres grands peintres de la ^^'^'^^ance italienne. Ils exécutèrent de petits tableaux dune "'^esse extrême, et surent obtenir une grande richesse de ^l^^ris par l'habileté avec laquelle ils marièrent les émaux les 88 INTRODUCTION, uns aux autres. L'emploi de la grisaille devint très fréquent : un simple trait sur le verre blanc traçait le dessin, de légères teintes grises pour les ombres et quelques rehauts de jaune clair complétaient l'ensemble de la composition. On vit aussi des teintes monochromes appliquées à des vitres entières. Les Claude, les Bernard Palissy, les Guillaume, les Jean Cousin, les Pinaigrier et plusieurs autres se distinguèrent dans ce genre de peinture, et produisirent des œuvres d'une grande pureté de dessin et d'une exécution remarquable. Mais c'en était fait de la peinture sur verre. Du moment où l'on voulut transformer en art d'expression un art de pure décoration monumentale, on dénatura son but, ce qui néces- sairement dut le conduire à sa perte : la peinture sur verre •n'offrait pas toutes les ressources de la peinture à Thuile et ne pouvait lutter avec elle. Elle était en décadence dès la fin du XVI* siècle et entièrement abandonnée vers le milieu du xvii®. Vitraux Au Commencement du xv* siècle, les vitraux peints avaient héraldiques ^té employés, commc nous l'avons dit, à la décoration des allemande, édifices privés ; ce fut surtout en Allemagne et en Suisse que ce goût se propagea. Nuremberg, Ulm, Fribourg-en-Brisgau possédaient, à la fin du xv* siècle et au commencement du XVI®, des maîtres verriers du premier mérite *. De ces écoles sortirent des peintres verriers qui s'établirent dans la Suisse allemande. Ces artistes surent conserver jusqu'au commence- ment du xvin® siècle le style des grands vitraux du xv*, en réunissant au charme produit par l'éclat des vives couleurs des verres teints dans la masse et des verres doublés toute la finesse qu'on peut obtenir dans les carnations et dans les petits sujets, par l'application de couleurs vitrifiables sur du verre incolore. En Allemagne et en Suisse, les châteaux, les hôtels de ville, les riches abbayes, les habitations particulières virent leurs fenêtres se garnir de ces charmants vitraux. Ils reproduisaient, pour les nobles, les armes de la famille encadrées par des do- {t)D' KuGLER, Handhuch der Kunstgeschichte, S. 766. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 89 corations architecturales; pour les maisons communes, les annoiries de la ville ou du canton, soutenues par de3 porteurs de bannières revêtus des costumes et des armures du temps ; pour les abbayes, la figure en pied du fondateur de l'ordre. Les bourgeois, les artisans y faisaient placer dans un écu les insignes de leur profession. Souvent enfin, nobles, bourgeois et artisans s y faisaient représenter dans leur costume avec leurs femmes et leurs enfants. Indépendamment du mérite de l'exécution, ces vitraux pré- sentent donc un très grand intérêt, puisqu'ils font connaître des usages, des costumes, des armes d'un temps déjà bien Joîn de nous, et qu'ils donnent les portraits de personnages qm, sans avoir un nom historique, ont cependant occupé de leur temps un rang distingué dans les cités qu'ils habitaient. On nomme, parmi les plus habiles maîtres verriers en ce genre de travail, les frères Stimmer et Chris toph Maurer, qui flerîssaient dans le troisième quart du xvf siècle * . La collection possède quelques vitraux de différentes épo- ques du xv^ siècle, qui feront connaître le style et le mode de fabrication des verrières depuis le commencement du xrv® jusque vers le milieu du xyi**. On y trouvera aussi des vitraux allemands et firançais qui ont été faits postérieurement à cette époque, soit en grisaille, soit en couleur, par l'application de couleurs d'émail sur des verres blancs. Elle est surtout riche en vitraux héraldiques de la Suisse allemande. % IV. PEINTURE A l'BUILB. Si les productions de la peinture du moyen âge, appropriées Tabieaui aux jouissances de la vie intérieure, ne sont pas parvenues i>o'^i>f* , , . . , . . *" moyen àgc. jusqu à nous, c'est à leur fragilité seule qu'on doit en attribuer la cause, et ce serait une erreur d'en tirer la conséquence que les artistes de cette époque ne se sont occupés que de peinture monumentale. n y a peu d'années cependant on croyait encore (jue les (1) D^ KuGLER, Handbuch der Kunsigeschichle, S. 795. 90 INTRODUCTION. Grecs seuls, jusque vers la fin du xm*" siècle, avaient été en possession de produire de petits ouvrages de peinture à sujets de piété, qu'on pût placer dans l'intérieur de l'habitation ou transporter avec soi. Mais les études consciencieuses qui se font maintenant de l'époque du moyen âge dissiperont peu à peu les erreurs propagées par les écrivains du xvf siècle. Ainsi Vasari attribue à Margaritone, peintre, sculpteur et architecte florentin, mort dans la dernière décade du xiu® siè- cle, la découverte d'un procédé à l'aide duquel on rendait la peinture plus durable et moins sujette à se fendre. •* 11 éten- ^ dait, dit le biographe italien, une toile sur un panneau de " bois, l'y attachait avec une forte colle composée de rognure» " de parchemin, et la recouvrait de plâtre avant d'y peindre * . »• D'après cela on concluait que Margaritone le premier avait peint en Italie des tableaux portatifs. Eh bien, les procédés attribués à Margaritone avaient été décrits plus de cent ans avant lui dans la Diversarum artium schedula, de Théophile. Le savant moine, aux chapitres xvii et xix du livre I^ de son traité, enseigne les moyens d'assembler plusieurs panneaux de bois, de les couvrir de cuir ou de toile, et de les enduire en cet état de plusieurs couches de plâtre, pour les disposer à recevoir la peinture*. Plus loin, aux chapitres xxu et xxvi, il donne la manière de préparer le bois pour recevoir la peinture, lorsqu'on ne peut le (1) Vasari, Vie de Margaritone. (2) ■ Primum particulatim dUigenter conjungantur asseres junetorio instrumento, quo utuntur doliariisive tomarii. Deinde componantur glu- tine casei... Postmodum œquari debent planario ferreo..,Inde œoperian- turcorio crudo equi, sive asini, sive bovis,.. quod humidum cum glutine casei superponatur... Post hœc toile gypsum more calcis combustum, sive cretam, qua pelles dealbantur, et tere dUigenter super lapidera cum aqua : deinde mitte in vas testeum, etinfundens gluten corii, pone super carbones, ut gluten liquéfiât, sicque Unies cum pincello super ipsum ca- rium tenuissime; ac deinde, cum siccum fuerit, aliquantulum Unies spis- sius ; et si opus fuerit, Unies tertio.,. Si vero defuerit corium ad coperien- dum tabulas, eodem modo et eodem glutine cooperiantur cum panno mediocri novo Uni vel canabi. • Lib. I, cap. xvii et xix. Ëdit. de M. de L^Escalopier, p. 31*ot 34. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 9! recouvrir do cuir ou de toile, comme par exemple dans les seUes de cheval , les pliants , les escabelles où il existait des par- ties sculptées *. Enfin il fait connaître les moyens d'esquisser le dessin*, de préparer les couleurs, et de peindre le sujet 5*. Si les artistes du xn® siècle savaient si bien disposer les panneaux de bois pour recevoir la peinture, s'ils enrichissaient de sujets peints jusqu'aux selles de cheval et aux sièges, com- ment peut-on supposer qu'à une époque de ferveur religieuse, ils n'aient pas exécuté sur bois de ces petits tableaux cloans de deux pièces, historiés de plusieurs saints, qui sont mentionnés dans les anciens inventaires ^? Les Grecs les premiers avaient peint, il est vrai, de ces petits tableaux ; les persécutions des iconoclastes les avaient multipliés au vin® siècle, et bien que les prêtres et les moines qui suivirent les croisades en eussent rapporté un grand nom- bre, les Italiens recherchaient plus que jamais au xii® siècle les ouvrages portatifs des Grecs*. C'est précisément pour cette raison que les artistes de l'Occident ont dû s'efforcer de 1^ imiter. Si tous ceux de ces petits tableaux qui sont par- Tenus jusqu'à nous paraissent sortis de la main des Grecs, c'est que l'école byzantine a été dominante en Italie, jusqu'à la venue des Pisans et de Giotto, et dans les écoles de Bohème et de Cologne, les plus anciennes do l'Europe du nord, jusque ▼ers la fin du xiv* siècle ®. (I) • SeUas autem équestres et octoforos, item seUas plicatoriaSj ac tcabeUa et cœteroj quœ sculpuntur^ et non possunt corio vel panno œo- periri,.. • Gap. xxii. (î) ■ Posthœc in stylo circino et régula metire, et dispone opus tuum, videlicet imagines aut bestias, vel aves et folia, sive quodcunque per- trahere volueris, » Cap. xxii. (3) ■ i4c deinceps accipe colores quos imponere volueris , terens eos diUgenter oleo Uni sine aqua , et foc mixturas vultuum ac vestimento-- rum sicut superius aqua feceras , et bestias sive aves aut folia variabis nos cokribus, prout libuerit. > Gap. xxvi. (4) Inventaire de Charles K, ras. Bibl. roy., n® 8356. (5) E. David, Hist. de la Peinture, édit. 1842, p. 123. (5) On peut en juger par les tableaux de Thomas de Mutina (1352) et de Théodoric (i^il), tous deux de Prague, qu'on voit dans la galerie 92 INTRODUCTION. La peinture II en Gst, au surplus, (le riiiventiou de la peinture à riiuile, à rhuiie attribuéeà JeanVan-Eyck, comme de celle des panneaux de bois était connue , /->i» -ït • • i au XII* siècle, à MaTgaritone. C est encore Vasari qui, dans la première édi- tion de ses Vies des peintres^ signale le grand maître de Bruges comme Tauteur de cette importante découverte. Plus de cent ans s'étaient écoulés cependant depuis la mort de celui-ci, sans qu'aucun document ait jamais été publié pour lui attri- buer cette invention. Néanmoins à peine le livre de Vasari eut-il paru, que les écrivains flamands et hollandais s'empres- sèrent de s'en emparer comme d'un acte authentique, et renchérirent encore sur le récit de Vasari. Toutefois, Jean Van-Eyck , en peignant à l'huile , n'a fait qu'employer des moyens connus longtemps avant lui. C'est encore Théophile, notre savant moine du xn^ siècle, qui en fournit la preuve ; et si l'on ne peut affirmer qu'il soit l'auteur de l'invention, puis- qu'il a eu la modestie de ne pas en réclamer l'honneur, il faut reconnaître que le premier il en a enseigné les procédés *. Il est probable que Van-Eyck les avait améliorés, et qu'il avait trouvé des huiles qui pouvaient sécher sans être exposées à la chaleur du soleil. C'est ainsi qu'on lui aura donné un brevet d'invention, au lieu du brevet de perfectionnement auquel seul il avait droit. Nous ne devons pas nous étendre davantage sur ce sujet; car notre collection, qui renferme peu de tableaux, n'a pas pour objet de faire connaître l'histoire de la peinture à l'huile : les productions de ce genre de peinture n'y figurent qu'autant du Belvédère à Vienne, et par ceux de maître Guillaume (1380) qui se trouvent dans la Pinacothèque de Munich. (1) • Accipe semm Uni, et eocsicca illud in sar tagine sttper ignem sine aqua. Deinde mitte in mortarium et contunde illud pila donec tenuis- simfispulvis fiai, rursumque mittens illud in sartaginem, et infundens modicum aquœ, sit calefacies fortiter, Postea involve illud in pannum novum^ et pone in pressatoHunij in quo solet oleum olivŒy vel nucum, vel papaveris exprimi, ut eodem modo etiam istud exprimalur, Cum hoc oleo tere minium sive cenobrium aut quem alium colorem vis super lapidem sine aqua, et cum pinceUo Unies.., > Cap. xx. On peut consulter sur cette question une excellente dissertation de M. Loclanché dans sa traduction de Vasari. Paris, 1841 , l. 111 , p. 7. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 9.1 qu'elles ont pour objet ces autels domestiques destinés àTin- térieur de Thabitation, véritables monuments de la vie privée. C'est seulement de ces tableaux -là que nous devons nous occuper. Bien que les artistes du moyen âge eussent à leur disposi- Autds tion, ainsi que nous venons de le dire, tous les moyens de j^^^**"^ Cure de petits tableaux portatifs d'une grande solidité, et et xvi* siècles, qu'ils en aient peint bien certainement, il est à croire néan- moins qu en Occident Tivoire et le bois sculptés obtinrent toujours la préférence durant cette période. En effet, même i 1a fin du xrv^ siècle, on ne voit figurer dans les inventaires qu'un très petit nombre d'autels domestiques exécutés en peinture, tandis que ceux en bois et surtout ceux en ivoire sont très nombreux ^ . Dans les dernières années du xiv^ siècle, les frères Hubert etJean Van-Eyck mirent en vogue les tableaux d'intérieur à volets ; ils en ont laissé un assez grand nombre. Les plus beaux sont conservés à Bruges, à Anvers, à Dresde, à Berlin et dans la Pinacothèque de Munich. Vers le milieu du xv® siè- cle, on conmiença, comme nous l'avons vu plus haut, à couvrir de sujets peints les volets des petits retables destinés à Tinté- nonr des habitations, la partie centrale restant seule sculptée. Bientôt après, le grand développement que prit la peinture ^ Italie, dans les Flandres et en Allemagne, la fit préférer à '^sculpture pour les autels domestiques. Ûi Flandre, les élèves de Van-Eyck et les peintres qui •^<>ptèrent son style, Hugues Van derGoes*, Mekenem' et (l)Les inventaires si volumineux des richesses de Charles Y (ms. ^W. roy., n« 8356) et de Charles VI (ms. môme Bibl., fonds Mort., ^ 76) ne mentionnent que très peu de tableaux peints. Dans celui ^ Charles V , f* 184 , on lit : « Ung très ancien tableau couvert * ^'argent doré où est peint N. S. qui a ung dyadesme enlevez sur la * ^^ste. » C'était là sans doute une peinture byzantine ; et au P> 222 : '^ggrant tableauhc peint de cinq pièces et sont de la vie de Notre- *^ame et de la Passion. • Celui-ci pouvait être un tableau français ®^ flamand. (2) Au musée de Berlin et au Belvédère de Vienne. ^3) A la Pinacothèque do Munich. 94 INTRODUCTION. le ravissant Hemling^; en Allemagne, Marten Schoen^ et Wohigemuth' ont fait d'admirables ouvrages en ce genre. Dans la première moitié duxvi® siècle, Albert Diirer*, Georg Pens*, Lucas de Leyde^, Johann SchooreP, Van Mehlem^ et beaucoup d'autres peintres distingués, ont aussi produit de ces tableaux à volets de petite proportion. Notre collection possède trois spécimens précieux de ces autels domestiques. Le premier est d'Albert Durer (147 1 f 1 528) . Dans la partie centrale l'artiste a représenté l'Adoration des bergers ; sur les deux volets, la Salutation angélique : au volet droit, la Vierge; au volet gauche, l'Ange Gabriel. Au bas de la partie centrale, on voit le monogramme de Durer et la date de 1505. Ce monogramme si connu a été copié et imité tant de fois, qu'il n'est pas un gage incontestable d'authenticité. Aussi quelques connaisseurs ont-ils paru douter que le tableau fût d'Albert Dîirer, non pour chercher à diminuer en rien le mé- rite de cet excellent ouvrage, mais pour l'attribuer à des maîtres plus en faveur encore que le grand artiste de Nurem- berg, Jean Van-Eyck ou Hemling. En France, on ne connaît guère Albert Durer que par ses gravures, et l'on ne peut apprécier la variété qu'il a déployée dans ses compositions peintes. Pour s'en faire une juste idée, il faut avoir visité les musées et les collections de l'Allema- gne, où ses œuvres ont été recueillies. ** L'enthousiasme de - la jeunesse d'Albert Diirer, dit M. Fourtoul®, fut surtout *♦ employé à rechercher la trace de l'école de Bruges, dont il (1) A la Pinacothèque de Munich, au musée de Berlin , à la chapelle Saint-Maurice de Nuremberg. (2) Au Belvédère de Vienne. (3) Idem, (4) Au musée d'Augsbourg. (5) Au Belvédère de Vienne. (6) A la Pinacothèque de Munich, dans la galerie du roi des Pays- Bas, avec la date de 1517. (7) A la Pinacothèque de Munich. (8) Idem. (9) De VArt en Allemagne, t. II, p. 187. Peinture et calligraphie. 95 • perfectionna le brillant coloris par des finesses toutes nou- 0 Telles; plus il avança en âge, plus au contraire il s'efforça - de s'élever jusqu'au style italien; dans Tintervalle il étudia •• les traditions les plus diverses et les plus lointaines, pre- •• nant à chacune des écoles de son pays les figures , les •• gestes mêmes qu'elles avaient trouvés, illustrant ses pla- - giats au lieu de les déguiser, cherchant jusque dans les • manuscrits les anciens modèles byzantins et les reprodui- - 8ant avec un sentiment profond de la vie moderne. » On ne pent mieux qualifier et en moins de mots la nature du talent d'Albert Durer. Sorti à vingt ans de l'atelier de Wohlgemuth, où il avait puisé les principes de l'art allemand, Diirer se mit à visiter les Pays-Bas et l'Italie ; il était de retour à Nuremberg en 1494. Il quitta de nouveau sa patrie onze ans après, et se rendit à Venise, où il séjourna dans les derniers mois de 1 505 et ^ 1Ô06V Plus tard, en 1520 et 1521 , û visita les Flandres et la Hollande. Ami de Lucas de Leyde, en correspondance avec Raphaël, il se fit pour ainsi dire un style mi-parti, qui réunit aux brillantes délicatesses du naturalisme flamand le style plus élevé et plus varié de l'idéalisme italien , glanant ainsi dans le passé avec une intelligence tournée aux choses nouvelles. Ces tendances diverses ne l'empêchèrent pas de conserver ce qui lui était propre, une grande richesse d'imagination qui le portait vers les expressions surnaturelles ou symboliques, une admirable énergie , et l'imitation la plus exacte de la nature. Notre triptyque est daté de 1505 ; c'est dans cette année que Durer se rendit à Venise et qu'il y fit connaissance de Jean Bellin*. Nous sommes porté à croire que le panneau central, qui représente la Nativité, a été peint soit à Nurem- berg avant son départ, soit aussitôt après son arrivée à Ve- (1) Des lettres de DUrer ont été publiées dans le Cabinet de Vamateur et de ^antiquaire (t. I, p. 311). La première , datée de Venise , du 6 janvier 1506, ne semble pas annoncer qu'il fût arrivé tout récemment dans cette ville. (î) Voir la correspondance de DUrer cit(*e plus haut. 96 INTRODUCTION, nise, et que les volets ne l'ont été qu'après qu*il eut étudié les maîtres vénitiens. Le sujet principal se ressent beaucoup en effet du style de Van-Eyck ; la Vierge et son ample vête-, ment bleu, la tête si expressive de saint Joseph, les petits anges vêtus de chapes, et jusqu'à la raideur de l'enfant Jésus, tout rappelle les ouvrages du maître de Bruges. Dans les vo- lets, au contraire, tout en conservant ces détails d'intérieur qu'affectionnaient les Flamands, comme le lit à courtines re- troussées, que l'on voit reproduit à peu près de la même ma- nière dans un tableau de Van-Eyck de la galerie de Dresde S Diirer y montre un style plus élevé, et surtout un coloris plus moelleux et plus chaud, qui semble témoigner de Tinfluence de Técole vénitienne. On retrouve toutes ces qualités dans le ma- gnifique tableau de Durer, daté de loi 1 , connu sous le nom de la Trinité, que l'on admire au Belvédère à Vienne. Pour quiconque a vu ce tableau, il ne peut rester de doute que le grand artiste de Nuremberg ne soit l'auteur de notre triptyque. Le second des autels domestiques que conserve la collec- tion est attribué à Lucas de Leyde. 11 renferme vingt^quatre petits tableaux, encadrés séparément par des dispositions ar- chitectoniques, seize dans le tableau central et quatre dans chacun des volets. L'artiste a développé l'histoire entière de la vie et de la passion du Christ dans ces compositions em- preintes de la physionomie de l'époque. Aussi avons-nous encore là une reproduction très variée des édifices, de l'inté- rieur des habitations, des costumes, des armes et du mobilier de la fin du xv* siècle. Le troisième est dû au pinceau de Van Mehlem. Cet artiste, élève de Schoorel, florissait en Flandre vers le milieu du XVI® siècle. 11 fut le dernier rejeton des vieux maîtres du Bas-Rhin, et sut allier dans ses charmantes compositions au style pur de l'antique école de Cologne, qui exprimait si bien l'extase chrétienne, une imitation plus parfaite de la nature (1) Salle D, n® 412, la Vierge coiironm'e, assise et tenant Penfant Jésus. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 97 qu'il devait à Tétude des maîtres de Bruges. Les tableaux de ce peintre sont rares ; la Pinacothèque de Municli * et le musée de Berlin* en possèdent de très précieux. § V. PEINTURE EN BRODERIE. Du moment où les hommes surent fabriquer des étoffes pour leurs vêtements, ils cherchèrent à les embellir à l'aide des matières elles-mêmes qui avaient servi à les tisser; aussi la peinture en broderie doit-elle être l'un des moyens les plus anciennement usités de rendre des ornements et des figures Dans l'antiquité, on brodait l'histoire des dieux et des héros sur les voiles tendus dans les temples ; les femmes les plus nobles faisaient de ce genre de travail leur occupation fa- vorite : Andromaque , renfermée dans son palais , brodait aa moment où des cris de détresse lui apprirent la mort d'Hector'. Les chrétiens des premiers siècles du moyen âge ne man- peinture qnèrent pas de retracer les images du Christ, de la Vierge et des saints sur les ornements pontificaux, sur les étoffes dont Tantel était décoré, et sur les voiles des portes des églises. Au V* siècle l'art de tisser les étoffes et de les enrichir de su- jets en broderie était porté à un haut degré de perfection : rhistoire entière de la vie du Christ se trouvait souvent brodée sur la toge d'un sénateur chrétien^. Anastase le Bibliothé- We, dans son Histoire des Papes, nous a laissé la description 4 wi grand nombre d'ornements de cette espèce donnés par Itt papes et les empereurs aux églises, depuis le iv^ jusqu'au ^ siècle, et a même indiqué dans ses énumérations le genre ^broderie et les sujets*. Ces broderies, exécutées en fils d'or W (^nquième cabinet, n« 74, 75, 77, 78, 81 , 82 et 83. lt)tcoles flamandes et allemandes, n® 89, la Trinité. l^) ■Dans les appartements secrets de sa haute demeure, elle tissait •«ne toile double, éclatante de pourpre, et Tornait de diverses fleurs. • ^»to,IKade, l.XXIl, traduction de M. Giguet. Paris, 1844, p. 361. t4) TuioDOBBT, De Provid. Orat. IV, t. IV, p. 361 , cité par ÏDa\ià, Hist. de (a peinturej p. 42. li) D'Xgwcoubt en a fait le relevé, Hist. de VArt, 1. 1 , p. 98. 7 en broderie au moyen âge. »8 INTRODUCTION. et d argent sur les étoffes de soie des plus belles couleurs, devaient produire un effet merveilleux. La tapisserie de la reine Mathilde, conservée dans la cathé- drale de Bayeux, n'est qu'une broderie en laines de diverses couleurs sur une grande pièce de lin ; elle fournit la preuve que ce genre de peinture, bien qu'en décadence sous le rap- port du dessin, était exercé en France au xi® siècle. On pos- sède, comme spécimen de la peinture en broderie du xii^, les ornements épiscopaux de Thomas Becquet laissés à la cathé- drale de Sens * . Il est facile de juger d'ailleurs, par les minia- tures des manuscrits des xii*, xiii® et xrv*^ siècles, que les or- nements sacrés, les courtines qui entouraient les autels pen- dant le sacrifice de la messe, les Umailles que l'on étendait dessus, étaient fabriqués en étoffes enrichies de figures et de sujets brodés ; que les lits, les tables, les sièges, dans les riches habitations, étaient couverts d'étoffes semblables. A côté de ces représentations figurées, les vieux inven- taires existent pour nous en donner la description. Ainsi, par exemple, nous lisons dans l'inventaire du mobilier de la chapelle de Charles V : « Une mictre brodée sur champ blanc « et est orfrasée d'or trait àymages, et fut au pape Urbain. — «« La grant chapelle qui est de Camocas d'oultremer brodée •• à ymages de plusieurs ystoires. — Une touaille parée, brodée « à ymages de la Passion sur or. — Bréviaire couvert de brodu- « res aux armes du roy Jehan quand il estait duc de Nor- - mandie*. •• On ne se contentait même pas alors de broder les étoffes destinées soit au service de l'Eglise, soit à la décoration des habitations : on faisait encore en broderie des tableaux porta- tifs, qui rivalisaient avec les autels domestiques sculptés et peints. En effet, nous lisons dans le même invent^re, au folio (f ) Ils ont été reproduits par M. Du Sommerard, Àlbum^ 10* série, pi. XXIV. En visitant, il y a peu de temps, le trésor de la cathédrale de Sens, nous avons vu ces ornements ; les couleurs, que M. Du Som- merard a restaurées dans sa gravure coloriée, sont très altérées. (2) Ms. Bibl. roy., n^SSiô, f- 106, 110, 119 et 279. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 99 232 : « Ungs tableaulx de broderie où sont Notre-Dame, sainte - Catherine et saint Jean révangéliste, en ungestuy couvert de - veluiau vermeil. " Au XV* siècle, la peinture en broderie avait suivi les grands progrès qui se firent sentir alors dans tous les arts du dessin. On peut citer, comme de fort belles pièces de cette époque, les ornements à l'usage de la chapelle de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, conservés dans la cathédrale de Berne*. Ce genre de peinture était encore cultivé au xvi* siècle et au xvn^ ; il a été à peu près abandonné dans le siècle dernier. Il reste peu de pièces de broderies, et les couleurs de celles qui nous sont parvenues ont été en général fort altérées parle temps. On en trouvera quelques spécimens dans la collection , n» 562 à 565. $ VI. MOSAÏQUE. On entend par mosaïque un ouvrage qui reproduit un des- sin ou une peinture par l'assemblage de petits morceaux de matières dures ou endurcies, colorées naturellement ou arti- ficiellement. Les pierres dures, les marbres, les pâtes de verre sont les matières le plus ordinairement employées dans ce genre de travail. Cet art était connu des nations asiatiques de l'antiquité ; 'fis Grecs y excellèrent, et en transmirent les procédés aux Romains. La mosaïque eut pour première destination de décorer le t^H des édifices ; mais elle chercha plus tard à rivaliser avec ^peinture, et à former de véritables tableaux qui envahirent '^ murs et les voûtes. tjorsque la religion chrétienne, sous Constantin, se fut in- Mosaïque '*^ée triomphante dans la société romaine, elle accepta la a^ moyen àga. ue comme art principal de décoration des basiliques, mosaïque prit alors un immense développement ; les murs temples élevés par Constantin et ses successeurs dans la ^%y tt- Dv SoMMEBàRD, Album, 10* série, pi. xviii, xxix, xxx etxxxi. 100 INTHODUCTION. nouvelle capitale de l'empire en furent recouverts. Les Grecs enrichirent cet art de nouveaux procédés, et passionnés pour le luxe, ils imaginèrent d'introduire des feuilles d'or et d'ar- gent sous des cubes de verre, qui jetaient dans les grandes compositions des mosaïstes un éclat et une richesse jusqu'a- lors inconnus * . La dureté et l'inflexibilité des matières colorées que la mo- saïque emploie ont garanti une longue durée à ses produc- tions, dont les teintes ne peuvent subir d'altération sous l'in- fluence du temps, du soleil ou de l'humidité. Par ces qualités, elle a acquis un caractère éminemment historique, en trans- mettant avec fidélité les types et les origines, et est devenue, dans les temples chrétiens où elle a été conservée, une véri- table tradition figurée pour les rites et les costumes. On peut ainsi dans les mosaïques , comme dans les miniatures des manuscrits et dans les vitraux, étudier l'histoire de la pein- ture pendant les premiers siècles du moyen âge. L'église Saint-Marc de Venise, avec ses mosaïques, est encore un musée incomparable, dans lequel il est facile de suivre les diverses transformations de l'art, à partir du xf siècle. Les Grecs du Bas-Empire furent les maîtres en ce genre de peinture , jusqu'au moment où les Cimabue, les Gaddo- Gaddi , les Giotto vinrent imprimer aux rudes représenta- tions des Byzantins une grâce et une noblesse qui faisaient pressentir la renaissance de l'art. Mais la mosaïque devait périr par les mains de ceux-là mêmes qui l'avaient perfec- tionnée. En effet la peinture, restaurée par ces grands ar- tistes, lui fit perdre la plus grande partie de sa puissance. Au lieu de continuer à esquisser à grands trais les figures austères et calmes du Christ, de la Vierge et des apôtres, elle s'efforça, par des miracles de patience, d'imiter les dé- tails de la peinture. Mais une fois sortie de sa sphère, la mosaïque éprouva le sort de la peinture sur verre, et fut pres- X u«"xl'in» V^^ entièrement abandonnée. Cependant elle se maintint flo- 8ièiii»s. rissante à Venise jusque vers la fin du xvi® siècle, soutenue (1) Theopiiiu Diversarum artium schedula, I. II , cap. xv. PEINTURE ET CALLIGRAPHIE. 101 par les encouragements du sénat, et grâce surtout à Titien, qui se déclara le protecteur des mosaïstes, et leur fournit des cartons coloriés, d'après lesquels furent renouvelées et restaurées la plupart des anciennes mosaïques byzantines de l'église Saint-Marc*. En se restreignant à imiter la peinture, la mosaïque dut chercher à améliorer ses procédés. Aux petites pierres de plusieurs couleurs, aux cubes de verre rapprochés les uns des autres, elle substitua des émaux colorés, réduits en filets variés dans leurs formes et dans leurs grosseurs, dont les nuances ont été portées jusqu'au nombre de dix mille. A l'aide de ces émaux, elle parvint à obtenir toutes les cou- leurs et à produire toutes les demi-teintes, toutes les dégra- dations de tons et toutes les transitions. Soutenue par d'aussi paissants moyens d'exécution, la mosaïque, vers la fin du xvu* siècle , reprit une faveur immense , qui la conduisit à la perfection. Alors , elle rendit à l'art de nouveaux et d'importants services, par la reproduction des chefs-d'œuvre des grands maîtres. Les papes, en faisant traduire en mosaï- que, dans la basilique de Saint-Pierre, les plus beaux tableaux du Vatican, leur ont assuré l'immortalité. Dans les ouvrages de petite dimension, la mosaïque a pu traiter avec une finesse inconcevable des paysages, des fabriques et même des por- traits ; elle a pu exprimer, avec la vérité de la peinture, les ciels, les eaux, les feuillages et jusqu'à la légèreté du poil des animaux. On trouvera dans la collection, quoique en petit nombre. (les mosaïques de différentes époques : une copie ancienne- ntent faite de la belle mosaïque antique si connue sous le nom ^Tableau des Colombes, une mosaïque italienne du xii^ au xnf siècle, dans le style byzantin, un Saint Jérôme du xvii* siècle ^itc^uelques échantillons des fines mosaïques du siècle dernier. On comprend improprement sous le nom de mosaïque une i <»çèce de sculpture polychrome de haut relief, découpée dans I U forme des objets qu'elle reproduit, et exécutée en pierres. it'JVKSàBi, Vi€cferi/ien. 102 INTRODUCTION. m dures. Elle est ordinairement employée à la décoration des meubles ; quelquefois elle se détache sur un fond de marque- terie de pierres de couleur. Des ouvrages de ce genre ont commencé à so faire à Flo- rence, sous Cosme P*^, et la fabrique grand-ducale a toujours conservé depuis lors, la réputation qu elle s'est justement ac- quise. La collection en possède deux échantillons sous les n°« 123 et 16H. % VII. POBTBAITS4 Les portraiu Tous los hommes éprouvent le désir d'avoir constamment °^°^ sous les yeux les traits des personnes qui font le charme et le des monuments ^ '^ * de la TiepriTée. bonheur de leur existence, et de conserver l'image de ceUes que la mort a ravies à leur amour, à leur amitié. Ces image, apportent des consolations à l'absence, un soulagement à la douleur, et deviennent ainsi les monuments les plus intimes de la vie privée. Sous ce rapport, les portraits devaient former une spécia- lité dans une collection du genre de la nôtre, et nous avons cru devoir les réunir dans une seule classification, quel que fuit d'ailleurs le genre de peinture employé à les reproduire. Indépendamment de ce motif, comme les portraits présen- tent un très vif intérêt lorsqu'ils retracent l'image de per- sonnages dont l'histoire a fait connaître le caractère et les actions, ils méritaient encore de former une division particu- lière du chapitre de la peinture. En admettant des portraits dans sa collection , le fondateur ne pouvait songer à y ûdre figurer ceux de grande dimension, sortis du pinceau des premiers maîtres , et qui ont pris place à côté des tableaux d'histoire : les galeries de peintures peu- vent seules les conserver. Tous les portraits de la collection, à l'exception de deux ou trois , sont de très petite proportion ; on les renfermait dans un écrin, ou bien on les portait soit au cou, soit sur la poitrine. Ceux-là seuls pouvaient prendre place parmi nos monuments de la vie privée. On verra avec intérêt le portrait du fondateur de la collec- tion, entouré des objets qu'il a recueillis avec tant do soins. GRAVURE. 103 lia été peint après sa mort, par M. Picot, sur une miniature faite en 1828. GRAVURE. L'art de produire des figures et des ornements par une i/an de graver intaille sur la surface plane d'une planche de métal n'est pas gur^'^^^^étoux ime invention des modernes. Les Grecs et les Romains, etest fort ancien, même avant eux les Egyptiens et certains peuples de l'Asie, savaient embeUir le métal des dessins les plus purs et les plus délicats tracés au burin. Cet art, que l'antiquité avait transmis au moyen âge, fut exercé presque exclusivement, dorant cette période, par les orfèvres et les armuriers, et em- ployé principalement à l'ornementation des vases sacrés et désarmes. Souvent ces artisans incrustaient dans les intail- les du métal des fils menus d'or et d'argent ; d'autres fois ils Im remplissaient d'un émail noir [nigelltun^, niello^] et même d'an émail de couleur. Les pièces ainsi décorées appartiennent à ladamasquinerie et à l'orfèvrerie; nous en parlerons lorsque nous traiterons de ces deux arts. Quant à l'art d'imprimer des estampes sur des planches de Estampes métal gravées en creux, que l'art de nieller a fait naître, *^®**^*^**^***°» comme chacun le sait', il est étranger au but de notre coUec- de leur réunion (1) Theophili Diversarum artium schedula, 1. III , cap. xxvii. (2) B. Cellini, DeW orificeria , cap. u. (3) • Maso Finiguerra, natif de Florence, orfèvre et sculpteur , élève • de Laurent Ghiberti et de Masaccio , exécutait en 1452 une Paix. • Avant de répandre le nieUo sur la planche déjà gravée, avant môme • de terminer la gravure, voulant juger des progrès de son travail , il ■ prit, suivant Tusage pratiqué dans cet art , une empreinte avec de • Targile. Sur cette argile, où les traits étaient en relief, il coula des «épreuves en soufre; et dans les sillons du soufre, il répandit du • noir de fumée qui lui représentait les effets du niello. Pour apprè- " der ces effets sur un fond plus clair, il conçut Pidée dMmprimer des • épreuves sur un papier humecté, ainsi que le faisaient les graveurs • en bois. Cette belle expérience fut ensuite répétée avec une encre • plus durable, sur la planche d'argent, lorsque Tartiste Teot enrichie 104 INTRODUCTION, tion. L'artiste cbalcographe a pour but de reproduire un dessin, une peinture, une œuvre de la statuaire, et d en ré- pandre la connaissance par le moyen de l'impression, mais non de concourir à l'ornementation d'un vase, d'un meuble, d'une arme ou de tout autre objet. On pourrait donc s'éton- ner de trouver des estampes dans notre collection ; nous de- vons dire le motif pour lequel elles y ont été réunies. Les orfèvres des xrv* et xv*^ siècles étaient non-seulement habiles dessinateurs, mai^ aussi sculpteurs, ciseleurs et gra- veurs ; ils n'avaient pas recours à d'autres artistes pour ob- tenir des modèles : l'invention, comme l'exécution, leur appar- tenait. Mais lorsqu'au xvi^ siècle le goût pour le style de la renaissance italienne se fut répandu dans toute l'Europe, et que chacun, en tous pays, voulut renouveler ses bijoux, son argenterie, ses armes, ses meubles de luxe pour en avoir de nouveaux dans le goût du jour, les artisans de toute sorte se multiplièrent afin de satisfaire à tous les besoins ; et si la plu- part pouvaient déployer une grande adresse dans le traviûl de la main, tous n'avaient pas fait d'études assez profondes dans les arts du dessin, et n'étaient pas suffisamment doués du génie de l'invention pour produire un modèle original, em- preint de l'élégance et de la pureté de dessin qu'exigeiût le nouveau style. Les plus ingénieux d'entre ces artisans et quelques artistes distingués se mirent à graver, avec une grande fécondité d'imagination, des modèles de bijoux et d'orfèvrerie, des arabesques et des ornements de toute es- pèce, et même de jolis sujets, parmi lesquels les orfèvres, les joailliers, les armuriers, les émailleurs, les fabricants de meubles et d'ustensiles usuels vinrent puiser des motifs et des idées. Les graveurs connus sous le nom de PeiitS'Mcnire:s, élèves ou imitateurs d'Albert Diirer, furent les premiers qui se firent remarquer dans ce genre de composition. Les plus célèbres sont Albrecht Altdorfer, Heinricli Aldegrever, Georg Pens, a • de nouveaux travaux, et Finiguerra obtint de véritables estampes sur - cette planche quMl avait gravée dans une autre intention. • E. David, Hist.de la gravure. Ed. 1842, p. 172. GRAVURE. 105 Hans Sebald Beham, Virgilius Solis, Tbéodor de Bry et Jean Collaert. A cdté de ces artistes allemands ou flamands, on doit citer deux artistes irançais : Etienne de Laulne, nommé sou- vent Stephanus, buriniste délicat, et Pierre Woeiriot, habile graveur en bois. Le fondateur de la collection a donc jugé convenable de rassembler quelques-unes des œuvres de ces habiles graveurs pour servir de point de comparaison avec les bijoux et les pe- tits objets sculptés, émaillés ou damasquinés du xvi^ siècle qu'il recueillait dans son cabinet. Ainsi Ton verra dans la col- lection plusieurs émaux des Courtois et des Raymond, qui ont été copiés sur les fines et spirituelles gravures d'Etienne de Laulne renfermées dans nos albums ; des boîtes de montre gravées, des manches de couteau en or émaillé ou en argent gravé qui ont été inspirés par les dessins de Théodor de Bry ; des bijoux dans le style de ceux qu'a publiés Collaert. Comme nous tenons à ne donner pour vignette et pour col-de-lampe de chacun des chapitres de la partie descriptive de Dotre catalogue que des dessins originaux d'objets appar- tenant à la collection, nous avons fait graver, pour les illustra- tions du chapitre de la gravure, deux fragments d une planche de cuivre (n® 952) burinée en creux, de la fin du xii^ siècle, qui est du plus haut intérêt sous le double rapport de l'art et de 1 iconographie chrétienne. ÉMAILLËRIE SUR MÉTAUX. On a donné le nom d'émail à des matières vitreuses diver- sement colorées par des oxydes métalliques. Les émaux sont opaques ou transparents. L'opacité est ob- tenue par une addition à la masse vitreuse d une certaine quantité d'oxyde d'étain * . (1) Indépendamment de l'oxyde d^étain , la chimie a trouvé depuis an certain nombre d'années d'autres substances qui peuvent donner l'opacité à la matière commune des émaux ; nous avons dû nous en 106 INTRODUCTION. Aniiquitc L'origine de l'émail se perd dans la nuit des temps, et son Je rémiSicric ^PP'^^^^*^*^ ^ l' Ornementation des monuments de la vie privée est constatée chez presque tous les peuples civilisés de l'an- tiquité. Les productions de l'art antique ne sont pas du do- maine de la collection ; nous n'aurons donc pas à rechercher jusqu'à quel point les anciens ont pu exceller dans l'art d*é- mailler les métaux , et, nous renfermant dans le cercle tracé par l'âge des objets que nous devons décrire, le conmiencement du moyen âge sera le terme marqué à nos investigations. Pour le moment nous allons nous occuper des diverses ap- plications de l'émail à la peinture, sur un excipient métalli* que ; en traitant des arts céramiques, nous parlerons de la peinture en émail sur les poteries. Quant à la coloration des figures de ronde bosse ou de haut relief, en métal, par des émaux, ce genre de travail se rattachant à la sculpture poly- chrome plutôt qu'à la peinture, il en sera question au chapitre de l'orfèvrerie. Trais cluses L'émail est appliqué sur les métaux de trois manières diffé- rentes, pour arriver à la reproduction de sujets graphiques; de là trois classes distinctes d'émaux ^ : Les émaux incrustés ; Les émaux translucides sur relief; tenir à une déûnition générale, notre but étant de donner un aperçu de Phistoirede Tartde rémaillerie,etnonde faire connattre la composition des divers émaux. A cet égard, on peut consulter des ouvrages spé- ciaux, principalement le Traité des couleurs pour la peinture en émail, par de Montamy; Touvrage de Neri ; le Traité de chimie appliquée aux arts, par M. Dumas ; le Nouveau manuel de la peinture sur verre , sur porcelaine et sur émail, par M. Reboulleau ; le Traité des arts cérami- ques, par M. Brongniart; le Traité pratique sur la préparation des cou- leurs d*émail, inséré dans les n»» de décembre 1844, janvier et février 1845 de h Revue scientifique et industrielle. (1) Le nom d'^émail s'applique, comme nous l'avons dit, à la matière vitreuse colorée que l'on fait adhérer au métal par la fusion ; mais par métonymie, on donne le nom d'émail à toute pièce d'or, d'argent ou de cuivre émaillée. Nous nous en servirons souvent dans cette accep- tion ; le sens de la phrase indiquera sufiisamment s'il est question de la matière vitreuse ou de Tensemble d'une pièce revêtue d'émail. d'émaux. ÉMAILLËRIË SUR MÉTAUX. f07 Les émaux peints. Dans les premiers, le métal, exprimant les contours du dessin et quelquefois les figures entières, reçoit, dans des interstices ménagés à Favance, la matière vitreuse chargée de colorer le sojet ou seulement les fonds . Dans'les seconds, le dessin est rendu sur le métal par une fine ciselure très légèrement en relief, dont la surface est co* loréepardes émaux translucides. Le métal dans les derniers n'a d'autre valeur que celle de la toile ou du bois dans la peinture à Thuile. Des couleurs Titrifiables sont étendues par le pinceau , soit à la surface du métal, soit sur une couche d'émail dont il est préalablement enduit, et rendent tout à la fois le dessin et le coloris. Ces trois manières d'employer l'émail correspondent à trois époques très distinctes. § I. ÉMAUX INCRUSTÉS. Les émaux incrustés sont de deux sortes ; les uns ont reçu de quelques antiquaires le nom de cloisonnés, ou à cloisons mobiles, les autres le nom de champlevés. C'est le mode très différent de disposer le métal pour exprimer les contours du dessin qui établit la distinction entre ces deux sortes d'é- maux incrustés. Nous allons expliquer tour à tour les deux procédés, en signaler les plus beaux produits qui subsistent, et faire con- Battre les caractères généraux de ces émaux. Occupons-nous d'abord des émaux cloisonnés. ^maax La plaque de métal destinée à servir de fond, préalable- cioiwnnés. ment disposée dans la forme que la pièce à émailler devait aToir, était garnie d'un petit rebord pour retenir l'émail. L'é- mailleur, prenant ensuite de petites bandelettes de métal très nûnce et de la hauteur du rebord, les contournait par petits morceaux, de manière à en former les traits du dessin des figu- res qu'il voulait reproduire. Ces petits morceaux étaient réunis et fixés sur le fond de la plaque. La pièce étant ainsi disposée, les différents émaux, réduits en poudre très fine et humec- 108 INTRODUCTION. tés, étaient introduits dans les interstices que laissait le des- sin , jusqu'à ce que la pièce à émailler en fût entièrement remplie. Elle était alors placée sur une feuille de tôle et portée dans le fourneau. Quand la fusion de la matière vi- treuse était complète, la pièce était retirée du fourneau avec certaines précautions, pour que le refroidissement se fit graduellement. Si Témail avait baissé au feu, on en remettait une seconde charge du plus fin possible, et l'on reportait la pièce au feu, jusqu'à ce que la surface unie et plane de la matière vitreuse s'élevât au moins à la hauteur du rebord de laplaque et des filets de métal qui traçaient le dessin. L'émail, après son entier reA*oidissement, était égalisé et poli par dif- férents moyens. On comprend que, dans cette manière de procéder, les an- ciens devaient employer de l'or très pur et des émaux dune fusibilité extrême, pour que la plaque ne subît pas d'altéra- tion au feu, et que les bandelettes si menues de métal, qui rendaient les contours du dessin, n'entrassent pas en iîision à la chaleur qui parfondait la matière vitreuse. Le mode de fabrication que nous venons d'indiquer succinc^ tement est décrit avec détail dans l'ouvrage si curieux du moine Théophile, la Diversarum ariium schedula. Les docu- ments écrits sur les procédés des arts pendant le cours du moyen âge sont si rares, et peuvent prêter à des interpréta- tions si diverses, qu'il nous paraît utile de rapporter le text<"> de Théophile à l'appui de notre description. Procédé* Lcs émaux cloisonnés, préparés le plus ordinairement dans d'après ^® petites proportions , étaient principalement destinés à en- Théophiie. trcr daus l'ornementation d'un vase, d'une châsse, d'une cou- ronne , ou de tout autre objet , sur lequel ils étaient fixés dans un chaton, comme les pierres précieuses ; c'est donc à propos de la fabrication du calice d'or à anses que Théophile enseigne à confectionner ces émaux. Après avoir indiqué les moyens de faire le vase, il continue ainsi, au chapitre ui da livre III, qu'il intitule : De imponendis yeminis et margaritis : « Cela fait, prenez une feuille d'or mince, et fixez-la au bord •• supérieur de la coupe, dans toute l'étendue d'une anse à ËMAlLLERiH SUR MÉTAUX. 1U9 - 1 autre; elle doit avoir une largeur égale à la grosseur dea « pierres que vous voudrez poser ' . » C'est cette feuille d'or qui sert à enchâsser les pierres et les émaux, ainsi qu on le voit dans les monuments qui ont subsisté et que nous signalerons plus loin. •• En déterminant la place que les pierres devront occuper. «* disposez-les de façon qu'il y ait d abord une pierre avec qua- " tre perles placées chacune aux angles de la pierre, ensuite • un émail, puis à côté de Témail une pierre accompagnée de « perles, puis de nouveau un émail, et continuez ainsi cette '^ disposition, de telle sorte qu'auprès des anses il y ait tou- - jours des pierres, dont vous ajusterez et souderez les cha- • tons et les champs, ainsi que les chatons qui doivent en- - chasser les émaux, dans l'ordre prescrit ci-dessus*. « La forme donnée par l'orfèvre aux chatons devant déter- miner celle des pièces à émaiUer, Théophile continue, en ex- pliquant comment on devra disposer préalablement les feuilles d'or dont ces pièces sont composées, dans Tintérieur même des chatons qu'elles doivent remplir. ** Ensuite dans l'intérieur - de chacun des chatons qui doivent renfermer des émaux, - TOUS appliquerez successivement des feuilles d'or minces, • et après les avoir ajustées avec soin, vous les retirerez '. •» La petite caisse d'or ainsi établie dans la forme du chaton ^oi doit la fixer au vase, Théophile enseigne à disposer les dessins que les bandelettes d'or doivent exprimer à la surfSeu^e (1) • Quo facto toile partem auri tenuem et conjunge ad oram vasis m superiorem, atque metire ab una auricula usque ad alteram , qwB m pan tantcB UUitudinis sU, quanta est grossitudo lapidum, quos impo- « nere vokieris. • Nous copions le texte dans rédition que M. le comte de L'Escalopier a publiée, à Paris, chez Toulouse, 1843. (2) « CoUocans eos in suo ordine, sic dispone, ut in primis stet lapis uHus cum quatuor margaritis in angulo positis, deinde electrum^ juxta quem lapis cum margaritis, rursumque electrum, sicque ordinabis ut juxta avriculas semper lapides stent, quorum domunculas et campos, easque domunculas^ in quibus electra ponenda sunt, compones et solida- bis ordine quo supra, > (3) • Post hcBcin omnibus domunculis, in quibus electra ponenda sunt^ coapiabis singulas partes auri tenuis, conjunctasque diligenter eides, • UO INTRODUCTION. de rémail : «> Ensuite, en vous servant de la mesure et de la » règle, vous couperez dans une feuille d'or un peu plus >» épaisse une bandelette que vous replierez doublement aU' >• tour du bord de chacune des pièces, de manière à laisser H entre les deux bandelettes un petit espace qu'on nomme *. bordure de l'émail*. »» Ceci est une pure fantaisie de l'artiste ; cette petite bordure n'existe pas dans tous les émaux. « Vous taillerez alors à la règle des bandelettes de la même •* hauteur dans une feuille d'or aussi mince que possible , et avec •• de petites pinces vous contournerez ces bandelettes à rotre '« goût, de manière à en former les dessins que vous voudrez re- '• produire dans les émaux, comme des cercles, des nœuds, des *• fleurs, des oiseaux, des animaux, des figures humaines ; vous ^> disposerez délicatement et avec soin chacun des petits mor- H ceauxàsa place, et vous les fixerez avecde lafarinedélayéeàla « vapeur du charbon ; lorsque vous aurez ainsi complété l'agen- M cément d'une pièce, vous en souderez toutes les parties avec «' beaucoup de précaution, afin que le travail délicat (du dessin) " ne se dérange pas, et que l'or mince n'entre pas en fusion •. *» Voici donc la petite caisse d'or entièrement disposée et les traits du dessin exprimés par de fines bandelettes d'or posées sur champ ; il ne s'agit plus que d'émailler la pièce des di- verses couleurs que le sujet comporte. Théophile, dans le chapitre suivant, intitulé De electris, en donne le procédé, après avoir indiqué la manière d'éprouver les émaux. « Toutes (1) « Atque cum mensura et régula inddes corriolam awri, quod oit- quantulum sit spissius^ et complicabis eas circa oram unius cujusque partis dupliciter^ ita ut inter ipsas corriolas subtile spatium sit in ctr- cuUu, quod spatium vocatur limbus electri. • (2) « Deinde eadem mensura atque riga inddes corriolas omnino sub- tUissimi auri, in quitus subtili forcipe complicabis et formabis opus quodcunque volueris in electris facere, sive ctrculos^ sive nodos , sive flosculos^ sive aves, sive bestias, sive imagines, et ordinabis particutas subtUiter et dUigenter unamquamque in suo loco, atque firmabis hu- mida farina super carbones. Cumque impleveris unam partent^ solidabiê eam cum maacima cautela, ne opus gracUe et aurum subtile disjunga" tw aut Uquefiat. • ËMAILLËRIË âUR MËTAUX.' in « les pièces à émailler étant ainsi disposées et soudées, prenez " les différentes espèces de verre ( les émaux ) que vous aurez - composées pour ce genre de travail, brisez un petit morceau - de chacune d'elles , et placez en môme temps tous les éclats sur •* une feuille de cuivre, sans cependant les mêler; portez-la au - feu, disposez autour et par-dessus des charbons, et, en souf- • flant, examinez avec attention si les différents verres entrent • en même temps en fusion ; si vous obtenez ce résultat, ser- « vez-vous de tous ; si Tune des parcelles (essayées) est plus «• dure, mettez-la à part. Prenant l'un après l'autre chacun " des verres essayés, portez-les au feu séparément, et lors- *• qu'ils seront chauffés à blanc, jetez-les dans un vase de *- cuivre où il y ait de l'eau ; ils se briseront en petits mor- - ceaux, que vous écraserez avec un marteau roud, jusqu'à - ce qu'ils deviennent très menus; vous les laverez dans cet •* état, et vous les déposerez dans une coquille propre, que « vous couvrirez d'une étoffe de laine ; préparez ainsi chaque - couleur. Cela fait, prenez une des pièces d'or que vous avez •* soudées, et fixez-la sur une table plane, en deux endroits, - avec de la cire. Avec une plume d'oie taillée en pointe •> comme pour écrire, mais à bec plus long et non fendu, vous • puiserez à votre choix l'un des émaux qui devra être hu- • mide, et avec un long morceau de cuivre effilé, se terminant - en pointe, tous le détacherez avec adresse de la plume, " pour en remplir, autant que vous le jugerez convenable, tel - des compartiments que vous voudrez de la pièce à émailler. - Remettez^ce qui vous en restera dans la coquille, et couvrez- - la. Faites de même pour l'emploi de chacun des émaux, jus- • qu'à ce qu'une de vos pièces soit remplie. Alors, enlevant la • cire qui la retenait, placez cette pièce sur une tôle qui ait • une queue courte, et vous la couvrirez d'une espèce de vase - de fer qui soit profond (une cloche) et percé sur toute sa - surface de petits trous, unis et plus larges à l'intérieur du *• ^ase, plus étroits à l'extérieur, où ils présenteront des as- * pérîtes propres à arrêter les cendres, si par hasard il en • tombsût dessus ^ «^ C 0 * Hoc modo omnibus eleciris composais et solidatis , accipe omnia 112 INTRODUCTION. Cette petite cloche de fer a été remplacée, dans le fourneau de nos émail leurs modernes, par un moufle ; le résultat est le même ; il s'agit dans les deux modes de préserver Témail (lu contact du charbon. » Ce vase de fer sera pourvu au sommet d'un petit anneau •• à Taide duquel on le posera et on le lèvera. Ces dispositions «* étant prises, réunissez des charbons gros et longs ; enflam- » mez-les vivement ; au milieu du foyer, faites une place que •< vous égaliserez avec un maillet de bois, de manière à pou- » voir y maintenir la tôle, en la tenant par la queue avec des •• pinces. Posez-la avec soin à cet endroit, recouverte comme •« nous l'avons expliqué ; disposez des charbons tout autour ^ et par-dessus; et prenant le soufflet des deux mains, souf- » fiez de tous côtés, jusqu'à ce que les charbons brûlent éga- *• lement. Ayez l'aile entière d'une oie ou de tout autre gros ^ oiseau, déployée et attachée à un morceau de bois, elle vous gênera vUri^ quod ad hoc opus aptaveris, et de singtUis partibtis parum confringens, colloca omnes fracturas simul super unam partem cupri, unamqtiamque tamen partem perse; mittens in ignem compone carbones in circuitu et desuper, sufflansque diligenter considerabis si a^wUiter liqtiefiant: si sic, omnibus utere; si vero aliqua particula duriorest, singulariter repone, Acâpiensque singulas probati vitri, miUe in ignem singUlatim, et cum eanduerit, proice in vas cupreum in quo $U aqua, et statim resiliet minutatim, quod mox confringas cum rotundo malleo donec subtile fiât, sicque lavabis etpones in ooncha manda, atque cooperies panne laneo. Hoc modo singutos colores dispone^. Quo facto toile unam partem auri solidati, et super tabulam œqualem adhcarebi* cum cera in duobus locis, accipiensque pennam anseris incisam graeiie sicut ad scribendum, sed longiori rostro et non fisso, hauries cum ea unum ex coloribus vitri^ qualem volueris, qui erit humidus et cum Umgo cupro gracUi et in summitate subtili rades a rostro pennœ subtiHter et implebis quemcunque flosculum volueris, et quantum volueris. Quod vero superfuerit repone in vasculum suum et cooperi, sicque fades ex singulis coloribus, donec pars una impleatur, auferensque ceram cm inhœsertUj pone ipsam partem super ferrum tenue, quod habeat brevem caudam, et cooperies cum altero ferro quod sit cavum in simUitudinem vasculi , sitque per omnia transforatum gracile, ita ut foramina mU interius plana et latiora, et exterius subtiliora et hispida^propter aroen- dos rtrwrM, si forte superceciderint . » ÈMAILLËRIE SUR MÉTAUX. 113 «• senrira à agiter Tair et à souffler fortement de tous côtés, jus- «• qu'à ce que vous aperceriez, à travers les charbons, que les - trous du vase de fer sont devenus blancs à Tintérieur. Alors - TOUS cesserez de souffler. Après une demi-heure environ « TOUS dégagerez peu à peu les charbons, et finirez par les « enlever totalement ; vous attendrez de nouveau que les trous • noircissent à Tintérieur, et lorsque cet effet aura été pro- • duit, enlevant la tôle par la queue, placez-la, recouverte du « vase de fer, dans un coin, jusqu'à ce qu'elle soit tout à fait - refroidie. Alors, découvrant la pièce émaillée, prenez-la pour - la laver * . » L*émail est sujet à baisser au feu : il peut donc arriver qu'il se trouve, après le premier feu, au - dessous de la bordure de la pièce ; c'est ce que prévoit Théophile , en ajoutant : « Remplissez de nouveau (de poudre d'émail) et faites fon- « dre par les moyens indiqués plus haut ; vous continuerez « ainsi jusqu'à ce que, l'émail étant liquéfié également sur • toute la surface, la pièce soit entièrement remplie. Vous • disposerez de la même manière les autres pièces ^. » L'émail, au sortir du feu, présente souvent des inégalités, et (1) • Habealque ipsum ferrum in medio superius brevem annulum, cum quo superponatur et elevetwr, Quo facto compone carbones magnos et Umgos, incendens iUos valde ; tnfer quos fades locum et œqiAabis cum Ugneo malleo, in quem devetur ferrum per caudam cum forcipe ; ita coopertum collocàbis dUigenter, atque carbones in circuitum compones et sursum ex omni parte , acceptoque folle utrisque manibus undique suffUibis donec carbones oBqualiter ardeant, Haheas etiam alam inU~ qram anseris, sive alterius avis magnœ, quœ sit extensa et ligno ligata; cum qua ventUabis et flabis fortiter ex omni parte, donec perspideis nUer carbones ut foramina ferri interius omnino candeant, sicque flore tmakis, Expecians veto quasi dimidiam horam discooperies paulatim émee omnes carbones amovecks, rursumque expectabis donec foramina M interius nigrescant, sicque elevans ferrum per caudam, ita cooper- ^ pones rétro fomacem in angulo donec omnino frigidum fiât. Âpe- ^ œro toiles electrum et lavaHs. » ()) • Rursumque implebis et fundes sicut prius, sicque faciès donec li^foetum œqualiter per omnia plénum sit. Hoc modo reliquas partes fwnporw». • 8 114 INTRODUCTION, a presque toujours besoin d*étre poli. Théophile donne le pro- cédé du polissage dans le chapitre liv, qui a pour titre De po^ Kendo electro. •* Cela fait, prenez un morceau de cire de la longueur ** d'un demi -pouce, dans lequel vous enchâsserez la pièce - émaillée, de façon que la cire avec laquelle vous la tiendrez « Tenveloppe de toute part ; vous frotterez avec soin le côté « émaillé sur une pierre de grès mouillée, jusqu'à ce que l'or •« apparaisse également sur toute la surface. Ensuite vous le « frotterez très longtemps sur une pierre à aiguiser, dure et - unie I les émailleurs la nonmient encore aujourd'hui pierre « de Cos ), jusqu'à ce que l'émail prenne de l'éclat. Sur cette - même pierre mouillée de salive, vous frotterez un morceau *• de tét, que vous trouverez parmi les débris d'anciens vases, «« jusqu'à ce que la salive devienne rouge et épaisse ; tous en «« enduirez une lame de plomb unie, sur laquelle vous frotterez «« Témail jusqu'à ce que les couleurs deviennent translucides » et éclatantes. Après, vous frotterez de nouveau le morceau *« de poterie sur la pierre à aiguiser avec de la salive, que »* vous étendez sur un cuir de bouc, fixé sur un morceau de » bois, et dont la surface soit unie. Sur ce cuir vous polirez « l'émail jusqu'à ce qu'il devienne entièrement brillant, en « sorte que, si une moitié était humide et l'autre sèche, on ne •« pût distinguer la partie sèche de la partie humide^. *• (1) •Quo facto toUe partem cerœ ad longitudinem dmidii polUciM^ m quam aptabis eUctrum t/a, ut cera ex omni parte sUj per quam tenebU^ et fricabis ipswn electrum super lapidem sabuteum asqualem diligentereum aqua^ donee awrum aqualUer appareat per omnia. Deinde super dmram eotem et cequalem fricabis partem diutissime donec dariiotem aeàpiai; sicque super eandem cotem saliva humidam fricabis partem laieris, qum ex antiquis va9eutis fraetœ inteniuntur, donec saliva spissa et rubem fkU; quam Unies super tabulam plumbeam cequalem, super quam leniter frica- bis deetrvm %uque dum colores translucidi et dari fiant; rursumqm frica- bis laterem cum saliva super ootem, et Unies super coriwn hirdmun^ ta- bulœ ligneœ (Bqwditer affixum ; super qiêod p(^s ipsum electrmm damer omnino ftdgeat, ita ut si dimidia pars ejus humida fiât et dimidia sieea sit, nui/us possit considerare^ quœ pars sieca . quœ humida sit. » M. de L'Kscalopier, dans sa iraduclion do la Dit'^sarum artimm ÈMAILLERIE SUR MÉTAUX. Ii5 Maintenant que les procédés de fabrication des émaux cloi- Principaux sonnés sont suffisamment connus, nous allons signaler les s^edula de Théophile, a rendu par cabochon le mot electrum , partout où ii se rencontre dans les trois chapitres lu, un et uv du livre III, qjae nous venons de faire connaître. M. de L'Escalopier dit dans une note que son étude du texte ramenai t à opter entre une incrustation d*émail ou le cabochon, et qu^il s^est arrêté à ce dernier mot, comme présentant plus de concision ; nous croyons qu'il a eu tort: la concision n'est pas de rigueur dans la traduction d'un livre sur les sciences ou sdr les arts , et ayant d'être concis, il faut se faire comprendre ; or, en prenant le mot electrum dans le sens de cabochon^ le chapitre lh de Théophile serait inintelligible. Le cabochon, comme l'indique M. de L'Escalopier lui-même, dans sa note p. 286, est une pierre pré- cieuse qu'on ne fait que polir sans la tailler; que le cabochon soit fin on faux, il a toujours l'aspect d'un pierre non taillée, mais seulement p(die, et qui n'admet par conséquent à sa surface unie aucune repré- sentation graphique. Si Velectrum de Théophile était une imitation de pierres fines cabochons, que signifieraient ces dessins que le fabrica- teor du soi-disant cabochon doit exprimer par des bandelettes d'or découpées à la règle et contournées pour en former les objets qu^il désire représenter : opus quodcunque volueris in electris {acere sive cir- oêIos, sive nodos, sive aveSj sive bestias , sive imagines ? On peut ren- contrer des pierres gravées en creux, dont les intailles sont remplies d'or; mais alors la pierre, si elle est fausse, est fabriquée avant d'être ioUillée et aurifiée ; Velectrum de Théophile . au contraire, est d^abord préparé en or, et la matière vitreuse, colores vitri, l'émail, en uit mot, fondu ensuite dans les interstices du métal. D'ailleurs la taille en biseau et à facettes des pierreries est postérieure au xii« siècle, et insque vers le milieu du xnr siècle, toutes les pierres vraies ou faus- ses n'étaient que des cabochons. Si V electrum était un cabochon, il fenit double emploi dans l'ornementation que Théophile prescrit; tt serait de sa part une répétition de lapis. Nous voyons cependant âiBsTouvrage de Théophile trois objets constamment appliqués à la ^^Cflration des ustensiles sacrés et toujours réunis ensemble ; ainsi au <^^tre XLix, où il va traiter de la fabrication du calice d'or, il dit : 'Siealicem componere volueris et omare lapidibus et electris alque ««garttw ;• au chapitre lv, il orne le pied du calice lapidibus et elec- ^«ipHis loin, dans le même chapitre, cruces quoque etplenaria., . **l<»pidt6tw et margaritis atque electris omabis; au chapitre ui , ut «pwnitjtét lapis unus cum quatuor margaritis..,, Deinde electrum, jHŒtaquem lapis.., rursumque electrum. Le lapis de Théophile étant monuments subftisianls. lie INTRODUCTION. monuments sur lesquels, à notre connaissance, on peut en rencontrer. nécessairement un cabochon (car on ne saurait reporter l'existence de Théophile au delà du xn® siècle ), il faut bien que Velectrum soit autre chose. Le cabochon d^ailleurs n'est que d'une seule couleur; le saphir est bleu, rémeraude verte, le rubis rouge; Velectrum de Théophile, au contraire, est coloré de plusieurs couleurs ; après avoir décrit au chapitre lui la manière de disposer avec des bandelettes d'or les des- sins que l'artiste veut représenter et qui forment ainsi des comparti- ments qu'il s'agit de colorer, il ajoute : « Hauries unum ex coloribui vUri qualem volueris.... et implMs quemcunque flosculum volueris..,. sicque fades ex singulis coloribiAS, donec pars una impleatur. • La des- cription que Théophile donne aux chapitres lu et un de la composition de Velectrum ne peut laisser aucun doute au surplus, et les monu- ments qui subsistent viennent à l'appui de notre opinion, que Velectrvan de Théophile n'est autre chose qu'une pièce d'émail à cloisonnage mobile. On peut voir de ces curieux émaux sur le calice de Reims et sur la couverture du manuscrit n® 650, conservés à la Bibliothè- que royale, sur la botte renfermée dans l'armoire des bijoux au Lou- vre, et sur les autres monuments que nous allons signaler plus loin. Dans tous ces monuments» les émaux, suivant la prescription de notre moine artiste, alternent dans la décoration avec les pierres fines cabo- chons, in primis stet lapis unus, deinde electrum, juxta quem lapis rursumque electrum. De l'étude approfondie du livre de Théophile, on peut condure qu'il donnait le nom d'ekctrum plus particulièirement à la case de métal préparée pour recevoir la matière vitreuse et renfermant les dessins figurés par des bandelettes d'or ; la matière vitreuse , l'é- mail proprement dit , c'est pour lui , et c'est en effet , une espèce de verre préparé ad hoc : • Àcdpeomnia gênera vitri quod ad hoc opui optaveris. • Il se sert encore des mots colores vitri pour exprimer les différents émaux : « Hauries unum ex coloribus vitri, • et au chap. xn du livre II, sous le titre De diversis coloribus vitri , il s'occupe des verres colorés opaques qui entrent dans la composition des mosaïques et qui sont de véritables émaux. Le chapitre xvi du livre II, où il traite des vases d'argile décorés de peintures, est intitulé : De voêis futilibus diverso colore vitri pictis, et ces couleurs de verre qui de- vraient supporter la chaleur d'un fourneau de verrier, ne pouvaient être que des matières vitreuses colorées par des oxydes métalliques, de véritables émaux. Cependant lorsque Théophile indique au chap. un la manière de fondre le verre coloré, l'émail en un mot, dans les in- ÈMAlLLEAtE SUR MÉTAUX. fir Ces émaux sont fort rares ; fabriqués le plus ordinairement sur fond d or, ils n'ont pu échapper qu'en petit nombre au creuset de Torfévre, lorsque le goût des émaux a été remplacé, dans Tornementation des vases d'or et d'argent, par celui des SQJets gravés, ciselés et repoussés par le métal. Notre collection possède une croix pectorale, décrite sous le n® 661 . Elle est émaillée sur ses deux faces par le procédé du cloisonnage mobile. Le style des sujets qui y sont repré- sentés et les inscriptions grecques qui s'y trouvent indiquent positivement son origine ; la forme des lettres et le caractère de la peinture dénotent un travail fort ancien, qui doit re- monter au x^ ou au xi^ siècle. En dehors de notre collection, on verra à Paris : A la Bibliothèque royale, 1° l'épée, la plaque de manteau et les abeilles trouvées en 1653 dans le tombeau de Childéric, à Tournai. Un travail de sertissure assez grossier forme, sur la plaque de manteau et sur la chape du fourreau de l'épée, une espèce terslices que présente Velectrum^ il donne encore à ce chapitre le titre : DeeUdro; lorsque Témail est fondu et a rempli ces interstices, la pièce ainsi achevée prend encore le nom d'electrum {depoliendo dectro). Tel est, en effet, le titre du chapitre où il enseigne à polir Témall. Théophile appliquait donc le nom d'electrum à la pièce de métal dis- posée à recevoir la matière vitreuse, et il donnait encore ce nom à la pièce, lorsque cette matière y adhérait par la fusion. Ce mot d'electrum lépond donc parfaitement au mot d^émail dans le sens que nous en - lendoDS lorsque nous l'appliquons à une pièce de métal émaillé. Les Toscans n'auraient pas mérité d'être vantés par Théophile, s'ils i^aTaient su faire que des pierres fausses cabochons ; c'est parce qu'ils bbnqoaient sans doute de ces charmants émaux que nous avons ÂÇkaiés, qui étaient chatonnés à l'instar des pierres précieuses et ^ternaient avec elles, qu'il a dit dans sa préface, en adressant à ^ âève le traité qu'il venait d'écrire : « Quam si diligentius per- *c»item, illtc inventes.,., quidquid in electrorum operositate novii H. de L'Escalopier a traduit là e/ectnin par incrustations : c'était bien cela, mais cependant le mot est trop vague ; il fallait dire : la srience des Toscans dans la fabrication des émaux incrustés. 118 INTRODUCTION. d'échiquier, dont les interstices sont remplis par des émau3C colorés translucides. Dans la plaque de manteau, les émaux n'ont pas de fond et sont à jour. 2° Un plateau creux en or, de forme oblongue ; il est dé- coré d une bordure présentant aux angles des trèfles et sur les parties droites des losanges, qui sont rendus par de petites bandelettes d'or contournées et posées sur le fond. Ces orne- ments sont remplis par de l'émail grenat, qui a beaucoup d'analogie avec celui des pièces provenant du tombeau de Childéric. Une croix traitée de la même manière existe au centre du plateau. On a trouvé ce plateau, il y a peu de temps, enfoui dans la terre, prèsdeGourdon, dans le département de la Haute- Saône. Des pièces d'or à l'effigie des empereurs grecs Ana- stase I" ( f 6 1 8 ) et Justin ( f 627 ) ont été recueillies avec ce plateau. 3^ La couverture d'un manuscrit nouvellement acquis ( ms. , suppl. latin, nM118). Quatre petits émaux cloisonnés, figurant un fleuron, ac- compagnent une pierre à chacun des angles du plat supé- rieur de cette couverture, et servent d'écoinçons à des reliefs en or soigneusement travaillés. Les couleurs em- ployées sont le blanc opaque, le bleu clair et le vert semi- translucide. M. ChampoUion-Figeac, dans la description qu'il a donnée de ce manuscrit S pense que le beau travail de sa couverture remonte au moins au \if siècle, et le regarde comme une production de l'art byzantin. 4° La riche couverture d'un évangéliaire du xf siècle, écrit en lettres d'or sur vélin pourpre ( n? 650, suppl. latin ) . Le plat supérieur de cette couverture renferme une belle plsr que d'ivoire sculptée en relief, qui est encadrée dans une riche bordure d'or composée de deux bandes chargées de pierres fines cabochons et de perles; entre ces deux bandes sont placées de chaque côté cinq petites plaques en émail cloisonné, serties sur la couverture commis les pierres fines. Ces émaux, qui (1) Revue archéologique, 2^ année, p. 89. ËMÂILLERIË SUR MÉTAUX. 119 figurent des ornements variés, sont absolument traités dans la manière indiquée par Théophile ; seulement ils n'ont pas le petit encadrement d'émail, qui, on le conçoit, n'était pas in- dispensable à l'établissement de la pièce. Les couleurs em- ployées sont le rouge et le blanc opaques, le bleu, le vert et le jaune semi-translucides. Tout indique que cette couver- ture est d'une époque voisine de la confection du manuscrit. On ne saurait lui donner une date postérieure au xii^ siècle. 5^ Le calice de Saint-Remi, de Reims, en or pur, relevé d^émaux et de pierres fines ^ Les émaux, où sont figurés de jolis ornements et des fleurons, alternent sur la panse de la coupe, sur le nœud et sur le pied avec des cabochons. Ce calice appartient au xu® siècle. 6** Un médaillon de forme ronde représentant la Cruci- fixion, Le travail en est très fin ; les carnations des figures sont en émail couleur de chair ; un feuillage blanc se détache sur le fond, qui est d'un bleu très foncé. Le bleu clair, le blanc et un émail incolore sont employés dans les vêtements et dans les accessoires. Ce monument paraît ôtrc de travail italien; l'inscription INRI, placée au-dessus de la tète du CSirist, ne permet pas de le regarder comme grec; il peut dater du xm^ siècle. Au musée du Louvre , une boîte recouverte de lames d'or, qui a dû servir à renfermer un livre de prières. La Crucifixion, exécutée au repoussé sur une feuille d'or, occupe le plat su- périeur de cette boîte. Ce sujet, placé sous une arcade plein cintre soutenue par des colonnes, est encadré dans une large bordure où se trouvent de très beaux émaux cloisonnés. Aux angles il y a des plÉi^es carrées où les symboles des évangé- Ufttes sont représentés. L'aigle et le lion se détachent sur imfond d'émail, l'ange et le bœuf sur le fond de la pièce d'or, «pd est champlevée dans la forme extérieure des figures pour wcevoir le cloisonnage qui exprime les détails intérieurs du iessin. Dans le surplus du champ de la bordure, les émaux f^ntent des ornements et sont mêlés à des cabochons. Le (l) On peut en voir la gravure et la description dans les Annales '^\Mo(f\qms, l. Il, p. 363. 120 INTRODUCTION. style de ce mouumeut indique le commencement du xi^ siècle. A Munich : dans la Bibliothèque , V la couverture d'un évangéliaire (ms. n° 37), enrichi de miniatures, dont Tune re- présente l'empereur Henri II (f 1024) et safenmieCunégonde. L'ais supérieur de cette couverture est décoré d'une plaque d'ivoire sculptée en relief, qui est encadrée dans une large bordurfkd'or, rehaussée de cabochons, de perles et d'émaux. Aux angles, des médaillons renferment les symboles des évan- gélistes; douze autres médaillons, distribués dans les inter- valles , reproduisent à mi -corps Jésus et onze apôtres. Tous ces médaillons sont finement exécutés en émaux cloi- sonnés. Les vêtements resplendissent de diverses couleurs, les carnations sont en émail rosé. Les minces filets d'or du cloisonnement tracent en caractères grecs , au niveau de l'émail, le monogramme du Christ et les noms des apôtres. UneiMcription en lettres majuscules romabes. gravée sur un listel qui borde l'ivoire, indique que cette couverture a été exécutée par l'ordre de l'empereur Henri II. 2® Une boîte très riche en forme de couverture de livre, renfermant un évangéliaire du xii® siècle (ms. n® 35). Le plat supérieur de cette couverture est revêtu d'une feuille d'or relevée en bosse où le Christ est représenté dans l'action de bénir. Le nimbe du Christ, de même que l'alpha et l'oméga qui accompagnent sa tête, sont en émail cloisonné. Dans la bordure, qui encadre cette figure, se trouvent deux médaillons traités de la même manière ; dans l'un le Christ, dans l'autre la Vierge avec une inscription latine. I^s émaux employés sont le bleu foncé, le bleu clair, le blanc c^ le rouge ; les car- nations sont en émail rosé. A Vienne : dans le Trésor impérial, V la couronne de Char- lemagne. Elle se compose de huit plaques d'or, quatre grandes et quatre petites, qui sont réunies par des charnières. Les grandes, semées de pierres fines cabochons, occupent le de- vant, le derrière et les deux points intermédiaires de la cou- ronne; les petites, alternant avec les grandes, renferment des figures émaillées : Salomon; David; le roi Ézéchias, assis sur son trône, ayant devant lui le prophète Isaïe; et le Christ assis ËMAILLËRIË SUR MÉTAUX. 121 entre deux séraphins ardents, tels que les Grecs sont dans lu- sage de les représenter. Les costumes des personnages se rap- prochent de celui des empereurs du Bas-Empire, et bien que les inscriptions qui accompagnent les figures soient en latin, tout indique là un travail grec * . Les figures se détachent sur le fond même du métal, qui a été fouillé pour recevoir l'émail ; mais tous les détails intérieurs des traits du dessin sont expri- més par le procédé du cloisonnage mobile avec de fines bande- lettes d'or rapportées sur le fond. Les carnations sont en émail rosé ; les couleurs employées dans les vêtements et les acces- soires sont le bleu foncé, le bleu clair, le rouge et le blanc. Il est constant que cette couronne a été remaniée à différentes époques, mais rien ne vient contredire la tradition qui fait remonter à Charlemagne ses parties les plus anciennes. Les énuuLX doivent être de son époque. T L'épée de Charlemagne. Le fourreau, entièremeiljffevétu d'or, est enrichi dans toute sa longueur d'une suite dé losan- ges ; celui du haut encadre une aigle éployée, les autres des ornements variés, exécutés, comme laigle, en émail cloisonné. 3® L'épée dite de Saint-Maurice. Le fourreau, en or, repré- sente des figures repoussées, séparées par des bandes d'orne- ments en émail cloisonné. La qualification donnée au monu- ment est très contestable, mais il porte un cachet fort ancien. * A Venise : la célèbre PaUa d'Oro de l'église de Saint-Marc. La description de ce devant d'autel, le plus magnifique et le plus considérable monument de l'art de l'émaillerie au moyen âge, nous entraînerait beaucoup trop loin, et nous devons nous fcnfermer dans oe qui s'applique au mode d'exécution des émaux*. Le contour extérieur des sujets et des nombreuses figures <1« cette table a été préalablement tracé sur une épaisse feuille ^'or, et tout l'espace que les sujets ou les figures devaient ^t) Cette couronne a été gravée par Villemin, Mon. fr, inédit,, pi. 19. peut en lire la description dans le texte de M. Pottier, 1. 1 , p. 13. C"2) On peut voir une très belle reproduction de ce monument dans vrage de M. Du Sommerard, Albuniy pi. coloriées xxn et xxui de série. 122 INTRODUCTION, remplir fouillé profondément; dans ces petites cases ainsi préparées, tous les linéaments du dessin ont été formés par de petites bandelettes d*or très minces, et les émaux fondus dans les interstices, par les procédés que Théophile nous a fait connaître. C est ce dont on peut se convaincre en examinant quelques parties détériorées du monument. Les carnations des figures sont exprimées en émail rosé ; les autres émaux sont le bleu foncé, le bleu clair, le vert, le rouge vif, le brun rouge et le blanc. Quant à lorigine grecque du monument, elle est indubita- ble. Au témoignage de tous les anciens historiens de la répu- blique vénitienne, Pierre Orseolo P', qui fut nommé doge en 976, fit restaurer les édifices incendiés par le peuple, lors du meurtre de Pierre Candiano IV, son prédécesseur. Il fit venir à cet effet deConstantinople des architectes, quiconmiencèreut la coQilpiction de l'église Saint-Marc^ ; et, pour décorer le grand autel, il commanda la PaUa d!Oro aux plus habiles ar- tistes de cette ville. Elle ne fut apportée à Venise qu'en 1 102, sous le doge Ordefallo Faliero, dont le portrait y fut ajouté à cette époque. Cicognara, par un amour national excessif et peu éclairé, a revendiqué pour l'Italie Thonneur d'avoir exécuté la PaUa d'Ch'o ; mais il faut plutôt en croire les anciens auteurs qu'un écrivain moderne, et, sur ce point, Morosini, Sabellicus et Justiniani, écrivains du xv^ siècle, Sansovino et Tiepolo, qui écrivaient au xvi^, ne laissent aucun doute ^; Emeric Da- (1) « SikccedvÀo poi Vincendio di parte délia ckiesa e dd Palagio DuccUe^ quando fu dal popolo ucciso Pietro Candiano, daJPietro Orseolo per la redificatione, da Costantinopoli furono chiamati i piu eccellenti archi^ tetti che vi fossetOy et con molta solennità restarono, alla presenza del Doge, e di Pietro Malfatto vesœvo délia ct7à, gettate le fonda- menta, » Paolo Morosini , Historia délia città e republica di Ve- netia, lib. IV. In Venetia, mdcxxxvii, presso Baglioli. (2) « Tabulam ad hœc ex auro Bizantii mira arte conflatam eodem tu- Iulit : Hlatamque ad aram maximam solemni dedicatione statuU. • Antokii Sabellici Rerum Venelarum, etc. VenetiiSy MCCccLXxxvn, lib. IV, primœ Dec. - Pietro Orseolo Doge, chi fu l'anno 976, ordino che fosse questa Pala ÈMAILLERIE SUR MÉTAUX. 123 ?id* et M. Du Sommerard* ont combattu l'opinion intéressée de Œcognara. U est certain que la Palla a été restaurée plusieurs fois, et qu'à différentes époques on Taenriehie de pierres précieuses'. Des artistes italiens ont bien pu alors y travailler; mais ses émaux et ses plus anciennes parties sont dus à des artistes grecs, et remontent au x® siècle et au xi®.  Cologne : la châsse des rois mages. La face, sur laquelle est placée la grille qui laisse apercevoir les trois chefs des mages, est bordée d un listel décoré alterna- tifement d*une plaque couverte de pierres cabochons et d'une plaque d'émail à ornements cloisonnés en or. On sait que ce magnifique reliquaire fut fait par les ordres de l'archevêque Philippe de Heinsberg. Il est à remarquer que sur les faces longitudinales du monument chacune des arcades trilobées de l'étage inférieur et chacune des arcades plein cintre tia l'étage sopérieur est découpée dans un seul morceau de métal enrichi d'émaux champlevés. A Âix-larChapelle : la grande chÀssede Notre-Dame, don- née à la cathédrale par Frédéric Barberousse ( 1 1 52 f 1 1 90 ) . Le soubassement du monument, sa bordure d'encadrement MriccUa a Constantinopoli per Veccellenza degli artifici, che cUl'hora fi^vano in queW imperio; e ridotta a perfettione con lunghezza di molti ^ni per diversi acddenti, fu condotta a Venetia sotto Ordefallo Faliero ^ge, che visse ranno 1102, ecoUocata su Valtare,» Fran. Sansovino, ^^netia ciità nob, e singolaredescritta. In Venetia, MDcini, cap. xxxix. « Tabulam auream ad omatum magnœ arœ apud ConstanHnopolim ^^^anli opère fabricandam cwravit. > Justiniani. (1) Histoire de la peinture. Paris, 1842, p. 83. (2) Les Arts au moyen âge, t. III, p. 142 et 330, et t. IV, p. 61. (3) • NeWanno 1209 sotto Pietro Ziani Doge, fa rinovata {la PaUi) da '^ngelo Faliero procuratore délia chiesa, aggiungendole diversi oma- •*»e?itt di gioie e di perle. Ma Vanno 1345, sotto il principato di Andréa -^fMndolo, si ristaurà di nuovo e vi si accrebbero diverse gemme di preggio queste due inscrittiofii che vi si leggono, » Sansovino , Venetia k, etc., cap. xxxix; cl plus loin, chapitre xl, on lit: « Trovasi ^uesta Pala di lame d'oro massiccio, con figure alla greca faite di smalto 124 INTRODUCTION, et les arcades angulaires de l'étage inférieur sont formés par un listel composé alternativement de pierres fines et de pla- ques d'émail. L espace que devait remplir Témail a été fouillé sur des feuilles d'or, et les dessins ont été tracés, par le procédé du cloisonnage mobile, dans ces petites cases ainsi préparées. Jusqu'à présent nous n'avons signalé que des émaux sur or ; les émaux cloisonnés s'exécutaient également sur cuivre. Nous citerons en ce genre une très belle plaque conservée dans la collection de M. le comte de Pourtalés-Gorgier ; elle était probablement appliquée sur l'un des ais d'une couverture de livre. Saint Greorges y est représenté debout, armé d'une lance dont il perce le dragon étendu à ses pieds ; son bras est protégé par un bouclier orbiculaire ; le siûnt est revêtu de la cataphracte antique, recouverte d'une chlamyde i^raféesur l'épaule; un cheval occupe le côté droit du tableau. On lit sur le fond plusieurs inscriptions en caractères grecs. Cet émail a 16 centimètres de largeur sur 19 centimè- tres de haut. Le contour extérieur des figures est tracé par un filet de métal d'environ 2 millimètres de largeur ; les détails intérieurs du dessin le sont au contraire par des fils d'une ténuité extrême. Quelques détériorations laissent par- faitement apercevoir que les traits de métal qui expriment le dessin du sujet ne tiennent pas au fond. Les carnations sont en émail d'une coloration de chair assez naturelle ; les émaux employés dans les vêtements, les accessoires, sont très variés de couleur. L'émail est encadré dans une bordure en cuivre repoussé et ciselé, présentant des entrelacs capricieux dans le style oriental et des médaillons qui renferment des figures de saints, dont les noms sont inscrits en lettres grecques. L'origine byzantine do ce monument est incontestable ; il paraît appartenir au ix® ou au x^ siècle. A ces monuments que nous avons examinés * , on peut join- (1) Nous n'avons pu donner à Texamen de ceux de ces objets qui existent à Tétranger qu'un temps beaucoup trop court, et souvent même il a fallu nous contenter de les voir à travers une glace. Quant à ceux qui existent à Paris, à la Bibliothèque royale et au Louvre, Tinépuisablo complaisance de MM. les conservateurs nou;> a permis ÊMAILLERIE SUR MÉTAUX. 125 dre un bijou en or conservé dans le Muséum Âhsmolean, à Oxford, et qui a été découvert en 1 696, près de l'abbaye d'An- telney, dans laquelle Alfred le Grand s'était retiré après avoir été vaincu par les Danois en 878. M. Albert Way, l'un des archéologues les plus instruits de l'Angleterre, en a donné la description accompagnée d'une gravure qui reproduit le dessus , le dessous et la tranche de ce bijou ^ L'inscription aelfred MEC HEHT GEWRCAN (Alfred ordouua que je fusse fait), qui se trouve sur l'épaisseur de la pièce, laisserait peu de doute SOT l'origine qui lui est attribuée. L'émail placé sur le dessus est exécuté par le procédé du cloisonnage mobile; il reproduit une figure dont il est difficile de déterminer le caractère. Les carnations sont en émail blanchâtre ; les couleurs employées dans les vêtements sont le vert pâle et le brun rouge semi- traaslucides; le fond est bleu. Le bijou est terminé par une figure d'animal, en filigrane d'or, qui a tous les caractères du style oriental. La connaissance de ces monuments peut nous permettre caractère* de résumer les caractères généraux des émaux cloisonnés. . généraux '^ .des cloi80DOf«. Ces émaux sont renfermés le plus souvent dans une petite caisse de métal, où les figures sont exécutées en émail, de niême que le fond sur lequel elles se détachent, les traits du dessm étant seuls exprimés, dans cette petite caisse, par des bandelettes de métal rapportées sur le fond. Quelquefois c'est kinétal qui sert de fond au tableau : dans ce cas, tout l'espace ^e les figures ou le sujet occupent a été champlevé sur la plaque de métal, et les traits du dessin ont été rendus par de fines bandelettes de métal dans cette partie champlevée ; c'est ^sique sont faites deux des encoignures de la boite du Lou- ^. Les carnations sont toujours reproduites par de l'émail que Vartiste a cherché à rendre autant qu'il l'a pu de la couleur Il i^îTi III I oves esc crè» nàte : les ioycMijùMg ift bliBB. le n»^ vi{^ le bnm .e ôicKiâair. ievcn. lejasiie. le TÛrfet. ioa.i«cî» oMr. Lghimir- le noir. le Uen yB€M -M» m tiâHiia oB âxA«fc sur les objet» Mac Juwsiti-i A tMiiAii. x nâriar des {Bares l^MMeile» i^i» jÉkmoHnt Cik petites ^aqnn m 4te pmHvses i P"*- il «n est résulté q«e IB « aUnnamb. « l'I^ ée ees m.inimiHnr» a «K p«»BMUtia>a- OB gatiiB flerteîn po«r déCep- uiiiur l ikiitt lii» omHx. >fin rsmoDKBt som^tt à des tceaps LiM (Muox oiuùuuiiw jKt judt «i'ime gnnde bre^ eC ont v-t)a«u«ru « l'omtMSiMWBaKS lioôjett de tntfe sovte. TMe~ piitl» tavttv [' I& litunpV' ~ Crtcvs •futunir i* pif^arta et tnctomm piff^o- rnm «Tifnti. «imm ««dé du cloison- HAgy ini>tiik> nwviftieBi de Tfavopbile. aïo ui* siècle, le dihq bttiu tU< nntnim; nuu» avons dà leofawvber qael nom on lenr I ) lljit'. LN . Iil>. m. E>). Ip L'E-^.'ïlopier. p. 199. ËMÂILLERIE SUR MÉTAUX. 127 donnait en France, pour les distinguer des autres sortes d'é- numx. Quelques énonciations portées dans les anciens inven- taires nous ont donné à penser que les cloisonnés ont reçu, josqu'à la fin du xvf siècle, le nom d'émaux de plique, et par corruption de pUte * . Nous trouvons en effet dans les vieux inventaires du xrv^ ao x\f siècle des émaux, en petit nombre, désignés sous ces noms, et dont la description ne peut se rapporter qu'aux cloi- sonnés. On lit, dans l'inventaire du duc de Normandie, de 1S63 * : « Une aiguière d'or semée d'esmaulx de plique, de * rubis et de menues perles. » Dans l'inventaire des joyaux de Qiaries V, de 1 S7f * : « Ung calice d'or qui a la tige esmaillée * de France et le pommeau semé d'esmaulx deplite. — Couppe " d'or sur ung hault pié. . . semée d'esmaulx de plite, garnie de - grenats et de saphirez. — Couppe d'or toute esmaillée d'es- " niaulx de plite, et a une annonciacion Notre-Dame au fons • dedans. — Ung bien grant ymage de Notre-Dame. . et a une ■couronne d'esmaulx de plite et de menue pierrerie. — Une " setnture. . . et sont la boucle et le mordant d'esmaulx de -plite.» Dans l'inventaire de Charles VI, de 1399*: «Une • couppe d or, a tout son couvescle semé par dehors d'esmaux " de plite et garnie de rubis d'Alexandre, d'esmeraudes et de • perles. I. Et enfin dans l'inventaire fait après la mort de ™ïlïi II, en 1 560 <^ : *« Ung cofiEre d'argent doré enrichy d'émail • *^ basse taille et déboutons d'émail de plicque. — Ung bon- " *^t de veloux noir gamy de perles et de boutons d'émail de " P*icque. — Épée à l'antique ayant la garde, la poignée et le " 'H^'Ht d'émail de plique. »• C ^ Le mot plique ne viendraitril pas de applicare, appliquer, met- ^'^—^ parce qu^en eiïet les dessins, dans les cloisonnés, sont expri- par des bandelettes d'or appliquées, posées sur le fond, et non *^ tiar des filets de métal tenant au fond, pris aux dépens du fond ^^^e de la pièce, comme dans les émaux champlevés? ^ ^ i Ms. Bibl. roy., fonds Mortemart, n° 74. ^^^ Idem, d9 8356, fol. 31, 35, 48, 23! et 243. ^ "^^ Idem, fonds Mort., n® 76. ^ ^ ) Idem, n* 9501 , 3 Lancel. 128 INTRODUCTION. Ainsi les émaux de plique ne décorent, le plus ordinaire- ment, que des vases d'or ; ils ne sont pas incrustés dans le métal, mais semés extérieurement sur les vases, et ne peu- vent par conséquent y être fixés que par un chaton ; ils sont accompagnés de pierres fines et de perles. On retrouve donc dans ces émaux de plique tous les caractères qui distinguent les émaux cloisonnés : la description qu'en fournissent les vieux inventaires pourrait convenir aux émaux du calice de la Bibliothèque royale, ainsi qu'à ceux qui enrichissent les couvertures de livres que nous avons cités et les gants du costume impérial conservé à Vienne. n est une remarque à faire, c*est que lei émaux cloisonnés, qui étaient fort en usage au xif siècle, commencèrent à être moins employés au xm®, et furent remplacés au xiv® par les émaux translucides sur relief. Elh bien, dans les inven- taires du XIV® siècle, les émaux de plique sont déjà rares, et ils se trouvent principalement appliqués à la décoration des calices d'or, qui, par leur destination, avaient échappé à la refonte plutôt que les pièces de vaisselle. Enfin, lorsque dans ces inventaires on énonce, à la suite de la description d'une pièce, qu'elle a été faite sur l'ordre du roi ou du prince dont on décrit le trésor, jamais cette pièce nouvelle n'est ornée d'émaux de plique. Ainsi ces émaux ne se faisaient plus au xiv*^ siècle ; ils n'existaient que sur des pièces qui remon- taient au moins au siècle précédent. Tout vient donc à l'ap- pui de cette opinion, que les émaux de plique n'étaient autre chose que les émaux cloisonnés. Émaux On trouve encore, dans les inventaires que nous venons de piiqoe ^^ citer, dcs émaux désignés sous le nom à' émaux de plique à Jour, Voici comment ils sont décrits : « Une très belle couppe ** d'or et très bien ouvrée à esmaulx de plite à jour et est le » hanap d'icellc à esmaulx à jour * . — Ung coutel à manche *> d'ivyre. .. et a en la lemcUe dudit coutel une longue roye à - esmaulx de plite ouvrée à jour*. •» Ces émaux de plique à jour n'étaient autres que des émaux (I) Invmtairede Charles K, fol. 48. (2) Idem, fol. Î48. ËMAILLERIB SUR MÉTAUX. 129 cloisonnés sans fond, des imitations de pierres transparentes, qui étaient montés à jour ou fondus dans les interstices d'un réseaa d or à compartiments. Benvenuto Cellini , dans son TVaiié de V orfèvrerie , ra- conte que François I^ lui montra une belle coupe, en le con- sultant sur les moyens qui avaient été employés pour la fabri- quer. A la description que donne Cellini de cette coupe, on reconnaît quelle était, comme celle du trésor de Charles V, outrée à esmaulx depliie à jour, •* Le roi, dit Cellini, me montra •> une coupe à boire, sans pied, faite en filigrane et ornée do - gracieux petits feuillages qui allaient se jouant «autour de '* divers compartiments dessinés avec art ; mais ce qui la -rendait surtout admirable, c'est que tous les vides des • compartiments et ceux que laissaient les feuillages avaient « éié remplis par Tartiste d'émaux transparents de diverses « couleurs * . «* Cellini explique ensuite de quelle manière il sup- pose que ce genre de travail a été exécuté. Il est inutile d'en- trer dans tous les détails qu'il donne ; il nous suffit de dire q[Qe des bandelettes d'or formaient les divers comparti- ments entre lesquels étaient fondus les émaux. La plaque de manteau trouvée dans le tombeau de Childéric, et la bdle coupe au centre de laquelle est représenté Chosroès, roi de Perse (531 f 579), qui sont conservés à la Bi- bliothèque royale, ont été faits par un procédé analogue, ot leurs émaux ne sont autres que des émaux de plique ijour. Arrivons maintenant aux émaux champlevés. Émaux Comme dans les émaux cloisonnés, un trait de métal vient ^""p*^^- former à la surface de l'émail les linéaments principaux du ^in; mais ce trait de métal, au lieu d'être disposé à part ^ rapporté ensuite sur le fond de la plaque qui doit recevoir ^matière vitreuse, est pris aux dépens même de cette plaque. Ainsi, après avoir dressé et poli une pièce de métal dont Procédés TéçtoBseur varie de I à 5 miUimètres, l'artiste y indiquait ^* ^«^^^^^^^^ toutes les parties de métal qui devaient affleurer à la surface (1) B. Cellini, Trait, deZi' oref,, cap. ni. 130 INTRODUCTION, de rémail pour rendre le trait du dessin de la figure ou du sujet qu'il voulait représenter; puis, avec des burins et des échoppes , il fouillait pi^ofondément tout l'espace que les diiTérents émaux devaient recouvrir. Dans les fonds ainsi champlevés, il introduisait la matière vitrifiable, soit sèche et pulvérisée, soit à l'état pâteux auquel elle était amenée au moyen de l'eau ou d'un liquide glutineux. La fusion s'opé- rait par des procédés semblables à ceux que nous avons indi- qués pour les émaux cloisonnés. Souvent les carnations et même les figures entières sont exprimées par le métal : dans ce cas l'artiste gravait préala- blement en creux tous les traits de détail sur les parties réservées. Lorsque la pièce émaillée était refroidie, on la polisBait par des moyens analogues à ceux que Théophile indique dans son chapitre intitulé De poliendo electro. Ensuite , si Texci- pient métallique était de cuivre, on appliquait la dorure sur toutes les parties de métal réservées à la surface de rémail» et la pièce était de nouveau présentée au feu. La température nécessaire pour fixer la dorure, composée d'un amalgame de mercure et d or moulue étant très modérée, les incrustations d'émail n'avaient à souffrir en rien de cette nouvelle exposi- tion au feu *. Queiquesémaux Tous les émaux de la collection catalogués sous le n^ 663, *^**^J|JJ^" et les suivants jusqu'au n° 684, sont traités par le procédé du champlevé. Ces émaux sont beaucoup moins rares que ceux à cloisonnage mobile, et il serait superflu d'en indiquer d'autres, si nous n'avions à nous servir de quelques monu- ments de cette nature, étrangers à la collection, dansTexar men que nous aurons à faire plus loin de diverses questions soulevées sur l'émaillerie du moyen âge. Nous signalerons donc à Paris : A la Bibliothèque royale, quelques pièces émsûUées de l'épo- (1) Theopbili Diversarwn arivum schedula, lib. III, cap. xxxvii. (2) Consul 1er à ce sujet V Essai sur les êmailleurs de Limoges , de M. Tabbé Texier. Poilier??, 1813, p. 160 et suivantes. ËMAILLERIË SUR MËTÂUX. |31 quegallo-roinaine, trouvées dans le nord de la France depuis Érreni jusqu'à Bavay : ce sont des fibules et des boutons duirgés d'émaux opaques rouges, blancs et bleus; ces deux dernières couleurs parfois disposées en échiquier. Au Louvre, la belle coupe provenant de l'abbaye de Mont- majonr, près d'Arles, et portant, chose bien rare, le nom d'Alpaisqui l'a faite, et la désignation de Limoges, où tra- TaiHait cet habile ouvrier : Magiter [sic] : G : Alpais.me : Fecil : làmicantm. Elle appartient au xni* siècle. Au musée de l'hôtel de Cluny , les deux plaques du xif siècle représentant, Tune, le moine Etienne de Muret, fondateur de Tordre de Grandmont, conversant avec saint Nicolas; l'autre, qui fiuBait pendant à la première, l'Adoration des rois. Suivant M-FabbéTexier, elles faisaient partie de l'autel émaillé de Gnadmont, vendu en 1 790, comme vieux cuivre, à un chau- dronnier; elles dataient donc de l'érection de ce monument, cxéeaté en 1165 ^. Ce qui est certain, c'est que saint Etienne de Muret a fondé en 1073 l'ordre de Grandmont, et qu'il a Mottonisé en 1 188. Conune il est représenté sans le nimbe Vii désigne les saints, il faut que l'émail ait été fait avant sa ionisation ; la date de la confection de ces pièces est donc 'enfermée entre les années 1073 et 1 188. A&ttnVOmer : ^Q^dusée, le pied de croix du xf au xn*^ siècle, provenant *'«''*bbaye de Saint-Bertin». ^^8 le musée, le portrait en pied de Geoffroi Planta- *'^» comte d'Anjou, mort en 1151. Cette belle plaque, de '^titimèires de haut sur 33 de large, ornait autrefois le ^**^^u de ce prince dans la cathédrale de la ville du Mans, ^^t ^tre d'une époque rapprochée de sa mort'. J" iâ. Tabbé Texieb, ouvrage cité, p. 72. y ) ^Ile est reprodaite dans VAWum de M. Du Sommerard, 2* sé- ^^]^. xxviii. v'^ ^lle a été publiée dans V Album de M. Du Sommerard, 10* série, 132 INTRODUCTION. A Poitiers : Au musée, une plaque de Tépoque gallo-roniaîne, en cuiyre doré, incrustée d'émaux bleus. Une autre plaque récemment trouvée au sommet' du mont de Jouer, prés Saint-Goussaud (Creuse), avec des médailles portant Texergue : PhiKppus A Vienne : Dans le cabinet impérial des médaiUes et des antiques [Dos k. k, Mûnz-^und Antiken-Kabinet), parmi plusieurs belles pièces romanes, deux grandes plaques. L'une a dû seirir à lomementation de la couverture d'un livre ; le Christ y est représenté bénissant : sa tête est accostée d'un alpha et d'un oméga défigurés par une espèce d'appendice qui les sur- monte; l'autre représente la Crucifixion : au-dessus de la croix* la main de Dieu le père sort d'un nuage pour bénir son file supplicié. En Angleterre : Le beau vase, découvert en 1834 dans une sépulture maine du comté d'Essex, décrit par M. Gage, dans le XXV^ volume de VArchaeologia. L'anneau d'or d'Ethelwulf, roi de Vessex (8S6 f 8S7 conservé dans le British Muséum *. La belle crosse publiée par Villemin', comme attribuée ^ Ragenfredus, évêque de Chartres (f 960). Cette curieu»^ pièce, qui se trouve actuellement dans la collection de sir* Samuel Meyrich, à Goodrichcourt, est signée : Frater Willel- Mus ME FEcrr. En l'attribuant à Ragenfiroid, on en ferait re- monter la confection à la moitié du x^ siècle, ce que l'examen du monument ne permet pas d'admettre. M. André Pottier fait remarquer, dans la savante description qu'il en adonnée, que le Goliath représenté dans l'un des compartiments du pommeau est revêtu de l'armure des guerriers du xi* siècle. Il trouve aussi une similitude évidente entre les feuillages de (1) M. Pabbé Texibr, ouvrage cité, p. 16. (2) Gravé dans le n® de juin 1845 de VÀrchaeologieal jùumaJ, (S) Monuments français inédits, 1. 1, p. 21, pi. xxx. ËMÂILLËKIË SUR MÉTAUX. ia.1 la décoration et ceux tirés dun manuscrit grec que Villeinin a gravés sur la môme planche. M. Adrien de Longpérier, dans un excellent article sur quelques monuments émaillés ^ re- connaît que les costumes des personnages qui y sont repré- sentés et les attitudes sont entièrement semblables à ce que Ton remarque dans la tapisserie de Bayeux; il n'y a pas, ajoute-i-il, jusqu'aux inscriptions qui n'offrent de l'analogie avec celles brodées par^ la reine Mathilde. M. Albert Way, qui a pu examiner tout à l'aise ce beau monument de la col- lection de son compatriote, ne croit pas devoir lui assigner one date antérieure au xif siècle*. Nous ajouterons aux ob- senrations de ces érudits que dans les vêtements des nom- breux personnages répandus sur le pommeau de la crosse, on peut remarquer des teintes différentes d'émail juxtaposées Bsns séparation de filet de métal, ce qu'on ne rencontre jamais dans les émaux du x^ siècle. On ne peut donc se servir de ce inonoment pour prouver l'existence d'émaux champléves au X* siècle. Maintenant nous pouvons caractériser ainsi les émaux ^(lamplevés. Qs sont presque constamment exécutés sur cuivre. Le peu caractères ^^ prix de la matière permettant d'employer des plaques j^*** *^ ^one assez grande dimension, ces émaux ne sont pas seu- cbampieTén. ^^ment, comme les émaux à cloisonnage mobile, attachés à pièces d'orfèvrerie comme objets d'ornementation ; ils for- cent au contraire, le plus souvent, des monuments entiers i, à raison de la profondeur du champlevé et de l'épaisseur l'émail, présentent une grande solidité et des couleurs térables. La matière vitreuse est mise en œuvre de deux iëres : tantôt elle colore les carnations, les vêtements et fonds ; le métal qui affleure à la surface ne sert alors qu'à r les linéaments principaux du dessin ; tantôt elle est loyée seulement à colorer les fonds, et à encadrer les fe& qui sont rendues par une fine gravure sur le plat dui doré, ou ciselées en relief. (0 ^ CehvMi de Vamateur et de Vantiquaire, 1. 1, p. 1 19. i^y ^^ ^rchaeologkal journal, June^ 1845 134 INTRODUCTION. Sans aller jusqu'à prétendre que les émaux de la première manière n'ont pas été exécutés au delà du xn^ siècle, il est certain que le mode de colorer les carnations par un énuûl approchant du ton de la chair, et d'employer les couleurs dans les vêtements, était particulier aux xf et xîf siècles, et qu'il signale incontestablement les émaux de cette époque. On en trouve la preuve dans le portrait de Geof&oi Plaata- genet et dans les plaques du musée de Œuny, provenant de Tautel de Grandmont, dont la confection a une date incon- testable. Cette manière de traiter les carnations doit être attribuée à l'influence des artistes gréco-vénitiens, établis à Limoges au xi^ siècle, comme on le verra plus loin. Et nous en trouvons la preuve dans ce fait qu'aucun émail, dont l'origine grecque ne saurait être contestée, n'est exécuté autrement. Ainsi dans les émaux qui décorent la Palla d'Oro de Saint-Marc de Ve- nise, dan^ ceux de la couverture du manuscrit de Munich, que fit faire l'empereur Henri II, dans la plaque appartenant à M. le comte de Pourtalès, dans la petite croix de notre col- lection n° 661, toutes les carnations sont rendues par un émail approchant du ton de chair, tous les vêtements par des émaux diversement colorés. Les deux plaques de notre collection, n*^663 et 664, pré- sentent de beaux spécimens de ces émaux à carnations nuan- cées et à vêtements colorés. Lorsque les figures sont très petites, les émailleurs des xi*^ et xn^ siècles expriment les carnations par un trait intaillé sur le métal doré; les vêtements alors sont colorés par des émaux, comme dans la croix de saint Bertin du musée de SaintOmer, et dans le coffret de notre collection n° 662 et la plaque n° 670. Enfin s'ils retracent ces petites figures tout entières par une gravure sur le fond du métal, les intailles sont toujours en ce cas niellées d'émail. On peut en voir des exemples dans les pièces semi-circulaires du fermail de notre collectionna 669. La seconde manière, qui consistait à n'employer l'émail que pour colorer les fonds, a été presque exclusivement en usage KMÂILLBRIË SUR MÉTAUX. 13.» loi %ïif et XIV* siècles ; il ost très difficile de rencontrer des émux de ces époques où les figures soient exprimées autre- nent que par une fine gravure sur le métal doré, ou par un idief se détachant sur un fond d'émail qui est presque tou- jomd'iin beau bleu. Les progrès sensibles que firent les arts du dessin an xm® siècle furent sans doute la cause principale èi dbnganent de procédé. L'art d'émailler par incrustation eut beaucoup à y perdre. Lorsque Témailleur, se bornant à teindre les fonds, ne fut phs que le simple auxiliaire du graveur, d'artiste il devint oivrier. La fieunlité de produire des monuments de cette sorte eiftftnattre des quantités considérables, qui amenèrent le dé- goftietranéantissementde ce bel art. La succession des couleurs employées dans les émaux èuDjdevés est ainsi indiquée par M. labbé Texier dans MB Estai sur les émaUleurs de Limoges^ et nous ne saurions tteox faire que de reproduire les observations d'un archéo- logoe aussi érudit. Au xi® siècle, les émaux sont le bleu, qui 86 subdivise ea trois nuances , le bleu noir , le bleu de ôd, le bleu clair; le rouge purpurin semi-translucide; le i^ngevif opaque; le vert tirant sur le bleu; le vert tendre, (^fa^ue émail employé entre deux filets de métal est toujours loyées ; mais comme la plupart du t^mps les figures sont P^^irées en intaille sur le métal ou exécutées en demi-relief, et 184 INTRODUCTION. Sans aller jusqu'à prétendre que les émaux de la première manière n'ont pas été exécutés au delà du xii^ siècle, il est certain que le mode de colorer les carnations par un émail approchant du ton de la chair, et d'employer les couleurs dans les yétements, était particulier aux xi^ et xii^ sièoles, et qu'il signale incontestablement les émaux de cette époque. On en trouve la preuve dans le portrait de Geof&oi Planta- genêt et dans les plaques du musée de Cluny, provenant de Tautel de Grandmont, dont la confection a une date incon- testable. Cette manière de traiter les carnations doit être attribuée à l'influence des artistes gréco-vénitiens, établis à Limoges au XI® siècle, comme on le verra plus loin. Et nous en trouvons la preuve dans ce fait qu'aucun émail, dont l'origine grecque ne saurait être contestée, n'est exécuté autrement. Ainsi dans les émaux qui décorent la Palla d'Oro de Saint-Marc de Ve- nise, dan^ ceux de la couverture du manuscrit de Munich, que fit faire l'empereur Henri II, dans la plaque appartenant ^ à M. le comte de Pourtalès, dans la petite croix de notre col lection n° 661, toutes les carnations sont rendues par émail approchant du ton de chair, tous les vêtements par dei émaux diversement colorés. Les deux plaques de notre collection, n^663 et 664, pr« sentent de beaux spécimens de ces émaux à carnations cées et à vêtements colorés. Lorsque les figures sont très petites, les émailleurs d^*^ \f et xn® siècles expriment les carnations par un trait inl sur le métal doré ; les vêtements alors sont colorés par émaux, comme dans la croix de saint Bertin du musée SaintOmer, et dans le coffret de notre collection n"" 662 et plaque n°670. Enfin s'ils retracent ces petites figures entières par une gravure sur le fond du métal, les int sont toujours en ce cas niellées d'émail. On peut en voir exemples dans les pièces semi-circulaires du fermail de no~ collectionna 669. La seconde manière, qui consistait à n'employer l'émail pour colorer les fonds, a été presque exclusivement a ËMAILLËRIË SUR MÉTAUX. 137 Philostrate, grec de naissance, après avoir enseigné la rhé- torique à Athènes, vint se fixer à Rome, à la cour de Timpé- ratrice Julie, femme de Septime-Sévère, au conunencement du ui^ siècle. Si Fart d'émailler les métaux avait alors existé en Grèce, sa patrie» ou à Rome, qu'il habitait, Philostrate n'au- rait pas cité ce genre d'ornementation comme chose extraor- dinaire, et n'aurait pas surtout reporté à des barbares l'hon- neur de son invention. D'un autre côté, les monuments émaillés qui subsistent de l'époque gallo-romaine, tels que les pièces de la Bibliothèque royale, celle du musée de Poitiers et le vase trouvé dans le comté d'Essex, sont dans un rapport parfait avec la narration de l'écrivain, soit par leur état matériel, soit parles gisements où ils ont été découverts. On peut donc regarder comme établi que l'art d'émailler les métaux n'existait ni en Grèce, ni en Italie, au commencement du m^ siècle de notre ère, et que cet art était pratiqué dans les cités industrieuses de l'ouest de la Gaule. Dorant les invasions et les guerres qui désolèrent l'Occi- dent presque sans interruption du rv^ au xi^ siècle, plusieurs des arts industriels durent demeurer en souffrance, et quel- qoes-nns ont pu être complètement abandonnés. Il est à pré- sumer que l'art de l'émaillerie a été de ce nombre : il n'existe en effet aucun texte pendant cette longue période pour nous t^Téler la pratique de l'art de l'émaillerie en France, et les Mois monuments qui viennent jalonner la distance qui sépare l'époque gallo-romaine du xi^ siècle sont l'anneau d'or d'Ethel- ^olf, conservé dans le British Muséum, et un autre anneau d'of cité par M. Albert Way dans le n® de juin de YArchoeolo- ^^ Journal, qui, portant le nom de Alhstan, passerait pour ^^ celui d'un évéque de Sherbome mort en 867. L'émail, ^'^ûs ces deux anneaux, sert de fond à des figures ciselées, et !^ appliqué dans les creux champlevés du métal. Ces deux '^ces, qui appartiennent à l'orfèvrerie, sont trop peu impor- pour établir l'existence de l'émaillerie en Occident, au siècle. *épée et les bijoux trouvés dans le tombeau de Childéric, à i, ont été souvent cités comme des monuments émaillés !38 INTRODUCTION, de Tantiquitc franque ; mais il faut remarquer qu'ils ne sont pas traités par le procédé du champlevé, qui est un caractère constitutif imprimé dès Torigine aux émaux gallo-romains, mais bien parle procédé du cloisonnage mobile, qui est propre aux émaux grecs. La plaque du manteau qui fait partie de ces bijoux, et dont les émaux sont translucides et montés à jour , est d'ailleurs exécutée de la même manière que la belle coupe orientale de la Bibliothèque royale présentant des compartiments remplis d'émaux translucides et qui porte Fef- figie de Chosroès, roi de Perse (531f579).La formé du four- reau de Tépée n'est pas non plus en rapport avec ce que nous connaissons des épées des Francs de cette époque; et si l'on fait attention qu'à côté de ces objets, dans le même tombeau, se trouvaient cent médailles d'or d'empereurs du Bas-Empire, dont la plupart étaient contemporains deChildéric, on pourra supposer, sans témérité, que l'épée et les bijoux enrichis d'é- maux sertis dans un cloisonnage mobile étaient, comme les médailles, des productions de l'art byzantin euToyées en présent au père de Cloris. La découverte récente du pla- teau en or, enrichi d'une bordure et d'une croix en émail, que l'on voit à la Bibliothèque royale, vient à l'appui de cette opinion ; la décoration émaillée de ce plateau est traitée de la même manière que celle des objets trouvés dans le tombeau de Childéric. Eh bien, c'est encore accompagné de monnaies du Bas-Empire que ce plateau a été trouvé dans la terre. Il y a donc identité de fabrication entre ces différents objets, et les monnaies trouvées auprès des uns et des autres ne peuvent laisser de doute sur l'identité do leur origine, qui doit être orientale. La supposition de communications entre les empe- reurs d'Orient et les premiers rois francs n'a rien d'extraordi- naire d'ailleurs, puisque l'on sait que l'empereur Anastase I** envoya à Clovis une couronne d'or, dont ce prince fit présent à la basilique de Saint-Pierre , sous le pontificat de Sym- maquo * . Pendant que l'art de rcmaillerie sommeillait en Occident, il (l) Chronique de Gauthier citée par M. Du Sommerard, 1. 11, p. 279. ÊMAILLERIE SUH METAUX. 139 A?ait pris naissance à Constantinople et se répandait en Italie. Ce (ait nous est d'abord révélé par un passage de la vie de BasOe le Macédonien écrite par Tempereur Constantin Porphy- rogénète, son petit-fils, qui a régné de 91 1 à 969. Après avoir longoement décrit un oratoire (eOxTi^ptoç oTxoçj que Basile avait Sût construire dans son palais de Constantinople, et pour Tor- neiBent duquel l'or, l'argent, les pierres précieuses, les perles ftiaientété employés avec profusion, l'auteur ajoute : •« Dans •ce même oratoire se trouve aussi figurée en émail, en •beaucoup d'endroits, l'image de Notre-Seigneur le Dieu- • Homme*. •» (1)« É« f xoLTol TToXXà |Atpin kaI "h Oeav^pwTi rcû Kupicu iac^^t) {aitÀ XTMETIEnZ ««wWrai. » CkmsTAKTiN PoRPH. Vita BasilU Maced, cap. lxxxvi , ^^npU, post, Theophan., p. 203, édit. Paris. fimeric David, dans son Histoire de la peinture au moyen âge (p. 78, ^' 1842), avait rapporté le fait, sans donner connaissance du texte, qo'il traduit ainsi : «On y voyait en divers endroits Fimage de Jésus- ^^^i peinte en émail sur métal. > On peut s'apercevoir que E. David a mal traduit en rendant ixrt-nmta- ^ parpetn/c. Éxtu«o« signîGe faire une empreinte, façonner, former, bouler; il présente donc l'idée de figurer un objet par la plastique, par la ^''^^vnre, par un arrangement quelconque à la main, mais ce mot ne peut ^ ''attadier en rien à la peinture. Et, en effet, les émaux grecs n'étaient ^ peints, mais incrustés par la fusion dans les interàticos d'un exci- ^^tki métallique. La peinture avec des couleurs d'émail sur un exci- P*^Ol métallique n'a été mise en usage qu'à la un du xiv* siècle ou ^ commencement du xv; la peinture sur un fond d'émail avec des ^ïileurs vitrifiables ne date que de la fin du xVe, comme nous le ver- '^ï^s plus loin. Quanta la traduction du mot xûfA*^<'^ par émail, que E. David avait ^i^ admise, il nous semble qu'elle ne peut faire difficulté. Xupiiuatc ^^^^fie proprement mixtion^ mélange; M. Alexandre, dans son die- ^^naire grec-français, traduit ce mot par amalgame. L'émail em- P*c>"^é dans les incrustations, qu'est-il autre chose qu'un mélange de f^^"Te et d'oxydes métalliques colorants? D'ailleurs yûp.tuoi; doit venir ^^ ^0^';, qui rend l'idée d'un liquide glutineux ; la racine de ce mot xi», qui signifie fondre. Le mot x^p-K'-^ot; nous représente donc un ange de diverses matières à l'état pâteux, mises en fusion, et s'ap- ^ ^^ue parfaitement à l'émail. Maintenant, si l'on veut consulter le réiut où Constantin Porphyre- 140 INTRODUCTION. Les ëmaux grecë éuient rloisoDDés. Basile le Macédonien avait occupé le trône impérial d'Orient de 868 à 886 ; ainsi, vers la moitié du ix^ siècle, lart d'émailler brillait dans tout son éclat à Byzance, et devait par conséquent y subsister déjà depuis longtemps. Quels étaient ces émaux qui rivalisaient avec la peinture ! Le récit de l'empereur ne nous en apprend rien ; Constantin n*est pas un artiste comme Théophile pour développer les pro- cédés des arts : c est un historien ; il veut constater la magni- ficence de son aïeul ; son but est atteint par Texposé du fait ; il ne va pas plus loin. Mais les monuments sont là pour nous apprendre de quello façon les Byzantins comprenaient la peinture en émail. Qu*on examine les émaux que nous avons signalés, et dont lauthenti- cité grecque ne saurait être contestée : ceux de la couverture du manuscrit de la Bibliothèque royale (suppl. latin, n^ 1 1 1 8], que notre savant antiquaire M. Champollion-Figeac estime rémon- ter au moins au vn® siècle ; ceux de la couronne et de Tépée de Charlemagne, qui sont de la fin du viii® siècle ; le grand émail de M. le comte de Pourtalès ; la petite croix de notre collection ; la Palla d'Oro de Saint-Marc, commandée à Constantinople au x^ siècle et exécutée dans le xf ; la couverture de Tévangé- liaire de Munich, que fit faire Henri le Saint dans les premiè- res années du xi^ siècle, et dont les émaux peuvent être anté- rieurs ; tous ces émaux sont faits par le procédé du cloisonnage mobile ; ils ne se bornent pas à reproduire des ornements ; ce sont des figures et des sujets que la plupart représentent ; dans tous, les carnations, les vêtements sont rendus par des couleurs d*émail ; voilà des émaux qui rivalisent avec la pein- ture, et ce sont certainement des émaux de ce genre qui dé- coraient l'oratoire de Basile le Macédonien. génète s'est servi du mot yJ^Mavç , on verra qu'après avoir épuisé I*énamération de toutes les matières décoratives, l'or, l'argent, les pierres précieuses, les perles, dont le magnifique oratoire de son aïeul était enrichi, il arrive à dire qu'on y voyait encore la forme dtvtno- humaine du Seigneur figurée en xûp^v<'^* ^n ne sait vraiment pas ce que pourrait être cette matière, dont le nom exprime un amalgame mis en fusion, si ce n'était de Témail. ËMÂILLERIE SUR MÉTAUX. 141 Dans le temps que cet ennemi de Ticonoclasme restaurait Émaux italiens STec magnificence les images du Christ dans les églises de *" *^* ''^^'®' Constantinople, l'Italie était aussi en possession de monuments émaillés. C'est ce que nous apprend Anastase le Bibliothécaire dans ses Vies des Papes. Ainsi nous trouvons dans la vie de Léon rV (f 856 ):**S, Léo fecii iabulam de smaUo opus cx^xvi auri obrizi pensaniem libras^ ; » dans celle de Benott III, son successeur : « /n Basilica B. Pmdi aposioU isdem antisies sanctus Benedictus presid pulcherrimi decoris rete factum miro opère iatum exgemmis alvaberis, et buUis aureis conclusas auripetias in te habens smaUUas, posuit^; •* et dans celle d'Etienne V (f 89 1 j : •* Posuit cantkaram auream unam eum pretiosis margaritis et gemmis ac smalto^; » et plus loin : ^ Pro reverentia et amore eorumdem sanctorum obtuUi crucem auream super altare cum gemmis et smalto*. *• Ces émaux étaient-ils dans le style de ceux qu'avait fait exécuter Basile le Macédonien ! étaient-ils grecs ou fabriqués en Italie! Anastase, qui avait assisté en 869 au huitième concile général deConstantinople, et qui avait vu les riches monuments devés par ce restaurateur des images, aurait pu le dire ; mais c'était là une question d'art en dehors de son sujet. Nous en sommes donc réduits aux conjectures , et cependant nous croyons pouvoir résoudre la question. Si l'art de l'émaillerie n'avait pas encore été naturalisé en Italie au temps d' Anastase, les émaux qu'il cite étaient grecs et conséquemment obtenus par le procédé du cloisonnage mobile. S'ils avaient été fabriqués en Italie, c'était encore suivant le même procédé qu'ils étaient fiaits. Théophile, qui nous a dévoilé l'habileté des Toscans dans la fabrication des émaux, ne nous laisse aucun doute à cet égard. D'ailleurs, dans les descriptions d' Anastase, nous retrouvons, comme dans Théophile, les émaux faisant concurrence aux pierres fines : " Cantharmn auream cum margaritis et gemmis ac smalto. — (I) Liber Pontificalis^ seu de Gestis Rom, Pont. quem,,,. emendavil fl^ftipp^eDi^ViGifOLius. Romœ, 1724, 1. 111, p. 87. (t) Idem, p. 165. (.3) Idem, p. 269. (4) Idem, p 272« 142 INTRODUCTION. Crucem cum gemmis et smaUo. ** Ily a donc identité parfaite entre les émaux d'Anastase et ceux de Théophile. C'est aux Grecs Ceci nous amène à rechercher qui des Grecs ou des Italiens qu'on doit .1 • . j • j. # «i l'importation ^^^ ^^* premiers mis en œuvre ce genre de pemture en émail. en Europe Anastase, qui nous a révélé Texistence d'émaux en Italie dès des émaux 1 •i* 1 « *i 1 j. * 1 cloisonnés. ^® miueu du IX* siécle, ne nous ayant nen appris sur la prove- nance de ces émaux, son récit ne peut nous aider en rien à décider la question, et la Diversarum artium schedula de Théophile reste seule pour nous faire connaître que les Toscans excellaient dans cette fabrication. Mais le livre de Théophile ne peut, suivant nous, être reporté au delà du xn* siècle, et la seule conséquence à en tirer, c'est que les Toscans fabriquaient au xn* siècle, à la fin du xi^ peut-être, des émaux cloisonnés. Pour les Grecs, au contraire, nous avons la preuve, par le récit de Constantin Porphyrogénète, que l'art de l'émaillerie était dans toute sa splendeur à Constantinople au ix® siècle, et nous possédons des monuments byzantins enrichis d'éma\ix qui sont antérieurs. Bien plus, c'est à Constantinople que le doge Orseolo coni- mandait, à la fin du x® siècle, la Palla d!Oro pour le maître- autel de Saint-Marc, et, au commencement du xi®, l'empereur Henri le Saint se servait d'artistes grecs pour décorer d'émaux les couvertures de ses livres de prières : ces circonstances doi^ vent faire supposer que l'art de l'émaillerie n'était pas encore cultivé en Italie à la fin du x5 siècle, ou du moins qu'il n'avait pas alors atteint le degré de perfection qui mérita plus tard aux Toscans les éloges de Théophile. Tout porte donc à croire que c'est à Constantinople et dans les villesindustrieuses de l'empire d'Orient que s'est développé l'art de l'émaillerie, et que les Toscans en avaient reçu les pro- cédés de la Grèce. D'où les Grecs Nous avons dit quo le récit de Philostrate, confirmé d'ail- tenaient-ils leurs par les monumeuts subsistants, paraissait établir que les procédés de fabrication 1®» Gaulois avaient pratiqué dès avant le ni* siècle l'art d'é- .^^ mailler les métaux, tandis qu'alors cet art était inconnu des cloisonnés "* Grecs ; serait-ce donc des peuples de la Gaule que ceux-ci en auraient reçu les procédés? A la vue des monuments provenus ÊMAILLERIE SUR MÉTAUX. U3 de Byzance, on ne peut hésiter un instant à reconnaître qu*il nexkte aucune parenté entre l'émaillerie des Occidentaux et celle des Grecs. Les procédés do fabrication sont, comme on la TU, entièrement dissemblables. Mais il est un rapproche- ment bien remarquable, c'est que les émaux cloisonnés des Grecs sont traités par des procédés absolument identiques à ceux qu'employaient les peuples de l'Asie, qui étaient versés dans la pratique de tous les arts depuis un temps immémorial. ^ors que le^ peuples de l'Europe étaient encore plongés dans la barbarie. Aînsiles émaux chinois, hindous, persans, incrustés dans le métal, sont tous exécutés par le procédé du cloison- ^age mobile ; jamais on n'en trouvera d'anciens qui soient olmampleyés. On peut voir dans la collection, sous les n^ 1 7 1 G ^ 1 723 , des émaux d'une grande beauté provenant de la Chine de rinde, dans lesquels tous les traits du dessin sont rendus un cloisonnage mobile. Ne peut-on pas dès lors admet- avec raison que les Grecs, si souvent en rapport avec les V, soit par la guerre, soit par le commerce, ont reçu de ^ -Asie ce bel art d'émailler les métaux , qui aurait pris à -^y^i^ice un grand développement après la destruction de * *M5résie des iconoclastes! Le goût pour les émaux cloisonnés sur or se maintint en ^*alîe, en France et en Allemagne jusqu'à la fin du xii^ siècle ^ï^Tiron. Les émaux qui décorent le calice de Saint-Remi de *^^ùii8 et ceux de la châsse offerte par Frederich Barberousse ''I42fll90)àla cathédrale d'Aix-larChapelle sont faits par ^ procédé du cloisonnage mobile. La ch&sse des rois mages ^^ Ifa ciitjiédrale de Cologne, dont la confection remonte à la ^^ du xtf siècle ou aux premières années du xuf, présente ^^ émaux dei^ deux sortes, cloisonnés et champlevés; mais ^'^ la châsse de Charlemagne, donnée au xiii^ siècle par Fre- ^^Hch II (f 1260) à la cathédrale d'Aix-laChapelle, il n'y a P'^S. que des émaux champlevés. ^-^ci nous ramène aux émaux de cette sorte. Renaissance -, trace des émailleurs occidentaux, à peine aperçue dans <*® \*^"»*»ï|«"e lo »«ii^ • • *^ ^ ^ en Aquitaine 'X^ siècle, disparaît complètement au x®. Les guerres et les au xi^sièdc ailleurs de toute espèce qui désolèrent à cette époque les 134 INTRODUCTION. Sans aller jusqu'à prétendre que les émaux de la première manière n'ont pas été exécutés au delà du xn^ siècle, il est certain que le mode de colorer les carnations par un émûl approchant du ton de la chair, et d employer les couleurs dans les vêtements, était particulier aux xi^ et xii^ siècles, et qu'il signale incontestablement les émaux de cette époque. On en trouve la preuve dans le portrait de Geof&oi Plauta- genet et dans les plaques du musée de Cluny, provenant de Tautel de Grandmont, dont la confection a une date incon- testable. Cette manière de traiter les carnations doit être attribuée à l'influence des artistes gréco-vénitiens, établis à Limoges au xi^ siècle, comme on le verra plus loin. Et nous en trouvons la preuve dans ce fait qu'aucun émail, dont l'origine grecque ne saurait être contestée, n'est exécuté autrement. Ainsi dans les émaux qui décorent la Palla d'Oro de Saint-Marc de Ve- nise, dans, ceux de la couverture du manuscrit de Munich, que fit faire l'empereur Henri II, dans la plaque appartenant à M. le comte de Pourtalès, dans la petite croix de notre col- lection n° 661, toutes les carnations sont rendues par un émail approchant du ton de chair, tous les vêtements par des émaux diversement colorés. Les deux plaques de notre collection, n*^663 et 664, pré- sentent de beaux spécimens de ces émaux à carnations nuan- cées et à vêtements colorés. Lorsque les figures sont très petites, les émailleurs des xi*^ et XII® siècles expriment les carnations par un trait intaillé sur le métal doré ; les vêtements alors sont colorés par des émaux, comme dans la croix de saint Bertin du musée de SaintOmer, et dans le coffret de notre collection n° 662 et la plaque n° 670. Enfin s'ils retracent ces petites figures tout entières par une gravure sur le fond du métal, les intailles sont toujours en ce cas niellées d'émail. On peut en voir des exemples dans les pièces semi-circulaires du fermail de notre collection n° 669. La seconde manière, qui consistait à n'employer l'émail que pour colorer les fonds, a été presque exclusivement en usage ÉMAILLKRIE SUR MÉTAUX. 115 Le premier monument émaillé par lui cité est le tombeau do saint Front, àPérigueux. Un texte de la Bibliothèque de Labbe &it connaître qu'au temps de Guillaume de Montbron, en 1077 , le moine Guinamundus, de l'abbaye de la Chaise-Dieu, sculpta admirablement le sépulcre de saint Front * ; et le livre rouge de la commune dePérigueux décrit ce tombeau comme étant en- richi de lames de cuivre dorées et émaillées^. Ces documents écrits sont appuyés d'un monument bien précieux de la col- lection de M. l'abbé Texier : c'est un débris de châsse, orné d'incrustations bleues et de rosaces de diverses couleurs, qui serrent de fond à une figure de saint ménagée sur le plat du enivre et niellée d'émail. A sa gauche et dans, une ligne per- pendiculaire on lit ces mots : Fr. ( frater ) Guinamundus me FBcrr. Les caractères appartiennent parleur forme au xi^ siècle, etla figure, comme les ornements, au style byzantin, ou by- lantmo- vénitien. A partir du xii^ siècle, l'école des émailleurs de Limoges acquiert une grande réputation. Des monuments remarquables, dont la date est certaine, et des textes nombreux en établis- sent une preuve irrécusable. On rencontre souvent dans les inventaires de mobiliers d'églises et dans des chartes ancien- nes l'indication de coffirets, de châsses, de crosses et d'autres objets émaillés de Limoges, qui sont ainsi désignés en la- tin incorrect : de opère Limovicense ; opus de Limogia; deopei'e ImotUico, Du Cange* fournit plusieurs citations de ce genre tirées de chartes des années 1197, 1231, 1240. Il rapporte notamment un document ainsi conçu : » L'an 1317, au 1 1 juil- • let, envoyaM. Hugues d'Angeron au roi, par Guiart de Pon- • toise, un chanfrain doré à deux testes de liéparts de l'œuvre • de Limoges à deux crestes, pour en voir au roi d'Arménie. » En 1218, l'évoque de Paris Pierre de Nemours donne à l'église de la Chapelle en Brie coffros Limovicenses*. (1) Labbe, BiblioL nov. mss. Aquit, (2) M. Tabbé Texkb, Essaie etc., p. 63. (3) Glossarium ad scriptores medim et infimœ kUiniUUis, V* Li- (4) GaUiachristiana, l, 4f2. 10 134 INTRODUCTION. Sans aller jusqu'à prétendre que les émloyées ; mais comme la plupart du temps les figures sont P^Tées en intaille sur le métal ou exécutées en demi-relief, et 148 INTRODUCTION, en est tout à fait dépourvue. Ceux qu'on voit à Vienne, dans? le cabinet impérial des médailles et des antiques, sont catalo gués comme byzantins*, ceux delo, Kunsikammer de Berlin h sont comme œuvres de Limoges* ; aucune ville de la Grande Bretagne ni de la Germanie ne réclame Thonneur d'avoir pro duit des artistes en ce genre de travail. Notre tâche serait immense, au contraire, s'il nous fallai énumérer tous les objets en émail champlevé qui subsisten encore en France. Malgré les causes si graves qui, à plusieur reprises, pendant le cours de cinq siècles, ont amené la des truction ou le détournement d'un nombre considérable d'ol jets émaillés que renfermaient les trésors des églises, il y encore aujourd'hui peu de paroisses des anciennes proyince du Poitou, du Limousin et de la Marche qui ne possèden quelque précieux reste de cette orfèvrerie. M. l'abbé Texie a signalé plus de deux cent cinquante reliquaires existant encore dans différentes églises de la Vienne, de la Haute Vienne, de la Creuse et de la Corrèze'. Les émaux Quoi qu'il OU soit, il n'y a pas plus de quarante ans qu'o: de Limoges ^ commencé à restituer à Limoges une industrie dans laquell byzantins elle avait trouvé sa gloire depuis le xi® siècle jusqu'à la fin d pendant movon âge. D'Agincourt, en parlant des émaux de Limoec plusieurs siècles. *' rw ' 7 ry a 1 i- • 1 dans son Histone de F Art, se borne a citer une peinture d Nouallier, de l'époque de la décadence des émaux peints*; c lorsque, sous le titre de brome émaUlé^, il vient décrire deu plaques d'émail incrusté, qu'il a trouvées à Rome dans de collections particulières, il ne peut donner aucun renseigna ment sur leur provenance. Selon toute apparence, le goût des émaux incrustés sv cuivre, par le procédé du champlevé, s'éteignit vers la fi du xrv® siècle ; la fabrication en dut cesser alors, et les émai leurs limousins adoptèrent un autre mode d'employer l'émai (1) J. Arnett, Dos K. A'. MUnz-wid Antiken-KabineU Vien^ 184 S. 50. (2) Leopold v. Ledebur, Leitfaden fUr die Konigliche Kunstkamm zu Berlin, Berlin, 1814. S. 41. (3) Ouvrage cité, p. 165. (4) T. II, p. 142. (5) T. II, p. 145. ÉMAILLERIË SUR MÉTAUX. 149 A la longue, la tradition de l'existence de fabriques d'émaux iocrastés à Limoges se perdit, et pendant les deux derniers siècles on regarda comme byzantins ces châsses, ces cros- ses, tous ces instruments du culte que les fabriques li- mousines avaient produits avec profusion pendant quatre Ce n'était pas sans quelque apparence de raison : le style Uuntin se montrait en effet presque exclusivement dans les énuuix limousins du xi^ et du xii^ siècle , et les émailleurs résistèrent môme plus longtemps que les autres artistes à rinrasion du goût nouveau, qui à la fin de ce siècle opéra une lérolution dans les arts. Indépendanmient des causes générales qui contribuèrent à établir le style byzantin en France, et principalement dans W provinces du midi, au xi^ siècle, des causes particulières dorent nécessairement le faire régner à Limoges . Venise ayant iocaeilli avec une grande faveur les artistes grecs poussés bon de l'empire par les persécutions des iconoclastes, le stylo bfxantin s'implanta dans cette ville; et lorsque, après l'ex- tinction de riconomachie, l'art grec, au x® siècle, étala de QOiiTeau à Constantinople toutes ses magnificences, c'est encore de la ville impériale que Venise fit venir des artistes pour la construction de ses plus beaux monuments. L'art byzantin dominait donc à Venise lorsqu'à la fin du x** siècle nn grand nombre de ses industrieux citoyens vinrent s'é- tablir à Limoges et y bâtirent un faubourg. B. de Saint- Amable, dans son Histoire de saint Martial^, s'exprime «nsi : - Il y avait autrefois à Limoges une rue nommée Véni- * tienne', et cette rue et son faubourg étaient habités par * des marchands vénitiens; ce qui commença l'an 979. Et ce - qni obligea les Vénitiens de bâtir ce faubourg et de se loger « à Limoges, fut à cause du commerce des épiceries et étoffes "dn Levant qu'ils faisaient venir sur leurs navires, par la " Toie d'Egypte, à Marseille, et conduire par voiture à Limo- (I) T. m, p. 372. ^2) 11 y a encore aujourd'hui à Limoges une rue ainsi nommée. 150 INTRODUCTION. •< ges, où ils avaient établi un grand magasin d'où une bonne « partie du royaume tirait ce qui lui faisait besoin. »♦ L'importance de cet établissement est constatée, suivant M. l'abbé Texier^ par une foule de faits et de documents dont il donne connaissance. Il résulte notamment d'un acte du commencement du xi^ siècle, relaté par Nadaud dans une histoire manuscrite de l'abbaye de Saint-Martial-lez-Iimo- ges*, que Gérald de Tulle, abbé de cette abbaye, se serait obligé à fournir, à perpétuité, trois livres de poivre à Gérard, évéque d'Angoulême, « ce qui, ajoute Nadaud, lui était fSeusile, « le comptoir des Vénitiens touchant à son monastère. *» Un fait important vient prêter son appui à ces documents. Le doge Orseolo, celui-là même qui avait commandé à Con- stantinople la célèbre Palla d'Oro^ ayant abandonné le ponVoir souverain en 978, vint s'établir en France avec quatre nobles personnages, et il y vécut sous l'habit de moine^ jusqu'en 997. M. Du Sonmnerard trouve dans ces circonstances la cause de l'établissement des Vénitiens à Limoges : le doge Orseolo, grand amateur d'objets d'art, aurait amené avec lui des artis- tes gréco-vénitiens fort habiles, qui durent imprimer un grand élan à l'école de Limoges *. La présence constatée des Vénitiens à Limoges, au xf siècle, donne toute probabilité à la supposition du savant archéologue. Suivant lui, le nom d'Alpais, gravé sur la belle coupe que conserve le musée du Louvre, serait grec^, et vien- (1) Ouvrage cité, p. 30. (2) Bibl. du séminaire de Limoges. (3) Saksovino , Venetia città nobilissima descritta. In Venetia , MDCIUI, p. 368. (4) Les arts au moyen âge, t. III, p. 143, 288 et 380. (5) M. Dussieux , dans ses Recherches sur i'histaire de VémaUy p. 49, dit, conlrairement à ropinion de M. Du Sommerard, que le nom Alpais est français. M. l'abbé Texier, qui est Limousin, répond (ouvrage cité, p. 83) que la consonnance de ce nom est inconnue dans les ancien- nes appellations limousines, et qu'il n'a trouvé aucune dénomination qui s'en approchât parmi les cinq ou six mille noms d'hommes men- tionnés dans V Histoire d^ la province du Limousin. ËMAILLËRIË SUR MÉTAUX. I5f cirait établir que les artistes byzantins travaillaient encore à limoges an commencement du xni^ siècle Les artistes gréco- vénitiens, en imprimant le style de l'é- oole grecque et en ouvrant un champ très vaste aux pro- ductions de Fémaillerie limousine, n'apportèrent cependant aucun changement aux procédés de fabrication qui étaient propres aux émaiUeurs occidentaux, et dont l'usage remontait àl'époque delà domination romaine. Ce n est que par quelques rares essais de cloisonnage mobile pratiqués seulement dans depetites bordures, et pour exprimer des ornements, qu'ils font voir que les procédés propres aux émaux de leur pays ne sont pas sortis de leur mémoire. On peut en prendre un exemple dans la bordure des quatre plaques semi-circulaires dnfermail n^ 669 de notre collection, et dans celle d une pe- tite plaque appartenant au musée du Louvre, et qui repré- sente Abraham et Melchisédech. Tout en reconnaissant quil fallait restituer à Limoges le ce qui disungue ph» firand nombre de ces émaux champlevés dont le style »«««"»*"* srecs • ° .... dc« émaux wcte un caractère byzantin, plusieurs antiquaires croient limousins. œpendant qu'à côté de ces productions, dont la provenance limouaine est démontrée, on doit rencontrer des œuvres évi- demment grecques traitées par le même procédé. M. l'abbé Texier a pensé que les différences caractéristiques qui existent dans la liturgie des grecs et des latins doivent se retrouver dans les arts des deux églises, et faire reconnaître les pro- ductions d'une origme directement byzantine. Ainsi, dit-il, U bénédiction ne se donne pas dans l'église grecque comme dans l'église latine avec le pouce et les deux premiers doigts OQTerts*; la crosse des évèques grecs ne se termine pas en pfdum comme celle des évéques catholiques ^ ; sur le nimbe qw décore la tête des personnes divines, les Grecs inscrivent (1) La bénédiction grecque se fait avec l'index, le grand et le petit doigt ouverts, tandis que le pouce se croise sur l'annulaire. (2) La crosse des patriarches ou des évêques grecs est habituel- lement surmontée d'un globe ou terminée par deux serpents, formant au sommet une sorte de tau (T). 152 INTRODUCTION, ordinairement trois lettres formant les mots 6 cov; enfin les inscriptions qui accompagnent les sujets sont en caractères grecs. Tout cela est très juste, mais M. Texier ne cite aucun monument exécuté par le procédé du champlevé où 1 on puisse rencontrer ces caractères , empreints d'une origine grecque incontestable. Pour ce qui est des inscriptions, il excepte avec raison celle qui est placée sur la tablette au-dessus de la tête du Christ en croix : IH2.-XPI2. (Iiqaouç-XpKrroç), comme ayant été adoptée dans tous les pays et à toutes les époques. On peut en dire autant des lettres grecques alpha et oméga, le pridpium et finis des latins. On comprendra d'ailleurs que les artistes grecs établis à Limoges aient pu, dans les émaux qu'ils con- fectionnaient , introduire quelques lettres grecques. Mais du reste, lorsqu'on examine avec attention les monuments en émaU champleyé où se trouvent quelques signes appartenant au symbolisme grec, on ne tarde pas à reconnaître qu'ils sont exécutés sous l'influence et la direction de l'église occidentale. Ainsi M. Adrien de Longpérier, en signalant, dans une des- cription qu'il a donnée de quelques monuments émaillée^, un petit médaillon de la collection du Louvre, qui présente le protome du Christ accosté des deux lettres A et û, a fait re- marquer avec raison que la forme des deux lettres accuse une origine étrangère à la Grèce. Les émaux champlevés du cabinet impérial des antiques de Vienne sont tous catalogués comme bjxantins. Dans Tun la tête du Christ est accompagnée de l'A et de l'û ; mais nous avons remarqué que ces lettres sont défigurées : elles déno- tent un artiste tout à fait ignorant de l'alphabet grec, qui aura reproduit de souvenir, et grossièrement, ce qu'il avait vu. Il y a plus, le Christ bénit à la manière latine, le pouce et les deux premiers doigts levés, et certes on n'aurait pas ainsi figuré la bénédiction à Constantinople au xii^ siècle. Dans un autre émail de la même collection , la main de Dieu le père, qui sort d'un nuage, bénit également suivant les usages de l'église (I) Cabinet de l'amateur cl de l'antiquaire, l. l , p. 153. ËMAILLERIË SUR MËTÂUX. 153 catholique. Tous ces émaux d'ailleurs ne présentent aucune différence avec les productions de Limoges. U nous semble qu'on peut conclure, des documents que nous venons d'analyser, qu'un émail fait en Grèce, d'a- près les procédés du champlevé, serait une exception et l'œurre indiyiduelle d'un artiste ^ qui aurait pu avoir fré- quenté les écoles de Limoges; qu'enfin la distinction bien tranchée qui existe entre les productions limousines et celles de l'art grec réside dans le mode très différent de fabrication, les émaux grecs et italiens étant exécutés par le procédé du doisonnage mobile, les émaux de Limoges par le procédé du champlevé. On ne peut pas aller jusqu'à prétendre que les émaux A-ton fabriqué duunplevés n'aient jamais été fabriqués qu'à Limoges. Des 1^*T"L émailleurs de l'école limousine ont dû être appelés dans leshorâUuLimouëio^ paysétrangerspour y exploiter leur industrie. Ainsi il y a lieu de penser qu'une école d'émaillerie se sera établie au xui^ tièele, dans quelque ville des anciens évéchés de Cologne, de Trêves ou de Mayence. On trouve en effet dans les pro- ▼inces avoisinant le Rhin , qui dépendaient autrefois de ces évèehés souverains, un assez grand nombre de châsses et d'autres instruments du culte en cuivre émaillé par le pro- cédé du champlevé. Bien que l'exécution de ces émaux soit absolument identique avec celle des émaux limousins, ils ont cependant un certain aspect qui, pour un œil exercé, permet de les distinguer de ceux-ci. n existe sous nos yeux un spécimen de ces émaux rhénans dans l'église royale de Saint-Denis. On a placé, il y a peu d'années, surl'autel qui s'élève au fond de l'abside, un retable en cuivre doré exécuté au repoussé, qui a été acheté dans la Prusse Rhénane. Les figures réprésentées dans ce retable (1) Il existe dans le trésor de la cathédrale de Bamberg deux reli- ^pttires en forme de coffret, à couvercle plat, en émail champlevé ; ï'iin des deux, qu'on prétend avoir été donné par l'empereur Henri II, *e parait pas appartenir à Pécole de Limoges, et porte un cachet très prononcé de l'art grec. Les figures sont cependant gravées sur le fond Pag. 49 e 50. (3) • Laprima volta, chesHmpone lo smalto, sidomandadar la prima pelie, la quale si pone sottilmente e con gran diligenza; perciocchè bisogna fToccurare di mettere la diversité de' colori nettissimamente e in talguisaf ^paiano miniati, e non che un colore si sparga nelV altro, > P. 50. (4) 'Àvendo grandissima avvertenza, corne lo smalto comincia a ifiuwere di non lasciarlo scorrere affatto, ma cavar Vopera fuori del for- ndlo e trattenerla a poco a poco^ acciocchè ella non si freddi a un tratlo.' P. 51. 158 INTRODUCTION. l'en retirait comme la première fois, lorsque Témail entrait en fusion. Après le refroidissement de la pièce, on amincissait Témail jusqu'à ce qu'il fût sufBsamment transparent, en se servant d'une pierre que les Italiens nomment frassinella , la même que Théophile appelle cos; enfin on achevait de le polir avec le tripoli * . Les émaux employés dans ce genre d'émaillerie présentent une gamme de couleurs assez étendue. On en rencontre de verts, de rosés, de rouges, de violets, de gris, de noirs, de plusieurs sortes de brun et de bleu clair. L'émail blanc et l'é- mail bleu lapis, toujours opaques, ne sont pas employés, et comme la couleur de chair a pour base l'émail blanc, qui lai donne l'opacité, les carnations d^s les émaux sur relief sont rendues par le fond même du métal, recouvert à leur endroit d'un émail incolore ou d'un émail légèrement violacé. Quelques émaux Les émaux trauslucides sur relief ne sont pas aussi rares iigndés ^ que les émaux cloisonnés ; mais comme l'amour du changement . a fait détruire les objets à l'usage de la vie privée qu'ils déco- raient, on les rencontre le plus souvent dans les trésors des églises , sur les vases servant aux cérémonies du culte ou sur les reliquaires, qui doivent leur conservation à leur caractère sacré. Les monuments qu'ils enrichissent ont été faits dans là période renfermée entre les premières années du xi\^ siècle et la fin du XVI®. Ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, nous nommerons le trésor de la cathédrale d'Aix-larChapelle. On y trouve un reliquaire du xiv® siècle qui contient la ceinture de la Vierge, un autre donné par Charles-Quint, et celui dont Philippe n a fait présent, qui tous sont rehaussés d'émaux translucides sur relief. L'un des monuments les mieux conservés et les plus déli- cats de la ciselure émaillée dos maîtres italiens est un petit (1) • Cio fatto, abbiansi àpparecchiate di quelle piètre /ra55tnelle,... e con quelle si assottigli tanto lo smalto, quanto si vegga a bastanza Irasparente e che mostri bene ; indi si finisca di pulire col tripolo, ■ B. Gellini, p. 52. ËMÂÎLLERiË SUR MÉTAUX. i5i) triptyque ayant appartenu à Marie StOart, qui est aujour- d'hui dans la riche chapelle du palais du roi de Bavière. Le musée du Lourre possède huit pièces émaillces sur or qui sont d'une grande beauté ; elles ont sans doute été détachées dereliquaires détruits. L*uned*el]e8 représente Jésus-Christ, la tête ceinte de la tiare à triple couronne , ayant à droite un saint couronné de la couronne royale, tenant le globe et l'é- pée(Charlemagnet), et à sa gauche saint Jean; une autre, qui puralt avoir fait pendant à celle-ci, représente la Vierge entre deux saintes. Dans ces deux plaques les figures, vues à mi- coips, sont placées sous des décorations architecturales. L'en- semble du travail indique une origine ârançaise et la fin du xrv* siècle. La collection de M. Dugué, de Paris, possède une fort belle crosse en cuivre doré , rehaussée d'émaux translucides sur ciselure d'une grande perfection. Cette crosse porte la date de 135 i , et l'inscription qu'on y lit annonce qu'elle a été faite pour un abbé d'un couvent de Bftle. On trouvera dans notre collection deu^ calices italiens, 11*906 et 907, décorés d'un grand nombre d'émaux qui sont trûtés dans le style de la première manière. L'un, de la fin du W Mècle, est de la main d'un célèbre orfèvre florentin, An- dréa Arditi; l'autre est daté de 1416, et a été fait à Sienne. Dans le style de la seconde manière décrite par Cellini, notre collection conserve une petite plaque d'or, n° 686, présentant quatre figures d'une exécution et d'un fini admirables ; un ca- lice, n** 913, et sa patène sont enrichis d'émaux de ce genre. Nous avons signalé les causes qui ont dû motiver, selon nous, ce gem^ je changement qui sétait opéré dans la manière d'appliquer ^^2..„,™ 1 email à la reproduction de sujets graphiques. Les documents en luiic. îtti subsistent doivent faire remonter à Nicolas de Pise et siutout à Jean, son fils et son élève, cette révolution dans l'art deTémaillerie. Architecte et sculpteur, Jean de Pise exerça ^e influence sur tous les artistes de son temps, et imprima QAe nouvelle direction à tous les arts qui se rattachent à la plastique. On conçoit sans peine qu'un artiste de cette valeur, lorsqu'il voulut faire concourir 1 email à l'ornementation des cniaillcrio nais^Hanctf ino INTRODUCTION, monuments de son génie, n ait pu se contenter des plates pein- tures que présentaient les émaux cloisonnés des Byzantins. En 1286, Jean de Pise fut amené par Févéque Guglielmino Ubertini à Arezzo, où l'on construisait l'évêché sur les dessins de Margaritone . Là , suivant Vasari , Jean sculpta pour le maître-autel un groupe de la Vierge avec son fils entre saint Grégoire et saint Donato , et enrichit son ouvrage d'é- maux sur argent ^. Voici la première mention que nous ayouB trouvée de l'emploi de Témail pour la coloration d'un relief d'argent. Jean avait associé à ses travaux les frères Agostino et Agnolo, jeunes Siennois, ses élèves '. Ceux-ci devinrent de grands artistes ; ils propagèrent les principes de leur maître et eurent un grand nombre d'élèves. Parmi eux, il faut mettre au premier rang Pietro et Paolo, orfèvres d' Arezzo, qui furent les premiers ciseleurs de leur temps. Ils firent notamment poar un arcliiprôtre de l'église paroissiale d' Arezzo une tête d'ar- gent, grande comme nature, enrichie de ciselures émaillées, qui était destinée à renfermer le chef de saint Donato'. Forzore, fils de Spinello d' Arezzo, élève de maître Cione, l'un des premiers orfèvres de son temps, se distingua on pea plus tard conmie émailleur sur ciselure en argent'*. Vasari (1) « L^annopoi 1236.... Giovanni fucondoito daSiena in Arezzo doœ fece di marmo la tavola deW altar maggiore, ttUta piena d^intagli^ di figure, di foliami, ed altri cmamenti, compertando per tutta l'opéra alcune cose di musaico sottile, e smalti postisopra piastre d^argento.., • G. Va- SABi, Vite de^più ecceïlenti pittori, scultori, etc., neUe vite di Nicola e Giov, Pisani. Ed. Livomo, 1767, t. I, p. 273. (2) G. Vasari, Vie de Agostino etAgnolo. (3) • Piero et Paolo orefici Aretini, furono i primi che di ceseUo la- vorarono opère grandi di qualche bontà; perdocche per un arcipreie délia pieve d* Arezzo condussero una testa d*argento grande quanto U vivo y nella quale fu messa la testa di san Donato vescovo, la quale opéra non fu se non lodevole, si perche in esso fecero alcune figure smalUUe assai belle ed altri omamenti, e st poichè fu délie prime cose, che fos- sero, corne si è detto^ lavorate di cesello, > G. Yasabi, neUa vita di AgoM- tino, 1. 1, p. 344. (4) • Forzore di Spinello Aretino lavoro d'ogni cesellamento benissimo. ËMAILLERIE SUR MÉTAUX. 161 cite de lui la mitre et la crosse do l'évoque d' Arezzo et lorfé- rrerie du cardinal Galeotto, qui étaient rehaussées do sujets émaillés. On peut encore compter parmi les émailleurs en ce genre Bartoluccio Ghiberti, célèbre orfèvre qui florissait au com- mencement du XV* siècle, si l'on en juge par les succès qu'ob- tmt, dans Tart d*émailler sur or et sur argent, son élève Antonio Pollaiuolo^ Celui-ci, après avoir travaillé sous la direction de Lorenzo Ghiberti aux ornements des portes si renommées du baptistère de Saint- Jean à Florence, se sépara de ce grand artiste pour exercer Tétat d'orfèvre. Ce furent surtout ses ciselures coloriées d'émaux qui lui valurent une grande réputation. Le pinceau le plus délicat, dit Vasari, n'aurait pu y rien ajouter*. Il forma un grand nombre d'élè- Tes, dont le plus distingué fîit Giovanni Turini de Sienne'. Pollaiuolo mourut en 1498 dans un âge très avancé. Francesco Francia, contemporain de Pollaiuolo^, qui de- vint un peintre célèbre, avait d'abord été orfèvre, et avait excellé dans lart de graver les médailles et d'émailler sur ar- gent. II exécuta mieux que personne, dit Vasari, tout ce que l'on peut attendre de cet art ^. f^inparticolare fu eccellente in fare storie d'argento a fuoco smaltate tome ne fanno fede nel vesœvado d^ Arezzo una mitra œn fregiature hdiUsime di smalti, ed un pMtorale d'argento beUissimo. Lavoro il nedesimo B. Cellini, p. 49. (2) Ms. Bibl. roy., n^ 9501, Lancelot. 166 INTRODUCTION. » cilicmciit éiaaillc de bas taille. »* Au ii" ô72 : •• Deux petits •< tableaux d'émail de basse taille sur or. *« Et à côté de ces objets, au n® 93 : « Ung coffret d'émail, façon de Lymoges, « gamy d'argent doré. " § 111. ÉMAUX PEINTS. Causes Lorsquc, vers la fin du xrv^ siècle, les émailleurs limousins luiont dû donner yjj.QQ^ q^ç \q çtoût pour Ics matières d'or et d'argent et pour les naissance ^ . . . ... à la peinture émaux trauslucidcs sur relief qui les décoraient faisait aban- en émail. donner l'orfèvrerie de cuivre émaillé, dont les productions avaient été si recherchées pendant près de quatre siècles, ils durent s'efforcer de trouver un nouveau mode d'application de rémail à la reproduction des sujets graphiques. De leurs recherches sortit l'invention de la véritable peinture en émail. Le procédé qu'on employait dans ce nouveau genre d'émail- lerie différait essentiellement de ceux qui étaient précédem- ment usités. Les émailleurs n'eurent plus besoin du secours du ciseleur pour exprimer les contours du dessin ; le métal fut entièrement caché sous l'émail, et s'il resta encore la matière subjective de la peinture, ce fut au même titre que le bois ou la toile dans la peinture à l'huile : l'émail étendu par le pin- ceau rendit tout à la fois le trait et le coloris. Ce furent probablement les modifications, apportées au xiv*^ siècle, dans l'art de la peinture sur verre qui amenèrent les émailleurs à ce résultat. Les fonds en mosaïque de verre teint furent à cette époque presque abandonnés, et l'on com- mença à peindre superficiellement le verre avec des couleurs d'émail. Dès lors il parut évident que ce qui se faisait sur le verre pouvait également se faire sur le cuivre, à la seule con- dition de donner naturellement ou artificiellement aux cou- leurs une opacité absolue . Il n'entre pas dans notre plan de fournir des explications étendues sur la composition des couleurs d'émail et sur la cuis- son des pièces peintes; on trouvera sur la technique de l'art des détails dans les ouvrages spéciaux ^; il suffît ici, pour faire (1) Les matériaux constitulifs des ronleurs pour Pémail, devant être ÉMAILLEUIË SUU MÉTAUX. 167 conoattre la marche de l'art, d'indiquer succinctement les dif- férents procédés qui furent successivement adoptés. ' Les premiers essaie de la nouveUe peinture furent néces- Émaux peint«, sairement fort imparfaits, et leur imperfection en a amené la *"**^*«J*" *^' destruction presque totale : il est très rare de rencontrer de ces émaux peints de la première époque ; nos collections pu- bliques n*en possèdent pas. M. Tabbé Texier conserve dans son cabinet un émail représentant saint Christophe, dont il a publié la gravure, et qu'il fait remonter à l'origine de l'art ' ; les couleurs d'émail sont appliquées sur le métal en couches assez épaisses pour que le mouvement de la draperie qui eoavre les épaules du saint et l'agitation des flots qui bai- gnent ses jambes soient rendus par les saiUies de la pâte d'ànail, qui est d'une teinte uniforme. Le dessin de ces pre- miers essais est toujours très défectueux. Les émaux colorés sont appliqués immédiatement sur le métal, et n'y sont retenus que par la fusion qui détermine l'adhérence. Vers le milieu du xv^ siècle, la peinture en émail avait fait de grands progrès, et nous pouvons, avec des pièces sous les jeox, expliquer les procédés de fabrication. Sur une plaque de cuivre non polie l'émailleur traçait à la pointe le dessin de la figure ou du sujet qu'il voulait repré- senter. La plaque était alors enduite d'un très léger fondant translucide. Ceci fait, l'émailleur pouvait commencer à appli- Goamis à une haute température, ne peuvent être choisis que dans le i^e minéral ; les matières colorantes sont donc des oxydes métalli- qws.Ces couleurs doivent être finement pulvérisées et mêlées ensuite dune manière intime , par différents moyens , avec des composés ntreox appelés fondants, qui sont aisément fusibles. Par la fusion du fondant, les couleurs prennent de Péclat et de la vivacité, el s'incorpo- real avec cette surface vitreuse. On peut consulter l'ouvrage de Neri ; ie mémoire de M. Brongniart, Ann. de chimie, IX, 192; le Traité des coideuTs pour la peinture en émail, par de Montamy ; le Traité de Chi- mîe appliquée aux arts, par M. Dumas ; le Traité pratique sur la pré- panUion et Vemiploi des couleurs d'émail, inséré dans les n<»* de dé- cembre 1814, janvier et février 1815 de la Reçue scientifique et iâduitrieUe: le TraUé des arts céramiques, de M. Brongniart. (1) M. Texier, ouvrage cité, p. 185. 168 INTRODUCTION, quer les couleurs. Les traits du dessin, tracés par la pointe étaient d'abord recouverts d un émail de couleur foncée, qu devait reproduire ces traits à la surface du tableau; les yéie- ments, le ciel, les fonds et les accessoires étaient ensuite rendus par des couleurs d'émail, appliquées, en couches asse: épaisses, dans les interstices ménagés par les traits foncés di dessin, qui cloisonnaient de la sorte les différentes couleun d'émail, et remplissaient, pour ainsi dire, les mêmes fonctioni que les linéaments de métal dans les émaux incrustés. Il i avait donc absence complète d'ombre dans cette peinture d< premier jet exprimée par épaisseur de couleurs. L'emplace- ment des carnations était rempli par un émail noir ou yiole foncé; elles étaient ensuite rendues sur ce fond par de Témai blanc appliqué en couches plus ou moins légères, de ma- nière à ménager les ombres et à obtenir un modelé très légé rement en relief des principales parties osseuses ou muscu leuses du visage et des nus. Il résulte de ce procédé que tonte les carnations, dans les œuvres de ce système, ont une teint bistrée ou violacée qui les fait facilement reconnaître. Pour arriver à produire des effets dans toutes les autrei parties de la peinture où les ombres manquaient totalement les parties lumineuses des cheveux, des vêtements et des fond étaient, le plus souvent, indiquées par des rehauts d'or. Lei imitations de pierreries appliquées sur les nimbes des saint et dans les vêtements sont particulières à ces sortes d'émaux Ils sont peints en général sur des plaques de cuivre très plates assez fortes, et revêtues d'un contre-émail épais, présentan un aspect vitreux. Nous avons conservé dans notre collection, malgré leir état de détérioration, les deux émaux n^ 688 et 689, afin d< faire apprécier le travail de l'émailleur que nous venons d'in diquer. On y trouvera aussi des œuvres de ce système, très bellei et très intactes, sous le n° 687 et les n^ 690 et suivant jusqu'au n^ 693 ; on apercevra facilement les progrès de Tart dans ces émaux exécutés à différentes époques du xv siècle. du XVI* siècle. ÉMAILLERiE SUR MÉTAUX 169 Les imperfections que présentaient ces premiers procédés Émaux pcinu de la peinture en émail ne pouvaient en laisser subsister Tusage, en présence des progrès qui se manifestèrent dans les arts du dessin, au commencement du xvi® siècle. Vers cette époque, il s opéra un grand changement dans le trarail des peintres émaiUeurs. Avant toute peinture, ils re- Tétirent leur plaque de cuivre d'une couche, souvent assez ^NÛsse, d'émail soit noir, soit fortement coloré. Sur ce fond ainsi préparé, ils établissaient leur dessin, à Taide de différents procédés, avec de Témail blanc opaque, de manière à produire une grisaille dont les ombres étaient obtenues soit en ména- geant plus ou moins le fond d'émail noir, lors de l'applica- tion de l'émail blanc, soit en faisant reparaître le fond noir par on grattage de l'émail blanc superposé, grattage fait, bien entendu, avant la cuisson. Des rehauts de blanc et d'or don- naient au tableau une harmonie parfaite. Les carnations conti- nuèrent, conmie précédenmient, à être légèrement modelées en relief, mais elles étaient presque toujours rendues par de l'émail teinté couleur de chair. Si la pièce, au lieu de rester en grisaille, devait être coloriée, les diverses couleurs d'émail semi-transparentes étaient éten- dues sur la grisaille. Dans les peintures en émaux de couleur de cette espèce, le ôel et quelques parties des fonds étaient souvent exprimés par des épaisseurs de couleurs. Li pièce était naturellement portée plusieurs fois au feu pédant ces différentes opérations, qui ne se faisaient que snccessivement. Ainsi, au moyen de l'addition d'un fond d'émail sur la plaque decoivre, avant tout travail de peinture, les couleurs, pouvant s'établir librement et à plusieurs reprises, devinrent suscep- tibles de toutes sortes de combinaisons et de toutes les dégra- dations de teinte qui pouvaient résulter de leur fusion. Les retouches, devenant très faciles aussi, permirent de conduire le dessin et le coloris à une grande perfection. Les émailleurs limousins employaient beaucoup d'autres procédés, et possédaient une quantité de ressources pratiques; 170 INTRODUCTION. mais on n a pas fait encore une étude assez approfondie de la technique de leur art pour pouvoir expliquer tous les moyens à l'aide desquels ils arrivaient à produire ces beaux résultats qu'on admire aujourd'hui : il faut donc nous en tenir à ces généralités. Cependant nous ne pouvons passer sous silence une mé- thode dont ils faisaient un usage très fréquent. Dans certaines parties des vêtements et des accessoires, ils fixaient sur le fond d'émail une feuilled'oroud'argent nommée paêffon OMcUnquant; sur cette légère feuille de métal, ils peignaient les parties om- brées, puis ils la recouvraient d'un émail coloré translucide ; les reflets du métal donnaient à l'émail une vivacité éclatante dont ils savaient tirer le meilleur parti. Les plaques de métal employées dans les œuvres de la se- conde manière sont très minces et le contre-émail est très peu épais; mais pour les empêcher de s'envoiler, on les rendait convexes avant de les enduire d'aucune préparaticm d'émail. Diferees Les travaux des peintres émailleurs du xvi® siècle ont été appiicaiions appliqués à uuo foulo d'objots, et présentent une grande va- en émail riété. Jusque vers la fin du premier tiers du xvi*^ siècle, la ttu XVI* siècle, peinture en émail fut employée presque exclusivement à la - reproduction de sujets de piété, dont l'école allemande four- nissait les modèles ; mais l'arrivée des artistes italiens à la cour de François P', et la publication des gravures des œuvres de Raphaël et des autres grands mattres de l'Italie, donnèrent une nouvelle direction à l'école de Limoges, qui adopta le style de la renaissance italienne. Le Rosso et le Primatice pei- gnirent des cartons pour .les émailleurs limousins, et c'est ce qui a fait penser qu'ils avaient eux-mêmes peint en émail. Les charmantes planches des graveurs auxquels on a donné le nom de Petits Maîtres fournirent aussi de ravissants sujets aux artistes émailleurs. A partir de la moitié du x\f siècle environ, les émailleurs ne se bornèrent plus à produire de petits tableaux : ils créèrent une orfèvrerie d'un nouveau genre. Des bassins, des aiguières, des coupes, des assiettes, des vases et des ustensiles de toutes ÉMAlLLERiË SUR MÉTAUX. 17f sortes fabriqués avec de légères feuilles de cuivre, dans les formes les plus élégantes, se revêtirent de leurs riches et bril- 1 antes peintures . Depuis quelques années, les peintures limousines sont très recherchées ; tous les musées de TEurope ont donné une place honorable à ces belles productions de lart de Témaillerie. EUes sont heureusement encore assez nombreuses et assez connues pour qu'il soit inutile de les signaler. On en trouvera de fort belles, de différents genres dans notre collection. Maintenant il nous reste à examiner deux questions du De quelle époque plus haut intérêt : à quelle époque a été inventée la véritable **^;.^° ^^^ * . . , l'invention peinture en émail, et quel est le pays qui Ta vue naître ? de la Sur la foi de d'Airincourt, on a fait généralement remonter P«inj"«^en^°«^ . . , . Quel pays Vinvention de la peinture en émail à l'époque de la confection ra Tue naître r du reliquaire d'Orvieto, en lui donnant ainsi une origine ita- lienne. Ce reliquaire est une magnifique pièce d'orfèvrerie du poids de 600 livres, qui présente le modèle en petit de la cathédrale d'Orvieto. Il sert à renfermer le saint corporal deBolsène*. Sa face principale est divisée en douze compartiments qui ren- ferment chacun un émail. L'artiste y a représenté différentes scènes se rapportant au miracle et au transport du linge sacré dans l'église d'Orrieto, qui eut lieu par ordre d'Urbain IV. Une inscription gravée sur le monument apprend qu'il a été &it par maître Ugolino, orfèvre de Sienne, en 1338*. D'Agincourt, qui tranche si lestement ces questions d'ar- chéologie, en disant que les histoires religieuses qui ornent la face principale du reliquaire sont peintes sur fond d*émail^ avoue qu'il n'a pas vu le monument', et qu'il a puisé ses ren- (1) On rapporte qu^un prêtre de la ville de Bclsène ayant douté, an moment de la consécration, de la présence réelle du corps do Jésus- Christ dans rhostie, des gouttes de sang en jaillirent miraculeuse- Bwnl et teignirent le corporal. (2) Voici Tinscription que le père délia Vallc a lue sur le reliquaire : • Po' magisirum Ugolinum et socios aurifices de Senis, facium fuit 9ub armo Domini Mcccxxxviii, tempore Benedicti papœ XII. (3) D'Agincourt, Hist. de l'Art, t. Il, p. 111. 172 INTRODUCTION. seignements dans un ouvrage du père della Valle *, d'où il a tiré la gravure qu'il en donne *. Le père della Valle avait été cependant beaucoup moins positif que d'Agincourt ; il se borne à dire : •• Le reliquaire M est tout orné de gracieuses peintures d'émail et d'un grand >« nombre de statuettes d'une heureuse réussite'. » Les mots swrfond d'émail, dans lesquels réside toute la question, n exis- tent pas, et ne pouvaient exister, comme nous le verrons plus loin, dans le texte du père della Valle, que d'Âgincourt a mal interprété et amplifié. M. Du Sommerard, dans le dernier voyage qu'il fit en Italie, voulut résoudre cette question d'art par l'examen attentif du monument ; mais il éprouva le même refus que d'Agincourt, et ne put parvenir à le voir. Le cardinal évêque d'Orvieto lui donna pour excuse que la vénération du peuple pour la sainte relique ne permettait pas qu'on ouvrît les portes du sanc- tuaire où elle est renfermée, dans le simple but de satisfiùre une curiosité artistique ^. Le cardinal se borna à assurer à M. Du Sommerard que les émaux du reliquaire étaient fiâts d'après l'ancien procédé. Ainsi, c'est sur un monument invisible et sur une inter- prétation peu réfléchie de la description du père della Valle que d'Agincourt, et tous ceux qui l'ont cru sur parole, affir- ment que les émaux du reliquaire d'Orvieto sont peints sur fond d'émail, et qu'on en a déduit cette conséquence, que la véritable peinture en émail était connue dès le conmience- (1) Istoria del duomo d'Orvieto. Roma, 1771. (2) Hist. de VArtj peinture, pi. cxxiii. On trouvera de bonnes gra- vures des émaux du reliquaire d'Orvieto dans Touvrage ayant pour litre : Stampe del duomo di Orvieto. Roma, mdccxci. (3) « E tutto omato di vaghe pitture a smalto e di moite statuette di getto non infelice. • (4) Du Sommerard, Les Arts au moyen âge, t. IV, p. 78. Nous n'avons pas été plus heureux que M. Du Sommerard, et nous n'avons pu voir ce reliquaire, qui n'est exposé que pendant l'octave du Saint- Sacrement. Durant le reste de l'année, il est renfermé sous quatre defe distribuées entre différentes mains. ÉMAILLERIË SUR MÉTAUX. 173 ment duxrv^ siècle, et que Tinvention devait en être attribuée à l'Italie. Aussi M. Du Sommerard, qui pensait avec raison que la peinture en émail était d'origine française, s'est-il jeté dans le champ des conjectures pour expliquer le fait avancé par d'Agincourt. Se fondant sur ce que les papes qui avaient régné pendant la construction de l'église d'Orvieto étaient presque tous français, il a supposé que les émaux qui décorent le fameux reliquaire avaient dû être commandés et exécutés à Limoges, peut-être sur des cartons envoyés d'Italie ^ . Nous ne regardons pas cette supposition comme admissible, et nous croyons pouvoir établir, sans les avoir vus, que les émaux du reliquaire d'Orvieto ne sont pas des émaux peints, mais des émaux translucides sur ciselure en relief. D'abord, il y a tout lieu de penser qu'au commencement da xiv^ siècle on ne fabriquait encore à Limoges que des émaux incrustés, et ces sortes d'émaux ne se prêtent pas assez aux exigences du dessin pour avoir pu reproduire des sujets aussi purs de trait que ceux qui figurent sur le reliquaire d'Or- TÎeto. Sans aller chercher d'ailleurs des émaux à Limoges, les Italiens n'en fabriquaient-ils pas au commencement du nv* siècle î Nous avons vu plus haut qu'Agostino et Agnolo avaient iravùllé avec Jean de Pise, dès la fin du xm® siècle, aux W-reUefs d'argent émaillé du maitre-autel de l'évêché d'A- lezzo, et qu'ils comptèrent plusieurs orfèvres parmi leurs nombreux élèves. Bien qu'Ugolino ne soit pas cité comme l'un d'eux par Vasari, il ne faut pas douter que cet artiste sien- noJB ne se soit inspiré des leçons des premiers élèves de Jean de Pise, ses compatriotes. Il y a mieux, Agostino et Agnolo ^ntappdés à Orvieto, un peu après 1 326, parles Tolomei, qui s'y trouvaient exilés, pour travailler aux sculptures de la cathédrale que l'on élevait alors '. On ne peut mettre en doute que des artistes de ce mérite n'aient été consultés sur la confection du reliquaire qui se fabriquait en même (1) Du SoMMEBARD, Les Arts au moyen àge^ t. IV, p. 82. (î) Vasari, Vie d' Agostino et d* Agnolo. 174 INTRODUCTION, temps que s 'élevait l'édifice destiné à le renfermer. Et de quels émaux Agostino et Agnolo pouvaient-ils conseiller l'emploi , si ce n'est de ceux qu'ils avaient appris à exécuter sous leur maître Jean de Pise, de ceux dont ils avaient enseigné les procé- dés à leurs élèves, notamment àPietro etPaolo, qui avaient acquis une si belle réputation par leurs ciselures émaillées f Les orfèvres italiens connaissaient-ils d'ailleurs à cette épo- que une autre manière démailler ? Ils étaient tous sculpteurs et ciseleurs, et l'émail n'était pour eux qu'un accessoire, qui servait à colorer le travail de leur burin. C'était au moment de la confection du reliquaire d'Orvieto que florissaient, nous l'avons vu, Cione et son élève Forzore, tous deux orfèvres et émaîlleurs sur ciselure. Comment supposer que l'orfèvre Ugolino, qui était lin habile sculpteur, puisqu'il décorait de fines statuettes en argent la face principale de son reliquaire, n'ait pas connu cette manière d'émailler, et qu'un artiste d'un tel mérite ait été demander à des étrangers, à des Français, que les Italiens traitaient de barbares, de lui fournir des émaux, lorsque tous les orfèvres italiens, ses contemporains et ses émules, se dis- tinguaient autour de lui par leurs riches ciselures émaillées ? On ne doit pas s'étonner d'ailleurs des expressions de vaghe pitture a smalto employées par le père della Valle, au sujet des émaux d'Orvieto. Les émaux translucides sur relief étaient si bien traités par les artistes italiens des xiv® et xv^ siècles, qu'il faut un œil exercé pour les distinguer d'une véritable peinture en émail exécutée par des couleurs étendues au pinceau; ce qui fait dire à Vasari, en parlant d'émaux de PoUaiuolo, que le pinceau le plus délicat n'aurait rien pu y ajouter. On peut se convaincre, au surplus, de cette vérité par la vue de Témail de notre collection n^686, que beaucoup de personnes pourraient prendre pour une véritable peinture sur émail. Au reste, les Italiens donnaient le nom de peinture aux émaux translucides sur ciselure en relief. Vasari, dans la partie de son introduc- tion Aile tre arti del disegno, où il traite de la peinture, consa- cre un chapitre à la peinture en émail, et voici comment il désigne ce genre de peinture : *» II y a une sorte de travail sur « argent et sur or qu'on appelle communément émail ; c'est ÉMAILLERIE SUR MÉTAUX. 175 - une espèce de peinture unie à la sculpture *. •• Après cette description, il entre dans lexplication des procédés, qui ne sont autres que ceux que nous avons fait connaître d'après Cellini. Ainsi les expressions italiennes du père délia Valle ne per- mettaient pas de trancher la question comme la fait d'Agin- court, puisqu'elles servent, d'après Vasari, à désigner des peintures en émail translucides sur relief. Les émaux d'Qrvieto écartés du débat, que reste- t-il à l'Ita- lie pour réclamer d'avoir été le berceau de la peinture en émail? Quel document peut-elle présenter, quels artistes peut-elle citer qui lûent peint, antérieurement à la fin du x\f siècle, avec des couleurs vitrifiables sur fond d'émail t Vasari, qui écrivait vers le milieu du xvf siècle la vie de ses plus excellents artistes, parle-t-il de ce genre d'émaillerie, le seul qui soit une véritable peinture! On a vu, dans son Introduction aux arts du dessin, ce qu'il entendait par peinture en émail ; et, en effet, lorsqu'il cite des émaux, ce ne sont jamais que des ciselures coloriées d'un émail translucide ; les artistes émailleurs dont il inscrit les noms dans son livre sont tous des sculpteurs, des ciseleurs ou des orfèvres ; aucun n'est peintre. Le savant Lanzi ne dit pas un mot non plus des peintres émailleurs italiens. Peut- être Toudrait-on citer Luca dcUa Robbial Mais cet artiste, qui appartient au xv^ siècle, était encore un sculpteur, et ses ouvrages en émail ne sont autre chose que des reliefs de terre émaiUés en blanc ou en couleur ; il n'y a pas là de peinture proprement dite. Quant aux peintres de Majolica, leurs tra- Taux ne remontent pas au delà de la seconde moitié du xv® siè- cle, et ce n'est que vers le premier quart du xvi® que ce genre de peinture atteignit à la perfection, lorsque déjà depuis très longtemps l'école de Limoges produisait des émaux peints sur excipient métallique. L'Italie, qui est essentiellement conservatrice, n'aurait pas manqué, au surplus, de garder précieusement les œuvres de ses (I) « Ecci un' altra sorta di lavori in argento e in oro, communa- mente ehiamata smalto, che è spede di pittura mescolaia con la seul- titra, » G. Vasari, ïntroduzione aile tre arti del diseyno. Ed. Livomo, 1767, t. 1, p. 134. tn Italie Bont limouains. 176 INTRODUCTION. tous lea émaux peintres émailleurs, si elle en avait possédé, de même qu ellea duxvi^sTlbie c^^^^servé dans ses musées les ouvrages de sculpture émaillée qui existent de Luca délia Robbia et les faïences peintes de Faenza, dlJr- bino, de Pesaro, chefs-d'œuvre de Tart céramique. Qu'on parcoure ses musées et ses palais, on sera bientôt convaincu que jamais la peinture en émail appliquée sur métal n'a pris de développement en Italie. Les émaux peints qu'on j ren* contre proviennent tous de Técole de Limoges ; encore sont-ils assez rares. Nous n'avons pu trouver à Florence qu'un aeul émail peint, relégué dans un corridor du Palais-Vieux. Cet émail endommagé est signé dn monogramme de Monvearni. émailleur limousin du xv*^ siècle. A Venise, il y a quelques beaux émaux dans le palais Manfrin ; le plus important est un tripty- que, qui est une répétition en grisaille, exécutée dans de gran- des proportions, de celui de notre collection n** 749; il est signé du monogramme M. D. P. P, qui est celui de Pape, émailleur de Limoges. Le custode ne manque pas cependant de l'attribner à Pierre Perugin. A Bologne, le musée des antiques renferme un assez bon nombre d'émaux sur cuivre, diptyques, plaques, vases, coupes et bassins de différentes sortes ; mais tous ces objets proviennent de l'école de Limoges du xvi*' siècle, ce qne prouvent les monogrammes de ses principaux émaiUeurs. En- fin à Rome, au Vatican, ce palais qui renferme tant de subli- mes chefs-d'œuvre, les seuls émaux sur cuivre qui s'y trouvent ne sont autres qu'une suite de peintures limousines assez mé- diocres, attribuées à Vauquer, peintre émailleur de Blois; c'est même à tort, nous le pensons, que l'inscription toute récente qui les accompagne leur donne cet artiste pour auteur; car Robert Vauquer, qui mourut en 1670, peignait dans la manièi^ de Toutin sur fond d'émail blanc, et non dans le style des émailleurs limousins de la fin du xvf siècle ou du commenoe- ment du xvn®, à l'un desquels appartiennent les plaques émail- lées du Vatican. Si l'on rencontre quelques pièces en émail sur métal peintes en Italie, ce sont des œuvres individuelles d'artistes qui n'ont pas fait école, dont aucune ne peut remonter au delà des der- nières années du xvi^ siècle, et qui diffèrent toutes essentielle- ËMAILLËRIE SUR MÉTAUX. 177 luentdeâ productions limousines autant par l'aspect que par les procédés de Texécution, Ainsi l'on peut voir dans notre collection un petit émail sur cuivre, n° 804, qui a beaucoup (l'analogie avec les majolicas» et qui provient probablement d'un maître italien. L'Allemagne pourrait-elle revendiquer l'honneur qui n'ap- i/Aiicmagne partient pas à l'Italie t Pas davantage. Pendant longtemps, n'*i>Meude 1 «1 r 1 i> A 11 If «1 Pcinlfc» en énu cependant, on a attribué a 1 Allemagne les émaux peints de aax\v*etxvi« Limoges duxv* siècle, et M. Du Sommerard lui-même a ex- «i*ciet. primé cette opinion ^ sur laquelle il serait bien certainement rerenu, si la mort lui avait permis de terminer son grand ou- rrage. Ainsi, le savant archéologue attribuait à l'art allemand un triptyque qu'il a publié dans son Album, iO"^ séné, plan- che XYu. Cet émail doit être de l'artiste qui a peint les deux triptyques de notre collection n^ 692 et 693. Il est à remar- quer que tous les triptyques de cet artiste sont encadrés de la même manière, dans une fine moulure de cuivre décorée de distance en distance de petits fleurons*. Cet encadrement, indépendamment du style, est un signe distinctif des œuvres de cet émailleur. On trouvera peut-être singulier qu'on puisse reconnaître un peintre au travail du cadre qu'il donnait à ses tableaux; mais il faut faire attention que les émailleurs n'étaient le plus ordinairement que des copistes, qu'ils fabriquaient des objets usuels en quantité, et qu'une fois qu'ils avaient adopté un patron, ils devaient y tenir et l'employer souvent. Or, dans la ooUection de M. Didier-Petit, il existait un triptyque enca- dré de cette petite moulure à fleurons ', et dont la peinture STait du reste tous les caractères de l'émail de M. Du Somme- rard et de nos deux émaux n"692 et 693. Ce triptyque, signé Monveami, représentait dans l'un des volets sainte Catherine foulant sous ses pieds le diable revêtu d'un justaucorps dont le collet portait cette inscription : J'enrage. L'émailleur Mon- (I) Ijet ArU au moyen âge, t. IV, p. 87. (S) Il en existe un de cet auteur au Louvre ; celui qui a été gravé par M. Do Sommerard se trouve dans le musée de Cluny. (3) Catalogue de la collection formée à Lyon par M. Didier -Petit, Q* 193. Paris, chez Dentu, 1843. 12 178 INTRODUCTION, vearni n aurait certainement pas accompagné son sujet d'in- scriptions en langue française s'il eût été allemand. Il faut faire attention, d'ailleurs, que la peinture en émail a été beaucoup plutôt un art de reproduction que d'inspiration ; et comme les écoles allemandes et flamandes, par suite des relations intimes de la France avec la maison de Bourgogne, ont été prédomi- nantes en France au xv® siècle, et qu'elles ont continué de s'y maintenir exclusivement après l'extinction de cette maison, jusqu'au moment des expéditions de Charles VIII et de Louis XII en Italie, nos émailleurs du xv^ siècle reçurent leurs cartons des artistes de l'Allemagne et des Flandres, et s'in- spirèrent des premières estampes des graveurs de ces écoles. C'est ainsi qu'on trouvera dans notre collection un émail n^ 6 90, peint d'après une estampe de Martin Schongauer, célèbre gra- veur allemand du xv^ siècle. Quelque ville d'Allemagne réclame-t-elle, au surplus, rhon- neur de l'invention de la peinture en émail î Quelque document a-t-il jamais été produit qui pût faire supposer qu'elle ait pris naissance dans ce pays, ni même qu'elle y ait été en pratique avant lexvnf siècle 1 Les émaux peints du x\f siècle y sont moins rares qu'en Italie ; mais c'est seulement dans la Kunai- kammer de Berlin que nous avons rencontré de ces émaux do xv^ siècle réputés allemands ^. Ces émaux, ainsi que tous ceux du xvi® siècle qui se trouvent dans cette collection, la plus riche de toute l'Allemagne en productions de ce genro, tont reconnus d'ailleurs comme émaux de Limoges par ses savants conservateurs, MM. Ledebur et Forster . Un seul (n® 252), si- gné L. de Sœndrari et daté de 1710, est attribué à un peintre allemand nommé Von Sandrat. La particule de, qui précède le nom tout français de Sandrat, et le style de cette peinture ne peuvent laisser aucun doute sur son origine limousine. On trouve à Munich, dans les Vereinigten-Sammlu/yen, un petit (1) Ils nous ont paru provenir de Monvearni ; on peut reconnattre sur l'un des deux (n" il h) les deux premières leltres de son nom, quoique en partie cfTacées La bordure en cuivre, presque entièrement détruite, laisse voir cependant la petite moulure habituelle de ses en- cadrements. ËMAILLERIE SUR MÉTAUX. I7« nombre d'émaux : quelques assiettes qui doivent ôtre de l'un desCoortois ; deux coupes signées du monogramme de Pierre Raymond, et le beau bassin du même artiste, qu'il a reproduit plusieurs fois et sur lequel il a représenté eirculairement les premières scènes de la Genèse^ ; dans la chambre du Trésor, aa palais du roi» on voit aussi trois plats d'un beau coloris, fonda comme celui de Pénicaud ; nous n'avons pu vérifier à travers les glaces des armoires, qui ne s ouvrent jamais, si des monogrammes existaient sur ces plats. A Dresde, le célèbre Grme Gewolbe conserve un assez grand nombre de très belles pièces de Limoges ; le directeur de ce trésor, M. de Landsberg, est un savant trop distingué pour avoir attribué à son pays des productions évidemment françaises : tous les émaux du xvi*' siècle et du commencement du xvii^, jusqu'à l'apparition des émaux de Toutin , sont catalogués par lui comme provenant de l'école de Limoges *• A Vienne, les émaux in- crustés sont conservés, comme nous l'avons dit, dans le cabi- net des antiques ; les émaux peints se trouvent dans le trésor impérial. Ds sont placés assez singulièrement, avec des majo- lieaB, dans les caissons du plafond d'un cabinet dont les ar- moires renferment des bijoux et des pièces d'orfèvrerie. Ces émaux, en petit nombre, sont des Courtois et de P. Raymond. Noos avons remarqué de ce dernier émailleur plusieurs as- siettes r^résentant allégoriquement différents mois del'année, d'après les jolies gravures d'Etienne De Laulnc. Sur l'observa- tion que nous faisions à l'un des conservateurs du mauvais emplacement donné à ces fines peintures de Limoges, il nous dit. Bans répondre directement à notre observation, que ces émaiix n'étaient pas finançais, mais italiens. Ainsi, tout en mé- eonnaissantrorigine française d'émaux de P. Raymond, peints d'après les estampes d'un graveur français, ce conservateur n'entendait pas cependant attribuer à l'Allemagne les émaux da ^sor impérial . (1) On le trouve dans notre collection, n** 709, et dans celle de M. le comte de Pourtalès. (t) A. B.Dc LAfiDSBERG, le Gfiine Gewolbe à Dresde, ou Trésor royal d^abjeU précieux, Dresde et Leipsick, 1S45. J80 INTRODUCTION. Limoges On ue peut donc signaler aucune ville étrangère comme "j^^j^J®^"^" ayant donné naissance à la peinture en émail. Limoges, au en émail. contraire, dès le xu® siècle, jouissait d'une grande réputation pour ses cuivres émaillés par incrustation , et répandait ses produits dans toute l'Europe. Les procédés de la composition des émaux et de leur coloration étaient donc familiers aux émailleurs limousins , et Ton conçoit sans peine que, lorsque l'amélioration qui se fit sentir dans les arts du dessin eut fait abandonner les incrustations d'émail à dessins de métal, ces artistes se soient efforcés de remplacer les mosaïques d'émail par des peintures exécutées tout entières avec les émaux colo- rés qu'ils avaient à leur disposition. On a vu plus haut la mar- che progressive de la peinture en émail ; elle commence par substituer aux traits de métal des traits d'émail foncé cloi- sonnant les diverses couleurs d'émail , et ce n'est qu'au xvk siècle qu'elle arrive à produire une véritable peinture avec des ombres et des rehauts. Limoges, depuis le xi® siècle, a donc été en possession constante et non interrompue de l'art de l'émaillerie, et ce n'est pas sans raison qu'on doit lui resti- tuer l'honneur d'avoir été le berceau de la véritable peinture en émail. Principaux Los émaiUcurs limousins, simples et modestes artisans , ne msie» limousins. gQjj|. g^ère counus quc par leurs œuvres : peu de noms sont venus jusqu'à nous, et il reste encore une foule de monogram- mes inexpliqués. Résumons en peu de mots ce qu'on sait des plus fameux. Les noms des premiers peintres émailleurs du xv® siècle sont à peu près tous restés dans l'oubli. A l'exemple des émail- leurs par incrustation, auxquels ils avaient succédé, ils n'é- taient pas dans l'habitude de signer leurs ouvrages , et les émaux de cette époque portant une signature ou un mono- gramme sont extrêmement rares. MonTcarni. Nous avons déjà parlé de Monvearni, qui a signé un trip- tyque de la collection de M. Didier-Petit. Quelques personnes paraissaient douter que ce nom fût celui de l'émailleur ; nous ^croyons qu'on ne peut conserver aucun doute à cet égard. En ofTet, à côté de cette signature en toutes lettres, il existe sur ËMAILLëRIË sur métaux. 181 Qflgnuid iM>inbre de triptyques, traités dans le même style, des monogrammes qui toujours se rapportent à Monvearni. Ainsi, Témail d'un caractère analogue à celui de M. Didier- Petit, que nous avons trouvé dans le Palais-Vieux de Florence, ^ qui est encadré dans la petite moulure à fleurons adoptée PAi* cet artiste, porte le monogramme M. '.F, que nousdevon» traduire par Monxeamifecit. Le triptyque de Berlin , peint aa de la tunique ? ^^^^ans les émaux de cet artiste le dessin est tracé par des K^^^B d'émail foncé, se détachant sur les couches d'émail co- ^^ appliquées entre les traits du dessin ; les lumières dans ^ vêtements et dans les fonds sont indiquées par des rehauts ^^ ; les carnations seules sont ombrées et conservent une ^Uite bistrée ou violacée. M. Didier-Petit signale cet émail- ^^'^ Comme vivant au xrv' siècle*. Le style de ses peintures, *® coutume de ses personnages, tout indique le xv*". Il a dû "^^«liller fort longtemps, et ses œuvres nombreuses sont loin v) Catalogue de la coUeciion Didier 'Petit, introduclion, p. 20. 182 INTRODUCTION, de présenter toutes la même perfection. Les premières portent les caractères d'une époque assez reculée, et l'on peut sup- poser qu'il a peint en émail depuis le milieu du xv^ siècle en- viron jusque sous Charles VIII. »énicauu l'ancien. Un émail de la collection de M. Didier-Petit, n° 169 , évi- demment de la fin du xv® siècle ou des premières années du xvf, portait pour signature lEHANP.E.NICAVLAT. M. Di- dier-Petit s'est cru dès lors autorisé à insérer le nom de Ni- caulat sur la liste par ordre chronologique qu'il a donnée des émailleurs limousins. Nous serions disposés à voir là un Jean Pénicault, probablement le père ou l'aïeul des Pénicaud, dont nous parlerons plus loin ; car il est certain que la famille Pé- nicault ou Pénicaud a produit plusieurs émailleurs qui se sont succédé. Celui qui a signé l'émail de la collection de M. Di- dier-Petit aura voulu latiniser son nom en Penicattlaitu ^ suivant un usage assez commun de son temps, et en séparer chacune des lettres par un point ; après avoir ainsi écrit les deux premières, il se sera aperçu que l'espace devait lui man- quer, et aura transcrit les dernières lettres sans les séparer : les artistes émailleurs ne se piquaient pas d'une rigoureuse symétrie. Quoi qu'il en soit, le Pénicault ou P. £. Nicaulat qui a peint l'émail n° 1 69 de la collection de M. Didier-Petit était un homme de talent. Cet émail a beaucoup d'analogie avec celui de notre collection n° 694 , représentant la résurrection de La- zare, n devait travailler à la fin du xv® siècle ou dans les pre- mières années du xvi®. Léonard On ne counatt les noms d'aucun autre peintre émailleur Limousin, j^8q^*4 Léonard , regardé pendant longtemps comme le chef de l'école, mais qui fut seulement le premier directeur de la manufacture royale d'émaux fondée à Limoges par fVaor çois I^. Ce prince lui donna, avec le nom de Limousin , pour le distinguer de Léonard de Vinci , le titre de peintre émail- leur valet de chambre du roi. Léonard a peint en émail pendant plus de quarante années : ses premiers émaux sont datés de 1532, la dernière date si- gnalée est de 1574. On peut voir dans notre collection, sou» ËMAILLËRIË SUU MÉTAUX. 18.1 le u^ 696, une suite de dix-huit plaques dont les sujets sont ^irés de la vie et de la passion du Christ ; plusieurs de ces pla- ques portent, avec son monogramme LL, la date do 1533. On y trouvera aussi, sous le n** 704, le portrait de Charles IX, daté ^ 1573. Il y a entre ces deux époques une grande différence dans la manière de Fartiste. Dans ses premières œuvres il ^ie les mattres allemands, et ses personnages n'ont pas en- eore dépouillé le costume contemporain; mais bientôt, sous l'influence des mattres italiens que François I"^ avait attirés à M«our, le style de Léonard devient meilleur, son dessin plus 0oiTect, son coloris plus brillant ; il se met à copier les œuvres de Hi^haël et adopte entièrement Fécole italienne. Léonard ^tait arrivé au plus haut degré de son talent en 1553, lorsqu'il P^^gnii, par ordre de Henri II , pour la Sainte-Chapelle, les ^ox cadres d'émaux qui sont aujourd'hui au musée du Lou- IDans ces magnifiques tableaux, les plus beaux qui soient de l'école de Limoges , Léonard Limousin eut l'art , ^ïiir à une conception vraiment sentimentale un dessin gra- ^^**^ et expressif, un travail correct et soigné. -'^ excella aussi à faire des portraits. Ceux du duc de Guise ^U connétable de Montmorenci, conservés au Louvre, celui P_ Oatherine de Médicis en deuil de Henri II, du musée de ^^y , et ceux de François I*' et d'Antoine de Bourbon, qui ^ ""^ mt dans notre collection, sont les chefs-dœuvre du genre. a &it quelques émaux qui paraissent entièrement jT'^^tiB sur fond d'émail blanc et qui ont presque l'apparence ^ ^LQ peinture sur majolica. Il y a à la Kunstkammer de Ber- Un médaillon ovale, d'une assez grande dimension, repri&- Lt la moisson, qui est traité de cette manière et signé en lettres . C'est encore ainsi que sont peints les portraits en de Henri II sous le costume de saint Thomas , et de l'amiral ^ _oot sous le costume de saint Paul , conservés au musée ^^^ I^rioayre. Dans ces émaux , la couche d'émail noir a été en- ^^^ sur toute sa surface d'une couche d'émail blanc sur la- ^^^Ue le sujet a été dessiné à la pointe, de manière à faire \^l>^rattre Témail noir qui trace ainsi les contours ; cet ^^^1 noir est à peine découvert pour les ombres , et l'émail 184 INTRODUCTION, blanc a reçu des couleurs vitrifiables assez légères, ce qui laisse à ces peintures l'apparence d'une faïence peu colorée. Comme ces émaux n'avaient pas les chaudes couleurs des émaux or- dinaires de Limoges, il est probable qu'ils eurent peu de suc- cès ; car Léonard ne peignait pas souvent de cette manière et eut peu d'imitateurs. M. Sauvageot possède un cofiret signé du monograoune de Pierre Courteysqui est traité de cette façon, néanmoins avec dQS tons beaucoup plus chauds que ceux du médaillon de la Kvnsikammer, On trouvera dans notre collection, n^ 734, trois petites plaques qui donnent une idée de ce genre d'émail. Nous les avons attribuées à Pierre Courteys, tant elles ont de simi- litude avec les peintures du cofEret de M. Sauvageot. Léonard n'était pas seulement un copiste. Il existe dans l'une des salles de l'hôtel de ville de Limoges un tableau signé de lui, daté de 1551 , qui ne manque pas de mérite, et l'on trouve de ses émaux dont il a composé lui-même le dessin. Pierre Raymond. Après Léonard, il faut citer Pierre Raymond. Un manuscrit fort curieux , conservé à l'hôtel de ville de Limoges et que M. l'abbé Texier a fait connaître^, donne de précieux rensei- gnements sur un assez grand nombre d'émailleurs. On y i^ prend que Pierre Raymond était non -seulement émaUleur» mais peintre imagier. Il était chargé de reproduire dans ce ma- nuscrit, pour la confrérie du Saint-Sacrement, les différents objets d'orfèvrerie dont elle faisait l'acquisition. Comme Léonard , Pierre Raymond a travaillé plus de qua- rante années. M. Maurice Ardent^ cite une coupe de lui datée de 1534. Une plaque de la collection de M. Sauvageot porte, avec le monogramme P.R., la date de 1541 ; celle de M. le comte de Pourtalès possède deux aiguières avec le même mo- nogramme ; l'une est datée de 1544 et l'autre de 1 572 ; la pre- mière, fort belle, indique que l'artiste était dans toute la force de son talent lorsqu'il l'a peinte. (1) Essais sur les argentiers et émailleurs de Limoges, p. 216. (2) Notice historique sur les émaux et les émailleurs de Limoges, 1813, page 21. ÉMÂILLERIE SUR MÉTAUX. 185 Pierre Raymond, comme beaucoup d autres émailleurs, a éerit son nom de différentes manières : P. Rexman^ P. Re- mai, P. Reymon ; une très belle coupe de la collection de H. Sanyageot porte le nom de Rexmon, avec la date de 1 544; on le trouve écrit P. Raymo, avec un trait sur Vo, indiquant l'abréviation des deux dernières lettres, sur une coupe de la coDection de M. Brunet-Denon, n° 350 du catalogue^; le ma- Doscrit de Limoges écrit le nom de cette manière : P. Ray- mond, orthographe que nous avons adoptée. Le dessin de P. Raymond a toujours un peu de raideur. Il emploie en général des hachures dans les ombres ; il a peint le plus souvent en grisaille ou en camaïeu ; ses émaux coloriés sont rares. L*un des plus beaux que l'on puisse citer, appar- tenant à la collection de M. Roussel, a été publié par M. Du Sommerard dans son Album, V série, planche xxrv. Dans les grisailles de P. Raymond , les carnations sont toujours tein- tées. Ce procédé est commun, au surplus, à tous les émailleurs dn xvi^ siècle. Quatre Pénicaud paraissent avoir existé vers le milieu du Les Péoicaud. XVI® siècle : Jean Pénicaud , latné, Jean Pénicaud junior, Pierre Pénicaud et N. Pénicaud. Jean Pénicaud, Tatné, est un dessinateur habile ; son co- loris est très fondu et d'un éclat remarquable; il ne se sert presque jamais de hachures dans les ombres ; il fait un em- ploi très fréquent du paillon dans ses émaux coloriés. Six ta- Ueaoxde lui, représentant la légende de saint Martial, conser- vés dans la collection de M. Alphonse Bardinet de Limoges, «ontdatésde 1544'. Jean Pénicaud signait ordinairement ses peintures du mo- nogramme L P. sur le fond de Témail, ainsi qu'on le voit sur le portrait de Luther de notre collection, n° 723. Souvent vissi l'on rencontre les plaques de cuivre sur lesquelles if (t)M. DmiER-PETiT, ouvrage cité, introd., p. 26. (2) Catalogue des objets d'art composant le cabinet de M. Brunet- ^>^fm, Paris, 1846. (3) M. Tabbé Texier, ouv. cité, p. 219. M. Maurice Ardent, ouv. àiè, p. 25. 186 INTRODUCTION. peignait, frappées au revers d un poinçon présentant un P couronné, qui se termine par le bas comme un L. M. Didier- Petit* a pensé que ce poinçon n'était pas la marque de rémail- leur, mais celle du fabricant de plaques de cuivre. La preuve du contraire existe dans notre collection. Ainsi le portrait de Lullier, signé sur l'émail I. P., est bien évidemment delà même main que le portrait d'Erasme, n® 72Â, qui est frappé au revers, sur la plaque de cuivre, de ce monogramme com- posé d'un P et d'un L unis ensemble sous une couronne, monogramme qui doit signifier Pénicaud l'aîné. Le grand cadre d'émaux, n° 726, et le tableau, n® 727, qui ont été at- tribués à Jean Pénicaud par tous les connaisseurs, et notam- ment par M. l'abbé Texier, sont tous deux frappés de ce mo- nogramme sur le cuivre. Pénicaud n'est pas le seul émailleur qui ait fait poinçonner ses plaques. On verra dans la collection, n° 767, un émail grisaille, timbré sur le cuivre d'un poinçon portant les lettrée I. K., et cet émail sort évidemment de la main de l'émailleiir Kip. Cet artiste a signé en toutes lettres une peinture de Ui collection de M. Didier-Petit (n® 54 de son catalogue), qui présente une analogie complète avec notre émail. Nous pensons donc qu'on doit regarder comme une marque de l'émailleur les lettres frappées au poinçon qui se rencon- trent sur les plaques de cuivre. Le Jean Pénicaud, qui fait suivre son nom de la qualifica- tion de Jvnior, a signé un émail de la collection Walpool de Londres, avec la date de 1 539 *. Pierre Pénicaud joignait au talent d'émailleur celui de peintre verrier, ainsi que le fait connaître le manuscrit de l'hôtel de ville de Limoges ; il travaillait en 1555 '. Le tableau des émailleurs, publié par M. Texier, porte le nom deN. Pénicaud, mais sans donner aucun document sur cet émailleur. (1) Ouvr. cité, p. 8. (2) Catalogue de lacollectioh Walpool. Londres, ISil, n'> 59. (3) M. Texier, ouv. cité, p. 219. ËMAILLERIE SUR MÉTAUX. 187 LafarailleConrteys a fourni un grand nombre d'émailleurs. Famille courteys. Le nom de ces artistes se trouve écrit de différentes manières SOT leurs œuvres : Courteys, Corteys, Corteus ; on les nomme ordinairement Courtois. Nous pensons que le véritable nom de cette famille est Courteys, d'après la signature de Pierre Courteys sur des œuvres capitales, telles que les grands éoumz du cfa&teau de Madrid , deux bassins au musée du Louvre, et un autre bassin avec des figures d'un grand style conservé à la iSTiwwrtamm^r de Berlin. M. Maurice Ardent* &it observer, à l'appui de cette opinion, qu'il y a encore des Courteys à Limoges. Pierre Courteys doit être l'atné de la famiUe, car ses émaux Pierre couriey*. présentent les dates les plus anciennes. Ainsi, la collection de M. Brunet-Denon possédait un émail grisaille assez médiocre (n^ 460 de sob catalogue ), qui annonçait tout à fait les débuts de l'artiste ; cet émail ^rte, avec son monogramme, la date de ISSO.Qn voitauLouvredes émaux de lui, datés de 1 560etl Â68. fkm Courteys a peint les plus grands émaux qui jamais aient été faits; ce sont douze médaillons ovales d'un mètre 45 cen- timètres de haut sur 66 centimètres de large, où sont repré- s^tés les douze grands dieux de la fable. Ces magnifiques pièces décoraient autrefois la façade du château de Madrid bâti par François I*' et Henri II. Elles sont signées Pierre Courteys, avec ces mots : Fet à Limoges en 1659. Trois de ces médaillons sont en Angleterre, les neuf autres sont con- serrés au musée de l'hôtel Cluny. Ces grandes peintures ne sont pas irréprochables sous le rapport du dessin ; mais pla- cées à une certaine élévation, dans la façade d'un palais, lews couleurs inaltérables devaient donner à l'édifice un effet surprenant. Dans les objets d'une moins grande dimension, Pierre Cowteys est l'un des meilleurs dessinateurs de l'école de Li- moges. Ses émaux coloriés sont d'une éclatante vivacité. Jean Courteys est peut-être le plus fécond des émailleurs Jean councy*. du XM« siècle. Il paraît qu'avant d'être émailleur, il peignait (1) Ouvr. cité, p. 23. 188 INTRODUCTION, sur verre; du moins, un monument cité par M. labbé Mo- rancé* apprend qu'en 1532 un Jehan Courteys prit renga- gement d'exécuter une verrière pour l'église de La Ferté- Bemard. Jean Courteys datait rarement ses ouvrages. M. Didier- Petit* cite une date de 1668, sans dire sur quelle pièce il Ta vue. Le style de ses compositions, chargées à profusion de charmants ornements et d'arabesques, dénote qu'il florissait à l'époque de Henri II. Le dessin de Jean Courteys est assez correct, mais n'a pas beaucoup de vigueur ; son coloris est très brillant, ses carnations sont presque toujours très colo- rées. M. Didier-Petit en a qualifié la nature par une expres- sion assez juste en disant qu'elles sont saumonées'^. 1. 1>. cuui ie>.^. Nous croyons qu'on peut ranger dans la famille des Cour- teys un émailleur qui signait I. D. C. Ses compositions ont une telle analogie avec celles de Jean Courteys, que le savant M. Pottier^, en donnant la description d'un grand médaillon de Jean Courteys publié par Villemin, le regardait comme le pendant d'un autre médaillon conservé dans la galerie du Louvre, qu'il supposait aussi du même émailleur. Après avoir examiné avec attention le médaillon du Louvre, nous y avons trouvé le monogramme I. D. C. Cette pièce, dont les principales figures sont repoussées en bosse, donne une haute idée du talent de Témailleur qui signait I. D. C. Ses petites plaques sont d'un fini achevé. On peut en voir une dans notre collection, n° 751 ; elle est exécutée sur un dessin d'Etienne De Laulne. Jean Court, Joau Court, dit Vigicr, florissait aussi sous Henri II. On ditvigier. ^ voulu lo Confondre avec Jean Courteys, en supposant que le nom de Court n'était que l'abréviation de Courteys ; mais quelques documents irrécusables , dus aux investigations de MM. Texier et Maurice Ardent , tous deux limousins , établissent que Jean Courteys et Jean Couil étaient deux ar- tistes différents. Ainsi, sur un rôle de tailles du xvf siècle, (1) Bulletin monumental, l. V, p. 502. (2) Calalof^uo cilé, p. ï7. (3) Ouvr. cité, p. 27. (4) Monuments français inédits, t. H, p. 165. ËMÂILLERIH SUR MËTÂUX. 189 dressé par les consuls de Limoges, se trouve, au canton de Afagnynie, le nom de Jehan Courte dit Vigier, esniaiUeiar, ei Petit Jehan son fils; à vingt noms de distance, Je/ian Cour- teis, et ensuite les heoirs de feu Courteis esmailleur * . M. Mau- rice Ardent* indique un acte relatif à la propriété d'un im- meuble où figure le nom de Jean Court, dit Vigier, et suppose, arec raison, qu'un nom de famille n'a pu être abrégé dans un acte authentique. On n'avait signalé jusqu'à présent de cet artiste, en ou- vrages signés, que trois coupes, dont la plus belle se trouve chez M. le comte de Pourtalès. Toutes trois, comme la pièce de notre collection, n° 728, portent la même inscription : A Lymoges, par Jean Court dit Vigier, 1556. On doit ajouter aux œuvres signées de Jean Court deux tableaux en émaux de couleur, d'environ 20 centimètres de haut sur 15 de large, fiûsant pendant l'un à l'autre, qui sont conservés à la Kunst- kammer de Berlin ; l'un représente le Christ devant Pilate, l'autre Jésus sortant du tombeau. Le premier porte également cette inscription : A Lymoges, par Jean Court dit Vigier, et cette même date de 1556. Il est assez singulier qu'aucune production signée de cet artiste n'ait d'autre date. Ce serait à croire qu'il n'a peint en émail que dans cette année, et cette particularité doit le distinguer encore de Jean Courteys, qui, ti Ton en juge par les œuvres nombreuses qu'il a laissées, a dû travailler très longtemps. Jean Court est un dessinateur plus correct et plus hardi que Jean Courteys ; son coloris est moins chaud, les cama- tions de ses figures sont plus naturelles, et n'ont pas cette tmte saumonée dont se sert le plus ordinairement Jean Courteys. Un magnifi(fue plat de celui-ci est placé à la Kunst- borner de Berlin , auprès des deux tableaux signés Jehan Court; il est fieusile, par ce rapprochement, de juger que la même main n'a pu produire les deux compositions. M. D. Pape est encore un peintre émailleur contemporain m.d. Pape. (1) M.Texier, Essais sur les émaUleurs de Limoges, p. 215. (J) Ouvr. cité, p. 21. 190 INTRODUCTION, des Courteys. Il a signé ses ouvrages de plusieurs manières. Son monogramme complet est : M. D. P. P., avec un petite dans rintérieur du D. C est ainsi qu'est signé le grand tripty- que qui se trouve dans le palais Manfrin, à Venise. Souvent il ne signe que les deux premières lettres M. D. avec le petit t dans le D. Son nom se trouve aussi quelquefois inscrit en toutes lettres. Un coffret de la collection de M. Brunei- Denon, catalogué n? 352, est signé M. D. PAPE. Che» M. Sauvageot une belle plaque porte la signature M. PAPE. Pape est bon dessinateur, son coloris est très fondu, il emploie peu de hachures dans les ombres. Martial Courteys. La famille dcs Courtcys foumit encore deux peintres émail- leurs à la fin du xvi^ siècle : Martial Courteys et Suzanne Court ou Courteys. Martial était un émailleur fort habile, comme on peut en juger par un plat de notre collection , n° 752, qui porte son monogramme. Il est signalé comme peintre et orfèvre, à U date de 1579, par le manuscrit de Thôtel de ville de Lâm9 ges^, dont nous avons déjà parlé. Suzanne Court. Suzauue a rcçu jusqu'à présent le nom de CourtoiB o^ Courteys, et passe pour être la fille de Jean Courteys. Noiu n^avons jamais vu cependant cette signature de Courtejs ou Courtois sur les émaux qu elle a laissés, tandis qu'il existe au musée céramique de Sèvres un grand bassin, pièce capi» taie, signée Suzanne Court ; au Louvre, un grand plat orale représentant les Vierges folles et les Vierges sages, signé de même, et une aiguière signée Suzanne de Court. Puisqu'il y avait un émailleur du nom de Jehan Court, ne doit-on pas rendre à Suzanne le nom de Court qu'elle signait, au lieu de celui de Courtois qu elle a reçu jusqu'à présent! Suzanne était de l'école de Jean Courteys, mais elle n apas égalé son maître ; son dessin est très faible, les figures de ses compositions ont un caractère mignard qui les fait aisément reconnaître; son coloris, parfois très éclatant, n'est pas tou- jours distribué avec harmonie. (1) M. Trxirr, ouvr. cité, p. 214. ËMÂILLËRIE SUR MËTxVUX. 191 Le nom de Raymond, déjà célèbre sous François P^ se re- Martial Raymond trouye à la fin du xvi*^ siècle, avec le prénom de Martial, sur quelques émaux d'un bon style. Le manuscrit do Limoges signale ce Martial conmie orfèvre et émailleur à la date de 1690*. Un triptyque d'uno belle ordonnance, en émaux de couleur, qui est conservé à la Kunstkammer de Berlin et signé de son monogramme M« R., indique en efîet qu'il florissait à eette époque. Les deux volets de ce triptyque portent les armoiries du pape Clément VIII, qui a occupé le trône ponti- fical de 1Ô91 à 1606. A en juger par cette pièce, le dessin de Martial Raymond est assez correct, ses têtes surtout sont bien étudiées , mais son coloris est d'une teinte générale très pâle. Il fait emploi du paillon et de rehauts d or. MM. Texier, Maurice Ardent, Didier-Petit et Dussieux Autres unisteA ont indiqué, dans les tableaux chronologiques qu'ils ont pu- *'"*v»*»»^'*«- Uiés, plusieurs autres émailleurs du xvi® siècle dont les œu- vres sont moins connues : Rechambaut, Pierre Colin, Domi- nique Mouret, Jehan Boisse , Mimbielle , Isaao Martin et Peguillon. Nous avons ouvert la liste des émailleurs du xvi^ siècle par jcan Limou^iii. Léonard; Jean Limousin, qui passe pour son fils, doit être placé à la tête des émailleurs du xvii^. Une fleur de lis, qui >e trouve souvent entre les deux lettres J. L. de son mono- gramme, a fait supposer qu'il avait été directeur de la manu- fiietnre royale de Limoges. Ses beaux ouvrages auraient bien suffi pour le rendre digne de remplir cette fonction. Jean Limousin florissait au conmiencement du xvii® siècle. Lecofiet de notre collection, n® 774, fait pour Anne d'Autri- cbe» et qui ne peut être par conséquent antérieur à 1615, montre qu'à cette époque il était dans toute la force du talent. Son nom est encore porté sur les rôles des tailles de 162â>. Cet artiste se fait surtout remarquer par l'exquise dâiestesae de ses petites figures ; les arabesques, les fleurs, les oiseaux exécutés sur paillon, dont il accompagne ses com- positions, sont ravissants. Un grand bassin conservéau musée (1) M. Texier, ouvr. cilé, p. 218. (2) ïdtm, p. 208. 192 INTRODUCTION. du Louvre, représentant Esther aux pieds d'Assuérus, té- moigne de son mérite dans les sujets plus élevés. Nous pensons que c'est avec raison que Jean LimouBin passe pour l'un des descendants directs du peintre de Fran- çois I^. Une pièce de notre collection semble en fournir la preuve. On se rappelle que Léonard était le nom patronymi- que de celui-ci, et que Limousin était seulement un surnom donné par le prince à son émailleur, pour le distinguer du Vinci. Or, nous avons dans notre collection, sous le n® 780, une salière en émail qui est bien évidemment peinte par Jean Limousin. Cette pièce est signée, non pas de son mono- gramme le plus habituel, J. L., mais de deux L, qui expri- ment le nom patronymique et le surnom de l'auteur. H. Poncet H . Poucet vivait , suiviuit toute apparence, à la môme époque et autres artistes j^^^^ Limousiu. Il a laissé quelques bons ouvrages. du x?ii« siècle. * . . Les recherches faites par M. Maurice Ardent* sur les rôles des tailles de 1624 et 1625 donnent les noms des émail- leurs suivants : Antoine Lcmasson, Bonin, Bernard, Antoine Terason et Léonard Limousin, qui doit ôtre le Jean Limousin dont nous venons de parler. Après le règne de Louis XIII, la famille des Noalher ou Noualher, dont le nom s est transformé en celui de Nouailher, et celle des Laudin se chargent presque seules de fournir des. peintres émailleurs. Jacques Noaiber. Jacques Noalher vivait dans la première moitié du régne de Louis XIV ; il essaya d'un nouveau mode d'employer Té- mail, qui consistait à modeler en relief sur le cuivre, avec une p&te d'émail blanc, des figures, des fruits, des ornements qui recevaient ensuite leur coloration de couleurs vitrifiables. Nous croyons pouvoir attribuer à cet artiste la petite tasse de notre collection, n® 783, qui donne une idée de ce genre de travail . Pierre Noualher. Pierre Noualher vivait à la fin du xvii^ siècle et au com- mencement du xvin^. On a des œuvres signées de lui avec les dates de 1686 et 1717. D'Agincourt qui, dans son Histoire de ÏAri, n'a pas trouvé « (1) M. Maurice Ardent, ouvr. cité, p. 2G. ÊMÂILLBRIE SUR MÉTAUX. 193 un mot à dire des Léonard, des Raymond, des Courteys, des Pape, des Pénicaud, a cité Pierre Noualher. C'est sans doute à la correction assez habituelle de son dessin que cet artiste a dû cet honneur. D' Agincourt se préoccupait plus du mérite da dessin que de l'exécution de la peinture en émail. Sous ce rapport, les émailleurs limousins de la fin du xvii^ siècle ou- vrent Tère de la décadence de cette école de Limoges qui avaitjeté tant d'éclat. Sous l'influence sans doute des pro- cédés que Toutin avait mis au jour à la fin du règne de Louis Xni, et dont nous parlerons plus loin, ils renoncent en partie à ceux de leurs devanciers, et cherchent à n'obtenir d'effets que par le pinceau ; l'emploi du paillon et d'une foule de ressources dont usaient les émailleurs du xvi® siècle est abandonné ; la correction du dessin est obtenue aux dépens du coloris, qui devient froid et sans transparence. Cependant la décadence ne se fit sentir que graduellement, et les émailleurs limousins de la fin du règne de Louis XIY produisirent en- core des œuvres qui jouissent d'une grande réputation. On peut juger par un émail de notre collection, n^ 784, Sainte Madelcûne en prière, qvLeFierre Noualher pouvait, tout enseignant son dessin, obtenir un coloris vigoureux No§l Laudin Tainé est le contemporain de Pierre Nouai- Noéi Laudin. her. M. Texier cite les cartons d'autel conservés à l'église cathédrale de Limoges, comme étant l'une de ses plus remar- qyUes productions. Nous avons vu au Griine Gewolbe de Dresde un émail colorié, représentant un combat de cavalerie, qa'on doit regarder comme son chef-4'œuvre. Cet émail est d'ime telle pureté de dessin et d'une finesse de coloris si par- &ite , qu'on le croirait peint sur or et sorti de l'école de Toutin. Un émail de notre collection, n® 785, Y Assomption de Ia Vierge, peint en émaux de couleur, donne une idée sa- tit&isante du talent de Noël Laudin ; mais à côté de cette prodaction, six soucoupes, n~ 786 et 787, montrent à quel pomt le besoin de fournir des objets de pacotille avait déjà fait dégénérer l'art de l'émaillerie à Limoges. Les sujets sont peints de très légères couleurs à peine ombrées, sur un fond blanc; on dirait d'une image enluminée, et jamais, sans la si- 13 I de l'école de Lîin(»ges. 194 INTKODUCTION. gnature, ou ne pourrait supposer que la même main a produit V Assomption de la Vierge et les tristes coloriages de ces sou- coupes. Il est à croire qu'en peignant lui-même des œuvres de choix, Noël Laudin avait un atelier où des ouvriers fabri- quaient à la douzaine des ustensiles domestiques. Cette spé- culation pouvait être avantageuse, mais Noël Laudin, dajis rintérêt de sa réputation, n'aurait pas dû signer des œuvres indignes de lui. j. Laudin. Joscph Laudiu, dont le monogramme est J. L. , est un pein- tre émailleur des plus féconds, qui a dû travailler longtemps. On voit au Louvre un bel émail signé de lui, qui porte la date de 1693. Cet artiste excelle surtout dans les grisailles. Derniers artisteB On citc eucorc parmi les émailleurs du xvii^ siècle : Baptiste Noualher, Valérie Laudin, Poillevet, Chousy, Lydon et quel- ques autres dont les ouvrages sont peu connus. Nous devons ajouter à ces noms celui de L. deSiuidrart. qui a signé l'émail, avec la date de 1 110, conservé à Berlin. Par son style, cet artiste appartiendrait plutôt à l'école du xvi^ siècle qu'à celle de la fin du xvii®. Après le règne de Louis XIV, l'école de Limoges est en complète décadence. Les descendants des premiers Noualher, Jean-Baptiste, Bernard, Jean et Joseph, ne sont plus que des ouvriers ignorants, connaissant à peine les premiers éléments du dessin. On cite encore cependant un portrait de Turgot,qui n est pas sans mérite, peint en 1770 par un Noualher. En gé- néral un trait incertain et fortement accusé, obtenu en décal- quant des gravures, et un coloriage grossier caractérisent la plupart des œuvres de la dernière époque de l'art limousin. Nouveaux La décadence qui commença à se faire sentir dans l'école procédés jg Limoges, vers la fin du règne de Louis XIII, doit être attri- buée, en grande partie, au développement que reçut alors un nouveau mode d'application de l'émail à la peinture, dont il nous reste à parler. En 1 632, un orfèvre deCliâteaudun, Jean Toutin, qui était fort habile dans l'art d'employer les émaux translucides, parvint à trouver une gamme de couleurs vitri- fiables opaques qui, étendues sur un fond très léger d'émail d'une seule couleur, auquel une plaque d'or servait d'excipient. ÉMÂILLERIE SUR MËTÂUX. 195 se parfondaient au feu sans s'altérer. A Taide de ces couleurs opaques, il n'était plus nécessaire, pour obtenir des ombres, de recourir à l'enduit d'émail noir sur lequel peignaient les émailleurs limousins. Les couleurs opaques doToutin étaient appliquées sur le fond d'émail, comme les couleurs à l'eau sur le vélin et sur l'ivoire dans la peinture en miniature. On a eu tort cependant de regarder Toutin comme l'inven- teur de la peinture en couleurs vitrifiables sur fond d'émail. Nous avons vu que Léonard avait essayé plusieurs fois do peindre sur fond d'émail blanc, avec des couleurs d'émail, mais les émaux colorés des peintres limousins se prêtaient peu à ce genre de travail ; sous leur pinceau les œuvres de cette ma- nière ont l'aspect d'une peinture légère sur faïence, qui est loin de valoir le chaud coloris résultant des procédés ordi- naires de l'école de Limoges du xvj^ siècle ; aussi Léonard «it-il peu d'imitateurs, et lui-même ne fit qu'un petit nombre d'ouvrages de cette sorte. La découverte de Toutin consiste donc uniquement dans la préparation des diverses couleurs opaques et dans l'emploi de lor pour excipient du fond léger d'émail sur lequel il peignait. Toutin appliqua ses procédés & la peinture des portraits luaccnbeiin. e&miniatuFe, et il s'associa pour cela à Isaac Gribelin, peintre de portraits au pastel, qui jouissait d'une réputation méritée. Bientôt ils communiquèrent leurs procédés à d'autres ar- tistes, et eurent un grand nombre d'élèves. Le premier qui se &tingaa fut Dubié, orfèvre auquel le roi, à cause de son ta- oubié. knt, avait donné un logement au Louvre. Horlière, d'Orléans, qui travaillait & Blois, se mit à pein- Moriière. dredes bagues et des bottes de montre, qui devinrent fort en ▼ogoe. n eut pour élève Robert Vauquer de Blois, habile des- Robcn vauque *nukteiir, qui surpassa son maître par la beauté de son coloris. Vinquer mourut en 1670. Kerre Chartier, auôsi de Blois, peignait les fleurs avec ciianier. L'artiste qui brilla par-dessus tous les autres dans ce nou- Petitot ^^ genre de peinture fut Petitot, né à Genève en 1607. ^^^'^'*''- J^tiné à l'état de joaillier, il travaillait dans l'atelier de Bor- 19« INTRODUCTION, ilier, où il était priucipalement chargé de préparer les émaux. Il sut leur donner des couleurs si éclatantes, que Bordier lui conseilla de se livrer exclusivement à la peinture en émail. Ces deux artistes associèrent leur talent; ils se rendirent en Italie, et là, tout en s'appliquant au dessin, ils fréquentèrent les plus habiles chimistes de ce pays, et en reçurent d*utileft leçons pour la préparation des couleurs d*émail. Etant allés s'établir en Angleterre, ils prirent aussi des conseils de Mayerne, habile chimiste et premier médecin de Charles P'. Ce monarque les prit en affection, et leur fit exécuter de nom- breux travaux. Dans cette association des deux artistes, chacun avait sa tâche : Petitot peignait les figures et les carnations ; Bordier» les cheveux, les draperies et les fonds. A la mort de Charles I^, en 1 64 9, ils vinrent en France, où Louis XIV leur fit un grand accueil. Tous les personnages célèbres de l'époque voulurent avoir leur portrait peint par eux. On peut voir au musée du Louvre, dans Tune des salles consacrées à l'exposition des dessins, un cadre renfermant un grand nombre de portraits dus à rhabile pinceau de ces artiates. A la révocation de l'édit de Nantes, Petitot, qui apparte- nait à la religion réformée, voulut quitter la France, et se re- tira à Genève, où il mourut en 1 69 1 . Bordier était mort Tannée précédente. Autres artistes Un grand nombre d'artistes français se livrèrent à ce genre français, jg peinture en émail ; il serait beaucoup trop long de les nom- mer tous, et il suffira de faire connaître les plus fameux : Prieur, dont le nom nous est révélé par sa signature sor un beau portrait, conservé* à la Kmistkanimer de Berlin, portant la date de 1 645 ; Louis Du Guemier, mort en 1 659 ; Louis de Ch&tillon, qui travaillait à la fin du règne de Louis XIV et sous la régence : il mourut en 1 734 ; Charles Boit, Suédois de nais- sance, élu en 17 1 7 membre de l'académie de peinture ; J. Le- blanc, dont le musée du Louvre conserve un émail assez grand, représentant une pauvre femme avec quatre enfants, daté de 1 7 1 8 ; Jacques-Philippe Ferrand , mort en 1 7 32 ; enfin Rouquet , LiotardetDurand, qui travaillaient vers 1750, et s'efTorçaient ÈMAILLERIE SUR MÉTAUX. 197 de soutenir la peinture en émail, déjà presque abandonnée. Le nouveau mode de peinture en émail se répandit bientôt Peintre* hors de France. Parmi les artistes étrangers qui cultivèrent ||"^„"^^g ce genre, nous citerons comme les plus célèbres Touron et à la France. M"* Terreux, Genevois, élèves de Petitot; GeorgStrauch, de Nuremberg, dont la Kvnstkammer de Berlin possède un bel émail représentant la Paix qui embrasse la Justice ; Georg- Friederich Dinglinger, peintre d'Auguste le Fort, électeur de Saxe, qui s'était formé en France ; Blesendorf, mort en 1706, qui le premier peignit sur émail à Berlin, et dont la Kunsikammer conserve un beau portrait de la reine Charlotte; les deux frères Peter et Amiens Huault : ils travaillaient à Berlin sous le règne de Frederich I^; la même collection possède un émail de ces artistes, la famille de Darius aux pieds d'Alexandre, d'après le tableau de Lebrun ; leur nom tout français et le sujet de leur émail annonce assez qu'ils appartenaient à la France; Ismaël Mengs, mort en 1764, père du célèbre peintre Raphaël Mengs, qui lui-même a peint quelques émaux ; une madone et un Ecce Homo de sa main se trouvent au Grime Gewblbe de Dresde ; enfin Zing et M eytens , tous deux Suédois, morts en 1 770. La peinture en émail, réduite, dans le système de Toutin, à Abandon ne produire que des miniatures, et ne pouvant s'appliquer qu'à ^^ ** p«>ni"r« des œuvres de petite proportion, ne devait pas fournir une longue carrière. Vers le milieu du dernier siècle elle était presque abandonnée. Quelques artistes isolés se livrèrent en- core cependant avec succès à ce genre de peinture. Louis XVI chercha à le faire revivre en chargeant, en 1785, Weiller, run des meilleurs artistes émailleurs de cette époque, de peindre les portraits de plusieurs hommes célèbres, qui furent exposés au Louvre en 1787. On verra dans notre collection quelques émaux des émail- leonde Blois et de Chàteaudun, de l'école de Toutin; des portraits sur émail de l'époque de Louis XIV, et plusieurs ^WttudelafindurègnedeLouisXVetdutempsdeLouisXVI, qui sont remarquables par un bon dessin, une grande finesse de touche et un beau coloris. 108 INTRODUCTION. Ainsi rhistoire entière de la peinture en émail, depuis le coni' mencement du moyen âge jusqu'à la fin du dernier siècle, est développée dans notre collection par une série de monuments qui ne laisse aucune lacune, et fait connaître les tranforma- tiens diverses de cet art. Sous l'Empire et sous la Restauration, quelques artistes se sont encore occupés de la peinture en émail sur or ; mais à notre époque, où Ton veut pardessus tout des jouissances qui ne se fassent pas attendre et qui soient peu coûteuses, ce genre de peinture ne peut avoir aucun succès. C'est en dpn- nant à la peinture en émail une plus large direction que Ton parviendra à réveiller cet art tout français, qui, dans des ap* plications diverses, a déjà jeté tant d'éclat durant le moyen âge et à l'époque de la renaissance. DAMASQUINERIE. pri)ccdé8 L'art de damasquiner consiste à rendre un dessin par des de la g]g^g j>Q^ Q^ d'argent appliqués sur un métal moins brillant, comme le fer ou le bronze, qui sert de fond. On rencontre aussi des damasquines exécutées sur or avec de l'argent, ou sur argent avec de l'or. On procédait de deux manières, suivant qu'il s'agissait de damasquiner le fer ou un métal moins dur. Dans le premier cas, on couvrait d'une taille très fine, analogue à celle des li- mes les plus délicates, toute la superficie de la plaque de fer qui devait recevoir des dessins de damasquinure ; puis sur ce champ intaillé l'artiste exprimait le dessin qu'il voulait re- produire par des fils d'or ou d'argent qu'il y fixait à l'aide d'une forte pression ou du marteau. Les dessins étant ainsi posés, la pièce entière était polie avec un brunissoir ou un instru- ment du même genre, qui, en fixant plus solidement l'or ou l'argent, écrasait les tailles du champ et lui rendait son poli primitif. Le travail de damasquinure équivalait, dans cette première manière, à une broderie plate. DAMASQUINERIË. 199 On exécutait aussi, par un procédé analogue, une dainas- quinure en relief, dont on peut voir un beau spécimen sur une armure de Henri II dans le cabinet des médailles à la Bibliothè- que royale. La manière de procéder était al^rs différente : les traits du dessin étaient gravés en creux sur le fer, et le fond du trait, obtenu par le burin, était seul intaillé on forme de finie; les fils d or ou d'argent étaient fixés dans Tintaillo par la pression. S'il s'agissait de damasquiner des métaux d'une dureté moindre que le fer, comme le bronze, par exemple, le métal du fon4 était légèrement champlevé dans la forme extérieure de la figure que l'artiste voulait rendre ; une mince feuille d'or ou d'argent était appliquée sur cette partie champlevée et y était fixée par le rabat du métal du fond sur son contour. Sur la feuille d'or ou d'argent ainsi incrustée au niveau du nu du bronze, l'artiste pouvait ensuite exécuter les détails inté- rieurs du dessin des figures, soit avec des oiselets ou des bu- rins, soit en estampant la pièce avec des poinçons gravés. Les anciens pratiquaient avec succès la damasquinerie. Ils en attribuaient l'invention àGlaucus de Chios. La fameuse tMelsiaque, qui fut retrouvée chez un serrurier, après le sac de Rome, en 1 527 , était rehaussée d'une riche damasquinure, qui montre que les Egyptiens excellaient dans ce genre de travail^ La damasquinerie a été également en usage au moyen &ge ; do la néamnoins la rareté des monuments de damasquine de cette ^«^asquioerie ^ *, au moyen âge. époque semble établir que les peuples de l'Occident ne sa- vû^tpas alors enrichir de damasquinures leurs travaux de fer ou d'airain. Les peuples du Levant, au contraire, s'étaient Mqnis une grande réputation dans cet art, et le nom de da- ^"M»qmerie lui est venu de ce que les habitants de Damas y ont principalement réussi. Nous savons, en effet, que les fameuses portes de bronze de 1* hasilique de Saint-Paul hors les murs, à Rome, dont les nom- (0 La table Isiaque tirait son nom de la déesse Isis ({ui s'y trou- vait représentée. Motitfaucon, t. II, 2" part., 1. Il, ch. i-iii. — De Catlds, Recueil d'antiq., t. VII, pi. xii. 200 INTRODUCTION, breux sujets étaient rendus par une riche damasquinure, avaient été faites en 1070 à Constantinople^ Théophile qui, dans sa Diversarum artium schedula, a traité d'un si grand nombre des arts d'ornementation, ne parle pas des procédés de la damasquinerie dans les parties de son ouvrage qui sont parvenues jusqu'à nous ; dans sa préface, c'est aux Arabes qu'il donne la prééminence dans l'art de décorer les métaux*. Nous serions disposé à croire que les procédés de la da- masquinerie furent apportés en Italie, avec ceux de beaucoup d'autres arts industriels, au commencement du xv^ siècle ; car on voit cet art s'y développer, et la damasquinure est appliquée dès cette époque à une foule d'objets les plus divers. Ce sont surtout les artisans travaillant le fer qui s'emparèrent de ce genre de décoration. Ils s'en servirent principalement pour enrichir d'élégantes arabesques les armures de fer des hom- mes et des chevaux, les boucliers, les poignées et les fouiv Au xvrwècie. reaux des épées'. Au xvi® siècle cet art était arrivé à son plus haut degré de perfection. On fit alors des cofïrets, des tables, des cabinets, des toilettes en fer, dans les formes les plus élé- giuites, avec des ornements, des arabesques et des sujets da- masquinés. Venise et surtout Milan se distinguèrent dans ce travail. Il faut compter parmi les plus fameux artistes vénitiens du commencement du xvf siècle Paolo, qui reçut le surnom d'Azzimino, à cause de sa grande réputation dans la damas- quinerie, laquelle, en Italie, reçoit souvent le nom de laiooro air azzimina^, ^eirce qu'on l'employait principalement à l'or- nementation des armures. Leonardo Fioravanti^ fait mention de Paolo Rizzo, orfèvre vénitien, qui avait inventé de char- mantes damasquines. Milan, &la môme époque, eut des damasquineurs non moins (1) D'Agincourt, Sculpt., t. Il, p. 48, et t. III, p. 14. (3) « Quam si diligerUius perscruteris, illic invenies.... quidquid duc- tUi, vel fusUi, vel interrasUi opère distinguit Arabia, • (3) Vasari , Vite dé* più eccellenti pittori , etc. , itUroduziane , cap. xxxiv. Edit. Livomo, il 67, (4) CicoGNARA, Storia délia scuUura, t. Il, p. 437. (5) Lo Specchio di scienza universak. DAMASQUINERIE. 201 distingués : Giovanni - Pietro Figino, Bartholomeo Piatti, FniQcesco PeUizzone et Martino Ghinello. A ces noms il faut ajouter ceux d'artistes qui enrichirent de damasquinures les produits de leur industrie : l'orfèvre Carlo Sovico ; Ferrante Bellino et Pompeo Turcone, artisans en fer ; Giovanni Am- brogio, tourneur d'un grand mérite ; Filippo Negroli, armu- rier fiimeux, que Vasari cite comme le plus habile ciseleur- damasquineur de son temps; Antonio Biancardi, Bemardo Gto, Antonio, Frederico et Luccio Piccinini, qui firent des ar- mures merveilleuses pour les Famèse, et Romero, qui en fa- briqua de toute beauté pour Alfonse d'Esté, IP du nom, duc deFerrare. Benvenuto Cellini, cet artiste universel, s'exerça dans sa jeunesse & ùàre des damasquines ; il nous l'apprend dans ses curieux Mémoires, ajoutant que les Lombards, les Toscans et les Romains pratiquaient & cette époque (vers 1534 ) ce genre de travail ; les Lombards excellaient à repro- duire les feuillages du lierre et de la vigne vierge, les Toscans et les Romains à copier les feuilles de l'acanthe avec ses reje- tons et ses fleurs, parmi lesquels ils entremêlaient des oiseaux «t de petits animaux * . La damasquinerie conmiença & être pratiquée en France dans la seconde moitié du xvi® siècle. Cet art comptait plu- sieurs artistes très habiles sous le règne de Henri IV. Cur- sinet, fourbisseur à Paris, se fit dans cet art une grande ré- putation, tant par la pureté de ses dessins que par sa belle DUttiière d'appliquer l'or et de ciseler en relief par-dessus*. La collection possède plusieurs pièces très précieuses en fer damasquiné. Le chanfrein de l'armure de Ferdinand d'Au- triche, n® 1392, est un des plus beaux spécimens de lappli- <^ou de damasquinures aux armes de guerre. La toilette ^° 820 et le cabinet n° 821 sont les monuments les plus ad- orables qui subsistent aujourd'hui de la damasquinerie. (0 Vita di Benvenuto Cellini scritta da lui Medesimo, Ed. Firenze, >W0,p. es. W V École de la miniature, avec la méthode pour étudier Vart de la ^^^^^uinerie. Paris, 1766, p. 176. 202 INTRODUCTION. ART DU LAPIDAIRE. Les peuples anciens et modernes qui ont cultivé les arts- ont toujours montré beaucoup de goût pour les coupes et les vases façonnés avec les belles matières minérales que fournit la nature. Lorsque ces sortes de vases sont enrichis défigu- res et de sujets, ils appartiennent à la sculpture ou à Im glyptique, suivant qu'ils sont taillés dans une pierre tendre ou dans une pierre dure ; mais lorsque l'artiste a seulement donné le modèle de la forme, que l'ouvrier a taillé la pierre, et que l'œuvre tire son importance plutôt de la valeur de la matière et de la difficulté de la travailler que de l'art, il nous a semblé que, dans ces conditions, les vases devaient consti- tuer une classe à part dans l'industrie artistique. Nous ayons donc réuni tous ceux qui appartiennent à la collection pour en faire la description sous ce titre : Art du lapidaire. Nous les avons divisés en deux catégories : la première comprend les vases en matières précieuses ^ : la seconde ceux qui sont en marbre et autres matières tendres; le travail étant dif- férent, suivant la nature de la pierre, et les artisans qui l'exécutent n'étant pas les mêmes , il fallait établir cette distinction. Les pierres siliceuses et quartzeuses transparentes, telles que les gemmes et le cristal de roche ; demi-transparentes, telles que la prase, l'opale, le girasol, l'agate, la calcédoine, la sardoine, la sardonyx, la cornaline ; opaques, telles que les différentes sortes de jaspe, ont été les plus recherchées pour la confection des vases. Le lapis-lazuli, quoique faisant partie des pierres argileuses, a été également très en vogue, et peut être classé parmi les pierres dures, puisqu'il fait feu sous le (1) Quelques-uns des vases de la collection en cristal de roche sont enrichis de gravures en creux ; ils auraient pu, comme le bel oiseau, n? 824, figurer honorablement dans les travaux de la glyptique. Nous les avons classés avec les autres vases, afin de réunir ensemble tous les monuments de cette nature. ART OU LAPIDAIRE. 203 briquet. Le marbre elles roches ont aussi fourni de très beaux produits. Les Romains, qui déployaient une grande magnificence et beaucoup de profusion dans leur goût pour les vases, recher- chaient tout particulièrement ceux en matières rares, qu'ils préféraient souvent aux vases d'or et d'argent. Ce que Ton trouve dans les anciens auteurs, sur le nombre des vases et des coupes de cette espèce qui existaient à Rome, paraîtrait in- croyable, si l'on ne savait en même temps par eux que ces rases avaient été enlevés des provinces conquises et princi- palement de l'Asie. Pompée, qui s'était emparé des trésors de Mithridate, avait apporté à Rome et consacré dans le temple de la Fortune la collection de vases de ce grand prince. Pline, en rapportant ce fait, dit que Pompée fut le premier qui fit connaître aux Romains les vases murrhins. Bien que les antiquaires ne soient pas d'accord sur la matière deoes vases, l'opinion la plus générale est qu'ils étaient taillés dans la sardonyx. Quelques-uns de ces précieux objets ont été conservés du- rant le moyen &ge, et il y a lieu de croire que ceux auxquels on donnait à cette époque le nom de vases de madré n'étaient sotres que des vases murrhins de l'antiquité ^ . On trouve assez souvent de ces vases de madré catalogués dans les inven- taires du xrv^ siècle. Ils sont en général enrichis de montures ^ or et en argent ciselées et émaillées, qui témoignent du prix qu'on attachait alors à ces pièces antiques. Ainsi nous li- sons dans l'inventaire de Charles V*, au fol. 85 : - Une couppe " demadre gamye d'or dont en la pâte du pié, qui est en façon "de rose, sont six ymages enlevez et au pommel six roys, et * ^t tout ledit pié à jour : c'est assavoir fleurs de lys, troys "balaiz et six grosses perles, etc. ** Plus loin, au fol. 203 : " Ung hanap de madré à oreilles de soy mêmes sans nulle "garnyson. « On avait compris que ce vase tirait sa plus (0 Du Gange, Glossarium ad scrip. med, et inf, lat., à ce mot. — nOQBEFORT, Glossaire de la langue romane. (2) Ils. Bibl. roy.,no 8356. L 204 INTRODUCTION. grande valeur de ses anses prises dans la masse : aussi ne fut-il pas monté comme le premier que nous avons cité. On rencontre encore dans les anciens inventaires quelques vases en cristal, en agate, en jaspe qui devaient être antiques. Plusieurs avaient été appropriés aux usages du culte, et for- maient des calices et des burettes, dont les montures, en or ciselé, étaient rehaussées de pierres fines et de perles *. Néanmoins les vases taillés dans des matières dures ne se rencontrent qu'en très petit nombre, même dans le trésor des rois et des plus somptueuses abbayes ; ce qui prouve encore, comme nous lavons dit en parlant de la glyptique, que Tari de tailler les pierres dures et de les graver n'était pas prati- qué en Europe durant le moyen âge, si ce n'est à Constantin nople. Le trésor de l'église Saint-Marc à Venise est très riche en matières dures, que les Vénitiens ont rapportées de la viOe impériale, après s'en être emparés en 1204. Elles sont plutôt remarquables par leur volume considérable que par la beauté de leurs formes. Lorsque l'invasion des Turcs dans^ l'empire d'Orient eut forcé les artistes grecs à se réfugier en Italie, qu'ils y eurent importé les procédés de la glyptique, et que des artistes du plus grand mérite se furent élevés presque aussitôt à un haut degré de perfection dans cet art, on s'occupa de nouveau de rechercher les belles matières et de les façonner en vases de toutes sortes. Au commencement du xvi^ siècle ces vases jouissaient d'une faveur extraordinaire ; les plus grands ar- tistes graveurs sur pierres fines ne dédaignèrent pas d'en tailler de leurs mains. Vasari nous apprend que le (ieuneux Valerio Vicentino fit une multitude de vases de cristal pour Qément VII, qui en donna une partie à différents princes, et le surplus à l'église San-Lorenzo de Florence'. Jacopo da Trezzo en produisit aussi de très beaux^. Gasparo et Giro- lamo Misseroni de Milan, élèves de ce célèbre graveur, fai- (1) Felibien, Hist. de Vabba'.ie de Saint-Denis, Paris, 1706, p. 541 et suivantes. (2) Vasari, Vie de Valerio Vicenlino et autres (jraceurs en camées, (3) Idem^ vie des mêmes artistes. ART OU LAPIDAIRE. 205 saient aussi des vases très recherchés ; Vasari en mentionne particulièrement deux qui leur avaient été commandés par le dacCosme; l'un était taillé dans un morceau de lapis, Tautre dans un morceau d'héliotrope d'un grandeur prodigieuse. La famille Misseroni compte encore parmi ses membres d'autres lapidaires renommés : Ambrogio, Ottavio et Giulio. Les frères Sarrachi travaillaient le cristal pour en faire des ▼ases en forme de galère, dont la mâture et l'armement étaient en or*. U cabinet des gemmes de la galerie de Florence conserve un nombre prodigieux de beaux vases sortis de la main des premiers artistes de l'Italie. François P' et Henri II avaient un goût décidé pour ces riches matières si bien travaillées. Ces princes en rassemblé- Knt une quantité considérable. L'inventaire fait sous Fran- 9>i8 II, le 15 janvier 1560', des joy aulx éCor et autres choses skieuses trouvées au cabinet du roi à Fontainebleau^ constate l'existence d'un très grand nombre de vases et de coupes de tontes sortes en agate, en calcédoine, en prime d'émeraude, en lapis, en jaspe, en cristal et autres matières précieuses; le musée du Louvre a conservé plusieurs des beaux vases qui proviennent du trésor de ces princes. Qq voit aussi de fort belles matières travaillées et riche- ment montées dans le Trésor impérial de Vienne et dans la Chambre du trésor du roi de Bavière. Le Grime Getoblbe de Dresde contient une foule d'objets de ce genre, et surtout de beanx cristaux de roche des artistes milanais. Ces productions de l'art du lapidaire étaient si estimées au *vi* siècle et au conunencement du xvif, que l'on en con- ciles montures aux plus habiles orfèvres. Parmi les pièces Plieuses du cabinet des gemmes de Florence, on voit une <^Qpe de lapis-lazuli dont les trois anses en or émaillé, enri- <^e8 de diamants, sont dues au talent de Benvenuto Cellini, ^tun vase en cristal de roche dont le couvercle d'or a été ci- (0 GicoGNARA, Storia délia sculL, t. II, p. 412 et413. W Ms. Bibl. roy., n« 9501, Lancel. 20C INTRODUCTION. selé et éma^lé par ce grand artiste. Plusieurs des vases de la collection du Louvre sont aussi montés avec beaucoup de luxe et de goût. La taille des vases en pierres dures suivit le sort de la glyp- tique, et fîit & peu près abandonnée au x\if siècle ; mais lors- que le goût pour les camées et les intailles eut reparu avec les bons graveurs du xvni°, les artistes de second ordre s'a- donnèrent de nouveau & ce genre de travail. De jolis ouvrages sortirent de leurs mains; mais on ne vit plus paraître de pièces d une dimension considérable en agate, en lapis, en jaspe, en cristal, comme celles qui avaient fait la gloire des artistes italiens du xvi® siècle. La collection possède quelques pièces en matières dures de cette époque qui mériteraient de prendre place à côté des beaux vases de Florence et du Louvre. Tels sont Foisean en cristal, n^ 824, et la belle coupe en lapis-lazuli, n^ 826. Cette coupe pourrait bien être celle qui appartenait à Henri JI, et qui est ainsi désignée dans son inventaire, n° 292 : « Un >• vase de lapis avec son couvescle godronné, garny d*or, où «« il y a une petite femme dessus, estimé 200 écus. *• Cette description s'applique parfaitement à la coupe que nous pos- sédons. ORFÈVRERIE. On entend aujourd'hui par orfèvrerie l'art de travailler I or et Targent. Nos orfèvres modernes ne daigneraient pas toa- cher à des matières moins précieuses; mais au moyen &ge et même au temps de la renaissance, où les riches métaux n'é- taient pas aussi abondants, les orfèvres travaillaient le cuivre et d'autres métaux encore à l'égal de l'or et de l'argent. Les monuments que conserve notre collection se rattachant pour la plupart à ces deux époques, nous avons dû comprendre dans nos descriptions, sous le titre d'orfèvrerie, non-seulement les statuettes, les bas-reliefs, les vases et les bijoux d'or et ORFÈVRERIE. 207 d'argent, mais encore ces châsses, 'ces reliquaires, ces usten- siles mobiliers en cuivre ciselé et doré, rehaussés de pierre- ries et d'émaux, ces étains de Briot, d*un fini merveilleux, tous ces objets enfin qui de leur temps appartenaient à Tor- févrerie. On ne devrait jamais écrire l'histoire d'un art qu'en présence Destruction des monuments qu'il a produits; mais il est impossible de se ^,^1^^^ fwomettre à ce principe dans l'histoire de l'orfèvrerie des épo- du moyen &ge. ques reculées. La richesse de la matière a causé la perte d'une foule de trésors artistiques, et bien peu de pièces d'orfèvrerie ont pu échapper à travers tant de siècles aux besoins, & l'igno- nmte cupidité, aux désordres sans cesse renaissants. La mode, cette déesse du changement dont le culte destructeur est de tontes les époques, a contribué plus encore que toutes ces mi- sères à l'anéantissement des plus beaux objets d'orfèvrerie. Sa foreur n'a rien respecté, pas même les choses saintes; nous en citerons seulement trois exemples entre mille. En 888, le comte Eudes, qui venait d'être proclamé roi, arait offert à l'abbaye Saint-Germain des Prés une châsse magnifique couverte de lames d'or et de pierres précieuses, ponr remercier le ciel de ce qu'il était parvenu & repousser les attaques des farouches Normands. Cette châsse reçut les reEques de saint Germain, à l'intercession duquel les Pari- nens attribuaient leur délivrance. Ce monument était donc respectable à plus d'un titre; cependant en 1408, l'abbé Guil- borne, voulant avoir une châsse nouvelle dans le goût de son ^ps, le livra au creuset de trois fameux orfèvres, dont l'œnvre, quelque belle qu'elle fût, ne pouvait remplacer l'ex- ▼oto'du roi Eudes. Non content de ce premier acte de vanda- bœ, ce même abbé novateur fit fondre un devant d'autel fort riche qu'un de ses prédécesseurs avait donné à l'abbaye cal2î6*. I^ xni* siècle, au surplus, dont les œuvres se trouvaient dé- bites par l'abbé Guillaume, avait donné à celui-ci Texemplc (0 DoM BouiLLARD, Htst, de Vabbaye de Sitint-Germain des Prés, Paris, 1734, p. 59, 166 et 167. •208 INTRODUCTION. (le la destruction. Sous saiflt Louis, la châsse de sainte Gene- viève , exécutée par saint Êloi , avait été fondue et renou- velée ^ Le XVI® siècle marcha hardiment sur les traces de Tabbé do Saint-Germain des Prés : Louis XI, pour témoigner à saint Martin sa reconnaissance de la mort de Charles le Téméraire, avait fait renfermer le tombeau du saint dans un treillis d*argent d'un travail exquis ; en 1522, François I^ fit fondre ce bel ouvrage. Ainsi, lorsque nous voyons chacun des siècles du moyen âge détruire, comme à Tenvi, les monuments les plus res- pectés, sans autre motif que celui de se procurer des objets nouveaux, cessons d'accuser uniquement de la destruction des trésors de l'orfèvrerie les protestants du xvi® siècle, aveu- glés par le fanatisme religieux, Louis XTV et les républicains de 17 92, poussés par la nécessité de pourvoir & la défense de la patrie. Quelles que soient les causes de l'anéantissement des pro- ductions de l'orfèvrerie , il est malheureusement trop con- stant qu'il n'en reste à peu près rien des premiers siècles du moyen âge, et que les monuments postérieurs au x® siècle, d'ailleurs en petit nombre, qui ont échappé & la destruction, sont dispersés un à un, pour ainsi dire. Il en résulte que, même après avoir visité toutes les collections de l'Europe et les trésors de ses principales églises, on se trouve presque réduit, pour tracer une esquisse même imparfaite de l'histoire de l'orfèvrerie, aux généralités que procurent des textes sou- vent obscurs et quelques descriptions incomplètes. De rorférrerie L'art de l'orfévrerie était fort estimé dans l'antiquité, du nr« au viii* comme OU peut en juger et par les écrits des auteurs anciens, et par les monuments qui sont parvenus jusqu'à nous*. Le triomphe de la religion chrétienne, sous Constantin, lui im- prima un nouvel essor. On sait en effet, par le Liber pontifi'- (1) L^abbé Tbxieb, ouvr. cité, p. 45. (3) La collection étant fort riche en bijoux, nous avons conservé* par exception, quelques pièces antiques, comme terme de comparaison avec les bijoux du xvi® siècle. Elles sont cataloguées du n® 972 au n» 978. ORFEVRERIE. 209 coAJf d'Anastase le Bibliothécaire, qu'avant de transporter en Orient le siège deTcmpire, Constantin, sous les inspirations de saint Sylvestre, dota les églises de Rome de présents ma- gnifiques. Ce furent des croix d*or du poids de trois cents li- vres, des patènes d'or d'une dimension considérable, des ca- lices d'or et d'argent, des burettes pour le vin de l'offertoire, des lampes et des lustres de différentes formes enrichis de ignres d'animaux, des fonts baptismaux, des devants d'autel, des encensoirs et jusqu'à des statues d'or et d'argent. Us papes, successeurs de saint Sylvestre, continuèrent à enrichir les églises de Rome de dons précieux en orfèvrerie, à toutes les époques où les troubles et les guerres qui agitèrent ritalie ne leur interdirent pas de le faire. Le pape Symmaque (498 f 614) fut celui de tous, depuis saint Sylvestre, qui fit &briquer les pièces d'orfèvrerie les plus précieuses. Suivant le relevé que d' Agincourt a eu la patience d'en faire * sur le t^ porUificalis d'Anastase, elles se seraient élevées au poids décent trente livres d'or et de mille sept cents livres d'argent. Cependant Constantin avait appelé & Constantinople les ar- tistes les plus habiles ; ils s'y succédèrent, et ce fut dans cette îiDe, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, que les tfts de luxe prirent le plus grand développement. Le goût ponr l'orfèvrerie y devint une passion générale, et la décora- tion des temples cessa d'être le but exclusif des productions de cet art. Les palais des grands rivalisèrent de magnificence avec les églises ; une prodigieuse quantité de vases d'or et d'argent vinrent décorer leurs fastueuses demeures*, et les feounes étalèrent dans leurs bijoux un luxe inouï. «• Toute • notre admiration est aujourd'hui réservée pour les orfèvres •et pour les tisserands, »» s'écriait saint Jean-Chrysostôme, dans sa chaire de Constantinople, en tonnant contre l'orgueil etlelnxedes grands^; et, peu après, le saint patriarche, ayant o«é élever ses censures jusqu'à l'impératrice Eudoxie, payait de sa vie la liberté de ses paroles. (I) Hiit. de VArt, t. I, p. 99. (î) PRUDENTIUS, nepl Ireçâvfdv, Prœf, 13. (s) s. Chrysost., In Joan, homil, lxix, altâÀLXViu. 14 210 INTKODUCTÏON. Ce n'était pas seulement à Constantinoplo et à Rome que l'orfèvrerie était alors florissante. La Gaule, malgré l'inva- sion des Francs, avait conservé les habitudes de luxe de la civilisation gallo-romaine, et les premières églises édifiées dans notre pays par les apôtres qui y avaient prêché la doc- trine du Christ s'enrichirent bientôt de vases d*or et d'argent. Un document fort curieux, le testament de Perpetuus, évé- que de Tours (f vers 474 ), nous en fournit la preuve : « A ^ toi, frère etévéque, très cher Eufronius, dit le saint prélat, M je donne et lègue mon reliquaire d'argent. J'entends celui » que j'avais coutume de porter sur moi ; car le reliquaire ** d'or, qui est dans mon trésor, les deux calices d'or et la M croix d'or fabriquée par Mabuinus, je les donne et lègue à « mon église ^ » Inscrivons donc Mabninus en tête de la liste des orfèvres français. Il ne reste, au surplus, que bien peu de chose de rorférrerie des premiers siècles du moyen âge. Les seules pièces qui aient survécu sont trois ou quatre vases en argent, conservés dand le Muséum chrisHanum de la bibliothèque vaticane, qui ont dû servir de burettes*; un coffre de toilette en argent ciselé/ découvert en 1793 à Rome surlemôntEsquilin, dontd'Agin- court a donné la gravure* et que Visconti a décrit -•; Tépée avec quelques ornements de manteau trouvés dans le tombeau de Childéric Les vases d'argent ont beaucoup d'analogie avec ceux que les païens employaient à leurs libations, et le coffret de toilette est empreint des inspirations de l'antiquité. S'il est permis de juger l'orfèvrerie de ces premières époques d'après ce petit nombre dé spécimens, on conclura que les orfèvres chrétiens n'avaient point encore de style qui leur fût propre, et qu'ils suivaient, comme les sculpteurs, les errements de • (1) Tesiamentum Perpeiui Turonis episcopi. Apw1ï>'kciii^n\,SpicU.^ t. V, p. 106, éd. in-4®. (2) D'Agincourt, Hist. de VArU 1. 1, p. 106. (3) HisL de l'Art, SculpL, pi. 9. (4) Lettera di Fnnio Quirino Viaconti su di iina aniica argenteria. Roma, 1793. ORFÈVRERIE. 211 l'art antique. Quant à 1 epéc de Childéric, nous avons déjà dit que nous la supposons d'origine byzantine. La destruction de lempire romain sous les coups d'Odoacro en 476, Tinvasion des Goths , les guerres de Bélisaire et de Narsès, rétablissement des Lombards et les agitations qui 86 manifestèrent sans cesse pendant leur domination en Italie, ne laissèrent que peu d'instants de repos à ce pays durant les V*, VI*, vn* et vui* siècles. Cependant , bien que l'orfèvrerie , plus qu* aucun autre des arts industriels , paraisse ne pouvoir se développer que dans des temps de tranquillité, elle ne cessa pas d'être cultivée même par les barbares. Les seuls monu- ments de 1 orfèvrerie de cette époque qui soient parvenus jus- qa 4 nous proviennent en effet des dons faits par Théodelinde (t 616) , reine des Lombards , à la basilique de Monza, où ils sont encore conservés. Ils consistent en une riche boîte ren- fermant un choix d'évangiles , une couverture d'évangéliaire ornée de pierres de couleur et la célèbre couronne de fer qui servait au sacre des rois d'Italie. Cette couronne tire son nom d'ui cercle en fer qui est incrusté dans la partie interne, et qu'on suppose avoir été forgé avec l'un des clous qui attacha le Christ à la croix; elle se compose d'une sorte de carcan à articulation en or, de 7 à 8 centimètres environ de largeur, dttrgé de saphirs, d'émeraudes, de rubis et d'autres pierres finea cabochons, entremêlées de fleurons d'or* . A part l'ancien- neté, elle n*a d'autre mérite que la richesse des matières dont de est formée, et ne peut nous révéler le talent artistique des orfèvres lombards ou italiens de la fin du vi® siècle. La répu- tation de ces artisans était fondée principalement sur la cou- i^^uuie d'Agilulphe , qui était enrichie de quinze figures d'or : le Christ entre deux anges et les douze apôtres. Malheureuse- ®Qit ce magnifique bijou, qui avait paru digne d'être apporté i Paris en 1799 après la conquête de l'Italie, fut volé en 1804 <^8 le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale et fondu par le receleur du vol. Il faut dire cependant que les bi- • JOUI de Monza ont été restaurés et même refaits en partie au (OBIleaété publiée parM.DuSommcrar(l,i4/6Mwi,10«.série,vl.XIV. 212 INTRODUCTION. XIV* siècle par Ântellotto Braccioforte , célèbre orfèvre de ce temps S en sorte qu*il est à croire que les figurines d'or de la couronne d*Agilulphe provenaient plutôt de la main d' Antel- lotto que de celle des orfèvres lombards. A la fin du vi* siècle la France, de son côté, continuait i pratiquer avec succès l'art de J'orfèvrerie , et Limoges parait avoir ètè le centre principal de cette industrie. C est dans cette ville que florissait Abbon, orfèvre et monétaire, chez le- quel fut placé le jeune Eloy ( ô88f 659) , qui, de simple artisan, devint l'homme le plus marquant de son siècle, et mérita, par ses vertus , djètre placé au rang des saints *, L apprenti ent bientôt surpassé son mattre. Sur sa réputation , il fut appelé à la cour de Clotaire II, pour lequel il fit deux trônes d or en- richis de pierreries , d'après un modèle conçu par le roi loi- même, qui n'avait pu trouver encore un ouvrier assez habile pour le mettre à exécution. Les talents et la probité de saint Éloy lui concilièrent aussi TaiTcction de Dagobert I^, qui le chargea de travaux d orfèvrerie considérables. Saint Ouen , qui a écrit la vie de saint Éloy, et le moine historien ano- nyme de Saint-Denis ', nous ont laissé Ténumération de ses ouvrages d art. Les principaux sont une grande croix d'or re- haussée de pierres fines pour la basilique de Saint-Denis ; le mausolée de ce saint apôtre , dont le toit de marbre était coa- vert d'or et de pierreries ; la châsse de sainte Greneviève, celle de saint Germain, et surtout la châsse en or, d'un travail mer- veilleux, qu'il fit pour renfermer la dépouille de saint Martin, évêque de Tours *. Avant 1790 , un grand nombre d'églises et de monastères, notamment Saint-Denis et l'abbaye de Chelles , possédaient encore des pièces d'orfèvrerie attribuées à saint Éloy ; comme (1) MuBATORi, Rer. ital, scrip,, t. XII. Cron, di Monza serti, âa B. Morigia. (3) AuDOENUS, invita BeatiEligii, ap. d^Achery, SpicU , t. V,p. 157. (3) Gesta Dagoberti, ap. Du Ghesne, 1. 1, p. 578. (4) •Sed prœcipuè B, Martini Turonis civitate^ Dagobert o rege kn- pensas prcebente, miro opifido ex auro et gemmis contexit sepulcrum, • AuDOENUs, t'yi vità B, Eligii, loc. cit., p. 184. ORFÈVRERIE. 213 elles ont toutes dispai'u, il n y a aucun intérêt à rechercher le plus ou moins d'authenticité de ces monuments. Il existe en- core cependant dans la sacristie de l'église royale de Saint- I^enis un siège en bronze gravé et doré qu'on regardait, dès le xn* siècle*, comme ayant été fabriqué pour Dagobert. On pense généralement aujourd'hui que la partie inférieure de ce iDonanient est une chaise curule antique, et que le dossier à • jour et les bras seuls ont pu être ajoutés dans le cours du x® ottdn XI* siècle. Dovenu monétaire et trésorier de Dagobert, saint Ëloy fut placé, en 640, sur le siège épiscopal de Noyon. On conçoit qoe, devenu ministre et haut dignitaire ecclésiastique, le saint prélftt dut renoncer à se livrer par lui-même à Texercice de Itrt qui avait été la cause première de son élévation. Ce fut NDB doute 06 qui l'engagea à fonder le monastère de Solignac, près de Limoges, où furent réunis des moines habiles dans tons les arts*, qui se chargèrent de perpétuer ses enseigne- ments et de pratiquer les diverses industries artistiques , appliquées principalement alors à la production des instru- ■ents du culte et de la liturgie. Thillo, connu sous le nom desamtThéau, élève de saint Éloy', habita pendant quelque temps le monastère de l^lignac, pour y diriger sans doute les jeimes moines destinés à l'orfèvrerie. Cet exemple, donné par saint Éloy, fut suivi au surplus dans les siècles postérieurs par des princes et des évêques : on grand nombre de monastères furent fondés avec cette au- guste mission de cultiver les sciences, les lettres et les arts , oûssion noblement remplie , car les monastères en furent les uniques gardiens durant ces temps de souffirance et d'obscur- cttsement , au milieu des guerres et des invasions qui sem- blaient devoir les anémitir. (0 SoGERii Lib. de rébus in cuiminist, sua gestis, Hist. Franc, script, ^DdCbesne, Lut. Paris., 1641, t. IV, p. 348. {'^)*Habentur ibi et artifices plurimi diversarum artium periti.» AoDOKNDs, in vit. B. Eligii, loc. cit., p. 171. (3) AuDOENUs, loc. cit., p. 163. 2M INTRODUCTION. Époque Aussi lorsquc Charlemagne voulut relover le culte des arts caiioviDgienne. j^^ ]^ vaste empire qu'il avait soumis à ses lois, trouva-t-il, pour l'orfèvrerie, des artistes tout prêts à seconder ses vues. Les églises furent abondamment pourvues de vases d'or et d'ar- gent; les princes et les évéques rivalisèrent de magnifi- cence dans les présents dont ils dotèrent les basiliques res- taurées et embellies par les ordres du puissant empereur*. Son testament, que nous a fait connaître Éginhard, est un eu- rieux témoignage des immenses richesses en orfèvrerie que possédait ce prince. Entre autres objets, il faut remarquer trois tables d'argent et une table d'or, d'une grandeur et d'un poids considérables. Sur la première était tracé le plan de la ville de Constantinople, sur la seconde une vue de Rome ; la troisième, très supérieure aux autres par la beauté du travail» était convexe et composée de trois zones qui renfermaient la description de l'univers entier, figuré avec art et finesse. Ainsi la science et l'art avaient réuni leurs efforts dans l'exécution de ces monuments. Un assez grand nombre des plus belles pièces d'orfèvrerie que possédaitCharlemagne le suivirent dans son tombeau. Son corps embaumé fut, dit-on, renfermé dans une chambre sépul- crale, sous le dôme de l'église d'Aix-}arChapelle. Il était assis sur un siège d'or et revêtu des habits impériaux, ayant au o6té une épée dont le pommeau était d'or, comme là garniture du fourreau ; sa tète était ornée d'une chaîne d'or dans laquelle était enchâssé un morceau du bois de la vraie croix. Son scep- tre et son bouclier, tout d'or, étaient suspendus devant lui*. Ces richesses tentèrent la cupidité des empereurs d'Alle- magne, ses successeurs, qui s'en emparèrent : ce fut probable- ment lorsqu'on 1 166 Frederich Barberousse, qui avait obtenu de l'anti-pape Pascal la canonisation de Charlemagne , retira 8on corps du tombeau et partagea ses ossements pour les ren- (1) On peut lire des détails et de nombreuses citations, que le cadre (le cette introduction ne nous permet pas de rapporter, dans Les ArU au moyen âge de M. Du Sommerard, t. II, p. 428 et suiv. (2) Mabillon, discours sur les anciennes sépultures des rois, Mém. de l^Aca4. des Inscr., t. H, p. 698 et 099. ORFÈVRERIE. 215 fermer dans des châsses, comme ceux d'un saint'. Los seuls monuments d'orfèvrerie qui nous restent, de ceux qui ont ap- partenu à ce grand homme, sont sa couronne et son épée, que nous ayons décrits en traitant de Témaillerie. Les malheurs de l'Italie, durant les \if et viii^ siècles, n'a- vaient pas permis sans doute aux papes, à l'exemple de Sym- noqod et de ses prédécesseurs, de doter les églises de Rome de dons précieux en pièces d'orféyrerie , et les dernières mu- nificences signalées par Anastase étaient dues à Honoré P*^ If 638 ) ; mais une fois que Charlemagne eut yaincu Didier, détruit l'empire des Lombards et consolidé la fortune tempo- ïdledes pontifes romains, on vit Adrien I" (772 f 796) accor- deraox arts de nobles encouragements et faire exécuter, pour différentes églises de Rome, un grand nombre de dboria, de candélabres, de lampes, d'instruments de toute espèce et des statuettes en or et en argent. Léon III, son successeur (195 f 8 f 6) , le surpassa beaucoup dans ses largesses, et le re- levé, fait d'après le livre d' Anastase, de là valeur pondérable des dons en orfèvrerie dont il enrichit les églises, ne s'élève paaà moins de 1 ,075 livres d'or et de 24,744 livres d'argent*. Les grands dignitaires de l'Église suivirent en Italie l'exemple qui leur était donné par les souverains pontifes, et le ma^ûfique autel d'or ou PaJioito, de la basilique de Saint- Ambroise de Milan , qui a pu traverser dix siècles malgré aon immense valeur, donne une grande idée de l'importance de l'art de l'orfèvrerie au commencement du ix® siècle. Ce monument a été exécuté, en83ô, sur les ordres do l'arche- v^œ Angilbert II, par V. Volvinius. Ses quatre côtés sont d'nne grande richesse. La face de devant, tout en or, est diTisée en trois panneaux par une bordure en émail. Le pan- (1) La châsse de Charlemagne qui existe dans l'église d'Aix-la-Cha- pde a été ouverte récemment en présence de M. Tabbé Arthar Martin, . 525. (4) Ils sont gravés dans les Annales arch.y t. IV, p. 1 . (5) Gravé dan^ los Ammles arch., t. III, p. 2(M>. OKFi: VKKlUi:. 2î7 dnxnf siècle* ; un calice allemand de la môme époque, publié par M. Didron sur un ancien dessin*; à Evrcux, la châsse de saint Taurin; à Rouen, celle de saint Romain. Notre collection possède plusieurs pièces d'orfèvrerie reli- gieuse du xii^ et du xra*^ siècle. Les châsses n* 951 et 953 sont remarquables par Télégance de leurs formes ; la belle l^ue n** 962 présente un poëme tout entier développé dansles nombreux sujets qui y sont gravés : si cette pièce est précieuse sons le rapport de lart, elle présente non moins dlntérét en nous révélant une partie importante du symboi liane chrétien de son époque ; le pied de reliquaire n** 954, du nu* siècle, offre de petits bas-reliefs faits au repoussé et cise- lés avec une grande délicatesse. n existe encore, comme on le voit, un assez grand nombre de pièces d orfèvrerie religieuse du xii® siècle et du xiii*^. Mais les bijoux sont beaucoup plus rares ; on en trouvera un dans Qotre collection sous le n^ 979 ; c'est un fermail de manteau du temps de saint Louis, qui est remarquable par ses fins orne- Bflntfi en relief, et réunit tout à la fois la simplicité et l'élé- pncedelaforme. Les artistes orfèvres que nous avons nommés jusqu'à pré- orfcfrcric tt&tne sont, sauf quelques-uns, que des moines, et les pièces ^ '][^.^j^, d'orfèvrerie que nous avons fait connaître appartiennent toutes tt culte. Au commencement du xiv*^ siècle, lart sortit des Altres et se répandit au dehors ; l'orfèvrerie cessa dès lors d'itre exclusivement religieuse, et se mit au service des grands «t des riches particuliers. Bientôt le luxe fit de tels progrès ^De des lois restrictives parurent nécessaires. Une ordon- Mnoede 1356, rendue parle roi Jean, défend aux orfèvres - d'ouvrer vaisselle, vaisseaux ou joyaux de plus d'un marc • (Tor ni d'argent, si ce n'est pour les églises ; »» mais ces or> dûnnances ne pouvaient atteindre les princes, qu'elles favori- MDent au contraire en donnant à eux seuls le droit d'avoir nue argenterie considérable. n serait bien curieux de posséder aujourd'hui de ces belles (1) PiSTOLBSi) l\ Vaticano descrittOy 1. 111. (S) Annales arch,, t. 111, p. 206. au \ï\» gièclo 228 INTRODUCTION, pièces de vaisselle d'or et d argent qui chargeaient alors la table et les dressoirs des grands seigneurs ; mais tout a dis- paru, et nous ne sachons pas qu'il en subsiste une seule ; à peine s'il reste quelques-uns de ces bijoux dont ils rehaus- saient leurs vêtements et ornaient leur coiffure. Il est facile cependant de reconstituer par la pensée tontes ces richesses avec les inventaires très détaillés et très bien faits de deux princes des plus riches de ce temps : Charles V et son frère, le duc d'Anjou, roi de Naples et de Provence. L'inventaire du duc d'Anjou surtout a cela de remarquable qu'il est, quoique très volumineux, dicté par le prince lui- même, annoté et signé de sa main^ Le royal rédacteur ne se borne pas à une sèche énumération ; regardant toutes les pièces de son trésor comme autant d'objets d'art, il en fait une description minutieuse avec la passion d'un amateur. L'amour de l'art cependant ne lui fait pas oublier le prix de la matière; il a le soin de peser tout l'or et l'argent qu'il possède, et ter- mine ainsi de sa main son curieux catalogue : •« De l'or que «♦ Henry, notre orfèvre, a pour la grant nef que il fait comte " aveques luy, ou mois de mars l'an m.ccc. lxvui. fii trouvé " que il avoit ccc.xLvm. m. (marcs) au m. (marc) deTroyes. - « De l'or en vesselle a en la tour pesé et assommé ou dit « mois et an ix.*'^^. (960) m. au m. de Troyes. Somme de For xm.*^vm. ( 1308) M. au dit pois. »• *• La vesselle d'argent qui est en la tour et devers nous cou- M rant par nostre hostel, ou-dessus dis moys et an pesée et « assommée monte vin"bcxxvi. (8036) m. au marc de Troyes. » Et plus bas : « Loys. •• L'inventaire de Charles V*, commencé en 1379, contient des richesses bien plus considérables. Son trésor était estimé à dix-neuf millions ; aussi le duc d'Anjou, afin de satisfaire sa passion pour l'orfèvrerie, voulut-il s'en emparer à la mort du roi son frère'. S'il en fut empêché une première fois, il (1) Ms. Bibl. roy.,supplém. français, n*" 1278, daté du commence- ment de 1360. (2) Ms. Bibl. royale, n° 8356. (3)' M. De BABA?iTE, Hist. des ducs de Bourgogne, 1. 1, p. 190. ORFÈVRERIE. 229 troava bien le moyen plus tard d'y mettre la main : l'inventaire du trésor de Charles VI ^ de 1 399, est bien maigre auprès de celui de son père. A l'aide des descriptions contenues dans ces vieux docu- ments, on peut, disons-nous, donner une idée très exacte de cette orfèvrerie française du xrv^ siècle, qui jouissait d'une gnsiie réputation et était très recherchée dans toute l'Europe. On verra, par les citations que nous allons faire, que les artistes de cette époque se livraient à tous les écarts de leur j-magination dans la confection de la vaisselle de table ; ils ^•^timaient par-dessus tout les sujets bizarres : une aiguière, isjae coupe se présente souvent sous la figure d'un homme, ci *»n animal ou d une fleur ; plusieurs personnages, plusieurs concourent, par un assemblage monstrueux, à la for- bion d'un vase. Transcrivons littéralement quelques articles de ces inven- - Un coc faisant une aiguière, duquel le corps et la queue ide perle et le col, les elles et la teste est d'argent esmaillié € jaune, de vert et d'azur, et dessus son doz a un renart ^ le vient prendre par la creste, et ses piez sont sur un iéesmaillié d'azur à enfans qui jouent à plusieurs gieux^. ** **^ (Aiguière.) Un homme estant sur un entablement, lequel Vtablement est esmaillié d'azur à gens à cheval et à pié qui l^acent aux cerfs, et est ledit homme emmantelé d'un man- 1 esmaillié , et en son bras destre a bouté son chaperon ^uel la comète fait biberon (le goulot) à verser eaue ^. •* Une petite aiguière d'or à façon de rose, et est le biberon ^*imdalphin (dauphin) et le fruitelet (bouton du couvercle) ^'un bouton de rose*. •• Souvent l'aiguière porte ou renferme les gobelets : •• Une ** S^^t aiguière toute dorée. . ; dedans ladite aiguière a vi 'gobelets». •• " Un griffon estant sur une terrasse à souages et orbes- (0 Ms. Bibl. roy., n<> 2068, fonds Mort., n» 76. (i) Inventaire du duc d'Anjou, f 1'». (3) Idem, f» 77. (4) /niî. de Charles K, f» 212. (5) Jnv. du duc d'Anjou, P 26. 230 INTRODUCTION. » voies, laquelle portent quatre lyonceaux gisans, et dessus l •« dos dudit griffon, entre ses esles, a uneroyne emmantelée qui « tient par les esles une opentèle qui fait biberon à get courir « et derrière le dos de ladite royne est le siège d un gobelet* . *« Plusieurs des coupes, tasses et hanaps ne sont pas moins bizarres : « vi hennaps d'or pareilz à une rose*. » " Quatre petites tassettes d or qui ont chacune deux oreilles, H esquelles a une dame qui tient en sa main deux penon- « ceaulx'. » ** Ung hanap de cristal a couvescle gamy d'argent, que « porte ung porteur d'affentreure, et est le fritelet d'un brotier ** qui maine une broete où est ung homme malade *. * Les salières aussi exercent le talent inventif des artistes- orfèvres : « Un homme séant sur un entablement doré et sci- i< selè, lequel homme a un chapeau de feutre sur sa teste, et « tient en sa destre main une salière de cristal garnie d'argent <« et en la senestre un serizicr garni de feuilles et de serixes à « oizelez (oiseaux) volans sur les branches^. » M Une salière de une serpent volant à esles esmaillées, et « darrière sur son dos a un petit arbre à feuilles vers, et des- « sus a un chandelier que deux singes, pains de leur couleur, « soustiennent, et dessus le chandelier a une salière esmaillée, « et sur le couvecle a un frettel aux armes d'Estampes^. " « Une salière d'or en manie de nef gamye de pierreries, et « aux deux bouts a deux daulphins et dedens deux singes qui « tiennent deux avirons ''. « Une salière d'or que tient ung enffant sur ung cerf cou- «ronné de pierreries 8. ^ On a vu quelle énorme quantité d'or le duc d'Anjou avait livrée à son orfèvre pour lui faire une nef; c'est ce meuble en cfiTet dans la composition duquel les grands seigneurs dé- ployaient le plus de luxe. La nef était une espèce de cofifret en forme de navire, fermant à clef, qui se plaçait sur la table (I) Inventaire du duc d'Anjou, P> 77. (2) Idem^ P» 80. (3) Jnvent. de Charles K, P> 51. (4) Idem, P> 265. (5) Inv. du duc d'Anjou, P> 91. (6) Idem, f^ 02. (7) Inv. de Charles F, P II. (8) Idem, f» 41. ORFÈVRERIE. 231 cl 'un souTerain ou d'un grand personnage, et bervait à ren- lormer le gobelet et les divers ustensiles à son usage per- sonneP. Voiei la description de quelques-uns de ees ineÉ- bIcïB : •* La navette d'or goderonnée, et mect~on dedons, quant « le roy est à table, son essaya, sa'cuillier, son coutelet et sa - fourdiette. ^ ^ TJne grant nef d'tyrgent dorée séant sur vi lyons, et à clia- - oun bout a ung ehastel où il y a ung ange, et est le corps de ^ I& nef tout semé d'esmaux armoyc de France ^. ^ N<3m& terminerons la description de cette vaisselle de table {MUT edle d'une fontaine curieuse, comprise dans l'inventaire du. duc d'Anjou : « Une très grant fontaine que xii petis les portent sur leurs espaules, et dessus le pié sont liommes d'armes qui assaillent le ehastel, et il y a vi ars bouterez en manie de pilliers qui boutent le siège du hanap. Axk milieu a un ehastel , en manière d'une grosse tour à plusieurs toumelles, et siet ledit ehastel sur une haute mote ^«vt; et sur trois portes a trois trompettes, et au bas, pai' ^I^ors ladite mote, a bâties crénelées, et aux créneaux du ' ^liastel, par en haut, a dames qui tiennent bastons et escuz * ^ deffendent le ehastel, et ou bout du ehastel a le siège •* ^'un hannap crénelé ♦...»• Toutes ees pièces d'orfèvrerie étaient enrichies de sujets cxèeittés en fines ciselures èmaillèes. On a pu voir, par les ci- ^^OQB que nous avons faites en parlant des émaux translu- ^^ sur reliefs, que les sujets n'étaient pas moins bizarres ^ les pièces mêmes qu'ils décoraient. (0 • Noois potest sumi pro m'quod in aulis principum nef vocant, ^' sdUcet argentei specie in navis formam confecHy in quo vasa ad f^ reponuniur in ipsa interdum mensa. • Du Gange, Glossarium ad 'crifL mediœ et inf. lat W On donnait le nom d'essai à un fragment de défense de nanal, qoj passait alors pour la corne de la licorne, à Liquello on attribuait, onlre autres vertus, celles de neutraliser le poison et d'en faire recon- Daftre la présence. On attachait Vcssai à une chaîne d'or, afin de pou- voir le plonger dans les mets sans y mettre les doigts. (.1) invent, de Charles F, f»» 87 el 130. (4) /ni', du duc d'Anjou, T' 77. (:») Votiez p. 10 i. J32 INTRODUCTION. Le luxe déployé dans la vaisselle de table n avait pas fi abandonner l'orfèvrerie religieuse. On trouve dans les inve: taires dont nous venons d'extraire quelques articles, et dan ceux du duc de Normandie de 1 363 S de Charles VI de iS99 * de magnifiques choses en ce genre : des vases sacrés en o rehaussés d'émaux et de pierres fines; des croix d'une grandi richesse; des crosses en vermeil chargées de perles et de pier reries, avec des figures de ronde bosse au centre du croMëeron des burettes dont le couvercle se termine enfaçondenucires' des missels dont les aiz sont d! argent dorez à ymages enlete. ( exécutées au repoussé ) ; des bréviaires couverts de vebsiam brodé à fleurs de lys dont les fermouers d'or sont esmaiOez au^ armes de France; une clochette d'or hachée à ymages (grayé*^^ en creux) dont & tenon est de deux angeloz qui tiennent vne^ de4ys couronnée '. Les calices ne sont plus à coupes évasées, avec un larg» pied circulaire, comme au xn^ siècle ; les coupes prennent Iftf forme semi-ovoïde et les pieds se découpent en contre-lobes On voit dans Y Histoire de Tabbaye de Saint-Denis de Félibiei la gravure d'un calice donné à l'église de cette abbaye Charles V, gravure qui fait connaître la forme des calices d son époque ^ On trouvera dans noti-e collection, sous les n^ 90i et 905 deux burettes du xiv^ siècle, dont les pieds sont découpé comme celui de ce calice. Les encensoirs décrits dans les inventaires du duc d'Anjo" et de Charles V se montrent encore sous les formes par Théophile ^ ; voici comment it| aont décrits : ** Ung grant encencier d'or pour la chapelle du roy ouvré •< huit chapiteaulx en façon de maçonnière , et est le pinacle « dit encencier ouvré à huit osteaulx et est le pié ouvré à jour (1) Bis. Bibl. roy., n^ 2053, fonds Mort., n" 74. C3) Bis. Bibl. roy., n® 2068, fonds Bfort., n? 76. (3) Inventaire de Charles V, f<* 29 à 34, 89, 107, 1S5, 126, ' et 240. (4) Hist. de l'abbaye deSaini-DetiiSy Paris, 1706, p. 541, pi. r< (5) Diversarum artium schedula, cap. lix et lx. ORFÈVRERIE. 233 » Ung encencier d or à quatre pignons et à quatre tour- «nelleB^ » Cette forme d'encensoir représentant des édifices a été longtemps de mode : on verra dans notre collection, n"* 956, un encensoir en cuivre du xv*^ siècle qui est traité de cette manière. Les ch&sses en forme d'églises furent, au xrv® siècle, réser- Tées pour les cathédrales ; on préférait, pour les chapelles et les oratoires, des statuettes d'or et d'argent qui portaient les reliques, ce qui permettait davantage aux artistes orfèvres de fiûre valoir leur talent dans la sculpture. Voici comment sont décrits quelques-uns de ces reliquaires : « Ung ymage d'or de saint Jehan l'Ëvuangéliste, tenant " nng reliquaire où est une grosse perle *. » * Douze ymages des douze appostres d'argent doré, tenans " i^quaires en une main, et en l'autre espées, glaives, bastons ' et cailloux, assis chacun sur un entablement d'argent doré • esmaillé des armes de France '. •• Ce genre de reliquaire s'est perpétué durant tout le xiv* et k XV* siècle ; on trouvera dans la collection, n° 304 , une figure ^ ^te Anne en argent, tenant sur ses genoux ses deux Gluants qui soutiennent une petite châsse ; cette curieuse pièce d'orfèvrerie est datée de 1472. Indépendamment des figures portant des reliques , les in- ventaires que nous analysons comprennent une quantité con- «ïdérable de statuettes de la Vierge et des saints en or et en ^'S^t, parmi lesquelles il y en a d'un très grand prix, comme celles-ci : *% " Ung ymage de Notre-Dlune , dont le corps d'icelle et de son " enflant sont d'or, a une couronne garnye de pierrerie, a ung ' fermail en la poictrine, et le dyadesme de son enffant gamy de ' perles, et tient en sa main ung fruitelet par manière de cep- ■ tre où il y a ung gros saphir, et poise quarente marcs tant * à or conune d'argent, c'est assavoir l'ymage treize marcs d'or " et l'entablement poise environ vingt-sept marcs d'argent *. •« 0) Inventaire de Charles V, f- 33. (2) Idem, f*> 218. (3) Idem, ^ 97. (4) Idem, f» 23. 234 INTRODUCTION. u Ung ymagc d'or de la Trinité tenant une croix brougonncc •• où le crucifix est dessus , assiz en une chayèro que bous- «• tiennent six aigles, et est gamj de vingt-huit peries, de seize M saphirs et quinze balaiz pesant huit marcs quatre onces *. *• On rencontre aussi parfois des caricatures, celle -oi par exemple : « Un singe d*argent doré estant sur une terrasse. . . ** lequel singe a une mictre d'évesquc sur la teste azurée. . . •« et en sa main senestre tient une croce et a un fanon ou *« bras, et de la dcstre main donne la béneyçon. et est vestuz H d'une chazuble dont Torfroy d entour le col est esmullié « d'azur*. »' Il existe à Paris plusieurs belles pièces de cette orféyrerie sculptée du xrv® siècle. Au musée du Louvre, entre autres pièces : 1° une statuette en or de la Vierge tenant re&fSsnt Jésus ; elle fut donnée, en 1339, à Tabbaye de Saint-Denis par Jeanne d*Evreux, veuve do Charles le Bel , ainsi que l'in- dique rinscription qui j est gravée en caractères du temps. Le piédestal sur lequel repose la statuette est divisé en com- partiments qui renferment des scènes de la vie et de la pas- sion du Christ, finement gravées sur le métal et se détachant sur un fond d'émail bleu semi-translucide. Ce genre de tra- vail a une grande analogie avec les émaux italiens qui enca- drent des nielles d'argent, et dont nous avons parlé en trai- tant de l'émaillerie' ; 2^ deux anges qui tiennent des reliquai- res. Ces statuettes, en or, ont les carnations colorées ; 3** un reliquaire en or, de 30 centimètres environ de hauteur, of- frant une espèce de portique dans le style ogival, décoré de dix niches qui renferment des figdrines ém. loi. ORFÈVRERIE. 235 de format grand in-4'', reproduisent d'un côté la cruci- fixion, et de Tautre le Christ assis et bénissant; la troi- sième, petit in-folio, présente sur Tun des ais la crucifixion, sur Taatre la résurrection du Christ. Ces sujets sont faits au repoussé en fort relief. Les têtes sont remplies de naïveté et d'expression, le dessin est en général correct, et lexécution ae laisse rien à désirer. La quatrième couverture renferme ui manuscrit carlovingien. Charles Y la fit faire pour don- ner ce manuscrit à la Sainte-Chapelle. Elle est d'une richesse axtiraordinaire. Sur le plat supérieur l'artiste a reproduit Tune dos miniatures* du manuscrit par une fine gravure niellée qui se détache sur un fond fleurdelisé. Sur le plat inférieur, il a représenté la crucifixion en figures de haut relief ren- fermées dans un double encadrement rehaussé de pierres &ies cabochons * . Les bijoux du xrv^ siècle sont encore plus rares que les pièces de grosse orfèvrerie. Le cabinet des médailles de la Biblio- thèque royale conserve un très beau camée antique, en agate- onyx, représentant Jupiter, dont la monture a été faite sous CEbarles Y, ainsi que le constate cette inscription émailléo qui surmonte Técu de France ancien : « Charles, roi de France, « ft du roi Jehan, donna ce joyau, l'an m œc lxvii, le quatre " de son règne. ** La sertissure du camée porte une inscrip- tion en or, se détachant sur un fond d'émail ; ce sont les premiers mots de l'évangile de saint Jean. Jupiter, avec son aigle, passait, au xiv^ siècle, pour l'apôtre bien-aimé du Christ, et la figure du mattro des dieux de l'Olympe, grâce à cette métamorphose, vint sans doute décorer quelque reliquaire. Des fleurs de lis et deux dauphins ciselés en relief, d'un bon goût et d'une exécution soignée, sont espacés sur la bordure du camée. Notre collection possède aussi quelques bijoux du xrv^ siècle ; mais ces monuments sont en trop petit nombre pour donner une idée complète de la bi- jouterie de cette époque, et il nous faut encore avoir recours (I) D'a[»rès Géroine Morand, la couverture du livre pèse en tout huit marcs d\)r, Hist. ik la Sainte-Chapelle, p. 49. 2S6 INTRODUCTION. aa texte des inventaires descriptifs dont nous fournir quelques extraits. Les bijoux les plus nombreux mentionnés dans tures sont les fermaux, les ceintures et les petits : portatifs. Les fermaux, agrafes de manteaux ou de chapes les noms de fermail, fermillet, mors de chape, chape, suivant leur dimension et leur destination, ques descriptions de ce genre de bijoux : - Un fem M il y a un paon* . — Une fleur-de-liz d or en manière è ** — Ung fermilet d'or azuré à deux mains' qui s •• nent*. •• « Ung pectoral à chappe en façon de lozenge, 01 «* ou mylieu ung grant camahieu ouvré de petiz ; *« est gamy de six saphirs, deuxballaiz, xui perlée «• grosse pierrerie *. »• •* Ung aigle d or en manière d'ung pectoral poi •« chappe gamy, c'est assavoir de dix-huit ballaiz, q «« ses esmeraudes ^. . . - Notre collection conserve, sous le n® 98 1 , un chape de ce genre, qui appartient au xrv® siècle. Les ceintures qui reçoivent le nom de demi-cem n ont que la dimension nécessaire pour serrer 1 presque toutes formées d'un tissu de soie, de velo^ sementerie chargé de petites pièces d'orfèvrerie, \9it ferré, La boucle, le mordant etlepassanl sont chis de nielles, d'émaux ou de pierres fines. I décrites : **Une seincture sur tissu vert, ferré d ** Une petite seincture, qui fut à la royne Je^ « bon, assize sur bizecte, dont la boucle et » d'or et gamiz de perles ^ ; « Un demy-seinct ferré d'or® ; (1) Inventaire du duc de Normandie. Ms. Bibl. n («) Inv. de Charles V, fo 16. (3) Idem, (4) Inventaire de Charles K, fo 250. (5) Idem, (6) Inv, du duc de Normandie, (7) Inv. ( (8) Inv, de Charles F, M3. ORFÈVRERIE. 237 - Une seincturc (pour le corps du roy) de soye vermeille, a •boucle et mordant d'or; le mordant neellé aux armes de - France, et le passant et les fermiUiëres d'or ^ ; - Une seincture d'or, à pierreries, sur ung orfroiz d or trait - & cinquante-six clous de deux façons. . . * ; « Ung tissu de soye ardant, gamy de boucle, mordant et •• huit ferrures d'or, et y pend ung coutel, unes forcettes et » ung caniyet gamy d'or '. »» Ces ceintures ferrées d'orfèvrerie sont parfaitement con- nues par les miniatures des manuscrits des xrv^ et xv^ siècles. La collection en possède une sous le n° 980 ; elle est en ve- lours rouge doublé d'un galon d'or et ferrée de cinquante- sept clous figurant des branchages sans feuilles. La boucle ^i\^fas9cmi sont enrichis de feuillages ciselés en relief et rehaussés de pierreries. n y avait aussi des ceintures entièrement en or et en ar- gent pour les femmes : »Une seincturc longue, à femme, toute " d'or, à charnières garnye *. . . •» I^ goût pour les ceintures à charnières tout en or ou en ^Qt s'est prolongé, au surplus, jusque vers le milieu du xvi« siècle. La collection en conserve une de cette époque sous len«936. Les petits reliquaires et bijoux portatifs, à sujets saints, sont décrits dans l'inventaire de Charles V sous le titre de ^^joyaulx et reliquicùres d'or pendans ou à pendre^. Voici * description de quelques-uns : • Ung petiz crucifiement d'or où est Notre-Dame et saint " •'ehan assiz sur ung entablement. . . : • Ungpetiz ymage d'or de Notre-Dame, assiz en une chayère ' où sont dix perles, troys saphirs et ung balay ; • Uûg joyau fermant à deux elles, ou dedens est Notre-Sei- " peur yssant du sépulcre, et sur les dites deux elles ou portes " ^nt deux saphirs , deux ballaiz et quatre crochetz au-dessus , " 8W lequel ung saphir et plusieurs perles, et est lepié gamy - de cinq esmeraudes, cinq rubis d'Alexandre et dix perles ^ ; (0 Incent. de Charles K, f 16. (2) Idem, (^ 15. (3) rdem, ^ 78. (4) Wem. P» 243. (5) rdem, f» 29. (6) Idem, P» 229. 238 INTRODUCTION. ** Ungs pctiz tableaux d'or, ouvrans de troys pièces, où est •• la Trinité, et aux costés Notre-Dame et saint Jehan* ; *. Ung petit ymago de saincte Agnès qui est dedens ung " tabernacle d'or pendant à une chesne *. « On verra dans la collection, n° 983, un de ces bijoux à sujets de piété, que Ton portait avec soi, suspendu à une chat- nette ; c est un diptyque, petit tableau ouvrant de deux piè- ces, comme on disait au xrv® siècle, très finement ciselé sur toutes ses faces. On pourra se convaincre, par ce curieux spécimen , que Tart de Torfévrerie avait atteint , à cette épo- que, et en dehors de toute influence italienne, une très grande perfection. On trouve encore dans les inventaires, où nous avons déjà tant puisé, un assez grand nombre d'objets usuels en orfèvre- rie, même des bijoux de pure fantaisie, ce que nous appelons des curiosités. Nous terminons par quelques citations de piè- ces de ces deux sortes pour montrer que nos orfèvres français de cette époque savaient aborder tous les genres : « Un myroer d'or, et autour la brodeure sont les douze «« signes esmaillés sur rouge cler, et au doz est Tymage do « notre dame saincte Katherine et autres' ; " Ung escriptoire d'or à façon d'une gayne à barbier, et est *« hachée par dehors aux armes d*Estampes, et a dedens une « penne à escripre , ung greffe, ung compas, unes cizailles, " ung coutel, unes furgettes tout d'or, et pendent avec ung *« cornet à enque d'or, à ung laz d'or* ; « Un petit coutelet à façon de fiirgete à furger dens et à - curer oreilles ^ ; ♦• Ung homme chevauchant ung coq tient ung myroer en •• façon de tréfile ^ ; « Ung joyau en manière d'ung dragon à une teste de femme " enchappellée ^ ; " Ung homme qui est nulz piez et chevauche ung serpent •• qui a deux testes et joue d'un cor sarrazinois * ; (1) Inventaire de Charles K, P» 235. (2) Idem, P 251. (3) Idem, P» 76. (4) /(iem, P 246. (5) Idem, P 247. (6) Idem, P 269. (7) Idem, P 170. (8) Idem, P 172. okfKvrekii:. 239 « Ung charnel sur une terrasse garnyc de perles, ballaiz et - 82^hirez, et a le cliamel la boce d'une coquille de perle * ; " Ung cerf de perles qui a les cornes d'esmail ynde (bleu) et - une sonnette au col *. ^ On recherche aujourd'hui avec soin les noms des artistes (la moyen âge. Nous ne pouvons mieux terminer cette longue é&nmération des travaux de lorfévrerie française au xiv*" sié- de qu en rapportant ceux des orfèvres qui sont signalés dans les inventaires de 1 époque, comme ayant exécuté les plus belles pièces qui y sont décrites ; ils devaient être bien cer- tainement les premiers maîtres de leur temps. Ce sont : Jean de Mautreux , orfèvre du roi Jean ; Claux de Fribourg, qui fit one statuette d'or de saint Jean pour le duc de Normandie, et une superbe croix pour le même prince devenu roi ; Jean dePigttigny, auteur du diadème du duc de Normandie ; Ro- bert Retour, orfèvre en la conciergerie de Saint-Paul; Han- oequin, chargé de la façon des trois nouvelles couronnes de CJuffles V, et Henry, orfèvre du duc d'Anjou. Le genre gothique, qui dominait dans rorfèvrorie au xiv*^ orfévniie ûècle, se perpétua pendant toute la durée du xv*^, tant en Pranee qu'en Allemagne, avec les seules modifications que i^o&àt amener naturellement et les mutations successives que subit le style de l'architecture ogivale, et le perfection- nement qui se fit peu à peu sentir dans tous les arts du dessin. Ainsi la magnifique ch&sse de labbaye Saint - Germain des IVésque fit exécuter l'abbé Guillaume, en 1408, par trois fa- "leui orfèvres de Paris, Jean de Clichi, Gautier Dufour et (^^oillMme Boey, figurait une église dans le style ogival de <^ époque. Ce superbe morceau d'orfèvrerie a été détruit; Bais on peut juger de la beauté de son style par la gravure ^n'ea a donnée Dom Bouillard dans son Histoire de V abbaye de Saxni'Germain des Prés, et de sa richesse par la descrip- tion qu'y a jointe le savant bénédictin. Vingt-six marcs d'or, Jeux cent cinquante marcs d'argent, sans y comprendre le (1) Inventaire de Charles T, f'> 23S. (2) fdem, T' 255. au xv« s'uN'l»» 240 INTRODUCTION, coffre qui renfermait les reliques, deux cent soixante pierres fines et cent quatre-vingt dix- sept perles étaient entrés dans la composition de ce monuments Les églises d'Allemagne ont presque toutes perdu leur or- fèvrerie à l'époque des guerres qu'amena la réforme. Cepen- dant il subsiste encore dans le trésor de quelques cathédrales et dans les musées plusieurs pièces qui montrent que le style gothique a été constamment suivi par les orfèvres jusque dans les premières années du xvf siècle. Ainsi, dans le trésor du dôme de Ratisbonne on voit une statuette en argent de saint Sébastien, qui semble appartenir au xv® siècle, et porte, comme celles qui sont décrites dans l'inventaire de Charles V, des reliques suspendues à une chaîne. Il existe à la Kvnstkam^ mer de Berlin plusieurs pièces d'orfèvrerie religieuse de la fin du XV® siècle, notamment une statuette de la Vierge exécutée par Henry Hufnagel, orfèvre d'Augsbourg, en 1482. Ces piè- ces sont empreintes du style gothique, de même que la figure de sainte Anne de notre collection, datée de 1472, qui est d'origine allemande. Ce fut seulement vers la fin du premier quart du xvi^ siècle que les orfèvres français et allemands adoptèrent le style de l'orfèvrerie italienne , dont il est à propos de nous occuper maintenant. Orfèvrerie La division politique de l'Italie en une foule de petites sou- aux xin°"xiv« v®^**^^®^^ et la liberté dont jouissaient un grand nombre de et xv« siècles, villes étaient éminemment favorables au développement des arts du luxe. Les princes, les grands dignitaires de l'Eglise, les riches et nobles marchands de Florence, de Venise et de Gènes, les opulentes villes municipales rivalisaient de magni- ficence. Les armures des capitaines, la vaisselle des princes et des nobles, les vases sacrés et la décoration des autels, les bijoux dont les femmes aiment à se parer, fournirent un ali- ment sans cesse renaissant aux travaux des orfèvres ; aussi, malgré les guerres intestines et étrangères qui désolèrent presque constamment l'Italie jusque vers le milieu du xvi* sîè- (1) Hist. de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, Paris, 1704. ORFÈVRERIE. 341 de, l'orféTrerie y fut-elle plus en honneur que dans tout autre pajrs de l'Europe. Du moment qu'à la fin du xiii*^ siècle les Nicolas, les Jean de Fise, les Giotto, secouant le joug des Byzantins, eurent fait sortir l'art des langueurs de l'assoupissement, l'orfèvrerie ne pouTait plus être recherchée en Italie qu'à la condition de se tenir à la hauteur des progrès de la sculpture dont elle était iOe; aussi yit-on les orfèvres suivre les leçons des Pisans et niKher parmi leurs élèves. Dès cette époque l'art de lorfé- Trerie prit en Italie une grande extension. Les orfèvres s'y onitqplièrent ; et quand on sait que le grand Donatello, Fi- %o Brunelleschi, le hardi constructeur de la coupole de la oithédrale de Florence, Ghiberti, l'auteur des merveilleuses portes du baptistère de Saint-Jean, ont eu des orfèvres pour franiers mattres, et ont eux-mêmes pratiqué l'orfèvrerie, on peat juger quels artistes c'étaient que ces orfèvres italiens des XIV*, XV* et xvi* siècles, et quels admirables ouvrages ils ont dû produire. Mais hélas ! ces nobles travaux ont presque tons péri ; leur valeur artistique n'a pu les défendre contre la equdité, les besoins, la crainte du pillage* et l'amour du efaiingement. Les noms même d'un bien petit nombre de ces Iiommes habiles sont venus jusqu'à nous ; et en faisant con- mdtre ceux que les écrits de Vasari, de Benvenuto Cellini et de quelques autres auteurs nous ont révélés, nous ne pour- rons que bien rarement signaler de leurs productions comme exÎAtantes encore. Nous avons déjà dit, en traitant des émaux, que Jean de Pise, en 1 386, avait enrichi de bas-reliefs d'argent émaillè le mattre autel delà cathédrale d'Ârezzo, où l'on voit la Vierge entre saint Grégoire et saint Donato sculptés en marbre. Ce (1) Cdliai nous apprend dans ses mémoires ( VUa di B, CeUini , Firemse, 1830, p. 84) que, pendant que ie pape Clément Vil était iMiégé dans le ehâteau Saint-Ange, il fut chargé de démonter toutes les pierres précieuses qui se trouvaient sur les tiares, les vases sacrés et les bijoux du souverain pontife, et d'en fondre l'or, dont il retira deax cents livres. Combien de trésors artistiques sont venus se perdre dans (e creuset de Cellini ! 10 ni INTRODUCTION, grand maître ne se contenta pas de payer un tribut au goût de son temps par ces pièces d'orfèvrerie : il fit même un bijou dont il décora la poitrine de la Vierge. Ce bijou, qui en- chÀssait des pierres d'une grande valeur, coûta, dit Vasari, 30,000 florins dor aux Arétins.'Ilfut volépar des soldats; les bas-reliefs d'argent ont également disparu ^ Les frères Âgostino et Agnolo, etAndrédePiseff 1346), sortis de Fécole de Jean, comptèrent beaucoup d orfèvres parmi leurs élèves. André rendit surtout de grands services k l'orfèvrerie en perfectionnant les procédés techniques de la fonte et de la ciselure. Aussi le commencement du xiv^ siècle fiit-il une des brillantes époques de Torfèvrerie italienne. En 1316, Andréa d'Ognabene, orfèvre de Pistoia, exéca* tait, pour la cathédrale de cette vUIe, un magnifique devant d'autel, qui n'était que le prélude de travaux plus importants dont nous parlerons plus loin. Cette pièce d'orfèvrerie est décorée de six figures de prophètes ou d'apétres, rendues par une fine ciselure niellée qui se détache sur un fond d'émaO, et de quinze bas-reliefs dont le Nouveau Testament a fourni les sujets. Une inscription latine nous a conservé le nom de l'auteur de ce monument et la date de sa confection. Ce fiit peu de temps après que se signalèrent Pietro et Paolo, orfèvres d'Arezzo, élèves d' Agostino et d' Agnolo, qni furent les plus habiles ciseleurs de leur temps. Nous avons déjà parlé, en traitant des émaux, de la tête d'argent, grande comme nature, merveilleusement ciselée et enrichie d'émaiiXt qu'ils firent pour renfermer le chef de saint Donato. Un orfèvre de Sienne, Ugolino, qui sans doute avait étudié sons ses illustres compatriotes, Agostino et Agnolo, a acquis une grande célébrité par le magnifique reliquaire d'argent de l'église d'Orvieto. Ce reliquaire, du poids de six cents li- vres , reproduit à peu près la façade de cette église ; il est enrichi d'émaux et de figures de ronde bosse. Une inscriptîqn gravée sur cette.belle pièce d'orfèvrerie constate qu'ellea été exécutée par Ugolino et ses élèves, en 1 338, sous le pontificat (1) Vasari, Vie de Jean de Pise. ORFÈVRERIE. 543 deBenott XII V Malheureusement il est presque impossible de voir ce beau monument*; mais l'on peut juger, par la gra- îme que d'Agincourt en a donnée', de la belle ordonnance de ses dispositions et de la science renfermée dans les ta- Ueaax de ciselure émaillée dont il est décoré. Mattre Cione fut aussi l'un des plus célèbres orfèvres de Ift première moitié du xrv^ siècle. Vasari cite parmi ses plus beftox ouvrages, et comme une chose merveilleuse, les sujets en demi-reliefs tirés de la vie de saint Jean-Baptiste, dont il irait orné l'autel d'argent consacré au Précurseur dans le bqttistère de Florence. Cet autel d'argent fut commencé au xm* siècle, mais on le détruisit en 1 366 pour lui substituer edui qui existe encore aujourd'hui. La beauté des bas-reliefs d'argent de Cione les sauva de la fonte, et ils furent adaptés an nouvel autel, où ils figurent encore. Ce qui prouve de qoéDe haute estime jouissait maître Cione, qui mourut peu mpréë I S30, c'est le grand nombre d'élèves du premier mé- rite qu'il a laissés après lui. On compte parmi eux Forzone d'AresKO, dont nous avons déjà signalé les beaux émaux trans- Icuides BUT relief, et Leonardo de Florence, fils de Giovanni, qui se montra plus habile dessinateur que ses rivaux, et devint le premier orfèvre de cette ville. Cest au temps où florissait Leonardo que furent commencés les deux plus considérables monuments d'orfèvrerie qui soient pttTénuB jusqu'à nous : l'autel de SainirJacques de Pistoia, dont nous avons déjà signalé le parement, et l'autel du bap- tistère de Saint- Jean, à Florence. Les plus habiles orfèvres de lltalie ont travaillé pendant plus de cent cinquante ans à (t) Ahobba Pennazi, IstoriadélV ostii, etc., Montefiascone, 1731. — iLPanBOBLLA Yallb, htùria del duomo d^Orvieto, Roma, 1791 . D'après o» deux auteurs» rinscription est ainsi conçue : 'fFer magistrum UgoUnum ei soeios, aurifices de Senis, factum fuit sub anno Dommi ■coczzxvin, tempore Domini Benedicti Papœ. • (2) Voyez plus haut, pages 171 et 172. (3) ffist. de PArt, t. VI, Peinture, pi. cxxiii. On voit aussi une re- production de ce reliquaire dans Pouvrage ayant pour titre : Stampe del duomo di Orvieto. Roma, mdccxci. 214 INTRODUCTION. ces deux monuments, sur lesquels on peut suivre l'histoire de Tart de lorfévrerie en Italie durant les xiv^ et xv® siècles. Leonardo les a enrichis tous les deux de ses travaux. Disons quelques mots de lautel de Pistoia ; plus loin, en parlant des ouvrages d'orfèvrerie d'Antonio del Pollaiuolo, nons décrirons celui de SaintnJean. L'autel de Pistoia se compose d'une immense quantité de bas-reliefs, de statuettes et de figures de haut relief disposés sur plusieurs plans. Il serait trop long de donner ici une des- cription détaillée de ce monument ; il suffit, pour faire eom- prendre son importance, que nous indiquions ses principali dispositions et ses morceaux d'orfèvrerie sculptée les plus marquables. Au côté droit de l'autel, on voit neuf bas-reliefs, dont les sujets sont tirés de la vie de saint Jacques. Une inscription latine, gravée au-dessous, constate qu'ils ont été faits en 1 S7 1 par Leonardo. Les bas-reliefs du côté gauche, qui reprodui- sent presque tous des scènes de l'Ancien Testament, sont également de la main de cet artiste. La ch&sse, qui renferme le corps de saint Atto, n'est pas un des ornements les moins précieux de l'autel : on y remarque, entre autres basr-reliefs, une Annonciation^ placée au milieu de petites colonnes ; c'est un bon ouvrage, qui fut exécuté en 1390 par Pietro, fils d'Arrigo Tedesco, auquel on doit encore neuf demi-fig^ores d'un bon style. Sur la même ligne se trouvent deux figures de prophètes de Brunelleschi, probablement les seuls travaux d'orfèvrerie qui restent de ce grand artiste. La statue de saint Jacques en argent doré, faite par Giglio ou Cillio de Pise, en 1 352, occupe le plan supérieur; les anges qui l'accompagnent et le pavillon sont de Pietro Tedesco, qui a exécuté é^^e* ment vingt-quatre statuettes, distribuées sur deux plans, i droite et à gauche de la statue de saint Jacques. Un très grand nombre d'autres statuettes décorent les différentes par- ties de cet immense monument d'orfèvrerie. Les principales sont dues à Nofri , fils de Buto ( 1 396 ) , Atto Braccini de Pistoia (1398). Nicole, fils de Guglielmo (1400), Leonardo. fils de Matteo (1400), Pietro. fils de Giovanni de Pistoia (HOC), et ORFÈVRERIE. 345 Fietro, fils d'Antonio de Pise ( 1 456 ) . On nomme encore, parmi les orfèvres qui ont travaillé au monument à différentes épo- ques, Lorenzo del Nero de Florence, Lodovico Buoni de Faenza, Meo Ricciardi, CiprianoetFilippo. Le poids de lautel est évalué à 44 7 livres. Nous terminerons ce qui a rapport à lautel de Pistoia en bisant remarquer que, parmi les artistes qui ont concouru à n confection, on trouve un Allemand, Pietro, fils d*Arrigo. Cest qu'en effet les Allemands avaient continué de se tenir M premier rang pour les travaux d orfèvrerie. Ghiberti, dans 'es mémoires qu'il a laissés, fait mention d un célèbre artiste de Cologne qui avait fabriqué une quantité de merveilleuses pièces dorfévrerie pour le duc d'Anjou, frère de saint Louis, *Q service duquel il était attaché. Cet artiste orfèvre, dont ^Ub^ ne fait pas connaître le nom, mourut en Italie, sous '® ]K)ntificat de Martin lY ( f 1 285 ) . Aussi Cicognara, souvent ^*^ partial par esprit de nationalité , reconnaît cependant ^Rfteces artistes allemands, qui travaillaient en Italie aux xiii^ ^^ ^siv* siècles, n'y étaient pas venus pour étudier leur art, mais *^«ï plut6t pour l'exercer * . Deux pièces d'orfèvrerie, qui remontent à peu près à l'épo- 9^« où furent commencés les autels d'argent de Pistoia et de ^orenoe, existent encore, et sont renfermées dans le grand ^^I>eniacle du maître autel de SaintJean de Latran, à Rome ; ^*^^ il n'est pas plus facile de les examiner que le reliquaire ^ Orvieto. Ce sont les bustes de saint Pierre et de saint Paul, ^ or et en argent, qui contiennent les chefs de ces apôtres. ^Agincourt rante beaucoup la recherche et le fini extrême ^l'exécution de ces riches reliquaires et des socles, décorés ^ basHreliefs ciselés, sur lesquels ils reposent. Ils ont été ^itsen 1369, sur l'ordre d'Urbain Y, par Giovanni Bartholi, ^ Senne, et Giovanni Marci, orfèvres. Si Ton juge ces deux histes sur la gravure que d'Agincourt en adonnée*, ils sont loin de valoir, sous le rapport de l'art, la plupart des bas- f J) Ciooghara. Stor, ddl. sctdt., 1. 1, p. 368. (f) Hisî. de VArt, Sculp.^ t. II, p. 67, pi. xxxvii. 2i6 INTRODUCTION, reliefs et des statuettes de lautel d'argent de Pistoia. Char- les V avait contribué à lenrichissement de ces reliquaires par le don de deux fleurs de lis, rehaussées de pierres précieuses, qui furent placées sur la poitrine des bustes; lorféTrerie française avait paru digne de figurer sur ces fines cisdares italiennes. A la fin du xiv^ siècle, deux grands artistes sortent des ate- liers d'un orfèvre : Filippo Brunelleschi ( 1 377 f 1446) etlAica délia Robbia. Brunelleschi ayant montré de bonne heure de laptitade pour toutes les choses d'adresse, son père le plaqa ahex un orfèvre. Le jeune Filippo ne tarda pas à monter les pierres fines mieux que personne, et à acquérir une grande habileté dans lorfévrerie sculptée ; ce fut alors qu'il exécuta les deux prophètes en argent qui accompagnent l'autel de Pistoia^ : ils sont d'une grande beauté. Brunelleschi, sentant son génie le pousser vers de plus hautes entreprises, abandonna hientAt l'orfèvrerie ; il devint le rival de Donatello dans la sculpture, et dépassa de beaucoup ce grand artiste dans l'architecture. La brillante coupole de Santa-Mariardel-Fiore, son plus beau titre de ^oire, a fait oublier des œuvres qui auraient sufiS pour le faire placer à la tête des plus célèbres orfèvres de son temps. Luca délia Robbia (f 1 430 ) entra tout jeune dans l'atelier de lorfévre Leonardo, et apprit, sous la direction de oei ex- cellent maître, à dessiner et à modeler en cire* ; mais Laça devint en peu de temps trop habile pour ne pas s'adonner uniquement à la sculpture; on ne connaît rien des travaux de sa jeunesse en orfèvrerie . Pour terminer l'historique de l'orfèvrerie italienne au xtv^ siècle, il nous reste à parler de cinq fameux orféTrea, contemporains de Brunelleschi et de Luca délia Robbia : Antellotto Baccioforte et Mazzano, tous deux de Plaisance ; Nicole Bonaventure et son neveu Enrico, et le Florentin Arditi. (1) Va SARI, Vie de Brunelleschi. (2) Idetn^ Vie de Luca deUa Robbia, ORFÈVRERIE. 2i7 Nous ayons déjà nommé Antellotto comme ayant restauré «i refiût en partie les bijoux du U*ésor de Monza. Qpant à Mazzano, son mérite était constaté par une ma- S&ifique crosse de vermeil de plus de quatre pieds de haut, H^ subsista jusqu'en 1798 dans la cathédrale de Plaisance. ^ était enrichie de bas-reliefs, de statuettes, d'ornements ^d'émaux travaillés avec goût et terminés avec une exquise ^catesse. Ce bel ouvrage, commencé en 1388, ne fut fini l^tt 1416, après vingt-huit ans de travail. H y a quelques ^ftoées, il en restait encore des fragments dans la collection ^JLfioBelli^. •OlicoU Bonavdnture et Enrico ont laissé leur nom sur un '^^lîquaitie appartenant à la cathédrale de Forli, et qui contient ^ ^^ de saint Sigismond. Les belles ciselures, les nielles et ^* éouuix dont ce reliquaire est enrichi, en font une des plus ^U«a pièces de Torfévrerie du xnr* siècle*. ^^liidiea Arditi se recommande par un buste en argent, à près de grandeur naturelle, servant de reliquaire au crâne ^^ *aint Zanobi, qu on aperçoit sous un cristal, le métal étant ^upé i cet effet au sommet de la tête. Ce buste est ren- dans la magnifique ch&sse en bronze, l'un des chefs- ^^urre de Ghiberti, que Ion conserve dans la cathédrale de ^^^^renoe. On ne len sort qu'une fois Tan, le 26 janvier, à ^^>î]i8 que ce ne soit pour conjurer quelque grande calamité. »ins il n'est pas impossible d'obtenir de le voir à d'au- jours. La sculpture d'Andréa Arditi est tout à la fois ^^^^Ide et simple ; on peut lui reprodier cependant un peu de \ défiuit qui se rencontre souvent dans les œuvres de époque. L'exécution est très soignée : des médaillons fiA^Queiit gravés, où sont représentés des saints, enrichissent te l>iiste. Vasari, qui fait un grand éloge de cette pièce d'or- ffrrrerie sculptée, en avmt attribué la confection à Cione'; ii^AÎs cette inscription, gravée sur la poitrine en caractères i (0 GicoGNABA, Slor. dell. sadt., t. Il, p. 1S7. (t) ld0m,t. I,p. 369. (^) \a84SI, Vie d'Àgostino et d^Agnolo. 248 INTRODUCTION, gothiques, Andréas Arditi de Florentia mefecit, ne peut lais- ser aucun doute sur lauteur de ce riche monument. Notre collection conserve, sous le n** 906, un calice qui est sorti des habiles mains de Arditi ; il porte la même inscription latine, émaiUée au-dessous du nœud. Le xv^ siècle ya nous montrer des artistes encore plus distingués. Lorenzo Ghiberti, beau-fils de Bartoluccio, reçut de cet habile orfèvre les premiers principes des arts du dessin. A peine âgé de vingt ans, il venait de quitter l'atelier de son beau-père pour aller à Rimini, lorsque celui-ci le rappela à Florence, afin qu'il prît part au concours qui avait été ouvert par la communauté des marchands de Florence (1401) pour Fexécution des deux portes du baptistère de Saint-Jean. 6hi- berti avait affaire à de rudes concurrents : Brunelleschi, Do- natello, Jacopo délia Quercia étaient les plus en réputation. Néanmoins, guidé par les conseils de Bartoluccio, qui l'aida même, à ce que dit Vasari, dans l'exécution de son morceau de concours, Ghiberti produisit un si bel ouvrage, que Dona- telle et Brunelleschi se déclarèrent vaincus. Les juges rati- fièrent la décision si désintéressée de ces grands artistes, et Ghiberti fut chargé de l'exécution de ces portes, qui ont im- mortalisé son nom. Le bas-relief de Ghiberti, qui est conservé aujourd'hui dans le cabinet des bronzes de la galerie de Flo- rence, était admirable de dessin et de composition ; mais sous ce rapport celui de Brunelleschi, qu'on voit également dans le même cabinet, ne lui cédait en rien. Ce qui mérita la palme à Ghiberti, ce fut le fini précieux et inimitable de l'exécution. Il avait terminé et réparé son bronze avec toute la finesse que les bons orfèvres apportaient alors aux plus délicats tra- vaux de leur art, et l'on peut dire que c'est à son talent dans l'orfèvrerie qu'il dut de l'emporter dans ce concours sur les plus grands sculpteurs du xv^ siècle. Le brillant succès de Ghiberti lui procura de nombreux tra- vaux de sculpture; mais cependant il n'abandonna jamais l'orfèvrerie, et il exécuta, durant tout le cours de sa vie, de très beaux travaux qui se rattachent à cet art. Indépendam- ORFÈVRERIE. 249 ment des bas-reliefs d'argent de lautel du baptistère de Saint- Jean, qui sont de magnifiques pièces de sculpture, il fit même des bijoux. Ainsi, dans Tannée 1428, il monta en cachet, pour Jean, fils de Cosme de Médicis, une cornaline de la grosseur d'une noix, gravée en intaille, qui avait appartenu, disait-on, i Néron. Le manche en or ciselé figurait un dragon ailé qui sortait de dessous des feuilles de lierre. Vasari vante la finesse et la beauté de ce travail. Peu après, le pape Martin V (f 143 1) étant venu à Florence, notre grand artiste fut chargé de lui faire deux précieux bijoux : bouton de chape et une mitre d'or. Il avait exécuté en re- sur le bouton de chape une demi-figure du Christ bénissant, entourée de pierres d'un grand prix ; la mitre était couverte feuillages d'or merveilleusement ciselés, d'où sortaient huit de ronde bosse d'une beauté ravissante. 1 4S9, le pape Eugène IV lui fit faire pendant son séjour Florence une mitre d'or du poids de quinze livres, chargée oinq livres et demie de pierres précieuses d'un très grand Lorenzo enchâssa toutes ces pierreries dans des orne- enta rehaussés de figurines de ronde bosse. Le devant pré- sentait le Christ sur son trône, entouré d'une foule de petits ^siges; le derrière, la Vierge assise sur un siège soutenu ¥«^ des anges, et accompagnée des quatre évangélistes. ^te ce qui reste des travaux de Ghiberti, on peut se faire ^e idée du beau style et de l'exquise délicatesse de ces T^Meux bijoux*, et s'il passe ajuste titre pour l'un des plus pi&ds sculpteurs des temps modernes, on peut le regarder «wgi comme le premier des orfèvres. L'exécution complète des portes du baptistère de Saint-Jean dora quarante années, et pendant ces longs travaux Ghiberti (1) Ces détails sur les bijoux de Ghiberti nous sont fournis non-seu- iMoent par Vasari , mais encore par les curieux mémoires laissés par Ghiberti. Ces mémoires, qu'on peut regarder comme le premier essai d'une histoire de l'art en Italie, sont restés longtemps inconnus ; ils ont été publiés par Cicognara dans son ouvrage Storia delta sculiura, t. II , p. 99 , et par M Léopold Leclanché , dans sa traduction d^ Va- sari, t. Il, p. 88. Î50 INTRODUCTION, se fit aider par de jeunes orfèvres qui devinrent plus tard de» mattres habiles, tels que Masolino da Panicale, Nicole Lam- berti, Parri Spinelli, Antonio Filarete, Paolo Ucello et Anto- nio del Pollaiuolo; le plus célèbre de tous * . Ce fut dans l'atelier de lorfévre Bartoluecio Ghiberti que Pollaiuolo (ne vers 1424 f 1498) appritles principes des arts du dessin et de l'orfèvrerie. Il fit des progrès si rapides qu'en peu de temps il égala son mattre, et acquit une réputation d'habileté qui lui permit de travaiUer pour son propre compte. U se sé- para donc de Bartoluecio et de Lorenzo pour ouvrir à Florence une boutique, où il exerça pendant plusieurs années l'orfè- vrerie avec beaucoup de succès ; ses nielles surtout eurent une grande vogue. Les consuls de la communauté des mar- chands le chargèrent alors d'exécuter quelques bas-relielb pour l'autel d'argent du baptistère de SaintJean*, dont il est i propos de parler maintenant. Dès le xm^ siècle, les Florentins avaient résolu de recou- vrir entièrement toutes les faces du grand autel du baptistère avec des plaques d'argent, où la vie du Précurseur devait être ciselée en relief. Cet autel, auquel Cione avait travaillé, neparat plus assez beau dans le siècle suivant : il fut fondu en grande partie, et les consuls de la communauté des marchands décidè- rent qu'on en élèverait un autre beaucoup plus riche et d'une conception plus grandiose'. Le nouvel autel fut commencé en 1 366, ainsi que l'indique l'inscription qui s'y trouve gravée. II ne fut terminé qu'en 1477, si toutefois on peut dire qu'il fat terminé, car il manque encore au côté gauche de l'autel deux bas-reliefs, qui sont remplacés par des peintures fiirurativea. Cettema^ifiquepiècedorféJrerienestofferteati regards du public que le jour de la fête de saint Jean et le lendemain ; pendant le cours de l'année, elle est conservée dans les bâti- ments de la fabrique de la cathédrale, où l'on peut la voir en s'appuyant de quelques protections : seulement il est interdit « (1) Vasari, Vie de GhibertL (2) Idem, Vie d'Ant, et Pietro del Pollaiuolo. (3) GORi, Thésaurus vet. diptych. Florentiœ, 1759, t. III. ORFEVRERIE. 351 àB dessiner et de prendre des mesures ; Tœil doit tout ap- X^ monument, qui a un mètre 30 centimètres enyiron de ;» se divise en trois parties : la face principale» de trois ^^ti'es 2& centimètres environ de long, et les deux faces laté- de pré» d'un mètre chacune. La statue de saint Jean, dans une niche dont la décoration est empruntée au le c^Tal» occupe le milieu de la face principale. Elle est en doré et peut avoir 66 centimètres d'élévation. C'est bel ouvrage, qui fut exécuté en 1452 par Michelozzo. Var avait attribué cette statuette à Antonio del Pollaiuolo, kaia le livre de la communauté des marchands a fourni la que Michelozzo en est l'auteur. De chaque cAté de la du Précurseur se trouvent quatre bas-reliefs sur deux kgées. Chacune des faces latérales comprend aussi quatre l^aMp^reliefe sur deux rangées ; oda ^Etit en tout seize bas-reliefs, dont deux, comme nous l'avons dit, sont simulés par des pein- L. Ces tableaux d'argent, exécutés en haut relief très sail- ;, peuvent avoir 30 centimètres de haut sur 20 de large ; les ^HJ^ts sont tous puisés dans la vie de saint Jean. La frise, qui le dans la partie supérieure du monument, est décorée de niches qui renferment 43 figurines d'argent, de 1 2 à 1 5 cen- de haut. Les parties lisses du monument sontenri- ^Ifeies de décorations, dont la description détaillée nous entrai- ^^tlyt trop loin. Ce sont des fenêtres gothiques, de petites ^^^^Ifees renfermant des figures, des étoiles et d'autres ome- '^^làts exécutés soit en émail translucide sur relief, soit en ^^^Ues qui se détachent sur un fond d'émail bleu. ^âerto Geri, Cristoforo, fils de Paolo, Leonardo, fils de Gio- li, et Michel Monte sont les artistes qui ont travaiUé les iers à ce grand ouvrage, sans compter Cione, dont les tra- :, comme nous l'avons dit, proviennent de l'ancien autel, flrands bas-reliefs sont dus à Cione, Lorenzo Ghiberti, *^^**tolommeo Cenni, Andréa del Verocchio, Antonio Salvi , ''^^''^Jicesco, fils de Giovanni, et Antonio dél Pollaiuolo. Gori ^X^ndant ne cite pas Ghiberti, mais les archives conservées ^ ^^ fabrique du dôme et les traditions ne paraissent pas laisser 25Î INTRODUCTION, de doute que ce grand sculpteur n'ait exécuté plusieurs de ces beaux bas-reliefs. On conçoit que, sortis de la main de tant d'artistes qui florissaient à diverses époques, ces bas-reliefs présentent des différences notables dans le style et dans l'exé- cution. Parmi les pièces d'orfèvrerie, qui sont comme des annexes de Tautel, la plus remarquable est une grande croix d'argent, ou pour mieux dire un groupe de plusieurs figures de ronde bosse de 2 mètres 50 centimètres de haut, représentant la crucifixion. Milano, fils de Dei, Becto, fils de Francesco, et Antonio del Pollaiuolo sont les auteurs de ce bel ouvrage, qui a été terminé en 1456. Gori attribue la partie supérieure de ce monument à Becto, la partie inférieure aux deux autres artistes. Antonio del Pollaiuolo avait fait également de magni- fiques chandeliers pour accompagner la croix * : malheureuse- ment ils ont été fondus en 1537, avec d'autres beaux objets d'argent, pour subvenir aux dépenses de la guerre^. Nous avons vu dans le traité de Théophile que l'art de nieller, qui consiste à couvrir d'une espèce d'émail noir les fines intailles d'une gravure exécutée sur une plaque d'argent, était, dès le xn® siècle, une dépendance de l'orfèvrerie ; aussi devons-nous placer parmi les orfèvres Maso Finiguerra, qui, vers le milieu du xv* siècle, jouissait à Florence d'une répu- tation méritée pour ses nielles sur argent. Jamais personne ne s'était rencontré qui sût graver autant de figures dans nn petit espace, avec une pureté de dessin aussi parfaite'. Parmi les nielles d'argent que conserve le cabinet des bronzes de la galerie de Florence, on voit une paix exécutée par Finiguerra en 1 452 pour le baptistère de Saint-Jean ; elle n'est rien moins que la planche de la première estampe qu'on ait imprimée, et dont la Bibliothèque royale de Paris conserve roniqoe épreuve ^. Aussi le renom que Finiguerra avtût acquis comme habile orfèvre fîit-il ajuste titre éclipsé par la gloire d'avoir été (1) Vasari, Vie de Pietro et Ant, del PoUaiuolo. (2) Gori, loc. cit. (3) Vasari, loc, cit. (4) M. DucHESNE atné. Essai sur les nielles, Paris, 1836. ORPÊVRERIE. :t5S ^ '^xt^^enteur deTimpression des gravures sur métal. Notre col- ion possède quelques nielles sur argent, parmi lesquelles doit remarquer une paix (n® 909) où se trouve représenté le titx^nnement de la Vierge, et qui porte les armes du pape VI. i les artistes de la fin du x\^ siècle qui, après avoir été ^▼res, devinrent célèbres dans la peinture ou dans la sculp- , il faut citer Andréa Verocchio (f 1 488) , Domenico Ghir- dajo (tl495) et Francesco Francia (1 450f 1 5 1 7) . Verocchio, . mérité comme sculpteur une très grande réputation, et le cheM'œuvre, la statue équestre de Bartolonuneo Col- i, est encore debout sur la place de Saint-Jean-ei-Paul à x&ise, avait commencé par exercer Torfévrerie à Florence : 'va.sieiirs boutons de chape, un vase couvert d'animaux et de ^^ûllages, et une belle coupe ornée d*une danse d'enfants, rvsient mis en crédit * ; aussi la communauté des marchands mmanda-t-elle pour Tautel du baptistère deux bas-reliefs gent, qui augmentèrent sa réputation. Appelé par Sixte IV me pour refaire, dans la chapelle pontificale, les statuettes argent des apôtres qui avaient été détruites , il s'acquitta Buccès de ces travaux; mais les études qu'il fit des anti- que possédait la capitale du monde chrétien le décidè- à se livrer exclusivement à la sculpture et à la peinture, ut la gloire de compter parmi ses élèves le Pérugin et nard de Vinci. menico Ghirlandajo était fils de Tommaso, célèbre orfé- » qui avait reçu le nom do Ghirlandajo d'une parure en e de guirlande qu'il avait inventée, et dont les jeunes Flo- ^^'^es raffolaient. Domenico était donc naturellement destiné sercer l'état de son père. Ses travaux, qui consistaient cipalement en lampes d'argent d'un grand prix, furent its, avec la chapelle de l'Annunziata qu'elles décoraient, ^^^dant le siège que Florence eut à subir en 1629*. Dome- 9 Ghirlandajo abandonna l'orfèvrerie pour la peinture, **^"^8 laquelle il s'est rendu illustre. L Cl) Vasabi, Vie de Andréa Verocchio. C?) Idem, Vie de Domenico Ghirlandajo. 254 INTRODUCTION. Nous avons déjà parlé des émaux sur ciselures en relief de Francia ; mais ce qui le mit surtout en réputation, ce fut Tha- bileté qu'il montra dans la gravure des médailles et la fonte des monnaies S travaux qui dépendaient alors de lorfévrerie. Francia, jusqu'à l'âge viril, s'était uniquement adonné à Tor- févrerie, et n'avait pas touché le pinceau ; c'est par une espèce de prodige, dont on n'avait pas encore vu d'exemple, qu*il parvint en peu d'années à se placer parmi les meilleurs mattres de son temps. Pour clore la liste des orfèvres qui se rendirent célèbres à la fin du xv^ siècle et dans les premières années du xvi®, nous devons nonmier Ambrogio Foppa de Milan, surnommé Cant- dosso, et Michelagnolo di Viviane- Caradosso était un habile orfèvre en tout genre, mais il se distingua principalement par ses émaux sur relief et par les médailles qu'il grava sous les pontificats de Jules II et de Léon X*. Il excellait aussi à faire de petits mèdûllons en or enrichis de figures de haut relief et de ronde bosse qu'on por- tait aux bonnets et dans les cheveux. D après Cellini', il vivait encore sous Clément VII. Le goût pour les bijoux, enrichis de figurines de ronde bosse ou de haut relief coloriées par des émaux, était domi* nant en Italie au xv^ siècle. H en existe encore plusieurs de cette époque. Nous signalons parmi les plus beaux une paix conservée à Arezzo dans le trésor de la Madonna. Cette paix fut donnée en 1464 par le pape Pie II aux Siennois, ses conci- toyens, qui depuis en ont fait cadeau aux Arétins. Michelagnolo était l'un des orfèvres les plus estimés de Flo- rence du temps de Laurent et de Julien de Médicis. Il avait une grande réputation pour la monture des pierres précieuses, et exécutait avec une égale perfection les nielles, les émaux et les travaux de ciselure^. Vasari cite, comme de fort bdies (1) Vasari, Vie deFrancesco Francia. (2) Idem, Vie de Bramante. (3) Benvenuto Gellini, Tratiato dell' oreficeria. MUano, 1811 , p. 55. (4) B. Gellini, Trat. deW oref., proemio Lvn. ORFÈVRERIE. 255 ^JXMes, les ornements dont il décora les armures que Julien de Médicis porta dans un carrousel qui eut lieu sur la place ^ta<}roce * . La meilleure preuve du mérite de Michelagnolo, <^'68t réloge que fait de lui Benvenuto Cellini, dont il fut le jRPwnier maître*. Benvenuto Cellini naquit en 1500. Après être resté près orrévrene deux années dans Tatelier de Michelagnolo, où il avait été ju wliè^i P-I^oé en apprentissage à T&ge de treize ans, il entra chez b. ceiiini. ^^-Kitonio di Sandro, autre orfèvre florentin, artiste de talent. '1 'travailla ensuite chez différents orfèvres de Florence, de ^^«e, de Bologne et de Sienne, où il avait été exilé à la suite * * ^^sne rixe. Tout le temps qu'il pouvait dérober à lorfèvrerie, ^1 le donnait au dessin, étudiant les ouvrages des grands mat- » et particulièrement ceux de Michel- Ange, pour lesquels il passionné^. A Pise, il visitait souvent le Campo-Santo, copiait avec ardeur les antiques qui s y trouvaient réunis^. ^klla pour la première fois à Rome à l'âge de dix-neuf ans. ndaat les deux ans qu'il y passa cette première fois, il se *^"Ta presque exclusivement à l'étude des antiquités, qu'il n'a- onnait, pour faire de l'orfèvrerie, qu'autant que l'argent Hait à lui manquer^. On conçoit facilement qu'en suivant ^te direction, Cellini, doué qu'il était d'une imagination ar- xite et d'une grande intelligence, soit devenu en peu de tpB un artiste distingué. Aussi la vogue qu'il sut acquérir, Bon retour à Florence, lui permit-elle d'ouvrir pour son nn atelier, où il exécuta une grande quantité de petits de bijouterie. SientAt, en 1523, une nouvelle querelle avec ses voisins ^ ^yant forcé de fuir de Florence, il se retira à Rome, où il ^^ouma jusqu'en 1537, si l'on en excepte quelques mois qu'il (^ *) Vasabi, Vie de Baecio Bandindli. (^) Vila di Benvenuto CeiUni scritta da lui medesimo. Firenze, ^^O , p. 1 j. V^) « Attesi continuamerUe in Firenze a imperare soHo la bella ma- '^^^^ di Michelagnolo et da quella mai mi sono ispiccato. > VUa di B* Oettifit, p. 23. i^) VUa di B. Cellini, p. *20. (5) Idem, p. 2«. Î56 INTRODUCTION, passa, à différentes reprises, à Florence, et le temps qull employa à visiter Mantoue, Naples, Venise et Ferrare. C'est durant ces quatorze années qu'il fonda sa réputation d'habile orfèvre, et qu'il fabriqua ses plus beaux bijoux, les coins de la monnaie de Rome et les médailles de Clément VII et du dac Alexandre. Cellini vint pour la première fois en France en 1537. n fut présenté à François P'; mais ce prince ayant quitté Paris pour se rendre à Lyon, Cellini voulut retourner à Rome. En 1540, François P' le rappela auprès de lui. Pendant un séjour de près de cinq années que Cellini fit à Paris, il exécuta pour le roi un grand nombre de beaux ouvrages, dont il ne subsiste plus qu'une salière d'or, conservée dans le cabi- net des antiques de Vienne. De retour à Florence, Cellini s'adonna à la grande sculp- ture. Ce fut alors qu'il jeta en bronze la statue de Persée, le . beau buste deCosme I^, et qu'il sculpta en marbre un crucifix de grandeur naturelle, que Vasari regarde comme le plus bean morceau qu'on ait fait en ce genre. Il n'abandonna pas néan- moins l'orfèvrerie, et fit encore de charmants bijoux pour la duchesse Elèonore. Après être resté vingt-cinq ans au service du grand-duc de Toscane, comme sculpteur, orfèvre et mattre des monnaies, Cellini mourut en 1 57 1 , assez mal récompensé de ses grands travaux, mais laissant après lui une hante réputation justement méritée. On ne peut douter que Cellini n'ait été un artiste des pins éminents, et qu'il n'ait fait, durant sa longue vie, une quan- tité considérable de pièces d'orfèvrerie. Aussi l'on a peine à comprendre ce jugement que M. Dussieux vient de porter tout récemment sur ce grand artiste dans ses Reclœrches archéob^ giques sur V histoire de T orfèvrerie : « Cet homme fit bien quel- - ques ouvrages d'orfèvrerie, mais il eut beaucoup trop d*aa- ^ dace, se vanta avec une impudence incomparable, et c'est *« autant par ces moyens que par son grand talent, qu'il s'est - acquis une réputation colossale. Il est devenu un mythe *. « (!) Annales archéologiques , CIII, p. 261. J>.: ORFÈVRERIE. 257 Ainsi Cellini serait une espèce d'ôtre fabuleux, et U plupart de ses beaux ouvrages d'orfèvrerie n'auraient existé que d,ans son imagination. Dans les écrits de Cellini, sur lesquels s'appuie sans doute M. Dussieux pour lui reprocher son impudence à se vanter, il iknt distinguer Thomme et l'artiste. L'homme est fanfaron, il est vrai; c'est un spadassin dont l'audace est sans bornes, même avec les princes, et qui ne recule pas devant un meurtre pour se venger d'un ennemi. A l'en croire, c'est lui qui, en défendant les murs de Rome, aurait tué d'un coup d'arqué- base le connétable de Bourbon, et qui aurait ensuite com- mandé Tartillerie du ch&teau de Saint-Ange, où Clément VU était assiégé. Il peut y avoir dans ces récits beaucoup d'exagé- ration, si Ton veut; mais lorsque l'artiste donne la description de quelques-uns de ses travaux, quoiqu'il le fasse en homme qui eonnatt la valeur de son talent, on n'y trouve rien qui sente la forfanterie. C'est souvent, comme il le dit lui-même* , pour enseigner par des exemples qu'il entre dans de minu- tieux détails sur les ouvrages sortis de ses mains. Du rçste il sait rendre justice au talent des orfèvres de son temps, qu'il plioe souvent au-dessus de lui-même, et laisse parfois à ses ouTriers le mérite d'avoir inventé certains procédés dont il se servait*. S l'on n'avait, pour juger Cellini, que les mémoires qu'il a écrits, on pourrait jusqu'à un certain point comprendre l'opi- nion de M. Dussieux sur le compte de ce grand artiste ; mais qudques-unes de ses œuvres sont là pour attester la véracité de ses mémoires en ce qui touche à l'art, et Vasari, son con- teniporain, qui avait vu ses plus beaux ouvrages d'orfèvrerie, nous a fait connaître et la prodigieuse fécondité de son imagi- luUion, et la haute estime dont jouissaient ses travaux. Laissons parler le biographe italien : •« Cellini, citoyen flo- « rentin, aujourd'hui sculpteur, n'eut point d'égal dans l'or- (f) > SeguUando adunque il nosiro costume solito, che è di dimostrar keofêper via d'esempj, dko.., » Tratt, delV oref,, cap. vu, p. 92. (J) B. Cellini, TraU, delV oref., p. 117. 17 f- 258 INTRODUCTION. « févrerie, quand il s'y appliqua dans sa jeunesse, et fut peut- » être maintes années sans en avoir, de même que pour » exécuter les petites figures en ronde bosse et en bas-relief, •* et tous les ouvrages de cette profession. Il monta si bien les ** pierres fines, et les orna de chatons si merveilleux, de figu- *• rines si parfaites, et quelquefois si originales et d'un goût •< si capricieux, que Ton ne saurait ims^ner rien de mieux. « On ne peut assez louer les médailles d'or et d'argent qu*il •* grava, étant jeune, avec un soin incroyable. 11 fit à Rome, *« pour le pape Clément Vil, un bouton de chape dans lequel M il représenta un Père étemel d'un travail admirable. Il y M monta un diamant taillé en pointe, entouré de plusieurs pc- » tits enfants, ciselés en or avec un rare talent. Clément VII u lui ayant commandé un calice d*or dont la coupe devait ** être supportée par les Vertus théologales, Benvenuto con- ** duisit presque entièrement à fin cet ouvrage, qui est vrai- » ment surprenant. De tous les artistes qui de son temps u s'essayèrent à graver les médailles du pape> aucun ne réns- « sit mieux que lui, comme le savent très bien ceux qui en M possèdent, ou qui les ont vues; aussi lui confia-t-on les . •« coins de la monnaie de Rome, et jamais plus belles pièces ^ M ne furent frappées. Après la mort de Clément Vil, Ben- - « venuto retourna à Florence , où il grava la tête du doc t x Alexandre sur les coins de monnaie qui sont dune telle i M beauté, que Ton en conserve aujourd'hui plusieurs emprein- <« tes comme de précieuses médailles antiques ; et c'est à bon ** droit, car Benvenuto s'y surpassa lui-même. Enfin il s'a- H donna à la sculpture et à l'art de fondre les statues. Il exé- *• cuta en France quantité d'ouvrages en bronze, en argent et •« en or, pendant qu'il était au service du roi François I*'. De •« retour dans sa patrie, il travailla pour le duc Cosme, qui lui ** commanda d'abord plusieurs pièces d'orfèvrerie et enanite " quelques sculptures ^ . » Quelle meilleure réponse peut-on faire à M. Dussieux ? (1) Yasari, Des académiciens du dessin, traduction de M. Léopold Leclanchô, t. X, p. 2. ORFÈVRERIE. , 259 Arappuidurécitde Vasari, ne possède-t-on pas d'ailleurs, comme nous le disions , quelques œuvres de Cellini I Sans parler du magnifique buste en bronze de Cosme I^ et du groupe de Persée et Méduse, le ravissant piédestal de ce groupe, orné de statuettes de bronze, et le petit modèle du Penée*, qui, par leur dimension, se rapprochent des travaux de la grande orfèvrerie, font voir ce dont Cellini était capable d^MMB les ouvrages qui se rattachent à cet art. Xies pièces d'orfèvrerie et les bijoux sortis de ses mains dont Tauthenticité n'est pas contestable sont en très pé- nombre, il est vrai; on ne peut guère ranger dans catégorie que la belle salière qu'il exécuta pour Fran- I*, les monnaies qu'il fit pour Clément VII et pour ul ni, la médaille de Clément VU et celle > de François I^ ; la monture d'une coupe en lapis-lazuli, offrant trois ea or émaillé, rehaussées de diamants, et le couvercle, OT émaillé, d'une autre coupe en cristal de roche, qui conservées toutes deux dans le cabinet des genmies de gaJerie de Florence et existaient depuis le xvi*^ siècle dans l^ trésor des Médicis. Comme Cellini s'est occupé d'orfèvrerie pendant plus de ^u^quante années, qu'il a été en qualité d'orfèvre au service *^ Clémenl Vn, de Paul III, de François P"^ et des ducs de ^^loronce, on ne peut douter qu'il n'ait fait un grand nombre d» pièeea d'orfèvrerie et de bijoux ; tous n'ont pas dû périr, ^ ^sertes plusieurs de ses œuvres, en dehors de celles que ^^*Hu venons de signaler, doivent subsister encore. Après avoir ^^^Qûné avec soin les œuvres de sculpture de Cellini, ses 1!^^ d orfèvrerie et ses bijoux authentiques, pour se péné- ^de son style, et après avoir étudié, dans le traité qu'il a T^Bésur Torfévrerie, les procédés de fabrication qu'il indi- V^ eomme lui étant personnels, on peut arriver à désigner (0 Ce modèle en bronze est conservé dans la galerie de Florence, à <^d*an autre modèle en cire également de la main de Cellini. (S) M. Eugène Piot en a publié la gravure, avec la traduction du TtoiUderorféïyrerie, de Cellini, dans le Cabinet de l'amateur et de Van- tiqmrt, t. II. 260 INTRODUCTION. ' quelques pièces qui, sans avoir pour elles Tauthenticité des premières, peuvent cependant passer avec quelque certitude pour être sorties de ses habiles mains. Voici celles que nous avons vues : Dans l'argenterie du grand-duc de Toscane, trois coupes et un flacon en or émaillé, enrichis d'anses en forme de dra- gons ailés à tètes fantastiques, qui sont d'un dessin ravissant et d'une merveilleuse exécution. Ces pièces portent les armes des Médicis et des Famèse. Dans le cabinet des antiques de Vienne, un médaillon ovale en or émaillé. Léda y est représentée à demi couchée et caressée par Jupiter, métamorphosé en cygne ; l'Amour, debout, sourit aux amants. Ces figures de haut relief, colo- riées en émail, se détachent presque entièrement du fond. Le médaillon est encadré dans un cartouche découpé, en or ci- selé et émaillé, rehaussé de pierres fines. Ce bijou passe pour celui dont Cellini parle dans ses mémoires, comme l'ayant fait pour le gonfalonier de Rome Gabriello Cesarino ^. Dans la riche chapelle du palais du roi de Bavière, à Mu- nich, un petit monument, espèce de reliquaire en or émaillé. Au centre se trouve un groupe de figurines de ronde bosse : les rois mages venant adorer le Christ. Dans le musée du duc de Saxe-Gotha, la couverture en or émaillé d'un petit livre d'heures de 8 à 9 centimètres carrés. Sur chacun des ais est ciselé en relief un sujet de sainteté placé sous une arcade ; des figures de saints occupent les angles ; le tout est encadré dans des bordures composées, comme les arca- des, de diamants et de rubis. Trois petits bas-reliefs d*une grande finesse d'exécution décorent le dos de cette charmante couverture. Seraitrce celle que fit Cellini, d'après les ordres de Paul m, et qui fut offerte en présent à Charles-Quint* t Dans le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale de Paris, la monture d'un camée antique de forme ovale (n** 1 58 ) . Cette monture, ciselée et émaillée, est enrichie de figurines de ronde bosse et de mascarons coloriés d'émail ; au som- (I) Vita di B. Cellini, p. 48. (2) Ibidem, p. 197. ORFÈVRERIE. 261 met, la figure de la Victoire tient enchaînes à ses côtés deux prisonniers assis. Enfin, de l'avis de plusieurs connaisseurs, nous croyons pouToir attribuer à Cellini le beau bijou de notre collection n^99î, où sont représentées deux figures de ronde bosse en or ciselé et émaillé, placées sous une arcade en pierres fines ; le médaillon n® 993, qui reproduit les figures d'Adam et Eve, et le petit cartouche n^ 994 . On reconnaît dans les figurines qui enrichissent les deux premiers bijoux, toutes petites qu'elles sont, le style de Michel-Ange, dont Cellini, comme il le dit iai-méme, aimait tant à s'inspirer ; le travail du cartouche a beancoup d'analogie avec celui de la monture du camée de la Bibliothèque royale. Le traité que Cellini, à l'exemple de Théophile, a écrit sur Tari qu'il cultivait, fait connaître les procédés de fabrication en usage de son temps et ceux qu'il mit lui-même en prati- que, n serait beaucoup trop long ici d'analyser ce curieux lirre; il nous suffira d'indiquer les matières qui en font l'objet, ponr donner une idée des connaissances variées que devait posséder, au xvi^ siècle, un artiste qui voulait embrasser toutes les parties de l'art de l'orfèvrerie. Le chiq>itre I^ traite de la joaillerie , de la nature des pierres précieuses, de leur sertissure, de la doublure des pierres de couleur. Le chapitre II donne la manière de composer le fiiello et les procédés à employer pour nieller. L'art de travailler le filigrane est le sujet du chapitre IIL Noos avons rapporté plus haut de longs extraits du cha- pitre IV, qui a l'émaillerie pour objet. Le chapitre V en- seigne la bijouterie proprement dite (il lavoro di minuteria) et l'art de travailler au repoussé et de ciseler les feuilles d'or et d'argent (lavori di piasira ) , pour en former les figurines qui décorent les bijoux ou en tirer les statuettes qui entrent dans la composition des pièces d'orfèvrerie de petite dimen- sion. Aux détails dans lesquels entre Cellini sur les parties de l'art comprises dans le chapitre cinquième, on s'aperçoit facile- ment que c'étaient celles qui lui plaisaient le plus. Il décrit dans ce chapitre le bouton de chape exécute pour Clément VII, qui *i6t INTRODUCTION. faisait l'admiration de tous les artistes, comme nous la ap-- pris Vasari, et la belle salière d'or de François I**, dont les deux figures principales, Neptune et Bérécynthe, n ont pas moins de 20 à 25 centimètres de haut. Les travaux de minuteria, les bijoux proprement dits, étaient tous travaillés au ciselet ; rien n'était fondu ni es- tampé*. Ce travail de mmuteria comprenait les anneaux, les pendants, les bracelets ; mais les bijoux les plus en vogne étaient certains médaillons (medagUe dipiastra d'oro sottUù- simo), qui se portaient au chapeau et dans les cheveux. On les bisait de deux manières : tantôt des figurines étaient re- poussées sur une feuille d'or ; tantôt ces figurines, après avoir été repoussées presque jusqu'au point de devenir de ronde bosse, étaient détachées de la feuille d'or et appliquées sur un fondde lapis-^lazuli , d'agate ou de toute outre matièrepréciense. Ces médaillons recevaient une bordure d'encadrement ciselée et souvent enrichie d'émaux. Cellini s'étend avec complaisance sur la fabrication de ce genre de bijou, et enseigne avec détails les divers procédés mis en usage soit par Caradosso, qui y excellait, soit par lui^-méme. Il donne aussi la description de quelques-uns des plus beaux qu'il ait exécutés, notamment de celui qu'il avait fait pour le gonfalonier Cesarino, que pos- sède le cabinet des antiques de Vienne. Les bijoux de notnD collection, n^ 993, 995, 997, sont des médaillons traTailiés suivant le second mode indiqué par CeUini. Introduit en France, sans doute par le célèbre orfèvre flo- rentin, ce genre de bijou y fut fort en vogue sous François I*' et Henri II ; il recevait le nom d'enseigne. Le chapitre VI fait connaître la manière de graver en creux l'or, l'argent et le bronze, et celle de faire les sceaux des princes et des cardinaux. L'art de graver les monnaies et les médailles est développé dans les chapitres VII, VIII, IX et X. Les chapitres XI et XII sont consacrés à l'orfèvrerie propre- ment dite, il lavorar di grosserie d'oro e di argento; Cellini y (1) « TxUtoquello^ che fra gliorefici si dûmanda lavorar e di minuteria^ si ronduce col cesello. » B. Cellini, Tratt. delV oref., p. 55. ORFÈVRERIE. 263 enseigne les différentes manières de fondre le métal et de le eouler en feuille, et aussi la fabrication des vases d'or et d'ar- geai. Lexécution des statues d'argent , grandes comme na- ture, ou d'une proportion colossale, fait l'objet du chapitre XIII. Les dix derniers ch^itres sont employés à l'exposition do oerUins procédés qui se rattachent au matériel de la fabrica- CAtion, tels que ceux de la dorure de l'argent et de la colora- tion de lor. Cellini, ainsi que Théophile, a été soumis, jusqu'à un certain jpoint, aux erreurs de son temps : il lui arrive, par exemple, de que les pierres fines, comme toutes les autres choses de la I, produites sous l'influence de la lune, sont composées quatre éléments^; néanmoins, et bien que les procédés de fi^biication se soient matériellement améliorés dans certaines depuis le xvi* siècle, nos orfèvres peuvent puiser son traité d'utiles enseignements Sous le rapport de lliwtoire de l'art, il sert à nous faire connaître le style des "pliui beaux bijoux de Cellini, et permet de les faire revivre quelque sorte, tant ses descriptions sont nettes et pré- L II nous reste une dernière remarque à faire, c'est que, beaucoup de matières, le traité de Cellini présente une grande analogie et quelquefois ui^e conformité parfaite avec ^ui que Théophile avait écrit plus de trois cent cinquante ^>ui avant lui. Ainsi la manière d'exécuter les travaux au ^^fooisé et les procédés de la fonte des anses des vases ^iSnoi beaucoup de ressemblance dans les deux traités : si les doaei qui entrent dans la composition du niello sont différen- memode d'implication du niello sur la plaque d'argent fnifée est le même. Les pratiques de l'art du xif siècle s'é- t>i^t doue transmises par tradition jusqu'au xvi*^, presque MBS altération. Ce fait n'est-il pas encore à la gloiro de ce nwyen &ge si déprécié, si peu connu? Après Cellini , il nous reste à nommer quelques orfèvres italiens qui se sont distingués dans le xvi^ siècle : Giovanni da Firensuola , fort habile à travailler la vaisselle de table et (I) B. CELLim, TraiL deW oref., p. 2. 261 INTRODUCTION. l'orfèvrerie proprement dite, cose grosse * ; Luca Agnolo, bon dessinateur, le meilleur ouvrier que Cellini eût encore connu lorsqu'il retourna à Rome, enJ523*; Pilote, cité par Yasari comme fort habile'; Piero, Giovanni et Romolo del Tovaloccio, qui furent sans égaux dans l'art de monter les pierreries en pendants et en bagues^; Piero di Mino, renommé pour ses ouvrages de filigrane^; Lautizio de Pérouse, qui excellait à graver les sceaux^ ; Yicenzio Danti, qui avait fait dans sa Jeu- nesse, avant de se livrer exclusivement à la sculpture, des choses ravissantes en orfèvrerie''. Nous ne devons pas omet- tre non plus Girolamo dal Prato, élève et gendre de Cara- dosso« qui travaillait à Crémone, et qu on nomma le Cellini de la Lombardie. On cite de lui un bijou merveilleux que la «i ville de Milan avait offert à Charles-Quint lorsqu'il entra-a pour la première fois dans ses murs. Cet artiste était habile graver les nielles et excellait dans l'exécution des statuettes des figurines d'argent ; il faisait aussi, et d'une ressemblances parfaite, des portraits-médaUlons en or et en argent. Girolamcc florissait dans la première moitié du xvi® siècle^. Le fameux^ Jean de Bologne a fait, en Italie, pour les Médicis, des liefs en or, que l'on conserve dans le cabinet des gemmes de galerie de Florence et qu'on peut regarder comme des pièees * d'orfèvrerie d'un grand mérite. Depuis la fin du xiii* siècle jusque vers la fin du xv®, l'orfè- vrerie italienne avait suivi pas à pas les progrès de la sculpture, avec laquelle elle s'identifiait pour ainsi dire. Ses formes devinrent pures et correctes, son style s'améliora par l'étude des monuments antiques ; mais cependant elle sut conserver, dans les grandes pièces d'orfèvrerie destinées aux églises, un caractère religieux. Au xvi*' siècle, le goût très prononcé pom* les sujets mythologiques et poétiques de la Grèce antique eut (1) Vita di B. Cellini, p. 25. (2) Ibidem, p. 3f et 49. (3) Vasari, Vie de Baccio Bandinelli. (4) B. Cellini, Tratt, delV oref. proemio, p. lvui. (5) Idem, (6) Idem, p. 81. (7) Yasari, Des académiciens du dessin. (8) GicoGNARA, Stor. delta sculU, t. Il, p. 415. ORFÈVRERIE. 265 QB6 grande influence sur Torfévrerie. Le style qui se forma 80U8 cette influence convenait parfaitement aux bijoux et aux objets usuels, qui prirent à cette époque des formes d'une rare élégance ; mais il fit perdre à lorfévrerie religieuse, à son grand détriment , ce cachet de gravité dont elle avait été empreinte au moyen ftge. La collection possède un calice de Andréa Arditi, de la fin daxiv^ siècle, et un autre calice, n^ 907, qui porte la date de 1416. Elle conserve aussi un calice, n®913, delà première moitié du xvi* siècle, et ses deux burettes qui sont enrichies de figurines de ronde bosse. Ces pièces feront facilement juger de la différence de style entre les deux époques. Qa y verra encore quelques vases italiens décorés de bas- ïdiefs ciselés avec une grande perfection, et un assez grand nombre de bijoux. n est à croire que, dès le commencement du xvi^ siècle, Tor- orfèvrerie ferrerie française avait abandonné le style gothique et adopté f''«^Ç*|*® . . , ,. . . au xvi« aiècle. eetoi de la renaissance italienne, sous l'inspiration des ar- tietes que Louis XII et François I^ avaient attirés en France. On peut s en convaincre par Téloge que fait Cellini de Torfé- ^Hf^e parisienne. Suivant lui , on travaillait à Paris , plus 9^ partout ailleurs, en grosserie , ce qui comprenait Torfé- ^^erie d'église, la vaisselle de table et les figures d'argent; les travaux qu'on y exécutait au marteau avaient atteint un ^^ de perfection qu'on ne rencontrait dans aucun autre U séjour que fit Cellini en France, de 1540 à 1545, dut Avoir néanmoins une grande influence sur l'art de l'orfèvrerie, ^principalement sur la bijouterie dans laquelle il n'avait pas ^ rival. Tous les bijoux furent alors exécutés chez nous ^8 le style italien. Ainsi les sujets mythologiques devin- rent fort à la mode, et exercèrent presque exclusivement l'i- magination de nos artistes orfèvres. A défaut de monuments, on en trouverait la preuve dans les jolis dessins gravés, pour servir de modèles aux orfèvres, par Etienne de Laulne, qui (1) B. Cellini, TraU. deW oref,, p. 130. 266 INTRODUCTION, était orféyrc lui-même *. Les charmant» anneaux de Woei* riot, orfèvre lorrain établi à Lyon» où il florisaiût vers 1560» respirent également le goût italien de cette époque '. Aumî est-il fort difficile de distinguer aujourd'hui les bijoux italiens des bijoux français de la seconde moitié du xyf siècle. On retrouve au surplus, dans Tinventaire de la vaisselle et des bijoux de Henri II, fût à Fontainebleau en 1560', tous les bijoux signalés par Cellini dans le chapitre V de son Traiié de r orfèvrerie .les pendants, les anneaux, les bracelets et surtout ces médaillons qui se portaient dans les cheveux et au chapeau, et sur lesquels étaient exécutées au repoussé de jolies figurines en or. Ces médaillons prirent en France, comme nous l'avons dit» le nom d'enseignes; ils sont ainsi décrits dans l'inventaire de Henri II : « Une enseigne d'or où il y a plusieurs figures «• dedans, garnie alentour de petites roses. — Une eneei* •• gne d'or le fond de lappis, et une figure dessus d'une Iait « crèoe^. -^ Une enseigne garnie d'or où il y a une Cérès - appliquée sur une agathe, le corps d'argent et l'habillement «• d'or*. " Bientôt on ne se contenta plus de figurines en or, re- poussées et ciselées ; les travaux de glyptique étant alors très en vogue, on tailla en pierres précieuses les figures qui «n- riehissaient les enseignes; les vêtements et les accessoires étaient ciselés en or et émaillés ; quelquefois aussi une par- tie des figures était exécutée en matières dures, une autre partie en or ciselé. Ainsi, on lit dans le même inventaire : ** Une enseigne d'ung David sur ung Gfoliat, la teste, les bras <• et les jambes d'agathe ^. »• On rencontre aussi dans cet inventaire des figurines d'ani- maux qui servaient de pendants : •« Une licorne d or émaillée (1) On peut voir dans l'un des albums de la collection, n* 634, un recueil de gravures de cet artiste. (2) On trouvera dans la collection, n"* 635, la suite complète de tous les anneaux gravés par Woeiriot. (3) Ms. Bibl. royale fonds Lancelol, n*» 9501. (4) Art. 331 et 329. (5) rbidem, art. i55. (6) Ibidem, art. 351. ORFÈVRERIE 367 de blanc. — Ung cheyal d'or ayant une selle. — Une sale- ^ Sandre dTarémaiilée de vert ^ «^ Il en existe quelques-unes oegenre dans la collection, n"» 1012, 1013, 1018. ^Sen peu de noms d orféyres français du xvi® siècle sont jusqu'à nous. On cite Benedict Ramel, qui fit un por- t de François I^ en or ; François Desjardins, orfèvre et fpidaiie de Charles IX^; Delahaie, qui était orfèvre de s^3ari IV. Nous ne devons pas omettre François Briot, le plus l>ile de tous, bien que nous ne connaissions de lui que des en ètain. Il est nécessaire de dire quelques mots de espèce de vaisselle. riz considérable de la matière et les ordonnances prohi- vaisscUe d'éuuu, .Tes du luxe ne permirent pas toujours aux riches bour- ^* °"^'' is de posséder des vases d*or et d'argent. Les orfèvres se donc à fabriquer de la vaisselle d'étain, et les bour- gs aisés purent parer les dressoirs de leurs salles à man- de vases qui, par la forme au moins, imitaient lorfévrerie dressoirs des princes^. Ces vases d'étain furent si bien à la fin du xv^ siècle et au xvi^, qu'ils méritèrent de dans la vaisselle des grands seigneurs et des princes -mêmes. L'inventiûre du mobilier de Charles, comte d'An- 'Vialtaie, père de François I^, du 20 avril 1497, fait mention vaisselle d'étain considérable^. Il n'estpas douteux qu'un nombre de ces vases d'étain si parfSedts ne furent coulés des moules qui avaient été relevés sur des pièces d'or- fincment terminées. Cellini, dans son Troftè de l'or- , engage les orfèvres à tirer une épreuve en plomb pièces d'argenterie exécutées par la fonte, comme les et les goulots des aiguières, à réparer ces pièces, et à conserver pour servir de modèles à d'autres travaux^. On ^ 1) Art. S12. C'S) Ms. Bibl. royale, fonds Saint-Germain, n® 1803. Invcnt. des ba- et pierreries de la couronne du 5 novembre 1570. C^) M. MoNTEiL, Hist. des Français, t. II, p. 96. (4) lis. Bibl. royale, fonds des Blanci^Mantcaux, n" 49, p. 293. C*) B. Cellini, Tratt. deW oref., p. 129. 268 INTRODUCTION. verra plus loin que les orfèvres alleniands ont souvent suivie cette méthode. C'est à son emploi qu'on doit Iébs doute conservation d'une quantité de beaux ouvrages : la richess de la matière a été la cause de la fonte des originaux en ar gent; les épreuves surmoulées en plomb ont survécu, et moignent aujourd'hui de l'habileté des artistes qui ont exécut^K^^^ les pièces originales. Les étains de François Briot sont certainement les pièce» les plus parfaites de l'orfèvrerie française au xvi^ siècle. Ler formes gracieuses de ses vases, la pureté de dessin des rines dont il les décore, la richesse de ses capricieuses ara- besques et de ses bas-reliefs, tout, en un mot, est parfait digne d'admiration dans ses œuvres. On ne sait rien de L vie de cet artiste, mais son effigie nous est connue ; elle s» trouve empreinte, avec son nom, au revers de ses plus beauz ouvrages. Il florissait sous Henri IL Notre collection conservi de ce grand artiste une aiguière et son bassin, de la plus bel] conservation. Rareté Los pièccs d'orfévreric du xvi^ siècle, italienne ou firançaise des pièces g^jj|. |.j,^g rares. Le musée du Louvre en possède cependanr d orferrene ^ f^ * du XVI* siècle, quolquos beaux spécimens. Quant aux bijoux, malgré leui^ perfection, ils n'ont pu résister à l'influence fatale de la mode^ et ont été détruits en grande partie au xvn^ siècle et surtout au xvm®, à l'époque de Louis XV. Les collections publiqu d'Italie n'en ont pas, ou ne les montrent pas. En France» l'exception de quelques montures de camées qui se trouveni à la Bibliothèque royale, les musées en sont tout à fait pourvus. Le cabinet des antiques de Vienne en conserve quel ques-uns de fort beaux. Quant aux autres collections d'AUe- magne, les bijoux qu'elles renferment appartiennent à l'art allemand, et plutôt auxvii^, et môme au xvui^ siècle, qu'anxvi®. Notre collection peut donc se regarder comme des plus riches en objets de ce genre, par le nombre et par la qualité de ceux qu'elle possède, orft vreric Nuremberg et Augsbourg devinrent, au xvi* siècle, les prin- au*xv" sièc^ic. ^^P*^^ ccutrcs de la fabrication de l'orfèvrerie en Allemagne. Plus tard, Dresde, Francfort sur le Mcin et Cologne produi- ORFÈVRERIE. 369 airent également d'habiles orfèvres. Les orfèvres de Nurem- berg consekrèrent dans leurs productions, beaucoup plus long- temps que ceux d'Âugsbourg , un certain sentiment de l'art allemand*; mais dans la seconde moitié du xvi^ siècle, les productions de l'orfèvrerie allemande se confondent tellement avec celles des artistes de l'Italie, dans tout ce qui se rapporte À l'exécution des figures, des bas-reliefs et des ornements, qu'il serait fort difficile de distinguer les unes des autres, si ce n'é- tait la forme des vases, qui conserva presque toujours une em* preinte d'originalité. Rien de plus gracieux, au surplus, que les arabesques dont sont enrichis les vases de l'orfèvrerie alle- mande de cette époque ; rien déplus ravissant que les figurines )ui 86 contournent pour en former les anses. A la fin du xvi® siècle et surtout au commencement du xvn', le goût très prononcé pour ces espèces de grands nécessaires, ttixquels on a donné le nom de cabinets et qui se fabriquaient principalement à Augsbourg, vint fournir aux artistes orfèvres de fréquentes occasions d'exercer leur talent dans l'exécution des statuettes et des bas-reliefs d'argent dont les plus beaux de ces meubles étaient souvent enrichis. Les orfèvres de Nu- T^xtiberg et d'Augsbourg produisirent alors des morceaux de B<^pture qui sont jsouvent très remarquables par la sagesse de la composition, la pureté du dessin et le fini de l'exécution. L'Allemagne, plus soigneuse que la France de la renommée de Bes enfants, a conservé un grand nombre d'ouvrages sortis des mains de ces habiles artistes . La Chambre du trésor du roi de S>Hère et le Trésor impérial de Vienne renferment beaucoup dejolis vases de différentes formes, rehaussés de fines ciselures ^^figures émaillèes . Le Grune Gewolbe n'est pas moins riche. Parmi les pièces les plus remarquables dont les auteurs sont «onnag, ce musée conserve, de Wenzel Jamnitzer de Nurem- ^g f 1 608t i 585) , un coffret en argent; de D. Kellerthaler, qui florissait à la fin du xvi® siècle, le bassin baptismal de la fa- ille électorale de Saxe et son aiguière, pièces qui sont regar- (1) L. v. LcDBBUR, LeUfaden fiir die Kunstkammer zn Berlin^ 1844, S. 55. 270 INTRODUCTION, dées comme le chef-d'œuvre de cet artiste ; un autre bassin exécuté au repoussé qui reproduit des sujets de la &ble, et un grand nombre de bas-reliefs. La Kunslkammei' de Berlin pos- sède aussi plusieurs pièces d'orfèvrerie, parmi lesquelles on doit signaler, de Jonas Silber , de Nuremberg, une coupe portant la date de 1589, qui est ornée de ciselures d'une grande perfec- tion; de Christoph Jamnitzer, de Nuremberg ( 1563 f 1618), neveu et élève de Wenzel Jamnitzer, un surtout de table figurant un éléphant conduit par un Maure et qui porte sur son dos une tour contenant cinq guerriers; de Hans Pezolt, de Nuremberg (f 1 633) , un portrait en médaillon d'Albert Durer; de Matthaus Walbaum, qui florissait à Augsbourg en 1616, les statuettes d'argent qui enrichissent le magnifique cabinet fait pour le duc de Poméranie. Un grand nombre de monuments, en or et en argent, sabsi»- tent donc encore pour faire apprécier le mérite des artistes févres de l'époque dont nous nous occupons. Au surplus, pom suppléer aux originaux en argent qui ont été fondus, on avE rassemblé dans la Kunstkammer une très grande quantité d beaux bas-reliefs en plomb et plusieurs vases en étain , enri chis d'arabesques et de figurines, que l'on regarde comme d épreuves des pièces d'orfèvrerie des xvi* et xvn* siècles. Il faut nommer aussi, parmi les artistes qui ont le plus con tribué à la bonne direction donnée à l'orfèvrerie allemande xvi« siècle,Theodor de Bry , né à Liège en 1 628, mort à Prwio— fort sur le Mein en 1598. Il a gravé une foule de jolis dessins pour les orfèvres. Ses pendants de clefs, ses manches et ses gai- nes de couteaux sont ravissants par le style et le fini de Tezé- cution ^. Bien que Theodor de Bry soit plus connu comme gra- veur que comme orfèvre, il n'est pas douteux qu'il n'ait eiselé lui-même , en argent et en or, quelques-unes des pièces dont il a fourni les dessins. Le Grime Gewolbe conserve une table d'ai^nt renfermant cinq médaillons d'or, entourés d'arabes- ques et de tètes d'empereurs romains, qui porte le mono- (1) On peut voir dans la colleclion, n° 634, quelques pièces gravées par cet artiste. ORFÈVRERIE. 271 gnunme T.B. , et que Ion regarde comme sortie de ses mains. Nous ne devons pas oublier non plus Jean Collaert, gra- reur à Anvers, né en 1540, qui a laissé deux suites de mo- dèles de bijoux d une grande finesse d'exécution ^ . Notre collection possède quelques pièces d'orfèvrerie alle- mande, parmi lesquelles on doit remarquer, sous les n^ 305 et S06, deux bas-reliefs qui appartiennent à l'ancienne école de Nuremberg, du second quartdu xvi^ siècle, et qui ont conservé le cachet du style allemand ; sous le n^ 3 1 2 , un haut relief très finement ciselé , de la fin du xvi^ siècle , où l'ancien style allemand a hit place au style italien; sous le n^ 313, deux petits bas-reliefs dans le genre de Kellerthaler, et qu'on pour- rait attribuer à cet artiste; sous le n° SI 7, un bas-relief d'une grande dimension , du commencement du xvii® siècle ; sous le n® 922, un couteau , une fourchette , dont les dessins peuvent aToir été fournis par Theodor de Bry ; une paire de couteaux , BP934, qui peut passer pour ce qu'on a fait de plus précieux eh ce genre. Le calice n^" 926 et les vases n«> 928, 929, 930 et 942 feront connaître, au surplus, les formes de l'orfèvrerie alle- mande et la richesse des décorations dont elle est embellie. les petites tablettes n° 1035 , si finement ciselées et portant le nom de Schmidt à Augsbourg, prouveront ce que nous avons ^plns haut, que les orfèvres d'Augsbourg s'étaient tellement appliqués, dans la seconde moitié du xvi® siècle , à l'imitation du >tyie italien de la renaissance, qu'il est impossible de distin- t^ leurs productions de celles qui sont sorties des mains des artistes de l'Italie. Les pendants n<" 1027 et 1028 sont ^nûtés dans le style de Collaert. Durant le premier tiers du xvif* siècle, l'orfèvrerie conserva orfôrrcrie «neoreen France et en Allemagne le caractère du style du*"'^^J.'^|^*^"** ^^* De très belles pièces en orfèvrerie sculptée et émail- Ife de l'époque de Louis XIII, que conserve le musée du Lou- ^f témoignent du mérite des artistes qui florissaient alors. Sous Louis XrV , dans l'orfèvrerie comme dans les autres arts, on abandonna la délicatesse du style de la renaissance (1) Elles existent dan<; la coileclion, n® 636. 272 INTRODUCTION, italienne pour rechercher des formes plus grandioses . Le roi fit faire des pièces d'orfèvrerie d'un poids énorme» q pouvaient être regardées cependant comme de beaux objea d'art. Le peintre Lebrun, qui dirigeait tous les artistes» € avait fourni les dessins ; Balin et Delaunay, les plus habili orfèvres du temps, les avaient exécutées. Louis XIV entreti nait encore d'autres orfèvres à son service. Labarre, les det Courtois, Bassin, Roussel et Vincent Petit avaient tousdi logements au Louvre ; Julien Defontaine , qui y était égali ment établi, avait une grande réputation pour ses joyaux^. I célèbre sculpteur Sarazin lui-même (f 1660) s'occupa d*or£ vrerie , et fit pour le roi des crucifix en or et en argent d'oi grande beauté'. L'orfèvrerie du commencement du règne i Louis XIV était donc encore empreinte d'un grand caractè: artistique. n reste bien peu de productions de cette brillante indastrn Lorsqu'on 1688 la France fut obligée de lutter contre presqu toute l'Europe, on eut recours à tous les expédients pour fiur face aux dépenses de la guerre. Il fut ordonné que tous les meo blés d'argent massif que possédaient les grands seigneurs se raient portés à la Monnaie. Le roi donna l'exemple : il fit fondi ces tables d'argent, ces candélabres, ces grands sièges d'argeii massif enrichis de figures de ronde bosse , de bas-reliefs » d fines ciselures, chefs-d'œuvre sortis des mains de Balin. Il avaient coûté dix millions ; on en retira trois ^. On trouvera dans la collection, n° 1489, un bénitier» cm de figures de ronde bosse et de haut relief en argent» de 1 bonne époque du règne Louis XIV. Au xvm^ siècle, la pureté du style fut complètement mise e oubli; on rechercha le maniéré et le bizarre. La bijouterie est de tous les arts industriels, celui qui,|en suivant cette voie» peu encore, par l'élégance de la forme, la finesse de l'exécution € la richesse des accessoires , mettre au jour de charmante (1) L'abbé de Marolle, poëme de 1677. (2) Charles Perrault, Les hommes Ulustres, t^ie de Sarazin. (3) VoLTAinE, Siècle de Louis XfV, chap. xxx. ORFÈVRERIE. 273 productions. Les bijoux de cette époque sont très recherchés aujourd'hui. On en trouvera plusieurs dans la collection. Le goût qui régnait en France à la fin du xvii^ siècle se ré- pandit dans toute TEurope, et lltalie elle-même, au commen- œment du xvm*' siècle, avait abandonné le style ravissant dont l«a grands orfèvres des xv* et xvi* siècles avaient empreint leurs admirables travaux. L'Allemagne, qui les avait imités si fidèlement, fut peut-être tous les pays celui où l'on s'écarta davantage des tradi- tions du xvi^ siècle. On voit dans les musées d'Allemagne une grande quantité de vases dont la panse est formée de nacre de perle, de corne de rhinocéros ou d'œuf d'autruche, et qui ont des montures des plus singulières. Le travail est toujours d'une ^xéention très soignée, l'artisan est toujours très habile, mais la pureté du style a disparu de ses compositions. Les perles baroques jouent un grand rôle dans la bijouterie. Cependant plusieurs orfèvres, jusque dans les premières innées du xvm^ siècle, avaient conservé quelques traditions ^ belles époques, et ont produit de très bons ouvrages. On peut citer surtout Raimund Falz et Johann Andréas Thelot. Baimund Falz (f 1703), habile ciseleur, a fait un grand nom- 1^ de médaillons et de bas-reliefs, dont la plupart devaient *fe employés dans les cabinets d'Augsbourg. La Kunst- ^«wn^* de Berlin a recueilli un grand nombre d'épreuves en plomb des pièces d'orfèvrerie de cet artiste. Thelot (f 1734 ) '^'riMait à Augsbourg : il a laissé des ciselures d'un très puid mérite; la richesse, le goût et la pureté du dessin de i^ compositions lui avaient acquis une grande réputation. I^ Grvne Qewolbe de Dresde possède de cet artiste un l^ttiin d'un très beau travail , où il a représenté Vénus BoHaut de la mer. Nous ne pouvons terminer ce qui a wçport à Torfévrerie allemande du xviii* siècle sans parler ^J.-M. Dinglinger (1665 f 1731), qui eut de son temps une réputation colossale. Né à Biberac, près d'Ulm, il étu- dia l'art de l'orfèvrerie à Augsbourg. Dans sa jeunesse il ▼ojagea et séjourna quelques années en France. En 1702 il nnt s'établir à Dresde, et ne travailla plus à peu près que IS I 274 INTRODUCTION. pour l'électeur de Saxe , roi de Pologne. Dinglinger excellait surtout à ciseler de petites figures qu'il coloriait en émail. Le Grime Gewbibe de Dresde renferme ses plus beaux ouvra- ges. Le plus curieux de tous est la représentation en figu- rines de ronde bosse do cinq à six centimètres environ de haut, de la cour de Aureng-Zeyb, à Delhy. Le grand Mogol est assis sur un trône magnifique » entouré des grands offi- ciers de son empire. Des princes, ses vassaux, sont agenouU- lés sur les marches du trône, et lui présentent de riches offran- des, que les officiers de sa maison s'empressent de recevoir. Sur le devant , des courtisans et plusieurs ambassadeurs de souverains de l'Asie , suivis d'un pompeux cortège , arrivent pour faire leur cour au monarque, apportant avec eux des pré- sents précieux , parmi lesquels on remarque des él^hants dressés pour la guerre , des chameaux , des chevaux riche- ment caparaçonnés et des chiens. Toutes ces petites figures ^m nombre considérable , ciselées en or et émaillées en couleur, ont été faites séparément, et la plupart pourraient se changer de place ; elles sont distribuées sur un plateau d'argent » sur lequel l'artiste a figuré trois cours du palais d'Aureng-Zeyb. Celle du fond , couverte d'un tapis de drap d'or, est entourée de portiques et de petits bâtiments, au milieu desquels se trouve le riche pavillon qui couvre le trône d'Aureng^Zejb. Dinglinger a exécuté cet ouvrage sur des dessins rapportés de l'Inde et d'après la relation des voyageurs qui avaient ri* site la cour de ce prince. Aussi rien de plus exact que les cos- tumes de tous ses petits personnages. Le cérémonial et Féti* quette asiatique sont d'ailleurs parfaitement rendus. Les figa- rines de Dinglinger sont ciselées avec une rare perfectîcm ; elles ont de la vie , du mouvement et l'expression parfaite de leur caractère. Il a travaillé, dit-on, pendant huit ans à cet oa- vrage, aidé de ses fils, de ses deux frères, dont l'un, Greorges Frederich. était un peintre sur émail distingué, et de qua- torze ouvriers. L'électeur de Saxe le lui a payé ^8,tô5 éeas de Saxe. Dinglinger a été complètement soumis au goût de son épo> que ; il est fâcheux qu'un artiste de son mérite n'ait pas ORFÈVRERIE. tn ployé OA temps aussi long , une somme d'argent aussi consi- dérable à produire une œuvre qui puisse être classée aujour- dliai parmi les objets d'art. On trouvera dans notre collection, n'^SSS , une petite figure traitée dans son style, qui doit être del'nndesesfils. ART CÉRAMIQUE. L'art de fabriquer des vases et ustensiles en terre cuite, et deka décorer par la plastique et la peinture, a reçu le nom à^ort céramique. L'abondance des matériaux répandus à la surface du sol qÛMmt propres à la confection des poteries, la facilité d'im- pnoar à des pâtes molles une forme quelconque par le seul Bojea des mains, et la possibilité de leur donner souvent une •Mieresse et une solidité suffisante à Tardeur des feux du ulefl, ont dû faire de Tart céramique l'un des premiers que iflib(HQunes aient mis en pratique. Aoflsicet art .était-il en honneur dès la plus haute anti- Antiquité V^- Si Ton en croit Hérodote, les vases grecs des habi-,.^^j^^^j ^^ ^0 potiers de Samos étaient déjà célèbres du temps d'Ho- ■^, et un aiitiquaire, l'abbé de Mazs^la, a même été jusqu'à pvitedre que les poteries campaniennes ou italo-grecques, V^'on s désignées pendant longtemps sous le nom impropre de vttes étrusques, sont antérieures au x^ siècle avant Jésus- Omst. 0 est certain que les Grecs avaient pour les artistes céra- iBittea une telle considération qu'ils allèrent jusqu'à ériger ^ statues et à frapper des médailles en l'honneur de quel- VM8HUIS. Les noms d'un assez grand nombre sont parvenus joiquànous. Qui ne connaît Dibutade de Sicyone, inventeur ^ la plastique en terre cuite; Corœbus d'Athènes, inventeur oiiit, on finira peut-être par en découvrir. Si d'autres peuples que les Grecs avaient fabriqué des po- ^^^ries de luxe à l'époque où vivait Théophile, ce savant moine, ^ui a expliqué les procédés des différentes industries do toutes 1^« nations civilisées, n'aurait pas manqué d'en parler^. Les ^^■onjeetures que nous tirons de son silence prennent, au sur- I>Iiis, un caractère de certitude d'après l'examen des anciens u^^entaires. Lorsqu'on y rencontre quelques productions de matière vitreuse colorée, rémail, qui était parfondue dans les inter- de Texcipient métallique ; dès lors, et du moment qu'il se sert ^eis mêmes termes pour désigner les couleurs employées par les Grecs hurleurs poteries, on doit en tirer la conséquence que ces couleurs avaient lea mêmes qualités que celles qui servent dans les incrustations. Les procédés à suivre pour obtenir les oxydes métalliques, et leur emploi oamme principe colorant des couleurs vitrifiables, ont été d'ailleurs C'xpiiqiiés par Théophile dans le chapitre xix du livre II de son traité. (l) On possède un ouvrage qui a pour titre : De coloribus et artibus Komofiomm, dans lequel Eraclius, son auteur, a expliqué différents procédés pour enrichir de dorures et de peintures les vases d'argile et ^^>ux de verre. La Bibliothèque royale en conserve un manuscrit (Ms. ^, n® 6741), qui a été écrit au commencement du xv* siècle. Ëmeric l^id, dans son Histoire de la peinture^ a émis l'opinion qu'Eraclius ^^t au commencement du xi® siècle, et il en a conclu que l'art do to«r les vases d'argile et de verre, et de les décorer de peintures en ciNeiir d'émail, existait dans l'Europe occidentale à cette époque. Cette opinion est en opposition avec celle que nous venons d'émetlrc, «^Bous avons dû examiner l'œuvre d'Eraclius, et rechercher si effecti- ^'ttient on devait en tirer les conséquences qu'É. David en a dé- ces, qui consistait à frotter le verre qu'il voulait sculpter avec un liquide composé de sang de boac et de vinaigre, auquel il ajoutait de ces &09 vers que la charme fait sortir de la terre, il ajoute : .... Quo facto^ temptavi sculpere vitrum Cum duro lapide piritis nomine dicto, N'otre auteur veut-il parler des vases de verre enrichis de dorure, ^ /^^mKs vitri OMTO deeorandis : il ne les cite encore que comme des I^^iMliiits fabriqués par les anciens Romains, et dont il s'est attaché à '^^Tiou-ver les procédés; d'où l'on doit tirer la conséquence qu'ils D étaient plus en pratique au moment où il a écrit. Momani fialas auro cauie variatas JSx vUro fecere sU>i nimiumpreciosas : Mrga quas gessi cum summa mente laborem, Mique oculos cordis super has noctuque dieque MfUentos habui, qtAO sic contingere possem Manc artem per quam fialœ valde [re]nitebant, Tandem perspecci tibi quid, carissime, pandam, ^^^^si le poëme d'Eradius ne prouve pas ce qu'È. David avait ^^^c^^ 11 en résulte, au contraire, qu'au temps où vivait Eradius, les 3^^^*^ procédés des Romains pour émailler et dorer le verre et l'argile ei pour sculpter le verre n'étaient pas en usage dans l'industrie, et 4^^ ûQt artiste-poëte s'efforçait de retrouver ces procédés. Mais les re- ct^^'^hog scientifiques et toutes spéculatives d'Eradius sont loin d'avoir C^ constituer de son temps une industrie viable, dont les productions ^ient ftdt concurrence à celles des Grecs. £- t^avid veut qn'Eraclius ait été le contemporain de Théophile. Cec^ viendrait à l'appui de notre opinion, qu'au temps de Théophilo, gu ^^ siède, les Grecs seuls savaient peindre en couleurs d'émail le vef ^ et les poteries ; mais nous devons dire que nous croyons Eraclius intérieur à Théophile. «82 INTRODUCTION et BOUS leur domination elle alimentait encore l'Europe de ses beaux produits. $ II. PAÏENCB VERNISSÉE ET ÉMAILLÉB DBS FABRIQUES D'ESPAGNE ET d'iTALIE. Plusieurs fragments de poterie arabe conservés au musée céramique de Sèvres, et attribués par le savant antiquaire M. Lenormand au ix® siècle, démontrent que, dès cette épo- que reculée, les Arabes du nord de TAfrique, qui possédaient des hommes fort instruits dans les sciences physiques et ma- thématiques, savaient décorer les poteries de glaçures plom- bifères et stannifères ^ Les Arabes Eu couquéraut TEspague, ils y importèrent les sciences et cDEp""ne ^®® ^"^ qu'ils Cultivaient, et Ton doit penser qu'il leur fat u fibricaiion d'autaut plus facile d'y mettre en pratique les améliorations "émaiii!^*^ qu*ils avaient introduites dans la fabrication des poteries, que l'Espagne avait probablement conservé quelques tradi- tions des arts céramiques qui y étaient pratiqués avec succès du temps des Romains. Sagonte, suivant Pline, était non moins célèbre que Samos pour ses poteries d'un rouge de jaspe. Les Arabes ont laissé en Espagne de nombreuses preuves de l'état avancé de leur fabrication céramique. Les mosquées de Cadix et de Cordoue, l'Alcazar de Séville et le palais de l'Alhambra à Grenade sont enrichis de carreaux émaillés d'une grande beauté. L'un de ces carreaux existe au musée céramique de Sèvres ; il porte cette inscription en arabe : n n'y a rien de fort si ce ri est Dieu , inscription qui for- mait la devise des fondateurs musulmans du palais de Gre- nade. La glaçure de ce carreau a été analysée dans le labora- toire de Sèvres, et l'on a pu y constater la présence du plomb et de l'étain. Comme l'Alhambra a été édifié à la fin du xiu* siècle par Mohamad Ben Alhamar, ou par son fils Mohamad II (f 1302) , et que ces carreaux de revêtement doivent remon- ter, selon toutes les apparences, à l'époque de la construction de ce palais, on a puisé dans cette analyse la preuve de la (1) M. Brongniart, ouvrage cité, l. Il, p. 91. ART CÉRAMIQUE. 283 connaissance de l'émail opaque stannifére * chez les Arabes d'Espagne, au moins dès la fin du xiii' siècle, plus de cent sns par conséquent avant que Luca délia Robbia ait pro- duit en Italie des bas-reliefs en terre émaillée. Ces produits céramiques dénotent d'ailleurs un art fort avancé, et il y a (t) M. BroDgniart, dans son excellent Traité des arts céramiques, ^ t^'fp. 171, fait remarquer que les voyageurs et les archéologues ont ^ souvent appliqué indistinctement le mot émail aux différentes S'^Çures dont les poteries sont revêtues, ce qui avait amené une con- bion qu'il était important de faire cesser. 11 fait voir les différences ^^^tielles existantes entre le VERins, PÉMAUi et la couvebtb qui, avec te noms synonymes en apparence, offrent eu réalité des qualités très ^^rses, et s'appliquent à des espèces de poteries très différentes par '^ nature, leur confection, la manière dont elles sont cuites et leur ca- ''ictère; il appelle vernis toutenduit vitrifîable, transparent et plombifère, 9^ se fond à une température basse et ordinairement inférieure à la ^'^sob de la pâte ; émail, un enduit vitrifîable, opaque, ordinairement ^^^Boifère : c'est celui qui recouvre les faïences proprement dites ; cou- ^'^■tni, un enduit vitrifîable, terreux, qui se fond à une haute tempéra- ^^>i^) égale à celle de la cuisson de la pâte. Telle est la glaçure de la P'^telaine et de quelques grès-cérames. ^ est essentiel d'adopter les distinctions de M. Brongniart lorsqu'on * ^^ccQpe spécialement de la technique des arts céramiques; mais les ^'^'^luiissances acquises sur les anciennes poteries ne sont pas assez fy'^côes pour qu'il nous soit toujours possible d'avoir égard à ces dis- ^^^ciions. Il est d'autant plus à désirer cependant de les voir prévaloir *ï^,par leur moyen, on parviendra certainement à régulariser la clas- ^'^Qcation d'un genre de produits si remarquable par ses décorations, ^ ^ se lie essentiellement à l'histoire générale de l'art. Nous devons ^^ néanmoins que, si le nom d^ émail ne doit comprendre que des ^uits opaques lorsqu'il s'agit de la glaçure des poteries, on ne peut *{l4quer ce principe à d'autres cas d'une manière absolue. Ainsi le ^^ d'émail a toujours été donné aux couleurs vitrifîables qui servent ^peindre sur le verre, à celles dont usaient les émailleurs limousins du W siècle dans leurs peintures polychromes, et même aux matières ^'itreases colorées dont on recouvre les ciselures sur métal, et qui ciMtttitaent avec elles ce que nous avons appelé émaux translucides sur iBiief. Si , d'après la défînition de M. Brongniart , le nom d'émail est «npropre à l'égard de ces couleurs de verre , puisqu'elles n'ont pas ^joors d'opacité et peuvent ne pas contenir d'étain , l'usage leur a consacré le nom d'émail, que nous avons dû leur conserver. 284 INTRODUCTION, lieu de croire que, bien antérieurement au xiif siècle, les Ara- bes d'Espagne étaient en possession de produire des poteries de luxe. Ne peut-on pas supposer une origine commune aux procédés céramiques que les Arabes importèrent en Espagne et à ceux que les Grecs du Bas-Empire, suivant Théophile, mettaient en pratique au xn® siècle I Les célèbres vases de TAlhambra^ sont les pièces les plus remarquables qui soient restées de l'industrie céramique des Arabes d'Espagne. La richesse d'ornementation de ces vases, la netteté des dessins qui y sont répandus, la vivacité de leurs couleurs en font des œuvres d'une grande valeur. Il est pos- sible que leur confection remonte à l'époque de la construc- tion de ce palais; ils ne sauraient être postérieurs à 1492, date de la prise de Grenade par les Espagnols. Le goût de l'ornementation des objets qui sont pour l'hom- me d'un usage journalier a été de tout temps si naturel et si dominant, qu'il n'est pas douteux que les Arabes n'aient éta- bli des poteries de luxe dans les diverses parties de l'Espagne soumises à leur domination, et que ces fabriques n'aient conti- nué de subsister entre leurs mains jusqu'à ce qu'ils eussent été définitivement expulsés sous Philippe III, au commence- ment du xvn® siècle. Les poteries hispano-arabes sont restées méconnues pen- dant bien longtemps, et confondues avec les majolica italiennes qui n'en sont que l'imitation ; mais depuis que l'archéologie a étendu ses études à tous les monuments de la vie privée, on a restitué aux fabriques hispano-arabes les produits très curieux qui leur appartiennent. M. Riocreux, le savant conservateur du musée céramique de Sèvres, est le premier qui les ait signa- lés et remis en lumière. DescHpUon L'émail de ces poteries est d'un blanc jaunâtre, recouvert etciassuication d'uu lustre chatovant à reflets métalliques, que nous retrou- des potenes . -. . . hispaDo-Ainbes. vorous daus la majolica italienne de la fin du xv® et du com- mencement du xvi^ siècle. Le reflet métallique paraît provenir (1) Ils ont été décrits et figurés par M. de Laborde dans son Vo^jage en Espagne^ t. Il, pi. lxv et lxvi, p. 25, et dans l'ouvrage de Murphy, The arabian antiquities ofSpain. London. ART CERAMIQUE. 385 plutôt des ornements qui sont peints sur le fond blanehAtre 9Qe de ce fond lui-même. Ces ornements sont d'une couleur foi Fane du rouge auréo-cuiyreux jusqu'au jaune d or pâle. Jlàous a paru que, d'après la couleur des ornements dont ces /^taries sont enrichies, on pourrait les diviser en trois classes, 901 appartiendraient à des fabriques et probablement à des époques différentes. H-a. première classe comprendrait les poteries dont l'ome- mentation est d'une couleur très éclatante, qui se rapproche pltAt^ôt du cuirre rouge que de l'or. Les dessins, dans cette **pAc€ de poterie, laissent à peine entrevoir le fond, et repro- doisesit presque toujours des fleurs au milieu desquelles se ]oiieii.t des oiseaux. Ils rappellent assez par leur style les ûc^sixis des faïences persanes et quelques-unes des peintures ûécoiratives du palais de TAlhambra. Les poteries de cette nature paraissent d'une fabrication ^'^^uiB parfaite que celles à dessins jaune d or, et nous les ^S^Urdons comme les plus anciennes. On trouve de cette première espèce, au musée de Sèvres^ ^^ S^rand plat où sont représentés des oiseaux au milieu de aeurs ; notre collection en conserve aussi un très beau spéci- ^«li BOUS le nM 137. ^ous placerions dans les faïences de la seconde classe ^UeB à dessins monochromes d'un ton jaune d'or, qui repro- ^^isent le plus ordinairement, avec des ornements dans le style "^'^ï'esque, des armoiries qui indiquent toujours une origine ^P^^ole. Ce sont en général les écus de Castille, de Léon, "^^^"agon, et ceux des familles souveraines qui se partageaient, ^^ lUoyen âge, le territoire de la Péninsule hispanique. ^aaini les pièces de cette seconde classe de faïence que Possède le musée du Louvre, on trouve un échantillon très ^'^^ux. C'est un pot à bec, d'une forme tout à fait archaïque, ^^ le bord duquel se trouve une inscription qui dénote évi- ^^'i^^itient la nudn d'un ouvrier arabe. Elle est formée du mot ^'^ pour tOM» ^ (raisins) plusieurs fois répété ; les lettres sont (^) L^ Espagnols se servent indifféremment du 6 au lieu du v, et da ^ au lieu du b devant les voyelles. 2W INTRODUCTION. disposées de droite à gauche, comme cela se pratique dans l'écriture arabe. Si Ton voulait juger de l'âge de ces poteries par les armoi- ries qui les décorent, on pourrait en reporter la confection au xiv^ siècle et peut-être au xm® . Pour se fixer à cet égard d'une manière certaine, il faudrait pouvoir examiner beaucoup de ces monuments et relever les armoiries et les inscriptions qui s'y trouvent; mais jusqu'à présent il en a été recueilli un trop petit nombre pour qu'on puisse hasarder une affirmation. n existe au musée céramique de Sèvres deux plats armoi- ries qui sont fort intéressants. L'un porte un écu parti d'Ara- gon, flanqué à dextre de Castille, à senestre de Léon, parti de Navarre-Évreux. Ce sont les armoiries de Blanche de Navarre, fille de Charles m, roi de Navarre, auquel elle succéda en 1 435. Le parti droit de Vécu contient les armes de Jean d'A- ragon, duo de Panafiel, auquel cette princesse avait été ma- riée en 1419 * ; le parti gauche, ses armes personnelles*. Elle mourut en 1 44 1 . Ce plat a donc une date à peu près certune, puisqu'il a dû être fabriqué pour Blanche de Navarre posté- rieurement à son mariage avec Jean d'Aragon, c'est-à-dire del419àl441. L'autre plat possédé par le musée de Sèvrea est d'une fabrication plus soignée ; le fond est rempli par ua éou, partideCastille etLéon, partid'Aragon-Sicile,qui est celui de Ferdinand et Isabelle. Ce plat doit donc avoir été fabriqué durant le temps de leur union, c'est-à-dire de 1469a 1&04. La belle collection céramique du roi de Prusse conservée à la Kunstkammer possède un plat décoré uniquement des armoiries d'Aragon-Sicile. Il est donc probablement posté- rieur à 1409, époque de la réunion définitive de la Sicile an royaume d'Aragon, et pourrait bien être antérieur à laréu- (1) Le Père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maiion de France. (2) L'éca d'Ëvreux est semé de France au bâton componé d^argent. Dans le plat de Sèvres, le peintre a omis le bâton componé sur le semé de France. Mais les armoiries de Navarre, soutenues de l'écu de France ancien, jointes à Técu de Jean d'Aragon, duc de Panafiel, ne peuvent appartenir qu'à la princesse Blanche, reine de Navarre. ART CËRÂMIQUE. 287 aionde ce royaume à la Castille par le mariage de Ferdinand et d'Isabelle. OntrouTera dans notre collection, 0bus le n? 1 138, un bas- sin de cette espèce de faïence, chargé d ornements dans le sfyle mauresque, parmi lesquels on reconnaît le croissant de Fislamisme, et qui porte à l'ombilic Técu du royaume de Léon. Ce bsssin serait-il du commencement du xaf siècle et anté- rieur k 1230, époque de la réunion définitive du royaume de Léon 4 la Castille sous Ferdinand III ? Les poteries hispano-arabes, qui composeraient la troisième classe, présentent des ornements en émaux de couleur réunis SOI (HTDements jaune d'or : les sujets en sont presque tou- jours des armoiries, des feuillages et des entrelacs. On y v<Ât o^ndant quelqudbis des animaux : un plat de la collec- tio&deM. Piot porte, sur un fond semé d'entrelacs jaune d'or, Q&e antilope peinte en bleu. Sur le bord du plat se trouTo cette ^i^ption espagnole: Senta (sic) Caialina gtiarda nos. Les poteries de cette espèce, en général d'une exécution très <<)^ée, ne paraissent pas remonter au delà des dernières ttoéesduxv^ siècle. Nous serions porté à croire qu'ona imité, ^Italie, dans les premières années du xvf siècle, les pote- neshiapano-arabes de cette troisième espèce qu'on y rencontre souTpnt. n ijMit encore , comme on le voit , faire de nombreuses re- ^^'^C'ches avant de pouvoir tracer d'une manière certaine l'his- toire de cette faïence hispano - arabe ; néanmoins nous avons pu oo^jBtater, avec le plat aux armoiries de Blanche de Na- ^ttTie, le degré de perfection auquel était arrivée cette faïence rès Scali- ger : Fabio Ferrari , dans ses Origines de la langue iiaUennê^ dit que le mot de majorica a été changé en majolica par une certaine coquetterie de langage, per un cerio vezzo di tingua^ et le dictionnaire de la Crusca , en donnant la définition de la majolica, ajoute qu'elle est ainsi nommée de Ttle Majorque, où Ton commença à la fabriquer'. Il faut remarquer^que cette île fut conquise par les Arabes lorsqu'ils envahirent l'EIspagne au Mii^ siècle, et qu'elle resta en leur possession jusqu'à Tan- née 1 230 , où elle leur fîit enlevée par les Aragonais Os j avaient sans doute établi des fabriques de cette belle fiiience à lustre métallique , dont les procédés furent portés en Italie au XV* siècle. Céramique ^ reste, les Ouvriers hispano-arabes durent trouver l'Italie italienne bien disposée à s'approprier leurs procédés céramiques. siècle. Depuis le xn* siècle environ, on y fabriquait des poteries qui, bien que grossières , étaient déjà revêtues d'un vernis coloré. Telle est du moins l'opinion de Passeri , qui dit avoir trouvé des poteries vernissées sur un tombeau dont la construetion remontait à l'année 1 100^. Il est probable que l'enduit appliqué sur les poteries de cette époque laissait apercevoir la couleur sale de la pâte; car Ters 1 300 on commença à revêtir le vase encore cru d'une couolie (1) Né près de Vérone en 1484, mort à Agen en 1558. (2) Exotericarum exercitationum, Exerc. 92. (3) « Majolica sorta di vasi di terra simile alla porceUana, oom dêtta delV isola di Majorica dove prima se facevano, • (4) Passeri, htoria délie pitture in majolica. Ed. Pesaro, 1838, p. 30. Passeri (né en 1694) a donné dans cet ouvrage une histoire assez com- plète de la faïence italienne. Nous y puiserons de nombreux doco- ments. ART Cr.RAMlQUE. 289 ^ terre opaque et blanche , nommée vulgairement tenu de ^lii'Jean, qu*on tirait du territoire de Sienne, afin d'établir ^ fond sur lequel les couleurs pussent ressortir avec plus d*é- ^. Le Tase, après avoir reçu une demi-cuisson, était coloré P^ime sorte de vernis nommé mcarzacotto, et reporté ensuite ^ feu, où il prenait tout son lustre * . Cette interposition d'une ^"^ilièr^ opaque et blanche , que dans la pratique on appelle ^^"^engcbe^ offrait un nouveau procédé qui différait essentiel- ^nt des procédés plus anciens, et qu'on peut considérer ^fmn% le point de départ de la majolica. 1^8 poteries revêtues d un vernis coloré furent employées à b décoration des édifices. Les façades des églises Saint-Au- putîn etSaint-François, àPesaro, étaient encore enrichies, du ^^'opB de Passer!, d'espèces de bassins concaves qui reflétaient les rayons du soleil et produisaient un bel effet*. M. Du Som- '''''^'fti'd cite plusieurs églises appartenant à diverses époques ^ xiv* siècle , où il a rencontré de ces décorations en faïence ▼emissée, comme par exemple celle de Saint-Pierre au ciel d'or "^▼ie, celle de Saint-François à Bologne et celle de Santa- ^*'^'** à Ancone'. Nous pouvons signaler encore l'église de ^^VMartin de Pise comme possédant dans sa façade des P^^^rtes de cette nature. ^ Temissage opaque, mis sur la poterie, continua de s'a- '"^'lorer jusque vers 1460, époque où les Sforce, seigneurs de ""^aro, commencèrent à s'occuper sérieusement de Tindustrie ^'^^^que , en lui accordant des privilèges et des encourage- meuts. ^^lais ayant d'entreprendre l'histoire de la majolica italienne, noi^ fiMit parler des productions de Luca délia Robbia, qui, ^ l^^'^oimier en Italie, appliqua l'émail stannifère sur des terres coite», ^^ca délia Hobbia^, comme la plupart des plus fameux ar- (^ ) ^assnu, p. 31. (S) Idm^ p. 29. ^ ) t,m9 torts 01* moyen àge^ t. III, p. 73. v^ I I>aii8 la première édition de Yasari, on lit que Luca mourut en ^^^» 6g6 de soixante-quinze ans, et dans la seconde édition, qu'il na- 19 2»0 INTRODUCTION. Plastique tistes clc son temps . débuta par travailler chez un orfèvre . cmaiiiée Leouardo, le plus habile de Florence. Il apprit, sous la direc- Lucadciiaiiobbia. tion de cc mattrc, à dessiner et à modeler. Son génie se trouYa bientôt trop à l'étroit dans la boutique d un artisan, et il aban- donna l'orfèvrerie pour s'adonner à la sculpture, art dans le- quel il obtint de grands succès. Nous ne suivrons pas Luca dans sa carrière do sculpteur ; il nous suffira de signaler les bas- reliefs de Santa-Maria del Fiore , les portes de bronze de la sacristie de cette église, et les deux bas-reliefs de musiciens et de chanteurs qui sont conservés aujourd'hui dans la galerie dcJ Florence, pour en conclure qu'il était un sculpteur du pre- mier mérite, au milieu des grands artistes de l'époque. Mais Luca était impatient d'arriver à la fortune ; et envisageant le peu de profit que ses travaux lui procuraient, en comparaison du temps qu'il y employait et des fatigues dont il était acca- blé , il s'appliqua à trouver une occupation plus lucrative. Il pensa que, la terre se travaillant beaucoup plus facilement que le marbre et le bronze, il suffisait de trouver un moyen capa^ ble do conserver longtemps les ouvrages de terre pour en ob- tenir un débit considérable. Après de nombreux essais, il par- vint à donner à ses sculptures en terre l'éclat et la dureté dn marbre , en les glaçant d'un émail blanc, opaque , très dur et sans gerçure. Luca futril véritablement l'inventeur de l'émail blanc stan- nifère dont il revêtit ses travaux de plastique, ou bien avàit-il eu connaissance des procédés mis déjà depuis longtemps en usage par les Arabes! On ne saurait le dire. Toujours est -il que l'application d'un glacis d'émail, inaltérable aux injures de l'air, sur des sculptures en terre qui pouvaient se mode- ler en peu de temps et sans frais, apporta un grand se- cours aux besoins de l'architecture. Les bas-reliefs en terre émaillée de Luca furent recherchés pour l'embellissement do tous les édifices et surtout des églises. 11 no tarda pas à placer (|uit en 1388. La première version paraît la plus certaine; Lucâ avait appris rorfévrerie sous Leonardo , dont les travaux sont datés de 15(16 otl37l. ART CERAMIQUE. 291 au-dessus des portes des deux sacristies de Santa-Maria del Rore deux bas-reliefs d'une grande dimension, la résurrection dnChrist et Tascension , qui furent alors, comme ils sont en- core anjourd'huî , l'objet d une juste admiration. Loca trouva le moyen de colorer son émail blanc. Les cou- leurs qa'S a employées sont principalement le jaune, le bleu opaque, le vert de cuivre et le violâtre. Un bas -relief circulaire conservé dans notre collection , i^^ 1139, qui représente saint Jean écrivant son évangile, peut &iie apprécier le mérite des compositions en émail coloré de LucadellaRobbia. La renommée de ses ouvrages s*étant répandue en peu de i^Bips, non-seulement en Italie, mais dans toute TEurope, il œpouTut suffire aux demandes qui lui étaient faites. Il déter- ^ses frères Ottaviano et Agostino, sculpteurs comme lui, ^partager ses travaux. Après la mort de Luca , ceux-ci continuèrent à travailler ^ le mémo genre. Leurs descendants suivirent la même ^^^'i^re; Andréa, neveu de Luca, qui mourut en 1528, dans ^%e fort avancé , fit un grand nombre de sculptures émail- ^^ et surtout des figures do ronde bosse d'un grand mérite. '^'^oiide ses fils, Giovanni, Luca et Girolamo, s'adonnèrent à ^*^ industrie qui était exclusivement du domaine de leur fa- "^«. Girolamo fut amené en France. Il bâtit près de Paris , ?^ François P', le château de Madrid, qu'il enrichit d'ouvrar 8^ eonsidérables en terre émaillée. Il mourut en France sous l^TigQede Henri II. Avec lui s'éteignit la famille délia Robbia ^li&brication de l'espèce de sculpture émaillée due à l'in- ^^n de Luca ^ U découverte de Luca délia Robbia dut certainement im- Piûaer un nouvel essor à Tart céramique en Italie, et l'on va (i) Vasari, à la Cn de la vie de Verocchio, dit cependant qu'une ^mede la famille d^Ândrea délia Robbia avait fait connaître le secret de h confection des sculptures émaillées à Benedetto Buglioni, dont il cila quelques ouvrages, et que celui-ci transmit son secret à Santi Bu- g&mi, qui en était seul en possession à Tépoque où Vasari écrivait (yers 1555). 292 INTRODUCTION, voir en effet que, peu de temps après sa mort, les céramiste commencèrent à appeler des artistes pour décorer les proda< lions de leur fabrication. Céramique Nous avons dit qu'après 1450 les seigneurs de Pesaro don ^^^^u ^ nèrent des encouragements aux fabriques de faïence. Ce fo seconde moitié vcrs Cette époquo quc l'on commença à peindre des sujets su do xvinècic. jgg poteries. Un décret du l*' avril 1486, qui accorde quelque privilèges aux céramistes de Pesaro, nous apprend que lei poteries de cette ville avaient déjà acquis une grande réputa- tion, tant en Italie que dans les pays étrangers^. Les fa- briques d'Urbino, de Gubbio, de Castel-Durantc, jouissaiein alors d'une réputation égale à celle des fabriques de Pesarc Dans les poteries de ce temps, auxquelles Passeri douK le nom de mezza-majoHca (demi-majolica), les contours dtt figures sont rendus par un trait de couleur bleue ou noire, 1» chairs restent en blanc, exprimées par le fond, et lesvdt^ ments sont colorés. Le dessin, assez correct d'ailleurs, est èm et sec ; on ne trouve dans la peinture ni ombre ni demi-teintoa mais ce qui rend cette première majolica très curieuse, ce^ son lustre à reflets métalliques chatoyants, que nous avoc: déjà signalé dans les faïences des céramistes hispano-arabeiff Les plus beaux travaux en ce genre sont les plats d'o:^ artiste qui florissait à Pesaro vers 1480. Passeri en donne unr description si minutieuse, qu'il est impossible de ne pas les reconnaître lorsque l'on en rencontre^. Ils sont fiibriqoéfl avec une terre couleur de chair, et remarquables par lem dimension et leur épaisseur. Ils reposent sur une petite élé- vation circulaire (gireiio), percée de deux trous pour recevon un cordon destiné à les suspendre, ce qui fait voir qu'ils net vaient plutôt comme objet de décoration que comme ustensQei domestiques. La partie creuse du bassin est enrichie le {dhu ordinairement de figures à mi-corps, quelquefois même d figures entières, peintes sur le fond blanc qui est ménagé pou exprimer les parties lumineuses des carnations. Ces poterie se font particulièrement remarquer par^ une couleur rouge (1) Passeri, ouvrage cité, p. 32. (2) Fdem, p. 42. ART CÉRAMIQUE. 293 ^ig qu on y trouve employée dans les vêtements et les déco- ^^ons. Le secret de cette couleur, qui fut ensuite en usage à ^ubbio, en 1518, a été complètement perdu environ trente ^ après. On y voit aussi un jaune chatoyant qui a tout Tas- P^de lor. Les bords de ces plats sont embellis d'ornements ^rés, parmi lesquels on rencontre surtout des imbrications. Co&i, le revers est glacé d un vernis jaune assez grossière- iBeat appliqué. On trouvera dans la collection, sous le n** 1 1 4 1 , 00 plat de ce maître, de 1480, représentant le buste de saint Rial. L^émail blanc stannifère avait été mis en usage à Florence, Emploi de l'émai ^»o» les premières années du xv® siècle, par Luca délia Rob- *^^^^^^ j. * * . Bor les poteries. w. n est probable cependant que le procédé de la confection de cet émail ne fut pas connu immédiatement après sa mort, ei que sa famille en conserva le secret aussi longtemps qu elle ^ put. Ce furent les fabriques de Florence ' et celles de wuza* qui les premières surent recouvrir leurs poteries inné glaçure d'émail blanc. C'est de là, sans doute, que Ion ^nne encore aujourd'hui improprement le nom de faïence ^ Paenza à toutes les faïences émaillées des fabriques «taUe. La beaujté de l'émail blanc nouvellement mis en pratique ^8*gea les fabricants de Florence et de Faenza à produire ^faïences complètement blanches'; et lorsque plus tard, 0 I exemple des potiers du duché d'Urbin , ils enrichirent '^^^ &iènce8 de dessins colorés et d'arabesques, ils conser- ▼èreat souvent le fond blanc de l'émail sans le recouvrir de <^oleur, ce qui peut servir à distinguer les productions de ces mriqueg de celles des fabriques du duché d'Urbin. ^ ue fut que vers la fin du xv^ siècle que les fabriques ii«j<>iica dTIrbûio, de Gubbio, de Castel-Durante et de Pesaro ♦ com- **«p"" ** HiAn^^jL^ _,,.,,, i. • 1 1 1 fin du xv« siècle ™®c«rent à employer 1 émail blanc pour faire la glaçure de jusqu'à isss. 0) ^AssERi, ouvrage cité, p. 45. (2) Oarzoni, La piazza universale, discorso xlvii. (3) I^écrei de Guidc^baldo 11, de 1552, rapporté par Passer!, ouvr. ciié, p. 35. (0 l^ASSEBi, ouvrage cité, p. 43 et 15. de la majulica. 294 INTRODUCTION, leurs poteries et servir de fond à ces belles peintures qui ont porté si loin la réputation des faïences italiennes du xyi** siècle. Un plat du musée de Sèvres, avec la date de 1485, et le nom de Giorgio, artiste qui travaillait à Gubbio, n est re- vêtu d*émail stannifère qu'à Imtérieur; le revers n'en est point enduit. On reconnaît là les premiers essais de Tapplica- tion de l'émail comme glaçure des poteries, ce qui constituait la véritable majolica, la majoUcafina, Tccbuique Cette fine majolica était fabriquée par un procédé différent de la demi-majolica. Après avoir fait éprouver aux pièces un commencement de cuisson S on les plongemt dans un liquide où se trouvait délayée une préparation composée d'oxyde de plomb, d'oxyde d'étain, de sable et de potasse finement broyés. L'oxyde d'étain y était introduit on quantité d'autant plus con- sidérable qu'on voulait obtenir un émail plus blanc et plus dur. Par ce procédé simple et rapide, les pièces ainsi préparées se trouvaient recouvertes de tous côtés d'un enduit vitrescible qui, par son opacité, voilait entièrement la couleur sale de la pâte. Les peintures en couleurs vitrifiables étaient ensuite exécutées sur cet enduit; enfin les pièces étaient reportées au feu pour y recevoir une cuisson complète. Lorsqu'on eut ainsi trouvé, pour recevoir les couleurs, un fond bien préférable à l'engobc blanche dont on se serrait dans la demi-majolica , on s'attacha à perfectionner la fabri- cation de celles qui étaient connues et à en découvrir de nou- velles. Les céramistes trouvèrent notamment une couleur de vermillon et un vert qui prenait les différentes teintes du feuillage. Alors des artistes habiles commencèrent à s'adon- ner à la peinture des faïences ; ils ne se contentèrent plus de les décorer d'armoiries, de feuillages, d'ornements ou de figures isolées ; ils en vinrent à reproduire des sujets histo- riques et copièrent les cartons qui leur furent fournis par des peintres en réputation. Timoteo délia Vite, peintre distingué d'Urbino, qui mourut on 1524, est cité par Passeri comme (l) •Si cuoce il vaso a bistugio.' Passeri, p. 43. C'est ce qu'on Hppdio dans la pratique dégourdi. ART CÉRAMIQUE. 295 ^yaat fourni un grand nombre de dessins aux artistes céra- stes du commencement du xvi'' siècle. Les peintures sur majolica antérieures à t530 ont encore ^udquc chose de dur et de sec ; mais à partir de cette époque ' W fit constamment des progrès, et Ips faïences des fabriques de Pesaro, d'Urbino et de Gubbio avaient atteint à la perfec- faoû sous le rapport céramique, lorsque Guidobaldo II devint ^ souverain du duché d'Urbin en 1538. Parmi les artistes les plus célèbres de cette première épo- )Qe de la fine majolica, qui s'étend depuis son invention jus- V^ â lavéïiement de Guidobaldo II, il faut citer Giorgio An- "ï^^î, qui fut le fondateur de la fabrique Gubbio, vers 1485, <^iQuie le prouve le plat signé de lui qui est conservé à Sèvres. ^ s'était associé ses deux frères, Salimbene et Giovanni. ^"^Wrgio Andreoli était étranger à la ville de Gubbio ; mais ^'^ 1491 ses beaux travaux lui firent accorder le droit de bour- S^oiaie et le patriciat. Non-seulement il était peintre , m^s ^*icore modeleur. Passeri cite de lui deux bas-reliefs qu'il *^^t exécutés en majolica pour décorer des devants d'autel. ^^^ sculptures en terre émaillée ne sont pas venues jusqu'à '^^^^is, mais ses plats, enrichis de belles peintures, existent ^x^oore en assez grand nombre dans les collections. Ils sont '^Haaarquables surtout par la vigueur et la richesse du coloris ; ^*^ y trouve le jaune d'or, le rouge-rubis et ce lustre à reflets ^^t^Jliques qui donne aux premières majolica un éclat mer- eux. Il signait ses ouvrages du monogramme M^ G^ (maes- Giorgio), exprimé en caractères cursifs fort incorrects. ^ derniers travaux de Giorgio sont de 1537 ^ ; on croit qu'il Ut jusqu'en 1552. Vicenzo, Tun de ses fils, embrassa sa j "^^xfeasion, et devint un peintre céramiste en réputation, sous ^om de maestro Cencio. On peut voir dans notre collection, n"* i 142, 1 143 et 1 144, plats de Giorgio ; les deux premiers portent au revers son ixogramme et la date de 1 ô24 . ^ous devons aussi faire mention de Franccsco Xanto, sur- (.i) Passeri, ouvrage cilô, p. 59. 2î)6 INTRODUCTION, nommé Rovigo ou Rovigiese, du nom de sa ville natale. Cet artiste florissait à Urbino de 1530 à 1540 environ. Le musée du Louvre possède deux plats peints par lui, qui sont datés de 1532 et 1533. Nous avons vu des ouvrages de sa main de 1534 et 1535, et notre collection possède deux plats, n^ 1 14â et 1146, datés de 1538, quon peut ranger parmi les plus belles œuvres de cet artiste. Le monogramme F. X., qui est au revers, s'est un peu étalé à la cuisson ; mais on ne peut douter que ces plats ne soient sortis de la main de Rovigiese, en les comparant à ceux du Louvre que nous avons cités et qui portent très distinctement son monogramme. On trouve souvent encore dans les peintures de Francesco Xanto le beau rouge vermillon et le lustre à reflets métalliques, qui cessèrent bientôt après lui d'être en usage. Majoiica La peinture sur majolica était donc, comme nous Tavons ***'*"'I* ML ^**' pratiquée avec succès à lavénement de Guidobaido U. Amateur passionné des belles productions de Fart céramique, qui faisait la gloire des principales villes de ses États, ce prince prodigua aux fabriques de majolica des encourage- ments de toute nature, et s'efforça surtout d'améliorer le style des peintures, de manière à faire de ces faïences de Té- ritables objets d'art. A cet effet, il recueillit un grand nombre de dessins originaux de Raphaël et de ses élèves, et les donna pour modèles aux peintres céramistes, parmi lesquels se trou- vaient de très bons dessinateurs. On rencontre quelquefois sur les majolica des compositions dues évidemment au génie de Raphaël, et qui n'ont été ni peintes ni gravées, ou bien encore des copies de ses grands ouvrages connus, qui diffè- rent en quelque point des originaux ; il n'est pas douteux que ces peintures n'aient été exécutées sur des esquisses de ce grand maître qui ont été perdues. C'est là ce qui a donné à croire que Raphaël avait lui-même peint en émail sur majolica, Passeri remarque à ce sujet que tous les vases de majolica où il a vu des compositions du Sanzio portent une date posté- rieure à sa mort. Guidobaido répandit aussi dans les ateliers de Pesaro, d'IJrbino et de Castcl-Durante, ville qui porte aujourd'hui le ART CÉRAMIQUE. 297 nom dllrbania, les gravures de Marc- Antoine. Bientôt il ne se contenta plus de copies ; et lorsqu'il offrait aux souverains des services de cette majolica, qui reçut alors, tant elle était belle, le nom de porcelaine, il voulait qu'ils ne fîissent dé- corés que de peintures originales. Il chargea Battista Franco, Peintre vénitien, qu'il avait appelé à Pesaro, de faire des des- uns destinés à être reproduits par les peintres céramistes, ^^ari apprécie beaucoup les peintures exécutées, d'après les ^i^itons de ce mattre, sur les vases qui garnissaient les deux ^"^ences envoyées en présent par Guidobaldo à Charies- Q^^t. Ces peintures n'auraient pas été plus belles, dit-il, ^ors même qu'elles auraient été faites à l'huUe par les meil- ^®Ors artistes * . Battista Franco, qui avait commencé à travail- '®ï* pour le duc d'Urbin vers 1 540, ne retourna dans sa patrie 9^e peu de temps avant sa mort, arrivée en 1561 *. Raphaël *^ Colle, artiste de talent, qui résida longtemps à Pesaro, fit ^^asi un grand nombre de dessins pour les artistes en majo- ^<^. Guidobaldo commandait encore pour eux des cartons à d Tiabiles peintres romains ; c'est ce que nous apprend une tettre adressée par Annibal Caro à la duchesse d'Urbin, le 1 5 j^u^er 16635. Oq conçoit qu'à l'aide de pareils moyens, Guidobaldo soit Ç**^enu à former des peintres céramistes d'un grand mé- ^^- Parmi les plus célèbres, il faut mentionner tout spé- ^^ement Orazio Fontana d'Urbino. Il travailla pour le duc ^ vJTbin de 1540 à 1560, et porta à sa perfection la peinture en ^^^^^ sur majolica. C'était lui qui peignait les vases destinés ^U maison de Guidobaldo et ceux que ce prince donnait en P^*8eut aux souverains. Après la mort do Francesco Maria, dernier duc d'Urbin, les vases qui appartenaient à l'apothi- ^^^û^e du palais de Guidobaldo furent portés à Lorette, où ^les voit encore. Christine de Suède, lors de sa visite à Lo- ï^, en fut si ravie qu'elle offrit de les échanger contre un (0 Vasari, Vie de Battista Framo. (*2) Passeri, ouvr. cité, p. 72. f3) Ltitere del commendatore Annibal Caro y vol. 111, p. 187. Ed, Mi- lano, 1807. 298 INTRODUCTION, nombre égal de vases d'argent ^ . Les productions d'Orazio Fontana sont en général marquées du monogramme V-OF-F. , Urbinate Orazio Fontana fece; ces lettres sont disposées sur trois lignes dans un ovale. Il était entré au service de Gui- dobaldo II en 1540; il mourut vers 1660. Les succès obtenus par les céramistes du duché d*Urbin excitèrent l'émulation de tous les princes de l'Italie; des &- briques de majolica s'élevèrent dans un grand nombre de villes. Le chevalier Piccolpasso, peintre céramiste à Urbania vers 1550, nous apprend, dans les mémoires qu'il a kûssés sur son art, que des fabriques qui jouissaient d'une grande repu-- tation existaient de son temps à Rimini, Faenza, Forli, Bolo- gne, Ravenne, Ferrare, Spello et Città di Castello. Pérouse aussi avait une fabrique au village de Deruta. Les artistes les plus célèbres de cette seconde époque de la peinture sur majolica, qui s'étend de l'avènement de Guido- baldo II jusque un peu après 1 560, sont, avec ceux que nous avons déjà cités, Flaminio Fontana, firère d'Orazio, qui fut appelé par le grand-duc de Toscane à Florence, et y intro- duisit les bonnes méthodes pour peindre sur les vases* ; Guido Salvaggio à Faenza ; Guido Durantino à Urbino ; Girolamo Lanfranco, Giacomo^- son fils, Terenzio, fils de Matteo, et Tad^eo Zuccaro à Pesaro. Des céramistes de talent portèrent même leur industrie en pays étranger. Piccolpasso dit encore que les trois frères Giovanni, Tiseo et Lazio Gatti d'Urbania s'établirent à Cor- fou, et un certain Guido, fils de Savino, de la même ville, à Anvers. Mujuiica La mort dOazio Fontana, vers 1560, celle de Battista après 1560. YTQSiiio, et lo départ de Raphaël dal Colle de Pesaro furent le jusquau ^ * ^ loiumcncciDent sigual de la décadonco de la peinture sur majolica. Les car- dujtvii- siècle, ^jjg j^g grands maîtres ne serviront plus uniquement de mo- dèles aux peintres céramistes, qui, dès cette é]>oque, commen- (1) Passeri, ouvrage cité, p. 73. (2) Lanzi, Histoire ih la peinture, traduclion de madame Dicudé, l. Il, p. 170. ART CÉRAMIQUE. 2W ttrcnt à travailler d'après les estampes des Flamands ' . Les i'&ysages devinrent fort en vogue, ainsi que les arabesques, ^ peu de temps iqprès, ces artistes abandonnèrent en général ^^ compositions d'un style plus élevé. Il faut dire cependant 9^e, dans le genre du paysage, ils ont produit après 1560 de ^^!ntables chef8*d'œuvre. Néanmoins, l'abandon des sujets historiques permettant de ^^oxifier les pdntures à des artistes d'un talent médiocre, les ^^^■"lUnistes produisirent beaucoup plus, et par conséquent de bonnes choses. La vieillesse de Guidobaldo II hAta en- la ruine de cette brillante industrie. Chargé de dettes ^i^onnes^ qu'il avait contractées pour édifier de nombreux mo- "^^Junonts et les embellir de travaux d'art, ce prince ne pou- 't plus» lur la fin de sa vie, entretenir à ses frais de grands pour diriger les peintres céramistes, ni donner à ceux- encouragements suffisants. Francesco Maria II, qui lui en 1574, ne s'occupa que de rétablir les finances de ^ iSiaJtM ; il supprima même les dépenses que son père faisait dantf les derniers temps pour empêcher cette industrie ^^ luxe de s'éteindre entièrement. Abandonnée alors à ses pK~raîlle, à présent, et tu rendras honteux tes détrac- ** eut raison de persévérer : après quinze années de labeur ^ ^B souffrance, il commença par trouver le moyen « de faire • Uivers esmaux entremeslez en manière de iaspe. « Cela le ^^'^ivre quelques années, et lui procura le moyen de donner V*^8 d'extension à ses travaux. Bientôt il arriva à faire des pièces rustiques; c'est le nom ^u il donnait à ces bassins qui présentent pour ornementation des reptiles, des coquillages, des poissons, des plantes, des insectes, si vrais de forme et de couleur. On sait que ces plats,. 310 INTRODUCTION, dont les décorations en relief étaient moulées sur nature ^ n'é^ taient pas destinés aux usages domestiques, mais bien à parer les dressoirs qu'il était d'étiquette, chez les gens riches , de laisser chargés d'une vaisselle d'apparat , quelque splendide que fût d'ailleurs le service de la table. Palissy fîit alors am- plement dédommagé de ses peines ; ces travaux si curieux, si remarquables lui procurèrent de beaux bénéfices, et le firent rechercher des grands seigneurs , parmi lesquels il trouva d'utiles protecteurs. Non content de ses premiers succès, il travailla constam- ment à améliorer ses poteries. Elles prirent sous ses habiles mains des formes variées et gracieuses, qu'il sut enrichir de mascarons modelés avec talent et de charmantes arabesques. Bientôt il éleva son art à la hauteur de la sculpture. Des bas-* reliefs vinrent occuper le fond de ses bassins , déjà si riches d'ornements. Il produisit encore une foule de petits meubles, écritoires, salières, chandeliers rehaussés d'élégants reliefs, et même des figures de ronde bosse d'une naïveté charmante. Enfin, pour couronner ses travaux, Palissy, se trouvant en position de donner à son art tous les développements dont il était susceptible , se mit à fabriquer des pièces d'une grande dimension appelées par lui rustiques figulines , qui servaient à (1) M. Pottier nous a fait conDaître, diaprés un manuscrit do XVI® siècle, les procédés que dut employer Palissy pour Texécution de ces singulières empreintes : • On se servait, pour préparer le motif de la composition, d'un plat d'étain sur la surface duquel on collait, à Taide de térébenthine de Venise, le lit de feuilles à nervures appa-* rentes, de galets de rivière, de pétrifications, qui constitue le fond ordinaire de ces compositions ; sur ce champ, on disposait les pe^ testions, comme dit le manuscrit, qui devaient en former le sujet principal; on fixait ces animaux, reptiles, poissons et insectes «au moyen de fils très fins, qu'on faisait passer de Tautre côté du plat eo pratiquant à ce dernier de petits trous avec une alêne ; enfin Fen- semble ayant reçu tous ses perfectionnements par Texécution d'une foule de détails variables suivant les circonstances, on coulait sur le tout une couche de plâtre fin, dont Tempreinte devait former lé moule ; on dégageait ensuite avec soin les animaux de leur enveloppe de plâtre. • Monuments français inédits^ l. II, p. 69. ART CÉRAMIQUE. 31t lAdécoration des jardins. Ce fut alors que, protégé par Cathe- nnedeMédicis et par le connétable de Montmorency, il prit ^qualité d'ouvrier de terre, inventeur des rustiques Jtgidinea du roi et de monseigneur le duc de Montmorency, pair et conné- foiie de France. Cette protection fut d'un grand secours à Palissy ; il avait embrassé la religion réformée, et après le massacre de Yassy, ^-u li66 » il fut conduit à Bordeaux et incarcéré , au mépris d'une sauvegarde que lui avait donnée le duc de Montpensier. Ses ateliers furent détruits , et il aurait été certainement mis ^ xnort, sans l'intervention du connétable auprès de la reine- i^ÀTe et l'autorité du roi, qui l'attacha à la juridiction du par- lement de Bordeaux pour le conserver aux arts. Catherine de Médicis lui continua sa protection et l'établit ^siLX Toileries, où des ateliers furent construits pour lui. C'est 1^ qu'il fit ses plus beaux ouvrages. XI avait pu échapper au massacre de la Saint-Barthélémy ; en 1587, il fut de nouveau persécuté pour ses opinions ^li^euses et jeté en prison ; on croit qu'il y mourut en 1589. U résulte d'un livre de dépenses tenu par le clerc des œuvres Cominuateurt *^ Toi, pour l'année 1570 *, que dés cette époque Palissy s'é- **®'***'"y- ^t associé Nicolas et Mathurin Palissy, ses fils ou ses neveux, ^^i ont dû lui succéder. Un plat assez commun, qui représente «a bas-relief Henri lY entouré de sa famille, doit être l'œuvre ^ «es continuateurs . On a cherché à contrefaire les faïences de Palissy, mais ces ^contrefaçons sont toujours restées bien loin des originaux , Cette pierre, nommée pourcelaine, devait ôtre une matière précieuse ; car l'objet auquel elle est employée est presque toujours richement monté en or émaillé, avec des perles et des pierres fines : c^était sans doute une espèce d'agate, la calcédoine peut-être, qui de sa nature est nébuleuse, d'un blanc mat ou blanc de lait, ou mieux encore la calcé- doine saphirine, qui montre un ton bleuâtre. Toutes ces pierres ont, comme la porcelaine chinoise, une semi-translucidité : elles en affec- tent la couleur, et il n'est pas étonnant dès lors qu'on ait pris le nom de la pierre qui se nommait j[>ource2a»ne pour l'appliquer à la nouvelle poterie introduite par les Portugais. Ce mot se sera ensuite transformé ART CÉRAMIOUE. 3i7 Aussi, dès son apparition, fut-elle recherchée avec passion par les princes et les grands seigneurs, et elle était déjà si ré- pandue dans le troisième quart du xvi® siècle , que son intro- duction fut une des causes de la décadence des fabriques de majolica en Italie ^ ; au commencement du siècle suivant, elle &vaât complètement remplacé cette belle faïence sur les riches dressoirs . Les grands voyages de mer n'étaient pas à cette époque ^^lasi &ciles qu'aujourd'hui ; les Portugais et les Hollandais fi^uentaient seuls les mers de la Chine, et la porcelaine con- *e^ait un prix très élevé. Aussi tous les industriels céra- iitistes un peu instruits et les savants initiés aux connais- sances chimiques cherchaient-ils avec ardeur les moyens d'ar- ^▼er à imiter cette belle poterie. Cependant il se passa près invention fe cent ans encore avant môme qu'on eût découvert l'art de**®'* po"»*»'"© • - • . . tendre. wriquer , par des moyens très compliqués , une porcelaine ^ut artificielle, qui n'avait aucun des éléments constitutifs ^ la véritable porcelaine naturelle chinoise , mais qui par sa l^laiichear, sa translucidité , sa couverte brillante, en avait ^ut Taspect et possédait une grande partie de ses qualités. Côtte nouvelle poterie, qui a reçu le nom de porcelaine tendre, *été fabriquée pour la première fois à Saint-Cloud en 1696. Nous en expliquerons plus loin les procédés, en parlant de la ïD^ïiiifikîture de Sèvres , où elle a été perfectionnée ; pour le BW^ïnent, nous avons seulement voulu constater la priorité de la France dans cette invention , et donner à cette poterie le TWigqui lui appartient dans Tordre chronologique. ^tte porcelaine artificielle, d*une fabrication difficile, no composition pouvait remplacer la véritable porcelaine chinoise. Celle-ci ^^'"P^"'"**"'" èvut composée de deux éléments principaux tirés de produits n^tarels : Tun argileux, infusible, le kaolin, qui est la terre à lacurace que la science n'avait pu découvrir. Jean Schorr, ^'""g'»^^"' • « * * , de kaolin, ^^oe maître de forges, passant sur le territoire d'Aue, prés en saxe. ^"Ueeberg, remarqua que les pieds de son cheval entraient ^^•^^ une terre blanche et molle. Cette particularité frappa ^^orr, qui, en industriel habile, imagina de réduire cette ^^fï^ en poudre impalpable et de la vendre à Dresde, pour ^^^placer la poudre à poudrer les cheveux, qu'on fabriquait avec de la farine de froment, et dont on faisait alors un grand osage. Il en eut un débit considérable. Le valet de chambre de Bottcher s'en servit un jour pour poudrer la perruque de son maître, qui remarqua qu'elle avait un poids inaccoutumé ; (f) D' KuBMM, ouvrage cité, p. 35. M. Brongniart regarde ce fait non comme impossible, mais comme très douteux. 21 312 INTRODUCTION, ayant interrogé son valet de chambre sur l'origine de cette poudre, il apprit qu'elle était terreuse, l'essaya, et, à sa grande joie, reconnut la matière si longtemps cherchée, le kaolin, qui sert principalement de base à la porcelaine blanche ^ Fabrication EInfin, après quelques travaux, Bottcher réussit, en 1709» de la porcelaine^ obtenir une porcelaine blanche et translucide, ayant tcms blanche. * , ^ les caractères de celle de la Chine. L'exportation du kaolin fut alors défendue sous les peines les plus sévères ; on le faisait transporter à la fabrique dans des tonnes scellées. Les précautions les plus minutieuses fd- rent employées pour assurer le secret de la fabrication ; toua^ ceux qui en étaient occupés promettaient le silence jusqu'i tombeau, et quiconque trahissait son serment devait être fermé pour la vie, comme prisonnier d'Etat, dans la deKônigstein. Maniifaciure Le 6 juiu 1 7 1 0, la fabrique de porcelaine fut installée dj «loMeiHRen. |g châtoau d'Albert, à Meissen ; Bëttcher en fut nommé le recteur. Le but des travaux de Bottcher avait été d'obtenir une terie semblable à celle de la Chine : aussi ne jugea4-on de mieux à faire dans Torigine que de copier le plus fidî ment possible, soit pour les formes, soit pour les eouleuTB^ belles porcelaines de ce pays. La manufacture de Meis- parvint à une imitation si parfaite, qu'il faut un œil exercé pour distinguer les porcelaines qui y étai^it £Etbriqué^<^^ dans le style chinois, des véritables porcelaines chinoises, premières porcelaines sont au surplus marquées d'un A d'un R entrelacés {Avgusttis Rex). Cette marque a subsîsié jusqu'en 1730. On sait qu'après cette époque la £abfiq«e de Meissen adopta pour marque les deux épées en croix, (1) Ce fait a été quelquefois donné avec la date de 17t 1 ; mais la fih brication de la première porcelaine remontant à 1709 et ayant été faite, suivant le docteur Rlemm, avec le kaolin d^Âue (ouvr. cité, p. 107), il faut qu'il y ait erreur dans cette date de 171 1. On ne connaît d*tiU leurs aucun autre kaolin avec lequel Bottcher aurait pu Caire sa poroa* laine. ART CÉRAMIOUE. 323 4l*Al)ord encadrées dans un triangle, puis sans encadrement. £ottcher n'était pas un bon administrateur, et l'électeur de Saxe, malgré les grandes dépenses qu'il fit, ne tira que peu de profit des premiers produits de sa fabrique. Il faut dire wiseique Bottcher, une fois arrivé au but de ses efforts, ne mit plus la même suite, la même ardeur dans ses travaux ; il ^vait avec magnificence, tenait table ouverte, et menait une joyeuse vie, qui paraît avoir abrégé ses jours. Il mourut «11719. Après sa mort, J.-G. Hôroldt, peintre et modeleur, fut ^^bargé de la direction de la manufacture. Il améliora les pro- ^^Més de fabrication, et perfectionna surtout les porcelaines bUuuihes. En 1 731 , on lui adjoignit le sculpteur KandIer, qui ^t chargé spécialement de donner une nouvelle impulsion travaux d'art. Jusque - là on n'avait fabriqué que des is; KandIer fit exécuter d'abord des animaux en porce- ^^ine blanche, presque de grandeur naturelle. On peut en voir ^Udques-uns dans le musée céramique de Sèvres. En 1732, * ^lecteur voulut faire modeler les statues des douze apôtres, I^tir la chapelle du palais japonais ; celle de saint Pierre, ^^^<2te de 36 pouces, fut seule terminée ; on la voit au musée ^^^v^unique que renferme aujourd'hui ce palais. Il ne fut pas ^«o^aé suite k ce travail, à cause des difiicultés qu'il présen- ^^t. KandIer cependant avait entrepris la statue équestre ^'Auguste m, de grandeur colossale ; elle devait être élevée ^^tt* on piédestal, autour duquel auraient été groupées de limandes figures allégoriques. La tête seule du monarque a été ^te, la guerre de sept ans ayant arrêté les travaux de cet ^iiQnense monument. Le modèle en porcelaine, auquel KandIer ^^^ travaillé quatre années, existe dans le musée céramique ^Br^e. La direction de cet artiste fut surtout signalée par 1^ création de ces jolies figurines si gracieuses, d'un coloris ^latant et souvent plein de vérité, qui portent le costume de l'époque, et se ressentent du goût du temps qui les a vues luttre. Les amateurs les recherchent avec empressement, lors- qn elles sont d'une belle exécution. On peut voir dans notre ^Ilection trois groupes représentant allégoriquement la vue, 324 INTRODUCTION, le toucher et lodorai, qui sont des meilleurs que Kandli ait faits*. Ce genre de fabrication* fut en pratique de 173 à 1750. Les travaux qui, pour la plupart, avaient été interrompt par la guerre de sept ans (1756-1763), furent repris à lapa avec une nouvelle activité. Alors, sous l'influence des écri de Winckelmann, le goût et les études en Allemagne s'étaiei reportés vers les chefs-d'œuvre de l'antiquité. Une école < l'on enseignait les arts du dessin avait été établie à Meissi dès 1754; le célèbre peintre Dietrich en fut nommé le dire teur. Le modeleur Luck, le peintre Brecheisen de Vienne eti sculpteur François Acier de Paris continuèrent l'œuvre entK prise par Dietrich' : la réforme était complète en 1765. * voit dans le musée céramique de Dresde une collection statuettes en biscuit d'un dessin très pur qui appartienne à cette école. Le style grec régnait exclusivement dans travaux d'art de la fabrique de Meissen, à la fin du siS dernier. Antres Une fois quc les procédés de la porcelaine dure de la miQufiictures eurent été introduits en Saxe, les princes et les villes d* d'AUemagne. . . magne voulurent à Tenvi établir des fabriques de cette rie si recherchée. Deux voies pouvaient conduire à la naissance des procédés : Tune, longue et difficile à parconrai (1) D'' Rlemm, ouvrage cité, p. 112. (2) La fabrication de ces statuettes dans le goût de l'époque Louis XV a été reprise depuis quelques années. Lorsque nous dr^* visité la manufacture royale de Meissen, en septembre 1845 , no0 avons remarqué plusieurs ateliers remplis d'un nombre considéra'' d'ouvriers occupés à modeler, a peindre, à décorer ces charma^ figurines. Elles sont répandues à profusion dans toute rAllemagno* France et surtout en Angleterre, et la reprise de cette fabrication, B^ l'habile direction de M. Kuhn, procure à la manufacture de Meissen ^ profits considérables. M. Kuhn ne s'est pas borné à reproduire ces ^ dèles du dernier siècle, il a apporté sous tous les rapports des amtf^ rations importantes dans les anciens procédés de fabrication ; aoaB direction, la manufacture royale de Saxe s'est placée de nouveau ^ifl^ les premières de l'Europe. <3) D' Ki.EMM, ouvrage cité, p. 41. ART CfîRAMlQUE. 335 ^Ue que présentait la science et un travail opiniâtre; l'autre, t>Qaiicoup plus facile, mais peu honorable, la corruption des ouvriers de Meissen. Ce fut la dernière qu'on employa de pré- ^i^nce. Dès 1720, malgré toute la surveillance exercée sur ces ouvriers, Stiibzel, chef d'atelier à Meissen, parvint à se •■^ndre à Vienne, et fonda dans cette ville une fabrique de por- ^ï^Iaine dure. Plusieurs transfuges s'en échappèrent quelques ^k>Kiiiées après, et établirent des manufactures dans différents ^ziclToits de TAlIemagne. Aussitôt qu'un atelier s'élevait, on oberchait par des moyens de séduction à en détacher les ou- qui paraissaient connaître les procédés de cette fabrica- très productive. C'est par de tels moyens* que furent la plupart des manufactures de porcelaine dure en Allemagne de 1720 à 1775. Bln France les choses se passèrent autremenjt. Nous avons Fabrication Ait que dès 1695 on était parvenu à faire une porcelaine arti- *° J^^ ficielle qui a reçu le nom de porcelaine tendre^. La composi- porcelaine tendre. tlon de la pâte de cette porcelaine avait exigé des recherches ^ des combinaisons bien plus difficiles que celles qui avaient <^uduit à faire la porcelaine dure qu'on obtient par l'associa- tion de deux matières fournies par la nature. Le kaolin et le feldspath n'entraient pour rien dans la composition de cette POTcelaine tendre ; on lui donnait la transparence par des sels, ^ plasticité par du savon ; le vernis était un verre, dit cristal, ^^^ïinposé de silice, d'alcali et de plomb'. C'est à Saint-Cloud, près Paris, que fut établie la première (l) On peut lire dans le traité de M. Brongniart rhistoire de toutes ^ séductions auxquelles furent en butte les ouvriers porcelainiers et '^ trahisons dont ils se rendirent coupables, t. Il, p. 491. ()) L^expression de tendre ne s'applique pas à la dureté de la pâte, ^U à la foible résistance de ces porcelaines à Faction d'une haute ^•"ïipérature, comparativement à celle qu'y présente la véritable porce- ^i^, et à la tendreté de leur vernis, qui âe laisse rayer par l'acier. (V- BBONGmABT, ouvr. cité, t. Il, p. 444.) La véritable porcelaine a reçu ^opposition la qualification de dure. (3) 11 n'entre pas dans notre plan de nous étendre sur les procédés ^^ fiibrication ; on pourra sur ce point consulter le savant Traité des ^^^mamiqnes de M Brongniart, t. Il, p. 458 et suiv. 316 INTRODUCTION, manufacture de porcelaine tendre par un sieur Morin, qui avait poursuivi pendant vingt-cinq ans le secret de composer la pâte dont elle est faite. Martin Lister, qui visita cette ma- nufacture en 1 698, vante beaucoup ses produits * . Cette fiibri- cation existait en 1 7 1 8 sous la direction d'un sieur Chicoinean. En 1735, les frères Dubois, ouvriers de celui-ci, avaient élevé une fiibrique à Chantilly ; ils proposèrent, en 1740, à M. Orry de Fulvy, intendant des finances, de lui révéler le secret de la composition de la porcelaine ; mais leurs essais n ayant pas répondu aux espérances qu'ils avaient fait concevoir, M. de Fulvy rompit avec eux. Gravant, honmie actif, intelli- gent, leur succéda; il fit de la porcelaine tendre, et en vendit le secret à M. Orry de Fulvy, qui, en 1746, forma pour l'ex- ploitation de cette porcelaine, sous le nom de Charles Adam, une compagnie qui obtint un privilège de trente ans. Cette manufiusture était établie à Vincennes. En 1753, Louis XV s'y intéressa pour un tiers, et lui donna le titre de manufieu^- ture royale. Le fabrication était arrivée en 1754 à un haut degré de perfection, et les bâtiments où elle s'exploitait à Vin- cennes étant beaucoup trop étroits, elle fut transférée 4 Manufacture Sèvros, daus uu vastc édifice construit tout exprès. En 1760, lie Serres. Loijjg XV remboursa la compagnie , et devint seul propriétaire de la manufacture, à laquelle il accorda un fonds de près de 100,000 livres. La fabrication de la porcelaine tendre a cessé à Sèvres depuis 1804; les pièces, qui datent de l'époque de Louis XV et de Louis XVI , sont très recherchées des amateurs. Cependant depuis soixante ans on fabriquait en Saxe de la véritable porcelaine dure, et la France n'avait encore pro* duit que cette porcelaine artificielle qu'on ne pouvait regar- der comme une porcelaine semblable à celle de la Chine; aussi cherchait-on toujours les procédés de fabrication de cette poterie. Le gouvernement, qui voulait soustraire la France à l'importation très considérable des porcelaines aile- (I) D. Martin Lister, A journey to Paris in ihe year 1698. London, 1699, p. 1^8. Découverte en France. ART CÉRAMIQUE. 327 ^^de«, avait fait en 1761 , avec un sieur Pierre- Antoine ^^nnong de Strasbourg, qui exploitait dans le Palatinat une ^fiqaede porcelaine, un traité pour Tacquisition de ses pro- ^és ; mais on reconnut l'impossibilité de s en servir par dé- ^t de matières premières, le kaolin et le feldspath, dont ttcaa gtte n'était connu en France. Bft 1 765 Guettard donna enfin connaissance d'un gisement de kaolin et de feldspath, auprès d'Alençon. Les premières "^'^fu^r pof^l «ines qu'il fabriqua avec ces matières avaient une teinte F^ » elles ne pouvaient donc encore fournir une porcelaine 8eniblaJ)le à la porcelaine chinoise, but de toutes les recherches. 1^ hasard fit bientôt après découvrir un gtte de kaolin bien plus l>eau, bien plus abondant, et qui devait enfin donner à ^France une très belle porcelaine dure. Une dame Damet, »Bmiiie d'un chirurgien de Saint-Yrieix, ayant remarqué dans ''^ t^vin aux environs de ce bourg une terre blanche, pensa ^^^ cette terre pouvait remplacer le savon dans le blanchis- de son linge. Son mari, qui probablement avait entendu ler des recherches auxquelles on se livrait pour obtenir de ^ terre à porcelaine, se rendit à Bordeaux, pour montrer à un ^l^cumacien cette terre blanche que sa femme voulait employer savonnage. Celui-ci en envoya des échantillons au chimiste Ler, qui reconnut aussitôt le kaolin. Après avoir constaté, ^ 1768, l'importance du gisement de Saint-Yrieix, Macquer, •l«^ sotte de quelques expériences , établit à Sèvres la fabrication ^^ la porcelaine dure ; elle y fut bientôt en pleine activité. La ^^^^Kkie Damet, qui avait ainsi par sa découverte, toute fortuite, porcelaine dure. ^ ^st vrai, mais d'une conséquence très avantageuse pour la F*^toee, soustrait son pays à un tribut onéreux envers l'Allema^ ff^^» et lui avait fourni les moyens de se placer au premier rang p^^ la fabrication de cette belle poterie, vivait encore ignorée ^^daas la misère en 1825. A cette époque, elle vint trouver 3^- Bi^ngniart pour demander un secours, afin de retourner Apied à Saint-Yrieix. Il sufiisait à son infortune d'être connue OT Bf^Ygnt directeur de la manufacture de Sèvres pour être *^ttlfi,gée. On lui remit immédiatement un premier secours, et ^- lirongniart ayant informé le roi de la triste position de Mau^ Fabrication àSèvreu delà 328 INTRODUCTION. la dame Damet, Louis XVIII paya la dette de la France, lui accordant une pension sur sa liste civile. La direction do la manufacture de Sèvres passa successiT ment dans les mains de Boileau et de Parent, puis dans ceU do Régnier, qui fut destitué et emprisonné en 1793. Les vaux ne furent pas cependant interrompus, même pendant E~ terreur; des commissaires, membres de la Convention, fîire mis à la tète de l'établissement ; trois directeurs leur suce dérent sous le gouvernement du Directoire ; enfin en 1 80^ M. Brongniart fut nommé par le premier consul seul dire^ teur do la manufacture. Les produits de la manufacture de Sèvres ont été nature! ment empreints du goût de l'époque où ils ont été fàbriqu mais quelle que soit l'opinion individuelle de chacun sur les férents styles qui tour à tour ont été en vogue depuis Tétab sèment do cette manufacture jusqu'à présent, il faut rec naître que les formes de ses vases ont toujours été belle pures, les ornements dont ils sont enrichis très gracieux les couleurs qui les rehaussent d'une suavité parfaite et d' éclatante beauté. Des artistes très distingués, peintres ou modeleurs, fi attachés à l'établissement dès 1753. On confia d'abord la» rection artistique des travaux à Falconnet et Bacheliesr successivement ensuite à Boizot, Lagrénée et Corneille Spaendonck. Parmi les artistes qui s'y distinguèrent sous règnes de Louis XV et de Louis XVI, on peut citer Méran '*• Bouillat, Parpette, Micaud, Pithou jeune, Niquet et Sio^:^^^-^ pour la peinture des fleurs ; Armand etCastel, qui encellsiec:^^ • à peindre les oiseaux ; Cliulot et Laroche, les arabesques ' Rosset et Ëvans, les paysages ; Dodin, Caton, Âsselin et Pi-- — thou atné, les figures, les portraits et les sujets. Falconnet a fourni les modèles de plusieurs statuettes char- mantes : on peut voir dans notre collection, n*^ 1207, une épreuve de sa baigneuse. Depuis 1753 jusqu'en 1769 ou 1770, la manufacture royale n'a fabrique que de la porcelaine tendre ; depuis cette époque jusquVn 1804. les deux sortes do porcelaine ont été fabri- ART CÉRAMIQUE. 329 H^ées concurremment. Depuis 1804 la porcelaine dure est ^de en pratique. De 1753 à 1793, la manufacture royale a eu pour mar- que deux L opposés et enlacés, tracés en bleu au revers cfes pièces. Une lettre, placée au centre des deux L, indi- 92xe Tannée dans laquelle la pièce a été décorée. L'année i7& 3 est indiquée par un A, 1 754 par un B, et ainsi de suite JQi» qu'en 1776, indiquée par un Z; 1777 est désignée par ^^(]nents suffiront aux amateurs pour leur faire reconnaître ^^ date de fabrication des pièces de vieux Sèvres ; au surplus, tnrouveront des détails très étendus et les marques des ar- de Sèvres dans la Description du musée céramique de [. Brongniart et Riocreux. Aucun des monuments de la vie privée dont se compose collection ne dépassant par son âge les dernières an- t8 du xvm* siècle, nous ne devons pas porter plus loin cet ^>^Tçu de l'histoire des arts céramiques. Terminons seule- iitej[2t en exprimant le désir de voir bientôt rétablir dans la 'l'i^^xiafacture de Sèvres, par son savant directeur, la fabrica- ^os^ de cette porcelaine tendre, si belle, si riche, si recherchée, «t dont la France fut le berceau. Ce vœu sera partagé par tous je» «mateurs de belles productions céramiques. VERRERIE. % I. VERRERIE DANS L' ANTIQUITÉ. L'art de la verrerie remonte à la plus haute antiquité. Sui- ^^t Pline, des marchands phéniciens , étant descendus à ^«rreprès de l'embouchure du fleuve Bélus, tirèrent de leur 330 INTRODUCTION, navire des blocs de uatron pour supporter le vase qui devait servir à cuire leurs aliments ; l'action du feu ayant fondu ces blocs de natron avec le sable sur lequel ils étaient posés, il en résulta un liquide qui n'était autre que du verre*. Bernard Palissy, dans son Traité des eaux et fontaines, rapporte, d'fr- prés Flavius Joseph, une autre fable qui n'est pas plus croya- ble : « Aucuns disent que les enfans d'Israël ayant mis le feu *< en quelque bois, le feu fut si grand qu'il eschaufiTa le nitre •• avec le sable, iusques à le faire couler et distiller le long des *« montaignes, et que deslors on chercha l'invention de iam » artificiellement ce qui avoit esté fait par accident pour faire " le verre*. •» Que le hasard ait fourni la première donnée de la Cobrica- tion du verre, c'est fort possible ; mais il est plus certain en- core que l'industrie humaine a dû longtemps s'exercer avant d'avoir obtenu une matière qui pût se pétrir sur une table de marbre, se distendre par le soufflage à l'aide de la canne de fer et se colorer par des oxydes métalliques. Du moment que ces procédés eurent été trouvés, l'art vint nécessairement en aide à cette invention, soit pour donner à la matière des finr- mes élégantes, soit pour la décorer de peintures, de ciaelures, et l'embellir d'ornements de toutes sortes. Nos recherches sur l'intervention de l'art dans l'industrie de la verrerie s'appliqueront uniquement à la fÎEtbrication et à l'ornementation des vases de verre. oeUTerrerie Ce fut en Egypte et en Phénicie que s'établirent les pre- en Egypte nji^i.eg fabriques de verre. Pline vante l'habileté des verriers ei en Phenicie. , * de Sidon ; Hérodote et Théophraste nous ont donné connais- sance des merveilleuses productions des verreries de Tyr. M. Boudet, membre de la commission d'Egypte', s'ap- (1) 0 Quibus accensis , permixta arena lUtoris, translucentes novi H" quoris fluxisse rivos. et hanc fuisse originem vilri,* Pline, I. XXVI, cap. XXV. (2) Bernard Palissy. Paris, 1777, p. 271. (3) Notice sur Vart de la verrerie né en Egypte; Description de l^E- gypte, t. Il, 3« livre, 2* section. VERRERIE. 331 P^^tsurrautoritédeStrabon, etM. de Paw^ préiendeotque * Egypte est le berceaa de l'art de la Yerrerie ; les Phénicien» ^ fondent établi leurs fabriques que sur le modèle de celles de -'ItibeB et de Memphis ; la découverte de verre appartiendnût *^ prêtres de Vulcain, les premiers chimistes de l'antiquité. Si les Phéniciens ont pour eux le témoignage de quelques •nteuTB sur leur habileté à fabriquer le verre, les Égyptiens ont mieux encore. Les fouilles faites en Egypte, et principale- Bwat celles du temple de Kamac à Thèbes, en mettant au jour <1^ produits de leur fabrication, ont démontré qu'ils avaient P^BBé à une grande perfection les différentes branches de Vttt de la vitrification. l^B Phéniciens et les Égyptiens portèrent leur industrie ^ Sicile, dans les fies de l'Archipel et en Étrurie, et il paraît ^^"^^^ que des fabriques de vases de verre se sont établies ^^ft ees contrées à des époques très reculées. Suivant quelques auteurs, le verre n'aurait été importé à ^^^6 qu'à l'époque de Sylla, à la suite des conquêtes de la r^Ublique en Asie, et lorsque l'art de la verrerie était déjà ^^''^ avancé. Il y obtint aussitôt une grande faveur. Auguste, ^^^^ avoir soumis l'Egypte, exigea que le verre fit partie du ^^(>Ut imposé aux vaincus. Cet impôt, loin d'être une charge ^^^icles Égyptiens, fut pour eux une source de fortune. Le ^^i^x^ devint tellement en vogue qu'ils en firent à Rome des im- P^'X'^ations considérables. Sous Tibère, des fabriques de verre '^"^^lirent dans le voisinage de la grande ville, et cette con- ^'^^^'^^^^^eùee dut nécessairement éveiller l'émulation des verriers. -I^-^es Romains trouvèrent bientôt le moyen de teindre le De la Terrerie ^®*'>^, de le souffler, de le travaUler au tour et de le ciseler. <^»^«»»»o°»**"- D^ Savaient fidre des coupes d'un verre aussi pur que le cris- t^ * «t Pline nous apprend que Néron en paya deux, de médio- Ct^ grandeur, 6,000 sesterces. L'engouement pour les vases â^ verre fut porté à un tel point qu'on les préféra, pour ytv^age, aux vases d'or et d'argent*. (i) Recherches philostfphiqueSy p. 304. (t) • VUH usus ad potandum pepulit auri argentique metalla,* Pline, filit. nat., I. XXXVl, c. xxvi. 331 INTRODUCTION. Néron, Adrien et ses successeurs jusqu'à Gallien proté- gèrent rindustrie du verrez Celui-ci se dégoûta du verre et ne voulut boire que dans des vases d or ; mais Trebellius Pol- lion, qui nous a fait connaître ce fait, ajoute que les fiibriques de verre, qui étaient entrées en décadence sous cet empereur» se relevèrent sous Tacite, qui accorda aux verriers une con- sidération toute particulière'. Les premiers chrétiens savaient décorer les vases de verre ;^ on en a trouvé un grand nombre dans les catacombes et dan quelques cimetières de Rome enrichis d'ornementations di verses. Buonarotti en a publié de fort curieux^. La déco tion de plusieurs de ces verres était obtenue par un p que d'Âgincourt décrit ainsi : •* Sur une feuille d'or, app - quée au fond d'un verre à boire, on traçait des lettres, *« bien on dessinait des figures au moyen d une pointe « fine; puis, afin de mieux conserver le travail, on appliq «• par-dessus une couverte de verre, de manière que, sou " au feu l'un contre l'autre, ces verres laissaient voir les *« res et les inscriptions *. ** D reste un assez grand nombre de vases de l'époque maine dans les collections. La célèbre coupe de Pordand, a été si malheureusement brisée par un fou, il y a peu temps, dans le musée britannique, aurait suffi seule démontrer à quel degré de perfection l'art de la verrerie a été porté chez les anciens. Ce vase, composé de deux <^ ches de verre, présentait des figures blanches ciselées^ relief sur un fond bleu, à l'imitation d'un camée en onyx ^ telle façon que, pendant longtemps, on a pris cette mi fique production de la verrerie pour une production de nature. Les monuments antérieurs provenant des fabriques Tr&l)ées dans ses mains, un procédé en usage chez les ver- riers de l'antiquité, a cherché à en retrouver le secret dont l^ oonnaissance était perdue, et y est parvenu après de longs efiforts. « J'ai trouvé, dit-il, des feuilles d'or enfermées avec - acbresse entre deux couches de verre. Après avoir longtemps ** porté un regard attentif sur ces objets qui me frappaient de * plus en plus, je me suis procuré quelques fioles de verre « blanc et translucide, et je les ai enduites au pinceau d'une ** gomme grasse. Cela fait, j y ai appliqué des feuilles d'or, "^ après qu'elles ont été sèches j'ai dessiné dessus, à ma • fftutaisie, des oiseaux, des hommes et des lions. Ensuite •j^ les ai recouvertes d'un verre que j'avais habilement (0 « Demde acàjpiunt vitrum darissimum, velut crystallum, quod «pf^ooinpoittifif» quodquemoXj ut senserit calorem ignis, solvitur, et te- ra^ dikgenUr super lapidem porphirittcum cum aqua^ ponentes cum ^^fMtUo tenm$titne swper petutam per omnia, et cum skcatum fuerit, fmi^mt in fumum , in quo fenestrœ vitrum pictum coquitur, de quo pûttea dkemuêi supponentes ignem et ligna faginea in fumo omnino tiecata, Cumque viderint flammam scyphum tandiu pertransire donec mûàieiÊm ruborem trahat, st€Uim évidentes ligna, obstruunt fumum, danee per ge frigescal; et aurum nunquam separabitur. > Cap. xni. (2) Bibl. royale, ms. laiin, n<» 6741. 336 • INTRODUCTION. •« aminci à la flamme, et qui s'est intimement uni aux fioles " par TefFet de la chaleur à laquelle elles ont été soumiaes ** après la réunion *>•. Eraclius, au surplus, ne dit rien des procédés des Grecs. Le second mode indiqué par Théopjiile, comme étant mis en pratique par les Grecs, pour la décoration des coupes de yerre saphir opaque, consistait à les rehausser de sujets ou d'or- nements rendus avec de Tor ou de l'argent moulus, délayés dans Teau et appliqués au pinceau. La préparation métallique était recouverte de cet enduit léger de verre dont nous avons parlé '. Suivant le troisième mode , les peintures étaient exprimées avec des émaux de la nature de ceux dont on se servait dans les incrustations. Les différentes coolenrs ( 1 ) Inverti petulas Mer viirum duplicatum Inclusas caute. Cum solers scBpius Ulud Visu lustrassem, super hoc mctgis et magis ipse Commotus, quasdam daro vitro reniterUes Quœsivi fialas mihi, quas pinguedine gummi Unxi pincello. Quo facto, imponere ccspi Ex auro petuktë super Ulas ; utque fuere Siccatœ, volucres, homines pariterque leones Inscripsi, ut sensi : quo facto, desuper ipsas Omavi vitrum docto fUUu tmuatum Ignis; sed postquam pariter sensere calorem. Se vitrum fialis tenuatum junxit honeste. Nous avons rapporté plus haut, page 280, le commencement du cha- pitre du poëme d'Eraclius dont nous avons extrait les vers ci-dessos: Romani fialas auro caute variatas, etc. Il paratt résulter de l'écrit d'Eraclius qu'il n'a eu aucune connais- sance des procédés des Grecs. Si ces procédés n'étaient pas en pratique en Europe au temps où vivait Théophile, ils devaient être au moins connus de tous les hommes qui s'occupaient des arts industriels et sur- tout de ceux qui, comme Eraclius, faisaient des recherches sur Part de la verrerie. Ne résulte-t-il pas de là qu'Eraclius a dû vivre anténeure- ment à Théophile? Voir ce que nous avons dit, page 280, sur les procédés donnés par Eraclius pour sculpter le verre. (2) • Accipientes aurum in molendino molitum, cujus usus €st in Ubri$^ tempérant (tqua, et argentum similiter^ facientes inde circuios et in ei$,.. et liniunt hœc vitro lucidissimOf de quo supra diacimus,» L. 11, eap. xiv. VERRERIE. 337 d*éiiia.m 1 étaient porphvrisées séparément, appliquées au pin- ceau ^-t; fixées sur la surface du verre par la vitrification que produm^ait la cuisson du vase dans le fourneau à cuire le verre ^k vitres, de la manière expliquée plus haut ^ . I^ft »«.'i«*l«. i.g«ni».x m.,.„ ,.. 1». ...ion. n.p^. sent p^^ ^y^i^ pratiqué. ^^ >3cftoment que Théophile, qui dans son traité passe en DeUiveirerie ^™® les arts industriels de toutes les nations, attribue *" "^^*'" *«* aux t»r^cs seuls la production de vases de verre ornementés, on aoif; ^jj ^jj^j. ^^^ conséquence, avons-nous dit, qu'aucune «tttre nation de TEurope ne se livrait, au xu® siècle, à ce genre I^^Ustaîe artistique. 11 y aurait peut-être lieu cependant de ^^xie exception en faveur des Français ; car Théophile, • couleurs' qui sont recueillis par les Francs, très habiles M dans ce travail. » Nous devons dire, cependant, que si le passage de Théophile peut faire supposer qu'on s'est occupé en France, au xn® siècle, de fabriquer des vases en verre co- loré, il faut que cette industrie n'ait pas eu de durée , ou qu'elle se soit bornée à une simple coloration du verre, sans y ajouter ni peinture en émail, ni aucun travail d'art ; car lors- que, dans les inventaires des rois et des princes du xiv* siècle, on vient à rencontrer la description d'une pièce de Terre dé- coré, elle est toujours accompagnée d'une mention qui indi- que sa provenance orientale. Ainsi, on lit dans l'inventaire du duc d'Anjou de 1 360 : ** Deux flascons de voirre ouvrés d'azur de l'ouvrage de Damas , ** dont les anses et le col sont de mesme'. » Dans Tinventaire de Charles Y de 1 379 : » Trois potz de voirre rouge à la façon ** de Damas. — Ung petit voirre ouvré par dehors à ymages «• à la façon de Damas. — Ung bassin plat de voirre paint à la <« façon de Damas'. » Nous n'y avons trouvé qu'un seul objet de verre cité avec une provenance européenne, et c*est un verre blanc, sans ornementation ni peinture d'émail : • Ung *« gobelet et une aiguière de voirre blant de Flandres gamy » d'argent'^. ^ Nous avons rappelé plus haut que Damas avait été l'une des villes industrielles les plus importantes de l'empire grec, et que sous la domination des Arabes elle avait conservé ses belles fabriques, qui continuèrent à alimenter TEurope de leurs produits. Il y a donc lieu de penser que dans l'Europe occidentale, avant le xv® siècle, le verre, qui recevait dans les vitraux une si brillante ornementation, n'avait pas paru mériter d'être façonné en vases do luxe, soit à cause de sa fragilité, soit à cause du peu de prix de sa matière. (1) Le chapitre est intitulé : De diversis vitri coloribus^ et Ton a vu plus haut que par ces moU colores vitri Théophile entendait les émaux ou verres colorés dont on se servait dans les incrustations, ceux-là que tes Grecs employaient à faire des coupes. (2) Ms. Bibl. royale, suppl. Franc, n® 1278, I* 27. {ê) Ma. Bibl. royale, n» 8350, f^« 184, 198 et 211. (4) /rfem.f» 189. VERRERIE. as» S m. VEBRBBIB VÉNITIENNE. Si les fabriques de Tempire d'Orient furent, suivant toute De la verrerie apparence, jusque vers la fin du xiv® siècle exclusivement, en*^**®**®*^*U?|^°** possession de la fabrication des vases de verre de luxe, il àuflnduxiv*. s'était élevé néanmoins une rivale puissante, qui allait leur arracher cette branche de l'industrie artistique. Pendant les xi^ et xii*^ siècles , Venise était devenue la ville du monde cÎTilisé la plus commerçante. Elle avait surtout établi sa puissance par la navigation et le commerce avec l'Orient. Au xin^ siècle, les profits qu'elle retirait du transport des mar- duuidises des autres nations ne suffisaient plus à son ambition : au commerce elle voulut joindre l'industrie. De nouvelles fa- briques de plusieurs sortes furent fondées tant à Venise même que dans les États de terre ferme de la république, et celles qm existaient déjà reçurent une vive impulsion et un déve- loppem^s^t considérables * . L«a fabriques de verre, s'il faut en croire les auteurs véni- ««M, étaient à Venise presque contemporaines de la fonda- ™ûa^ la ville*. Un grand événement qui signala le commen- ^'^t du xuf siècle dut accroître leur prospérité et contri- . ^ Imtroduction de l'art dans cette fabrication jusque . ^^^^ut industrielle. En effet, la république de Venise avait ^^^"^^^ïé à la prise de Constantinople par les Latins ( 1 204 ) ; ^ esprit commercial qui l'animait, elle s'appliqua à tirer ^Murti possible de sa victoire en faveur de ses fabriques tes. Les verreries de l'empire d'Orient furent visitées A 17 ^ agents de la république, et les ouvriers grecs attirés ^^ae'. Toujours est-il qu'on peut produire, à partir de la (») <^BL0 M ARIK, Stûria civile e politica del commercio de' Veneziani, ^1788. W ^^^kMio Harin, 1. 1, i. II, p. 213, et t. V, l. u, p. 358; Filusi, SogS^ ^md anUco œmm. e suUe arii de' Veneziani, t. VI, p. 147. {i) ^ Laperfezione délia vUraria col akuni diramazioni o modifica- ^yfflA ^^cristaUo e cM vêtro possono averle tolte da* Greci. > Carlo Ma- 340 INTRODUCTION, fin du xiu*" siècle, une série non interrompue d'actes du gou- vernement vénitien, qui prouvent et l'importance des fabri- ques de verre dès cette époque reculée, et l'intérêt tout par- ticulier qu'il ne cessa de porter à Tart de la verrerie, dont il prenait soin, suivant l'expression d'un auteur vénitien, comme de la prunelle de ses yeux ^ . Il eut en cela une grande habileté ; car pendant plusieurs siècles Venise inonda les quatre par- ties du monde des productions très variées de ses fabriques de verre, et il serait impossible de préciser la somme énorme d'argent que cette seule industrie procura à la république. Dès la fin du xiii^ siècle, les manufactures de verre s'étaient tellement multipliées dans l'intérieur de Venise, qu'à tout instant la ville était exposée aux incendies. Un décret du grand conseil*, de 1289, défendit à qui que ce fût d'établii aucune fabrique de verre dans l'intérieur d'une ville, à moine d'être propriétaire de la maison où devait se faire l'exploita- tion. Cette exception en faveur des propriétaires ayant laissa subsister presque tous les inconvénients auxquels le gou- vernement avait voulu parer, un nouveau décret du 8 octobre 129 1 ordonna que toutes les fabriques de verre qui existaient dans l'intérieur de Venise seraient détruites et transportéei hors delà ville'. Ce fut alors qu'on choisit l'île de Murano, qui n'est séparée de Venise que par un canal de peu d'étendue, pour y établi] les fabriques de verre. En peu d'années l'île entière se cou- vrit de verreries de différents genres. Cependant un nouveau décret du 11 août 1292 modifia II rigueur des règlements antérieurs en faveur des fabriques d< menue verroterie {fahbrtche di conterie] , qui avaient pour obje la confection des perles, des pierres fausses et des bijoux d verre*. Elles purent se fixer dans l'intérieur même de Venise (1) •La mtraria venue in ogni tempo considerata dal govemo que pupilla degli occhi suoi, > Cablo Marin, t. V, 1. ii, p. 258. (2) Cablo Marin, t.' V, p. 260. . (3) D. BussOLiN, Guida aile fabhriche di Murano, Venezia, 184Î, p. 5 (4) Voici le texte du décret donné par Carlo Marino : - Capta fé VERRERIE. 341 BOUS la seule condition qu elles seraient isolées au moins de cukTÎcA^on des vases de verre prend une nouvelle direction. Les ^errîems vénitiens empruntent aux Grecs tous leurs procédés pour colorer, dorer et émailler le verre ; et la renaissance des arts ayant ramené le goût des belles formes antiques, l'art de la verrerie, suivant le mouvement imprimé parles grands ar- tistes qui illustrèrent l'Italie à cette époque, produisit des ▼ases qui ne le cédaient en rien pour la forme à ceux que l'an- • e uquité avait laissés. Cooceius Sabellicus , historien vénitien du xv® siècle, nous fournit la preuve de l'admiration qu'excitaient de son temps la J^^^ttté et la variété des productions des verreries vénitiennes * . A la fin du xv® siècle, ou plutôt dans les premières années verrai BUgranë». dnxvf, les verriers vénitiens' se signalèrent par une nouvelle 0) Gablo Mabin, tomo III, p. 222; Cod. Mss. lat., bibl. NaniansB. Vêntt,, 1776. (3) • VitrarUs officinis prœcipue illustratur,,, in mUle varias colores, •Miumerafgue formas eœperunt {hommum ingénia) materiam inflectere : Amc ùoUees, phialœ^ eanihari, lebetes, cadi, candelabra, omnis generis ammaka^ eomua, segmenta^ moniUa : hinc omnes humanœ delÀdœ : hinc quidqmdpotest mortalium oculos oblectare, et quod vix vita ausa essel sperare.., magna ex parte vicus hujusmodi fervet officinis. » Cocci Sa- BSLua, De Venetœ urbis situ, i. m. (3) (>)cceius Sabellicus, né à Virovaro en 1436, était bibliothô 344 INTRODUCTION, invention, celle des vases enrichis de filigranes de verre blanc opaque ou coloré qui se contournaient en mille dessins variés, et paraissaient comme incrustés au milieu de la pâte du cristal incolore et transparent. Cette invention, qui permettait d'en- richir les vases d*une ornementation indestructible, tout en leur conservant les formes les plus légères et les plus gracieu- ses , devait donner une nouvelle impulsion aux fabriques de verrerie et en faire rechercher bien davantage encore les pro- ductions par tous les peuples de TEurope. Aussi le gouver- nement vénitien prit-il toutes les précautions possibles pour empêcher que le secret de cette nouvelle fabrication ne se dé- voilât et que les ouvriers vénitiens ne transportassent cette industrie chez les autres nations. Peines portées Déjà, au xuf siècle, uu décret du grand conseil ayait dé- ^"''*^^®'"®" fendu d'exporter de TÉtat, sans son autorisation, aucnne k l'étranger. ^BB matières premières qui entraient dans la composition du verre ^ Le 13 février 1490, la surintendance des fabriques de Murano fut confiée au chef du conseil des dix, et, le 27 octobre 1 547, le conseil se réserva le soin de veiller sur les fabriques, pour empêcher que Tart de la verrerie ne passât & 1 étranger*. Toutes ces précautions ne parurent pas encore sufiisantes, et l'inquisition d'État, dans l'article 26 de ses statuts, prit la dé- cision que voici : >« Si un ouvrier transporte son art dans un » pays étranger, au détriment de la république, il lui sera en- « voyé l'ordre de revenir ; s'il n'obéit pas, on mettra en prison ** les personnes qui lui appartiennent de plus près. ... Si, mal- •« gré l'emprisonnement de ses parents, il s'obstinait à vouloir *« demeurer à l'étranger, on chargera quelque émissaire de le ** tuer. »< M. Daru , qui , dans son Histoire de la république de Venise, nous a donné le texte de ce décret, qu'il avait copié caire de Saint-Marc en 1484 ; il mourut en 1506 ; or on vient de voir que, dans rénumération qu'il fait des diverses productions des verreries vénitiennes, il ne parie pas des verres filigranes : les mille oouleors des vases de verre, leurs belles formes si variées, voilà ce qui excite sur- tout son admiration. (1) Carlo Marin, t. Il, I. ii, ch. 4. (2) M. BUSSOMN, p. 62. accordés aux verriers. VERRERIE. . 515 ^^^Osles archives de la république, ajoute que, dans un docu- ''•^nt déposé aux archives des affaires étrangères, on trouve ^^^M^ exemples de lapplication de cette peine à des ouvriers 9^^ i'empereorLéopold avait attirés dans ses États. I^e» arrêtés du grand conseil, des 22 mars 1705 et 13 avril 1 7S2 , confirmèrent les dispositions précédemment prises et A|oatàTent de nouvelles rigueurs aux lois anciennes, non-seu- lexner^^ contre les ouvriers qui iraient s'établir à l'étranger , encore contre ceux qui divulgueraient les secrets de la ion*. Si 1^ gouvernement de Venise crut devoir déployer toute sa i»riviiégc» ftëTéz^'i.'M contre les ouvriers verriers qui trahissaientleur patrie, d*im filtre côté il combla de faveurs ceux qui lui demeuraient fidèle js , et accorda de grands privilèges à l'Ile de Murano. ^^i » dès le jojf siècle, les habitants de Murano obtinrent les droits de citoyens de Venise, ce qui les rendait admissibles à ^^<^p^r les plus hauts emplois de l'État <. En 1445, le sénat '^^ ^Uixoriskle droit d'élire un chancelier (cancelliere preiorio) Pûnr T^ndrela justice dans Murano , et un délégué auprès du gou- ^^niQxnent de Venise pour traiter des affaires qui intéressaient leur oommnne. Une législation civile, criminelle et administra- ^^^> spéciale à Ttle de Murano, était renfermée dans un code ooim^ sous le nom de Staiulo di Murano , qui fut confirmé par to aéuat en 1502 et ne cessa de régir Ttle jusqu'à la chute de 1* yépublique*. Il en résultait que la police de Venise ne pou- ^••t étendre sa juridiction sur Murano, et que les magistrats à^ 1 île étaient seuls en droit de procéder, dans l'étendue de ^^teiritoire, àl'arrestation desprévenus de crimes oude délits . ^'art de la verrerie n'était pas regardé non plus comme une i^^diiBtrie purement mercantile. Un décret du sénat du 1 5 mars 1383, relatif à quelques privilèges accordés aux fabriques de Jtfnrano, se terminait par ces mots, qui montrent à quel point U verrerie était estimée : •« Ut ars iam nobilis semper siet et (\) M. BUSSOLIN, p. 63. (2) Vettorb Sandi, Sloria civile délia rep. di Venezia^ parte 1, vol. 11, p. 548 Ven., 1755. (3) Fanello, Singgio storico di Murano. Ven , 1810, p. 29 et 30. 316 INTRODUCTION. ^ permaneai in loco Muriani ' . » Les Terriers n'étaient pas classés parmi les artisans ; ils reçurent, tant du sénat de Ve- nise que de plusieurs souverains étrangers , des privilèges bien remarquables pour le temps où ils furent concédés. Ainsi les nobles patriciens vénitiens pouvaient épousa les filles des maîtres verriers de Murano sans déroger en aucune façon, et les enfants qui naissaient de ces unions conservaient tous leurs quartiers de noblesse*. Il y a mieux, et lorsque Henri III vint à Venise, en 1 5 7 S , il accorda la noblesse à tous les principaux maîtres verriers de Murano. Un arrêté de la commune de Murano ayant décidé qu'on livre d'oTy à l'instar du Ubro d*oro nobiliaire , serait établi à l'effet d'inscrire les familles originaires de Murano , le sénat confirma cet arrêté le 20 août 1602. Ce livre existe encore à la chancellerie de Murano '. On y lit les noms suivants comme étant ceux des premiers verriers : Muro, Seguso, Motta, Bi- gaglia, Miotti, Briati, Gazzabin, Vistosi et Ballarin. Protégés par des lois sévères, investis de grands privilèges, encouragés par d'honorables distinctions , les fabricants de Murano s'élevèrent au rang d'artistes distingués. Leurs vases émaillés du xv® siècle, leurs gracieuses coupes, leurs aiguières à ornementations filigraniques du xvi®, ne le cédèrent en rien pour la forme et pour la décoration aux plus beaux produits de l'antiquité, et l'Europe entière devint, pendant deux cents ans, leur tributaire, (xuaction de l'art La modo, qui fait renoncer aux plus belles choses, se porta, de la verrenc ^^ commencement du xviu^ siècle, vers la verrerie de Bohême; à Venise. , , on ne voulut plus que du cristal taillé et à facettes , au grand détriment de la beauté et de la légèreté des formes. Quelques fabriques en France et en Angleterre commencèrent à donnor de beaux produits de cristal taillé, et la verroterie vénitienne à ornementations filigraniques fut peu à peu abandonnée. La chute de la république de Venise, l'abolition des privilèges concédés aux verriers et des règlements qui régissaient leur (1) Fanello, Saggio ci(., p. 38. (2) BussoLi?!, ouvrage cité, p. 69. (:J) Idem, p. 66. VERRERIE. 317 corporation donnèrent le dernier coup à Tart de la verrerie à Venise, et les fabriques qui subsistèrent à Murano ne s'occupe- ^^^bX plus qu'à confectionner des ustensiles domestiques en verre commun. Cendant les plus beaux vases du xv® et du xvf^ siècle , que le verroteries temps avait épargnés , furent conservés en Italie dans les pa- 'én»*>«j|j»» IftÎH des nobles , non plus commo objets usuels , mais comme dans ^moignage d'une brillante industrie éteinte. Le fondateur >* co**«c"<>"- da la collection , qui avait im goût tout particulier pour les I^^Ues productions des yerreries yénitiennes, a pensé qu'elles ^'v^aûent trouver place dans son cabinet, à côté des monuments *• plus précieux de l'industrie artistique des xv* et xvi*^ siè- ^^8 , et avant qu'elles n'aient été recherchées par une foule ^l'&iiuiteurs, il a fait acheter en Italie tout ce qu'on a pu trou- ver àe cette belle verrerie. Alors, et dans une quantité consi- ^âi^nble de pièces, il a pu faire un choix de ce que les verriers Téiàitîens ont produit de plus beau, au xv^ et au xti® siècle, en de toutes sortes, et en former une collection unique, qu'il it impossible de composer aujourd'hui. I^a fabrication des verroteries à ornementations filigrani- ^^eB et à filets colorés n'est plus un secret, et depuis que les •nuiteurs de cette belle verrerie, en rassemblant ses produits, ^ ont fait connaître le mérite, plusieurs fabricants ont cher- ^ à les imiter. Sans pouvoir encore arriver à la légèreté et à ^perfection des formes duxvi® siècle, ils ont cependant jeté ^sle commerce des verres assez gracieux*. Néanmoins les >nMfcteurs qui ont recueilli les verroteries anciennes de Venise ne se sont pas rendu compte, pour la plupart, des procédés à l'aide desquels on pouvait conserver sans altération ces capri- cieux dessins de filigranes colorés à l'intérieur d'une matière incolore qui, pour être façonnée en vases, doit être mise en 0) M. Bontems , directeur de la verrerie de Ghoisy-le-Roi , est le pivmier qui ait recommencé à en fabriquer. Il a bien voulu faire fa- COflner devant nous les cannes ou baguettes de verre à dessins fili- graaiques, qui sont les éléments des vases , et même différentes sortes de vases. C'est à sa complaisance que nous devons d'avoir pris prati- quement une connaissance complète des procédés de fabrication. 318 INTRODUCTION, fusion. Aucun des auteurs anciens qui ont célébré les mer- veilleux produits de l'industrie vénitienne n en a fait con- naître le secret, à cause des lois sévères qui auraient puni une telle indiscrétion ; nous pensons donc que les amateurs qui visiteront notre collection seront bien aises de trouYer ici quelques notions sur cette fabrication * . procédéti Les vases à filets colorés et à ornementations filigraniques de« verre» ^^^* composés de lassemblage d'un certain nombre de petites fiiigraDés. baguettes de verre* de forme cylindrique, de 3 à 6 millimè- tres de diamètre, soit de verre blanc opaque', soit de verre (1) Nous avons cherché, dans la description de nos verroteries véni- tiennes, à rétablir les noms qui étaient donnés au xvi® siècle aux vases à dessins filigraniques et aux éléments de leur fabrication ; Ganoni, qui vivait dans la première moitié du xvi* siècle, et Fioravanti, qoi est mort en 1588, sont les seuls auteurs qui aient pu nous fournir " quelques détails, Pun dans sa Piazza universale, Tautre dans l'on- — vrage intitulé Lo specchio di scienzia wfiwerêole. Souvent les mots s qu'ils emploient ne sont plus usités, et c'est à peine s'ils sont connus s des verriers. Pour nous fixer autant que possible sur leur interprétation, <■ nous avons eu recours à M. Bussolin, fabricant de Murano, qui s^est occupé de rendre à sa patrie la fabrication des verres filigranes, et qui a publié un aperçu de l'art de la verrerie chez les Vénitiens. (3) Les verriers de Murano nommaient ces petites baguettes cotme, et canne ritorte celles qui renfermaient des filigranes. Gomme on donne aussi le nom de canne au tube de fer creux qui sert à souffler le verre, et dont nous allons avoir à parler , nous leur laisserons ici le nom de baguettes, mais nous leur rendrons dans nos descriptions le nom de cannes, qui leur a été donné par les créateurs de l'industrie. (3) On donne vulgairement, même à présent à Venise, le nom d'é- mail blanc aux filets ou aux filigranes blanc opaque, blanc de lait, qui décorent les verres vénitiens; nous n'adopterons pas cette dénomination, bien que l'émail ne soit véritablement qu'un verre coloré. Nous avons réservé le nom d^ émail :i^ pour les composés vitreux blanc mat ou di- versement colorés qui sont broyés et employés au pinceau sur le verre, la porcelaine, les poteries, les métaux; «<> pour les préparations vi- treuses de couleurs variées qui sont fondues et réunies par juxtaposi- tion dans un excipient de métal, et constituent ces espèces de mosaïque qui ont reçu le nom d'émaux incrustés ; 3<^ pour les matières vitreuses transparentes employées dans les pitture a smalto des Italiens, les émaux translucides sur relief. Tous ces composés vitreux sont fixés sur leur VERRERIE. 34tf ^'oré, goit de ven'e renfermant des dessins filigraniques. Ces ^g^ettes, préparées à lavance, sont disposées dans tel ordre ^^ ^opte le verrier, souvent alternées par des baguettes de ^^irre blanc*, puis réunies ensemble par la chaleur et par le •^ofllage, et enfin façonnées, lorsqu'elles forment une paraison' ^^napacte et homogène, en vases de toutes formes, comme toute *utre pièce de verre ordinaire. Vingt-cinq, trente, quarante ^^^ÉT^ottes de verre peuvent entrer dans la composition des irénitiens : il est' donc indispensable, avant de faire cou- les procédés de leur fabrication, d'apprendre comment se façonnent ces baguettes de verre qui en sont les éléments. Poul» faire une baguette de verre coloré', le verrier prend au bo^at de la canne à soufSer une certaine quantité de ce verre dans le creuset où il est en fusion, et il le roule sur une plaqii.^ de fer nommée marbre, afin de faire adhérer la matière «xcipi ^ ut par une chalear suffisante pour les parfondre sans altérer l'objet Mur leqxjfil ils sont appliqués. Quant à ces verres blanc mat ou coloré, ^ 80"Ki.t employés par le verrier au feu de la verrerie, et qui entrent ws IfiL composition des vases pendant leur fabrication et en sont Tun <«8 éléiKiieQts, on doit leur conserver le nom de verre. Au e^mirplus, 1|9 verre blanc opaque, blanc mat , ne recevait pas au ^^*ifede le nom d'émail blanc; il était désigné sous celui de latticinio, qn on ^^«ot traduire par blanc de lait. ■ Si l'on veut faire du verre blanc "d'éiTfcr^l^dit Garzoni, on ajoute de la chaux d'étain (oxyde d'étain), ••* c'*^ast avec ce verre, qui s'appelle latticinio, que se font divers •oniôx^i^n^g sur les verres de cristal.» {La piazza universale^ dis- ^^^^"^ *— ^iv.) Nous conserverons cette ancienne dénomination de totti- _» • » ^"""^ ^^3x filets et filigranes de verre blanc mat. f^) ^On entend par verre blanc le verre incolore et transparent. On verra ^:^Qe baguette de ce verre n*> 1347, lettre P. (') ^)n entend par paraisùn une masse de verre à l'état pâteux adhé- '^*® ^^^ la canne et déjà soufflée ; c'est le premier étajL de la pièce que Ton ^'"^Qt produire. (^)^ ^Dosait qu'en syoutantau verre, au moment de la fabrication, Gfl^^^^^ composés métalliques, on lui communique différentes couleurs, ^i^x^ ^>ii varie les nuances à l'infini. Le verre blanc opaque, le lattUsi- flfin ^Xii est le plus ordinairement employé dans les vases filigranes vé- fjisfi^^, n'est qu'un verre coloré en blanc de lait par l'oxyde d'étain ou f^T^^nic; sous la dénomination de verre co{oré,nous comprenons donc \e ^^ieinio, comme les antres verres colorés de différentes nuances. 350 INTRODUCTION. autour de son instrument, et d*en faire une masse cylindriq de 6 à 8 centimètres de longueur, qu'il laisse refiroidir an p pour lui donner de la consistance ; il plonge ensuite Fexti mité de la canne, chargée de la petite colonne de verre coloi dans un creuset qui contient du verre blanc ( transparent incolore) en fusion, afin d'envelopper le verre coloré da couche de verre blanc; il retire la canne de fer du creuset, marbre de nouveau la matière pour égaliser le verre transp rent autour du verre coloré, et former du tout une espèce tronçon de colonne de 7 à 8 centimètres de diamètre. Ce- colonne est alors fortement chauffée, puis étirée de manii à former une baguette de 3 à 6 millimètres de diamèti dont le centre se trouve en verre coloré, et la surface, te mince, en verre blanc incolore. Elle est divisée en morcea^ de différentes longueurs. Ces petites baguettes ainsi prép rées forment, par l'aplatissement qui a lieu pendant la fabr cation des vases, ces filets simples, plus ou moins larges, do sont enrichis un assez grand nombre de vases de Venise. Eli sont aussi les éléments des baguettes à dessins filigraniqu si variés, qui entrent dans la composition des vases filigrane On peut voir dans la collection, n^ 1347, lettre O, u baguette de verre coloré en blanc mat (laUicirào), La fabrication des baguettes qui renferment des déni filigraniques est beaucoup plus compliquée, et varie suivi chaque dessin. Il suffira de savoir qu'en disposant dans certain ordre des baguettes de verre coloré, espacées plus moins, suivant le dessin qu'on veut produire, par des 1 guettes de verre incolore et transparent, et en plaçant i baguettes ainsi disposées, soit dans une chemise de vei blanc ^ à l'état pâteux, soit contre la paroi d'un moule cylind que, qu'on remplit ensuite de verre blanc en fusion, on air à former une grosse colonne, où les baguettes de verre col< se trouvent réparties soit à l'intérieur, soit à la surface la matière incolore, à des intervalles égaux ou inégaux. Ce colonne, portée au feu pour obtenir une adhérence oompi (1) Espèce de gobelet aplati. VERRERIE. 351 de toutes les parties qui sont entrées dans sa composition. est ensuite étirée pour former une petite baguette de verre blanc de 3 à 6 millimètres de diamètre, dans laquelle les ba- gaettes de verre coloré se trouvent réduites en fil d une ténuité extrême, qui se contournent en dessins variés au œntre de la nouvelle baguette obtenue, ou se roulent en spi- rale à sa surface, suivant la disposition qu*on a donnée à ces baguettes colorées et les diverses inflexions que l'ouvrier a fiût subir à la matière pendant Tétirage ^ . (1) M. BoNTEMS a publié en avril 1845 un Exposé des moyens em- ployés pour la fabrication des verres filigranes; nous allons transcrire ici quelques-uns de ceux qu'il indique pour la confection des baguettes à dessins filigraniques : • Pour obtenir des baguettes à fils en spirale " rapprochés, qui, par leur aplatissement, produisent des réseaux à * vailles égales, on garnit l'intérieur d'un moule cylindrique, en métal ' oa en terre à creusets, de baguettes de verre coloré à filet simple ' (n^ t3l7, lettre 0), alternées avec des baguettes en verre transpa- •rent. (n® 1347, lettre P), puis le verrier prend au bout de sa *C8ci.Qe du verre transparent dont il forme un cylindre massif qui 'Attis;se entrer dans le moule garni de ces petites baguettes et *^^°^.^jiré préalablement un peu au-dessous de la chaleur rouge. En '^^"^-'CifDint ce cylindre fortement, il l'introduit dans le moule où il le Wc^-^le de manière à presser les baguettes qui adhèrent ainsi contre "^^erre transparent; il enlève la canne en retenant le moule, et ainsi les baguettes avec le cylindre; il chauffe encore et re pour rendre l'adhérence plus complète ; enfin, chauffant 'éternité du cylindre, il tranche d'abord cette extrémité avec les la chaufie de nouveau, la saisit avec une pincette, et la tire de leur avec sa main droite pendant que de la main gauche il tourner rapidement la canne sur les bardelles de son banc. >, jusqu'à ce que toute la colonne soit étirée. • peut voir dans la collection, n9 1347, lettres A et B, des baguettes «^ V'^^ plus ou moins serrés obtenues par ce procédé. Ces sortes de ba- 352 INTRODUCTION. On verra dans notre collection, sous le n° 1347, des ba- guettes de verre, à dessins filigraniques variés, préparées pour la confection des vases ; elles sont reproduites planche v. Lorsque le verrier est en possession de baguettes de verre gueltes ont été employées dans les vases n^^ 1294, 1295, 1309 et 1330 de notre collection. > Pour fabriquer des baguettes qui, par leur aplatissement, prodai- • sent des filets en quadrilles, on place dans le moule cylindrique, aux « deux extrémités d^un seul diamètre, trois ou quatre baguettes de ■ verre coloré à filet simple, alternées avec des baguettes en verre • transparent ; on garnit ensuite la capacité intérieure du moule de • baguettes transparentes, afin de maintenir les baguettes à filets oa- « lorés dans leur position, et on opère comme pour les baguettes pré- • cédentes. • On obtient ainsi des baguettes comme celle qu'on trouvera dans collection, n^ 1347, lettre F. On en connaîtra l'emploi dans les vi no» 1332 et 1333. > Pour obtenir des baguettes produisant par leur aplatissement « grains de chapelet, on fait une paraison soufflée, dont on ouvre IV « trémité opposée à la canne, de manière à produire un petit cylindi*"*^^ m ouvert; on Taplatit afin de ne donner passage qu'à des baguettes, • on introduit dans ce fourreau cinq ou six baguettes à filets sim] • (baguettes de verre coloré comme celle n^ 1347, lettre 0) • avec des baguettes de verre transparent; on chauffe, on ferme Pex — • trémité opposée à la canne, puis l'ouvrier presse sur la poroûon plM • pendant qu'un aide aspire l'air de la canne de manière à le ûdre eor- • tir de la paraison et à produire un massif plat et dans lequel sont « logées les baguettes à filets. L'ouvrier rapporte successivement une « petite masse de verre chaud transparent sur chacune des partîeB • plates de sa paraison^ et il marbre pour cylindrer sa masse : il ob- « tient ainsi une petite colonne dans l'intérieur de laquelle sont ran- • gés, sur un même diamètre, les filets colorés; il procède ensuite, ■ comme pour les baguettes précédentes, en chauffant et étiranl • l'extrémité pendant qu'il roule rapidement la canne sur les 6ar- « ddles. Par ce mouvement de torsion, la ligne des filets coUNPés se ■ présente alternativement de face et de profil, et produit des grains de « chapelet. » On conçoit que les baguettes de verre coloré placées au centre de la colonne, étant, par le mouvement de torsion, croisées les unes sur les autres, semblent présenter comme un grain de chapelet formé de fils qui laissent entre eux un espace incolore ménagé par les baguettes VERRERIE. 353 ^^loré, de baguettes à dessins iiligraniques et de baguettes de ^^••tetransparent et incolore, il peut procéder ainsi à la fabrica- tion de yases. Il range circulairement autour de la paroi inté- leufe d'un moule cylindrique en métal ou en terre à creusets, plus ou moins élevé, autant de baguettes qu'il lui en faut pour fojTner on cercle qui reicouvre exactement cette paroi. Ces l>tt^uette8 sont fixées au fond du moule au moyen d'un peu de terre xnolle qu'il y a répandue. Il peut les choisir de plusieurs couIeoTs ou de plusieurs modèles, présentant autant de com- binaisons filigraniques différentes; il peut les alterner ou les espftoer par des baguettes de verre blanc transparent et inco- lore. XliBB baguettes étant ainsi disposées sont chauffées au- Y^ du four de verrerie, et lorsqu'elles sont susceptibles ^*^tPo touchées par du verre chaud, le verrier prend, avec la ^^n&o à souffler, un peu de verre transparent et incolore pour «nfiûir« une petite paraison qu'il introduit dans l'espace vide ^é par le cercle des baguettes qui couvrent la paroi du ^▼orr^ transparent qui alternaient dans la paraison avec les baguettes ^ ^rt^ coloré. ^ X^^at voir la baguette obtenue par ce moyen, n® 1347, lettre G ; ^^^^ entrée dans la composition des vases n*^ 1309, 1325 et 1326. "'1 ^tfrive souvent que Ton combine les grains de chapelet avec les *^**^wnile8 des baguettes précédentes, en se servant, pour introduire ' ûQk ^ Iq moule préparé pour les baguettes à quadrille, du cylindre * l*T^ifcré pour les grains de chapelet. » Qb ^^^ifii alors des baguettes, n9 1347, lettre L On les trouvera dans ^ ^*^C3s n«» 1815 et 1318. ' W^^lqnefoison ménage,au centre d'une baguette, un filet en zig-zag: • povr^ ^Dela, on prépare un premier cylindre massif en verre transparent, • ^K^^^iti^ du diamètre de celui qu'on veut étirer, et on fait adhérer, • P'^^-^^èlementà Tarète de ce cylindre, une petite colonne colorée ; on Lirre le tout d'une nouvelle couche de verre transparent pour lire un cylindre de la dimension voulue pour entrer dans le > inoi^'%^ ^^ baguettes à filets. La petite colonne colorée n'étant pas • au c^^^ntre du cylindre, tournera en spirale autour de ce centre par • te ^^^oovement d'étirage et de torsion, et produira un zig-zag par • Vt?l^ti88ement. ■ 0^ verra, n« 1347, lettre D, une baguette ainsi préparée, que l'on ^contre employée sur les vases n*^' 1324 et 1328. 23 354 INTRODUCTION, moule ; il souMe do nouveau pour faire adhérer les baguettes à la paraison, et retire le tout du moule. L aide verrier appli- que à l'instant sur les baguettes colorées ou filigranées, qui sont ainsi venues former la surface extérieure de cette masse cylindrique, un cordon de verre à Tétat pâteux, afin de les fixer davantage sur laparaison. La pièce étant ainsi disposée à Tepctrémité de la canne à souffler, le verrier la porte à l'ou- vreau du fourneau pour la ramollir, en faire adhérer toutes les parties, et lui donner une élasticité capable de la faire eéder facilement à l'action du soufflage ; puis il la roule sur le marbre. et lorsque les différentes baguettes réunies par le souf&age et la fabrication sont arrivées au point de constituer elles- mêmes une paraison dont toutes les parties sont compactes et homogènes, il tranche avec une sorte de pince, un peu au-des- sus du fond, de manière à réunir les baguettes en un point central. La masse vitreuse ainsi obtenue est alors traitée par le verrier par les procédés ordinaires, et il en fabrique à son gré une aiguière, une coupe, un vase, un gobelet, où chaque baguette, soit colorée, soit à dessins filigraniques, vient for- mer une bande. S'il n'a donné aucun mouvement de torsion à la paraison pendant la fabrication, les filets de verre coloré ou les dessins filigraniques restent en ligne droite, partant du bas du vase 4 la partie supérieure ou du centre à la circonférence ; on peut en voir des exemples dans les vases de notre collection n"* 1295, 1302 et 1317. Si la paraison, au contraire, a été légèrement torsinée , cette torsion ' imprime alors aux dif- férents filets, colorés ou à dessins filigraniques qui sont entrés dans la composition du vase cette direction en spirale qu'on rencontre fréquemment dans les verroteries vénitiennes. Nous donnons pour exemple les vases de notre collection n^ f 290 et 1299. Les verriers de Murano donnaient à ce travail de torsinage le nom de ritorcimenio. Les verriers vénitiens sont aussi parvenus à faire des vases (1) Pour opérer le torsinage, le verrier saisit avec une pince la ma- tière adhérente à la canne, afin de contenir la colonne de matière im- mobile d'un côté, tandis qu'il roule la canne de fer sur son banc. VERRERIE. 355 r^j^pos^^ JB de deux feuilles de verre, à filets simples colorés, préalablement et ensuite superposées Tune à l'autre, erposition, croisant les fils do verre coloré en sens Q^^eTSOm j)roduit un réseau de fils opaques qui, à cause de leur vpf^îaseujT, laissent entre chaque maille de cette espèce de filet une pet;£'t;e bulle d air, renfermée entre les deux couches de verre l^l^uic, qui forment le fond. OeB places sont peut-être ce que les verriers de Murano ont fait de plus remarquable ; elles n'ont pu être imitées parfaite- ment î^aqu'à présent. On en verra dans notre collection de très \>eatux spécimens ^ M. Bontems a pensé qu'on parvenait ^ obtenir ces vases en soufflant une première paraison à filets &implea tordus, puis une deuxième paraison à filets simples tordus en sens inverse ; qu'on ouvrait l'une de ces paraisons P^'ii* y mtroduire l'autre, de manière à les faire adhérer; que ®® fiieta de verre coloré se croisaient alors, et produisaient des '"^^^^^s qui étaient égales si les deux paraisons étaient bien P^a^ées». ^ ^at en effet que les deux paraisons soient d'une simi- ^^ qu'il est très difficile d'obtenir pour pouvoir arriver à ^ ^ussite parfaite par ce procédé. M. Carrand, qui a ^Hie étude approfondie de la verrerie vénitienne, pense j^^ les vases .de cette sorte ne devaient être formés que ^^^ seule paraison ; et voici comment il explique le procédé ^^tte fÎEibrication : le verrier soufflait une paraison do verre • Qets simples colorés, de manière à former un globe; il ^^'^ïiinait un mouvement de torsion à la paraison, pour dûmiçy |^^3^ tlets colorés une direction en spirale ; puis il fai- 9M, entrer l'un des deux hémisphères dans l'autre, comme on ferait d'une vessie gonflée qu'on réduirait à l'état de calotte. y^ cette introduction d'une moitié de la sphère dans l'autre, J^Teare se trouvait doublé, et les fils de verre colorés s'entre- croisaient naturellement. Les Vénitiens ont encore fabriqué des vases avec des tron- (1) Voyez aussi planche v, lettre M. (2) M. BofiTBMS, Exposé de la fabrication des verres filigranes, pages. r f 356 INTRODUCTION. çonsde baguettes dont la section présente des étofles, des roulements ou autres formes symétriques de plusieurs leurs* . Ces tronçons de baguettes, coupés d'un centimètre eny ron de longueur, étaient répandus sur une paraison de t< blanc ou de verre coloré ; la matière était ensuite fnarbrée soufflée de nouveau, de manière à former du tout une no! velle paraison mosaïquée, de laquelle on façonnait des vi de toutes sortes ; on peut en voir dans notre collection, soi les n" 1366 et 1367. Ce genre de verre mosf^que est une imitation de certaiiEa verres antiques ; mais les Vénitiens, malgré leur habileté, soi restés en ce genre loin des verriers de Tantiquité. On poi s'en convaincre en examinant les coupes de notre collectio] n*» 1216 et 1216! Des vases de formes bizarres sont aussi sortis des mi nufactures vénitiennes; ce sont, le plus souvent, des an maux fantastiques. Ces vases sont percés de plusieurs troi pour recevoir et épancher le liquide, ou construits de manii à produire l'effet du siphon. Ils servaient, suivant Fioravanl aux opérations de l'alchimie, très en vogue au xv^ siècle et commencement du xvi®, i la pharmacie et & la distillatioi Cet auteur désigne Nicolas de L'Aigle comme étant, de temps, le plus habile fabricant de ces sortes de vases. Os (I ) « Le verrier formera, par exemple, an bout de sa canne, «n « cylindre massif en verre rouge, autour duquel il appliquera dnq ■ six cueillages (couches) de verre bleu qu^il façonnera avec sa ■ pour former des ailes prismatiques triangulaires, dont la base est > le cylindre rouge ; puis il remplit les intervalles entre ces ailes > un verre d^une autre couleur, blanc opaque ou jaune; il marbre • enveloppe le tout d'une couche d'une couleur transparente, soit • clair. Il peut ensuite introduire cette colonne dans un modle garni > intérieurement de baguettes d'une autre couleur, ou blanc of^aqne, ■ qui, par leur section, feront un tour de perles blanches OÎa peut « varier ainsi à Tinfini Quand le verrier a composé sa colomie • comme il le désire, il la chauffe fortement et Tétire à la groeseur de « 10 à 15 millimètres On tranche ensuite la baguette en tronçons • d'environ 1 centimètre de longueur. • M. Bontbms , Eoopoié dn moyens pour la fabrication des verres filigranes^ page 8. VERRERIE. 357 ^ plus particulièrement fabriqués au xv^ siècle, et se trou- vent mentionnés dans rénumération que donne Sabellicus des uïfférents produits des verreries vénitiennes. Comme on le voit, les verriers de Murano ont apporté une grande variété dans leurs productions, que dans notre descrip- Éion nous avons divisées en six catégories. I^ première comprend les vases fabriqués avec le verre cinMiacuti (in des blanc, transparent et incolore ; quelques-uns sont décorés de fila de verre colorés, posés extérieurement sur le verre blanc, de terroieric» d'après les procédés des Grecs, expliqués par Théophile ; véniuenne». La seconde, les vases faits avec du verre teint dans la masse, ^ ^at-à-dire qui a reçu toute sa coloration par des oxydes mé- t^Uiques pendant sa fabrication, antérieurement à son emploi pour la confection des vases ; La troisième, les vases émaillés, c'est-à-dire confectionnés »vec du verre blanc ou du verre coloré, et qui , postérieu- ^^^'aeut à leur fabrication , ont reçu une décoration , ome- ^'^^^ts ou sujets, soit en or, soit en couleurs vitrifiables ou ™aiix de couleur, appliqués au pinceau et fixés au feu de '"^^e. Cette ornementation est exécutée d'après les procédés ^J^^aatins que Théophile nous a fait connaître ; La quatrième , les vases de verre à ornementations fili- IS'^^ques, c est-à-dire façonnés avec des baguettes ou can- ^^ préparées à l'avance, et renfermant soit des filets de ^JfTe blanc opaque (laiiicinio) ou coloré, soit des dessins var "^A de filigranes. Les verriers les nommèrent dans l'origine ^^^^cLvitorioli, et ensuite vasi a ritorii. Nous avons divisé cette catégorie en deux sections : la première comprend les vases ^l^at les ornements sont uniquement de IcUticinio, et il faut ™^ que les plus jolis ouvrages des Vénitiens ne contiennent ^ SénénJ que des filigranes blancs de lait ; la seconde, ceux V^ Sont fabriqués avec des baguettes de verre coloré de difîé- ^^^^Qa nuances, mêlées souvent à des baguettes de lattidnio; ^ cinquième catégorie comprend les vases composés de deux feuilles de verre superposées l'une à l'autre, et qui pré- sentent un réseau de filigranes. Ils étaient connus au xyi"^ siè- cle Sous le nom de ra« a reticelli; émalUée allemande. 358 INTRODUCTION. La sixième, les vases de verre mosaïque, fabriqués à Timi- tation de verroteries antiques» et qui ont reçu aussi le nom de millefiort, ^ IV. VERRERIE ALLEMANDE. Les grands succès des Vénitiens excitèrent Témulation de leurs voisins les Allemands. Verroterie Ne pouvant atteindre à la perfection des verres filigranes, quelques fabriques de verres en Allemagne produisirent^yers le milieu du xvi® siècle, des vases qui furent décorés de peintures en couleurs d'émail . La forme de ces vases est presque toujours cylindrique ; ils ne diffèrent que par la dimension, qui atteint quelquefois une hauteur de plus de cinquante centimètres. Les peintures n'ont pas un grand mérite , mais elles portent un cachet d'originalité qui les fait rechercher des amateurs. L'empereur et les électeurs de lempire, l'ûgle impériale por- tant des armoiries sur ses ailes, et des écus armoriés en sont les motifs les plus ordinaires ; il est très rare d' j rencontrer d'autres compositions. Ils portent ordinairement des inscrip tiens et la date de leur fabrication. La plus ancienne date que nous ayons rencontrée est celles de 1 553 existant sur un vase aux armes de l'électeur palatin,., i que conserve la Kunstkammer de Berlin. Cette fabrication paraît avoir cessé dans le premier quarts* du xvm® siècle. On verra dans notre collection un assez grand nombre de ^ ces verres allemands de différentes époques, depuis la fin do ^ xvi* siècle jusqu'au commencement du xviii®. Des artistes verriers allemands ont produit, vers le milieu du XVII® siècle, des vases enrichis de peintures en couleurs vitrifiables qui ont une bien plus grande valeur sous le rap- port de l'art. Ce sont des vases ordinairement cylindriques, qui ne sortent pas de la dimension d'un gobelet. Les sujets, qui recouvrent presque tout le contour du cylindre, sont dessinés avec beaucoup de talent et de finesse ; les peintures. d'une exécution parfaite, peuvent être comparées aux plus dé- VERRERIE. 339 Iicat€8 peintures sur vitraux de la seconde moitié du xvi* siècle. Elles sont le plus souvent exécutées en grisaille ou en camaïeu brun ; on en voit cependant de polychromes. Elles ont quelque ressemblance avec celles d'un petit vitrail de notre collection, n® 482, peint en grisaille. Ces rerres émaillés sont fort rares ; nous n'avons pu nous ®Q procurer en Allemagne. La Kunsikammer deBerlin en pos- sède plusieurs signés de Johann Schaper de Nuremberg, avec les dates de 1661 , 1665 et 1666; un autre signé H. Benchert, ^BT7, et un, Johann Keyll, 1675. Cette fabrication paraît ^'ftvoir eu que très peu de durée, et n a pas certainement dé- passé la fin du xvif siècle. On peut en attribuer la cause à ^* que, vers cette époque, le goût pour les vases émaillés • ^^^parut en Allemagne, pour faire place à la mode des verres **îlléB et gravés * . Dès le commencement du xvii^ siècle, certaines fabriques verroterie ^^ verrerie de la Bohême avaient donné des vases d'une forme **«^*»*"*' ^^ïnrecte, sinon gracieuse, qui, sans être d'un verre très blanc, '^i^ent cependant enrichis d'ornements, de sujets et surtout ^^ portraits gravés sur le cristal. A la fin de ce siècle, elles ^^aient beaucoup amélioré leur fabrication, et produisirent ^^B vases de différentes formes d'un verre assez épais, très blanc et très pur, qui pouvait recevoir une fine gravure. Des artistes distingués, en Allemagne et en Italie, furent ^^ployés, malgré la fragilité de la matière, à décorer ces '^taes, à l'imitation de ceux en cristal de roche, d'ornements, ^'arabesques et de sujets gravés en creux, remarquables par ^ composition, la pureté du dessin et le fini de l'exécution. ^& jolies gravures auraient souvent mérité d'être fixées sur ^e matière moins fragile ; on peut en juger par quelques îases que conserve notre collection, sous les n^ 1386, 1387 etl391. Les chimistes allemands, dans la seconde moite du xvii^ verres colorés siècle, apportèrent par leurs travaux de grands perfection- <*«*""^«*' nanents dans l'art de la vitrification. Kunkcl , chimiste (0 D' KuGLER, Beschreibung der K. Kunst,, S. 275. 360 INTRODUCTION, de rélecteur de Saxe (f 1702) , qui a laissé un traité laveiTerie, se distingua entre tous. Il perfectionna les p; cédés de la coloration du verre, et produisit surtout on y d'un beau rouge-rubis , avec lequel on fabriqua des y qui sont très recherchés, et assez rares aujourd'hui en deho des musées de FAllemagne, qui en ont recueilli un grand no: bre. Notre collection possède, sous le n^ 1390, trois peti pièces en verre rouge-rubis de Kunkel , qui pourront s ment faire apprécier la beauté de sa coloration. ART DE L ARMURIER. V La grande variété des armes offensives et défensives do] les hommes se sont servis depuis le commencement du moyc ftge jusqu'au xvii^ siècle, la rareté des belles armes de cet^^ période et l'emplacement considérable que nécessite la réi nion d'une quantité suffisante de pièces pour présenter aperçu, même imparfait, de l'histoire de la panoplie du maji âge et du XVI® siècle, ne permettent guère aux particuliers former des collections de monuments de cette nature. C\ dans les musées d'armes des grands Etats et des qu'il faut étudier la forme des harnois de guerre des chev^^ ^' liers du moyen âge et les différentes armes qui ont été toi^r ui à tour en usage jusqu'au moment de l'emploi exclusif d^ — ^^ armes & feu . Cependant avec les parties détachées d'ancienn* — es armures, les belles épées et les armes & feu qu'elle consen — ^e, la collection, sans posséder d'armures complètes, peut fai^Sre connaître les diverses applications de l'art à l'omementali o^ des armes durant la plus brillante époque de leur fabricatic^M>- C'est là le seul but que s'est proposé son fondateur. orocmeotaiion II règne une grande incertitude sur le système d'ano**-^^"* daraDUM ®™pï<>yé pendant les premiers siècles du moyen âge; Aa<^ ^ premiers siècles monument complet ne nous est resté ; et, si l'on s'en rapp ^^ du moyen âge. ^j^ ^^^ miniatures de quelques manuscrits, comme le Vir^^ff siècle. ART DE L\\RMUR1ËR. 361 ^6 la bibliothèque vaticane, la Bible de Metz et les Heures de ^^ï^aries le Chauve, de la Bibliothèque royale, il serait à croire 9^^ le système d'armure des Romains aurait été à peu près ®^*i8enré jusque vers le milieu du ix* siècle. X'épée de Charlemagne et celle dite de saint Maurice, du or impérial de Vienne, qu'on peut, comme nous l'avons ^^ en traitant de l'émaillerie, reporter effectivement à l'épo- îo« carlovingienne, démontrent, au surplus, que les armes P^^**t3tives de ce temps recevaient une riche ornementation : ^^® incrustations d'émail et des pierres précieuses rehaus- la poignée et le fourreau des épées de luxe. ne peut fixer au juste l'époque de transition entre le *» xi-auiv ^y ^"téme d'armure des anciens et celui de la cotte ou jaque de ^^^^Ues, qui devint l'armure défensive la plus générale à l'é- P^^^ixe des croisades, et qui fut seule en usage, pour les che- ^^^iers, depuis le milieu du xi* siècle environ jusqu'au com- i^^ncement du xiv*. L? premier monument authentique où l'on **"*c>n've l'emploi bien précisé de cette armure démailles, c'est la ^^lèbre tapisserie de la reine Mathilde, qui reproduit le fait de 1<^ tleseente de Guillaume, duc de Normandie, en Angleterre (^ 066), et sa victoire sur le roi Harold. Hi'armure de mailles, qui d'abord ne descendait qu'aux ge- '^^^UL, eomme on le voit dans cette tapisserie, finit par enve- ^Pp^r le corps entier, jusqu'aux extrémités des pieds et des s, formant autour de la tête une sorte de capuchon ou , qui pouvait à volonté se rabattre sur les épaules. On ^^^^^Soit qu'un semblable système d'armure n'admettait aucune ^®pèce d'ornementation artistique. Sa beauté consistait uni- ^^Gxnent dans la finesse et la bonne confection des mailles de ^^» clont on reconnaît plusieurs sortes. Quant au casque, qui v^^Xrait le nom de heaume, il était d'une grande simplicité. ^^ue vers la fin du xii* siècle, il affecte la forme conique, ^-^rmine au sommet par une pointe plus ou moins aiguës . t^i^sente souvent un prolongement, qui descend entre les ^X yeux jusqu'au menton, auquel on a donné le nom de ^_^^1. Au commencement du xiii^ siécl(\ on adopta pour les ^ucs la forme cylindrique, (juclquefois arrondie par en 360 INTRODUCTION, de Télecteur de Saxe (f 1702) , qui a laissé un traité Acn la veiTerie, se distingua entre tous. Il perfectionna les pro — cédés de la coloration du verre, et produisit surtout un yerreE dun beau rouge-rubis , avec lequel on fabriqua des Tasess qui sont très recherchés, et assez rares aujourd'hui en dehorsE des musées de l'Allemagne, qui en ont recueilli un grand nom — bre. Notre collection possède, sous le n° 1390, trois petitei^ pièces en verre rouge-rubis de Kunkel , qui pourront suffisam*^ ment faire apprécier la beauté de sa coloration. ART DE L'ARMURIER. La grande variété des armes offensives et défensives doi^ les honunes se sont servis depuis le commencement du moy^ âge jusqu'au xvii® siècle, la rareté des belles armes de cet^^« période et l'emplacement considérable que nécessite la ré nion d'une quantité suffisante de pièces pour présenter aperçu, même imparfait, de l'histoire de la panoplie du moy âge et du XVI® siècle, ne permettent guère aux particuliers former des collections de monuments de cette nature. C dans les musées d'armes des grands États et des souveraine qu'il faut étudier la forme des hamois de guerre des cheval liers du moyen âge et les différentes armes qui ont été tou^ à tour en usage jusqu'au moment de l'emploi exclusif der^ armes à feu. Cependant avec les parties détachées d'ancienne^ armures, les belles épées et les armes à feu qu'elle conserve, la collection, sans posséder d'armures complètes, peut fair^ connaître les diverses applications de l'art à l'ornementation des armes durant la plus brillante époque de leur fabrication. C'est là le seul but que s'est proposé son fondateur, oroemeotation II règne une grande incertitude sur le système d'armure d^^^ employé pendant les premiers siècles du moyen âge. Aucun premiers siècles monument Complet ne nous est resté; et, si Ton s'en rappor- u moyen âge. ^j^ ^^^ miniatures de quelques manuscrits, comme le Virgile siècle. ART DE LWRMURIER. 861 de la bibliothèque vaticane, la Bible de Metz et les Heures de Ohorles le Chauve, de la Bibliothèque royale, il serait à croire que le système d'armure des Romains aurait été à peu près oonseryé jusque vers le milieu du ix^ siècle. L'épée de Charlemagne et celle dite de saint Maurice, du tjréaoT impérial de Vienne, qu'on peut, comme nous l'avons dit en traitant de Témaillerie, reporter effectivement à l'épo- que carlovingienne, démontrent, au surplus, que les armes portatives de ce temps recevaient une riche ornementation : dos incrustations d'émail et des pierres précieuses rehaus- saient la poignée et le fourreau des épées de luxe. On ne peut fixer au juste l'époque de transition entre le Mixi«auxv système d'armure des anciens et celui de la cotte ou jaque de ^"^•îlles, qui devint l'armure défensive la plus générale à l'é- P^ue des croisades, et qui fut seule en usage, pour les che- valiers, depuis le milieu du xi^ siècle environ jusqu'au com- niencement du xiv*. L? premier monument authentique où l'on trouTe l'emploi bien précisé de cette armure démailles, c'est la ^«lèbre tapisserie de la reine Mathilde, qui reproduit le fait de ** descente de Guillaume, duc de Normandie, en Angleterre (1066) , et sa victoire sur le roi Harold. L'armure de mailles, qui d'abord ne descendait qu'aux ge- ^^*^*^^ comme on le voit dans cette tapisserie, finit par enve- ^I^por le corps entier, jusqu'aux extrémités des pieds et des ^**^^s, formant autour de la tête une sorte de capuchon ou ^^ftîie, qui pouvait à volonté se rabattre sur les épaules. On ^SKiit qu'un semblable système d'armure n'admettait aucune ^^^^56 d'ornementation artistique. Sa beauté consistait uni- / ^^ent dans la finesse et la bonne confection des mailles de ' >nire défensive ne reçurent pas encore à cette époque de riches décorations, si l'on en juge du moins par les fragments ^"^ en subsistent. Les casques du xrv® siècle qui existent au ix^Usée d'armes de Paris et dans quelques collections sont ^nt unis. L'armure pleine, tout entière de fer plat, ne se montra que dans les dernières années du xrv^ siècle ou dans les premières du XV*. On ne connaît pas d'armure complète remontant au- *bentiquement plus haut que le règne de Charles VI : c'est ^ors que les armures commencèrent à recevoir des ornements . Pendant presque toute la durée du xv* siècle, la décoration ^1^8 armures consista principalement en cannelures obtenues P^r le travail du marteau; les ornements gravés par bandes ^^ repoussés commencent à se rencontrer sur quelques ar- ^^res de la seconde moitié de ce siècle. Dès le commencement du xvi®, un luxe inouï s'introduisit Au xvi* siècle. ^^118 les armures. Le ciseleur, le graveur, le damasquineur, 1 orfèvre furent appelés à enrichir les armes de guerre de décorations, dont les premiers artistes de l'Italie fournissaient (•) Mém, de la société des Antiq. de France, nouvelle série, tome IV. 364 INTRODUCTION, souvent les dessins. Les casques et toutes les parties de Tar- mure de fer se chargèrent de figures, d'arabesques et d'orne- ments exécutés au repoussé, gravés, ciselés ou damasquinés dor et d'argent; les boucliers, qui devinrent circulaires ou légèrement ovales, présentèrent souvent des sujets très com- pliqués en bas -reliefs. Le cheval reçut une armure aussi riche que celle du cavalier ; le chanfrein, pièce de fer qui couyraît la tête de Tanimal de la nuque aux naseaux, se prétait surtout aux plus riches décorations. On finit par trouver le fer un métal trop vil pour les armures des grands seigneurs ; on le cachait souvent sous une riche dorure, et sir W. Ralegh renchérit sur tout cela en se présentant à la cour d'Elisabeth avec une armure d'argent massif. <" Les épées de combat et de parade exercèrent l'imagination et le talent des artistes. Toutes les parties de la poignée furent enrichies d'ornements et d'arabesques en reUef, et même de figurines de ronde bosse ou de haut relief, taillées dans le fer avec une exquise délicatesse ; les fines gravures, la damasqui- nure et les émaux furent également employés à leur ornemen- tation ; la garde prit une forme très compliquée, d'une grande élégance. Ce fut en Italie que s'exécutèrent les plus riches armures. On peut citer, parmi les plus fameux artistes en ce genre» Michelagnolo, orfèvre, le premier maître de Cellini , yanié par Vasari pour les ciselures ravissantes dont il avait enrichi une armure de Julien de Médicis ^<; Filippo Negrolo, de Mi- lan, le plus habile ciseleur damasquineur de son temps*, qui sculptait sur le fer d'élégants bas-reliefs, et se rendit célèbre par les belles armures de Charles-Quint et de François I*' ; Antonib, Frederico et Luccio Piccinini, qui firent des armures merveilleuses pour les princes de la maison de Famése ; et Romero, qui en fabriqua de magnifiques pour Alphonse d'Esté, deuxième du nom, duc de Ferrare'. L'Allemagne compte aussi des artistes d'un grand mé- (i) Vasari, Vie de Bacdo BandinellL (2) Vasari, Vie de Valerio Vicenlino, (3) CicoGNARA, Stov, dellascult., t. Il, p. 136. ART DE LÂRMURIBR. 36!» *^te parmi les armuriers. Ce fut surtout à Augsbourg, où 86 trouvaient de si habiles ouvriers ciseleurs en métaux, que S6 firent les plus riches armures. Le muséum historique de J^ï^sde conserve une armure de Christian II, électeur de S&xe, fabriquée par Kollmann d'Augsbourg, qui peut marcher ^^ pair, quoique dans un autre genre, avec ce que les plus es artistes italiens ont fait de mieux. Elle est enrichie de -reliefs en cuivre, exécutés par le procédé du repoussé, et ^eiminés par une ciselure d'une admirable délicatesse; ces -reliefs découpés sont appliqués sur le fer. On voit aussi 8 le même musée des épées dont la poignée et la garde ont ornées de figurines de ronde bosse et de haut relief d'une esse exquise, qui sont attribuées à Leigeber, artiste nurem- T^geois. C'est dans le musée d'armes de Dresde [Dashisio^ che muséum), le plus beau de l'Europe, qu'on peut étudier ^^onplétement l'histoire de l'art dans son application aux ^•■^naes de guerre. Cette magnifique collection, récemment ^^Allie dans les b&timents du Zwinger, y a été disposée, dans ordre méthodique, pilles soins de M. le docteur Kraukling, ur de ce musée, aidé de M. l'inspecteur Biittner. Ha France a possédé aussi plusieurs artistes fameux dans ^^ travail des armes : Antoine Jacquard, armurier à Bor> ^^ctnx, qui florissait à la fin du xvi^ siècle, a gravé les fines ^*elures en fer, dans le genre de Leigeber, qu'il exécutait sur ^ poignées d'épées. Hie chanfrein, les rondelles et les cubitières provenant d Une armure exécutée en Italie pour Ferdinand d'Autriche, ^i^^^ede Charles-Quint, catalogués dans notre collection sous le u® 1392, sont un des plus beaux spécimens delà décoration des annures par la ciselure en relief et la damasquinerie ; le bouclier n^ 1393, chargé de figures chimériques, dans le style italien du xvi" siècle, donnera une juste idée de l'excellence du travail des bas-reliefs exécutés par le repoussé et la ciselure ; enfin les dix épées et les dagues que la collection possède feront connaître, par de très beaux exemples, les différents modes d'ornementation de ces armes durant la plus belle époque du xvi* siècle. 366 INTRODUCTION. Ornementation Los canoiiB, dont on avait commencé à faire usage, suiyj cic8 armes à feu. f^^f^ apparence, dans la seconde moitié du xiv* siècle, faisaiei un effet terrible dans les combats; mais la difficulté de niam< ces engins de guerre, et le petit nombre qu'une armée pouT alors en traîner avec elle, avaient laissé à la chevalerie presqi toute son importance : elle ne fut jamais plus brillante qu'à T fin du XV® siècle et au commencement du xvf, sous Maximili en Allemagne, sous Charles VIII, Louis XII et François en France. On pensa donc à multiplier les ravages du can< en distribuant aux fantassins des armes à feu plus faciles transporter et beaucoup plus meurtrières. Ce furent d'abc de petits canons que deux soldats portaient dans les marc! et qu'ils posaient sur des chevalets au moment du com Bientôt on réduisit encore le volume de ces armes, et on les chassa dans un bois ou couche, afin de permettre au fantas de viser plus facilement ; on appliquait la joue sur cette cou( recourbée que l'on soutenait de la main gauche , le bout l'arme portant sur une forquine, espèce de fourche fi en terre. Le feu était mis à la poudre du bassinet par la droite armée d'une mèche. Cette arme reçut le nom d' buse. Comme, en la soutenant avec une seule main, on ne vait ajuster que difficilement , et que la forquine était inoo mode à porter, on mit la mèche dans une pince longue et courbée, nommée serpentin^ qui portait le feu dans le par la pression du doigt sur une clef placée le long de la cou-^ che. La mèche présentait une foule d'inconvénients ; elle fut remplacée par quelque chose de moins imparfait. On plaça scus le bassinet une roue d'acier qui en pénétrait le fond ; sur cette roue venait se poser un fragment de caillou tenu par deux fortes mâchoires de fer, qui reçurent le nom de chien. Le rouel^ le chien étant relevé, tournait avec une manivelle contre l'ac- tion d'un ressort qui, au moment de la détente, lui donnait une rotation si rapide que le feu sortait nécessairement de la pierre et allumait la poudre dans le bassinet V Ces armes re- çurent le nom d'arqitelmses à rouet. Souvent on donna aux armes (1) Carré, Traité de la panoplie, p. a08. ART Dï 1^AKMUR1ER. 367 ^feules deux systèmes de la mèche et du rouet, afin que l'un P^t «eiTO, si Vautre venait à manquer. Du moment que les armes à feu furent devenues portatives, * ^fi 8 appliqua à les décorer. Les canons des arquebuses et ^^B pistolets furent rehaussés, comme les armures, de fines ci- ^^liires et d'ornements damasquinés en or et en argent. On en- •"icliit la couche de fines incrustations; on y employa l'ivoire ^^îxité de plusieurs nuances et les bcùs de différentes couleurs ; ^^Ovent on la recouvrit de plaques d'ivoire où l'on gniva des , des sujets et des ornements d'une grande délicatesse. platine et la batterie reçurent aussi de belles décorations ; ^cisela des ornements, des arabesques, des figures en relief, souvent même de charmantes figurines de ronde bosse. La ion à laquelle les arts du dessin étaient alors parvenus Italie, en France et en Allemagne, permit souvent de ner une grande valeur artistique à l'ornementation des à feu. Oelles que possède la collection pourront faire juger du des artistes arquebusiers au xvi® et au xyii"^ siècles 8 les différents genres de travail que nous venons de si- er. L'arquebuse à rouet et à mèche, n° 1419, etl'arque- ^Use à mèche n® 1427, sont remarquables parles fines gra- '^"'ires sur ivoire dont leur bois est incrusté. Les travaux d'Her- ^^le, ciselés dans le fer en haut relief, sont reproduits sur les ^^^tteries des pistolets n** 1429. Les sculpteurs en bois et en ivoire , les damasquineurs, les ^î^ljBurs et les graveurs n'ont pas négligé non plus d'exercer ^®V talent sur les poires à poudre. Un assez grand nombre ^^^^ sont parvenues qui peuvent à juste titre passer pour des objets d'art.. Notre collection en conserve plusieurs de différentes for- nwB, en bois, en ivoire et en fer, où l'on verra les diverses applications de l'art à ces ustensiles accessoires des armes à feu. 368 INTRODUCTION. SERRURERIE. Au moyen âge. La seiTurerie a produit au xif siècle et au xni® des œuvres d'un goût et d'une énergie remarquables ; mais , appliquées presque exclusivement à la décoration des monuments de Far- chitecture, elles ne pouvaient trouver place dans notre colleo tion. Au xrv® siècle et surtout au xv® , la sculpture ayant en- vahi toute la surface des portes sur lesquelles la serrurerie se plaisait, dans les siècles précédents, à étaler ses fantastiques compositions, les artistes serruriers donnèrent une direction plus étendue à leurs travaux. Les grilles des chapelles devin- rent de véritables monuments; sous leurs habiles mains, le fer forgé , tordu^ modelé et contourné, reproduisit, avec toutes leurs complications , les détails si variés de Tarchitecture de ces époques. Puis vinrent les croix, les chandeliers, les reli- quaires, les portes de tabernacle , les pupitres, les coffrets et une foule de meubles de toute espèce. Tous ces objets sont ca- ractérisés par Télégance et la légèreté , et par un grand luxe de travail. Au xri* siècle. Le xvi^ siècle ne laissa pas dépérir ce bel art, et la renais- sance , en appliquant son style aux travaux de la serrure- rie, nous a transmis de nombreux chefs-d'œuvre. Les serrures surtout étaient alors portées à un tel degré de perfection, et leur ornementation était d'un fini si achevé, qu'on les considé- rait comme des objets d'art : on les emportait d'un lieu & un autre, comme on aurait pu faire de tout autre meuble pré- cieux*. La serrure provenant du ch&teau d'Anet et quelques autres que conserve le musée de Cluny , celles du château d*É- couen * et les beaux modèles gravés dans l'ouvrage de Mathu- rin Jousse' , sont des témoignages de talent des artistes ser- ruriers de cette belle époque. (1) Revue de Varchiteciure, tome H, p. 362. (2) M. Alex. LEifoiR les a publiées dans son Musée des monumenis français j tome II, p. S. (3) Le théAtre de l'art ; ouverture à Vart du serrurier, La Flèche, 1693. SBl^URERIE. 369 clefs furent aussi traitées, au xvi* et au xvii* siècle, comme de véritables objets d'art. Rien de plus gracieux que W figurines de ronde bosse, les armoiries, les chiffres, les <^einent8 et les découpures dont est enrichie cette partie de la clef que la main saisit et que nous avons remplacée par un ^^neau commun. Parmi les objets de serrurerie que possède notre collection, ^^ portes de tabernacle, n® 1431, qui proviennent de lab- ^ye de Saint-Loup, à Troyes, sont un beau spécimen de la *wrurerie du xv* siècle. Le cofîfret n? 1 483, et surtout les deux •«TPents de fer forgé , n® 1432 , serviront de preuve de l'habi- leté des artistes serruriers de la renaissance. On y trouvera attssî quelques jolies clefs du xvii* siècle. HORLOGERIE. ^ dixième'Siècle, qui a été rempli de tant de calamités, qui Horloges » *tt si £Ektal aux arts, a cependant donné naissance à une in.^«>uen dentée». Tcntion merveilleuse, celle des horloges à roues dentées, aux- qiMileB l'impulsion est donnée par un poids : jusque-là les ^•^^nones ne pouvaient mesurer le temps qu'à l'aide des cadrans BoUires, des clepsydres ou des sabliers. Cette invention est atoibuée au célèbre Gerbert, moine français qui, après avoir ^ précepteur du roi Robert , fut archevêque de Reims, et fflounrt pape ( 1 003 ) sous le nom de Sylvestre II. Dui8 les premières horloges l'heure était uniquement indi- quée par une aiguille portée sur Taxe d'une roue ; ce ne fîit qn'aa xn^ siècle qu'on inventa un rouage dont l'office est de bire frapper, par un marteau sur une cloche, les heures que l'aigaille marque sur le cadran. La première mention des horloges à sonnerie se trouve dans les Usages de V ordre de Cîieaux, compilés vers 1 120, où il est ordonné au sacristain de régler l'horloge de manière qu'elle 24 370 INTRODUCTION. sonne et l'éveille avant les matines. Ailleurs il est dit de pro longer la lecture jusqu'à ce que l'horloge sonne * . Les principales horloges qui furent faites au moyen ftg-; sont, par ordre chronologique , celle de Wallingford, bénéa dictin anglais (f lS2ô) ; celle de la tour de Padoue , exécuté* par Jacques de Dondis en 1344 ; celle de Courtrai , que Ph j lippe le Hardi, duc de Bourgogne, fit transporter à Dijon ei^ 1 363 ; celle de Henri de Vie, la première que Paris ait poss& dée, et qui fut placée sur la tour du Palais en 1370, celle du ch&teau de Montargis, fiûte par Jean de Jouyenc^ en 1380. Horiogps n est à présumer que, du moment que les horloges à ro poruuven. dentées et à poids eurent été inventées, on ne tarda pas à faire de plus petites pour l'intérieur des appartements. Il existait de cette espèce à la fin du xiii^ siècle. Nous en tr vous la preuve dans l'inventaire de Charles V, où il est mention d'une horloge qui avait appartenu à Philippe Bel (1285 f 1314) : - Ung reloge d'argent tout entièrem ^ sans fer, qui fut du roy Philippe le Bel, avec deux con ** poix d'argent remplis de plomb*. » Il faut croire cependa^ que ces sortes d'horloges n'étaient pas encore très conunoii^^ au xrv* siècle, car elles sont mentionnées en très petit nombre dans les inventaires de cette époque. Un perfectionnement introduit dans Tart de Thorloge- rie , vers le commencement du règne de Louis XI , domu une très grande extension à la fabrication des horloges : ce fr l'invention du ressort spiral , qui , placé dans un barillet c tambour , remplaça l'action du poids moteur employé jf qu'alors. Ce ressort spiral , pouvant se mouvoir facilem dans un espace très étroit , permit d'exécuter des horlo portatives de petite dimension. Carovage ou Carovagius , vivait en 1480, est considéré comme l'inventeur des horl portatives à sonnerie et à réveil. Cette invention d'un Français excita l'émulation dei^ (1) M. PoTTreR, Monuments françah inédits, tome II, p. J9. (2) Ms. Bibl. royale, n« 8356, f* 230. HORLOGERIE. 371 logen italiens et allemands, et ce fut à qui produirait les hor- loges les plos extraordinaires. Il en existe encore un assez S'^uad nombre de la première moitié du xvi*^ siècle, qu*on peut ^"^^gsrder comme des prodiges de mécanique. On en voit qui , ^^tre l'heure du jour et de la nuit, indiquent Tannée, le mois, fe quantième , le jour de la semaine , les fêtes de TÉglise , les pluiges de la Inné et le mouvement du soleil et des planètes à ^l'^Ten les constellations. Les plus simples renferment une Sonnerie et un réveil. Ce fut principalement à Nuremberg et ^ ^ugsbourg, où nous avons déjà rencontré tant d'artistes ^IK tout genre, d'une adresse merveilleuse, que furent fabri- les horloges portatives les plus remarquables par la xnplication de leur mécanisme. musées d'Allemagne ont recueilli avec soin un asses nombre de ces anciennes horloges. Le trésor impérial ^énne et la Krmstkammer de Berlin en possèdent de très es. Les plus curieuses sont au Griine Gewolbe de Dresde. y trouve notamment un ouvrage de Wemer, horloger d'Atigsbourg (f 1544 ) , où l'on voit un centaure qui tire une ftèehe à chaque heure, et une pendule à carillon en forme de Cocher, de J. Schlottheim, de la même ville, qui présente un ^Qt^^canisme fort ingénieux. Les horloges portatives conduisirent à fabriquer des instru- ^'■^ts plus petits encore, auxquels on donna le nom de montres. On ne sait pas précisément dans quelle année ni dans quel Mooires. °^ on commença à en faire. Leur invention ne parait pas wToir remonter au delà des premières années du xvi® siècle, ^ itttme elle n est peut-être pas antérieure au règne de ft^içoisl*'. I^ premières montres fabriquées en France sont de forme <7^îodrique; la botte, assez épaisse, est enrichie d'arabesques ^ées et découpées à jour. A Nuremberg, elles reçurent au wlnire une forme ovoïde, qui leur fit donner le nom à* œufs Ntaremberg. Myrraécide, suivant Panciroli , aurait fait des Qtres de la grosseur d'une amande, dès l'origine de Tin- tion. 1 conçoit très bien que, dans les premiers temps, les heu- 372 INTRODUCTION, reux possesseurs de ces petits instruments aient éprouva désir d en voir fonctionner le mécanisme. Aussi les horlo^ ne tardèrent pas à les disposer dans une cuvette de crista roche, dont ils s'attachèrent à rendre les formes gracieoi JoUy et Sennebier, horlogers à Paris, furent les premiers en fabriquèrent en forme de croix ; les montres octogones i tirent de l'atelier de Bouhier, habile horloger de Lyon. Dans la seconde moitié du xvi® siècle, lorsque le mécanii des montres n'excita plus la curiosité, on les renferma d des bottes d'argent de différentes formes, qui furent enricl des plus fines gravures et de nielles. Plusieurs des grave de cette époque, connus sous le nom de petits maiires, publié de charmantes estampes reproduisant des sujets montres. On en trouvera plusieurs d'Etienne De Laiihi< de Blondus dans les albums de la collection. Les bottes de montres en argent, de même que cellei cristal de roche, reçurent les formes les plus diverses jus sous Louis XIIL C'est à cette époque que les horlogers ad tèrent généralement la forme ronde, plus ou moins aplai qui s'est conservée jusqu'à nos jours. La peinture en àni dans le genre de Toutin, se prétait très bien, par le fini son exécution, à l'ornementation des boîtes de montres; employa firéquemment ce genre de décoration sous Louis 2 et sous Louis XIV, et ces fines peintures, encadrées dans i couronne de pierres précieuses, ont fait, des montres de temps, des bijoux d'un grand prix. En 1657, Huyghens, célèbre mathématicien, apporta grandes modifications dans l'art de l'horlogerie, en appliqn le pendule aux horloges pour en régler le mouvement, ei adaptant, quelques années après, au balancier des monl un ressort qui produisit sur ce balancier le même effet la pesanteur sur le pendule. De plus longs détails sur o partie mécanique de l'art de l'horlogerie nous feraient sorti: notre sujet. On trouvera dans la collection plusieurs horloges portatif françaises et allemandes, du x\f siècle. Quelques-unes offi une complication de rouages très remarquable. Quant HORLOGERIE. ^^ »7:i montres que la collection conserve, cUes sont en assez grand nombre pour faire connaître les différents modes d'ornemen- tation qui leur ont été appliqués depuis l'origine de l'invention jusqu'au xvui^ siècle. MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX. S 1. MOBaiBR RELIGIEUX. traitant de l'orfèvrerie et de l'émaillerie, nous avons eu ^^^^^^««ion de parler des plus intéressants d'entre les instru- ïïients du culte, les vases sacrés et les reliquaires ; et lorsque ^^Us nous sommes occupé de la sculpture, nous avons fourni ûes documents sur les morceaux de sculpture religieuse que * ^Uection possède. Sous le titre dé mobilier religieux, ^^s avons classé quelques objets qui n'avaient pu prendre I*^^ parmi les pièces d'orfèvrerie ou de sculpture. Ce sont Principalement des autels domestiques, monuments invitatoi- '^ delà prière, qui étaient placés, au moyen âge, dans l'in- ^**î«ur des appartements, une pierre portative pour célébrer, ^^de l'église, le sacrifice de la messe, et un tau très curieux ; '"^^^s chacun de ces objets présentant un intérêt tout parti- ^ier, nous nous réservons de fournir, en les décrivant, les ^^^lunents qui s'y réfèrent. ^ 11. BWUBLES A l'usage DE l'BABITATION. De tous les monuments de la vie privée de l'époque du dads les fW)yen âge, les meubles à l'usage de l'habitation sont les plus ^^^'^^n*^*^ f^; à peine si quelques-uns ont survécu. C'est seulement dans les miniatures des manuscrits et dans quelques bas-re- liefg sculptés qu'on peut prendre une idée de la forme donnée MX meubles jusqu'au xv^ siècle, et de l'ornementation qui leur ^ît propre. Depuis le x* siècle jusque vers le milieu du xiv*, les représentations figurées dans les manuscrits ne sont même 374 INTRODUCTION. que de peu de secours, puisque, durant toute cette pérL^^=Dde, les figures et les sujets sont peints ordinairement sur '"m: z^ond d'or ou sur fond de mosaïque. Les meubles se montrent r*:^^^BMre- ment avant que les artistes se soient exercés dans la X^H'^* spective, et aient donné aux fonds de leurs compositions une profondeur qui permit la figuration des intérieurs. Le fc'^^^^exte des anciens auteurs et les vieux inventaires pourraient f< r ■3>ar- nir bien certainement de précieux documents ; mais de I-^Hon- gués et minutieuses recherches sur ce point sont enco^^HT^ k faire. Il faut donc nous contenter de quelques notions ii eX faites et de vagues aperçus pour tout le temps qui B*est éoa^=>o/ë depuis le commencement du moyen âge jusque vers le mi ZJiieii du XIV* siècle. Si l'on s*en rapporte aux manuscrits grecs des ix* et r* ^BÎà- clés, la décoration des meubles dans Tempire d'Orient an:Mr^^^ été d'une richesse incroyable*. Les trônes, les sièges et '^ lits figurés dans ces manuscrits sont enrichis de dorurei d'incrustations, et les brillantes étoffes qui les revêtent partie sont elles-mêmes rehaussées de pierreries. Qo^^ qu'ait été la magnificence des empereurs d'Orient à cette é que, il faut faire probablement une large part à l'imaginati des peintres qui nous ont fait connaître ces meubles. Du les formes sont lourdes et sans grâce; la pureté du goût entièrement sacrifiée à la richesse de l'ornementation. ^-^"^ En Occident, jusqu'au xn* siècle, la forme des meubles e^^^0 massive. Les trônes et les sièges afTectent des disposition.' architecturales. On en rencontre souvent qui sont décorés plusieurs étages d'arcatures ^. Nous aurons occasion de remarquer cette tendance aux formes massives et architecto- niques dans le trône sur lequel est assise la Vierge de l'autel domestique de notre collection, n^ 1476. Les sièges, jusqu'au XII* siècle et souvent même plus tard, sont presque toujours garnis d'une espèce de coussin cylindrique en étoffe. ^éT (1) Bibl. royale, ms. lat. n*» 5. ; ms grec, n° 510, exécuté pour Basile le Macédonien ; ms. fonds Coislin, n^ 79. (2) Bibl. royale, ms. fonds Saint-Germain, n** 30. i r MOBILIER CIVIL BT RELIGIEUX. 375 ^a xii^ ftiède, la fabrication des meubles sa cesseni natu- aux xn*. xm* T sont les ymages et les orfroiz pourfiUez de perles; en laquelle * ftfinontis, dossier, couverture de chayèreà prélat, etc.; »» et plus loin, au f® 120, on mentionne un grand nombre de «* ciels ** ot dossiers à tendre. » Dans l'appartement du prince, on in- ventorie, aux f® 302 et suivants, vndépendamment «* des tapis ** ▼élus, tapisseries d*armoiries, carraulx, coultes pointes, oreil- ^ lers, couvertoers fourrez d ermines et de menu vair, courtines ** et pavillons de broderies qui se tendent à bastons à façon de ^ ^Ouïtes au-dessus du lit du roy, quand il est couché ; ** tout ce H^ estnécessaire pour recouvrir les sièges et les décorer, et leur ^t^erle confortdésirable. Ce sont des dossiers et banquiers, des ^T^^ de dossiers et des coultes pointes de banquiers. La plupart ^ ces étoffes sont à ymages, et le goût des sujets figurés est ^^^t à fSût en rapport avec ceux des pièces d'orfèvrerie que nous ^^118 fut connaître. Elles offirent souvent de ces représenta- Us bizarres, comme celle qu'on voit sur deux petits oreillers ^ f>]»odez à bestes sauvaiges, qui ont testes d'hommes armez. » ^ous avons dit que la sculpture en bois avait pris en France Aux xv« et w ^* en Allemagne un immense développement au commence- .«*<î*«s- ^ent du XV® siècle ; l'ornementation des meubles à l'usage de 1 habitation se ressentit naturellement du goût qui prédo- ^^^iiait : la sculpture fut substituée pour leur décoration à toute autre sorte d'embelUliement. Il subsiste encore un iiombre assez considérable de meubles du xv^ siècle ; les ii^uscrits à miniatures de cette époque peuvent suppléer, au surplus , à l'insuffisance des monuments. A partir du (1) Ms. Bibl. royale, u? 8356. I 378 INTRODUCTION. xv^ siècle, les miniaturistes abandonnèrent oomplétemeal 1 fonds d or ou de mosaïque des siècles précédents, pour 1 remplacer par des paysages et par des intérieurs d v ordonnance profonde ; et, conséquents dans leur ejstèni ils placèrent dans les habitations tous les meubles en usa de leur temps, de môme qu'ils donnaient à tous les periao nages de leurs compositions les costumes contemponôi Ainsi, Ion peut voir dans les manuscrits de la cdleoiian représentation de plusieurs chambres à coucher et de plasiei; cabinets de travail, avec tous les meubles qui les gamiaseï Ce sont, dans les chambres à coucher : le Ut encouriiné, ciel à gouttières avec son couvertoer, la chagrère à côté du 1 le tableau de dévotion ou le petit autel domestique appen) à la muraille, le buffet et une foule d'autres petits meobli Dans les cabinets de travail : la haute chayère ou faldistoi à dosseret élevé, le pupitre tournant, nommé roue, sur leqi on posait les livres, qu'on pouvait ainsi faire passer sous a yeux et consulter tour à tour sans se déranger, et diyera sortes de pupitres pour écrire. Les parties sculptées des meubles du xv^ siècle reprodc sent presque constamment les dispositions les plus élégaat et les plus compliquées des décorations architecturalee • cette époque. Les étoffes ne sont plus employées dans les wiig que sur les parties où elles sont indispensables, comme dossier et sur le banc ; quelquefois un ciel en tapisserie i couvre encore la chayère principale; mais, en général, laisse le bois aussi à découvert que possible, pour le oluuf d ornements sculptés. Les lits mêmes, en conservant les ooi tines qui les enveloppaient au xiv^ siècle, laissaient voir pn que toujours un chevet finement découpé à jour et sculpté ai ces complications de détails et^ tout à la fois, cette élégan qui caractérisent lornementatioii du style ogival flamboyai Le goût pour les meubles en bois sculpté s est maintenu France pendant toute la durée du xvi^ siècle. Dès la fin < xv*', on y avait sculpté des figures et des bas-reliefs au mili des décorations architectoniqucs du style ogival . Au xvi^ si cle, ces décorations sont abandonnées, les meubles se couvre MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX. 379 de iMiB-reliefs et même de figures de haut relief et de ronde '^^^^«e, empreintes de toute la pureté de dessin de cette belle ^Poié à Baccio Bandinelli pour l'exécution de grands travaux ^'architecture, n'avait pas fermé son atelier de sculptures en ^■^eiubles, et produisit de nombreux ouvrages de menuiserie «culptée, que Vasari cite avec éloge*. Ce fut surtout dans l'application de la marqueterie à l'or- ^dneoitation des meubles qu'excellèrent les Italiens. Dès le ^^mmencement du xv® siècle, les procédés de la marqueterie diraient reçu de notables améliorations. On était parvenu, à ^ ^de d'huiles pénétrantes et de couleurs bouillies dans l'eau, ^ Remuer aux bois des teintes assez variées pour imiter le ^tiiUage des arbres, la limpidité des eaux, et pour produire, I^^^ la dégradation des tons, les effets du lointain. Giuliano ^*^ Maiano (f vers 1460), Giusto et Minore, qui l'aidèrent ^^^tMÎ ses travaux, Guido del Servellino et Domenico di Ma- ^^tto, ses élèves, Benedettoda Maiano, son neveu (f 1498), 4^ avait fuissi sculpté en bois, Baccio Cellini et Girolamo ^^llaCecca sont cités par Vasari comme les plus habiles ar- ^^tes en marqueterie du xv® siècle*. Il faut nommer au xvi*^, (l) Vasari, Vie de Baccio d'Agnolo, (i) Vasabi, Vies de Giuliano et Benedetto da Maiano. 380 INTRODUCTION, parmi les plus célèbres, Fra Giovanni de Vérone, Fra Raffae de Brescia, Fra Damiano de Bergame, et les Bartolonm] de Pola. Ce genre de décoration fut principalement appliqué a stalles et aux bancs des églises, et aux armoires des sacristie On en décora également les meubles à lusage de l'habitation , surtout ces grands coffres dont nous avons parlé, qui se p çaient dans l'intérieur des appartements chez les gens ricb Ces meubles étaient si estimés, que les princes étrangers commandaient en Italie. Vasari rapporte que Benedetto Maiano fit, pour Mathias Corvin, deux magnifiques cof&es marqueterie, et qu'il accompagna son ouvrage en Hongrie. Les plus somptueux de tous les meubles de luxe prodoi par l'industrie italienne au x\f siècle sont sans contredit c tables, ces toilettes, ces coffrets en fer damasquiné d'or d'argent. Nous avons eu occasion d'en parler en traitante la damasquinerie. La collection possède les plus beaux spéc mens en ce genre, cabincis Daus la secoude moitié du xvi^ siècle et au xvii®, on *"*8iôcies.^^" en Allemagne une sorte de meuble qui reçoit dans ce pays nom de Kunstschrank (mot composé qui signifie artistiqu armoire), et que nous désignons sous le nom de cabinet. ( meuble est une espèce d'armoire ou de coffret, suivant qu est grand ou petit, garni d'un grand nombre de tiroirs et < compartiments. Sa façade rappelle presque toujours d dispositions architecturales. La confection de ces meubles appartenait ordinairement l'ébénisterie, mais des artistes en tout genre concouraient leur ornementation. On rencontre des cabinets auxquels o tout à la fois travaillé le peintre, le sculpteur, l'orfèvre, graveur sur métal et le graveur en pierres fines, l'émailleii le mosaïste et l'artiste en marqueterie. Les bois précieux, 1 voire, l'écaillé, l'ambre, la nacre, les métaux et les pien dures sont employés à les décorer. L'ornementation la pi usitée consiste en sculptures d'ivoire et d'argent, statuettes bas-reliefs, et en plaques d'ivoire enrichies d'une fine gravv dont les intailles sont noircies, ce qui produit un effet ana MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX. 381 gue ji celui que donne la fonte du nieïlo dans les intailles d'une plaaclie d'argent gravée au burin. L'intérieur de ces meubles n'est; pas moins soigné que l'extérieur. Le panneau principal en 8 'ouvrant laisse ordinairement à découvert le péristyle d'un édifice orné de colonnes, de balustrades et de statuettes, qui 86 répètent dans les glaces appliquées sur le fond. Les tiroirs sont très souvent dissimulés par les décorations ar- chitectoniques . Nuremberg, Dresde, mais surtout Augsbourg, où se trou- "v^aient de si habiles sculpteurs en ivoire et des artistes orfèvres si renommés, ont été le centre de la fabrication de ces meubles ^e luxe. Tous les orfèvres allemands des xvi* et xvif siècles que nous avons nommés en traitant de l'orfèvrerie ont fait des bas-reliefs et des statuettes pour les cabinets, et la plupart des pièces d^orfèvrerie sculptée qui subsistent aujourd'hui Pi^TÎennent de meubles de ce genre. Les musées d'Allemagne ^^ixserventavec soin un assez grand nombre de cabinets, dont ^uelcjues-uns ont révélé les noms des artistes qui les ont fabriqués et décorés. Dcuis le muséum historique de Dresde, au milieu d'une S^'^^ude quantité de ces beaux meubles, nous en avons remar- ^ué lin d'une fort belle exécution, portant le nom de Hans ^hieferstein de Dresde, qui est enrichi de figures et de bas- ^lieft d'ivoire et de fines gravures sur plaques de même ma- ^*^ô • Un pupitre, semblable à celui de notre collection n** 1 603 , ^^ ^xx\ accompagne ce cabinet, est daté de 1668. Un autre ^^iiiet en ébène, décoré de figurines de haut relief en argent d^ fing ornements découpés à jour, dans le style de ceux ^*^^ le petit cabinet de notre collection, n° 1506, est revêtu, ^îgné du nom de Kellerthaler, célèbre orfèvre de Nurem- et daté de 1686. chef-d'œuvre du genre, sinon pour la pureté du style, du _ pour la richesse des ornements et la complication du tra- ^'^ » se trouve dans IsiKunsikammer de Berlin. C'est un cabi- connu sous le nom de Pommersche KunsiscArank, qui fut A Augsbourg, en 1616, pour le duc de Poméranie Phi- n. Philipp Hainhofer (1578fl6i7), peintre et architecte. 382 INTRODUCTION. artiste éminent, grand collecteur d objets d*art, qui eut ur grande influence sur les artistes de son temps, a fourni le du meuble et en a dirigé Texécution. Ulrich Baumgartn< fameux ébéniste, a fait la partie principale de l'œuvre. trouve, en effet, dans l'intérieur du meuble le nom de cet a?-, tiste, avec la date de 1615 et cette devise : Ehe veradUcs^ ^.^^M gemackt, il est plus facile de critiquer que de faire ^. Il sera» beaucoup trop long de donner la description de ce meuble; ^ suffira de savoir que vingt-cinq artistes, dont les noms 80< connus, ont concouru à sa décoration : trois peintres, r sculpteur, un peintre en émail, six orfèvres, deux horloges:! un facteur d'orgues, un mécanicien, un modeleur en cire, r ébéniste, un graveur sur métal, un graveur en pierres fina un tourneur, deux serruriers, un relieur et deux gainiers. O peut juger par cette énumération de tous les genres d'oi mentation dont ce meuble est décoré. On y trouve jusqu'à émaux de Limoges. Hainhofer et Baumgartncr ont associé leur talent p^-^^^^^^w composer d'autres cabinets également d'une grande richef l'un des plus importants se trouve dans la bibliothèque l'université d'Upsal. Parmi les ébénistes du même temps ont eu le plus de réputation, il faut citer Hans Schwanha:::- (f 1621 ), inventeur de ces pièces d'ébène ondulées d*un y effet, qui entrent dans la décoration des armoires, des cabûu et des cadres d'ébène*. On a fait aussi en Italie, en France et dans les à la fin du xvf siècle et au xvii^, des cabinets de différe^^' tes formes. Les plus riches de ceux que fabriqua l'Italie sol principalement décorés de belles matières, jaspes, lapis*lazuli, et de mosaïques de pierres dures qui se détachei sur un fond d'ébène ou d'écaillc. Le musée de Cluny possèc^ un très beau cabinet italien, un des types les plus complets la richesse d'ornementation qu'on prodiguait dons les nt ut ^e X (1) IV RuGLER, Beschreibung der Kunstkammer, S. 178. (2) Lbopold v. Lbdrbur, Leitfaden fiir die Kongl Kunsîkamme S. 79. MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX. 383 ce genre au xvii^ siècle. L'industrie italienne, au surplus, 'aibandonna pas le système d'ornementation qui avait procuré I3ello une si grande fortune : au xvi^ et au xvif siècles, on fit Italie des cabinets et d'autres meubles dont les panneaux ^tcûent enrichis de sujets peints. Dans les Flandres, qui possédaient à la fin du xvi® siècle et ^Uirtoutau xvn* des sculpteurs-ivoiriers d'un grand mérite, on ^^oora principalement les cabinets de statuettes, de bas- *"^lîefc et d'ornements en ivoire. On fit encore à la même époque, surtout en France et en emagne, des cabinets tout en ébène, en général d'une assez de proportion. Ces meubles, dont la décoration est sou- t empruntée à tout ce que l'architecture de l'époque pré- de plus élégant, sont enrichis de figures de ronde bosse ^e baa-reliefs. L'un des plus beaux spécimens de ces meu- existait dans la coUection de M. Baron ; il a été publié M. Du Sommerard^ X)an8 la seconde moitié du xvjf siècle, le goût du luxe fit ^férer aux diverses sortes d'ornementation dont nous venons jparler les incrustations de cuivre et d'étain, se détachant oh fond d'écaillé. Ces deux métaux, découpés et combinés manière à former des figures ou des sujets, recevaient de gravures au burin, àl'aide desquelles l'artiste rendait les intérieurs du dessin et des ombres. Des sculptures bois doré ou en bronze venaient compléter la décoration ^*^^^ meubles de ce genre. ^^ système d'ornementation est certainement fort riche et beaucoup d'éclat; mais sous le rapport de l'art, ces meu- sont loin de valoir les jolis cabinets des époques précé- . Boule, tapissier en titre de Louis XIY, a été le plus '^ile de tous les artistes qui ont fabriqué des meubles de sorte, auxquels on a donné son nom. trouvera dans la collection plusieurs sortes de meubles à de l'habitation. Les plus remarquables sont une grande oire en noyer sculpté, n" 1500, de la bonne époque du 1) Àlbwn, 2* série, pi. xxu. 38f INTRODUCTION. xvi^ siècle; deux grands cabinets en écaille, n^ t&i enrichis d'un grand nombre de statuettes et de t)ai ivoire, et qu'on peut regarder comme ce qui a été beau en ce genre; et un grand cabinet, n^ 1612, € terie d'écaillé, de cuivre et d'étain. Quelques cof&e xiv^, XV® et xvf siècles ont été classés avec les meu J ni. OBJETS USUELS. Tous les monuments dont se compose la collecti dans la réalité, à quelques exceptions près, que usuels, et ceux que nous avons décrits sous ce t auraient pu, à la rigueur, prendre place à la suite < ture ou des différentes industries artistiques sur nous venons de fournir des documents. Cependi n'étaient pas d'une importance suffisante pour et rés comme morceaux de sculpture, les antres ai leur décoration de deux arts différents ; enfin la des plusieurs était trop tranchée pour que nous ayoi dispenser de les classer à part, nés en ivoire Entre tous CCS objets, les peignes sont les pi moyen àgc. Ces usteusiles ont reçu, durant le moyen âge, u nementation. Les plus anciens, qui sont en ivoire venir de l'empire grec ; car on retrouve dans leur dans les sculptures dont ils sont décorés, dans tiens dont souvent ils sont recouverts, le style i à l'art oriental. Ainsi on verra dans la collectioi peigne en ivoire dont l'ornementation, de même qui y sont sculptés, dénote évidemment un i zantin. D'autres peignes encore assez rares, égale appartiennent à l'industrie occidentale. On e confection remonte aux xi^ et xn^ siècles. Les ques églises en conservent, de ces époques, i toilette des évéques. La cathédrale de Sens possède un très curieux, qu'on regarde cor tenu à saint Loup. Les plus nombreux sont MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX. 385 sUTioniduxrv^. Ils offrent des bas-reliefs dont les sujets sont des romans du temps, peignes qu*on rencontre le plus fréquemment sont en Peigne Leur ornementation consiste en une fine découpure, detx elXYi» t les dessins, d'une grande délicatesse, paraissent em- au style arabe ; quelques-uns sont en outre enrichis ujDe marqueterie d'ivoire teinté. M. Alexandre Lenoir, qui à possédait un de ce genre, aujourd'hui dans notre collée- n° 1 6 1 7 , le regardait comme italien * . Cette marqueterie, eifet, a beaucoup d'analogie avec celle qui était en Toguo c xm* et xiv^ siècles, dans le nord do l'Italie, surtout à Ve- , et que nous avons signalée plus haut. La plupart de ces p^ig^es de bois cependant sont sans marqueterie, et portent devises en vieux français ou en flamand. Il est donc à que ce genre de peigne, exécuté d'abord en Italie, aura ^^é imité par une fabrique qui se sera établie on France dans 1^ ▼oisinage des Flandres. Cette fabrique a produit également ^e jolies bottes, enrichies de fines découpures à jour, comme I^B peignes; eUes servaient à renfermer des lettres. On en deux dans notre collection, n^ 1521 et 1522. plus anciens produits de cette fabrication paraissent i^monter au xrv* siècle ; elle existait encore dans la seconde ï^oitié du XVI* ; on en trouve la preuve dans une boîte à lettres ar (quelque invention, les antiq chinois tirent du >ilrnc<' dv> annales sur rinventlon d ^ m rti^ Pt r^ ne il. (1) M. Reinauo, Mon. nralna^ oU-, loino 1, p. 29. (ï) Du Halde, ouvrage l'ité, tome II, p. 177. MONUMENTS ORIENTAUX. 395 poroelaine la conséquence que sa fabrication est antérieure ^11 règne de ces empereurs. Dans ces derniers temps, un fait qui serait venu confirmer ^^^«tte haute antiquité de la porcelaine avait été révélé. Plu- ^^eitts vases de cette belle poterie, portant des caractères chi- , avaient été recueillis dans les fouilles des antiques mo- ^^nents de l'Egypte, et le professeur Rosellini avait même en avoir lui-même trouvé un, dans une tombe qui n'a- ^pas été précédemment ouverte, et dont il pensait pouvoir r la date au temps dos Pharaons. Des faits aussi Tes ont provoqué un sérieux examen ; les Arabes, pressés questions, ont avoué qu'ils n'avaient jamais rencontré dans raines des vases de cette espèce ; que la plupart de ces venaient de Qous, de Qcft et de Qosseyr, entrepôts suc- ifs du commerce de l'Inde dans la mer Rouge. M. Prisse ** -A^Tesnes, qui voulait déraciner une erreur qu'il avait invo- ^^^^^'ûrement propagée, en donnant à N. L'Hôte deux do ces ^^8 pour le musée du Louvre, où ils figurent aujourd'hui ^ le titre de Vases chinois trowois dans les tombeaux de '^ypte, les a soumis alors à rexamen do MM. Stanislas ^*li«n et Pauthier, qui ont reconnu que les inscriptions qui y l^^t peintes étaient écrites en caractères cursifs, connus sous ^ ^om de ihsao, et qui datent seulement du second siècle de ^^ti^ère. M. Pauthier a môme pu lire sur un vase de cette *pèce publié à Londres un vers tiré d'un auteur chinois StUî vivait au commencement du xi*^ siècle*. Sans nier la ^^^*ite antiquité de la fabrication de la porcelaine en Chine, * 4tat écarter l'argument tiré de ces vases apportés d'Egypte. M. Stanislas Julien, consulté par M. Brongniart sur cette Question de l'antiquité de la porcelaine, s'est livré à des re- ^*^erches dans les auteurs chinois, et il a été amené à cette ^^nclusion, que la porcelaine était commune à la Chine du '^«nps des Han, 163 ans avant J.-C.; qu'elle était en usage ^us la dynastie dos Souï, de 581 à 618 ans après J.-C. ; que ^tte ancienne porcelaine, quoique d'un blanc pur, était fabri- (\) Revue, archéoloqique , tome 11. p. 7I:J. 396 INTRODUCTION, quéc avec uuc matière comuiunc, et que ce ne fut que sous 1 dynastie des Song, de 960 à 1278 ans après J.-C. , que I porcelaine commença à être faite avec des matières fines et acquérir de la perfection * . Le père Dentrecolles, qui a longtemps habité la Chine ai commencement du xviii^ siècle, dit que l'ancienne porcelaine dont les antiquaires chinois se disputent les débris, ne port< aucune inscription qui puisse révéler la date de safabrica|ion et que ce fut seulement sous la dynastie des Thang (de 618 907 ans après J.-C.) qu'elle commença à être à Tusagedo empereurs '. La porcelaine chinoise ne fut importée en Europe qu'au oon mencement duxvi^ siècle, et nous ne connaissons aucun doc^s ment qui puisse donner la certitude qu'elle y ait été introdoK avant cette époque; cela ne serait pas impossible cependair: En effet, le célèbre voyageur arabe Ibn-Bathoutha, qui éts né à Tanger et avait pénétré en Chine vers 1 346, dit, dans relation de son voyage', que la poterie chinoise était exporta jusque dans les contrées du Magreb (les Etats Barbaresquea Si le fait est exact, quelques pièces de porcelaine ont pu et;: apportées facilement en France, en Espagne ou en Italie. n est certain du moins que cette belle poterie était eonni* de réputation en Europe longtemps avant l'importation qu*£ firent les Portugais. Le premier écrivain qui parait en avo. parlé est le géographe arabe Abou-Abd-allah-Mohammed ben Mohammed-el-Édrisi, qui vivait en Sicile, à la cour de Roger II et qui publia, en 1 154, par l'ordre de ce prince, un grand ou vrage sur la géographie*. Dans la description qu'il donne de 1 partie la plus méridionale de l'Indo-Chine, après avoir parlé d (1) M. Brongniart, Traité des arts céramiques, tome II, p. 479. (2) Du Halde, ouvrage cité, p. 202. (3) M. Reinaud, Relation des voyages faits par les Arabes et les Fi sans dans l'Inde et à la Chine, tome 11, p. 23. (4) Quelques voyageurs arabes avaient pcnétré on Chine dès lo i siècle (voyez Touvrage ci- dessus cité, de M. Reinaud); mais il nV pas à croire que les relations qu'ils ont écrites aient été connues Europe. MONUMENTS ORIENTAUX. 397 ^Tl4e Khankou, situc^ sur un fleuve . par lequel on remonte •» àaxi& la majeure partie du pays du Bahgl)ough, qui est le roi -de la Chine, - et tracé l'itinéraire de ce port à la ville de tfjankou, il ajoute : ** Colle-ci est une ville célèbre . on y tra- ^De le verre chinois * » Ce verre chinois ne devait être autre chose que la porcelaine, qui, à cause de sa translucidité . qualité qu'on ne rencontrait dans aucune poterie de TEurope. devait avoir, jusqu'à un certain point, pour un Européen l'as- pect du verre. Plus loin, lorsque Édrisi vient à décrire la par- tie orientale de laChine, il dit, en parlant de la ville de Sousa : - On y fabrique le ghazar chinois, sorte de porcelaine dont ■* rien n'égale la bonté. » Et il ajoute : ** Dans les pays que nous *- décrivons, il n*y a pas d'arts plus estimés que ceux de po- - lier d'argile et de dessinateur*. »« IVIarco Polo avait aussi fait connaître la belle poterie de la (%iii.e dans la relation de ses voyages, qu'il écrivit dans les dernières années du xiii^ siècle, et qui fut immédiatement ^'^pcàxidue dans toute l'Europe. Dans le chapitre clvh, où u décrit le port de Zantan ou Zaitem et la province où est sitaé ce port, il dit : « En ceste provence, en une cité qui est " *Pi>elé Tinugui , se font escuelle de porcellaine grant et * pît^^t les plus belles qe l'on peust deviser. Et en une autre n'en s'en font se ne en cest cité'. » ^O M. Amédéb Jaubbrt, Géographie cf Édrisi^ tome I, p. 99. (^> Idem.,\ome I, p. 193 et 194. ^'^ not arabe, que M. Jaubert a traduit par porcelaine, est fakhkhar J^^^ qui ne signiGe autre chose que poterie. Il n'est pas douteux que ^*'***= n'ait voulu parler de la porcelaine, et le sens de l'auteur est ^^^ %*endu ; nous voulons seulement faire remarquer que le mot dont ^ ^^ «ervi Édrisi n'a aucune relation de consonnance avec celui de ^^^^'''^^^laine, et que ce nom ne vient pas dès lors de la langue arabe. ^^i Ifs. Bibl. roy., n9 7367, publié par la Société de géographie, ^"^ le Recueil de Voyages et de Mémoires, tome I, p. 180. ^^ manuscrit, suivant toute apparence, a été écrit à Venise, en 1307, V^^ Charles de France, comte d'Artois, frère de Philippe le Bel {voyez "^^^^*^U de Voy, et de Mém. publiés par la Société de géographie, tome 1 V, p. ^Oq); il serait donc contemporain de Marco Polo. On voit que déjà ce célèbre voyageur donnait à la poterie chinoise le nom de porcelaine. 398 INTRODUCTION. Enfin le père Jordanus, qui fut nommé éyéque dans Vlndi par une bulle de Jean XII. en 1330, et qui avait longtemp: séjourné dans ce pays , en rapportant ce qu'il avait cntendi dire do l'empire de la Chine, De Magno Tartaro, avait pari en ces termes de la porcelaine chinoise : - Alia non sunt qm ego sciam in isio imperio digna relationCy nisi vasa pidcherrima et nobilissima, aique virtuosa etporseleta * . - La plus belle porcelaine de la Chine se fabrique* depai un grand nombre d'années dans une grosse bourgade de L province de Kiang-si, nommée King-te-tehing, à qui il m manque qu une enceinte de murailles pour avoir le nom d ville. On n y comptait pas moins d'un million d'âmes à Fépo que où le père Dentrecolles y habitait', il y a cent quarant ans. Ce bourg ne paraît pas avoir perdu de son importance Lorsque les Anglais de l'ambassade de lord Macartney paa sèrent près de ce lieu , en se rendant de Pékin à Canton ( 1 7 94 on leur donna l'assurance que trois mille foumeapx pour cuia la porcelaine y étaient allumés à la fois. On fabrique encore de la porcelaine aux environs de Cac ton, mais elle est loin de valoir celle de King-te-tching. La porcelaine chinoise présente beaucoup de variétés daa et il est à croire que c'est lui qui Ta ainsi nommée. Ce n'est donc pas à ^ langue portugaise, comme on l'a cru longtemps, que ce nom a été ec prunté. Nous avons dit, p. 316, qu'on retrouvait ce nom de T^orcdam dans les inventaires des princes français du xiv® siècle, appliqué à a- matière précieuse taillée en coupes, en vases, ou disposée de manièrs former un fond sur lequel se détachent des objets en métal ciselé émaillé ; il nous semble que cette matière ne devait pas être la coqii9 qui a aussi reçu le nom de porcelaine, puisque, dans la description qn'^ donnent les rédacteurs de ces inventaires, ils la qualifient presque toi jours de pierre, *unè escuelk (Tune pierre appdéepowrceknnej • ce qé*ii n'auraient certainement pas fait s'ils n'avaient eu sous les yeox qà\i coquillage. (1) Jordanus, Mirabilia descripta, publiés par la .Société de géogra phie, Rec* de Voy, et de Mém.y tome FV, p. 5». (2) Nous avons dit plus haut, p. 317, de quelles matières était oom posée la porcelaine chinoise. (3) Du Halde, ouvrage cité, tome I, p. 144, et tome II, p. 177. MONUMENTS ORIENTAUX. 399 ^ fabrication ; les procédés que les Chinois ont mis en usage pour varier la décoration de leur belle poterie et lui donner ^«8 singularités sont innombrables. Du reste les porcelaines ^ciennes , surtout celles qui remontent à une époque anté- ^enre au temps où Ton se mit à en fabriquer une grande quan- tité pour l'exportation en Europe . sont très recherchées , oiéme à la Chine. Elles sont recueillies avec passion par les ^tîquaires chinois , et sont devenues , dans le commerce , aussi rares à la Chine qu'en Europe. Toutes celles que ^^nserve la collection remontent à une époque de fabrica- tion assez éloignée, et bien qu'elles soient de petite propor- ^on, elle méritent de l'intérêt sous ce rapport. Les trois pe- tits Tases n** 1827 et 1828 sont surtout remarquables par l'inscription qui s y trouve peinte sur le fond. Elle constate qu^ils ont été faits sous la dynastie des Ming, dans la période SioDen-te, c'est-à-dire de 1426 à H36 de notre ère. Nous ^▼ons eu recours à la science de M. Stanislas Julien, notre ^•'▼ant sinologue, pour obtenir la traduction de cette inscrip- tion et de toutes celles qui se rencontrent sur les monuments chinois de notre collection. L'obligeance de nos savants est ^^^jours inépuisable. Les Japonais fabriquent aussi une très belle porcelaine. U ^t fort difficile de déterminer les caractères certains qui pen- ^«nt la distinguer de celle de la Chine. On s'accorde généra- »®ïnent à attribuer aux porcelaines du Japon plus de blan- <}beuT*, un glacé de couverte plus complet, et plus de translu- ^«ïfcé. Les peintures qui les ornent reproduisent rarement ^ figures ; eDes ont ordinairement des fleurs pour sujet. ^'***^ couleurs ont beaucoup d'éclat. "^Otts nous en sommes rapporté, pour la classification des ^^^^^laines que possède la collection, à M. Souply, qui a fait y^ ^^tnde très approfondie de toutes les productions de l'in- ' chinoise. Ses bons avis sur les autres provenances de industrie nous ont été également fort utiles. 'c armes que conserve la collection offrent une grande An y an ^ té, et serviront à faire connaître le système d'ornementa- ^^ l'armurier. t^oti ^y| i^yp ^g|. appliqué de préférence par plusieurs des Vernissure. 400 INTRODUCTION, peuples de l'Asie. Celles de Tlndo-Chinc se font remarqua par de fines ciselures sur or et sur argent; celles de la Mali sie, par des sculptures en ivoire et en bois ; Tlnde excelle p ses fines damasquinures, et la Perse par ses émaux. Un caractère qui est particulier aux armes musulmane c'est qu'elles portent presque toujours des inscriptions. Ta tôt c'est un verset en l'honneur de Dieu et des saints, tant une légende morale ou superstitieuse ; souvent on y rencont le nom du propriétaire et celui de l'armurier. L'usage d*en chir les armes d'inscriptions remonte aux premiers temps l'islamisme. Mahomet avait coutume de faire graver sur s sabres ce passage du Coran : » Le secours vient de Dieu * . •• Les ouvrages de vernissure du Japon et de la Chine ac des productions originales qu'on peut tenter de contrefaû mais qu'on n'imitera jamais en Europe. Tous ces jolis objets, auxquels en Europe on a donné nom de laques^ sont en bois, et avant de parler du vemia ^ les recouvre, il faut rendre hommage à l'adresse des ébéniaf japonais et chinois, ainsi qu'à la délicatesse et au bon go de leurs charmants travaux. Le vernis dont on enduit ces tasses, ces cofifrets, oea me blcs si variés dans leurs formes et dans leur omementatio eat une espèce de gomme que les Chinois nomment isi; el découle de certains arbres qui ressemblent assez au frêne * nos climats. On en obtient l'extraction pendant Tété seul ment, lorsque ces arbres ont atteint sept ou huit ans ; ils o alors environ quinze pieds d'élévation. Pour y parvenir, on fi le soir plusieurs incisions à l'écorce de l'arbre autour du troD sans entamer le bois, puis on insère dans chaque inda» une coquille qui s'y soutient sans autre appui. Le lendema matin, on va recueillir ce qui a coulé dans les coquilles*. ] vernis est alors placéàFair dans de grands vaisseaux de boi à fond plat et peu profonds, et agité avec une large spatul pour que l'eau qui pourrait s'y trouver puisse s'évapore (1) M. Rbinaud, Monuments arabes, etc., tome II, p. 298. (î) Du Halde, ouvrage cité, tome II, p. 174. MONUMENTS ORIENTAUX. 401 il est versé sur dos feuilles de coton cardé, enveloppé L8 ces feuilles, et enfin renfermé dans un morceau de toile. m cette double enveloppe, il est soumis à une presse sous -* ^iCtion de laquelle il s'écoule à travers les deux tissus. Ces 'mûers détails sur la préparation du vernis, qui ne se trou- ^i^t ni dans louvrage du père du Halde, ni dans les mémoires missionnaires, nous ont été fournis par les dessins d'un i^iun du cabinet des estampes de la Bibliothèque royale de (0-e, 39.c), qui sont accompagnés de notes explicatives. ^^Visulte également de ces notes que l'huile siccative de thé et ' ^^ï*»enic entrent dans la préparation du vernis. XL^e vernis s'emploie de deux manières : la première, qui est 2>lus simple, consiste dans son application immédiate sur le . Après qu'il a été bien poli par différents moyens et en- d'une espèce d'huile que les Chinois nomment iong-yeou, le recouvre, lorsque cette huile est bien sèche, de plusieurs ^ohes de vernis, qui ne sont posées, bien entendu, que suc- livement, jusqu'à ce que le vernis devienne si éclatant qu'il ^canble à une glace de miroir. Quand l'ouvrage est sec. on y t. en or ou en argent, des sujets, des oiseaux ou des fleurs, ^^ l'on passe enfin sur la peinture une légère couche de vernis, lui donne de l'éclat et la conserve. L'autre manière ^ib- le plus de préparation. Elle consiste à enduire d'abord le ^i« d'une espèce de mastic composé de papier de filasse et de :, qui forme le fond sur lequel est appliqué le tong-yeou ^^ «QBnite le vernis * . C'est avec ce mastic que se font ces des- ^^^ï^ d'un léger relief, qu'on rencontre souvent sur les laques. lies laques du Japon sont bien supérieurs à ceux de la ^^^iue. Au commencement du xviii® siècle, lorsque les laques ^^s^ient très recherchés en Europe, leur importation à la Chine ^*^iiiuût une des principales branches du commerce de ce pays ^^Qcle Japon. Les Chinois portaient ensuite ces laques à Ma- ^^^et à Batavia, d'où ils étaient envoyés en Europe*. Le plus beau vernis de la Chine est tiré des provinces de "^ÎBng-si et de Ssé-tchouen : c'est à Nanking que se trouvent (1) Du Haldb, tome II, p. 176. (2) Idem, p. 171. 3G 402 INTRODUCTION. les meilleures fabriques chinoises. On fait aussi des laques auTongking^ btee De tous les meubles et objets usuels que eonsenre notre sosueu. collection, les vases do métal sont les plus intéressants sous le rapport de l'art. 38 chinois. L*art dc fondre le bronze et d'en former des vases remonte, en Chine, à la plus haute antiquité. Les historiens chinois disent que Yu, qui fut associé au trône par Chun, plus de 2200 ans avant l'ère chrétienne, fit fondre neuf grands vases d'airain.^ sur chacun desquels il fit graver la carte et la description d l'une des neuf provinces de l'empire. Depuis un très grand nombre d'années, les vases de bronzi anciens sont recueillis et conservés à la Chine dans les mu- sées et les collections particulières, et la science archéologi . que, qui est très cultivée dans ce pays, a principalement di SOS études vers la connaissance des vases antiques a. L'em reur Kicn-loung, qui régna de 1736 à 1796, a fait publi en 42 volumes in-folio la gravure et la description des v antiques déposés au musée impérial. Cette description e; accompagnée d'une critique approfondie, qui fait remonter fabrication de ces vases jusqu'aux premiers temps de la d nistie des Chang ( 1 766 ans avant notre ère), et cette app: dation est souvent basée sur le contenu des inscriptions s'y trouvent gravées . Un exemplaire de ce magnifique ouvra^^ existe à la Bibliothèque royale de Paris. Parmi les vases de bronze de notre collection, celui qui catalogué sous le n^ 1978 présente un grand intérêt. Il po: une inscription qui constate qu'il a été fabriqué sous la dy- nastie des Ming, dans la période Sious[n-te, qui correspo; aux années 1426 à 1436 de l'ère chrétienne. Or, durant période, sous le règne de l'empereur Siouan-tsoung, le prit au palais impérial et dura pendant plusieurs jours, violence de l'incendie fut si grande qu'une quantité p gicuse d'or, d'argent et d'airain fut fondue par les flammes, (1) Du Hai.de, tome II, p 173. (V) M. Paitiufr, ouvrage ril^', p. :»o et 201 . MONUMENTS ORIENTAUX. 403 ^u.s ces métaux furent mêlés ensemble. Les annales chinoises ajoutent qu*on fabriqua avec le métal qui était provenu de cet ^lli^kge un grand nombre de vases. Ces vases sont très estimés 1^ Chine et d'un grand prix * . Ne peut-on pas supposer, sans 'p de témérité, que le vase n° 1978 de notre collection a été ^^Tiqué avec cet alliage précieux : la finesse de la fonte et la ^^lle couleur du métal semblent en fournir une indication, que confirmer Tinscription et la date qui s'y trouvent em- vases n^ 1973, 1974 et 1976 paraissent provenir de la origine, i les objets meubles de TOrient, il n'en est pas qui vascs ûtàhe», jsentent plus d'intérêt que ceux qui nous viennent des du moyen âge qui cultivèrent avec succès les lettres, sciences et les arts. Deux raisons motivent cet intérêt. La aniére résulte de l'utilité qu'il y a de rechercher les analo- qui peuvent exister entre les productions artistiques des , BOUS le double rapport des procédés de fabrication et 1 ^ornementation, et- celles des peuples européens, afin de Burer si réellement les œuvres des artistes arabes ont ^^Ycé une influence quelconque sur la direction que prit l'art Europe, soit au xi*^ siècle, au moment de sa transformation» plus tard, à la fin du xii®, à l'époque de l'adoption du ^^iylf3 ogival. La seconde dérive de la beauté même de ces ^^Vi-ages. lues monuments de l'architecture arabe ont déjà, depuis ^^*^^" )mp8, fixé l'attention des savants ; mais ce n'est que dc- f^^^ peu d'années qu'on s'est attaché à l'étude des productions arts industriels. Les monuments en sont extrêmement ra- ; il fallait d'abord les rechercher, puis en expliquer les in- itions, afin d'y découvrir, s'il était possible, le lieu et Té- ^^^ue de leur fabrication. Bien peu de personnes pouvaient se *^^Ter à cette étude, qui exige une connaissance approfondie ^^8 langues asiatiques. Déjà cependant des matériaux ont été préparés, des monu- (t) Du Halde, ouvrage cilo, lomc i, p. 512. 404 INTRODUCTION, ments ont été décrits ; et si la rareté de ceux qui subsistent^ permet pas encore de se former une opinion bien arrêtée les questions intéressantes que leur examen soulève, les cherches de quelques savants ont fourni la date de pièces sont conservées dans les musées et dans les collections^ donné connaissance de fabriques dont nous possédons de beaux produits. Ainsi notre savant orientaliste, M. Reinaud, dans son collent ouvrage sur la collection de M. le duc de Blacas, a connaître un grand nombre de pierres gravées, d'armes, vases et d'autres objets dus à l'industrie des Arabes ; il a pliqué les inscriptions qui s'y trouvent reproduites, et a j à ces documents, déjà si intéressants par eux-mômes, des seignements précieux sur l'histoire, la religion, les usager les habitudes de la vie privée des Musulmans. Par là il a les archéologues, dont les recherches ont spécialement objet la question d'art qui se rattache à ces productions , à m de les étudier avec fruit et d'établir des points de comparaift M. Adrien de Longpérier s'est aussi occupé de l'étude productions de l'industrie artistique des Arabes, et dans [F sieurs articles insérés dans la Reçue archéologique il a déc? avec soin la belle coupe trouvée à Fano, que possède le binet des médailles de la Bibliothèque de Paris, et plusie autres monuments dont il a expliqué les inscriptions*, dant même la question de savoir si au moyen âge les artis de l'Occident ont fait des emprunts à l'ornementation mise pratique par les Arabes, il a établi, par un certain nomb' de monuments, que des caractères de l'écriture arabe, plus €?' moins défigurés, avaient été employés comme motife de déco- ration par des artistes chrétiens^. Nous ne nous occuperons ici que des ouvrages de métal, afin de chercher à établir l'âge et la provenance des vases que possède notre collection, sous les n^ 2005 et 2006. Les vases arabes sont ordinairement en laiton ou en métal (1) Revue archéologique, lomc 1, p. 538; lome lll, p. 339. (2) Ibidem, tome 11, p. 695 ; tome 111, p. 408. or MONUMENTS ORIENTAUX. 405 Uiage, compoBé de cuivre etd'étain. Ils sont enrichis dor- oaents ciselés ou estampés et rehaussés d'entrelacs, d*ara- atqaes et même de sujets rendus par une fine damasquinure urgent. On rencontre aussi un assez grand nombre de mi- Inexécutés avec ce métal d'alliage et dont le revers a reçu même genre d'ornementation. f armi les plus belles et les plus curieuses productions de ;te industrie, on doit citer plusieurs pièces de la collection M. le duc de Blacas, la jolie coupe de la Bibliothèque jTJde de Paris, et surtout le magnifique vase connu sous le aade vase du ch&teau de Vincennes, que conserve le musée Xouvre, et qui a été rapporté d'Orient par saint Louis, si EX doit en croire la tradition. Lde travsdl de damasquinure dont sont enrichis les objets nétal dus à l'industrie arabe est exécuté par deux procé- ^ différents : tantôt le métal a été légèrement champlevé ^x« la forme extérieure de la figure que l'artiste voulait ^he Ibn-Sayd, qui, dans son ouvrage, nous a appris que les vases de métal de Moussoul étaient exportés pour l'usage des princes. 11 est temps d'arriver h la description des monunacnts de la collection. DESCRIPTION DES MONUMENTS '27 DESCRIPTION. PREMIÈRE PARTIE. MONUMENTS EUROPÉENS. SCULPTURE. |i 1. SCULPTUHC EN BOIS. ^"* I — Haut relief. =: Le milieu est occupé par un quatre- '^H^sinBcritdans un losange, dont chaque face estsurmontée ^*^ pointe d'ogive. Le quatre- feuilles renferme une tête de ^ éthiopienne; les pointes d'ogive, des figures de fentassins, '^^«B d'un caractère différent , dans l'attitude du combat. ^ Scènes assez singulières sont sculptées de chaque cAté du ^*ige : à gauche , un homme velu aux prises avec un lion ; ***^itc , un chevalier combattant une lionne. Ce guerrier est ^^tu du haubert complet et du pantalon de mailles k pieds, ^ genouillères. Un casque arrondi en forme de demî-œuf, ^*8 nual, recouvre la cap^AV de mmllea relevée sur sa t*te; "*^eBsus le haubert il porte une cotte d'armes à courtes man- ''*8. qui lui descend jusqu'aux genoux. La ceinture militaire 412 MONUMENTS EUROPÉENS. est bouclée au-dessus de sa cuisse gauche, et soutient le four- reau du braquemart dont sa main est armée. Ce système d armure a été en usage depuis le milieu du xi* siècle jusqu'au commencement du xiv® avec de légères modi- fications. Au temps de saint Louis, le haubert de mailles cou vrait les membres supérieurs et inférieurs jusqu'aux extrémi- tés. A peu près à la même époque, on commença à applique sur la cotte de mailles, aux endroits qui offraient le plus d'in- térêt, des pièces de fer plat, particulièrement aux coudes et ai genoux ; enfin l'usage du pantalon de mailles avait cessé av< les dernières années du xiii*^ siècle*. On retrouve donc, dans L ^^ personnage armé qui combat la lionne, une représentatif — ^. exacte d'un chevalier de l'époque de saint Louis. Les sujets représentés de chaque côté du losange ont é ^^^ particulièrement affectionnés au moyen âge. Le lion, dans ^ croyance populaire de ce temps, était une des formes partia — ^ Hères attribuées au démon , forme sous laquelle le vu]g& s'imaginait qu'il se rendait parfois visible ; aussi les artis reproduisaient-ils souvent cette lutte de l'homme avec le lii Le moine Théophile, dans son Traite desarts, reconmiandeTi ploi de ce sujet sur les vases d'or et d'argent que les orféi devaient exécuter au repoussé*. Quant à l'homme velu, c" une création contemporaine de la chevalerie. Une fois les ladins errants inventés, il leur a fallu des adversaires au-i sus des données communes de l'humanité. M. A. de Lonj rier, dans une notice sur les figures velues s, a signalé foule de monuments du moyen âge, où des hommes velus représentés. Cette villosité, symbole de la force, apparal^C^ XIII*' siècle, et l'on retrouve ce genre de représentation jusq»-^ ^^ ccmmencement du xv^'. Les enchanteurs étaient ordinaireir»-^^* figurés par un sauvage velu. Nous pensons que l'intentioc^- ^" sculpteur de notre bas-relief n'a pas été de représenter un -^^^^ sonnage de cette nature. L'homme velu au;c prises avec^ ''^ (1) M. Allou, Études sur les armes du moyen âge, Mém. de la S9^'^ ^ des aniiq, de France, tome X, et tome IV, nouvelle série. (2) TiiEOPHiLi Dirersarum artium schednla^ lib. 111, c. Lxxvii. (3) Revue archénîogùjue, lomr H, \). 500. SCULPTUUli EN BOIS. XIll» S. 413 lion, et rhomme armé qui combat une lionne, ne sont-ils pas "lïs en regard Tun de l'autre pour symboliser cette pensée, que i "onune doit résister au démon avec les seules forces qu'il a ^■^ÇUcs de Dieu , de môme qu'il doit combattre avec les armes »^®mporelles les ennemis de la chrétienté sur la terre? Ce double emblème convenait à la décoration du harnois de guerre n distingue dans la hampe le sommet et le pied. Les doux parties la- % étales de la traverse sont nommées croisillons. ( M. DmnoN, Iconoqra- \ Vh\^ chrétienne. Histoire de Dieu. Paris, 1813.) 414 MONUMENTS EUROPÉENS, byzantine ; nous avons donc pensé qu'il serait utile de do rsk. jier un fac-similé des inscriptions qui s'y trouvent gravées, ^^fc^^dc présenter une description de ses douze bas-reliefe. Les inscriptions ont été déchif&ées par M. Hase, qui ^^JMk a rétabli le texte, souvent incorrect et incomplet. Le savante Ksel- léniste a pensé, à l'inspection des caractères, que la confecs'Csofl du monument devait remonter au xrv^ siècle, et qu'on ne ][»n«3u- vait absolument lui assigner une date qui ne soit antéric^ vire au xv*^. Pour ce qui est de la description des sujets, ce n'est; futs une chose peu curieuse que de l'avoir trouvée toute faite d^Buis le manuscrit byzantin 'EpfAT]VE(a ttjç CbiypacpixTiç , Guide d^ ^ Peinture, que M. Didron a découvert en 1839 dans toas 1^ ateliers des peintres du mont Athos, et qui est encore aujo vuv d'hui, comme il était au xn^ siècle, le manuel et la loi de t>^=>ut artiste de l'école orientale ^ Nous avons imprimé entre guillemets tout ce que nous aT^^M copié textuellement dans le Guide de la Peinture, et L ^ pourra se convaincre que, si l'artiste qui a sculpté notre i^^^' nument n'a pas toujours pu comprendre dans ses cadres, ^ raison de leur peu d'étendue (30 à 35 millimètres sur 25), i^^ ce qu'indique le manuel, il n'en a cependant rien omis d'i-*^' portant, et qu'il a su se renfermer rigoureusement, sou"^^^^ même à l'égard de détails minutieux, dans les règles itt^^' riables que ce curieux code, reflet des traditions du pas0^' * tracées aux artistes grecs chargés d'historier les monunm^i'^ religieux. Nous allons suivre, dans la description des bas-reLi^* l'ordre dans lequel ils sont placés, en commençant par ^i^^^ qui couvre le sommet de la hampe. Ces bas-reliefs ont '^f^ sujets les grandes fêtes de l'église grecque. PREMIÈRE FACE DE LA CROIX. Sur le sommet de la hampe : 4'0ei/arre;iic '() £OaYYeXiff[jxoç. — L'annonciation. (1) Voifczdi l'Introduction, p. 31. SCULPTURE EN BOIS. XIV' S. 415 « Maisons. La Vierge » assise, ** la tête un peu inclinée. ** Dans la main gauche elle tient un fuseau... Saint Michel * Gat devant elle ; il la salue de la main droite et tient » une Wi^Ache de palmier fleurie « de la main gauche. » Le Guide ^^ : une lance, c est-à-dire un bâton de lance. •• Au-dessus " de la maison, le ciel. Le Saint-Esprit en sort sur un rayon ** «}ui se dirige vers la tôte de la Vierge. »• Sur le milieu de la traverse . +Hr6rsHCicjxy *H yéwifjffiç Tou X[piffTo]u. — La nativité du Christ. Fne grotte. Au dedans, du côté droit, la mère de Dieu à moux ; elle pose dans la crèche le Christ, petit enfant em- ** lEKiaillotté. . . Derrière la crèche, un bœuf et un &ne regardent ** 1^ Christ. . . Hors de la grotte, des brebis et des bergers ; " l*iin d'eux joue de la flûte... D*un autre côté, les mages, à Oieval, se montrent rétoile. . . Au-dessus de la grotte, une ^ule d'anges dans les nuages. . . Un grand rayon de lumière lescend jusque sur la tète du Christ. » Xà s'arrête le Guide; mais notre artiste n a pas trouvé son Ire de 37 millimètres carrés suffisamment rempli , et en d'une légende recueillie par Siméon le Métaphraste, il pX^ice en avant de la grotte deux 8ages;femmes qui lavent len- ^^xit Jésus dans un bain. Saint Joseph, qui n'avait pu trouver pXnce dans la grotte, comme le voulait le Guide, est assis k ^^* la barbe arrondie; »» celui qui est à gauche - imberbe. Saint Longin, le centurion, regarde le Christ; élève la main et bénit Dieu. Au bas de la croix, une petite tte où est le crâne d'Adam. »» ur le croisillon gauche : *H (îvatrroatç. — La résurrection . l) Manuel â^ Iconographie chrétienne, p. 467. 0 Une cassure du bois a séparé Va, du p, donl la jonclion par le bas ^^^ait une bifurcation qui exprimait W. 418 MONUMENTS EUROPÉENS. Sous co titre, qui semblerait annoncer la sortie de Jésus du tombeau , l'artiste a réellement représenté la descente du Christ dans Tenfer, en se conformant aux prescriptions du Guide : *< Les portes de l'enfer sont renversées ; le Christ les » foule aux pieds. Le Sauveur prend Adam de la main droite H et Eve de la main gauche. . . David est prés de lui, ainsi que » d'autres rois justes avec des couronnes et des nimbes... *• En arrière, •« une foule de personnages. Tout autour, une lu- « mière éclatante ; » une tôtc d'ange ailé dans le haut. Le Guide dit : ** Une foule d'anges ; » mais l'espace manquait à notre sculpteur. Sur le croisillon droit : +HKOJMHWDT 'H xoifiriatç Tpç]. — La mort de la [Vierge]. «» Maison. Au milieu, la Vierge, morte, couchée sur un 1- ^t, les mains croisées sur la poitrine. De grands flambeaa:^^ et des cierges allumés. Devant le lit, un Hébreu» dont ï^ mains coupées sont attachées au lit, et, prés de lui, un avec une épée nue. » Au premier plan, « saint Pierre un encensoir; tout autour, les autres apôtres et les évéques... Au-dessus, le Christ, tenant dans ses Tàme de la Vierge, ^ sous la figure d'un enfant emmaiUo deux anges sont à ses côtés. » Sur la hampe, au-dessous de la traverse : K ec lis .«i; + HrBNTHKOSH 'H icevTYjxo^. — La Pentecôte. *« Une maison. Les douze apôtres assis en cercle. Au- *• sous d'eux un homme âgé, ** assis dans une cathedra, «iii •« à deux mains devant lui une nappe dans laquelle il y a doi *« cartels roulés.» Ce vieillard couronné, portant le cos des empereurs byzantins, est la personnification du Dans le haut du tableau, un disque dont les rayons se ikt^ gcnt vers les apôtres. :0^ e j?*^ r-^ il .\aH 51 (sn *^i«' SCULPTURE EN BOIS. XIV» S.- «1î> ir le bas du pied de la hampe : *H pa!ç""^i(»cA, qui est probablement celui du sculpteur. — h. sr corn. 0 — Statuette coloriée. = Une sainte. Elle porte aussi robe rouge, avec un manteau en étofife d'or, et tient un ' * '^i^an'c ouvert. Le socle porte le nom de Brucsch. — h. so cent. -• 1 — Tête de quenouille. = Elle est formée d'une tige ^^P"li:»drique surmontée d'une main fermée ; sa surface, divisée ^^* ^Tois compartiments par deux ceintures de feuillage, offre ^^ *a sujets sculptés dans l'intérieur de la masse. Les figures, "tirées avec une grande délicatesse, portent le costume du mencement du règne de Louis XII. — ii. S5 cent., d. 5. ^3 — Figurine coloriée et dorée. =Melchior, l'un des ^ mages ; il tient un vase de parfums. — h. 9 cent. * 3 — Diptyque sculpté en bas-relief. = Au feuillet droit, * ^^ioration des mages ; au feuillet gauche, la crucifixion. T^Tivail allemand de la fin du xv*' siècle. — h. 45 cent., l. 45. * 4- — Quatre consoles. = Elles sont ornées de figures *^^lptées en haut relief : un ange portant un écusson aux •'^^^ïos de France; un ange tenant un écu aux trois hermines; ^^ Baint avec un livre dans les mains ; un ange tenant un P*^ylactère. — h. w cent. 1 6 — Gros grain de chapelet de forme sphérique. = Il *^^Uvro à charnière en deux parties, et présente dans Tinté- ^^^r deux médaillons sculptés en haut relief. Dans l'un, Jésus ***i8, entouré d'une auréole rayonnante, bénit de la main ^'^ite, et tient de la gauche le globe surmonté de la croix ; **^8 l'autre, saint Jean écrivant son évangile. Ia surface extérieure est couverte d'ornements réguliers "^nsle style ogival de la fin du xv*" siècle. — d. s* miii. 16 —Trois panneaux divisés en quatre compartiments. sculpté? en ba»^-relief. = Sous (juatre arcades en accolade , 422 MONUMENTS KUROPËËNS. soutenuos par des colonnes carrées, sont représentés les sujets suivants : Hercule combattant le lion de Némée, Hercule étouffant Antée , et deux joueurs d'instruments portant le costume de la fin du xv^ siècle. Ces panneaux sont encadrés par deux pilastres décorés de niches, qui sont remplies, celles du haut par des bustes, celles du bas par des sirènes. Époque de Louis XII. —H. 60 cent, L. de celui da milieu 48 cent. ; des deux autres, 27. 17 — Petit autel domestique, sculpté en haut relief. = L'adoration des mages. Dans le tableau central, sur le pre- mier plan, la Vierge, assise dans Tétable, présente Tei^hiit Jésus aux mages venus d'Orient. Dans le fond, on aperçoit la suite des trois rois. Cette composition, qui présente vingt-deux personnages et plusieurs animaux sculptés en haut relief avec une délicatesse surprenante, est renfermée dans une niche de 20 millimétrés d'épaisseur sur 45 millimètres de large et 70 de haut. La voûte en plein cintre est décorée de festons découpés à jour ; l'ex- trados se relève au centre pour former une ogive en accolade, surmontée d'un pédicule terminé par une pointe. Sur chacun des volets, trois sujets sont sculptés en bas-relief : dans le volet droit, l'annonciation, la visite à sainte Elisabeth, la Vierge et saint Joseph en adoration devant le Christ ; dans le volet gauche, la circoncision, la fuite en Egypte, Jésus enseignant dans le temple. La niche repose sur un socle où se trouvent gravés en lan- gue flamande les noms des trois mages : Jasper, Baltesab, Melcior. Travail flamand de la fin du xv^ siècle. — h. tôt. f s cem. 18 — Figurine coloriée en partie. = La Vierge, cou- ronnée et revêtue de riches habits, tient l'enfant Jésus dans ses bras. Travail allemand. ~ h. 7 cent. Elle est placée dans une niche de bronze doré, décorée dans le style ogival du xv* siècle. 19 — Deux panneaux sculptés représentant des vases d'où sortent d'élégants rinceaux, soutenus par deux personnages. SCULPTURE EN BOIS. XVI» S. «1 Tases sont placés sur des piédestaux formés de sphinx T ^)uvrage du commencement du xvi* siècle. - h. eo cent., l. m. 20 — Deux panneaux sculptés. = Arabesques. 3Méme époque. — h. eo cent., l. 38. 21 — Statuette coloriée. = Un abbé mitre. De la main ite il bénit; de la gauche, il tient sa crosse, à laquelle est le 9udarivm, espèce de voile que la règle prescrivait :3 abbés pour les distinguer des évéques , et indiquer que leur ^€orité était d'une nature secrète et subordonnée. — h. ss cent. 32 — Statuette coloriée. = Une abbesse. Sa tête est cou- Brie d'un voile noir. Une riche chape, sous laquelle on voit ]^ yétement de son ordre, couvre ses épaules et descend J^^^^qu'à terre. Elle tient à la main un calice ; sa crosse est ap- P^*3ée sur son bras gauche. Oette statuette fait pendant à celle n^ 21 . — h. is cent. 23 — Tombeau à couvercle prismatique. = Les plans incli- ^^•^ du couvercle sont décorés d'ornements, sculptés en relief, ^^^■c^jruntés au style ogival. Sur les deux faces longitudinales la tombe, se trouve gravée cette incription : Memoare (sic) ISSIBfA TUA ET IN ETERNUM NON PECCABI8. Le COUVercIo s'oU- à charnière, et le tombeau ne présente encore aucune ca- , le cofire et l'intérieur du couvercle étant fermés par des les sculptées. Sur la table qui ferme l'ouverture du cercueil représenté, revêtu d'une longue robe flottante, le person- qui vient d'y être déposé. Cette inscription : Omnia s habent tebcpus nascendi tempus moriendi. EccL 3, est vée sur le listel qui borde la table tumulaire. Cette table lève, et an revers se trouve une composition qui comprend ^^gtcinq personnages : Jésus dans sa gloire reçoit la Vierge, S est couronnée par des anges ; des saints sont aux pieds la mère du Christ, et plus bas, des anges célèbrent, par un '^cert, son arrivée dans le séjour céleste. L'inscription: ^— ORIA PATRI ET FILIO ET SPIRITUI SANCTO, OSt gravéo SUr l'eU- ^^^'^bement du baft-relief. Au fond du tombeau repose un corps ^^*^8que réduit à l'état de squelette; le bandeau qui entoure cette 424 MONUMENTS EUROPÉENS. dernière cavité est couvert do l'inscription : Moritur doct UT INDOCTUS ET IDEO TEDUIT ME VITE MEE. Eccl. 2. La tàb qui recouvre la partie creuse du couvercle offre la résurre tion au jour du jugement dernier ; elle se lève, et au revers e représenté l'enfer. Enfin, au fond de la cavité du couvercl on voit un corps attaché par une chaîne. Une bandelette, q circule du haut en bas, est couverte de cette inscriptioi Pater Abrhas miserere mei et mitte Lasarum. Luce. (sic) Si Ton n'avait pas ce monument sous les yeux, on aun peine à comprendre comment l'artiste qui l'a exécuté a \ renfermer tant de personnages, des sujets aussi compliqué des inscriptions si nombreuses et si nettement gravées, dai aussi peu d'espace; ce petit sarcophage, en effet, n a que i millimètres de longueur sur une hauteur moyenne, y compr le couvercle, de 28 millimètres, et une largeur de 17. Travail du commencement du xvi* siècle. 24 — Tombeau à couvercle prismatique. =L.e cercueil et se couvercle sont enrichis extérieurement d'ornements sculpti en relief. L'intérieur du cercueil ne présente qu'une table rei foncée sans sculptures. La cavité du couvercle est fermée pi une table sur laquelle est sculptée la résurrection au jour c jugement dernier. Cette table se lève, et au revers on voit I< damnés précipités en enfer par les diables. Une seconde tab au-dessous de la première représente le même sujet; elle se le' également, et laisse voir, au fond de la cavité du couvercle, \ corps nu chargé de chaînes et dévoré par les flammes. Travail de la môme époque. — \.m^. 57 miu.. 11. !."> mm., l. le. 25 — Lettre F. Elle est découpée dans un morceau de bc de 13 millimètres d'épaisseur. Les doux côtés sont couyer de rinceaux élégants. La lettre s 'ouvre à charnière, et présen ainsi deux F adossés ; elles sont décorées de cinq médailloi sculptés, réunis entre eux par des groupes d'enfants et de a lamandres, ce qui peut faire supposer que cette pièce a é exécutée pour François P^ Ces médaillons, dont les plus grands n'ont que là millîmi très (le dianuHr(\ présoutont chacun un sujet : la crueiiixioi SCULPTURE EN BOIS. XVI» S. 425 Arthur, Judas, Charles, Godefroy, Hector, Alexandre, Jules, ^osué etDayid. Plusieurs de ces personnages sont revêtus des <^tume8 ou des armures du commencement du xvi^ siècle ; ^ Josué porte sur son écu une salamandre, emblème de Fran- l^isl"; Charles, Taigle impériale àdeux tètes sur le caparaçon d^ son cheval. X existe au musée du Louvre une lettre M que Ton attribue * 1 ^artiste qui a sculpté cet F. Travail du premier quart du xvi* siècle, —h. 7 cent. 26 — Composition de ronde bosse. = L*arbre de Jessé. Le ne symbolique sort des entrailles de Jessé, et s'élève en je- à droite et à gauche des rameaux qui portent les douze de Juda, ancêtres du Christ. La Vierge, tenant lenfant aaus, est assise au sommet, dans le calice d'une fleur de lis S^^^antesque. .-H. S7 cent. 27 — Médaillon. =Portrait de femme; elle porte le costume *tl^anand. Travail d'Augsbourg; premier quart du xvi* siècle d. 55 miii. 8 — Statuette coloriée. =Un moine. Il porte une robe d*é- ÎB brochée d'or, que l'artiste a rendue par une fine gravure, ®^ ^ient un livre. — h. eo cent. 9 — Bas-relief colorié. = La Vierge, assise sur un nuage, et Tenfant Jésus dans les bras de saint Antoine de Padoue, stemé à ses pieds. Un ange, tenant une branche de lis, ^ au-dessus de la tête du saint. — h. 26 cent., 1.. is. 0 — Bas-relief colorié. = Saint Georges à cheval, combat- t le dragon. Dans le fond, Marie de Cappadoce lève les Sns au ciel pour le remercier de sa délivrance. — h. sa c. , i.. i8. 1 — Médaillon. = Portrait d'homme, "^ïravail d'Augsbourg, du milieu du xvi*^ siècle. — d. 5 cent. — Figurine. = La Vierge debout tenant l'enfant Jésus s ses bras. —h. 75 min. ^3 — Cadre de miroir. = La bordure d'encadrement est ^<:iorée d'arabesques et accompagnée de deux pilastres qui *^^1>portent un riche couronnement, que domine un aigle ^^^^ché sur un tronc d'arbre écoté. Les pilastres reposent sur 436 MONUMENTS EUROPÉENS. un soubassement qui se termine par un culots Deux qui y sont sculptés, au milieu de divers ornements, t un anneau auquel est attaché un écusson armoirié bandelette où se trouve gravé le mot suave. Travail italien de la bonne époque du x\'i^ s — h. n cet Ce cadre a été publié par M. DuSommerard.dans son 2^ série, pi. xx. Il renferme le portrait en émail de Qf France, catalogué n** 701 . 34 — Cadre de miroir. = L'encadrement est renfenr deux colonnes engagées, dont le fût, cannelé, est ( feuillages à la partie inférieure. Les chapiteaux, à voli niques, sont enrichis de feuilles d'acanthe. La frise, l piédestaux et le panneau renfoncé qui les unit sont c d'arabesques d'une délicatesse surprenante , décou] appliquées sur le fond. La corniche est surmontée du ton découpé. Des consoles renversées, décorées de tète liers, accompagnent la tranche du cadre, terminé par i composé de têtes d'anges et d'un enroulement d'anifa Travail allemand. ^ h. 55 cent., l. ae. Ce cadre renferme le portrait en émail de Franc catalogué n"" 700. 36 — Arabesques découpées à jour et sculptées deux côtés, d'une pièce de bois de 5 millimètres d*épi ayant la forme d'une demi-circonférence. Travul d'une finesse — d. is cent. 36 — Arabesques sculptées en haut relief et décoi jour. :=:Un amour ailé, jouant do la mandoline, est ass deux pédicules qui soutiennent des pupitres où se ces des livres. Une draperie qui retombe encadre toute position. Cette pièce n'est qu'un fragment; il est prés que deux personnages, en face l'un de l'autre, étaientà devant les pupitres, —h. u cent., l. 12. 37 — Petit socle carré. = Chaque face présente un qui renferme un bas-relief : la descente de croix, le mis au tombeau, la résurrection de Jé.sus, la descente ^ dans l'enfer. - 11. ^i miii.. i.. 11. SCULPTURE EN BOIS XVÏ« S. 427 58 — Médaillon ovale. = Saint Georges combattant le >n. — H. s cent., L. 4. 59 — Croix byzantine. = Elle est portée sur un socle de centimètres de hauteur, qui a la forme d'une tour à huit 18 irréguliers. Cette tour s'élève au-dessus d'un soubasse- la^^st octogone ; elle est divisée dans sa hauteur en cinq éta- gc^aa, en retnûte les uns sur les autres. Chacun des pans, à chm^siqne étage et dans le soubassement, renferme un bas-re- lief. Le socle, dans son pourtour, présente donc quarante- liia^St basHreliefs, y compris ceuxdu soubassement, tous sculptés et^ découpés à jour. Xa croix, qui s'élève au-dessus de la tour sur une tige an- nulée, est prise dans un morceau de bois de 33 millimètres d*^pais8eur. La hauteur de la hampe est de 30 centimètres, traverse a une longueur de 125 millimètres. La lar- de la traverse et la hauteur des croisillons sont de millimètres. CI!hacune des faces de la croix contient six bas-reliefs, un sur 'e j^ ommet de la hampe, trois sur la traverse, deux au-dessous, ^^^'K:^ le pied de la hampe; ils sont encadrés dans un listel, ^«^^jrgé d'élégants fleurons, qui borde la croix. La tranche, ^^ chaque côté, offre quatre bas-reliefs, un sur le sommet, un le croisillon, deux sur le pied de la hampe. Tous les bas- efs sont sculptés et découpés à jour en arrière de fines ^^^■*^>nnette8 qui supportent des arcades ogivales, et dont ils ientièrement détachés. Le dessus du sommet do la hampe, -si que le dessus et le dessous des croisillons, sont ornés de '"^Xlptures pleines. La croix comprend ainsi vingt-cinq bas- sujets des bas-reliefs qui décorent la tour sont tirés de Oenèse et de l'Exode; ceux des sculptures de la croix sont dans les merveilles de l'Évangile : c'est la nouvelle loi ^^"Ui g'appuie sur l'ancienne. Toutes ces sculptures, à l'excep- ^on de celles qui sont placées au-dessus et au-dessous des ^^isillons, sont surmontées d'une inscription en grec vul- ^re très altéré ; l'ignorance de l'artiste a tellement défiguré ou mutilé les mots, que plusieurs sont à peine reconnaissa- 4M MONUMENTS EUROPÉENS. bles ; mais le savant helléniste M. Hase a bien voulu étudier ces inscriptions et les déchiffi'er : nous pouvons donc, grâce à son profond savoir et à son inépuisable complaisance, réta- blir les mots de ces inscriptions d'après les règles de Tortho- graphe et en donner la traduction. Le monument dans son ensemble of&e une forme très élé- gante; mais, sous le rapport de lart, ses sculptures sont loin de valoir celles de la belle croix n°2; elles ne man- quent pas cependant d'intérêt : on retrouve dans plusieurs de celles dont TÂncien Testament a fourni les sujets, des dé- tails que ne donnent pas les livres sacrés, et qui semblent re- produire des traditions particulières à l'église d'Orient. Dans quelques-unes, l'artiste s'est abandonné à son imagination; ce qui doit faire penser qu'il n'était pas de l'école du mont Athos, si rigide observatrice de la tradition. Cependant, quand il s'agit de sujets qui se rapportent à l'Evangile, l'artiste est fidèle aux prescriptions des pères de l'Eglise, réunies en code dans le curieux livre 'Eputiveia tyJç ^iojyfxxcpixîiç, dont nous avons parlé sous le n° 2. Les monuments dominent dans ses compositions ; presque toutes les scènes qu'il représente sont disposées dans des édi- fices dont les détails intérieurs sont très compliqués. Sou- vent, lorsque l'espace lui manque, il place quelques-uns de ses personnages à l'étage inférieur, les autres au premier étage. Cette tendance de notre artiste doit faire supposer qu'il était moine et reclus, et qu'il n'avait sous les yeux que les édifices du monastère où il avait passé sa vie. La description détaillée de chacun des sujets nous entraî- nerait beaucoup trop loin, sans utilité : il nous suffira de les indiquer par les inscriptions dont ils sont accompagnés, en fai- sant remarquer les particularités qui pourraient s'y rencontrer. Les caractères de ces inscriptions ayant une grande analogie avec ceux dont nous avons donne le/ac-simile au n** 2, nous nous bornerons à rendre ces inscriptions en lettres capitales usuelles; mais nous donnons ici le fac-similé de celle qui existe au-dessous du socle, en forme de tour, qui supporte la croix, cette inscription étant du plus grand intér<5t, tant sous lerap- SCULPTURE EN BOIS. XVl« S. 420 paléographique qu*en ce qu'elle fait eonnaitre la date de onfection du monument et le nom de l'artiste qui Ta exécuté , 5 : 'ExeXetw^ ô oraupoç tou xuptou ^[jlcov 'lyjaoîî Xpi^rou e!ç ^^$C> VI XicpiXCou, elç fiç x6, &ito ^(^eipoçrcwpYiou tou Aaaxapi. — A été ^^^^nrminée la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en 1 567, ^ mois d'avril, le 29®, par la main de Georges Lascaris. oici maintenant l'énumération des sujets des bas-reliefs, ^^ mmençant par ceux du socle et par l'étage supérieur, Y^^^Jr redescendre jusqu'au soubassement. ETAGE SUPERIEUR. ï^ sujet APXHN ERIOI v^*ç] içjii^ fo:o{T|[(T£v. — Au commencement, il [Dieu] fit |les cieux et la terre]. Genèse ^ chap. I, vers. I . ÎI* YnAA2l2"re H TrXaffiç Toô [«vOpoVïiou. —Création de l'homme. G, II, 7. ao MONUMENTS EUROPÉENS. IIF sujet. EKAMENT 'E)c«î« t[V EClocv. — n fit (Eve. G, II, 22 IV^ ERE^KE n "KTcejx'Ie... Il envoya [Adam et Eve dans le paradis. G. II, V^. HnAPAAHlOl 'H(ô) IlapaSeiaoç. — Le paradis. Il est représente sous la fort:." d'un palais crénelé. G. II, 8. VF. 0OH2EMIAI 'O^iç wfjLiXYi[(iev. — Le serpent par[la à Eve. G. III, 1 . VIF. ARAOIEITO *A7rÀ(ij(iev eU to [SivSpov. — Il étendit [la main] vers Tfarbre. Adam mange le fruit défendu. G, III, 6 VBF. OEriMNOSE ''Oti Yupoç eï. — Que tu es nu. — Dieu reproche à Adam s^^ désobéissance. G. III, I f . SECOND ÉTAGE. F'- EKAMETONKANKE "Exafxe Tov KoCv xoti [tov ^AêeX. — Il engendra Caïn et Abcl. G, IV, 1 et 2. IF. Y0l2HA"reKAI 'H ôudi'a Tou Kaï[v. — Sacrifice de Caïn. G?. IV, 3. IIF. lOHSIATî^ABEA 'H Ôuai'a Toîî \^\. — Sacrifice d'Abel. G. IV, 4 . IV«. AREKTINEKAIN 'AirfxTeiveKaïv. — Caïn tua [son frère. G^. IV, 8. V^ 00PHN02"reADA 'G ôpîjvoç TOU ^&x|x. — Lamentation d'Adam. Eve, Adam et un troisièmo personnage pleurent devant le corps d'Abel, posé sur un lit« de chaque côté duquel brûle un gros cierge. La scène se passe dans Tappartement d*un pa- lais. Quel est ce troisième personnage que l'artiste a placé là auprès d'Adam et d'Eve! D'après l'Écriture, ils devraient être seuls : Caïn avait fui, et Seth n'était pas encore né. f SCULPTURE EN BOIS. XVl« S. fsi V^ sujet. EOAS'ETONABE ôo4« Tov ''A&[X. — 11 ensevelit Abel. — Le corps d'Abel est déposé dans un tombeau par un ange, circonstance qui n est pas indiquée dans la Genè$e. ^IF. HRENTSKA ËÏTO Tou Kà[ïv. — [Dieu] dit à Caïn. G. IV, 9 . "^in*. EKAMETOXIP \u To X(p. — II b&tit Chir. — Cette ville, bâtie par Caïn, ^est appelée Hénoch dans nos traductions de la Bible. IV, 17. TROISlÈBflB éTAO£. VnENTS'NOENAK Toû Nwe vi Aj^V-T^ xiêwTov. — Il dit à Noé de faire une arche. G. VI, 14. J^. lAOENOEEl^AOP "^llXôe Ncîk elç ik ^p[T). — Noé alla sur les montagnes, te circonstance n'est pas indiquée dans la Genèse. APXI2ETHKIB0 '^^yiitst d|[v] xi6(o[t<{v. — Il Commença l'arche. G. VI, 22. ETEAIOZENTIN t.tùtlwn djv [xt&orrfv. — Il termina rarchc. G. VII, 5. ". YA0ENOEETHKIBOT N5>c k "c^v xc6(0T[av. — Noé entra dans l'arche. G VU, 7. EKAOIZENKAO ^Exaôiacv eU t^ ^(wj. — Elle s'arrêta sur les montagnes. G, vni, 4. "^IK AnEKTlNEAAM \iokKtun Aapi[tx. — Lainech tua. G. IV, 23. ^ ^st à croire que le sculpteur a eti en vue les paroles énig- ^^îques de Lamech, et dont le sens est dans la traduction ^^ Septante (la seule reconnue par l'église grecque) : «• J'ai ** tué un homme parce que j'ai été blessé, et un jeune homme 432 MONUMENTS EUROPÉENS. « parce que j ai été meurtri. » L'artiste semble avoir sui une tradition d'après laquelle Lamech aurait tué à coups flèches ce jeune homme à genoux devant lui. VIIF sujet HEïOMOAOrH 'H IÇo(xoWyt)[(icç. — L'action de grâces. G. VIII, 20. QUATRIÈME ÉTAGE. I^^ HME0I2HT^N0E 'H (xiOuffiç Tou Nwe. — L'ivresse de Noé. G. IX, 21 '. 11^. inETbABPAA Éïire TOU 'Aêpaà[(x. — [Dieu] dit à Abraha[m. G. XII, 1 . IIK H0I2HATOABP 'H ÔuaCaTou 5iêp[aàtx. — Le sacrifice d'Abr[aham. G. XXII, 10 ^ IVe. HOHZENIATÎ^ABPAA 'H cpi[Xo]Ç€via TOU 'AêpQta[fx. — L'hospitalité d'Abraham. G. vm, 8. V^. HTOAOT Elç TOU AwT. — Vers [la porte?] de Lot. — Les deux anges ; Lot assis à la porte de Sodome. G. XIX, 1 . VR ErEPA2ENI2A. 'EY^paaev 'l(ia[àx. — Isa[ac] était devenu vieux. — Jacob ap- porte à son père des viandes délicates renfermées dans un vase. G. XXVII, 18. VIP. TOOPEAT^IAKO To tto[ê. Le puits de Jaco[b. G. XXIX, 2. (1) L^artiste aurait dû placer ce bas-relief, pour suivre Tordre chro- nologique des fatts, perpendiculairement au-dessous de la création. Il Ta placé au-dessous du sixième bas-relief de Tétage supérieur. Noos commencerons néanmoins notre description parce bas-relief de Vivretse de Noé. Nous suivrons également Pordre chronologique dans Pétage au-dessous, où le premier sujet que nous décrivons est placé au droit du cinquième bas-relief de Tétage supérieur, et aussi dans le soubasse- ment, où le premier bas-relief qui sera décrit est placé au droit do qua- trième de Tétage supérieur. SCULPTURE EN BOIS. XVI' S. 433 Tin« sujet HKAHMAZIYIAKO Miui ToS laxt&[e. — L'échelle de Jaco[b. G. XXVUI, 12. CINQUIÈME KTAGE. *^ EnOYAH2ATONI02lIAA -PH Tou IIeTe(pp^. — [On le remit] àPutiphar. G. XXXVII, 36. I*. HOHriTb^lOîHO •H(puyJiToulaKn{axVfpa[Xov. — On lejeta en prison. G. XXXIX, 20. EOEPAZITONIOZIOHT^ rt TOV 'ltoKn^

apaw. On amena Joseph à [Pharaon. G. XLI, 14. >•. HNEKAAOPA"reiO " ^^^^^**^aav $b5pa tou 'l "O àtrKW[ihç TOU laxr^cp. — Embrassement de Joseph. Il se fait reconnaître à ses frères. G, XLV, 14. !•. HAOEIAKOHT^OAP " ^^«\# laxà)6 sic Tiv 4>ap[oMo. — Jacob arriva devant Phar[aon . ff. XLVII, 7. SOUBASSEMENT. ^^- 0M0I2H2ENTIBAT0 *0 Mcouoric Iv TYj édcTb). — Moïse dans le buisson. ^-'^^ inscription n*est d'accord ni avec la sculpture, ni avec »® texte sacré, à moins qu'on no traduise : Moïse devant le 4Sf MONUMENTS EUROPÉENS. 11« sujet. EniPEM02HETH2rH2l2 APAHA 'Ett^P» Mwooriç i[x] ttjç y^ç lapon^X. — Moïso fit sortir Israël la terre [d'Egypte. ExodeXll, 61. Les Israélites, conduits par Moïse, sortent de TÉgyp leurs femmes les suivent achevai, ayant leurs enfants dev elles. IIR O0APAOAHOKITOMOH2H X) 4>apotw ôiwxEi Tov M S. 437 Sur le eroisillon : fiou Irrroo. — Ne me touchez pas ! Paroles du Christ adres- sées à Marie Madeleine. S. Jean, XX, 17. ^^u-dessous, sur la hampe : HANAAH'KH 'H ài£h\^i[(;. — L*assomption de la Vierge. Sur le pied de la hampe : HnENTHKOTH 'H irtvTTjxomq. — La pentecôte. •^K*tiste n a pas oublié la personnification du monde^ sous la Ye d*un vieillard couronné, assis au-dessous des apdtres. «ir le dessus du croisillon de gauche, la figure de saint il tient une clef à la main. Au-dessous de ce croisil- l^^*^ , rimage du soleil. Sur le dessus du croisillon de droite, Paul, la tête chauve, la barbe jonciforme, tenant à la le livre de ses épitres ; au-dessous, l'image de la lune. ^X^Ixifin, sur l'épaisseur du bois, au sommet de la croix, une à grande barbe, qui se détache sur un fond de fleurons. O — Bas-relief. = Le crucifiement. Jésus est attaché à la ; au fond, les murs de Jérusalem, au-dessus desquels <>^^ aperçoit les principaux édifices de la ville surmontés de ^^poles. T^r^vail grec. — h. 8o mui.. l. es. ^1 — Statuette. = Saint Sébastien. Le saint, dépouillé de *^» vêtements, tourne les yeux vers le ciel, et s'appré£e à re- ^^"Voir le martyre. — h. 89 cent. 42 — Bas-relief de forme trapézoïdale. = Ganymède en- ^é par Jupiter, sous la forme d'un aigle. — h.78 miii., l. moyenne m. 43 — Triptyque. = Dans le tableau central, la crucifixion. *^^ïi8 chaque volet, deux sujets : au volet droit, sainte Véroni- V^e présentant le linge sur lequel la sainte face est empreinte, ^ le Christ à la colonne ; au volet gauche, Jésus couronné d'é- piiies et le portement de croix. Ces sujets, découpés, sont 438 MONUMENTS EUROPÉENS. appliqués sur un fond de plumes de colibri. — h. » mm., l. îb. 44 — Bas-relief carré. = Vulcain, à la demande de Vénus, forge des traits pour Cupidon. Travail de la fin du xvi^ siècle. — h et l. e cent. 46 — Haut relief. = L'Enfer. Satan, tenant à la main une fourche à deux dents, harangue les démons rassemblés autour de son trône. La figure de Satan et celles de trois démons assis au premier plan se détachent presque entièrement du : fond. Cette pièce est exécutée dans un morceau de bois de 23 < millimètres d'épaisseur entièrement fouillé. Travail de la fin du xvi® siècle. — h. it cent., t.u. 46 — Grand cadre. = Il est orné de tètes d anges et de« masoarons sculptés en bas-relief. Travail italien de la fin du xvi^ siècle. — h. 8o cent., l. 45. Il a été publié par M. Du Sommerard, dans son Ailoi^'m chap. V, pi. viu. 47 — Médaillon ovale sculpté en bas-relief. = Portraits deis Daniel de Muderbach et de sa femme. Entre eux deux, un^ enfant, assis sur une tête de mort, tient d une main un sa — blier, de l'autre un cierge. Au-dessus des personnages, cette inscription allemande : WlE GoTT WILL DAS WAR MEIN ZIEL. La volonté de Dieu, tel est mon but. École d'Augsbourg du commencemeiit du xvn® siècle. Cette pièce provient du cabinet de M. le comte de Renesse- - Breidbach. .- h. ss mui., l. h cent. 48 — Bas-relief. = Joseph s'enfuit en laissant son man- teau dans les mains de la femme de Putiphar. >- h. locent., l. #•. 49 — Bas-relief. = L'annonciation et la nativité. Ces deux scènes sont exécutées sur une petite pièce de bois, de forme trapézoïdale, dont la tranche est décorée de masques et de petites figures. — h. IO cent., L. as miU. dans la partie supérieure. 6D — Hauts reliefs faisant pendant l'un àTautre. =LaCène et le lavement des pieds. Ces compositions sont exécutées dans des morceaux de bois de 3 centimètres d'épaisseur en- SCULPTURE EN BOIS. XV11> S. 439 rement fouillés. Les figures du premier plan se détachent -tièrement du fond. Travail du commencement du xvii*^ siècle. — h. 45 cent., l. is. ^1 — Poivrière piriforme. = Sur la panse, Neptune et deux adossés sont sculptés en haut relief. Le bouchon, é par une tête de femme, est retenu par une chaîne d'ar- t qui sort de la gueule d'un monstre marin. IZVavail italien du commencement du xyu"" siècle. — h. • cent. — Groupe sculpté dans le môme morceau de bois. = femmes nues se battant. X^ole flamande du commencement du xvii^ siècle. — h. i4 eent. 3 — Statuette. :=: Femme nue appuyée sur un tronc d*ar- • Elle tient d*une main un serpent , de l'autre une épée. Travail italien. — h. <» cent. A4 — Statuette, = Vénus sortant du bain. — h. a cent. â A — Bas-relief. := Diane et ses nymphes surprises au bain ^^x» Actéon. I^ravail italien. — h. ss cent., l. 31. •SB — Groupe. =Un jeune homme et un vieillard portant ^^^ oostume antique. Celui-ci tient à la main une tête de cheval Aci^séchée. — h. 7 cent. ^7 — Bas-relief. r= La conversion de saint Paul. Saul ^"^^xxversé de cheval est relevé par ses gens. Au second plan, ^^>^x>i» cavaliers de sa suite, dont un porte un étendard, sont ^Ti:xportés par leurs chevaux. .- h. 23 cent., l. i*. ^8 — Groupe. =La Vierge est assise, tenant l'enfant Jésus *^» ses genoux ; saint Joseph, debout auprès d'elle, s'appuie ^'^l' un b&ton et porte les ye,ux vers le ciel. Cette composition, ®^^tée de ronde bosse, est placée au milieu des ruines d'un ^onoment à arcades. — h. des figures 75 miii. i9 — Bas-relief .= Une vieille femme représentée à mi- ^t^. — H. « cent., L. 8. 60 — Haut relief. =: Le Christ à la colonne. Travail allemand. — h. «6 cent. Cette figure est placée dans un encadrement en bronse 140 MONUMENTS EUROPÉENS. doré, orné d'appliques en argent, qui est d une époque pos rieurc. 61 — Groupe. =Le Christ mort. Jésus descendu de croix est couché à terre ; la Vierge vient de poser un cous sous la tête de son divin fils ; un ange se tient à genoux f pieds du Sauveur. — h. des figures «e cent. 62 — Bas -relief de forme octogone. = Saint Antoine Padoue tenant Tenfant Jésus dans ses bras. Un ange est d le ciel au-dessus de ce groupe. Au revers est gravée cette inscription : mikael ooNDOEn NAXIENSIS SCULPSrr. 1679. —h. 12 cent., L. u. 63 — Groupe. =La Vierge assise tient lenfSEmt Jésus ses genoux; elle écrase le serpent sous ses pieds. — h. ss • 64 — Groupe. = La Vierge debout, tenant Tenfant Je dans ses bras, lui présente un cœur. — h. se cent. 65 — Groupe. = La Vierge debout présente au peuple 1 divin fils, qui tient à la main le globe surmonté d'une en Ce groupe est élevé sur un socle sculpté, pris dans le m^ morceau de bois. — h. 19 cent. 66 — Bas-relief. =Seila, suivie de ses compagnes, s'ava au devant de Jephté. Le vainqueur des Ammonites décl ses vêtements en apercevant sa fille, que son vœu Tobli^ sacrifier, —carré de 30 cent. 67 — Salière. = Trois enfants adossés à un pilastre, | tant chacun une coquille au-dessus de la tête. — h. tôt. 19 cen 68 — Statuette. = Un paysan. Son chapeau, sa hotte gourde et son bâton sont en argent. Un lézard de même m est à ses pieds sur le socle. Travail suisse. — h. 26 cent. 69 — Bas-relief sculpté sur une croix. = Sur le som de la hampe. Dieu le père étend la main droite au-dessui l'hostie sainte qui sort d'un calice portésur un nuage. LaViei saint Joseph et plusieurs saints sont prosternés en adorai Sur le pied de la hampe sont placés des pères de l'Église au-dessous deux anges disputant au démon un jeune enf SCULPTURE EN BOIS. XVII» S. 441 aboie de l'innocence. Un damné au milieu des flammes ter- le cette composition, dont le dessin est très correct et le TAÎl d'une grande finesse d'exécution. ~ h. n cent., l. 2. 0 — Bas-relief. = Trophée d'armes ; le centre est occupé une cataphracte antique, —h. «o cent., l. 7. 1 — Bas-relief. = L'ascension de la Vierge. La mère du îst est portée sur un nuage par deux anges. Les figures sont >upée8 et se détachent sur un fond de velours noir ren- ié dans une large bordure de forme ovale, qui est sculptée uirlande de feuillage. ravail de la fin du xvif siècle, —h. 57 cent., l. m. 2 — Bas-relief. == La sainte face de N. S. empreinte sur un B. — H. 38 cent., L. 30. 3 — Cadre en bois de chêne. == Il est composé de rinceaux ;ants surmontés par un amour, qui est appuyé sur une ère céleste. — h. u cent., l. la. 4 — Bas-relief. = Louis XIV. Buste de profil découpé et létachant sur un fond de velours. Il est posé sur un terrain Ton voit un coq qui terrasse un aigle 'à deux têtes ; on lit dessous : L. Morisan. 1708. Cette composition est renfermée tu une bordure sculptée, de forme ronde. — d. 22 cent. "îô — Haut relief. = L'archange Saint-Michel terrassant le ûaon. Le socle sur lequel ce groupe est placé est pris dans ^ême masse de bois. —h. 29 cent., l. 20. "76 — Tête de jeune homme. = La moitié de la face, dé- ^par des serpents et des crapauds, est dépouillée de chair ; litre moitié est intacte et belle, —h. h cent. 77 — Tête de mort. =Elle est enlacée par un serpent et ^ie par une griffe d'aigle. — h. 5 cent. 78 — Statuette. = Un orateur drapé dans un large man- tQ.^H. 26 cent. 79 — Cadre en bois doré. = L'encadrement découpé est ûé de fleurs et de coquilles ; deux têtes d'anges sont appe- lées sur les côtés; dans le haut, l'écusson armoirié du mare- ^A d'Harcourt. Le cadre est terminé par un culot ayant pour 29 442 MONUMENTS EUROPÉENS. motif une tète d'ange qui soutient un bénitier, —h. 49 ce 80 — Figurine. = Un moine ayant un chien coud pieds.— H. 55mill. 81 — Figurine. =Un moine tenant un livre, —h. 6 « 82 — Bas-relief. = Un guerrier, entouré d'une noi escorte de cavalerie, est renversé de cheval, foudroya main de Dieu. — h. i6 cent., l. 34. 83 — Bas-relief faisant pendant au précédent. = ' de cavalerie, dans une plaine traversée par un fleuve; sonnages portent le costume antique, —h. i6 cent., l. i4. 84 — Quatre bas-reliefs décorant un socle. =Le prii Tété, l'automne et l'hiver représentés par des enfants i tentles attributs des saisons. — h. ii cent., l. ss mui. La statuette n? 4 1 est placée sur le socle. 85 — Groupe. = Le crucifiement. Jésus est sur la à sa droite la Vierge, à sa gauche saint Jean. LaM£ est prosternée aux pieds de l'arbre de rédemption, qu*e embrassé. Ce groupe, en figures de ronde bosse, est < par une draperie relevée et soutenue par dix anges i en haut relief. — h. toule du monumeol 55 cent., L. 40. 86 — Bas-relief. = Trois enfants jouant avec des : de raisin. Travail du temps de Louis XV. — carré de ii cent. 87 — Cadre en bois doré. = Il est décoré de rineea six figures d'anges. — h. so cent., l. ss. 88 — Porte-montre. = La boîte circulaire où se montre est soutenue par trois amours et surmont figure du Temps. — h. m cent., l. m 89 — Un soulier à talon décoré d'ornements découp< 90 — Bas-relief. =Une vache qui paît. — h. io cent., 91 — Quatre bas-rehefs réunis dans le même c Scènes champêtres : la pêche, l'hiver, la laitière et h Ecole flamande. — h. de chaque bas-rcUef 14 cent , L. 9. 92 — Bas-relief. =Une femme, montée sur un ftne SCULPTURE EN BOIS. XVIII» S. 443 an paysan, s'apprête à boire un verre de vin qui lui est E-ésenté par un aubergiste. Un'&ne couché et deux moutons ^mxmplissent le tableau. — h. 2s cent., l. 29. ^3 — Bas-relief faisant pendant au précédent. = Une fem- csonduisant deux vaches, un àne et deux moutons, traverse l^orrent, en tenant un enfant dans ses bras. — h. 2s cent., l. 89. — Groupe. =Femme montée sur un coq. — h. 7 cent. — Groupe grotesque . =Un homme est affourché sur une qui se lève sur ses pattes de derrière. Un autre homme, dessous, cherche àla teter, tandis qu'un troisième s ef- à len empêcher. — h. 10 cent. 9 S — Groupe de quatre figurines. = Jésus entrant à Jéru- — H. 8 cent. B 7 — Groupe de trois figurines. =Copie du groupe de YEn- Jèfy^m^nt d'une Sabine, par Jean de Bologne. — h. » cent. 98 — Statuette. = Un écorché. — h. iscent. 99 — Statuette. =Un enfant assis, joignant les mains et élevant les yeux au ciel. — h. 9 cent. lOO — Diptyque sculpté et découpé à jour. = Chaque feiùlle renferme deux grands médaillons et trente-neuf petits, soutenant des sujets de piété ou des bustes de saints. L exté- Ti^^ est orné d'un médaillon à jour et d'ornements sculptés «^ïelief. ^vrage provenant des fabriques gréco-russes de Kiev ou ^ Viazma. —h. 10 cent., L. de chaque volet 75 mill. 101 — Bas-relief découpé à jour et appliqué sur un fond de 80ierouge.= Au milieu, dans un médaillon, trois personnages ^és, assis devant une table, représentent sans doute, sous une forme mystique, la divine Trinité. C'est du moins ce que paraît indiquer une inscription russe , écrite en caractères qui ne sont plus aujourd'hui en usage que dans les livres litur- giques, et dont voici la traduction : •< La sainte Trinité unique- «* ment existante, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, indivisi- ■» Ue par sa divinité. ^ Le surplus du champ est couvert d'une U4 MONUMBNTS HUHOPKKNS. hranclie de vigne, dont les enroulements forment quatre dallions où sont renfermés des bustes de saints. Ouvrage des mômes fabriques. — h. 85 mui., l. es. 102 — Une paire de pantoufles en bois, imitant le mi quin. ^ n. SCULPTURE EN MARBRE ET EN MATIERES TENDRES. 1 03 — Marbre blanc. =Busto de Béatrix d'Esté, fille d1 culc P^ duc de Ferrare , représentée à Tâge de douzr -z treize ans. Cette princesse, née en 1473, épousa en 1491 Lou^^is Maure, duc de Milan; elle mourut en 1497. Sur le socle est gravée cette inscription : DIVAE. BEATRia. D. HERCUL. F. Ce buste est attribué à Desiderio da Settignano, l'unu des plus habiles sculpteurs italiens du xv*' siècle. — n. 6s cent. 104 — Calcaire compacte à grains fins (Speckstein). Ba*— ^^ lief. = Charles-Quint et Henri VIII. Par suite d'un traité secret que Cliarles-Quint avait 001^^** à Bruges avec le cardinal Wolsey, ministre de Henri "VTf D. celui-ci déclara la guerre à la France, le 29 mai 1522. L*^**^ pereur ne négligea rien pour tirer avantage de la joncti^**^ d'un si puissant allié, et l'heureuse situation de ses affai^*^ lui permettant de partir pour l'Espagne, il voulut dans ^ route faire une visite à la cour d'Angleterre, et vint débarqi^ à Douvres. Henri, dont la vanité fut flattée d'une pareille ^^ marche, fit à l'empereur une réception magnifique ^ C'est mémoire de cet événement que Hans Dollinger, sculpteur graveur en pierres fines, qui à cette époque jouissait en AIl^^ magne d'une grande réputation, exécuta ce bas-relief. L'empereur est à cheval, revêtu de son armure ; le roi, quî^ marche après lui, est aussi à cheval, armé de toutes pièces. Les deux souverains sont entourés de chevaliers et de soldats à pied , et suivis de quatre dames montées sur des haquenées, (1) RoBERTSON, Histoire du règne de l'empereur Charles-i^uinL — San- DOVAL, Histmia del emperador Carlos V, lib. xi, J I, anno 15ît. Sculpture en matières tendres. xvi« s. avj ï^c conduisent des soldats allemands. Tout ce cortège tra- verse un pont, au milieu duquel s'élève un arc de triomphe. ^Qif ce monument sont gravées les armes de l'empire, et au- 6SS0US cette inscription : virti:tum et viaoRirM adumbracio. •c.xxii, et le monogramme de l'artiste, H. Hans Dollinger, en donnant à sa composition cette singu- -p« dénomination, Esquisse des vertus et des vices ^ a voulu itter l'empereur son maître. Pour les vertus, il les représente ►1X8 les traits de l'empereur lui-même, de Henri VIII, son lié, et des dames et seigneurs de leurs cours. Pour les vices, lésa personnifiés dans les chevaliers français, qu'on voit em- ►1^8 au milieu des eaux écumeuses du fleuve que traverse le lendide cortège, et dans les Turcs, dont on aperçoit le camp -Us le lointain, au delà du pont. On doit se rappeler en effet que c'est dans cette année 22 que les Français, commandés par Lautrec, furent bat- * au combat de la Bicoque, près de Milan. Surrey, ami- l de l'empereur, fit aussi dans cette môme année une des- ^te en Bretagne, pilla et brûla Morlaix, et ravagea les côtes la Normandie. A la même époque, Soliman le Magnifique t>a en Hongrie, s'empara de Belgrade, attaqua ensuite l'île Ilhodes, et força la capitale à se rendre. tDans le fond du tableau, à droite, du côté d'où le cortège parti, on aperçoit toute la fête. Des seigneurs se livrent plaisir de la danse, d'autres sont à table, d'autres tour- «nt, d'autres enfin partent pour la chasse. fillette grande composition , dont les figures sont traitées ^cune rare délicatesse d'exécution, a été publiée par M. Du tkimerard, Atlas, chap. V, pi. vi. —h. s? cent., l. 47. 105 — Chaux carbonatée lithoïde. Bas-relief. = Buste, vu > deux tiers, de Louis V, dit le Pacifique, comte palatin, duc ^ deux Bavières ( 1478, f 1544 ). Au bas du portrait se trouve cette inscription gravée en relief; DEI . GRATIA . LVDOVICVS . CO.MES . PALA . TINIIS . RHENI . UTR : BAVARIiE . DUX . Ecole de Nuremberg. — h. 22 ccm., l. is. 416 . MONUMENTS EUROPÉENS. 106 — Jayet. Figurine. = Saint Jean-Baptiste. Cette figurine s*élève au-dessus d'un culot composé d*c ments sculptés à jour, parmi lesquels on remarque deux ic ithyphalliques. M. Dubois* croit que les objets de ce genre ont été seul dans le xvi^ siècle, et qu'ils ont appartenu à des associât qui sont restées inconnues. Il est certain que ces petites f res de saints en jayet étaient très communes à cette époc on en trouve une ainsi mentionnée dans Tinventaire^ du bilier de Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-I morte en 1 530 : ** Un petit sainct Jacques, taillé, dejeys na. A la Kunstkammer de Berlin on conserve plusieurs coqui de saint Jacques en jayet ; il en est une portant une date peu effacée, qui paraît être 1 404 . — h. o ccnu 1 07 — Calcaire compacte à grains fins. Bas-relief. = Bu vu de deux tiers, de Charles de Wiltberg, chantre du dôm Worms. Il est représenté à mi-corps, les mains appuyées une tribune. Autour de la figure est gravée cette inscription : CAROL. VON. WILTBERG. DHOMSENGER. Z. WORMBS. Dans un cartouche au-dessous de la tribune on lit : ^et svjË, 44, et la date de 1570. Ecole de Nuremberg. — o?. h. io cent., l. 75 miii. 108 — Calcaire compacte à grains fins. Bas-relief. = centre, buste, vu de deux tiers, de Christophe Furleg la' avec cette inscription : CHRISTOF FURLEG ER DER ELTTER. ^55. Sur le pourtour, l'artiste a représenté de petits amours versant l'Océan, les uns à la nage, d'autres dans une ban ceux-ci sur le dos d'un monstre marin, ceux-là montés sui béliers. Composition de vingt et une figures très finei exécutée. Ecole de Nuremberg. — d. i6 cent. (1) Description des objets dtart qui composent le cabmet de M. Dt Paris, 1826, p. 139. (2) Le calnnet de Vamnteur et de Vantiquairey tome 1, p. 2»0. SCULPTURE EN MATIÈRES TENDRES. XVI« S. 447 1 09 — Calcaire compacte à grains fins. Bas-relief . =:Modèle de pierre tombale pour deux jeunes princes allemands. Des *>*ixioiries sont gravées aux angles de lapierre. —h. »o cent., l. «. 110 — Cire coloriée. Bas-relief en médaillon. = Portrait " Ixomme. Barbe et cheveux gris, costume noir. Travail allemand, —ov. h. 65 mm., l. so. 111 — Terre cuite . Bas-relief. = Repos de la sainte famille . ^^^ï^ le premier plan, la Vierge, assise, tient l'enfant Jésus ^^liout devant elle; le petit saint Jean, un genou en terre, o^ise la main du Christ ; au second plan, saint Joseph ; dans *® lx)nd, un monument en ruine. JScole italienne de la fin du xvi® siècle. — h. so cent., l. so. J 12 — Alb&tre. Bas-relief. = Sainte famille, —h. h cent., l. 9. Ce bas-relief est placé dans un cadre en bronze doré, orné caryatides, de cartouches et de figurines dans le style du c* siècle. X 13 — Alb&tre. Bas-reliefrehausséd or. =La résurrection. Travail du commencement du xvii*' siècle. — h. is cent., l. io. 1 1 4 — Calcaire compacte à grains fins. Bas-relief. =Lucrèce ^^^ri-t de se donner la mort en présence de Collatin , son >Vu dos est gravée cette inscription en caractères cursifs : Georg Schwelgger bildhxmer zu Nûrnberg, 1640. Georges Schwelgger, sculpteur, à Nuremberg. Travail très fin. — h. ss mui., l. 93. 115 — Albâtre de Lagny . Bas-relief. = Le Christ présenté ^^ peuple — H. \Z cent., L. 9. Ce bas-relief est placé dans un cadre en bois sculpté, dé- ^^^péà jour, où sont représentés les instruments de la passion . tlg — Calcaire compacte à grains fins = Buste do Léo- P^ld V, né le 9 juin 1640, élu empereur d'Allemagne en H48, morten 1705. Travail allemand. — h. 5 cent. 1 17 — Calcairejcompacte à grains fins. =:Bu8te d'Kléonorc- Madeleine-ThérèsedeNeubourg, princesse palatine, troisième 448 MONUMENTS EUROPÉENS. femme de Léopoldl^^. Ce buste fait pendant à celui de l'c pereur. — h. 5 cent. 118 — Marbre blanc. Bas-relief. = Diane surprise au b par Actéon. La signature de l'artiste, placée au bas du tableau, est partie effacée; on en voit cependant ces premières lett MAZZ ; on ne peut donc se méprendre en attribuant ouvrage à Mazzeline, artiste, né à Rouen en 1668, mori 1708, qui a sculpté un assez grand nombre d'ouvrages p Versailles. — h. m cem., l. 7o. 119 — Alb&tre oriental. Statuette. = Sénèquetogé et as II tient un volumen déroulé, et foule à ses pieds un sac cl sortent des pièces d'or. La tête, les bras, la partie de la ] trine qui n'est pas couverte par la toge, et les pieds sont bronze doré ; le siège et le socle en marbre porter. Travail de la fin du xvii* siècle. — h. 26 cent. 120 — Matières diverses. Haut relief et figures de ro] bosse. =L'intérieur d'un riche appartement décoré dans style de la fin du règne de Louis XIV. Un singe est debout sur un tabouret, auprès d'une cens couverte d'un beau tapis et chargée d'une aiguière d*or, d vase de fleurs et d'un coffret rempli de bijoux. Un petit é gneul joue sur le tapis qui couvre le plancher. — h. 3o cent., l 121 — Marbre blanc. = Buste d'homme, chauve et bar d'après l'antique, —h. a cent. 122 — Cire coloriée. Deux hauts reliefs faisant pend l'un à l'autre. =Un cordonnier, au moment de frapper un faut qui vient l'interrompre dans son travail. Un paysan assis, s'apprètant à ouvrir un pot qu'il a i d'un panier. Un enfant, accroupi près de lui pour satisfi un besoin, est dérangé par deux chiens. Travail vénitien du xviii*' siècle. — h. h cent., l. u. Ces deux bas-reliefs sont placés dans des cadres en gl décorés de filets de verre. 123 — Pierres diverses. Bas-relief. = Bustes, vus de pr< de la Vierge et de saint Jean exécutés en pierres de coul SCULPTURE EN MATIÈRES TENDRES. XVIIl» S. 449 ^t; iucrustés dans un encadrement de mosaïque de jaspes, de is-Iazulis et de marbres divers. Travail de Florence. — h. i3 cent., l. *7. 124 — Marbre blanc. Statuettes.=Deux baigneuses nues ^iccroupies. Elles font pendant Tune à l'autre. Travail de l'époque de Louis XV. — h. 24 cent. 135 — Marbre blanc. = Buste de femme du temps de miis XV, sur socle. — h. toute ao cent. ^26 — Marbre blanc. Statuettes. =Deux enfants couchés endormis, faisant pendant l'un à l'autre. — h. 6 cent., Long. i7. ï 27 — Marbre blanc. =Deux têtes d'anges ailées, exécutées ^^ ronde bosse. — h. 33 cent. 1 28 — Marbre blanc. =Buste de Marie-Antoinette, reine "^ I^'rance, sur socle. — h. totale « cent. ï 29 — Albâtre oriental. Statuette. = Cérès debout et diar , tenant de la main gauche une corne d'abondance et ^ la droite des épis de blé. Elle est vêtue d'une tunique ta- recouverte en partie d'un peplus. La tête, les bras et les s sont en argent. T*Tavail italien de la fin du xviii* siècle. — h. 27 cent. I^^sk statuette est posée sur un socle en albâtre de 14 cent. 1 30 — Marbre blanc. Statuette. = Jeune femme nue, cou- ^*>éo sur le dos et endormie. — h. i3 cent., Long. 6». Cette statuette est attribuée à Chaudet, sculpteur, né à ^^i^is en 1763, mort en 1810. ï 31 — Marbre blanc. Statuettes. =La Prudence et la Jus- ^^e ; ébauche par Suzanne de deux statuettes exécutées pour ^^ Banque de France. — h. 25 cent. \ 32 — Marbre jaspé. =Une lionne couchée h. h cent. , Long. I6 . 133 — Marbre rouge antique. = Un chien couché. — ^* 7 cent.. Long. «. 134 — Marbre jaune antique. =Têtc de Jupiter d'après ^antique. — h. 13 cent. 135 — Marbre blanc. = Buste de satvrc. — h. 12 rem. 450 MONUMENTS EUROPÉENS. 136 — Marbre blanc. = Buste de Silène couronné de près, d après Tantique. — h. u cent. 1 37 — Marbre rouge antique. Statuette. = Cérès, d* l'antique du musée du Vatican. — h. 24 cent. 138 — Albâtre. Statuette. = Jeune femme nue, couchée le ventre et endormie. ~ h. 7 cent., Long. so. S m. SCULPTURE EN IVOIRE. 139 — Bas-reliefs. =Deux sujets sont sculptés sur lame plaque d*ivoire : l'entrée de Jésus à Jérusalem et la transfi ration Dans tous les deux le Christ est représenté jeun< imberbe, la tête auréolée d'un nimbe uni. Dans la scène d transfiguration, il est placé dans une gloire ovale. Lap sence de Dieu le père y est manifestée par une main éten< au-dessus de la tête de son fils ; mais cette main n'est pc posée sur un nimbe crucifère, et les deux derniers doigts sont pas repliés sur la paume , ainsi que cela était prati< dès le IX® siècle*. Cette représentation de Jésus imberbe, la tête aoréc d'un nimbe non croisé, dénote un monument très ancien, caractère des figures, les poses des personnages et Ti^i ment des draperies respirent d'ailleurs le style de Tantiqu Les feuilles sculptées qui encadrent les deux compositi sont empruntées à des monuments antiques. Cette curieuse sculpture appartient aux premiers siècles moyen âge. On ne pourrait lui assigner une date postéric au \uf siècle. —H. le cent., l. e, conférant le baptême en présence d'une grande foule de peuple. Le néophyte est placé nu et debout dans la cuve l>apt;Î8male. Le personnage qui baptise et les personnes de sa suite portent la longue robe et le manteau de l'antiquité ; les assistants, la tunique courte etlachlamyde agrafée sur l'épaule droite. Bien que le sculpteur de ces bas-reliefs se soit inspiré de * ^*ii antique, et que les costumes de tous ses personnages ®oiexit ceux des anciens, on remarque dans son ouvrage un **ix^ qui commence à s'éloigner de celui de l'antiquité. L'agen- ^^ïxient des draperies, dont les plis affectent généralement de ^ '*H)ndeur, diffère de celui qui se fait remarquer dans les bas- ^^licfs précédemment décrits. Les feuillages, qui encadrent les ^^x sujets, ne sont pas non plus copiés fidèlement sur ceux ^^^ présente l'architecture romaine. Cïette sculpture semble appartenir à la fin du ix® siècle ou premières années du x^. —h. 46 cent., l. 405 mm. 142 — Bas-relief. = Saint Pierre et saint Nicolas. Ce bas- ^Hef, arrondi par en haut, est divisé en deux parties par une ^^ï*vure. Dans la partie droite, saint Pierre est représenté ^^Us une arcade, au-dessus de laquelle est placé l'ange Ga- ^^el. Le chef des apôtres ne tient pas les clefs, mais une ^^mpe surmontée d'une croix. Dans la partie gauche, saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, qui vivait sous Constantin ^« Grand. 11 porte le costume des évoques grecs aux ix** et ^* siècles ; la longue tunique, la siola antique ; la chasuble 432 MONUMENTS EUROPÉENS, dans sa forme primitive, sans échancrure et relevée sur h bras droit; le pallium orné de croix. Ce costume est reprodui dans plusieurs manuscrits grecs des ix^, x^ et xi^ siècles, e notamment dans le beau livre exécuté en 886, sous le règn< de Basile le Macédonien ^. La tête des deux saints est au réoléc d'un nimbe ourlé d'une zone de perles. Leurs noms son gravés sur le fond en lettres capitales grecques, disposées le unes au-dessus des autres. Travail byzantin du x® au xi*^ siècle. — h. si cent., l. n. 143 — Deux bas -reliefs faisant pendant Tun à Tautre.^ Dans l'un la Cène ; dans l'autre, divisé en deux parties par ui ornement, Jésus priant son père, et Jésus apparaissant à se disciples. Ils sont encadrés dans une bordure de feuillage qu s'appuie sur une ceinture de perles. Travail italien du xii^ siècle, dans lequel on reconnaît Tin fluence de l'école byzantine, —h. T^ de marqueterie et surmonté par un fronton aigu. La par^^® centrale est divisée en six compartiments présentant autant ^® bas-reliefs superposés deux à deux. Chacun des volets contiez ^^^ trois bas-reliefs, également au-dessus les uns des autres, et ^^® même dimension que ceux de la partie centrale; le triptyq^-^^ of&e ainsi, lorsqu'il est ouvert, douze bas-reliefs en rangées. Les sujets représentés sont ainsi disposés en comment par en bas : dans la partie centrale, la nativité et l'adoration d^^^' mages ; le lavement des pieds et la cène ; Jésus présenté Pilate, et le portement de croix. Au volet droit, la Viei avec l'enfant Jésus, ayant à ses côtés deux saints ; le Chrii au jardin des Oliviers ; la trahison de Judas. Au volet trois saints; le baptême de Jésus; l'entrée du Christ à Jéi salem. Chacun de ces douze bas-reliefs est placé en arrière d'un arcade surbaissée, qui est soutenue par de légères colonnette torses et encadrée dans une riche décoration de marqaeterii d'ivoire de diverses couleurs. Le fronton contient un grand bas-relief représentant la cru- cifixion. Il est accompagné de deux bas-reliefs placés dans la partie en exhaussement des volets ; des groupes de soldats et de personnages y sont sculptés. Ouvrage vénitien de la même époque h. tôt. * m. h cent., l. «s. c. • SCULPTURE EN IVOIRE. \\\^ S. 455 149 — Autel domestique à volets, entièrement en ivoirQ.= Il est élevé sur un socle, et partagé en deux étages, qui ren- ferment des figures de ronde bosse. Un porche ouvert de trois côtés occupe l'étage inférieur. Les trois arcades ogives de sa façade sont soutenues par de Wgères colonnettes. La Vierge, assise sous ce porche, tient lenfJsMit Jésus sur ses genoux; deux anges debout, vêtus et ailés, et portant des flambeaux, se tiennent à ses côtés. Dstns l'étage supérieur, le Christ en croix; à sa droite la S'ieirge, saint Jean à sa gauche. Ce groupe est placé en ar- iére d'une arcade ogive, subtrilobée, surmontée d'un fronton ï'Mtiigulaire qui couronne le monument. Los volets, brisés en deux parties, sont enrichis chacun de ix bas-reliefs qui reproduisent des scènes tirées de la vie du 'hrist. Les figures sont coloriées dans certaines parties, et les -tements rehaussés d'or. L^ face postérieure est décorée de deux rangs superposés *iN2atures ogivales surmontées de trèfles et de quatre-feuilles ^«=t cadrées dans un arc plein ceintre, style adopté en Italie ^ ^3cuf et xrv* siècles. -'^^^*;SiVail italien. — h. tôt. 39 cent., L. IO; L. de chaque volet, 8. ' '^ O — Deux bas-reliefs réunis dans le même encadrement, '-^sns celui de droite, une dame tresse une couronne avec * ^«urs que lui présente un jeune homme à genoux devant ' - ^ans celui de gauche, un homme et un dame chantent, en fDmpagnant de l&guiteme. Les costumes des personnages ceux du xiii^ siècle. Les sujets sont placés sous une dé- ion architecturale. s plaques sur lesquelles sont sculptés ces bas -reliefs ^^^^aient sans doute les deux plis de tablettes à écrire dont ^^rieur était enduit de cire. T^i^vail français, —h. 9 cent., l. 7. l6l — Bas -relief. =Le couronnement de la Vierge. Le "''^ïist pose la couronne sur la tête de sa divine mère ; des ^gcs célèbrent, par un concert, son arrivée dans le séjour céleste. On reconnaît dans les mains des anges tous les instru- 456 MONUMENTS EUROPÉENS. mcuts en usage au xiii^ siècle. La harpe, le violon ou rebecr^ . f abolir , la buccine ou fleusie , le petit jeu d'orgues à ic^. .^ portatif, le leuth et lAguiteme. Au-dessus de ce groupe s'élève une décoration compo ^5^ d'arcades plein-ceintréos, surmontées de frontons aigus. Travail italien, —h. 10 cent., l. 75 mm. Ce bas-relief a été placé dans un cadre en ébène, 8U]ino:Mité d'un fronton brisé et décoré d'ornements en bronze dor"^ et de miniatures, ouvrage du commencement du xvn^ siècle. 152 — Triptyque terminé par un fronton aigu.=La tie centrale et les volets sont divisés en deux registres. Dans les registres supérieurs, sur la partie centrale, la cifixion ; sur les volets, la Vierge et saint Jean. Dans les gistres inférieurs, sur la partie centrale, la Vierge assi^®- environnée d'anges, tient sur ses genoux l'enfant Jésus, 5^-^ vaut lequel un mage est prosterné ; sur le volet droit, les A^^^ autres rois mages; sur le volet gauche, la présentation ^^ temple. Les sujets dans la partie centrale sont sculptés en bB^^^ relief dans l'épaisseur de l'ivoire; ils sont exécutés en bas-r^'-^ dans les volets. Les figures des personnages ont reçu qudq|. — ^«-C touches de peinture, les chevaux sont dorés ; certaines \J^ ^^ ties des vêtements ont été également coloriées.Cette décorai>^ polychrome est un des caractères de l'ornementation du siècle. Chacun des sujets est placé sous une arcade ogive s trilobée; un quatre-feuillcs encadré occupe le tympan du ton. ~H. 33 cent., L. tôt. 45. (53 — Deux bas-reliefs sculptés et découpés à jour, pendant l'un à l'autre. = Ils renferment chacun quatre suj Parmi les saints qui y sont représentés on distingue Georges, revêtu de l'armure en usage au xiv* siècle; la couverte du bassinet, àvisière très proéminente, —h. s6miu.,L.f»^ 154 — Oliphant. = Il est entièrement couvert de sculp- tures représentant des chasseurs, des animaux et quelques sujets agencés avec art au milieu de riches rinceaux dn meil- leur goût. Garniture en argent. — Long. 58 cent. ^ SCULPTURE EN IVOIRE. XIV» S. 457 Oette pièce a été gravée dans V Album de M. Du Somme- 1, 4** série, pi. xxvi; elle provient du cabinet de M. le comte àe X^nesse-Breidbach. 1 66 — Bas-reliefs sculptés et découpés à jour, se détachant SUT* un fond de velours noir. =: Ces bas-reliefs, sculptés sur ^lUktre plaques d'ivoire de même dimension, forment une suite de sujets au nombrede quatre dans chaque plaque, tous tirés de la "vîe du Christ. Ces plaques, qui ont dû être employées à Tor- i^omentation de livres de prières, sont réunies dans le même I, et présentent ainsi seize sujets disposés sur quatre ran- OLaque sujet est placé sous trois arcades plein cintre Bub-trilobées, surmontées de frontons aigus, dont les tympans ■enferment de petites figures d'anges qui jouent de divers in- stpixments. Travail italien. — h. se cent., l. ss. 1 56 — Feuilledediptyque.=ElIe présente deux bas-reliefs : la nativité et la crucifixion. Chacun des sujets est surmonté ^'ïiràe décoration dans le style ogival. L'ivoire a conservé des ^'■^oes de coloration, —h. 43 cent., l. ss mui. I 'ôT — Diptyque. = Il offre dans chaque feuille deux bas- '^lî^fs : la résurrection de Lazare et l'entrée de Jésus à Jéru- *^^»i ; la crucifixion et le Christ mis au tombeau. Ces sujets, V^^ ont été coloriés en partie, sont placés chacun sous trois les ogives subtrilobées, —h. 49 cent., l. 30. ^8 — Diptyque. = Deux bas-reliefs sont sculptés dans K^ue feuille : l'entrée de Jésus à Jérusalem et la trahison ^ Judas; la cène et la crucifixion. Des arcades ogives subtri- *^^^^s sont placées au-dessus de chaque sujet. - h. « cent. , l. ss. ^69 — Deux bas-reliefs sculptés et découpés à jour. =Ils ^^t dû servir à l'ornementation de la couverture d'un livre de "Çnères ou former les deux feuilles d'un diptyque. Chaque feuilleprésente six sujets disposés, trois par trois, en deux rangées verticales qui sont séparées par un pilastre. Le pilastre est percé de six niches renfermant chacune la figure if en pied de l'un des apôtres. Des anges également placés dans 30 4Ô8 MONUMENTS EUROPÉENS. des niches, au-dessus les unes des autres, forment deux l^* dures qui encadrent toute la composition. Les figures traitées avec une rare perfection, et les décorations architec? raies rendues avec une délicatesse surprenante. Travail italien. — h. 49 cent. 5 mm., l. 13 cent. Ces deux pièces ont été publiées par M. Du SommerskK-"w(, Album, b^ série, pi. xv. 1 60 — Tétraptyque. = Quatre bas-reliefs sont sculptés s vir quatre feuilles d'ivoire de même dimension qui sont jointes as- semble par des charnières et se replient l'une sur l'autre, sorte qu'étant fermées par des agrafes , elles forment espèce de dé renfermant toutes les parties sculptées. Les jets suivants y sont représentés : la nativité, la naissance du Christ annoncée aux bergers, Tadoration des mages et la pt*^ sentation au temple. ~ h. 75 miU., L. de chaque feuille 53. 161 — Diptyque. = Il renferme huit bas-reliefs découpés i jour sur fond d'ébène; les sujets sont tirés de la légende A* sainte Catherine d'Alexandrie, —h. de chacun so mui., l. 35. 162 — Diptyque. = Il contient dans chaque feuille qu^^^^*^ sujets sculptés en haut relief : Tannonciation, la visite à Elisabeth, la nativité du Christ, l'adoration des mages, lap^ sentation au temple, la crucifixion, Jésus apparaissant à 9^^' rie Madeleine et le couronnement de la Vierge. Chaque s""^^^ est encadré par de légères colonnes qui soutiennent arcades ogives. ~ h. 1S cent., L. ST cent, s mill. 163 — Bas-relief découpé, se détachant sur un fond d'éb^^*^' = Groupe de six personnages. L'un d'eux, la tête oeinted'i couronne de laurier, porte une armure sous laquelle on çoit la jaque de mailles ; un autre, un costume civil qui app^^*^ tient au commencement du xv^ siècle. — h. \± cent., l. 6. 1 64 — Triptyque. = La partie centrale, traitée en hiirf relief, présente deux tableaux : dans le bas, la crucifixion'. dans le haut, le couronnement de la Vierge. Dans le Toletdral, saint Pierre et saint Etienne. Dans le volet gauche, saint IW et un saint archevêque. Les sujets sont placés sous des 1res SCULPTURE EN IVOIRE. XV« S. ij9 ires en accolade. Dans les tympans sont sculptées des roses les armoiries. '*ty\e gothique anglais du xv*^ siècle. — h. î* cent., l. 20. 65 — Bas-relief. = Jésus lavant les pieds à ses disciples. npe de six personnages, découpé et appliqué sur fond pêne. — H. U cent., L. 7. 66 — Bas-relief. = L'Amour divin vainqueur de Cupi- , allégorie. Icole espagnole de la fin du xv® siècle. — carré de a cent. 67 — Main de justice. = L'inscription ludovicus rex jJCORUM est répartie sur trois olives qui décorent la hampe. mot REX est suivi d'un lambel aux trois pendants, ce qui b faire supposer que ce sceptre a appartenu à Louis XII, portait ce lambel dans ses armes lorsqu'il n'était que duc rléans. — Long, de la bampe 65 cent., de la main 10. 68 — Petit monument exécuté de ronde bosse. = Le ju- lent de Paris. Autour d'un pilier hexagone, orné de mas- B satyriques, sont placés six personnages. Les trois déesses ins, Pallas et Junon se présentent nues au jugement de is. Le fils de Priam est assis à terre et endormi ; Mercure 5rappe sur l'épaule pour le réveiller. Mars se tient derrière messager de Jupiter, pour assister au jugement. Mercure, :*8 et Paris portent les costumes chevaleresques du temps .«ouisXII. l n'y a pas lieu de s'étonner de voir les divinités de l'O- pe travesties de cette manière. Les* artistes du moyen txe représentèrent jamais les scènes dont ils puisaient les ^ts dans les livres sacrés et dans l'histoire qu'avec les cos- ses, les armes et les meubles de leur époque ; quelques îstes des premières années du xvi^ siècle persistèrent dans b ancien usage. Le pilier est surmonté d'un ornement ovale aplati, où l'on représenté Minerve et Lucrèce. Cet ornement ne paraît pas ^ir appartenu originairement au monument. Travail italien. — h. 20 cent., d. 8. 169 — Cippe. = n est composé de huit morceaux d'os de 400 MONUMENTS EUROPÉENS, forme hémisphérique, sculptés en bas-relief. Sur l'un de morceaux, une vieille femme qui sort d une maison ; sur to les autres, des guerriers revêtus de larmure antique ; pi sieurs cependant portent les cheveux longs et le petit bonni plat adopté sous Louis XII. Travail vénitien du commencement du xvi® siècle. — h. if 1 70 — Bas-relief. = Jésus et la Samaritaine auprès dupuL. de Jacob. Ivoire colorié et doré dans certaines parties. Travail allemand. ~ h. ii cent., l. 75 miii. 171 — Bas-relief. = Charles-Quint et Léon X. Charl Quint, élu empereur en 1 5t 9, conclut, le 8 mai 1621 , avec- pape Léon X, un traité d*alliance, aux termes duquel les fédérés s'obligeaient à établir dans le duché de Milan Fran Sforza, après avoir détaché de ce duché Parme et Flaisan qui, aussi bien que le duché de Ferrare, devaient être réu aux Etats du saint-siége. Cette alliance a été le motif de \ voto que nous décrivons. La Vierge, tenant son divin fils, cupe le haut du tableau ; elle est placée dans une auré ardente et entourée de cinq anges, qui portent les instrume de la passion. A droite et à gauche, dans le bas du tabi le pape et lempereur sont à genoux, les mains jointes, 5 plorant la mère de Jésus pour la réussite de leur entreprL Le pape a derrière lui des évéques et des cardinaux ; Tem reur, qui a déposé la couronne impériale aux pieds d^ Vierge, est suivi de l'impératrice et de sa cour. Travail allemand. — h. 12 cent., l. s. 172 — Chapelet en os, composé de onze grains et d'un <^ cifix. =: Le grain principal, qui est surmonté d'un ann pour passer le doigt, est de forme triangulaire. Chaque présente un buste sous une arcade décorée dans le style d^ '* renaissance. Ces bustes sont ceux du pape Adrien VI. ^^ Charles-Quint et de Henri VIII, roi d'Angleterre, tous t*^"^'^ ligués contre François P^ par le traité du 3 août 1523. Qt^^^' que les figures soient un peu usées par le frottement, ^ reconnaît facilement ces personnages. L'empereur porta» ** couronne impériale , et sa poitrine est décorée du colï^^ i SCULPTURE EN IVOIRE. XVl« S. 4fil la Toison-d'Or; Henri tient à la main la rose d'Anglc- ^^s neuf petits grains qui suivent sont aussi taillés triangu- ement ; ils offrent sur chaque face un médaillon renfermant i tête; sur le dernier grain, qui est de forme aplatie, t;i8te a représenté d'un côté la Vierge, de l'autre saint Kl. — L. tôt. 49 cent. 73 — Groupe de ronde bosse. = La fuite de Joseph et de m trie en Egypte. Fragment. — h. 5 cent., l. î5 mm. 74 — Figurine. = La Vérité ; une écharpe d'or lui ceint orps et flotte légèrement derrière elle ; elle tient à la main miroir dont le cristal est formé par un rubis. — h. 32 miii. 75 — Bas-reliefs sur une boîte de forme ronde. = Sur le sus, des nymphes au bain ; sur le fond, un satyre rencon- it une nymphe endormie. Travail italien. — d. 6 cent "76 — Couteau et sa gaine. = Ce bel objet est connu a le nom de couteau de Diane de Poitiers. Le manche du beau est formé par la figure en pied de Mars ; le dieu porte ^ jurquois sur les épaules et tient un arc à la main. Sur la principale de la gaîne, les trois déesses Junon, Pallas et ^us, qui tient l'Amour devant elle, forment un groupe -uté en haut relief. Au revers, une femme assise tient un :>ir ; le surplus du champ est couvert de mascarons et d'Or- ly «nts gracieux, sculptés en bas-relief, '«tte pièce a été publiée par M. Willemin dans ses Monu- ^ts français inédits, tome II, pi. 289. travail italien. ~ Long, si cent. 77 — Haut relief de forme octogone. = Sur le devant, 18 personnages lisent dans un livre ; au second plan, un Qome bat du tambour, un autre joue de la flûte ; plus loin, groupe de danseurs et un groupe de buveurs. Sous le terrain du premier plan se trouve gravée la date de 49 ; les personnages portent le costume de cette époque. Travail allemand. - d. ô.'j mïu. I78 — Bas- relief colorié. = La Vierge et saint Joseph 462 MONUMENTS EUROPÉENS, sont en adoration devant Jésus qui vient de nattre et que anges environnent. Les bergers, conduits par l'étoile mî leuse, arrivent de tous côtés ; Tun d'eux joue de la coi muse. Les costumes des bergers rappellent ceux de l'époque Charles IX. — carré de 17 cent. 179 — Haut relief. = Hercule combattant Géryon. I figures principales se détachent presque entièrement du foii^B==i( Cette sculpture, remarquable par son excellente exécutif m est incrustée dans un socle en marbre vert de mer, donU^ 1 plinthe est ornée de deux mosaïques et d'un camée d'agi^^-^~^te représentant un masque bachique. Elle provient du cabinefcii— ^ M. Fiérard. Travail italien. — h. du bas-reltef U cent.. L. II. 180 — Haut relief. = La leçon de flûte. Un satyre soigne à une jeune nymphe à jouer de la flûte. Us sont au pied d'un arbre, dont le tronc est enlacé par les ram< d'une vigne chargée de raisins. Dans le fond, on aperçoit satyres et des nymphes. Travail italien. — h. it cent, l. h. 181 — Haut relief. = Diane et ses nymphes surprises Actéon. Composition de six figures, exécutée dans une pL- d'ivoire de 23 millimètres d'épaisseur, profondément fouill les figures du premier plan se détachent entièrement du fo. Travail italien. — h. io cent., i.. i7. 182 — Haut relief. = La chute de Phaéton. Le fils du leil foudroyé par Jupiter est précipité dans l'Éridan avec char et ses chevaux. Sur le premier plan, les Héliades, sœurs, commencent à être changées en peupliers. Ce bas-relief fait pendant au précédent. 1 83 — Oliphant. = Il est couvert de sujets de chas^^ sculptés en relief. L'embouchure est formée par une tète chien. — Long, m cent. 184 — Poivrière de forme ovoïdale. = EUle est élevée m un socle et supportée par trois sirènes. Six figures sont seuf tées en haut relief sur la panse : Saturne, Jupiter. Nepiiu Mercure, Pan et Bacchus. Le bouchon est formé par un sat SCULPTURE EN IVOIRE. XVl« S. 463 ît cieux autres figures adossées. Cet objet provient du cabinet 1^ Jti. Fiérard. ~ h. si cent. * 185 — Groupe monumental. = Dans le bas, six génies, allés et vêtus à l'antique, jouent de divers instruments ; ils soxmt disposés en cercle et supportent sur leurs épaules un pls^teau sur lequel sont placés trois amours qui soutiennent ftCB.— -dessus de leurs têtes un jeune triton tenant un 'dauphin. Trayail italien de la fin du xvi* siècle. — h. îs cent. 186 — Bas-relief. = Vénus Anadyomène portée sur la mer l^iiSas une coquille tratnée par deux dauphins que conduisent 1^^ amours. Travail italien. — h. 9 cent., l. a cent, s miii. 187 — Cornet de chasse. =Toute la surface est sculptée en rolmef. On y a représenté des chiens attaquant des cerfs, un Io'«:b.3) et un sanglier. — Long. 28 cent. 188 — Groupe en haut relief découpé et appliqué sur fond d*-^l)ëne. = Vénus Anadyomène. Le dauphin qui Ta portée sur le xrivage est encore auprès d'elle ; deux amours et un cygne '^^Ksnblent s'opposer à ce que la déesse quitte les plaines de la '^^=^^. — H. 16 cent., L. 10. 189 — Bas-relief. =Danaé. La fille d'Acrisius entièrement est étendue sur un lit et tient un collier de perles. Un oor répand auprès d'elle de nombreuses pièces d'or. Ces figures sont traitées en haut relief. Un autre amour se it au pied du lit. Dans le fond , un paysage orné de fabriques . T^rarail italien — h. s cent., l. so. 190 — Statuette. =Un enfant couché sur un lit. —Long, a cem. 191 — Vase de forme cylindrique. =Sur le pourtour, Icn- ^^ement de Proserpine sculpté en haut relief. Travail italien. — h. n cem., d. s. 192 — Grande aiguière de forme ovale, à panse aplatie, et ^on plateau. = Sur la panse du vase, qui est d'un seul mor- ceau, est représentée une allégorie, qui devait se rapporter à quelque fait de l'époque, mais dont le sens est aujourd'hui indéchiffrable : la chaste Diane, qu'on reconnaît à l'arc qu'elle 464 MONUMENTS EUROPÉENS. tient à la main et au croissant qui orne sa tête, est assise sa^ur un trône, et semble dicter un arrêt impitoyable contre u ne nymphe coupable. Cupidon implore l'implacable déesse. A. -sa droite, un faune et une nymphe, surpris ensemble, chercb^p^jnt en vain à fuir, et sont enveloppés dans des filets. A sa gSLUctmL^, lune des compagnes de la reine des bois sonne du cor, ^t excite des chiens à la poursuite d'un génie ailé, qui s'élaim^ ^^ dans les airs, emportant dans ses bras un enfant nouveau-n.^ Plus loin, le Hasard, les yeux bandés, fait tomber, d*"0-:x^e corne qu'il renverse, de l'argent, une couronne, un sceptre ^^ un masque scénique. Le goulot du vase est supporté par une caryatide. L'&xB.ee est formée par une figure de vieillard se terminant en gatr»-^ Le couvercle est décoré d'un bas-relief circulaire représent i»'*^^ des enfants, avec les attributs des quatre saisons ; il est s vjl'^' monté par une figure de femme nue qui tient un jeune enfS»--*^* dont elle cherche à apaiser les cris. La frise qui borde le pi* du vase, sculptée en haut relief, représente une troupe jeunes amours traversant l'Océan, les uns dans une barq d'autres sur des dauphins, ceux-ci sur des cygnes, ceu^c - — sur des boucs marins . — h. tôt. 42 cent., L. de la coupe 16 cent, sor 12. Le plateau, de forme ovale, a été inscrusté dans une ta1 d'ébène et recouvert d'une glace. L'ombilic, sur lequel poi l'aiguiére, est orné de divers attributs de pêche et d'une lande composée de fleurs, de fruits, de coquillages et de po- sons. Le pourtour est décoré de six médaillons de forme oi où sont représentés les divers travaux de la campagne chaque saison. Ces médaillons sont séparés par des persoi nages : les uns sont occupés de travaux champêtres, les aut se livrent aux plaisirs différents que chaque saison nous oi Travail des premières années du xvu*^ siècle, attribué à Cop^' FiammmgO . — D. du plateau 80 cent, sur G4, H. des bas-reliefs 1 1 cent. 193 — Cippe sculpté en bas-relief. = Mercure, dieu du com- merce, fuit sur un char, 'effrayé de l'approche de la Guerre, qui traîne après elle la Peste et la Famine. Plus loin, rartiste a représenté, en opposition, l'Abondance et la Paix figurées par un groupe de femmes et d'enfants diversement occupés. SCULPTURE EN IVOIRE. XVII» S. 465 Travail de la fin du xvi^ siècle ou des premières années du /"u*. La monture, en bronze doré, est postérieure. Cet objet "o vient du cabinet de M. Fiérard. — h. derivoire io cent., d. i*. 194 — Haut relief. = Un amour donnant du cor; il est m:aJptésur lecouvercle d une boite rectangulaire, —h. 6o miu. , l. 45. 1195 — Bas-relief découpé et appliqué sur fond d'ébène. = r-^Dupe d'enfants nus se livrant au jeu. — h. 13 cent., l. 7. M, 96 — Groupe. = La mort et la vie. Un squelette rongé par a Ters est adossé à une jeune fille nue, qui tient une rose à ^^ttribué à Christoph Harrich , artiste allemand , mort 1630. —H. 18 cent. ^97 — Tète à deux faces =L'une est celle d un homme qui ^ï:it d expirer; elle porte, gravée sur le front, Tinscription : etasperai l'autre, dépouillée de la peau et des chairs, iir8iiit les infidèles. Son bras droit est armé d'un glaive; son >raA gauche porte un écu surmonté du crucifix, où sont gra- dées les armes de Pologne , écartelées de celles de Tempire, ivec cette inscription : •« Veni in adj'utorium populo Dei. » Dans e fond on aperçoit la ville de Vienne, — h. h cent., l. 2s. 282 — Statuette sur piédestal . =Louis XIV debout, en cos- ^anae romain. liO piédestal, en écaille, est décoré de quatre bas-reliefs en ^oîre : Louis XTV couronné par la Victoire, le passage du Hiîn, le triomphe de la Religion, le Génie des sciences et des '^ts. n repose sur une plinthe en ivoire semée de fleurs de lis ^ <3e L couronnés, et ornée de quatre cartouches dont trois '^Xfennent des figures représentant la Justice, la Force, la Gloire, et le quatrième, les armes de France et de Na- . — H. de la statuette 24 cent. , H. tôt. du monument 50. 33 — Bas-relîcfs sur boîte do forme ronde. =Sur le cou- ^c^'^le, le prince Eugène remportant sur les Turcs la célèbre ^^"toire de Zentha, le 11 septembre 1697; sur le fond, un ;^hée composé de canons, d'armes et de drapeaux.— d. es mui. -334 — Statuette. = Crucifix. La statuette est signée du HOgramme IMG. — II. de la figure 42 c. ^Au-dessus et à l'entour du crucifix sont disposés divers ''^Dupes de cette manière : au-dessus de la croix, un groupe ^ trois têtes d anges, entourant la divine colombe, exécuté ^ haut relief. — h. is cent., l. u. A droite, un ange, figure de ronde bosse. — h. 23 cent. A gauche, un autre ange, figure de ronde bosse. — h. I9 cent. Au-dessous des croisillons : à droite, un groupe de trois ^Hges ailés et nus, traité en haut relief. — h. 25 cent., l. 20. A gauche, un groupe de deux anges, exécuté de la même manière. — h. 33 cent., l. 47. 235 — Haut relief. = La Vierge vue à mi-corps ; elle tient l'enfant Jésus dans ses bras. — u. 11 cent. 236 — Bas-relief. =Le jugement de Paris. Les trois dées- ses, conduites par Mercure, se soumettent, nues, au juge- et le 470 MONUMENTS EUROPEENS. ment de Paris, qui remet la pomme à Vénus. — h. le cent., l 237 — Bas-relief. = La Trinité. Dieu le Père soutient Fils sur ses genoux ; le Saint-Esprit, sous la forme d'une lombe, plane au-dessus du Père et du Fils h. ncent., l. 85 338 — Statuette. = La Madeleine. La sainte est debo un pied appuyé sur une tète de mort ; elle lève au ciel ^i^^i^es yeux remplis de pleurs. — h. 87 cent. Cette statuette est placée sur un fût de colonne en se tine, dont la base est en bronze ciselé et doré. 239 — Groupe sculpté dans le même morceau d'ivoire. Les trois Parques. Clotho et Lachésis, sous la figure de je femmes, sont assises dos à dos; celle-ci file, celle-là tien quenouille. La vieille Atropos agenouillée s'apprête à co le fil. ~H. 19 cent., D. U. 240 — Haut relief. = Vertumne. Le dieu des jardin des vergers est à demi couché sur la terre ; il tient une co d'abondance chargée de fruits. — h. io cent., l. it. 241 — Haut relief. =Pomone. La nymphe des jardi étendue au pied d'un arbre, tient des fleurs dans les d mains. Ce bas-relief fait pendant au précédent. 242 — Bas-relief arrondi par en liaut. = La nativité Vierge, à genoux, tient dans ses bras l'enfant Jésus ; Joseph, assis sur une roche, est endormi. Des anges occu le fond et la partie supérieure du tableau. — h. se cent., l. u. 243 — Statuette. = Cupidon, debout, tenant son arc. Travail du commencement du xviii® siècle. — h. h cent. 244 — Statuette. = Jeune Bacchus, debout, tenant coupe et une grappe de raisin. — h. i7 cent. 245 — Statuette. = Une baigneuse Elle est assise, et de main gauche rattache ses cheveux. — h. 43 cent. Socle en porphyre oriental orné de bronze doré. 246 — Statuette. = Hébé tenant une aiguière. — h. 16 een Socle semblable. 247 — Bas-reliefs sur une croix. = Vingt-deux sujets ti vx la SCULPTURE EN IVOIRE. XVlll" S. 471 d^ Ifouveau Testament sont sculptés sur la hampe et la tra- ^^^:*«ede la croix. Chaque sujet est placé sous une arcade ogive ^tccolade et expliqué par une inscription en langue slave. Travail des fabriques de Kiew ou de Yiazma. — h. u cent. croix est enchâssée dans une doublure en argent. — Feuille de diptyque. =:Cette pièce, finement sculptée, sente un grand nombre de saints de Téglise grecque, le Trist sur son trône et six sujets tirés de rÉvangile. Travail des mêmes fabriques. — h. 9 cent., l. 7. 249 — Cippe sculpté en bas-relief. = Sept femmes nues t réunies auprès d'une fontaine pour se baigner. Le fond occupé par les ruines d'un palais. Monture en ébène. lEcole flamande. ~ h. u cent., d. 13. 50 — Vidrecome sculpté en bas-relief. = Une bacchanale, ne dans Tivresse est soutenu par deux satyres ; plus loin, bacchante se défend des embrasscments d'un satyre; s le bas, de jeunes enfants affourchés sur des boucs. Le vercle est décoré d'un bas-relief représentant des enfants avec des chiens. ^Ecole flamande. — h. i6 œm. s mui., d. 10 cent. 351 — Bas-relief. =Saint Jérôme dans sa retraite. Figure "^^i-COrpS. — H. i% cent., L. 85 mill. 352 — Bas-relief. = Saint Sébastien. Le saint, attaché à ^^^>^ arbre, a déjà reçu la mort ; son corps s'affaisse ; sa tête est V^nchée sur sa poitrine. Dans le bas du tableau, on lit le mo- nogramme J. FH. — H. 46 cent., L. 40 cent. 5 mill. 253 — Bas-relief. = Saint Louis. L'artiste n'a pas revêtu le saint roi du costume de son époque ; il porte une armure de la fin du xv^ siècle, recouverte d'un manteau garni de fourrures. Il tient de la main gauche la couronne d'épines et les clous, instruments de la passion de Notre-Seigneur ; de la droite, la main de justice. Ce bas-relief est signé du même monogramme J. PH. — h. u cem., l. s. 254 — Bas-relief. = Le Christ présenté au peuple. Figure à rai-corps, signée du monogramme J. PH. — h. 95 mni.. i.. es. 472 MONUMENTS EUROPÉENS. 265 — Statuette. = Saint Sébastien. Le saint attaché debout à un arbre, est percé de flèches. — h. is cent 256 — Groupe. = Le Christ en croix. La Madeleine -^^^t au pied de Tarbre de la rédemption. Le Christ est exécut^^ de ronde bosse, la Madeleine en bas-relief, —h. toi. i« mm. 257 — Diptyque de forme sphéroïdale. = Il s'ouvre pa^^ Je milieu et ofTre un sujet en haut relief à l'intérieur de ^hfi^^ — Mue hémisphère. A droite, le Christ sortant du tombeau ; à che, le couronnement de la Vierge. L'extérieur est en forme de coquille bivalve. L'ouverture est garnie d'" monture en argent qui sertit les deux hémisphères. - d. 6 258 — Bas-relief rond. = Sujet mythologique. — d. « 259 — Bas-relief découpé et appliqué sur fond d'ébèn^ - = La Charité . Elle est personnifiée sous la figure d'une fenmi» ^|ui allaite un enfant et en tient un autre par la main h. to cent. , t^ - ^^' 260 — Statuette. = Le maréchal-ferrant boiteux. , Travail allemand. — h. n cent. 261 — Groupe. =Vénus et Adonis. La déesse, assise, clrB-^^^'^ che à retenir le beau chasseur, qui s'arrache de ses bra^ part, précédé de ses deux chiens. — h. iis mui., l. 9 cent. Travail italien de l'époque de Louis XV. 262 — Groupe. = L'Amour et Psyché. La princesse est c^c^ ^*" chée et endormie; Cupidon vient la surprendre h. 35 miu., u - ^®' Ce petit groupe est placé dans un cadre en ébène àé(^^^ de fleurons et d'enroulements en bois de peuplier, dans le g^^ du xvi*^ siècle. 263 — Statuette. =Un vieillard assis, tenant une pipe et '^^ pot à tabac. Un vêtement, exécuté en bois, lui couvre le d^^^ Ouvrage de Simon Troger, artiste allemand. — h. m cent. 264 — Groupe. =Une vieille femme tenant un enfant paX *^ main. Ils portent tous deux quelques lambeaux de vêtemel^^ sculptés en bois. Ouvrage du même artiste. — h. w cent. 265 — Statuette. =Une mendiante allaitant son enfant. I^^ carnations sont en ivoire, les vêtements en bois. SCULPTURE EN IVOIRE. XVIII» S. 473 Tage du même artiste. — h. se cent. — Buste de Voltaire. = Il est daté de 1 7 7 1 . — h. n cent. — Statuette. =:Baigiieuse d'après Falconnet.— h. fe cent, le en porphyre oriental , avec base en bronzé ciselé é. sonnet, sculpteur, né en 1716 à Paris, a laissé de beaux res. Sa baigneuse eut le plus grand succès. Elle fut re- te de toute manière. La collection en possède une autre m porcelaine de Sèvres. — Figurines. = Deux grotesques. vail italien. — h. 6 cent. — Statuette. = Un joueur de cornemuse debout. Il e costume des paysans flamands, ^u.n cent. — Bas-reliefs sur botte ronde. = Au centre du cou- , la mort de Fyrame et de Thisbé; autour de ce sujet )al, et sur le pourtour de la botte, sont sculptés des tirés de la fable, qui sont encadrés dans des ornements I dans le style de Tépoque Louis XV; sur le fond, une de buveurs. — d. 7 cent. — Figurines. = Deux enfants tenant des livres. Ils sont lur une espèce de socle décoré de guirlandes de fleurs ruits. Ces deux objets étaient destinés à servir de man- .6 couteaux. .- h. 9 cent. — Figurines. = Deux bustes d enfants se terminant en destinés à servir de manche à des ustensiles de toilette. nt d attache du manche avec Toutil qui en dépendait est 'une tête de dragon. — h. 9 cent. — Haut-relief sur fond de velours. = La statue de la 3 est debout, les pieds posés sur un globe. Le diable et )une fille sont enchatnés au socle qui la porte. Cette tsition est placée sous glace, dans un cadre en bois fine- iculpté, décoré de guirlandes et de têtes d'anges. vail italien. — h. i9 cent. . — Figurine. = Un homme à cheval ; il porte le costume knd du temps de Frédéric le Grand. .- h. 6 cent. 31 474 MONUMENTS EUROPÉENS 275 — Statuette. = Un homme barbu portant une ui sur son épaule. Il est vêtu d'une espèce de sayon. — r. it 276 — Bas-relief. = Un coq, une poule, ses poussins et un lapin. ^ H. 8 cent., L. «5 mill. 277 — Statuette. = Un diable ailé. De la main droii tient une torche, de la gauche un crâne humain. ^ h. a< 278 — Hauts reliefs, sur médaillons ovales, faisant dants. = Deux enfants, garçon et fille, couchés et en< Le petit garçon a auprès de lui lare et le carquois de CupicS^ ^m ; la petite fille tient un éyentail. -. h. es mui. 279 — Statuette. = Une femme nue, couchée et endo^'^r-mie sur une draperie. — Long. 19 cent. 280 — Groupe. = Enfant couché sur un chien. Ce gicj^upe est disposé pour servir de pomme de canne. Ouvrage attribué à Michel Daebler. —h des figures is cent. 281 — Groupe. = Enfants montés les uns sur les aut-' ***• ainsi disposés pour servir de manche de cachet. Attribué au môme artiste. — h. 10 cent. 282 — Groupe. = Deux cerfs attaqués par des chie-*^^^^^ Groupe disposé pour une pomnie de canne. Ouvrage attribué au même artiste. — h. 9 cent. ^^mte 283 — Figurines. = Quatre enfants nus, avec les attribu^^ de la vue, de l'odorat, du toucher et de Touïe. — h. * ceot ^ j, 284 — Figurine. = Un grotesque bossu. H tient un cor d^^ chasse en or ; son pourpoint est orné de roses et de rubis. ^^^ d La figurine est posée sur un socle en vermeil décoré d^ douze diamants et de huit rubis. Ouvrage de Krueger, allemand, .-h. tôt ss mui. 285 — Figurines. = Trois musiciens et un aerobate. Travail italien. — h. 7 cent. 286 — Statuette. =: Une levrette. — h. 9 cent. 287 — Statuette. = Un vieillard nu, s'enveloppant dans un manteau fourré. — h. h cent. 288 — Statuette. = Un mendiant un genou en terre; il joue de la cornemuse. — h. i.% cent. SCULPTURE EN IVOIRE. XVIII» S. 475 289 — Figurines réunies sur un socle en ébène. = Un poueor de cornemuse , un berger portant un mouton , un paysan en voyage, un jeune pâtre, une chèvre et son petit, ■ne jeune fille qui file, un jeune paysan donnant la main à un ^JOfant. H. des figures 4 ei 5 cent. 390 — Groupe. = Homme et femme. Ils portent le cos- ■ime allemand de la fin du xviii® siècle. ~ h. 9 cent. 291 — Statuette. = Un enfant tenant une boule. — h. n cent. 292 — Statuette. = Copie de la Vénus de Médicis. La figure est placée sur un fût de colonne en serpentine, à de bronze ciselé et doré. — h. 35 cent. 393 — Statuette. = Une jeune fille portant le costume de w :fin du XVIII* siècle. — h. is cent. 294 — Six camées sur fond d'ébène. = L'Amour présen- k^xnt un casque à Vénus ; Xiéda caressée par un cygne ; XJn satyre assis tenant une grappe de raisin ; flercule assis sur la peau du lion de Némée ; 'olyphème lançant un rocher sur Acis ; dieu Pan, assis, fait danser un faune au son de la flûte ^^)t tuyaux.»— H. s cent. ^95 — Statuette. = La Vierge ; elle porte les yeux vers le ^î H. 14 cent. 396 — Bas-reliefs. = Bustes des douze Césars, vus de profil. ^ %ont découpés et appliqués sur fond d'ébène. — h. 6 cent. 297 — Hauts reliefs. = Bustes appliqués sur fond noir : ^Héque, Cicéron, une vieille femme, un homme la tête cou- ^^vte par les plis de son manteau. — h. s cent. 398 — Bas-reliefs sur médaillons de forme ovale. = Une ^ de Méduse avec Tinscription grecque 20AÛN02 ; une tête ^ satyre. — h. s cent., l. e. Î99 — Bas-reliefs sur médaillons de forme ovale. = Aris- tomaque, Marc-Aurèle, M. Varron, Apuleius. —h. 5 cent., l. 4. 300 — Bas-reliefs faisant pendants lun à lautre. =:Un lion et un sanglier d'après l'antique, par Cignale Calidonio. La 470 MONUMENTS EUROPÉENS. signature de lartisie se trouve sur le terrain qui porte le sanglier, —h. e^cent., l. 8. 301 — Bas-relief découpé sur fond d'ébénc. = Un prélat à genoux ; il porte l'étole et tient un crucifix de la loi droite. — h. iss mm. 302 — Bas-relief découpé sur fond d'ébène. = Un mo ^ne à genoux, en contemplation devant le crucifix, qu'il tiei::^^^ à deux mains. — h. iss mîu. 303 — Bas-relief découpé sur fond d'ébène. = Un nmc^ine portant la barbe. Il tient un crucifix entre ses bras croisés sdi* sa poitrine. — h. le cent. $ IV. SCULPTURE EN MÉTAL. 1. — Objets d'or et d'argent*. 304 — Groupe. = Sainte Anne et ses enfieuits. La sainte ^^^ assise dans une cathedra surmontée d'un riche dais. Elle ti^^^ sur ses genoux la sainte Vierge, dont la tête est ceinte d'i^^^ couronne d'or ornée de pierreries, et un autre enfouit, que qi»^' ques légendes allemandes du xiu® siècle ont donné pour à la Vierge. Les deux enfants soutiennent une châsse où trouvaient des reliques. Sainte Anne porte la longue robe nante recouverte d'un manteau, et sur la tête le dominical. Les vêtements de la Vierge sont dorés, ceux des en£uL émaillés ; les carnations de toutes les figures sont en coul< Au dos de la chaire se trouve gravée cette inscriptio, allemande : Hans GREiFF GOLTSMm [Goldschmied\ hat gemacht anna hof MANN RENTMAisTERiN [Rentmeisterin] das pild \Bild\ sant anna UND ZVAY [zwei\ PATHEM [Palhen], und viget [u;te^/] als ix mabcr FIR [fur] GOLD 8ILBER,UND LON [Z^An] GESTET \ge8tehi\ C. GULDKN REiNis [reinisch], geschechen [gesckehen] an sant micheltac M.iin UND Lxxu lAR [/oArj. *« Hans Greiff, orfèvre, a fait pour Anna Hofimann, femme (1) Les objets qui ne seront pas indiqués pour être en or ou en ver- meil sont en argent. SCULPTURE EN OR ET EN ARGENT. XVI« S. 477 receveur, cette figure do sainte Anne et de ses deux enfants . e pèse neuf marcs d'or et d'argent, et, pour son salaire, il cent florins du Rhin. Fait le jour de la Saint-Michel de ée 1472. ** — H. tôt. dumon. 48ccnt.,L.I7, p. I kU.381gr. 305 — Bas-relief en argent' doré, de forme ronde, exécuté repoussé et ciselé. = L'adoration des bergers. La Vierge ^ les bergers sont en adoration devant Jésus. De petits environnent le berceau du Christ. Saint Joseph se tient ut, appuyé sur un fût de colonne. Dans le fond, les ruines temple, dans une riche campagne. ^^)uvrage de Nuremberg, de la première moitié du xvi® siè- .— D. f6 cent. S06 — Bas-relief faisant pendant au précédent. = Le bap- e du Christ. Saint Jean verse l'eau du Jourdain sur la tête Sauveur en présence de trois personnages revêtus de la phracte antique. L'un d'eux a la tête couverte du petit et plat de l'époque de Louis XIL Dans le fond , un enrichi de monuments et de fabriques. 07 — Bas -relief en or, exécuté au repoussé, ciselé et en ie émaillé. = Malgré la petite dimension de cette pièce, iste a trouvé le moyen d'y représenter quatre scènes : Jé- sortant de Jérusalem, portant la croix sur ses épaules ; la de croix; la mise au tombeau; Jésus apparaissant à — ^Aladeleine. — carré de SS mill. 08 — Figurine. = Sanglier d'après l'antique. ~h. a miii. ^09 — Figurine. =Un cavalier portant le costume du temps ^Charles EX. — h. ss mui. ^ 10 — Figurine. == Le Christ à la colonne, colonne est en bronze doré. —h. de la flgare 9 cent. 11 — Figurine. = Un guerrier portant la cataphracte an- », une longue épée et un fîisil à rouet. — h. ss miu. ^12 — Haut relief de forme ovale, exécuté au repoussé et île. = Bérénice, femme et sœur de Ptolémée Évergète, ^^^**^^:3met à Junon le sacrifice de ses cheveux, si son mari revient "'^^inqueur de l'Asie. 478 MONUMENTS EUROPÉENS. La reine, à genoux sur le premier plan du tableau, sa prière à la déesse. Junon, précédée dlris, sa messagère» assise dans un char traîné par deux paons au milieu de» a ges; de petits amours voltigent à Tentour. Une étoUe se et sort de l'horizon : c'est la première des sept qui, suivan.! fable, ont formé cette constellation qui porte encore aujo d'hui le nom de chevelure de Bérénice, On trouve sur cette pièce l'empreinte d'un poinçon rep sentant une pomme de pin, qui est celui de l'orfèvrerie de^ la ville d'Augsbourg. Travail de la fin xvi*' siècle, —h. it cem., l. n. 313 — Deux bas-reliefs, faisant pendant l'un à l'autre» ^ ^^^é- cutés au repoussé et ciselés. = Le baptême du Christ ; la Cène. Travail allemand dans le style de Kellerthaler, orfèvre ®* graveur de Nuremberg, qui florissait à la fin du xvi* sife^^ et au commencement du xvii^. —h. 43 cent., l. » mui. 314 — Figurine. = Statue équestre de l'archiduc Alb^^^ d'Autriche, souverain des Pays-Bas, mort en 1621. Il est représenté la tète découverte et ceinte d'une couroc*-^® de laurier ; il porte une armure complète et tient un sceptr*^ lamain. — H. ss mui. 315 — Groupe. = Copie du groupe de l'enlèvement d'i^^^^ Sabine, par Jean de Bologne, qui est placé sous Tune des cades de la loggia de Lanû, à Florence. Travail italien du com . du xvif* siècle. — h. «e cem , p. 1 ui n^ 316 — Bas-reliefs. = Trois petites figures mytholiqued ^ coupées et encadrées dans un filet d'argent. — h. ss mui. 317 — Bas-relief de forme oblongue, exécuté au repous^^ ciselé. = Le Clirist mis au tombeau. Le corps de Jésus, détaché de la croix, est entouré de? -^^ seph d'Arimathie, de Nicodème et des saintes femme? ^"' s'apprêtent à l'ensevelir; des anges assistent à cette scèit^' Travail allemand du comm. du xvii® siècle. — h. m cent., ï" ^ Le cadre d'ébèue est enrichi de cinq bas-reliefs d'argeO*'- 318 — Figurine. = Un taureau courant. Il est placé sur ^^ SCULPTURE EN OR ET EN ARGENT. XVll" S. 479 de en argent, finement gravé, où Ton a représenté un tau- ui poursuivi par un chien, —h. as mm. 319 — Figurine. = Une licorne dressée sur les jambes de trière; sur socle en bronze, —h. 9 cent. S20 — Bas-relief exécuté au repoussé et ciselé. = La lapi- 3on de saint Etienne. 3uyrage allemand, —h. 48 cent., l. o cent. Zîe bas-relief est placé dans un cadre en ébène guilloché, lé de plates-bandes de verre peint et doré. îSl -—Statuette. = Un cheval au galop sur un terrain, en ^nt, exécuté au repoussé et ciselé. La tête de l'animal s'enlève; l'intérieur du corps, qui servait boite à parfums, est doré. — h. 29 cent., p. 1 wii. eo gr. 322 — Statuettes de ronde bosse, faisant pendants. = Saint iino ; saint Barthélémy. — h. 11 cent. 823 — Figurine. == Un homme portant le costume allemand la fin du xvn* siècle, —h. 29 mui. 324 — Deux bas-reliefs faisant pendant l'un à l'autre, exé- bés au repoussé et ciselés. = Un chasseur et une chasse- use portant les costumes de lafin du règne de Louis XTV. Fi- t^8 à mi-corps. — h. io cent., l. 9. 325 — Bas-relief exécuté au repoussé et ciselé. = Chasse cerf. Un cavalier donne du cor; il porte le costume du com- ncément du règne de Louis XV. — h. es mm., l. ss. 326 — Statuette. =Le Christ attaché à la colonne. Ouvrage du commencement du xviii^ siècle. — h. is cent. 327 — Statuette en partie dorée. = La Vierge, debout, les ds sur le croissant. Elle est placée sur un socle, aussi en fent, décoré d'ornements dorés, les uns en relief, les autres kvés. Travail espagnol. — h. ss cent., p. 819 gr. i28 — Statuette. = La Mort, sous la figure d'un squelette, ^te à lancer une flèche, elle tient un arc bandé. — h. 32 cent. i29 — Figurine émailléc en couleur. = Un homme à chc- . II porte le costume allemand du milieu du xvin^ siècle 480 MONUMENTS EUROPÉENS. Cotte figurine est traitée dans le genre de celles de J . -M . Din- glinger, célèbre orfèvre allemand, mort en 1 73 1 . Socle en vermeil. _ h. 6 cent. 330 — Groupe en filigrane d'argent. = Un pélican les ailes étendues, se déchirant la poitrine pour nourrir ses petits. Travail italien. — h. io cent. 331 — Figurine. = Un lézard. — Long, s cent. 2. — Bronzes. 332 — Crucifix en cuivre fondu, ciselé et doré. = Le Christ est vêtu d'une courte tunique qui lui ceint les reins et descend jusqu'aux genoux. Ses pieds ne sont pas croisés l'un sur l'ao- tre et percés ; ils reposent sur une tablette, qu'un troisième clou fixe à la croix. Avant le xiu^ siècle, Jésus était attaché à la croix par qua- tre clous, un à chaque main, un à chaque pied. A partir de cette époque, en conséquence de discussions ouvertes anté- rieurement et qui avaient reçu une solution, les deux pieds ,^ furent superposés et attachés par un seul clou. On décida que^^ trois clous seulement avaient été employés au crucifiement, monument que nous décrivons est de la fin du xn® siècle; oi ne croyait déjàplus alors aux quatre clous, mais on n'avait encore adopté le parti de superposer les pieds ; pour sortir de cette difficulté, ce fut à la tablette qui porte les pieds, et non aux pieds eux-mêmes, que le troisième clou fut adapté. La croix, formée de troncs d'arbres seulement ébranchés, est portée sur un trépied terminé par des pattes de lion. Trois anges, vêtus de longues tuniques recouvertes d'une espèce de chlamyde, y sont assis ; leurs ailes déployées se rejoignent et entourent le pied de l'arbre de la rédemption. Chacun d'eux tient un écusson sur lequel est gravé en capitales romaines son nom hébreu, avec la traduction latine de ce nom : MICHAEL QUIS UT DEU8. GABRIEL FORTITUDO DEI. RAPHAËL MEDICINA DEI ^ . (1) Isidore de Séville (Orig. VU, 5) nous apprend que les trois «r- SCULPTURE EN BRONZE. Xll« S. 481 Deox médaillons émaillés sont attachés aux branches de la ^ix ; ils renferment des bustes : lun est celui d un jeune •domine inclinant la tête sur la main gauche, et tenant de la <^ite une torche allumée ; lautre, celui d'une femme coiffée fité des accidents de la matière pour distinguer la cheve- 'o et le vêtement des carnations. — h. s cent. 441 — Plasma. = Deux figurines sur fûts de colonne en ivre doré : Homère et Saturne. — h des fig s cem. ^42 — Aragonite compacte. = Buste de vieillard barbu, sur ^edouche en albâtre. — h. du buste g cem. 443 — Agates et jaspes. = Buste de nègre, en plusieurs Pièces, sur piédouche en argent, —ht cent. 444 — Cristal de roche. = Bacchus enfant, affourché sur n tonneau. Monture en argent doré. — ii. 8 cent. • * 445 — Aragonite vcrdâtrc. = Deux bas-reliefs ovales : la lasse; la récolte des fruits, —h 5 cent., i.. i. 446 — Albâtre oriental = Buste de profil du pape 32* 494 HONOUENTS EUROPËBNS. Clément XIV (GangaaeUij , appliqué sur un fond orile/ ^ J prime d'améthyste. — h. h cent., l. is. I Cadre en bronze doré et ciaelé ; il est surmonté de bnS- I ches d'ulivier chargées de la tiare et de deoz clefs en sautoir. ' exécutés en relief. 447 — ■ Sardoine claire. ^ Baste de Marie- Antoinette, reine do France, sur piédouche orné d'un rubis. - h. u mm. 448 — Agate d'Allemagne. = Deux bustes de femme, de i'^oque de Louis XVI, faisant pendants l'un à l'aatre, rar fats de colonne cannelés, en agaterubanée. -B.dwiiuM««*M. 449 — Sardoine. ^ Une souris, -b. » iiiii).,Loi«. m. 450 — Emeraude montée en bague. ^= Tète de singe. Travail moderne. Ail — Agate d'Allemagne montée en bague. = T6te de renard. Les yeux sont en émeraudes. Travail moderne anglais. PEINTURE. J t. PEINTUH8 EH DÉTHBHPB. . — UiDiaiures d'une: 462 — Album ia-foHo renfermant un recueil de miniatures. Ce recueil se compose do vigaettes détachées de divers manu- scrits pour l'ornement desquels elles avEÙent été exécutées. Comme elles sont généralement belles et riches, et qu'elles appartiennent à diverses époques , leur réunion forme une aorte d'histoire de l'ornementation des livres depuis le xtu* siècle jusqu'au milieu du xvi'. Noua alloiu les décrire en réu- aisaant ensemble toutes celles qui proviennent du même livre. 1° Quatre vignettes tirées d'un manuscrit du xiu" siècle. Un évéqufl fait remplir une cuve baptismale, dans laquelle il va administrer le baptême & un jeune garçon, qu'un pcrson nage richement vêtu tient par la main . Deux chevaliers revétns de l'armure du temps assistent à cette scène. 196 MONUMENTS EUROPÉENS. Un jeune homme, probablement celui dont la vignette pré- cédente représente le baptême, est aux genoux d'un évèque, et s'engage à se consacrer à Dieu. Un phylactère, qu'il tient à la main, porte ces mots : Votant vovii Deo. Le jeune homme va prononcer ses yœux : il est prosterné devant un abbé mitre, qui lui coupe les cheveux en présence de l'évêque et de plusieurs grands personnages; l'un d'eux écarte une femme qui pose la main sur son cœur. Il est & remarquée- que l'évêque porte une mitre conique, bien différente de 1^3 mitre ordinaire fendue et peu exhaussée. On retrouvera cett^^ mitre conique sur un tau très curieux catalogué n^ 1479. Le même jeune homme, monté sur un cheval au galop» ' s'échappe du couvent où il était reclus, et jette & terre robe de moine, —h. 7 cent., l. 7 et s. Ces trois dernières vignettes ont été gravées dans l'ouvrage de M. Willemin, planche 142. 2® Six miniatures provenant d'un livre de prières du com- mencement du xv*' siècle. La Visitation. La révélation de la naissance du Christ aux bergers. Le berger placé sur le premier plan porte le petit sayon (gon- nel) d'étoffe surmonté d'un ample camail ou carapotte; les chausses ne dépassent pas le genou et laissent les cuisses en- tièrement nues. C'était là le costume des paysans au xiv*^ siè- cle et au xv^ ; on le retrouve dans un grand nombre de manu- scrits, notamment dans le beau /^omaref de la Bibliothèque royale , qu'avait fait exécater, dans la première moitié du xv^ siècle, Louis de Bruges , homonyme du fondateur de notre collection , et , comme lui , grand collecteur et amateur de belles choses. La fuite en Egypte. La Vierge porte dans ses bras l'enfiuit Jésus emmaillotté, comme une momie égyptienne, dans un ré- seau de bandages entrecroisés, suivant l'usage constant au moyen âge. Saint Mathieu ; Saint Marc ; Saint Jean. PBINTURE. MINIAT. DE MANUSC. XV» S. 497 Au-dessous de chacune des minatures, une belle lettre ini- tiale, sur fond doré ou damassé , précède les premières lignes du texte; le tout est entièrement renfermé dans une riche bordure de rinceaux enrichie de fleurs et de fraises exécutées avec une race perfection et de deux chiffres enlacés. — h. iMmiii.. l. 40cent. 3** Six miniatures provenant d'un office de la Vierge exé- cuté au xv^ siècle. La nativité ; L'adoration des mages ; La présentation au temple. Derrière Siméon, se tient un personnage qui porte le costume des riches bourgeois de l'é- poque de Louis XI : robe à longues manches, plissée par-de- vant et serrée sur les hanches par une ceinture étroite, et le chapeau à bec ; La descente de Saint-Esprit sur les apôtres ; Le crucifiement. Un enterrement. La fosse est ouverte ; le mort est couché nu à terre, sur un linceul, où deux femmes s'occupent de l'en- sevelir. Le clergé est à l'entrée d'un portique qui donne accès dans le cimetière ; les parents du défunt sont en arrière ; on 7 remarque trois femmes en grand deuil ; un capuchon noir leur couvre presque entièrement le visage. Dans le haut du tableau, des anges présentent à Dieu l'&me du défunt sous la forme d'un enfant nu ; le Tout-Puissant, placé au milieu d'une auréole ardente, est revêtu d'une chape et coiffé de la tiare. Ces miniatures, d'un dessin correct, riches de belles cou- leurs et de rehauts d'or, sont embordurées dans des rinceaux à feuillages d'or et de couleurs, au milieu desquels sont placés des personnages, qui tous sont en rapport avec le sujet traité dans la miniature qu'ils entourent. Le plus cu- rieux de ces encadrements est celui qui borde la scène de l'enterrement. La Mort est placée dans le haut du tableau, brandissant une flèche qu'elle va lancer. Six personnages, le pape, l'empereur, un roi, un duc souverain, un gros et riche bourgeois, un paysan élèvent les yeux vers elle pour implorer sa miséricorde, —h. les mm., l. <2o 498 MONUMENTS EUROPEENS. 4° Une suito do huit petites miniatures extraites d'un ma- nuscrit du xv^ siècle. L'annonciation; la Visitation à sainte Elisabeth ; la nativité; les bergers prévenus de la naissance du Christ; l'adoration des mages ; la présentation au temple ; la fuite en Egypte ; la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. ~ h. sa mui., l. so à m. 5*^ Onze miniatures provenant d*un calendrier qui précédait un livre de prières. Les onze premiers mois de l'année (le mois de décembre manque) y sont figurés par les travaux et les plaisirs que cha- que mois amène avec lui. Le repas au coin du feu (janvier) ; les deux chasseurs qui rappellent le faucon (avril); la jeune fille qui tresse une cou- ronne, assise dans un bosquet de roses (mai); le gros seigneur qui fait rentrer son blé (août), sont de délicieux petits ta- bleaux de genre. Les costumes des personnages sont ceux du temps de Louis XII. — h. ss mui., l. «s. 6^ Initiale E, tirée d'un manuscrit du x\*^ siècle. La lettre sert de cadre à un sujet qui représente un saint moine (saint Antoine?) tenant un livre à la main h. f4 cent., l. lo. 7^ Quatre grandes initiales D. C. S. et G, tirées d'un grand missel de la fin du xv^ siècle. Elles servent de cadre à quatre sujets : l'entrée de Jésus à Jérusalem ; une procession sortant de la porte d'une ville; un saint évéque guérissant un aveugle ; un pape entouré de car^ dinaux : il est assis sur son trône , et tient un livre ouvert sur lequel des religieux, qui se présentent devant lui, parais- sent prêter serment. — ai cent, carré». 8^ Initiale B, tirée d'un missel italien in-fol. , du conunence- ment du xvi*^ siècle. Elle est exécutée en camaïeu bleu et décorée de figures de femmes qui se terminent en gaîne. Une tresse d'azur à perles d'or sert d'encadrement. La lettre, ainsi magnifiquement disposée, n'est elle-même que le cadre d'un petit tableau qui représente le roi David en prières; il a doposc son sceptre et sa couronne sur les marcbe« de son trône. — ii 25 cent., l. 23. PEINTURE, MINIAT. DE MANUSC. XVI' S. 499 9" Quatre miniatures à pleine page, tirées d'un livre in-4" du XVI® siècle. Chaque miniature renferme deux saints ou saintes : sainte Geneviève et sainte Gudule ; un petit diable perché sur un arbre s'efforce d'éteindre, avec un soufflet, le cierge que tient sainte Gudule ; Saint Nicolas et sainte Marguerite ; Sainte Catherine d'Alexandrie et sainte Anne ; Saint Augustin et saint Martin, — h. 23 cent., l. i6. 10® Quinze lettres initiales provenant d'un missel in-folio du XVI* siècle. Les unes sont en or sur un fond de couleur, les autres en feuillages de couleur sur un fond d'or. Toutes renferment, soit un sujet tiré de l'Évangile, soit la représentation d'un saint ou d'une sainte. — locem. carrés. 11** Miniature à pleine page , provenant d'un manuscrit in-quarto du xvi® siècle. Deux femmes, qui portent un costume monastique , sont assises sur une riche estrade ; deux jeunes femmes, l'evêtues d'un riche costume, se tiennent debout prèiâ d'elles ; l'une a sur la tète une espèce de voile noir. De la banquette s'élève un arbre généalogique, qui, proje- tant deux rameaux à gauche et un à droite, se termine au sommet par un large feuillage > Sur chacune des deux branches inférieures sont placés deux personnages, homme et femme, richement vêtus et couronnés de la couronne des ducs souve- rains ; sur la 3^ branche, une reine diadémée entre deux rois, qui portent le sceptre fleurdelisé et la main de justice, insignes distinctifs des rois de France; enfin, au sommet de l'arbre, un roi et une reine de France. Le texte qui se trouve au revers de la gravure est ainsi conçu : ^ Incontinent, la ditte princesse fut conduite iusques ^ devant le chastelet où se tient la iustice ordinaire ; là estoit - le sixième eschauffault préparé , dessus lequel estoit la - généalogie de la royue, du costé maternel depuis le duc «• lehan. " Quelle e.st cette princesse, quelle est cette reine dont la 500 MONUMENTS EUROPÉENS. généalogie maternelle est évidemment représentée dans la miniature que nous décrivons ? Il est à croire que cette reine est Claude de France, femme de François I^ ; ils occupent tous deux Ja cime de l'arbre ; sur le rameau qui suit en descendant, on doit voir Anne de Bre- tagne , mère de la reine Claude , entre ses deux maris , Charles VIII et Louis XII ; au-dessous, François II de&e- tagne et Marguerite de Foix, sa femme, père et mère de I ,= reine Anne; plus bas, Richard, duc de Bretagne, et Margu< rite d'Orléans, père et mère du duc François. Richard était le quatrième fils du duc de Bretagne, Jean du nom. La princesse , conduite devant Veschauffavlt dessus estoit la généalogie de la royne, serait Madeleine de France, fil. de François P' et de Claude, née le 10 août 1520, mariée l'église de Notre-Dame de Paris, en 1536, à Jacques roi d'Ecosse ; et il est à croire que le manuscrit d'où a ér- -« tirée notre vignette devait donner la description des fôtes q^' J eurent lieu à Paris à l'entrée de la princesse Madeleine. Les fenmiies qui sont au pied de l'arbre seraient les quatr -^ filles du duc Richard : Marie, qui après avoir été mariée ^ l'âge de sept ans, en 1431, au maréchal de Rieux de Roche<-^'^ fort, prit le voile après la mort de son mari, arrivée en 14SSh«^ et fut élue abbesse de Fontevaud ; Madeleine, qui devint re- ^^ ligieuse de l'ordre de Sainte-Claire à l'abbaye de Longchamp ; Marguerite, qui se retira avec sa mère, après la mort du duc Richard, à l'abbaye de Longchamp, mais qui ne prit pas le voile ; et enfin Catherine, mariée le 19 août 1438 à Guillaume deChàlons, seigneur d'Argueil. depuis prince d'Orange. Cette princesse serait celle qui descend de l'estrade tenant un sceptre*, —h. iocent., l. i*. 1 2^ B initial en camaïeu jaune rehaussé d'or. Cette lettre historiée se compose d'un assemblage défigures, d'animaux chimériques et d'ornements. Elle est posée sur une miniature qui représente Michol faisant descendre David par (I) Lo P. ANSELME, Hist. gén.^ tome 1, p. 462. 0^ PEINTURE. MINIAT. DE MANUSC. XVl« S. 501 ne fenêtre pour le soustraire aux soldats de Saîil. Cette ignette provient d'un manuscrit du xvi^ siècle, —h. 40 cem., l. 9. 13** Miniature à pleine page tirée d'un manuscrit in-8** du m»^ siècle. Elle représente trois religieuses s'approchant d'une dame i les accueille avec affabilité; cette dame a quelque ressem- ée avec la reine de Navarre, sœur de François I*'. La miniature est encadrée, ainsi que six vers écrits au- BBous, par une riche décoration architecturale dans le style gant de la renaissance. — h. 75 mui., l. iss. 14® Trois miniatures, dont deux à pleine page, tirées d'un uscrit in-8° du xvi* siècle. Iles-ci, renfermées entre deux colonnes torses, reposent an soubassement décoré d'arabesques où l'on remarque enfSuits qui soutiennent un écusson de gueules au che- n ployé d'or, accompagné de trois tourteaux, deux en chef ^im en pointe. première représente l'intérieur d'une galerie à colonnes '^^^orée dans le style de la renaissance. Sur le premier plan, roite, deux enfants ; à gauche, un cardinal auprès duquel ^^ent un génie ailé à demi vôtu de blanc ; en arrière, trois et trois femmes se tenant par la main : tous ces per- nages portent le costume de l'époque de Louis XIL seconde, plus petite, représente ce même cardinal tenant la main le petit enfant vêtu de blanc qui symbolise la ée, ainsi que nous l'apprend le texte : ^ Afin de satisfaire mon désir, ie prins Entendement par la main et ensemble ^^E^archftmes. ** X^A troisième, la Mort sous la figure d'un squelette, les yeux ^^ndéB et tenant une flèche à la main. Elle est affourchée sur iKBuf conduit par un vieillard qui joue du gaboulet et firappe ^ur un tambourin, et par une femme qui porte un étendard ; ^1^ arrière, un homme sonne de la trompe. ~ h. 46 cent., l. 40. ^^ ^ M 463 — Trois miniatures sur une feuille provenant d'un manuscrit in-folio magno du xv® siècle, traitant de l'histoire de Troie. 502 MONUMENTS EUROPÉENS. La première, placée au milieu du texte, sur le recto du 1®' feuillet (de 14 cent, sur 95 mill.) représente l'arrivée de Priam à Troie quHl trouva desiruitte et arse. La seconde, sur le verso (de 48 cent, sur 31), occupe toute la page. Elle représente la reconstruction de Troie par Priam. Voici ce que dit le texte : •* Quand Priam vit Ilyon, le maistt^v «« château de Troye, ars et confondu, et la cité arse et de^^. «« truitte, moult en démena grant douleur et moult « ment gémit et ploura. Et incontinent, fist venir ouvriers •• les mist en euvre... » Suit la description des travaux, c se termine ainsi : •« Et Ilyon ainsi parfait, ce fut la plus M chose et la plus noble qui oncques fîist veue de œil •« homme ne que jamais soit veu et la plus riche. »'Sur le mier plan, le roi, suivi de quelques personnages de sa coi donne des ordres à de nombreux ouvriers. Il est revêtu d longue robe traînante que Charles YIII avait remise à la m< pour cacher les défauts de sa taille. Au second plan, à droi une rue entièrement terminée ; le rez-de-chaussée de toai les maisons est occupé par des boutiques; plus en a l'une des portes de la ville est en conslruction ; des à élever les pierres sont placées sur le haut des m Dans le fond, le château d'Ilion déjà terminé et dont les mi sont couverts de riches sculptures. Ce ch&teau, flanqué grosses tours et surmonté d'une foule de tourelles à fléch-* aiguës, présente beaucoup d'analogie par son slyle avec ch&teau de Chambord. Ce curieux tableau, qui ne contient pas moins de 75 sonnages, a été publié par M. Du Sommerard dans son chap. Vni, pi. I. La dernière miniature de cette feuille (de 13 cent, sur 1 placée au milieu du texte, sur le verso du second feuille, présente le départ d'Anténor, que Priam, •« après que la •« de Troye fut très forte et noblement édiffiée , envoie •« ambassade en Grèce au roy Poilus et aux autres roys <• barons des Grégois, afin que Erionne sa sœur lui ** dissent et envoyassent. » Dans les petites miniatures, les personnages portent J^ PEINTURE. MINIAT. DE MANUSC. XVI« S. 503 ostume de la fin du xv^ siècle, époque à laquelle il faut faire monter Texécution de ces curieuses peintures. Cette feuille est renfermée sous glace dans un cadre ulpté de la fin du xvi*^ siècle. ;r. — Aquarelles, gouaches et miniatures. 464 — Entrevue d'Octave, d'Antoine et de Lépide, d'après bas-relief antique . aquarelle sur vélin, portant la date de ! 570. —ii. 20 cent., l. fo. ^55 — Les Bohémiens en voyage. ^Aquarelle vernie sur médaillon ovale en ivoire, attribuée à Ot. — H. 6 cent., L. Mmill. en fer ciselé. 56 — Vue de la place et de l'hôtel de ville d'Augsbourg. ouache sur médaillon rond en ivoire, datée de 1610, par iasHoll.— D. 7cent. 57 — Deux têtes déjeunes filles. ^^^VEiniatures sur médaillons ovales en ivoire, par Fragonard 32 f 1806).— H. 7 cent., L. 6. 58 — Deux figures d'enfants ; Tun porte le costume de , l'autre celui de Scapin. ^%4Qniature8 sur ivoire du même artiste. —11. s cent., l. 5. "4^ ^9 — Deux naïades surprises par un fleuve. ^A^ïniature sur vélin par Charlier, artiste qui florissait sous *^ "ïc^gne de Louis XV. — d. 75 mm. «4 60 — Fête de village. ^Aédaillon à la gouache, appliqué sur une botte d'écaillé, Bleremberg. — d. 7 cent. 461 — Une jeune femme assise sur un sofa, ayant auprès ^^^Ue deux amours, dont l'un tire de l'arc. Dessin à l'encre de Chine, dont les carnations sont légère- luent teintées, par Basset, artiste qui vivait sous le règne de ïiOUis XV. — H. 45 mill., L. 65. 462 — La pêche miraculeuse ; La résurrection de Lazare ; 5U4 MONUMENTS EUROPÉENS. Les vendeurs chassés du temple ; Le repas chez Simon le Pharisien. Quatre gouaches d'après les grands tableaux de Jouvenet, du musée du Louvre, par Grenier, artiste qui vivait sous Louis XV et Louis XVL — h. es mui., l. h cent. 463 — Bacchanale. Camaïeu sur ivoire, par Degaux, artiste qui florissait sous Louis XVL — D. 55 mill. 464 — Lot et ses filles. Peinture en vernis sur bois, par Martin, inventeur du vernis qui porte son nom. — d. 5 cent. 465 — Seize sujets tirés de la passion du Christ, exécutés à la gouache et réunis dans un même cadre. Chaque sujet, qui comprend cependant un grand nombre de personnages, est renfermé dans un espace de 9 mill. de longueur sur 5 mill. de haut. Cet objet curieux appartenait, en 1 790, à Charles-Auguste, duc souverain de Deux-Pônts. Cadre contourné en ivoire, bordé de bois, et décoré d'orne- ments en argent. 466 — Chasse dans une forêt. Gouache, par Taunay père. - h. s cent., t. 7. 467 — La nativité. La Vierge place Tenfant Jésus dans la crèche. Saint Joseph et deux anges à genoux, en adoration. Gouache sur vélin. — h. m cent., l. i7. Cadre octogone en ébène, décoré de plaques de verre peint. 468 — Suzanne surprise par les deux vieillards. Miniature sur ivoire. — h. 85miu., l. eo. 469 — La Vierge au voile bleu, d après Carlo Dolci. Miniature sur ivoire. — h. 65 mm., l. so. Cadre octogone en bronze doré, avec filets d'ébène et orne- ments en corail. 470 — Le crucifiement. La Vierge et saint Jean se tiennent debout de chaque côté de la croix ; la Madeleine, agenouillée, embrasse les pieds du Christ. PEINTURE. AQUARELLES. XVIII» S. 505 Miniature sur vélin. — h. so c«nt., l. 46. Cadre en écaille incrusté de filets de cuivre. 471 — Batailles et scènes militaires. Album de 34 goua- ches, par M. Bazin. Elles sont renfermées dans la couverture en filigrane d'argent, n^ 11 36. i II. PEINTURE SUR VERRE. 1. — Vitraux français et allemands. 472 — Deux vitraux provenant de la môme verrière. = L'annonciation. La Vierge, agenouillée devant son prie-dieu. écoute avec un saint recueillement les paroles de l'ange qui présente à la mère future de Jésus une tige de lis, symbole d une pureté inaltérable. Le messager de Dieu déploie un phy- lactère sur lequel on lit ces premières paroles de la salutation évangélique : Ave Maria grcUiaplena Dominus tecvm. Ouvrage allemand du xv^ siècle, —h. se cent., l. t*. 473 — Six vitraux provenant de la même verrière. =: Saint Pierre ; saint Antoine ; un saint abbé, fondateur ; saint Lam- bert, évèque de Maëstricht ; saint Maurice, revêtu d une ar- mure dorée que recouvre un large manteau : il s'appuie sur un bouclier chargé de neuf besants d'or et tient de la main droite unelanceàpennon; le Donateur, àgenoux, vêtu d'une houppe- lande blanche à revers rouge, avec larges manches pendantes. Tous ces personnages se détachent sur un fond damassé rouge ou bleu, et sont placés sous des arcades. Ouvrage allemand du xv^ siècle. — h. &5 cent., l. so. Le vitrail où saint Antoine est représenté est reproduit dans le cul-de-lampe à la fin de ce chapitre. 474 — Vitrail de forme ronde. = Le sacre d'un évéque. Le prélat est assis sur un pliant de la forme de ceux de la collection catalogués n? 1495. Les deux évoques consacrants lui posent la mitre sur la tête ; un enfant de chœur lui présente ouvert le livre des Évangiles ; trois autres portent les flambeaux et la croix processionnelle. Ouvrage français de la fin du xv^ siècle. - d. «o cent. 33 500 MONUMENTS EUROPÉENS. 475 — Quatre vitraux exécutés en grisaille bistrée, rehau «ée d'or, réunis dans un encadrement d'arabesques d or su fond grisaille. = Quatre scènes y sont représentées : Moîs» frappant le rocher, le serpent d'airain, la manne et Josué qi fait tuer les cinq rois dans la caverne de Maceda. Sauf Mois les autres personnages portent les armures et les costum allemands du xv** siècle. Ouvrage de la fin du x\^ siècle. — h. u.i. ei cent., l. 47. 476 — Vitrail de forme ronde ; grisaille rehaussée d*or. : Le comte d'Archambault coupe la gorge à un de ses neve qui avait attenté à la chasteté de plusieurs femmes. C'est là ^i moins Texplication que donne Bartsch (le peintre-graveur n** 73), dans la description qu'il fait de ce sujet, traité par degraver. Ouvrage allemand du commenc. du xvi** siècle. — d. » cem -^ "«• 477 — Deux vitraux en grisaille rehaussée d'or. = Le ji^v' """ gement dernier; les œuvres de charité. Ouvrage allemand du xvi^ siècle. — h. ss cent., l. 19 œm. 478 — Vitrail colorié. = Les apôtres. Ouvrage de l'école de J. Courtois , émailleur à Limoge= XVt* siècle. — h. IS cent., L. 20. 479 — Vitrail de forme ronde; grisaille rehaussée d'or de brun-rouge. = Le repas du mauvais riche. Ouvrage français du xvi*^ siècle. — n. ss cem. 480 — Vitrail de forme ronde ; grisaille rehaussée d'or. Samson enlevant les portes de Gaza. Ouvrage français de la fin du x\ i* siècle. — d. m cent. 48 1 — Vitrail de forme ronde ; grisaille rehaussée d'or. Êsaii vend son droit d'aînesse à Jacob pour un plat de len- tilles. Ouvrage flamand de la fin du x\f siècle. - d. ss cent. |t^ 482 — Vitrail exécuté en grisaille. = Le Temps, assis sur une tortue, traîne après lui le diable et un groupe d*hommes et de femmes ; allégorie. Ouvrage allemand du comm du xwf siècle. - 11. is cvm, . i,. as 4 PEINTURE SUR VERRE. XVI» S. 507 2. — Vitraux héraldiques de la Suisse allemande. 483 — Saint Jacques et sainte Frenna présentant les écus armoriés de Jacob Cristoffel de Bernhoscn et de sa femme Frona Appolonyca de Rinach. Date de 1612. — h. 76 cent., l. m. 484 — Un nègre (l'un des rois mages?) monté sur un cha- ïneau; il est placé sous une arcade, dont l'archivolte porte l'é- cusson de l'empire. Commencement du xvi*^ siècle, —h. 37 cent., l. 30. 485 — Un personnage portant le costume allemand du com- mencement du règne de Charles-Quint; devant lui, deux écus ^unnoriés. Il est placé sous une arcade au-dessus de laquelle ^At représentée une chasse au cerf. — h. 51 cem., l. se. 486 — Les frères Rutlinger. Ils portent un costume mi- ie jaune et noir. Date de 1550. — h. si cent., l. so. -487 — Armoiries del'Algow, qui sont de gueules, à la fasce *gent accompagnée de trois têtes de chiens de sable, lam- ks^es, accolées et bouclées d'or. Un guerrier, revêtu de l'ar- du temps, tient à la main le drapeau de la province. de 1551 . —H. 41 cent., L. 30. 8 — Cristina, veuve Muntprattin, avec ses armoiries. de 1553. Dans le haut on a représenté Lucrèce qui se ^^^THie la mort en présence de son époux et de ses parents, ^^ Joseph fuyant la femme de Putiphar. — h. 37 cent., l. m. ^89 — Un écu d'argent au calice de gueules supporté d'un ^^^peau de trois pièces d'azur, au chef de gueules, timbré À un heaume d'argent à six barreaux taré de front. Il est 'placé sous une arcade soutenue par deux colonnes. A droite et à gauche sont représentées la Prudence et la Force; au-des- sus, deux chevaliers qui fondent l'un sur l'autre, la lance en arrêt. Milieu du xvi'^ siècle, —h. -10 cent., l. 38. 490 — Un guerrier, vêtu de rouge, porte un drapeau rouge chargé d'une rose blanche à la tige noueuse. — 11. 31 cent., l. 19. 491 —Armoiries de Weaihartt Zenack et de sa femme Fro- nech Beierin. Au-dessus, neuf médaillons encadrés dans des 508 MONUMENTS EUROPÉENS. colonnes supportant des arcades. Dans l'un, on a représeni Jésus et la Samaritaine auprès du puits de Jacob ; dans h autres, des ouvriers diversement occupés au travail des mor- naies. Date de 1666. —h. 32 cent., l. m. 492 — Un écu d'argent à une échelle de sable à cinq écl Ions, élargie par en bas. 11 est placé sous une arcade, à droi et à gauche de laquelle sont quatre médaillons où sont repi sentes des personnages à cheval, portant le costume du ten^^ ps de Charles IX, qui chassent au faucon, —h. «i cent, l. i*. 493 — Deux écus accolés, l'un taillé, l'autre tranché d\ gent et d'azur; ils sont surmontés des armes de l'empire, ont pour supports deux lions. Autour de ces trois écussi sont rangés circulairement 31 écus armoriés avec insci tiens. — D. 33 cent. 494 — Armoiries de Joachim, abbé de la vénérable égK- de Saint-Gall. Elles sont accompagnées de deux figures ^® saints nimbés : saint Gallus et un saint abbé qui tient un ^^ — ^ baril. Date de 1677. —h. s* cent., h. 21. 496 — Armoiries de Melcher Tschudi de Glaris, chanceV- ^^^ de la cour deWyl, et de Baltassar Tschudi, conseiller de SaL- -^^^^ Gallisch. Date de 1678. —h. 30 cent., l. 21. 496 — Hans Kuster, aubergiste de Pfauver de ^ ^^ chvyt, etCrystina Buttlerin, sa femme, veuve Huflrow. armoiries sont au bas du tableau. L'homme est coiffé d'un r^^^ rion, et porte sur l'épaule gauche une arquebuse à mèclf'^^ Date de 1682. —h. ao cent., l. 20. 497 — Hans Kauw, monnayeur de Strasbourg. Il est v^*^^ de noir et tient une hallebarde à la main; son écu armorié ^*^ placé devant lui. Au-dessus de l'arcade sous laquelle lepcr sonnage est placé on a représenté l'atelier où se fabriquaiet^^ les monnaies. Date de 1682. — h. 82 cent., l. 22. 498 — Fridlin Bàreneger et Bund Simen Schund. L'un porte une arquebuse; l'autre, revêtu de l'armure complète de l'époque, s'appuie sur une épée à deux mains. Leurs écus d'ar- gent plein semblent annoncer qu'ils n'avaient pas encore fait choix de pièces héraldiques. Date de 1683. — h. 24 cent., l. ti. PEINTURE SUR VERRE. XVI» S. fi09 9 — ►Armoiries de Forg Stadler, maître peseur de la ville irich. Elles sont placées sous un riche portique. Date de . — H. S9 cent., L. 19. 0 — L'adoration des mages. = Au bas du tableau, les iries de Hans Buler, surnommé BUgeiin, et d'Anna zlin, sa femme. Date de 1584. — h. 3i cent., l. 31. 1 — Tyle Jependantz de Zytt, directeur de la monnaie icerne, et Elisabett Schmidin, sa femme. L'homme porte stome civil de son temps. Dans le haut du tableau on a isenté un atelier de monnayage où plusieurs ouvriers occupés. Date de 1586. —h. si cent., l. 91. 2 — Les écus armoriés de Gaspar-Ludwig Saidenhaim, suprême de Klingenberg, et d'Anna de Saidenhaim, née eine de Werbeckh, sa femme, dans un élégant cartouche iré de figures. Date de 1587. — h. k\ cent., l. as. 3 — Armoiries de Hans-Jacob von Schimyst, citoyen de ;h, et de sa femme. Signature de Machel, et date 90. — H. 31 cent., L. SO. I — Les figures de saint Ulric et de sainte Elisabeth de rie, placées sous une arcade, et au-dessous, l'écu armo- Ulrich Wolgeman, chambellan de Munster, et d'Elisa- Surkarit, sa femme. Date de 1594. — h. si cent., l. so. 5 — Michel Stely et Jacob Weiger. =Ils portent tous deux igue épée et la dague, et s'appuient sur une hallebarde, irs pieds sont deux écus semblables, d'azur au soc de xie d'argent. Dans le haut du tableau, on a représenté amp labouré par des bœufs. Stely et Weiger étaient cer- ment des agriculteurs. Date de 1594. — h. sa cent., l. sa. 6 — L'écu de Saint-Gall, qui est d'argent à l'ours de- de sable, accolé et bouclé d'or*, et celui de Zurich, qui aunché d'argent et d'azur, surmontés des armoiries empire. Deux personnages sont placés en arrière des Suivant Paillot, le champ de l'écu de Saint-Gall est d'or ; il est en linsi reproduit sur un vidrecomc, n° 1377; dans ce vitrail et dans 1" 508 il est d'argent. ^^ 510 MONUMENTS EUROPÉENS. écus : l'un doux, armé do toutes pièces, porto le drapeau Saint-Gall. Date de 1595. — h. hî cent., i.. ». 507 — Armoiries de Samuel Doring de Lunebourg. fcBLJl^ sont placées sous une arcade dans le tympan de laquelle o ^"^^^ représenté Thistoired'Actéon. Date de 1599. — h. stceiit.,L. ^^.n- 508 Les armoiries de Saint-Gall, surmontées de ceEl^^lles de l'empire. Les deux personnages représentés dans le vit n® 506 sont également placés en arrière de ces écus. de 1599. ~ H. 41 cent., L. 31. 509 — L'adoration des mages. = Au-dessous du tableau tiK^^Arois écus armoriés avec les noms de Hans-Gaspar Ott, Hr. HZ^EIans Ott, Heinrîch Schalch et Hans Pfister. Le sujet est placé S' w^ops une riche arcade. Ouvrage de la fin du x\f s. — h. so cent., u-jm^ ^-^ 510 — Un écu d'azur à la barre d'argent, chargée d'r "^ - une clef d'azur et accompagnée d'une demi-étoile d'or en chet: ^^f et d'une demi-étoile de même en pointe. Au-dessus de Técu, - - ^^' dith et la Justice. Fin du xvi* siècle. — h. sa cent., l. m. 511 — Deux écus accolés, placés sous un portique, oO^ ^^ ^ trouvent d'un côté la Foi, de l'autre l'Espérance. Au-dessoc:^'*^^^» un cartouche où est représentée la lutte de Jacob avec un antf^^^^^S^' F5n du xvi*^ siècle. — h. 33 cent., l. 24. 512 — Les armoiries de Lucerne, qui sont d'argent p^-^^^^^*™ d'azur, surmontées de celles de l'empire. Deux personm se tiennent à droite et à gauche des écus : l'un d'eux, co du morion, portant corselet, brassards et cuissards, tient^^ ^* bannière de la ville. Au-dessus, dans un cartouche, on a ^ ^' présenté le dévouement d'Arnold de Winckelried, surnom^-- ^^ le Decius de la Suisse, qui périt glorieusement le 9 juillet 1 3^ -^^ à la bataille de Simpach, livrée à Léopold, duc d'Autrichr Ce brave chevalier, voyant que les Suisses ne pouvaient pa^" #- venir à se faire jour dans les rangs des Autrichiens, s'y pré' f 4 cipita avec une ardeur héroïque, et, empoignant une brassée 1 ^ de leurs lances, il ouvrit aux siens, par un trépas magnanime, le chemin de la victoire. Date de 1608. — h. 40cent., l. ai. 513 — Les armoiries du canton de Glaris , qui sont de iffé PEINTURE SUR VERRE. XVl» S. 511 gueules & un saint Jacques d'argent, ii manteau de aahh, le bourdon d'or, et au-dessus celles de l'empire. Un guerrier. armé de pied en cap, portant la bannière de la ville, et un autre personnage, appuyé sur une hallebarde, sont debout à droite et à gauche des écus. Dans le haut on a représenté la légende d*un saint abbé deGIaris. Le saint personnage sort de son tombeau et se présente devant le tribunal du canton, afin d y aflirmer la fausseté d'un testament qui aurait soustrait ses biens à sa famille. Date de 1608. — ii. «ocem., l. si. 614 — Les armes de Bâle, qui sont d'argent à un étui de crosse (ou lis renversé) de sable, timbrées d'un dragon. Deux guerriers, dont l'un porte l'étendard du canton, sont en ar- rière de l'écu. Dans le haut, on a représenté le tir à l'ar- quebuse. Date de 1608. — h. *ocent., l. si. 515 — L'écu de Berne, qui est de gueules à la bande d'or chargée d'un ours de sable, surmonté de^ armes de l'empire. Un guerrier revêtu de l'armure des fantassins du temps, et un autre personnage portant une hallebarde, sont placés à droite et à gauche des écus, sous un portique, au-dessus duquel on a représenté les citoyens de Berne recevant une charte d'un empereur. Date de 1608. — ii. *ocent., L.sr 516 — Deux écus accolés portant les armes de Berne, et au-dessus celui de l'empire, ayant deux lions pour supports; quarante-huit écus armoriés forment un encadrement. Date de 1 6 I 4 . — H. 55 cent. , L. 43. 517 - — Trois écus armoires, sous un portique richement décoré, avec cette inscription en allemand : •• La très estiméo commune de Fuhrtalen. » Date de 1 6 1 6. — h. «s cent., l. 34. 5 1 8 — Le baptême du Christ. =Ce sujet est encadré dans un portique, au-dessous duquel sont les armoiries de Volffgang Strassly von Dottwill et d'Elisabett MûUery, sa femme. L'écu de Dottwill est pourpre à la hache d'argent. Dans le haut du tableau on a représenté un boucher qui abat un bœuf. Date de 1618 - ii. ai cent. , i.. so. 5 19 — Joseph Sohàrcr Al ter Scchel , seigneur de Sidwald, et Margret Hassig, sa femme. = Au bas du tableau sont les écus 512 MONUMENTS EUROPÉENS. armoriés des deux époux. Date de 1619. — h. si ceot.. l. «». 520 — Le sacrifice d'Abraham. = Le sujet est placé dus un riche cartouche au bas duquel sont placés les écus armo — ries de Heinrich Schàrer, bailli de Durda, et de Susaaae Wickline, son épouse. Date de 1619. — h. ji cent., t. «i. 631 — Armoiries de Hans-Ludwig Bockle, placées sous icz^^ portique, au-dessus duquel on a représenté un intérieur ^ ^ saJle à manger, où trois seigneurs sont à table. Cette inscriJ-^^KtiÇ" tion en allemand est peinte au-dessous du cartouche qui re^:^"^®'^ ferme le sujet : « Us forment une trinité, et se twdtent réc^^^^' « proquement, d'une manière convenabje, jusqu'à ce que ^^-•^ ** - mort vienne y porter obstacle. « Date de 1621.— h. 8ioeiit.,L.' ^-^ ■>'•''• 522 — Le baptême du Christ. = Au bas du tableau so^:^'^^^ les armoiries de Hans Ruockh StuoU von Bugwill, juge ^ ^ Thurgow. Date de 1 622. — h. si cent., l. îi. 523 — Armoiries de Gordian ZoUikoffer, d'Altenklengei^^^^S®^' citoyen de Saint-Gall. Date de 1 623. — d. 40 cent. 524 — Les écus armoriés de Paulus Bosch de Durtteill » ^^^ Ursella Fischbacherin, sa femme. Signature de Hegli et da'^^-^^^^ de 1624. —H. 29 cent., L. 20. 525 — Bethsabée au bain. = Au bas du tableau so»^^ placées les armoiries de Jacob Kung de Mussly, bailli uché à terre devant elle sur un voile blanc. Deux anges, dont Tun est couvert d'une riche chape, sont à genoux, les unains jointes, et contemplent le Christ; saint Joseph est der^ rière eux. Au second plan, quatre bergers en adoration ; plus loin, Tâne et le bœuf, en avant de l'étable où vient de naître le Messie. Dans le ciel trois séraphins célèbrent par leurs chants la venue du Sauveur; ils déroulent un phylactère où est notée l'hymne Gloria in excelsis Deo. Sur le volet droit : la Vierge, agenouillée, écoute avec un saint recueillement les paroles de l'ange. Le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, plane au--ov., b., h. ss mui., l. m. 588 — René Dbbcartes, né en 1695 en Touraino, mort en 1650. Peinture à l'huile. — ov., c, h. so miu., l. m. 689 — La duchesse de la Valette, née de Pontchâteau. belle-fille du duc d'Epemon. Peinture à l'huile. — b. , h. 3s cent., l. «4. 590 — M. de Vignolles. Peinture à l'huile. — b. , h. 32 cent., l. a4. 591 — Portrait de femme portant un costume de cour du temps de la jeunesse de Louis XIV. Peinture à l'huile sur argent. — ov., h. m miu. l. 89. 5 92 — ^Portrait de femme portant un costume du même temps . Peinture à l'huile, —c, ot., h. 90 mui., l. 75. 693 — Marie-Thérese d'Autrioie, reine de France, fille de Philippe rV, roi d'Espagne, née en 1638, mariée à Louis XIV en 1660, morte en 1683. Peinture à l'huile par Beaubrun. — t. , ov., h. i4 cent., l. «o. Cadre en bois sculpté de l'époque; il est décoré des nttri- buts des arts. 594 — PHiLffPE, Monsieur, frère unique de Louis XTV, qui commença la nouyelle maison d'Orléans. Le prince est représenté sous la figure de saint Jean-Baptiste asais contre un rocher, tenant la croix de roseau de la main droite. Un agneau est auprès de lui. Miniature sur ivoire, —h. 9 cent., l. 7. 526 MONUMENTS EUROPÉENS. 69ô — Henriette Anne d'Angleterre, fille de Charles I*', roi d'Angleterre, et de Henriette de France, née en 1644, mariée en 1 66 1 à Philippe, duc d'Orléans, frère de Louis XTV, morte subitement à Saint^oud en 1670. Peinture à l'huile. — c, h. e cent., l. 5. 596 — Jacques de Fitz-James, duc deBerwick, fils naturel de Jacques II, roi d'Angleterre, né en 1671 ; maréchal de France en 1706 ; tué deyant Philisbourg le 3 juin 1734. Il est représenté à l'âge de 20 ans environ. Peinture à l'hVdle. — c, ot., h. locent., l. s. 597 — Portrait de fenmie de la cour de Louis XTV. Peinture à l'huile. — c, ot., h. sscent., l. n. Cadre en bronze repoussé et doré, formé de fleurs du milieu desquelles s'élèvent des têtes d'enfants. 598 — Portrait de femme portant le manteau ducal. Cos- tume du temps de la régence. Miniature sur vélin. — ot., h. 73 mm., l. ss. 599 — Portrait de femme de la même époque. Peinture à l'huile. — c, ov.. h. 53 miii.', l. w. 600 — Louis, DUC d'Orléans, fils du régent, né en 1703, mort en 1752. Son fils, Louis-Philippe, duc de Chartres, né en 1 735 ; Et sa sœur, Louise- Adélaïde d'Orléans, mademoiselle de Chartres, fille du régent, née en 1698, abbesse de Chelles en 1719, morte en 1745. Le duc d'Orléans est représenté dans sa bibliothèque, assis devant une table couverte de livres et d'instruments de ma- thématiques, s'occupant de l'éducation du duc de Chartres, son fils, en présence de l'abbesse de Chelles. Miniature sur ivoire. — ot., h. 45 mm., l. es. 601 — Louis-Phhjppe, duc d'Orléans, né en 1726, mort çn 1785, aïeul de Louis-Philippe I^, roi des FVançais. Ce prince est celui qui est représenté enfant dans la miniature dont la description précède. Miniature sur vélin. — h. ha miu., l. 65. PEINTURE. PORTRAITS. XVlll» S. 527 602 — Louis XV, roi de France né à Versailles, le 1 5 fé* vrier 1710, mort le 10 mai 1774. Miniature par Sicardi, sur ivoire. — d. 55 mui. 603 — Louis de Bourbon Condé, comte de Clermont, né le 15 juin 1709, mort en 1770. Miniature sur ivoire. — h. 55 miii.. l. ts. 604 — Portrait d'un militaire, chevalier de Saint-Louis. 11 porte une armure complète. Miniature sur ivoire. ^ h. 6 cent., l. s. 606 — Charles III, roi d'Espagne, né en 1716, de Phi- lippe V et d'Elisabeth Farnèse, sa seconde fenmie ; roi des Deux-Siciles en 1 734 ; roi d'Espagne par la mort de son frère, Ferdinand VI, en 1 759 ; mort en 1789. Miniature sur ivoire. ~h. so miu., l. ss. 606 — Marie-Abiélie de Saxe, fille aînée de l'électeur de Saxe, roi de Pologne, née le 24 novembre 1724, mariée en 1738 à Charles, roi des Deux-Siciles, depuis Charles III, roi d'Espagne; morte en 1769. Miniature sur ivoire, faisant pendant à celle qui pré* cède. — H. 50 miU., L. SS. 607 — Marie- Adélaïde de France, fille de Louis XV, née à Versailles en 1732. Miniature sur vélin. — d. eo miU. 608 — Victoiee-Louise-Marie-Thkrèse de France, fille de Louis XV, née à Versailles en 1733. Miniature sur vélin. .- d. 60 mm. 609 — François de Lorraine, empereur d'Allemagne, né en 1708 de Léopold, duc de Lorraine, marié en 1736 à Ma- rie-Thérèse, élu empereur en 1 745, mort en 1 765, à Inspruck. Miniature sur ivoire. — ov., h. «s mui., l. u. 610 — Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI, née en 1717, reine de Hongrie et de Bohême à la mort de son père, en 1740; morte à Vienne en 1780. Miniature sur ivoire. — Ot., h. so mUi., l. sb. 611 — Joseph, ai*chiduc d'Autriche, né le 13 mars 1741, 528 MONUMENTS EUROPÉENS, de l'empereur' François I®' et de Marie-Thérèse ; élu roi des Romains en 1764, couronné empereur d'Allemagne en 1765, roi de Hongrie et de Bohème et souverain des États hérédi- taires d'Autriche à la mort de Marie-Thérèse, samère, en 1780. mort en 1790. Il est représenté à l'âge de dix ans environ. Miniature sur ivoire. — ov., h. m miu., l. 8o. 612 — Marie-Chkistine, archiduchesse d'Autriche, fille de l'empereur François P' et de Marie-Thérèse, représentée en- fant. Cette princesse, née en 1742, fut mariée au duc de Saxe Teschen, gouverneur des Pays-Bas. Miniature sur ivoire. — ov., h. so miu., l. eo. 613 — La même princesse, représentée à l'âge de dix ans. Miniature sur ivoire, — h. 73 mm., l. 55. Cadre en argent surmonté de la couronne ducale, et enriehi d'une bordure de grenats. 614 — Mabie-Eusabeth, archiduchesse d'Autriche, fille de François I*' et de Marie-Thérèse, née en 1 743. Elle est repré- sentée enfant. Miniature sur ivoire. — ot., h. m miu., l. eo. 61 0 — Chakles-Joseph- Emmanuel, archiduc d'Autriche, fils de François P' et de Marie-Thérèse, né en 1745. Il est représenté enfant. Miniature sur ivoire. — ov., h. somm., l. es. 616 — Marie- Amélie, archiduchesse d'Autriche, fille de François P' et de Marie-Thérèse, née en 1 746, mariée au duc de Parme. La princesse est représentée enfeint. Miniature sur ivoire. — ot.,h. «emiu., l. se. 617 — P1ERRE-LÉOPOLD, archiduc d'Autriche, fils de Fran- çois I*" et de Marie -Thérèse, né en 1 747; grand-duo de Tos- cane en 1765; empereur d'Allemagne en 1790, à la mort de son frère Joseph II, m«rt en 1792. Le prince est représenté enfant. Miniature sur ivoire. — ov., h. ss mm., l. 4s. 61 H — Marie- Antoinette, archiduchesse d'Autriebe, fille de François I" et de Marie-Thérèse, née le 2 novembre 1765, PEINTURE PORTRAITS. XVIll» S. 529 mariée à Louis XVI en 1770. La princesse est représentée à l'âge de douze ans environ. Miniature sur ivoire. — ov., h. w miu., l. sa. 619 — Femme en costume de bal masqué; époque de Louis XV. Miniature sur ivoire. — h. « miii., l. 65. 620 — Portrait de femme sous la figure d'une naïade, appuyée sur une urne, de la(juelle jaillit de l'eau. Même époque. Miniature sur ivoire. — h. 45 miu., l. a%. 621 — Portrait d'une dame de la cour de Pologne. Ëpoque de Louis XV. Grande miniature sur vélin. - ov., h. 47 cent., l. u. '622 — Les délassements champêtres. Groupe de quatre per- sonnages : un jeune homme, deux jeunes femmes et un vieil- lard. Es portent les costumes des bergers et des bergères de Vateau. Miniature sur ivoire, attribuée à Charlier, qui vivait sous Louis XV. — H. 60 mill., L. 60. 623 — La petite Lyonnaise, par Liotard, peintre genevois de l'époque de Louis XV. Ce portrait est une réproduction d*un très beau pastel qui existe dans la galerie de Dresde. Miniature sur ivoire, .-h. 53 miU., l. 58. 624 — Lolis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, né à Versailles le 1 7 novembre 1765, qui fut depuis Louis XVIII. n est représenté enfant. Miniature sur vélin, par Charlier. — h. ao miii., l. 70. 626 — Charles-Philippe, comte d'Artois, né à Versailles le 9 octobre 1757, qui fut depuis Charles X. Il est représenté enfant. Miniature faisant pendant à la précédente. 626 — Louis XVI, né le 23 août 17S4. représenté à l'âge de dix-huit ans environ. Miniature sur ivoire. — h. 50 mui., l. 70. 627 — Marie- Antoinette, reine de France. 9S0 MONUMENTS EUHOPËENS. Miniature sur ivoire, parVîlliers, peintre du roi. — b. t» -- 628 — GuillaumeV, prince de Nassau, stathouderde -F^^^fc- lande, né en 1748. Le prince est représenté entouré de a^^ mille. Grande miniature sur ivoire. — oi., h. 13 cmi,. l. 11. -^ 629 — Un colonel de dragons. Il est assis près d'une tab.- '^^ tenant on enfant sur ses genoux. Époque de Louis XVI. Miniature sur ivoire. —a. wniii., l. u. 630 — Portrait de femme, revêtue d'un costume de théâtrW*"^^^ Miniature sur ivoire, par Perrin, artiste qui florissait k ^f- fin du régne de Louis XV et bous Louis XVI. — d. t cent. 631 — Portrût d'un jeune homme. Il est assis dans un jai^^^*^ dïn auprès d'une statue. Miniature, par Hall. Époque de L^uis XVI. - 1., d. ■ «nt. 632 — Portimt de femme. Elle est assise sur l'herbe dac^^'i^ UD jardin. Miniature sur vélin , par Darmancourt , artiste qui viva^^^ ' sous Louis XVI. — 0«.,H. TS nill., 1.. «0. / !KŒ1N CfVCEVIC'miOCFN-LTBJMURBQCa-SHCIRDOS GRAVURE. 633 — Album in-folio renfermant difTérentes œuvres des maîtres dont les noms suÎTent ; HopFEs (Daniel). On ne connaît ni sa patrie ni la date de sa naissance et de sa mort; une estampe de lui est datée de 1537. On croit qu'il ^tait orfèvre ; les pièces qui vont être décrites sont des mo- ^lèles à exécuter en orfèvrerie. Jésus rendant témoignage de son père. =Ce sujet, o& Jésus est représenté au milieu de ses disciples, est placé dans une décoration d'architecture à trois arcades, qui est surmontée d'un grand cartouche renfermant une inscription. Ostensoir d'orfèvrerie. =: An centre, deux anges soutien- nent une hostie; plus haut, sont disposées les figures des doute apAtres, placées les unes dans des niches, les autres sur des colonnes. Mariage de sainte Catherine d'Alexandrie. = Jésus, assis sur les genoux de sa mère, met un anneau au doigt de la sainte. Ce groupe est placé sous un nche portique. Deux candélabres. = Celui de gauche est orné d'un bas- relief représentant deux hommes qui combattent; l'autre est surmonté d'une figure chimérique. Aldbgrever (Heinrichj. Peintre et graveur né & Soest en Westphalie, en 1602, élève d'Albert Dlirer. 532 MONUMENTS EUROPÉENS. Les danseurs de noces. =Douze estampes portant le mono- - ^^ gramme de l'artiste et la date de 1538 ; suite complète. Arabesques . = Elles portent le monogramme de l'artiste «^ et la date de 1546. Gaîne de poignard. = Elle est ornée d'un grand nombre » de figures et d'animaux ; dans le haut, deux enfants «outîeniKg-— nt unécusson qui porte le chiffre du graveur. Rosso, dit maître Roux. Peintre né à Florence en 1496, mort à FontainebL^i^i^iieau en 1541. Arabesques. = Suite de panneaux dessinés pour le chAt* ^ eau de Fontainebleau. Dans chacun de ces panneaux, Tun ^^ des grands dieux de la fable est représenté au milieu d'une rï^ -^ che décoration d'arabesques. Caldara Poudoro, ou Polidoro de Caravaggio. Peintre né en 1495, à Caravaggio, dans le Milanais» en 1543. Vases. = Une suite de dix vases dans le goût antique, -'^f* avaient été peints sur la façade d'un palais de Rome app^^*^ la maschera d'Oro. Ils ont été gravés par Cherubinus Alberi^^ peintre et graveur né à Borgo san Sepolcro, en 1552, mor^ en 1615. Salvuti (Francesco Rossi de'). Peintre né à Florence en 1510, mort en 1563. Il habita la France pendant quelque temps. Couteaux de table. =Dessins de quatre couteaux gravés en deux planches par Cherubinus Alberti, en 1605. Les man- ches sont formés de groupes de figures fantastiques de haut reUef ou de ronde bosse. Celui de ces couteaux dont le haut du manche est formé d'un griffon ailé à tôte d'aigle existe dans la collection sous le n"" 1544. Jacquard ( Antoine) . Né dans le Poitou. Armurier, fourbisseur et graveur à Bordeaux, où il vivait à la fin du xvi^ siècle et au commence- ment du XV 11^. Boitob de montres. =Cinq dessins pour boites de montres e GRAVURE. XVl« S. 53;J avales, dont trois pour le fond de la boite et doux pour le côté du cadran. Ornement démontre. = Dessin gracieux pour le cercle qui réunit le couvercle et le cadran. Poignées et pommeaux d'épées . =Cinq planches de poignées d'épées avec les garnitures du fourreau, et une planche con- tenant quatre pommeaux. Toutes ces pièces sont ornées de figures et de riches arabesques. Ces dessins étaient faits pour être exécutés en fer ciselé. MAitRE INCONNU. Cadre de miroir richement décoré et orné d'arabesques. MORISSON. Orfèvre à Vienne. Une planche renfermant une poignée de couteau de chasse enrichie de pierreries, les ornements du fourreau et du cein- -turon et une aigrette en pierres précieuses. Elle a été gravée -par Pfeffel, à Vienne. Berain (Jean). Dessinateur des menus plaisirs du roi et graveur à Veau Ibrte, né à Paris en 163&, mort en 1711. Il jouissait dune grande vogue ; il a donné des dessins pour meubles, lustres, tapisseries, cheminées, armes et autres objets usuels. Quatre planches de dessins de garnitures et platines de pistolets. Un panneau pour meuble : représentation théâtrale traitée dans le style grotesque. Ce dessin a été exécuté pour le panneau principal du meu- ble en marqueterie d'écaillé, de cuivre et d'étain, appartenant à la collection , et décrit n^ 1 5 1 3 . 834 — Album in-quarto renfermant diverses estampes des graveurs dont les noms suivent : Brosamer (Hans). Les dates de sa naissance et de sa mort ne sont pas con- nues; on sait seulement qu'il vivait à Fulde. dans les an- nées 1537 à 1550. Bethsabée au bain. = La femme d'Urie, revêtue, ainsi que ses compagnes, du costume de l'époque, se lave les pieds dans 534 MONUMENTS EUROPÉENS. le bassin d'une fontaine; on remarque au fond du tableau le roi David au haut d'un balcon. Le monogramme de l'artiste est gravé dans le bas, à droite. Maître inconnlt. Arabesques. = Deux satyres soutiennent un cartouche por- tant la date de 1541. Beham (Hans Sebald), Graveur né à Nuremberg en 1500, mort à Francfort en 1 550, élève de son oncle et d'Albert Diirer. Armoiries. = Un écu, au coq passant, timbré d'un heaume orné de ses lambrequins, et ayant pour cimier une couronne et deux proboscides entre lesquelles un coq est debout; à gauche, le monogramme de Tartiste et la date de 1 543. Adam et Eve. =Ils sont près de l'arbre de la science du bien et du mal, qui est ici figuré par un squelette entortillé du serpent. En haut, à gauche, une tablette contenant le monogramme du graveur et la date de f 543. Pens (Georg). Peintre et graveur né à Nuremberg vers 1500, mort à Breslau en 1 550. Après s'être formé à l'école d'Albert Durer, il alla en Italie, où il étudia les beaux ouvrages de Raphaël, et grava plusieurs estampes sous la conduite de Marc-Antoine. Arabesques. = Un vase d'où sortent des rinceaux. Ce vase est accompagné de deux satyres . Le monogramme de l'artiste est au-dessous du vase. SoLis (Virgilius) . Peintre et graveur né à Nuremberg en 1 5 1 4 , mort en 1 562. Bijou. = Dessin d'un bijou composé de cinq pierres fines, accompagnées de deux figures de ronde bosse, d'un aigle et de divers ornements. Trois grosses perles pendent des extré- mités inférieures. Josué.=Il est représenté debout, armé de toutes pièces, et tenant un grand bouclier où trois têtes de taureaax sont gravées. La figure est placée dans une bordure décorée d'em- blèmes. Cette pièce devait être le modèle d'une carte & jouer. .â GRAVURE. XVI« S. 535 De Laulnb (Etienne), dît Stephanus. Qrféyre dessinateur et graveur au burin, né à Orléans. 1520 ; il travaillait encore à Strasbourg en 1590. Arabesques et ornements. = Trente-six vignettes délicieu- Dent composées et très finement gravées , à lusage des dutiers, orfèvres, peintres en émail et décorateurs. Dix it découpées sous différentes formes ; dix sont de forme tde et cinq de forme ovale ; les cinq qui suivent, destinées écorer des plaques oblongues, ont pour sujet : la tour de 3el, Adam et Eve, l'arche de Noé, le sacrifice d'Abraham un sujet fantastique; les six dernières, pour des plaques B hautes que larges, représentent Diane, Mars, Mercure, las, Apollon et Vénus. Dn Ut sur la première de ces vignettes : Siephanus de Laune enior et excidebcU camo D, 1573 m argentina. La dernière té copiée par un émailleur de Limoges qui signait I. D. C ; nail existe dans la collection, sous le n® 751 . Le Vent. Vignette. =Sur le devant, un homme assis ; dans fond, une ville ornée de beaux édifices, et située sur le *d de la mer, dont les flots sont très agités ; à gauche, Éole 18 un nuage souffle la tempête. Le Feu. Vignette. =Un homme, debout, est en admiration rant le lever du soleil; au fond, à gauche, une ville in- idiée. Les douze mois de Tannée. = Douze vignettes représentant travaux de la campagne pendant chacun des mois de unée. On trouvera dans la collection, sous les n^ 721, 731 et765, 8 émaux exécutés sur les vignettes des mois de février, ù et juin. Sawr (Corwinianus). Vivait à la fin du xvi® siècle. Bijoux. = Six planches de pendants et autres bijoux. La smière porte : Hic liber aurifecibus ( sic ) vcdde utiHs Corwi- mus Satvr exfideli corde fecit. Six planches d'arabesques pour les orfèvres et bijoutiers. = première porte la date de 1 594 et le nom de l'artiste. 536 MONUMENTS EUROPÉENS. De Bry (Johann Theodor ) . Dessinateur et graveur, imprimeur et libraire, né à Liège en 1528, mortà Francfort-sur-Mein, en 1598. Cinq vignettes. =Un seigneur, portant le costume du temps de Henri III, tient un cœur enflammé ; devant lui un écQ pré- paré pour recevoir des armoiries. Un personnage, portant un costume de la même époque, a sur Fépaule une arquebuse à mèche et tient la forqume de la main droite Devant lui un écu sans pièces héraldiques et dont le heaume n*est point achevé. Scène d'intérieur. Une chambre richement meublée, au fond de laquelle trois personnes sont à table ; sur le devant, deux hommes et trois dames paraissent jouer à colin-maillard. Joseph, portant un costume de l'époque de Henri IH, s'en- fuit en laissant son manteau dans les mains de la femme de Putiphar qui est couchée nue sur un lit. Un casque. Il est entouré d'abeilles et posé sur un bouclier au-dessous duquel sont placées en croix une épée et une lance. Fourchettes et cachet. =:Une planche contenant les dessins de deux fourchettes à deux dents, d'un cachet et d'un orne- ment pour tête de fourchette. Elle porte le monogramme de l'artiste. Manches de couteaux et gatnes. r=:Cinq planches de man- ches de couteaux et domements pour les.gaînes ; la première porte : •* Mansches de coutiaus aveques les feremens de h *« gaine de plusieurs sortes, fort profitable pour les argentien - et aultres artisiens, fait par lo. Theodori de Bry. - Ces couteaux, dont les dessins sont d'une finesse remsr--...^ quable et d'un style charmant, étaient exécutés en or ou argent ciselés, et souvent émaillés. Il en existe plusieurs de genre dans la collection. Pendants de clefs. = Sept dessins de pendants de dc^^»^ traités dans le même goût et avec la même délicatesse. Le premier porte : loan. Tlieodor de Bry F. et excud.:^ plus bas : ** Des pendants de cleffs pour les femmes, propre ». pour les argentiers. « GRAVURE. XVI» S. 5S7 Bqikenhultz (Paul). endant formé par un petit trophée. = Il est composé d'une lire antique surmontée d'un casque, et accompagnée de diera et de haches d'armes. otre pendant. = Il est formé d'un vase duquel s^happent înoeaux où se jouent deux écureuils. Hailler (Daniel). nq planches de pendants et autres ornements de bijou- La première porte le nom de l'artiste, la date de 1604 idication de sa demeure à Augsbourg. Van Hulsen ( Isaias ) . mit en 1616, à Stuttgart. uf planches de divers bijoux : croix, boucles d'oreilles , liions et autres ornements. tâiGsar (Daniel), révre et graveur sur cuivre; vivait à Augsbourg en 1 595 . t pendant orné de trois perles en pendeloque. Maîtres inconnus du xvi^ siècle. i pendant. = H reproduit un chiffire composé des let- 3.S.I. placé au milieu de rinceaux. i pendant. = Au centre, une femme assise sous une ar- environnée de rinceaux fleuris. Le planche renfermant un pendant et deux croix, i alphabet inscrit dans un médaillon, entouré de figures rinceaux. Au-dessous, le monogramme P. R. K. etla le 1609. iblème.=Aa centre d'un cartouche richement décoré est un cygne tenant dans son bec une bandelette. Cette 9 : pvR CH 'lo possA ost gravéc sur une autre bandelette fée sur le fond. uf vignettes : chasses et combats d'animaux, nx planches : reliquaires de style gothique, lunette destinée à servir de titre à un recueil d'estampes ^8 sojets tirés de Y Enéide, piette servant de titre à l'ouvrage Le Petit Monde, par )die, docteur en médecine, avec la date de 1604. 35 x^ 538 MONUMENTS EUROPÉENS. Autre titre pour Y Éloge Je la Vierge, dédié au pri Bourbon, évêquedeMetz. Cinq planches gravées sur bois : deux plaques niellé alphabet, une poignée dépée et un ornement depassemen Le olon ou Blondus, Orfèvre et graveur au burin , né à Francfort-sur- vers 1600, mort à Amsterdam, en 1656. Ornement pour le contour d'une botte de montre. = présente des groupes d'enfants au milieu de rinceaux. Legaré (Gilles), Orfèvre du roi à Paris. Une planche contenant deux croix, deux bottes à po et divers ornements de bijouterie, gravés par Collet. Cinq cachets et un anneau, aussi gravés par Collet. Neuf modèles de pendants d'oreilles, gravés par Cau 635 — Volume in-8® renfermant un recueil de quar^' planches d'anneaux et cachets dessinés et gravés par WoEmioT (Pierre), Orfèvre et graveur en taille-douce et en bois, né à Duc, en Lorraine, en 1 525 ; il était établi à Lyon. Suite complète, dont le titre porte la date de 1 561 . 636 — Album in-f^ renfermant deux suites de dessi CoLLAERT (Johann), Dessinateur et graveur, né à Anvers, en 1540, élève drian Collaert, son père. Deux suites de dessins de bijoux, édités par Philipp ( 1 537 f 1 6 1 2 ), dessinateur et graveur hollandais. La première suite est intitulée Monilium, buHaarwn riumque artijiciosissimœ icônes, Joannis CoUaeri opus mum. Elle porte la date de 1 58 1 , et contient, compris le 'ti'^> huit planches qui donnent les dessins de neuf pendants d'^^^ grande richesse et du meilleur style. L'artiste a pris p^"'* motifs de ses compositions plusieurs des grands dieux à^ ^ fable; ils sont placés au centre de riches décorations arcb- tecturales et entourés de figures, d'arabesques et d'at^i^^ divers. de vn rie- e'm Tte- Bde 'A- '^SrgL n GRAVURE. XVI» S. 53» seconde suite, gravée par le fils de CoUaert, est intitu- Bullarumy inaurium, etc., arcfietypi artificiosi, et porte te de 1582. Elle contient dix planches, et donne les mo- de onze pendants richement travaillés et de bon goût; >nt des animaux chimériques surmontés de figures bibli- ou mythologiques. » bijoux gravés dans ces deux œuvres étaient destinés, que les titres l'indiquent, à être placés à l'extrémité des )rs et à pendre sur la poitrine, k collection possède plusieurs bijoux de ce genre. 7 — Un volume in-8° renfermant une suite d'estampes, de DeLeu (Thomas), Hisinateur et graveur au burin, né à Paris vers 1570. s planètes, recueil de huit estampes, compris le titre, es par l'auteur à Sully, ministre de Henri IV. Les [anètes alors connues et la lune sont représentées sous me des dieux de la fable dont elles portent le nom ; elles rsentle ciel sur un char; au-dessous de chacune, Tar- % représenté des sujets. 8 — Un volume in- 18 renfermant trente-sept planches, osées et gravées par ÂNDBOUET DU CeRCEAU, chitecte et graveur à l'eau forte, mort en 1585. abesques. g — Un volume oblong renfermant une suite de gra- ide Callot (Jacques). îssinateor et graveur, né à Nancy, en 1593, mort S35. » misères et les mal-hevrs de la gverre, représentez par )es Callot noble lorrain y et mis en lumière par Israël son suite de dix-huit gravures, ouvrage publié à Paris ;3S. 0 — Un album in-f* renfermant deux suites de gravures : smière, de MO MONUMENTS EUROPËRNS. Sai.y (Jacques). Sculpteur du roi, né à Valcncionnes en 1717, mortàPita en 1776. Trente vases et quatre tomlwaux dessinéR et gravés par - à l'eau forte. Œuvre datée de 1746. La seconde, de PBrrroT. Onze vases, compris le titre, gravés par Bossi, iPai — en 1764. Œuvre dédiée à M. le marquis de Felina. La vignette et le cul-dc-lampe de ce chapitre sont V d'uneplanchcdc cuivre gravée en creux, de]afiDdnxii*si« qui est cataloguée a? 9ô2. JècV CALLIGRAPHIE. Compilationei hisloriarvm VeterùTetUwietUi que in tinentur ab Adam uique ad CAmfum et ejiu apotloloâ . X de Télin ayant 5 mètres de longueur snr 4 5 centi- largeur; desBins à la plume; initiales rehaussées t renfermé dans un étui de mouton maroquiné. UBcrit, entièrement écnt en latin et daté de 1341, I par une dédicace adressée au révérend père en Beltrando, par l'auteur, frère Jean de Utino, de B frères mineurs. La compilation du frère ne com- seulement l'histoire sainte, comme son titre pua!- 642 MONUMENTS EUROPÉENS. trait l'indiquer : rédigée en forme de tableau chronologiqu* elle embrasse aussi Thistoirc des principales nations du mond En tête du manuscrit» un arbre vigoureux étale ses bnu ches d'or chargées d'oiseaux, au milieu desquels se tient pélican, symbole de l'Eglise. Deux losanges, qui renfermei les noms d'Adam et d'Eve, couvrent le pied de l'arbre. I ces losanges sort un nouveau tronc qui, divisant le Télin € deux colonnes, projette de chaque côté des rameaux sur les quels se déroule la chronologie des peuples. En regard de succession des patriarches et de la généalogie de Moïse, • Aaron, de David, et des rois d'Israël et de Jada, jusqui Marie, mère du Christ, le frère Jean de Utino a mis en tableac suivant l'ordre des temps, les rois de Syrie et d'Assyrie, 1» souverains de Ninive et deBabylone, les rois desMèdesetdi Perses jusqu'à Alexandre ; puis les successeurs du vunquei de Darius , jusqu'à l'époque où les Romains devinrent h maîtres de l'Asie et de l'Afrique. Abordant alors l'histoire c l'empire romain, il donne la liste des empereurs et des roi des Romains, depuis Jules César jusqu'à Henri VII de Luxen bourg, élu roi des Romains en 1308. Dans le tronc principal, saint Pierre suit le Christ, et à suite du prince des apôtres, tous les papes, jusqu'à Benoit XI qui monta sur le trône pontifical à la mort de Jean XXI en 1334. Le frère Jean aborde aussi dans ses compilations le dÉ maine des sciences ; il a tracé sur son manuscrit une rep^ sentation du système du monde. La terre, divisée verdc: lement en deux hémisphères, est placée au centre. L'A^ comprend l'hémisphère oriental, l'Europe occupe le nord à l'hémisphère occidental, l'Afrique le sud. L'eau, l'air et k feu forment trois zones autour de la terre; les orbites deb lune, du soleil et des planètes se déroulent ensuite dans IV dre suivant : la lune. Mercure, Vénus, le soleil. Mars, Jnpîte et Saturne ; enfin le firmament, où l'on voit briller l'étoile d* nord, désignée sous le nom italien de Tramoniana. Parmi les dessins à la plume, légèrement rehaussés de cou- leur, qui se trouvent au milieu du texte, on remarque la toa' CALLIGRAPHIE. XIV» S. 543 de Babel, Tarche sainte, le chandelier d'or, l'autel des holo- caustes, la table des pains et les villes de Ninive, Jérusalem et Rome figurées par de petits châteaux forts. Ce manuscrit provient de la bibliothèque de M. James Bi- gnon. (Cat. de M. Leblant. Paris, 1837, n° 1407.) 642 — Antiphonarium. Volume in- 12, exécuté au xiv® siècle; vélin, vignettes et initiales. Reliure en veau. Ce manuscrit est parfaitement écrit et noté. La première page est encadrée dans une bordure de rinceaux bleus à feuillages d'or et de couleur; l'initiale de cette page renferme une petite miniature très fine qui représente la nativité du Christ. Au bas, un écu écartelé au V^ et 4, échiqueté d'argent «t de gueules de cinq rangs, au 2 et 3 d'hermines, à deux bars fossés de gueules. D'élégantes initiales sur fond d'or com- j>lètent l'ornementation de ce livre. ~ u. le cen4 l. h. 643 — Liber precum. Volume in-8®, exécuté dans la seconde moitié du xiv^ siècle; vélin, texte à deux colonnes, miniatures, vignettes et initiales. Reliure en velours rose. Ce volume, comme tous les psautiers et autres livres de ^3etie époque, commence par un calendrier. Les noms des ^^nts y sont alternativement écrits en rouge et en bleu, et les les fêtes en lettres d'or. Il contient dix-huit miniatures finement peintes. Ce n'est que vers }^ moitié du xrv® siècle que les miniatu- 'Knstes commencèrent à s'essayer dans la perspective et à pro- duire des détails d'intérieur comme fond des sujets qu'ils trai- ^^aîent ; aussi, sauf trois, toutes les miniatures de ce manuscrit se ressentent encore de l'époque antérieure, et se font remar- quer par l'éclat des fonds, tantôt finement carrelés en échi- quier ou en losanges à or et à couleurs, de manière à présen- ter l'aspect d'une mosaïque chatoyante, tantôt damassés de dessins d'or. Chaque miniature, au bas de laquelle se trouvent trois ou quatre lignes de texte, est complètement embordurée d'une M4 MONUMENTS EUROPÉENS. espèce de rameau d'or qui répand sur les marges son capi cieux feuillage d'or et de couleur, chargé d'oiseaux et papillons. Nous avons donné en tête de ce chapitre la gravure d'i page de ce manuscrit, exécutée aux deux tiers de l'origii Cette copie ne peut en donner qu'une idée bien imparfaii^^ t privée qu'elle est de l'éclat des couleurs et de l'or. On rema^^^^su que au-dessous du texte deux petits anges qui chantent ^C le louanges de Dieu en s'accompagnant d'instruments : celui j^ droite tient une guùeme, l'autre un psaltérion, instnimej^^^^Hita qui existaient déjà au xif siècle, et qu'on trouve reprodi^H^^uts dans les sculptures de la cathédrale de Chartres, dans les vitraux de l'abbaye de Bomport du xiv® siècle* et dans i — ine foule de manuscrits des xii^, xiii*^ et xrv® siècles. Les grands personnages qui faisaient exécuter des scrits historiés^ à cette époque de leur splendeur, manquaL rarement de s y faire représenter. Dans la treizième ^D ture du manuscrit que nous décrivons, on voit le pour lequel il a été fait ; il est revêtu d'une longue robe à: ches démesurément grandes et ouvertes, doublées d'hermi^c^B-®* c'est le costume que portaient les grands seigneurs soo^^^ '^ règne de Charles V et Charles VI. Les manches ne sont cependant encore déchiquetées de mille façons, comme : verrons des exemples dans le manuscrit suivant. Notre personnage est à genoux aux pieds de la Vi^:^T^ assise, qui tient l'enfant Jésus dans ses bras. Les initiales sont en couleur sur fond d*or ou en or sur fSo-^^^ de couleur. Toutes les pages qui ne contiennent pas de niatures sont bordées d'une espèce de branchage d*or, du^i^' sortent des rameaux à légers feuillages d'or et de oouI^>^^^ qui couvrent presque entièrement les marges. Ce manuserf^ est terminé par une oraison à sainte Geneviève en v( français. — h. so cent., l. h. 644 — Liber precum . Volume in-4° parvo, exécuté sous le règne de Charles VI (l)Afon. franc, inédils, lome I, p. 18, 64, 8'i, pi. Lxxvi,cvi, cxLix, 1- I CALLIGRAPHIE. X1V« S, M5 la fin du XIV® siècle ; vclin, miniatures, vignettes et initiales. «liore en velours rouge. Ce volume commence, comme le précédent, par un calen- rier. Chaque mois est accompagné de deux miniatures, dont une reproduit le signe zodiacal sous lequel il est placé, antre, un sujet qui retrace les occupations habituelles de la ^8on. Le manuscrit est enrichi de quarante-sept miniatures et i'one grande quantité de belles initiales, parmi lesquelles îiig;t-huit servent de cadre à de petites miniatures d'une "Biide finesse. Les pages qui renferment des miniatures sont compléte- »iit embordurées de légers ornements ; celles qui ne con- EUnent que du texte sont seulement décorées sur la marge ;érieure. Sien que dans un grand nombre des miniatures les fonds Qxit encore marquetés ou damassés, le miniateur cependant onvent placé ses sujets dans Tintérieur des édifices et des Murtements ; quelquefois il a abordé le paysage. Ces progrès tm la perspective linéaire et aérienne annoncent un art plus kncé que dans le manuscrit dont la description précède. » costumes montrent aussi une époque plus rapprochée de ts ; ils dénotent évidemment l'avènement d'Isabeau de nére, dont le faste entraîna toutes les classes de la société mprima à toutes les parties des costumes et des ajustements luxe effiréné, aussi somptueux que bizarre. Dans la vi- ^^te qui représente l'adoration des mages, l'un des rois est '^^ de cet ample surcot à manches fendues, déchiquetées» ^^Uement longues qu'elles traînaient à terre. Ces manches ^^mmaient manches perdues ou manches à Vange, parce ^» Yoltigeanten lair, elles ressemblaient à des ailes. Le ca- ^er représenté au mois de mai dans le calendrier nous filtre le môme vêtement, mais il est fendu en avant et en ^"îère, pour que celui qui le portait à cheval n'en éprouvât ^ de gène dans ses mouvements. Beaucoup d'autres vignettes fournissent de précieux ren- ^ignements. Saint Georges nous fait conns^trc l'armure d'un 546 MONUMENTS EUROPÉENS. chovaiier do la liu du xrv*^ siècle, au casque près, la téUitf^^ saint n'ayant d*autre défense que le nimbe dont elle est réolée; le coq)s est protégé par le liaubergeon, qui n'é autre chose que le haubert de mailles du siècle p: dent, raccourci et ne descendant qu'au milieu des cui Ce haubergeon est recouvert de la cotte d'armes déco^ du blason du chevalier. La ceinture militaire, composée plaques d*or articulées et incrustées de pierreries, ceint cotte sur les hanches. Les membres supérieurs sont proté par des brassards, les membres inférieurs par des cuissar^^ des genouillères, des grevières et des sollerets. La cotte d* porte des manches à lange . Les costumes religieux reproduits dans les vignettes» présentent pas moins d'intérêt. On y voit notamment la I> et noble dalmatique des diacres, bien difiTérente de celle, écourtée, dont on les habille aujourd'hui, et qui resAena. plutôt au tabard des hérauts d'armes qu'à un vêtement dotal. Les miniatures où sont figurés les évangélistes Mathieu et saint Marc apprennent quels étaient les meal^' adoptés par les gens de lettres de cette époque, pour soit sur des feuilles destinées à former des livres, soit sur pièces de vélin d'une longueurdémesurée, qui devaient être lées, comme le manuscrit n® G41 nous en fournit un exeoMf^ La dernière des miniatures, exécutée sur le verso d. feuillet, donne le portrait de la dame qui a fait exécuter le nuscrit; elle est à genoux dans son oratoire, les yeux él^'*' vers une image de la Vierge, qui se trouve en face d'elle r ^ - le recto du feuillet suivant, encadrée dans la lettre init*^* d'une antienne •« moult dévote à dire devant l'ymage de la S^ « rieuse Virge Marie. « Cette noble dame est revêtue d'^ longue robe rouge, aux manches à Vange doublées d'herU^***" serrée étroitement à la taille par une ceinture couverte ^ *^ * févrerie d'or, qui descend jusqu'aux pieds. Elle porte »u^ tête une variété de Yescoffion, espèce de bonnet cornu en t*^ d'or, enrichi de pierreries , fort à la mode pendant toi*^ (!onrs du xiv** siècle, et auquel allait succéder le haut bon'' pyramidal non moins ridicule. CALLIGRAPHIE. XIV^ S. 5i7 On lit, à la fin du volume, une oraison en français, que nous allons transcrire, pour montrer combien la foi prétait de verve et d'harmonieuse poésie aux prières des chrétiens de ces vieux temps : u 0 très certaine espérance, deffenseresse - et vraye amie à tous ceulx qui s'y attendent, glorieuse Virgo - Marie, en l'eure que my œil seront sy aggravé de la très - noire obscurté de la mort que je ne pourra langue mouvoir « pour toy prier, ne pour toy appeler, et mon chétif cuer sy « fraille tremblera angoisseusement pour la paour des anemis « d'enfer, et sera sy esbahis que tuit ly membre de mon corps « déffaudront en la sueur de l'angoisseuse mort, lors tepryie, M dame très douce et très piteuse, que tu me daignes regarder M en pitié et me bien aidier avecque la compaignie des angels et •* de la chevalerie de paradis, et me donne grâce de sy amender « ma vie avant celle heure que my accuseur ly anemy ne puis- •• sent avoir nulle vraye accusation contre moy, ne espérance « de moy mener en leur compaignie. Et sy te prie, débonnaire •« Yirge et dame de paradis, que lors et tousiours ie souv- •• yiengne de la prière que ie te fais orendroit, et reçois m'ame •« en ta benoite garde et en ta deffense et en ta foy, et la pré- •• sente devant ton chier filx, où elle puisse estre veuestue de « sa robe de gloire, et accompaignié à la ioye et à la feste des - angels et de tous les saints et sainttes de la benoite court •• de paradis. >* — h. 22 cent., l. i6. 645 — Breviarium. Volume in-folio parvo, daté de 1404; vélin, texte à deux colonnes, miniatures, vignettes et initiales. Reliure du temps en veau gauf&é. Les dix vers suivants, inscrits sur le recto de la feuille de garde, nous font connaître tout d'abord le nom du calligraphe qui a exécuté le livre, la date de sa confection et le grand per- sonnage à qui il a primitivement appartenu : Anno miUeno bis cerUum bis nurnerato Et quarto juncto quo Çhristus Virgine nato, Menaeque septembris duodene de indictionis Tempore quo noni regnabat pontificatus In Christo patris de nutu divinitatis 518 MONUMENTS EUROPÉENS. Almificique satis domini pape Bonifati, Herricus Thoma dois cellus Napolitanus, Abbas sacra domo qvuim rexit san Benedicius, Hune librum ascribi manus egit cumpatriote Francisci dompni Guantari fama renota. En voici la traduction littérale : •' En Tan mille deux fois cent deux fois comptés et qua- >• tre ajoutés à partir du jour où le Christ naquit de la »' Vierge, au mois de septembre de la douzième indiction, dans •• le temps que régnait pontificalement, au nom du Christ et ** par la volonté de Dieu, Boniface IX®, seigneur plein de « bonté, Henri Tomacelli, citoyen de Naples, abbé de la sainte «« maison que régit saint Benoît, fit écrire ce livre par la main » de son compatriote, mattre François Guantari, dont la ré- •« putation est bien connue. •* Henri Tomacelli, issu d'une noble famille de Naples» fut élu abbé de Mont-Cassin en 1396, par Boniface IX (Pierre Tomacelli), son parent, qui était bénédictin. Sous le gouTer- nement de Tomacelli, Tordre de saint Benott acquit de grandes richesses, et obtint de plusieurs souverains d'importaats pri- vilèges. Ladislas, soutenu par Boniface IX, s'étant emparé deNaples en 1399, après en avoir chassé Charles d'Anjou, et s'étant fait reconnaître comme roi, vint visiter Tomacelli à labbaye du Mont-Cassin, et confirma tous les priyiléges ac- cordés par ses prédécesseurs à Tordre de Saint-Benott. Ce- pendant lorsque Ladislas, par suite de ses démêlés arec Jean XXIII, eut envahi les Etats de l'Eglise, Henri Toma- celli ayant blâmé la conduite de son souverain et soutenu le pape de tout son pouvoir, le roi chassa les moines de Tab- baye du Mont-Cassin, s'empara de leurs biens et fit renfer- mer Tomacelli dans la citadelle de Spolette, où il moumt enUU^ La première page du manuscrit qui suit le calendrier offire l'un des plus curieux modèles de l'ornementation des livres. Les premiers mots du psaume Beaius vir Bont écrits en grosses (1) Italia sacra, RomaD, 1701, t 1, p. 911. CALLIGRAPHIE. XV" S. 549 lettres d'or, soutenues par des anges. L'initiale B, formée de feuillages ociloriés sur fdnd d'or, renferme deux miniatures où sont représentés Jésus-Christ, la tête ceinte de la triple cou- ronne, et David jouant du psaltérion. La bordure de cette pi^ est composée de rinceaux à larges feuilles roses et bleues se détachant sur un fond d'or, et renfermant dans leurs replis, qui forment autant d'encadrements, une foule de miniatures d'une grande délicatesse de travail. Entre les deux colonnes du texte l'artiste a placé Henri Tomacelli lui-même, en habit de bénédictin et tenant sa crosse d'or. Cette inscription : Enricus Toînacellus, abbascasinensis, est inscrite au-dessus de la tête du révérend personnage. Il est encore représenté aux pieds de la Vierge , dans l'intérieur d'une lettre initiale, à la page lxxxi. L'écu de ses armes, tranché denché d'asur et d'or, se voit dans l'un des enca- drements de la bordure de la première page et dans plusieurs autres. Le livre est en outre décoré de quatorze miniatures, de 9 à 15 centimètres de haut sur 8 à 13 centimètres de large, encadrées dans de grandes lettres initiales, et de soixante let- tres iouruure$ qui renferment des figures de saints ou de petits sujets. Les autres initiales sont en couleur sur fond d'or, ou en or sur fond de couleur. Bien que ce manuscrit ait été exécuté soixante-huit ans Bfnrin 1» mort de Giotto, ses peintures ont cela de particulier qn elles ont conservé un reflet très prononcé de l'art byzan- tin. Les efforts de Giotto pour opérer la rénovation de l'art, entreprise par Cimabuë, avaient été couronnés d'un plein suc- cès, si l'on en juge par les éloges sans restriction du Dante, de Pétrarque et de Boccace. L'engouement pour ses travaux fiit td que le public crut qu'il n'était pas possible d'aller plus loin, et qu'un grand nombre d'artistes ne trouvèrent rien de mieux que de se fSaire ses imitateurs serviles et de s'immobi- liser. Mais cet engouement même provoqua une résistance énergique de la part de certains esprits fermes et sévères. Ugolino de Sienne, Buffalmacco et le Romain Cavallini, tout en améliorant les procédés des Byzantins et on marchant en 550 MONUMENTS EUROPÉENS, avant, avaient refusé de suivre la voie nouvelle dan^ laquelle était entré Giotto. Le grand Orcagna lui-même (f 1 389) retînt volontairement beaucoup des traditions byzantines. Il n'est donc pas étonnant de rencontrer encore de ces traditions dans un manuscrit peint pour un moine, et très probablement dans Tenceinte du cloître. En dehors de sa belle exécution, U présente donc cet intérêt, de faire connaître l'époque de transition entre le style byzantin et celui de l'école qui s'était donné pour mission la rénovation de l'art. ~ h. 30 ceot., l. si. 646 — Missale. Volume in-folio magno, exécuté au milieu du xv^ siècle; vélin, miniatures, vignettes et initiales. Reliure en maroqam rouge. Ce livre est incontestablement l'un des produits les phu riches et les plus exquis de la calligraphie et de la peinture du XV® siècle, véritable monument propre à révéler l'histoire in- time d'une époque tout entière. On y voit figurer, sous Vè- clat des plus vives couleurs, les hommes de toutes les oon£- tions, avec leurs costumes et leurs armes ; les monuments» l'intérieur des habitations, les meubles, les ustensiles de la vie privée y sont reproduits ; Jes usages, les cérémonies de l'Église, les combats, les supplices mêmes y sont exprimés dans leur vivante réalité. Ce manuscrit peut donc passer pour une encyclopédie complète des monuments , des costumes , des meubles , des armes et des instruments de toute espèoe de son époque. Les contours des figures sont ravissants de sou- plesse et de gr&ce, les têtes pleines d'intention et de senti- ment ; il est rare que le dessin mérite de graves reproches. Les fonds présentent une ordonnance profonde, remarquable surtout par les bonnes intentions de la perspectiTe ; les dé- tails et les ornements d'architecture sont traités avec une dé- licatesse infinie. Les larges bordures du livre sont couTertes de rinceaux dont les ramifications figurent un joli feuillage broché de fleurs, de fruits, de personnages, et quelquefois d'a- nimaux bizarres, de figures capricieuses et de grotesques piquants. Les devises, les attributs, les armoiries, les chifiBras se mêlent à cet ensemble, et forment de délicieuses eompo- CALLIGRAPHIE. XV" S. 551 siiions, resplendissantes d'or, de carmin et d outremer, qui rÔTèlent tout le luxe du gothique fleuri. Ce livre renferme deux cent vingt-sept feuillets. Il est dé- coré de deux grandes miniatures à pleine page de 33 cen- timètres de haut sur 1 7 centimètres de large, non compris une large bordure historiée, et de cent trente-huit autres miniatu- res toutes encadrées dans de grandes lettres initiales richement enjolivées, savoir : vingtrsix de 16 à 18 centimètres carrés, soixante et onze de 10 à M centimètres, et quarante et une de 6 à 8 centimètres. Les lettres tournures, toutes en cou- leur, sur un fond d*or enrichi de rinceaux, de fleurs, de fruits et d*armoiries, sont au nombre de trois mille deux cent vingt- trois, dont cent vingt-deux grandes de 8 à 10 centimètres car- rés; deux cent cinquante trois moyennes de 5 à 7 centimètres, et deox mille huit cent quarante-huit plus petites de diverse» proportions. Deux cent trente-huit pages sont enrichies de bordures ; vingt-huit sont complètement embordurées, quatre- vingt-six le sont aux troix quarts ; les cent vingt-quatre au- tres sont décorées sur la marge extérieure seulement. Cette immense quantité de miniatures, de vignettes, de lettres or- nées présente une variété infinie dans les compositions , et bien que quatre siècles se soient écoulés depuis la confection de ce beau livre, les peintures sont dans le plus bel état de conservation et presque aussi fraîches que si elles sortaient des mains de Tartiste. L'écriture, en gros caractère jusqu'au cent quatre-vingt-quatrième feuillet, et ensuite en caractère moyen, est toujours belle et nette. Un grand nombre d'an- tiennes, de préfaces, et ce que le célébrant chante à la messe, est noté. II faudrait au surplus presque un livre pour décrire ce ma- nuscrit, et les limites d'un article de catalogue ne nous per- mettent que d'ajouter quelques mots pour faire connaître le personnage qui Ta fait exécuter, et ce qu'il présente de plus remarquable. Le premier des deux feuillets de garde qui précèdent le texte porte l'annotation suivante, d'une mauvaise écriture, évidem- ment fort ancienne : 552 MONUMENTS EUROPEENS. •• Ce livre appartenoit à Jaque luuenal des Vrains frère ** chancelier de France, euesq" de Poitiers depuis aroheui « de Reims qu'il fit faire exprès , et la eu Raoul du Fou euesi *• qui a faict peindre ses armes sur celles du dict acheuesqi •• lequel Raoul du Fou la donné à cette église. » Et plus bas : en l'année 1480. Deux notes rectificatives, émanées des possesseurs sm sifs du livre, se trouvent à la suite de celle-ci ; il est inutili les rapporter, nous allons nous-méme rectifier ces notes compléter. Le texte du missel prouve tout d'abord qu'il a été fiût ["^ ^_im un prélat revêtu des plus hautes dignités ecclésiastiques. Le volume commence en effet par la rubrique suivante ^ Incipit or do quomodo pontifex débet se preparare ad brandum. Primo dicii ierciam, poaiea dwn calcitUur dicimtur psaJhni versictUi et oroHones que secuntur; et "pliis loin : dvm induit caHgas, etc. ; quando ùnmitHi sibi a^twMk^ Ivm, etc.; au folio 2S : Incipiunt benedictiones pontificales per anni circulum ; au folio 1 07 : Benedictio in dedicatione ectrMene: au folio suivant : Benedictio in episcopi consécrations ; aia. fcw> 109 : Benedictio in ordinationibus; et plus bas : Benedictio m consecraiione virginvm. On trouve aussi la preuve de la destination du miss^ P^"'' un évoque de Poitiers dans la rubrique, au folio 176 ^V^ voici : Ordo qualiter bis in anno^ id est die Jotis unie asc^^^i^^^ nem Domini et die Jotis in septimana in quafestum sanct£' -^^ evenerit, sinodus pictavensis agcUur. Le missel a été en effet exécuté pour Jacques Juvén^ * ^ Ursins, pair de France, alors qu'il était, non évoque, msSk^^ ministrateur perpétuel de l'évôché de Poitiers, après ^^^ démis de l'archevêché de Reims. Jacques Juvénal des Ursins était fils de Jean Juvéna-^V^ de simple avocat au parlement de Paris, s'éleva par son aux offices les plus importants. La fermeté de son sa grande loyauté, cet amour de la patrie qui remplisaa^ ^ cœur, ne se démentirentjamais au milieu des guerres $^^ gères, des discordes civiles et des désordres de toute fr^/ CALLIGRAPHIK. XV« S. 553 qui signalèrent le malheureux règne de Charles VI. Garde de la prévôté des marchands en 1388, avocat général au parle- ment en 1400, chancelier de Louis dauphin, duc d'Aqui- taine, en 1 4 1 3 , il mourut en 1431, laissant une réputation sans tache, et regretté de tous. 11 avait pris le nom des Ursins, de Thôtel qufavait appartenu à cette grande famille éteinte, et que la ville de Paris lui avait donné en récompense de ses services. Jean Juvénal eut seize enfants de son mariage avec Michelle de Vitry ; quelques-uns moururent en bas âge ; tous ceux qui survécurent furent dignes de leur père et se recommandèrent par leurs vertus ; plusieurs se distinguèrent par leurs talents et par le mérite qu'ils déployèrent dans les hautes dignités de l'État dont ils furent revêtus. Nous citerons Jean, né en 1 388, qui fut avocat général au parlement de Paris, ensuite évéque de Beauvais,évéquedeLaon, et enfin archevêque de Reims après la résignation de son frère Jacques ; Guillaume, né en 1400, qui, à l'exemple des anciens Romains, se signala dans presque tous les emplois de la robe et de l'épée, et devint chancelier deFranceen 1445; enfin Jacques, celui pour lequel fut exé- cuté le manuscrit que nous décrivons. Né en 1410, il embrassa l'état ecclésiastique, et devint arcbidiacre de Paris; en 1443 il fut nommé président des comptes, et Charles VU, qui devait tant à son père et qui l'aimait beaucoup , voulant le faire arriver à l'archevêché de Reims, le nomma chanoine et archidiacre de Reims le 19 mars 1444; le 25 juin suivant, le chapitre, investi du droit que lui donnait la pragmatique sanction qui venait d'être rétablie, l'élut archevêque. Peu après, le roi le char- gea de missions diplomatiques en Angleterre et auprès de la république de Gênes. En 1447 il fut député auprès du duc Amédée de Savoie, qui avait été élu pape par le concile de Bàle, pour l'engager à abdiquer et à reconnaître Nicolas Y pour pape, ce qui devait rendre la paix à l'Église. Il réussit dans ses négociations, et revint en France avec le titre de patriarche d'Antioche, que le pape lui avait donné. C'est alors (1449) qu'il se démit de son archevêché de Reims, par résignation en cour 36 -.c 554 MONUMENTS KUROPÉENS. de Rome, en faveur de son frère aîné Jean Javénal. Le 6 ni vembre 1449, il fut pourvu de radministration de révAclr do Poitiers et du prieuré de Saint-Martin-des-Ohamps à Parie M Il mourut le % mars 1 4 56 , à Poitiers, et fut inhumé dans la c: thédrale de cette ville. C'est donc, comme on le voit, par erreur que le rédacteur a la note qui se trouve sur la feuille de garde du livre a dit qr Jacques Juvénal avait été évéque de Poitiers et ensuite arc vêque de Reims. Le surplus de la note est exact ; il est constant que le nrmÊT-^^mÊo^f^^ nuscrit passa dans les mains de Raoul du Fou. qui monta f 'lu sur le siège épiscopal d'Êvreux en 1478. Cet évéque, suivant un usage d'alors fort ridicule, fît e vrir de ses armes, qui sont d'azur à la fleur de lis d'arg^ accostée de deux colombes de même, les armoiries des U qui étaient répandues à profusion dans les vignettes de ce b volume; mais les armoiries de Raoul du Fou ont été près efTacées en quelques endroits où Ton voit reparaître au-de l'écu des Ursins, qui est bandé d'argent et de gueules d pièces, au chef d'ai*gent chargé d'une rose de gueules sou d'or. Ainsi, dans la bordure de la grande miniature à pi pagedu folio 1 36, on voit Jacques Juvénal lui-même àgen élevant les yeux vers le Rédempteur, dont le crucifiementff M'aie sujet de la miniature ; un ange , qui se tient devant lui , soufc-i ^^t l'écusson de ses armes. L'écu se voit encore en entier dan» MMUe lettre iofumuredM folio 114, et s'aperçoit sous les arm^s^ ^^ Raoul du Fou aux folios 44. 76, 1 17 et 1 30. Notre préla-t> «t encore représenté aux folios 23 et 3 f . On rencontre souvent dans les ornements des bordure^ ^^^ devises : A vous entier. — J'en suis contente, inscrite^ ^^"^ une bandelette aux trois couleurs, rouge, blanc, bleu, d^ 7 trouve encore, aux folios 44 et 96. le chiffre de notre pi^^*^» YA, premières lettres de lacobus Du moment qu'il est établi que le manuscrit a été /^'^ * Vusage du diocèse de Poitiers et pour Jacques Juvén»! ™ Ursins, nous pouvons donner la date de sa confection. ^^^ en 1449 que ce prélat a été nommé administrateur perp^^**^' CALLIGRAPHIE. XV« S. 555 de TéTéché de Poitiers, et il est mort en 1456; c'est donc dans l'intervalle de ces sept années que le manuscrit a été exécuté. Passons aux miniatures. Il serait impossible, comme nous layons dit, de les décrire toutes, ni même de faire ressortir tout ce qu'elles présentent d'intéressant ; nous devons nous borner à en signaler quelques-unes des plus remarquables sous différents rapports. Un manuscrit, exécuté pour un des membres de la famillle toute parisienne des Ursins, devait nécessairement reproduire quelques-uns des monuments de la grande cité. Nous voyons entre autres, au folio ô5, \2l Maison aux piliers sur la place de Grève, qui fut achetée, en 1 357, par le fameux Etienne Mar- cel, prévôt des marchands de Paris, et par les échevins, et qai servit de maison de ville ou àe parloir aux bourgeois, comme on disait alors, jusqu'au milieu du x\i'^ siècle. On aperçoit l'église Notre-Dame de l'autre côté de la Seine ; une procession passe sur la place, et le peuple se prosterne devant le saint sacre- ment. Les prêtres et les riches bourgeois qui portent le poêle sont couronnés de fleurs, vieil usage qui depuis longtemps a disparue La miniature du folio 65 nous fait connaître Tinté- rieur de la Sainte-Chapelle avec tous ses reliquaires exposés à la vue du peuple. Au folio 96 on a représenté le charnier des Innocents. Une foule de miniatures ont pour sujet les cérémonies du culte: nous citerons notamment, au f' 23, la bénédiction donnée par un évêque ; au f* 65, la consécration d'une église; au f' 108, le sacre d'un évêque, et au f* 30, le baptême con- féré par saint Silvestre à Constantin. L'empereur est nu et debout dans la piscine où son corps est plongé jusqu'aux hanches ; le saint pontife lui verse de l'eau sur la tête : c'est le baptême par immersion pour les parties basses du corps, et par infusion pour les parties hautes, baptême qui fut en usage jusqu'au xvi* siècle, suivant M. de Caumont*. Cette (1) M. Caillât, dans son ouvrage, VEôUl-de- Ville de Paris, a gravé cette miniature, qui sert de frontispice au texte fort intéressant de M. Leroux de Lincy. - (2) Cours (Tanliquités monumentales, tome VI, p. 7. 550 iMONLMKNTS liUROPfcENS. miniature, qui reproduisait bien certainement un usage exis- tant au moment de Texécution du manuscrit, viendrait donc à l'appui de l'opinion du savant archéologue. Dans les minia- tures qui reproduisent des intérieurs d'églises ou do cha- pelles, on peut voir que les autels n*ont pas encore de ta- hcrnacles pour recevoir les hosties, qui sont conservées dans un vase, le plus souvent en forme de petite tour, suspendu •au-dessus de l'autel à une crosse dorée. Le retable placé sur l'autel est fort bas ; il devait s'enlever après la messe. ainsi que les deux seuls flambeaux portatifs qui raccom- pagnent. L'autel est toujours environné, pendant le saint sacrifice, de riches tentures brochées d'or, qu'on appelait courtines d'autel. L'inventaire des meubles de Charles V, fait en 1379*, mentionne en effet une grande quantité de riches étofTes ayant cette destination. Dans la miniature du f^ 23, on retrouve, à gauche de l'autel, la crédence, espèce de niche, dans laquelle est déposé un bassin pour les ablutions du célébrant, surmonté d'un vase, sorte de cauquemard, qui contient l'eau. Des miniatures fournissent aussi une foule de détails inté- ressants sur l'architecture civile et militaire de Tépoque. Nous citerons le joli paysage du f* 26, au fond duquel on aperçoit une ville enceinte de murailles, dont la porte est dé- fendue par deux grosses tours fortifiées d'un système continu de mâchicoulis et couvertes de toits coniques disposés en ar- rière d'un parapet crénelé ; au f* 82, un pont qui donne accès à une ville murée, assise sur le bord d'un fleuve ; il est défendu par une grosse tour carrée flanquée de tourelles, élerce ao milieu des eaux, à quelque distance de la rive ; enfin au f* 62, le château fort d'un riche seigneur qui distribue des aumônes; on retrouve là le mur d'enceinte couronné de créneaux avec des échauguettes aux angles saillants, et le donjon formé d'une tour carrée flanquée de fortes tourelles rondes. Les détails d'intérieur répandus dans les nombreuses com- positions de notre volume ne sont pas moins dignes d'intcrât. (I) Ms. Bibl. royale, n0 8356, f« 121. CALLIGRAPlllK. XV» S. :>57 On voit dans les retraits figurés aux f* 28, 76, 92 et 9i, où saint Jean, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Luc se li- vrent à l'étude, des exemples curieux des cabinets do travail du xv*^ siècle, avec les meubles de ces sortes d'appartements et tous les objets à l'usage des personnes qui se livraient à l'étude, notamment la haute chayère on faldistoire àdosscret élevé, garnie d'une tenture et surmontée d'un dais ; le pupitre tournant nommé roue, à l'aide duquel on pouvait amener tour à tour sous sa main les volumes dont le pupitre était chargé, et les consulter ainsi sans se déranger ; la table à vis, la bi- bliothèque, récritoire et une foule de petits ustensiles. On remarque dans le cabinet de saint Jean la grande cheminée de plus de 6 pieds de hauteur, autour de laquelle une famille tout entière pouvait se rassembler, et l'escalier en spirale à balustrades fenestrées que la porte ouverte laisse apercevoir. La miniature du f^ 90, qui représente la naissance de la sainte Vierge, fait connaître l'intérieur des chambres à cou- cher avec tous leurs meubles. Le lit encourtiné dont le ciel est attaché au plafond, et la tête protégée par une pente d'étoife de soie fleuronnée ; son riche couvertoer; la chayère auprès du lit avec sa couette ou coussin mollet ; la table couverte d'une blanche touaille sur laquelle une coupe, une buire et divers objets de ménage; le petit bers ou berceau pour le nouveau-né; le grand bassin de cuivre pour les ablutions, placé dans une niche et au-dessus duquel pend, attaché à une espèce de cré- maillère, le cauquemard rempli d'eau, et à côté l'essuie-mains suspendu à une tringle; au-dessus, sur deux tablettes, un flambeau, une lanterne, une écritoire et des livres. La fenêtre garnie d'un vitrail armorié et le plafond à solives apparentes, richement peintes en bleu et décorées d'un semé de fleurs do lis d'or, font voir le système de décoration de ces parties de l'habitation. Ce beau manuscrit, après avoir fait partie de la bibliothè- que de M. Masson de Saint-Âmand, maître des requêtes aux conseils du roi avant 1790 et préfet de l'Eure en l'an VIII, a été acquis par M. Debruge Duménil par l'entremise do M. Du Sommcrard. — ii. 5o cent., l. 3*. 558 MONUMENTS EUROPÉENS. 647 — Preces pie. Volume iii-8**, exécuté vers le milieu du xv* siècle; vélin. miniatures, vignettes et initiales. Reliure en veau à comparti- ments, de Tépoque de Henri II. Ce livre renferme le calendrier, le commencement des quatre évangiles, un grand nombre de psaumes et d'oraisons en latin; il est terminé par quelques prières en français. Son ornemen- tation consiste en neuf miniatures embordurées et en vignettes qui décorent la marge extérieure de chacune des pages. Le fond de ces bordures, composé de minces rameaux à feuillages d*or, est chargé de rinceaux, de vases de fleurs et de quelques animaux, parmi lesquels on remarque un monstre à buste d'homme avec un corps de lion. — h. I9 cent, s mai., l. u cent. 618 — Liber precum. Volume in-8** magno, de l'époque de Louis XI; vélin, mi- niatures, vignettes et initiales. Reliure du temps en veau gauffré. Ce livre renferme les heures de la sainte croix, la messe, Toffice de la sainte Vierge suivant l'usage de Rome, les sept psaumes de la pénitence, les litanies et Tofiice des morts. D est terminé par un recueil de prières. Son ornementation con- siste en six grandes miiiiatures à pleines pages, dont les bor- dures sont composées de rinceaux entremêlés de fleurs et de fruits où se jouent des oiseaux et de petits animaux ; six belles bordures de pages traitées dans le même style ; dix- huit petites miniatures renfermées dans de grandes lettres tournures et une quantité de petites initiales en or sur fond de couleur. Les reliefs très curieux de la reliure représentent des en- roulements qui renferment des animaux dans leurs replis ; ils sont bordés par des inscriptions latines. Cette reliure est en- richie de fermoirs en vermeil, formés de fleurons découpés à jour, au centre desquels se trouve une petite miniature. Treize médaillons en argent, dont six sont dorés, repré- sentant des sujets pieux, ont été fixés, postérieurement à b confection du manuscrit, sur le plat intérieur de la reliure. Celui du milieu, qui paraît être le moins ancien, représente CALLIGRAPHIE. XV» S. 559 saint Pierre et saint Paul .soutenant un voile empreint de la sainte face, et au-dessous les armes du pape Alexan- dre VI. — H. 21 cent., L. 15. 649 — Psalterium. Volume de format in-4", exécute dans le stylo italien Ters la fin du xv*" siècle; vélin miniatures; vignettes et initia- les. Cartonné. Ce manuscrit renferme le calendrier, les psaumes, les cantiques de saint Âmbroise, de saint Augustin et de saint Athanase, qui sont un résumé de la doctrine chrétienne, les litanies des saints, la passion de Jésus -Christ d'après les quatre évangélistes, et diverses prières et oraisons. Ce livre, bien complet, n'est pas moins recommandable par son exécution calligraphique que par ses peintures. Ces der- nières consistent en encadrements fleuronnés, chargés do figures d'animaux, qui déploient leurs vives couleurs dans la marge de plusieurs pages, et en douze petites miniatures ren- fermées dans des lettres initiales. Au bas de la première feuille des psaumes se trouve Técusson armorié du proprié- taire primitif : d azur à la plante de lis fichée, accostée de deux lions grimpants d'or. Parmi les oraisons que contient ce manuscrit, il en est une dont la rédaction, attribuée à saint Augustin, serait, si on pouvait en croire la note qui la pré- cède, un véritable spécifique contre tous les maux et tous les accidents de la vie, contre la mort elle-même. Voici au surplus le texte de cette note, écrite en langue romane, et sa traduction littérale : ^ La sequent oratio feu lo glorios doctor ebisbe moss. •« sant Agosti e de mana gratia ad nostroSeynor que tota per- - sona che la digues a quell du non pogues esser sobrat per « negun homo en cami ne en comut, ne morir en agua, ne en *« foch, ne en mort sobitana, ne en casa, ne fora casa, ne en ** ven, ne subrat de fais testimoni, ne dorment, ne veglant. » *« La suivante oraison fit le glorieux docteur évéque mon- seigneur saint Augustin ; elle donne grande grâce auprès de Notre-Seigneur que toute personne qui la dit aujourd'hui ne puisse être tué par aucun homme en chemin, ni en assemblée, 560 MONUMENTS EUROPÉENS, ni mourir dans leau, ni dans le feu, ni de mort subite, ni la maison, ni hors de la maison, ni parle poison, ni y'u de faux témoignage, ni dormant, ni veillant. » L'état du feuillet de vélin sur lequel se trouve cette prier ^z^a«E=5r( constate que le propriétaire du livre y avait foi pleine e entière, et qu'il a dû la réciter l>ien souvent, —h. ss cent., l.'ia^ ■■■■ m. 650 — Preces pie. Volume in -8° parvo, exécuté à la fin du xv* siècle ou dans les premières années du xvi^ siècle ; vélin, miniatur^»^ vignettes et initiales. Reliure en basane. Ce livre renferme le calendrier, le commencement évangiles, différents offices, les sept psaumes de la péniten» les litanies et un grand nombre de prières, tant en latin qu vers français. Il est enrichi de quinze grandes miniatures et de ving quatre petites qui sont renfermées dans les bordures du cal* drier. Ces miniatures manquent de finesse, mais non d'ori( lité. Les costumes de plusieurs des personnages qui y sont présentés rappellent Tépoque do Louis XIL La dernière nt montre la dame qui a fait faire le manuscrit, agenouillée dev la sainte Vierge ; son costume reproduit exactement, à la ronne près, celui du portrait d'Anne de Bretagne, tenant fille sur ses genoux, qui se trouve dans le superbe manus< de la Bibliothèque royale n** 6877, ayant pour titre Les mèdes de lune et Vautre fortune ; c*est la petite coiffe pi à la mode de Bretagne, les manches dites à la granit gorre ^ robe échancrée carrément sur la poitrine et fixée à la taille une légère ceinture chargée d'orfèvrerie d'or. — h. so t^i.. l - 651 — Preces pie. Volume de format in-24 , exécuté à la fin du xv* siècle o dans les premières années du xvi^ ; miniatures, vignettes e\ initiales. Reliure en vieux velours rose, avec fermoirs du temps en argent niellé. Ce livre, bien complet, est exécuté dans le goût italien, sur peau vélin d'une finesse et d'une blancheur parfaites. Il ren- ferme quinze grandes miniatures à pleine page et douze petites CALLIGRAPHIE. XVl»^ S. 561 ians le calendrier. Un grand nombre de pages sont eu outre 'Ucadrées de bordures à fond d'or parsemées de fleurs, d'in- fectes, d'oiseaux et d'animaux fantastiques. — u. los miii., l. 75. 662 — Preces pie. Volume in-12, des premières années du xvi*' siècle; vélin, ziiniatures, vignettes et initiales. Reliure du temps en ve- ^urs bleu. Ce manuscrit est orné de vingt grandes miniatures et de ^i ze petites, exécutées avec beaucoupde soin II est surtout ■'narquable par les bordures dont toutes les pages sont <3orées. Celles qui renferment des miniatures sont em- Vilarées de trois côtés, les autres sur la marge extérieure ^^ement. Toutes ces bordures sont aussi riches que variées : ^ont de légers rinceaux et des ornements chargés de fleurs, fruits, d'oiseaux, d'insectes et de ces figures d'animaux ^4irreB et grotesques. liSs bordures du calendrier sur fond d'or sont enrichies en •^Cre de vingt-quatre miniatures allégoriques. > h. i6 ceut., l. 11. 653 — Preces pie. "Volume in-12, des premières années du xvi*^ siècle; vélin, ignettes et initiales. Reliure en maroquin rouge à petits fers. Ce livre comprend le calendrier, le commencement des évangiles, la passion d'après saint Jean, une suite de psaumes à dire à certains jours de la semaine, plusieurs ofiices, les psaumes de la pénitence et un grand nombre de prières. Il a lu appartenir à une religieuse, ainsi que le témoigne la souscription qui se trouve à la dernière feuille. L'omementa- ion de ce manuscrit consiste en douze petites miniatures, cordées de vignettes sur fond d'or, et en une grande quan- ité de lettres initiales en or sur fond coloré, ou en couleur ur fond d'or. — h. 47 cent,, l. 12. 654 — Preces pie. Volume in-8** parvo, des premières années du xvi*^ siècle ; ^élin, miniature et initiales. Reliure en veau brun. Ce livre contient le calendrier, les premiers évangiles, dif- férents offices et un grand nombre de prières. Il est enrichi r- 562 MONUMENTS EUROPÉENS. de quatorze grandes miniatures et de quinze petites. Les ges qui les renferment sont encadrées dans une bordi rinceaux élégants où se mêlent diverses fleurs et de y fraises bien coloriées. Presque toutes les pages qui ne < tiennent que du texte sont décorées dans le même style ^sur la marge extérieure, —h. is cent., l. u. 655 — Procès pie. Volume in-8**, exécuté au xvi* siècle ; vélin» miniatur^a^^ *t initiales. Reliure moderne en velours rouge ; fermoirs en meil dans le style de l'époque. Ce livre contient plusieurs offices, les heures de la Vi et de la sainte croix, la passion de Notre-Seigneur e des quatre évangélistes/ et un grand nombre de prières ^ est enrichi de douze grandes miniatures à pleine page et cent cinq petites encadrées dans le texte. Ces peintures in> quent tout à fait l'époque de la renaissance et Tinfluenoe artistes italiens que Louis XII et François l^ avaient a] en France. Quelques-unes ofïrent des ligures de grandes portions. Parmi celles-ci, on remarque le portrait du nage qui a fait exécuter le manuscrit. Il est placé au recto cent trente-troisième feuillet, en regard d'une image d^ Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux, qui ooutt^ verso du feuillet précédent. Ce personnage est à genoux, ^ mains jointes ; saint Pierre, son patron sans doute, deb près de lui, le présente à la Vierge et à son divin fils. écusson armorié est peint au-dessous de son portrait ; pièces héraldiques en ont été enlevées par le grattage- trouve encore ce portrait dans les petites miniatures , »^* feuillets 127 et 140. — h. aocent., l. u. 656 — Trois messes pour orgue, alternant avec le pl^*"' chant, in minoribus, diiplidbus, in solemnitaiibus beaieJiA- '^'' in dominicis diebus. Volume in-4° magno; papier, vignettes et initiales * plume. Ce manuscrit contient trois messes pour orgue; la troî^'^^ n'est pas terminée, elle s'arrête à \ AgnusDei. CALLIGRAPHIE. XV1« S. 563 Une circonstance particulière sert à fixer l'âge de ce ma- nuscrit, ou du moins à bien déterminer le point au delà duquel ne saurait descendre le travail du dessinateur et du copiste. La seconde messe, /w solempnùatibus (sic) becUe M, V., con- tient un Gloria m excehis qui se distingue du Gloria ordinaire par rintercalation de certaines paroles. Ainsi, après les mots Fili uni genile Jesu Chrisie, on lit : Spiritus et aime orpliano- ram paraclite ; après Agnus Dei filius patris, on trouve : Pri- mogenitus Marie Virginis mairis, etc. Avant l'époque du concile de Trente, il n'était pas rare que Ion ajoutât ainsi des paroles dans les pièces destinées à TE- glise ; celles qui s'étaient introduites dans le Gloria des fdtes de la Vierge remontaient peut-être au xiii* siècle, et furent longtemps d'un usage à peu près général. Pie V, par une bulle du 14 juillet 1670, confirmative des décrets du concile de Trente et relative à la réforme du missel romain, en abolit l'emploi dans l'Église catholique, et depuis cette époque les compositeurs cessèrent absolument de mettre en musique ces paroles additionnelles Pierluigi da Palestrina paraît être le dernier qui en ait fait usage dans la messe De Beata, insérée dans la première édition du troisième livre de ses messes, qui venait de paraître en 1670, au moment même où Pie V lançait sa bulle. Il n'est donc pas douteux que le manuscrit que nous décrivons ne soit antérieur à cette époque, et on peut en reporter l'exécution au commencement du xvi^ siècle. Quant au système de notation dont l'auteur ou le copiste a fait usage, il est spécial et complet, mais il est possible que l'on n'en rencontre pas d'exemples ailleurs. Voici en quoi il consiste et comment il doit être entendu. Chaque portée est de huit Ugnes, et fournit une étendue de deux octaves et une tierce majeure. En tête se trouvent, sur les lignes deux, quatre et six (en comptant comme d'ordinaire de bas en haut), les lettres c, g, d, c'est-à-dire ut, soU Té. Ces trois signes, constamment placés au commencement des por- tées et toujours dans la même position, représentent par con- séquent une clef unique. Le bémol permanent se place, lorsqu'il y a lieu, au com- 564 MONUMENTS EUROPÉENS, mcncemcnt de la portée ; le dièse et le bémol accidentels se rencontrent devant les notes, toutes les fois qu'il en est be- soin. Une particularité assez singulière , c'est que Ton rencontre quelquefois un changement do clef indiqué, non par des lettres comme la clef permanente, mais par le signe habituel de la clef iïut, qui apparaît tantôt sur une ligne, tantôt sur une autre, déplaçant ainsi tout le système. La cessation de cet état de choses est indiquée, non par une réapparition de l'espèce de monogramme initial, mais par une barre verticale qui coupe à angle droit les lignes de la portée, semblable à celle dont nous fiedsons usage aujourd'hui pour séparer chaque baisée ou mesure, et dont on ne se servait pas alors. Les signes de durée sont ceux que l'on employait dans le xvi^ siècle. On ne fait à peu près aucun usage des silences. La portée de huit lignes, avec les particularités que nous venons d'indiquer, sert pour la main droite. La partie de main gauche est notée au moyen des lettres K, G, A, B, H, c, D, E, f, g, a, b, h, c, d, e, f, g, h, correspon- dant aux notes fa, sol, la, si bhnol, si, etc., en partant au fa au-dessous de la portée de clef de^a quatrième ligne. Quand il y a lieu de diéser une de ces lettres, on place à sa droite, et de manière à l'unir à la lettre, un signe de cette forme 1. Ces lettres sont placées au-dessous de la portée ; lorsque plusieurs notes doivent parler à la fois, les lettres sont ôisfo- sées verticalement les unes au-dessous des autres, en raison des durées, et, comme disent les graveurs, en aplomb. Cet aplomb est pris non-seulement par rapport aux lettres entre elles, mais encore dans leur relation avec les valeurs de la main droite. Une indication bien exacte à cet égard devenait d'autant plus difficile qu'il se rencontre parfois des passages d'une certaine complication. On a cherché à rendre la chose plus claire en plaçant au-dessus des lettres qui ofiriraient quelque ambiguïté les signes de silences correpondants. oo bien l'extrémité des adiaches que nous employons aujourd'hui pour réunir ensemble plusieurs croches ou doubles croches. Si jamais cette notation, sur laquelle il n'existe de rensei- CALLIGRAPHIE. XVÏ« S. 565 gnements dans aucun écrivain musical, a été quelque peu ré- pandue, il faut croire que la plupart des livres où elle se ren- contrait se sont perdus : l'explication de celui-ci pourra mettre sur la voie pour faire à cet égard des recherches dans les bibliothèques publiques et particulières. Il reste à dire un mot sur les compositions mêmes que con- tient ce manuscrit. De longs détails seraient déplacés ici; nous nous bornons à faire remarquer que M. J. Adrien de LaFage, à qui nous devons les explications que nous venons de donner*, après avoir traduit en caractères modernes une partie du recueil et avoir examiné ces pièces avec soin et im- partialité, ne leur a trouvé d'intérêt qu'au point de vue histo- rique. Elles montrent comment on comprenait alors la musi- que d'orgue, et font voir que la pureté, l'élégance et le bon goût, introduits dans la musique vocale et portés au plus haut degré par l'immortel Pierluigi daPalestrina, étaient étrangers à beaucoup de ses contemporains et appartenaient moins en- core aux compositions instrumentales alors en usage. Ce manuscrit, exécuté en Italie, est enrichi d'une grande quantité de dessins à la plume d'un style très pur et d'une exécution si délicate qu'on les prendrait pour de fines gravures au burin. L'un des dessins est signé D. N. C. » et plus loin L. K. On y voit répété deux fois un écu armorié, qui doit être celui du propriétaire qui fit écrire le manuscrit; il est à une bande bordée, chargée de huit écussons mis on bande, accom- pagnée de deux étoiles à huit raiz. Les initiales des premiers mots du chant sont richement enjolivées. — h. m c«nt., l. 21. 657 — Recueil d'armoiries. Album in-4** magno, cartonné. Cet album renferme soixante-treize écus armoriés de diffé- rentes familles d'Allemagne, peints à la gouache. C'était un usage assez constant en Allemagne, aux xvi^ et (1) Elles ne sont que rextrait d'an travail plus étendu qu'il se pro- pose de publier sur Tintérét que présente le manuscrit sous le rapport musical. 566 MONUMENTS EUROPÉENS. xvii^ siècles , de se donner en se quittant, à titre de souvei ses armoiries, auxquelles on ajoutait parfois un mot d*en Cet usage existait surtout parmi les étudiants des unÎTersil qui, parfois aussi, les donnaient à leurs professeurs. Le donataire réunissait tous ses souvenirs pour en c( poser un album. Notre recueil provient de plusieurs volumes de cette pèce, ainsi qu'on peut s'en convaincre par les inscript: qui se trouvent au bas de plusieurs des dessins. Eln voici qj- ques-unes : " Clarissimo viro Dno Christophoro Walwitzio ^ . *• doctori scribebat Joannes Franciscus Reichwem, memoA^&é^ •* amicitisB ergo, 167 1 . " « Clarissimo et doctissimo viro I> Christophoro WalwitT/ « 1 1 j. d. amoris ac memorisB ergo, Johannes Marcus Soltwe- - delensis scripsit, 2 octob., anno Jesu hominls 1682. >* - HsBc jucund» recordationis ergo , scripsit Wilhelmiu « Rottmanstorff, L. B. 16 january, A® 1616. » «• Onoratissimo et prsestantissimo juveni Dno Christiano •< Becker illustrissimi et serenissimi electoris Palatini qu»- - stori in Wingarten, af&ni suo carissimo hoc in perpetaum ** affinitatis et amicitisB vinculum adpingere curavit, A® 1617 « 8 may, Albertus Zum Boxbergensis. « M Dièses hab ich meinem insonders vertrauten undt werth « freundt undt Brudere Herrn Christiano Beckero Churf. u Pfaltz Kellern zu Weingarten, zu freundt undt bruderlicher « Gedàchtnisgeschrieben, zu Heidelberg, 13 July, A® 1617. • Voici la traduction : «< J'écris ces lignes pour mon très intime et très honoré ami M. Christian Becker, receveur du comte palatin à Wingarten, en souvenir amical et fraternel de Heidelberg, 13 juillet 1617. Célestin Zelf . . . ( illisible) . »» — h. 30 cent. , l. 21 . 658 — " Kurtzer einfaJtiger dochgriindlicher und wahrhaf- « tiger Bericht wie unnd welcher gestalt aile Farben aosx nach* ^ gesetzten Hauptfarben konnen gezogen, und zu der MaUe- •• rey niitzlich angewendt werden. »• •« Exposé succinct, simple mais exact, de la manière dont toutes les couleurs peuvent être tirées des couleurs princîpalet CALLIGRAPHIE. XV11> S. 567 -si,;près mentionnées, et employées dans la peinture à l'eau. » IVfanuscrit allemand in-folio parvo, de dix feuilles; yélin. ^Kft. mâtures. Couvert en parchemin. ouvrage est divisé en sept chapitres, où Ton traite de la d'obtenir les différentes nuances que peuvent pro- ie noir, le blanc, le jaune, le rouge, le bleu, le vert et " V>Tnin. L'auteur, appuyant ses préceptes d'exemples nom- ^"^^ux, a intercalé dans le texte de jolis dessins, traités à la ^'^Xiache avec une grande délicatesse. Xi'exécution du manuscrit paratt remonter aux premières ^^nées du xvn* siècle — h. 33 c«ni., l. 20. 659 — Médailles en l'honneur de Louis XIV. Volume de format in-folio parvo; vélin. Cartonné. Ce volume est composé de seize feuillets, sur chacun des- ()aels est figurée une médaille d'or rappelant certains faits glorieux du règne de Louis le Grand. Chaque médaille est placée au milieu de trophées et d'attributs peints à la gouache avec rehauts d'or, traités avec cette richesse et cette abon- dance qui caractérisent le règne de ce monarque. Au bas des sujets se trouvent des pièces de vers de Char- pentier et de Perrault, qui étaient, comme on sait, chargés, en titre d'office, de composer les inscriptions commémoratives des grandes actions de Louis XIV. — h. so cent., l. tr. 6S0 — <* Collectuarium ad usum regalis ecclesise beati Mariœ - Hami ordinis canonicorum regularium sancti Augustini. «. Hami scribebat Johannes Douchet. Anno R. S. M. DCC. •• Volume in-folio parvo ; vélin, à deux colonnes ; miniatures, vignettes et initiales; exécuté en t700, par Jean Douchet. Cartonné. Ce collectuaire, à l'usage de l'église de la bienheureuse Marie de Ham, desservie par les chanoines réguliers de Saint- Augustin de la congrégation de France, contient les chapi- tres, oraisons et les autres prières qui doivent être récitées par le célébrant à matines, à laudes et à vêpres, aux diffé- rentes fêtes de l'année. La première page est ornée d'un encadrement fond bleu. 4'ot. tMAILLEBIE SUR MÉTAUX. ^ I. EMAUX INCRUSTES. I. — Ëmanx cloisonnés byzantins. I — Croix pectorale en ai^nt, émaillée dos deux cAtés, nd en or. =Sur lune des faces, le Christ est repréaeDté lé à la croix ; sa tête est auréolée d'un DÏmbe crucifère, ai4>e noire tombe sur sa poitrine ; il est vêtu d'un long qui lai descend jusqu'au milieu des jambes ; ses pieds fixés séparémetit par deux clous, sur la tablette qui les irte. présence de Dieu le père n'est pas manifestée par une bénissante, comme dans les monuments postérieurs au iècle, mais seulement par un n, première lettre du mot , inscrit sur le sommet de la hampe; au-dessus de la a Christ, une tablette porte son monogramme I C X C . ; XpiiiT^i au-dessous de ses pieds se trouve le cr&ne d'A- Buivant l'usage adopté par les Grecs. Dans le croisillon le buste de la Vierge ; dans le croisillon gauche, celui nt Jean, tous deux nimbés. Saint Jean est représenté là et imberbe, les cheveux courts et coupés à la manière ^O^^^'^lluc^^* 4ctt^ »fce ** '\8t b «^ OC' Sttt Yfttttre de ^^^ ^^r-. *-i Oti*' .uci «\: iW «**■*'' ftga^eft— ,^^^„tie A« des»*^ , «AeVctte*-** ..«6 et»*'"' „t6** ctv i.0 if.va^ft^ ;\e Ac *• a\ï^^ leaw %\^ ËMAILLERIE. ÉMAUX CLOISONNÉS. 571 loir, la couleur de carnation, le vert, le bleu clair, le bleu ce, le rouge-vermillon et le violet. jes monuments de cette espèce sont d'une très grande ra- ^s deux faces de la croix sont réunies par une charnière 3ée au sommet de la hampe; la croix s'ouvre ainsi en deux lies, et présente intérieurement une cavité destinée à con- ir des reliques. ^hauteur de la hampe, dans la partie émaillée, est de 7 cen- Sires, la longueur de la traverse de 5 centimètres ; la lar- T de la croix, mesurée aux extrémités qui vont en s'élar- tant, est de 2 centimètres. 3. — Émaux champlevés limousins. C2 — Coflfret de forme oblongue, en émail fond bleu.= médaillon, dont le contour est tracé par une bande d'é- l vert, occupe le milieu du couvercle. Dieu le Fils y est r^senté sous la figure d un agneau nimbé du nimbe cruci- ; sa patte droite de devant porte une hampe au haut de iclle brille une croix pattée. Les symboles des évangélistes bés et ailés sont figurés aux angles, dans des quarts de •J e indiqués par de légers filets d'or. Des rinceaux à feuil- * d'or, enveloppant un fond d'émail blanc, remplissent ^«u^ entre le médaillon du centre et les angles. L'agneau, ^e et le bœuf sont en émail blanc moucheté de bleu, l'ai- i^n émail jaune, le lion en émail vert. deux faces longitudinales contiennent chacune six ar- plein cintre, soutenues par des colonnes à fûts courts ^^licats, surmontés de lourds chapiteaux coniques. Les t^i^es en pied des apôtres occupent ces arcades et se déta- 'Ut sur un fond d'émail ; les carnations sont exprimées sur fond du métal doré par une gravure dont les intailles sont allées d'émail; les vêtements et accessoires, par des émaux. Sur la face latérale de droite est représentée la crucifixion. ms est attaché sur une croix à quatre branches égales ; ses as sont dans une horizontalité parfaite ; ses pieds ne sont 572 MONUMENTS EUROPÉENS, pas superposés, mais au contraire attachés séparément; une sorte de jupon ceint sa taille ; à ses côtés Mario et saint Jean, au-dessus des branches de la croix, le soleil et la lune; au- dessous, un soldat présente l'éponge vinaigrée au Christ . un autre lui perce le côté de sa lance. Sur la face latérale opposée, Jésus, dans une auréole ellip- tique, est assis sur un trône recouvert d'un couaain eylindn- que, semblable à ceux que l'on trouve dans quelques manu- scrits des ix^, K® et xi® siècles ; il bénit de la main droite et tient de la main gauche un cercle d'or. Deux anges ailés» vêtus de longues tuniques et portant sur l'épaule la chiamyde grecque, sont en adoration devant lui. Le couvercle et chacune des faces de ce coffret sont enca- drés dans une bordure de métal doré, garnie de tètes de clous sphériques. Le style des ornements, les vêtements des personnages, la forme de la croix et celle du trône, tout enfin se ressent dans ce monument de l'influence byzantine, et dénote l'époque dn xf siècle. Ce coffret servait de reliquaire. — h. 9 crat., LoDg. ss, l. is. 663 — Plaque émaillée provenant d'un reliquaire. =Qny a représenté l'un des apôtres, reconnaissable au livre qu'il tient, et à ses pieds nus. Il est sans barbe, sa tête est décorée d*un nimbe à cannelures de couleurs variées. Cette figure, exécutée entièrement en émail, se détache sur un fond de fleurons ciselés sur le métal doré. I^es traits do visage, les détails des cheveux et les plis des vêtements soiit indiqués par de légères lignes pointillées de métal. Le fond est bordé d'un encadrement d'émail d'azur décoré d'entrelacs de bon goût. Ouvrage du xn*' siècle. — h. 21 ccm.. l. io. 664 — Plaque de forme oblongue provenant du même re- liquaire. = Deux anges vêtus et ailés y sont représentés; b partie inférieure de leur corps est perdue dans une fhmge de nuages ; ils portent un encensoir à la main. Les figures, comme dans la pièce dont la description pré- ÈMAILLERIE. ÉMAUX INCRUSTÉS. XP S. 57;i cède, Bont traitées entièrement en émail, et se détachent sur un fond de fleurons d'or. Le sujet est également encadré dans une bordure d'émail à entrelacs. — h. h cent., l. ». 665 — Custode à couvercle conique. = Le fond, d'émail bleu, est décoré de quatre médaillons sur le pourtour de la botte, et de trois médaillons sur le couvercle ; ces médaillons renferment des dragons ailés qui se détachent sur un fond doré. Des rinceaux à feuillage d'or remplissent les intervalles. Cette petite boîte servait à conserveries hosties consacrées, à porter le viatique, en un mot à tous les usages auxquels sont employés les vases sacrés que l'on nomme aujourd'hui ciboires. — h. s cem., d. 7. 666 — Châsse, en forme de tombe, à couvercle prismatique. = La face principale est enrichie de six figures en relief et de pierreries qui se détachent sur un fond doré, semé de pe- tites étoiles estampées. Sur le couvercle, l'agneau, emblème du Christ, est placé dans une auréole circulaire, entre deux anges vêtus et ailés, vus à mi-corps. Dans la partie inférieure, le Christ, couronné d'une couronne à trois fleurons perpen- diculsdres, est placé entre deux apôtres. Jésus bénit de la main droite et porte de l'autre le livre des Évangiles. Les têtes en métal sont ciselées en haut relief; le corps de l'agneau, les ailes des anges, les vêtements et les nimbes sont en émaux de diverses couleurs ; les détails intérieurs et les draperies sont indiqués par de minces filets de métal doré. Sur chacune des faces latérafes, une figure d'apôtre, placée sous une arcade plein cintre, est rendue par une fine gra- Ture et se détache sur un fond d'émail. Le fond d'émail bleu de la face postérieure est décoré de médaillons dorés qui renferment un quatre-feuilles émaillé et d'un semis de petites croix d'or. Un faîtage à jour, surmonté de trois boules, règne sur le sommet de la toiture. ^ u. » cent.. Long, m, l. 9. 667 — Plaque en émail fond bleu. = La scène de la cru^ cifixion y est représentée. Le Christ, vêtu d'une sorte de jupon, est attaché à la croix par quatre clous ; la Vierge et saint Jean 574 MONUMENTS EUROPÉENS, se tiennent sous les branches de l'arbre de la rédemption ; au-dessus, deux anges ailés, dont le buste, couvert d'une to- nique, est seul visible, adorent le Seigneur. La main de Dieu le père sort d'un nimbe et bénit son fils expirant. La figure du Christ, en demi-relief, est exécutée en bronze doré et ciselé ; les autres sont gravées en creux sar le cuivre doré; les têtes seules font saillie sur le fond d'axor de rémail, qui est semé de rosaces d'émail de couleurs variées et de pia^ reries. La bordure du tableau, qui est en surélévation au-dessus de la plaque principale, est en émail fond bleu, décoré de rin- ceaux à feuillage d'or et à fleurs émaillées , et de figures d'anges gravées sur un fond doré. Cette belle plaque a dû servir à l'ornementation de la cou- verture d'un livre de prières, —h dciapiaqaesocent., l. io, l. iol is. 668 — Plaque en émail fond bleu. = Cette plaque a dû servir également à l'ornementation d'un livre religieux. La crucifixion s'y trouve aussi représentée, avec les mêmes ca- ractères que dans celle ci-dessus décrite — H.siceDc.L. fOceot.5iBiE 669 — Fermail de chape. = 11 est formé de la réunion de cinq plaques d'émail, qui présentent l'aspect d'un quatre- feuilles. La plaque du milieu, de forme rectangulaire, sert de point d'appui aux quatre autres, qui ont la forme d'une demi- circonférence. Elles sont jointes par un encadrement intérieur et par des rosaces en bronze ciselé et doré. Dans la plaque du milieu, un saint personnage, suivi de trois disciples, marque du tav symbolique le dessus de la porte d'un édifice que la colère de Dieu doit épargner. Les sujets qui remplissent les quatre plaques semi-circu- laires sont tirés de la vie de saint Jean l'évangéUste, telle qu'elle est racontée par le faux Isidore, et transcrite dans U Légende dorée*. Nous allons en fournir l'explication, en corn- (1) La Légende dorée, d'où les artistes des xiii*, xiv* et xv« sièdes ool puisé une si grande quantité de sujets, est Tœuvre de Jacques de Voragine, qui naquit vers 1230 à Voraggio, bourg situé sur le golfe de Gènes; en 1!?4I, il prit Thabitde dominicain, fut nommé archevêque de Gêiie> en 1292, et mourut en 129H. ËIIÂILLËRIE. ËMAUX INCRUSTES. Xll> S. 575 mençant par la plaque de gauche, pour suivre l'ordre des faits racontés par l'Iiagiographe. - L'empereur Domitien, ayant entendu parler du saint apô- - tre. 8e le fit amener, et il le fit mettre devant la porte la- •* tine, dans un tonneau d'huile bouillante, d'où il sortit sans •« avoir éprouvé aucun mal. *• C'est ce frît que le pocte limousin a traduit par cette in- cription : ImPIUS ad PENAS frustra DAT MORT18 HABENA8. Descendons à la plaque inférieure : - Quand saint Jean entra à Ëphèse, une femme, nommée - Drusienne, qui avait beaucoup désiré sa venue, était morte, •* et on la portait au cimetière. . . Jean ordonna de poser le - corps par terre et do le délier, et il dit : « Que Notre-Sei- - gneur Jésus-Christ te ressuscite, Drusienne; lève-toi, re- - tourne chez toi, et appréte-moi de la nourriture. » Elle se - leva et s'en retourna à sa maison. •* Ce vers, gravé au-dessus de l'émail, n'est que la transcrip- tion des paroles de lapôtre : Te vis dfvina revocet de morte Drusina. Le sujet placé à droite est ainsi raconté dans la légende : «« Si tu veux que je croie en ton Dieu, dit à Tapôtrc Aristo- - dème, évéque des idoles, je te donnerai du poison à boire, u et s'il ne te fait pas de mal, tu auras montré que ton Dieu •« est véritable. ^ Et Tap/^tre lui dit : ** Fais ce que tu voudras . » - Âristodème dit : «« Je veux que tu voies mourir d'autres avant M toi. ** Et il alla trouver le gouverneur, et lui demanda deux ** hommes condamnés à mort, qui lui furent accordés. Il leur *• donna le poison en présence de tout le peuple, et aussitôt •« qu'ils l'eurent bu, ils tombèrent morts. Alors l'apôtre prit la - coupe, il fit le signe de la croix, il but tout le poison, et il - n'eut aucun mal. ** L'inscription placée au-dessus du sujet explique ce grand miracle : Que viDET HOC clarum pus non contristat amarum. Dans la placjue supérieure, l'émailleur a représenté le Christ dans le ciel , il bénit de la main droite et tient de la S76 MONUMENTS EUROPÉENS. gauche la couronne des élus qu'il destine à son fils bien-aî^' Le poëte a traduit par cette inscription : Care veni qua-^^^ cuM DisciPULis EPULARË, les dcmierà mots de la légende : - L ^ ** 56 après la passion, sous le règne de Trajan, lorsque sa^^ « Jean avait atteint sa quatre-vingt- dix --neuTième ann ^ Notre-Scigneur lui apparut, et lui dit : •* Viens à moi, à »' bien-aimé, car il est temps que tu t'asseyes à mH table at^ " tes frères; tu viendras dimanche me rejoindre. «» Dans les plaques semi-circulaires, les sujets gravés si métal doré se détachent sur un fond d'émail bleu d'azur, 1 intailles de la gravure sont niellées d'émail. Ils sont bord< dans la partie circulaire par les inscriptions que nous rapportées et dans la partie inférieure par une bande d'énuL ■ blanc sur laquelle se détachent de petits fleurons d' rouge, dont les contours, en métal doré, sont disposés non le procédé du champlevé, mais par le procédé du cloisoniuii^ mobile, qui est propre aux émaux orientaux. Dans la plaque du milieu, les carnations seules sont biunr- nées en creux sur le métal doré, qui forme le fond; le surplus des figures est exécuté en émail de couleurs nuancées. M. Du Sonmierard a publié cette belle pièce dans son Album, 9® série, planche xvi. Elle appartient à la fin du XII^ siècle. —H. delaplaqueceiitnle65mill.,L.0cenu, D.deftauiret. 670 — Plaque carrée. = Elle représente la descenie du Saint-Esprit sur les apôtres. Ils sont assis sous une arcade trilobée. La main de Dieu, auréolée du nimbe crucifère, ré- pand sur eux les rayons de l'Esprit divin. Au-dessus est gravée cette inscription en capitales romaines : do. PAii. va, Dominus Pater meu^, et au milieu des rayons : sps.dni. Sfin- tus Domini; dans la bordure inférieure du tableau : APoetrou. Les carnations sont burinées en creux sur le métal dcnré et niellées d'émail ; tout le surplus de la composition est exécuté en émail . — carré de 10 cent. 67 1 — Bassin. = Ce bassin rond et de peu de profondeur est pourvu d'une petite gargouille par laquelle le liquide du vase peut être épanché L'intérieur est divisé en cinq compff- timents priui'ipaux : un médaillon circulaire au milieu, et ËMAILLERiE. ËMAUX INCRUSTES. XU" S. 577 ' , quatre autres médaillons échancrés dans la partie infé- par la circonférence du médaillon central. Des compo- Suitas tiques, qui se détachent sur un fond démail remplissent ces médaillons. Dans celui du milieu, un er, qui se couvre d'un bouclier chargé d'une croix parait terrasser deux monstres, dont Tun est à figure De. Lm quatre compartiments du pourtour présentent ijets encore plus bizarres : une reine, TÔtue d'un man- oublé de fourrures, fait boire un paon dans une coupe 9 tient à la main; un cubisteter danse sur les mains, ) en bas, tandis qu'un centaure l'accompagne ayeo un iment ; une chimère ailée fait danser une femme au son nstnunent à cordes ; enfin un autre animal fantastique le la harpe devant une femme. Des rinceaux à fleurs )ées courent au milieu des personnages, space compris entre chacun des médaillons du pour- mt occupé par un ch&teau crénelé, qui s'enlève sur un Témail vert. rebord très étroit du vase est décoré d'une dentelure iiai, noyée dans une bande d'émail bleu et vert. ; objet, de la fin du xii® siècle ou du commencement du provient du cabinet de M. de Mon ville; il a été gravé [. Willemin dans son ouvrage Les Monuments frcmçais s, planche ex. — D. S4 cent., U. 35 mltt. 2 — Autre bassin émaillé de môme forme. =La décora- utérieure présente également cinq médaillons : dans du centre, un roi à cheval porte un faucon sur le poing ; chacun des autres compartiments, deux personnages nnés tenant à la main, soit un sceptre, soit une épée. gures, autour desqueUes circulent d'élégants fleurons, tachent sur un fond d'azur. Dans les espaces compris les médaillons du pourtour se trouvent quatre écussons ries : deux sont burelés d'argent et d'azur, une tour à la porte et aux quatre fenêtres de gueules brochant sur it; le troisième, fascé d'argent et d'azur do huit pièces, cf de gueules chargé de neuf vergettes d'or ; le dernier, 578 MONUMENTS EUROPÉENS. trayersé de sable et de gueules de dix pièces, au chef de vair. Il existe des bassins semblables au musée du Louvre, ^ àla Bibliothèque royale et dans plusieurs collections. On a ^^^^ sou- vent discuté sur leur usage : M . Pottier, dans le texte de M ^ M' l'ou- vrage de M. Willemin, et M. Adrien de Longpérier * s'en iiuej» - «ont occupés sans arriver à une solution de la questkm. Quelcjgg^^^"^ archéologues ont supposé qu'on s'en servait pour hdsser ti4^'^^ ^^' ber de leau sur les mains avant et après le repas ; d'auto:^ ^^ .^ qu'ils étaient employés dans les cérémonies de l'Eglise, ^ 'm. pour présenter la communion sous les deux espèces, soit Y^^^jL taVr^ administrer le baptême. Il est certain que, dans l'inventa.*^^'^ |ouse des ornements épiscopaux de Foulques, évoque de Toulon^^ ^ssius qui mourut en 1231, on trouve la description de bassii-^ ^ ^^èsor émaillés semblables à ceux-ci ; on en conservait dans le tarésr^ ^, de la cathédrale de Beauvais et dans celui de l'ancienne col^^^ y^^ légiale de Saint-Etienne. Il faut dire cependant qu'on ne reiS^^^^ #> contre presque toujours sur ces bassins que des sujets profit'' ^ nés. Un point sur lequel les archéologues sont d'accord, c'ej^^ , qu'ils datent de la fin du xii® siècle et du commencement d' f^ xin* siècle. — d. sscent., h. 35 mUl. 678 — Custode à couvercle conique. = Le fond, d'éma.^ g:mJBm\ bleu clair, est décoré de médaiUons fond d'or à étoiles bleucE>-«^^"^' et de rinceaux. ~ h. 9 cent., d. 7. 674 — Navette à encens. =Lc fond bleu foncé du couvercl^^"'^'^'^ est parsemé de fleurons à tige dorée et décorée de deux m^^^^"*^™^ daillons. — h. 6 cent., Long. so. 675 — Navette à encens. = Le fond émaillé, bleu foncé, em ^^^ ^^ décoré de fleurons dorés, de médaillons émaillés et de deut^^^"^ boutons formés par des salamandres en bronze doré et cisela l'^ie. Le pied manque, —h.k cent., Long. io. Ce vase a été placé sur le socle en cuivre doré, catalogiK-^ '^^ n«954. 676 — Châsse, en forme de tombe, à couvercle prismatS que.=Deux sujets intéressants sont représentés sur la (I) Cabinet de l'antiquaire, tome 1, p. 157. ËMAILLERIE. ÉMAUX INCRUSTES. XII' S. 579 principale; ils s'enlèvent sur un fond d'émail bleu lapis semé de rosaces, et coupé horizontalement de bandes d'émail vert et d'émail bleu clair. Sur le couvercle, Joseph d'Arimathie, Nicodème et un autre disciple déposent Jésus dans le tom- beau ; Marie Madeleine et Marie, mère de Jacques, sont là, de- bout, ailprès du sépulcre. Le fond du tableau est décoré de trois arcades plein cintre surbaissé. Dans la partie inférieure, les trois Marie se dirigent vers le lieu de la sépulture du Christ. Un ange ailé, vêtu d'une longue tunique, est assis sur la pierre qui recouvrait le tombeau ; deux gardes sont couchés endormis aux pieds do l'ange. Les figures sont finement ciselées sur le fond du métal doré, les têtes seules font saiUie sur l'émail. Chacune des faces latérales reproduit la figure d'un apôtre, qui en occupe toute la hauteur. Ces figures, burinées en creux sur le métal doré, se détachent sur un fond d'émail bleu, enrichi de fleurons élégants. La face postérieure, en émail fond bleu, est décorée de six rangées d'étoiles émaillées sur rosaces de métal et d'un semis de petites croix dorées. — h. it cent., l. 9, Long. m. 677 — ChÂsse en forme de tombe, à couvercle prismatique. =Snr le fond d'émail bleu foncé du couvercle, du côté de la face principale, les trois rois mages sont représentés à cheval, se dirigeant vers Bethléem ; ils montrent du doigt l'étoile qui les conduit. Dans la partie inférieure, les trois mages, dont la tète est ornée d'un nimbe carré, présentent l'or, l'encens et la myrrhe à Jésus dans les bras de sa mère. Les figures se déta- chent sur un fond d'émail bleu de ciel, coupé horizontalement de deux bandes vertes et semé de rosaces ; elles sont ciselées sur le métal doré, au niveau du glacis de l'émail ; les têtes seules sont en saillie. Sur chacune des faces latérales, une figure d'apôtre, dans une auréole elliptique, se détache sur un fond d'émail bleu orné de bandes et de rosaces. La face postérieure, dans laquelle est ménagée l'ouverture du reliquaire, est divisée par des filets d'or, en compartiments 080 MONUMENTS EUROPÉENS. carrés, alternativement bleu foncé et bleu clair, ornes d'ui fleuron crucifère, —h. 13 cem., Long, i», l. s. 678 — Quatre petites plaques provenant d'un reliquai^-^^o. s: Elles sont bordées d'une bande d'émail bleu et blanc. Les su- jets sont en émail de diverses couleurs nuancées, sauL^ les carnations, qui sont intaillées en creux sur le métal doir<3 du fond. La première, qui a la forme d'une auréole elliptique, tcû- ferme la Vierge avec l'enfant Jésus sur ses genoux-. La muère du Sauveur est diadémée et revêtue d'un riche costuma à la manière byzantine. Elle tient à la main un sceptre fleurdelisé et foule sous ses pieds le serpent. — h. 110 mui., l. ss. La seconde, de forme oblongue, représente saint Paul ^urmé d'un glaive et tenant un livre, —h. iio mui., l. 45. La troisième, de forme elliptique, représente le prophète m Elie. ^H. 85 mill., L. 60. La quatrième, de forme contournée, représente le propiéte Ëlie et la veuve de Sarepta qui tient les deux morceaux de bois , symbole prophétique de l'instrument de la passion du Christ. — H. 45 mill., L. 80. 679 — Pied de reliquaire en bronze doré et émaillé.^IIa la forme d'un cône, surmonté d'une boule à godrons, année d'une pointe sur laquelle tournait l'ossuaire. Trois pattes de lion, qui sortent de la gueule des monstres dont les corps s'étendent sur le cône, l'élèvent au-dessus du sol. Le fond d'émail bleu dont il est décoré est parsemé de fleurons ciselés sur le métal doré. Des inscriptions en lettres capitales romAi- nes, mêlées de quelques caractères onciaux, se détachent en émail bleu sur des bandes d'or. Nous les reproduisons en en- tier en rétablissant les mots exprimés par des abréviations : f DE LIGNO DOMINI. f DE SANCTO BLASIO. f DE VESTIMENTO VIRGINIS MARIE. f DE SANCrO LAURENCIO. Ces inscriptions semblent annoncer que le reliquaire renfer- mait un morceau de la vraie croix, une particule des vél«- ÉMAILLERIE. ÉMAUX INCRUSTES. Xill" S. 581 lents de la Vierge et des reli(iucs de saint Biaise et de saint aurent. —h lOcent.D.àlabascO. 680 — Coffret à bijoux de forme oblongue. = Le centre du >uvercle, qui s*élève au-dessus de quatre plans inclinés, est écoré d*élégants entrelacs en émail, se détachant sur le fond u cuivre doré ; les plans inclinés sont en émail d*azur chargé e fleurs à tiges dorées. Le corps du coffret, aussi en émail *azur, est enrichi de médaillons fond vert, qui renferment des nimaUX. — h. 45 mlll., Long. Il cent., !.. 7. 681 — Plaque terminée en angle aigu, provenant de la artie latérale d'une châsse. = Dans la partie inférieure, deux su'cophages ouverts laissent voir les ossements humains qu'ils informent. Au-dessus cette inscription : exultabunt domino RSA HtîMiLiATA, sc trouvc gravéc sur une bande de métal doré, ai sépare le tableau en deux parties. Dans la partie supé- ieure, deux saints sont assis tenant à la main la palme de la ictoire. Leurs têtes diadémées sont auréolées de nimbes à annelures rayonnantes. Les figures, burinées en creux sur le létal doré, se détachent sur un fond d'émail d*azur, enrichi le rinceaux élégants, à feuillage d'or et à fleurs multicolores. Ouvrage du xiii® siècle. — h. a* cem., l. à la base is. 682 — Grosso d'évêque. = La douille, en émail fond bleu, ist ornée de fleurons émaillés à tiges dorées, he pommeau, dé- ;oapé à jour et composé d'un enroulement de salamandres, iSt surmonté d'une demi-flgure d'ange, dont les ailes vont re- oindre la courbure de la volute, qui est formée par les replis Tun serpent à la peau d'azur réticulée d'or. Le monstre mord b la queue un lion doré, placé au centre. — h. 3i cent. 683 — Crosse d'évôque. = Un serpent, à écailles bleues )ordées d'or, forme la volute, dont la courbure est terminée )ar la tête de l'animal ; l'archange saint Michel , placé au 5entre, le perce de sa lance ; le pommeau, en bronze doré, est (ormé par un double enroulement de salamandres et divisé en leux parties par un anneau orné de turquoises. Trois lézards rampent sur la douille, qui déploie d'élé- gants fleurons sur un fond d'azur. — h. si œm. 582 MONUMENTS EUROPÉENS. 684 — Custode, à couvercle de forme hémisphéroîdalt Le cylindre, élevé sur un soubassement de bronze doré , ^st divisé en douze arcades plein cintre subtrilobées, dont;, k fond est alternativement rouge et bleu. Sous chacune des SLrca- des est représenté un personnage nimbé. Le couvercle qui s'élève au-dessus du couronnement: cfu cylindre présente, sur un fond rouge, cinq médaillons ém&illés en bleu, renfermant chacun un griffon ailé, à tête humaine. A rintérieur du couvercle, sur un fond d'émail bleu semé de fleurons , est représentée une scène tirée de la vi<3 de saint Eustache, et ainsi rapportée dans la Légende dc^fi^' ** Étant arrivé au bord d'une rivière, il n'osa pas, à caue^^de ^ l'élévation des eaux, la traverser avec ses deux enfs^.:iit8; ^ mais en ayant laissé un sur la rive, il se mit à transpci^rter •• l'autre, et lorsqu'il l'eut déposé sur le bord opposé, i"ï re- «• vint chercher le second. Et lorsqu'il fut arrivé au mili& 'vdn «« fleuve, un loup accourut tout à coup, saisit dans sa gm^^ule ** l'enfant qu'il venait de quitter, et l'emporta dans un Ii^ois. «« Eustache, désespéré, se hâta de se diriger vers son a.«iti^ •• enfant ; mais un lion survint et emporta de son côté le p&uvre •• petit. - Au fond de la botte, on voit le Christ assis dans une aurëo/e en quatre-feuilles, dont les lobes sont surmontés de pinacles, n élève la main droite pour bénir ; sa main gauche repose sur le globe crucigère. Les symboles des évangélistes sont placés autour du Christ, dans les angles formés par les pi- nacles. Toutes les figures sont finement burinées en creux sur le métal doré, et niellées d'un émail rouge ou bleu. Ouvrage du xrv* siècle. — h. io cent., d. 9. Si II. ÉMAUX TRANSLUCIDES SUR RELIEF. 685 — Plaque d'argent sur laquelle est légèrement cisdée en relief la figure de sainte Catherine d'Alexandrie, coloriée par des émaux translucides. Travail français du xv* siècle. — h. 4o mui., l. u. ËMÂlLLERIff. tMAUX SUR RELIEF. XV> S. 583 686 — Plaques d'or émaillées des deux côtés. = Ces deux plaques, de forme oblongue, arrondies par en haut, sont 'éanies par une nervure; cette jonction est moderne, et il y . lieu de penser qu'elles formaient les deux volets d'un petit piptyque. D*un côté : Charlemagne et saint Louis. L empereur porte ne armure de fer ; sa tétc est ceinte de la couronne impériale ; tient Tépée de la main droite ; de la gauche, le globe sur- lonté de la croix ; ses épaules sont couvertes d'un manteau roche de fleurs de lis et d'aigles à doux tôtes. Saint Louis Drte une longue robe rouge, et par-dessus un manteau bleu nné de fleurs de lis d'or ; sa tête est couronnée de la couronne >yale, non fermée; il tient le sceptre et la main de justice. De l'antre côté : Pierre II de Bourbon, sire de Beaujeu, lie de Bourbon et d'Auvergne, mort en 1503, et Jeanne de rance, sa femme, fille de Louis XI, morte en 1 622. Le prince :; la princesse sont à genoux sur un prie-dieu, ayant debout erriére eux leurs saints patrons, saint Pierre et sainte Anne. .e prince est vôtu d'une longue robe violette, recouverte d'un lanteau rouge, dont le haut est décoré d'une fourrure 'hermine. Il porte la couronne ducale. La princesse a éga* «ment une robe violette, et par-dessus, le surcot découpé ous les bras et réduit par -devant à une bande étroite, parsemée de pierreries ; un large manteau rouge descend de les épaules. Sa tête est ceinte d'une couronne semblable à îelle que porte son mari. Cet émail est exécuté d'après le procédé indiqué par Ben- renuto Cellini, dans son Traité de F orfèvrerie, chapitre iv. ^ous l'avons fait connaître dans l'Introduction, p. Iô6. Travail italien de la fin du xv*^ siècle. — h. 45 mm., l. 37. $ III. ÉMAUX PEINTS. 1 . — ficelé de Limoges. Maîtres inconnus du xv* siècle. 687 — La mise au tombeau. = Joseph d'Arimathie et :>8i MONUMENTS ËUROPÉBNS. Nicodènic déposent Jésus au tombeau, en présence des sa i-nU femmes. Peinture en émaux do couleur, sur plaque de cuivre *^.s plate. Le contre-émail a un aspect vitreux ; il est épais e^ de couleur rougeâtre marbré de vert. Ouvrage de la première moitié du xv® siècle. — h. i4 ccm., i.. a. 688 — La Mère do douleur. = Le Christ est étenda sur les genoux de la Vierge, assise au pied de la croix. Saint Jean soutient la tête du Sauveur, la Madeleine lui baise la main. Plusieurs parties de Témail, endommagées, permettent de juger du travail de l'émailleur. (Voy. l'Introduction, p. 167.) Peinture en émaux de couleur, sur plaque de cuivre très plate; contre-émail bleu, opaque et épais. Ouvrage du milieu du xv*^ siècle. — h. n cent., l. iss mîu. 689 — La Mère de douleur. = Le Christ, mort, est étendu sur les genoux de sa mère ; à droite, saint Jean soutient la tête de Jésus ; la Madeleine est à sa gauche. L'émail, endommagé, laisse voir le travail préparatoire à la pose de rémail. Peinture en émaux de couleur, sur plaque de cuivre plane; revers rougeâtre, opaque et peu épais. Ouvrage de la seconde moitié du xv^ siècle — h. isceDt., LasmiiL 690 — Jésus mis au tombeau. = Joseph d'Arimathie, Nico- dème et les saintes femmes déposent le Christ dans la tombe. Peinture en émaux colorés, sur plaque de cuivre arrondie dans la partie supérieure. Les carnations sont légèrement violacées ; les lumières, dans les vêtements, sont rehaussées d'or. Contre-émail fond rougeâtre, marbré de vert. Cette peinture a été faite d'après une estampe de Martin Schongauer, dit Martin Schôn, peintre graveur, mortàCol- maren 1499. Ouvrage de la seconde moitié du xv^ siècle. — h. 45 cent., l. «s. MONVEARNI, Peintre émailleur ; il florissait dans la seconde moitié do xv« siècle. 691 — Repas de Jésus à Béthanie. = Marie se di»- ËMAILLBRIE. f^lMAUX PEINTS. XV» S. 585 ^yose à répandre de l'huile parfîimée sur les pieds du Christ. Peinture en émaux de couleur, sur plaque de cuivre très plate, contre-émaillée d un émail bleu clair, à couche épaisse. Cet émail, arrondi par en haut, est bordé de la moulure de <îuiTre à fleurons détachés dont Monvearni encadre ordinai- rement ses compositions, et renfermé dans une garniture do cair ciselé du temps. — h. m c^m., i.. ii 692 — Triptyque. = Dans la partie du milieu, la Vierge et sunt Joseph sont à genoux et adorent Jésus, qui vient de naître. Au fond, un ange dans le ciel apparaît aux bergers; l'un d eux porte le camail, ou carapoue, des paysans du xv* siècle. Dans le volet droit, sainte Catherine d'Alexandrie : elle est vêtue de la longue robe traînante serrée à la taille, et par- dessus, du surcot largement découpé sous les bras et réduit par-devant à une bande étroite d'hermine. Dans le volet gau- che, saint Michel terrassant le démon ; l'archange est armé en chevalier : il porte la cuirasse à embottement, garnie d'un cor- selet qui s*élève en pointe sur le milieu de la poitrine ; la partie inférieure du corps est défendue par le haubergeon de mailles, qui descend jusqu'à la moitié des cuisses. La ceinture de che- valerie, placée sur les hanches, soutient une large épée. Peintures en émaux de couleur, avec chatons saillants imi- tant les pierreries, sur plaques de cuivre presque plates, contre- émaillées au revers d'une couche légère d'émail bleu clair, carnations violacées. Chaque tableau est encadré dans la moulure de bronze doré, enrichie de petits fleurons détachés que nous venons de signaler. — h. 19 cem., L. de la pariio (rrniraln 17 cent., de» voleta 75 niill. 693 — Triptyque. = Dans la partie principale, l'adoration des mages ; au volet droit, la Vierge à genoux adore son divin fils couché à terre entre le bœuf et l'âne ; au volet gauche, saint Joseph à genoux et deux anges dans le ciel Peintures en émaux de couleur, avec chatons saiUants imi- tant les pierreries, sur plaques de cuivre presque plates dont le contre-émail est bleu clair. Chacun des tableaux est encadré comme les précédents. — h. m cent., I.. partie centrale 47. toIcir 75 niill. 88 i '^^ ,^OOT«>«*«^* , «retape* ^^:^ ^ cost««^° l ^^ftge à ^^ t,eU>t^o««' ^* \ ^be *<*»»« ^^--^ ;:^ce les -ode\^ g^.ndgo-;>^ ,*a^^^ entre\esde«^ ' des îte»-«*'' . ^ Jèsus. ^^ ^^ foule de Ve«V^ ^,,, «^-î'" t^'^aque de c«^^, çevuture eu ^^^^^^ \es y ^^ ,,tTeu5^ le '7*' ËMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS. XV)> S. 587 leur rouge ; les carnations ont conservé la teinte violacée des émaux du xv* siècle. Le costume des gens du peuple est celui que Louis XII adopta pour les pages et pour les gens de livrée : un pourpoint court, avec des taillades aux manches boufTantes du justau- corps ; une espèce de caleçon collant, le bonnet plat et les souliers en bec de canne. Ces costumes annoncent les premières années du xvi*^ siècle. La nature de Témail et l'emploi du paillon indiquent aussi plut6t le xvi*^ que le xv® siècle. — h. 26 cent., l. m. LÉONARD dit Limousin, Peintre et émailleur du roi, directeur de la manufacture royale d'émaux de Limoges. On a des ouvrages signés de lui del533àlâ74. 696 — Légende de Jésus-Christ. =Suite de dix-huit sujets tirés de la vie du Christ, réunis en deux cadres : L'annonciation ; La nativité; L'adoration des mages ; L'entrée de Jésus à Jérusalem ; Le lavement des pieds ; Simon-Pierre coupe une oreille à Malchus : Jésus présenté à Pilate ; Jésus devant Caïphe : dans un cartouche, au bas du tableau, se trouve le monogramme L.L. de Léonard Limousin, et la date de 1533; Jésus frappé de verges * le monogramme se trouve sur la colonne où le Christ est attaché ; Le portement de croix ; Le crucifiement ; La descente de croix : le monogramme de l'artiste est peint dans un cartouche au bas du tableau; Jésus mis au tombeau ; Apparition de Jésus à Marie Madeleme ; L'ascension du Christ ; L'incrédulité de saint Thomas ; 588 MONUMENTS EUROPÉENS. La descente du Saint-Esprit sur les apôtres : sur une ban — delettc, au bas du tableau, le monogramme L.L. est écrit à la.K3 suite de celui du Christ ; Le jugement dernier. Peinture en émaux de couleur. — h. de chaque plaque 47 cent , h. u. 697 — Les douze sibylles. =: Chacune des sibylles, revêtue;::» d*un costume élégant, est représentée, avec ses attributs ca — ractéristiques, dans un médaillon circulaire bordé d'une guir-^ lande de feuillages. Le monogramme de Léonard se trouva- sur le turban de la sibylle Cumana et au bas de la robe de 1^ J sibylle Europa. Peinture en émaux do couleur. — d 12 cent. 698 — Les sœurs de Psyché conduites à son palais par 1^^ Zéphirs. Grisaille rehaussée d'or, d'après un dessin de Rapba>^7 exécuté pour le palais delà Farnésine à Rome. Contre-éina/7 incolore. — h. is cent., i.. 23. Léonard avait copié, à ce qu'il paraît, d'après les gravures de Marc-Antoine, tous les dessins faits par Raphaël pour la Farnésine. Deux des émaux de cette suite, dont celui que nous décrivons fait partie, sont au Louvre ; deux autres exis- taient dans la collection de M. Brunet-Denon. Celle de M. Préaux en possède un : ce dernier porte le monogramme de Léonard et la date de 1 545 . 699 — Plat de forme ronde. = A l'intérieur les noces de Psyché, d'après un dessin de Raphaël fait pour le palais delà Farnésine. Le bord est décoré de médaillons d'après l'antique et d'amours supportant des masques. Au revers, une tête de femme dans un cartouche entouré d'arabesques. Grisaille rehaussée d'or à carnations teintées. — d. « cent. 700 — Portrait de François I", roi de France. Peinture en émaux de couleur sur fond bleu. Contre-émail incolore, légèrement marbré de vert. — 11. 49 ccm., l. u. 701 — Portrait de Claude de France, fille de Louis Xll et d'Anne de Bretagne, première femme de François I*', morte en 1524. ÉMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS. XYl^ S. 589 Peinture en émaux.de couleur sur fond bleu. Contro-éniail incolore sur leqi^el se trouve le monogramme de lartiste et la date de 15ôO. — h. is cent., l. 46.' 702 — Portrait de Louis de Bourbon, P' du nom, duc de Montpensier, prince de La Roche-sur- Yon, né en 1471, mort en 1520. Deux colonnes qui encadrent le tableau sont entourées d'un feuillage en spirale ; la lettre M est répétée entre chaque repli du feuillage. Peinture en émaux de couleur sur fond d'azur; contre- émail incolore légèrement marbré de vert. — h. *9 cent., l. u. 703 — Portrait d' Antoine de Bourbon, roi de Navarre, père de Henri IV, mort en 1 562. Peinture en émaux de couleur sur fond bleu ; contre-émail incolore. — h. i9 cent., l. u. 701 — Charles IX, roi de France, représenté sous la figure du dieu Mars, tenant une épée de la main droite, le bras gauche protégé par un bouclier. Il est assis sur un char traîné sur les nuages par deux renards. Le monogramme de Léo- nard est inscrit sur la lame de l'épée ; la date de 1 ô7 3 se voit sur les nuages derrière le char. Peinture en émaux de couleur avec emploi de paillon dans les vêtements; contre-émail incolore légèrement marbré de rouge. — H. 18 cent., L. S3. 70ô — Catherine de Médicis représentée sous la figure de Junon ; elle est portée sur les nuages dans un char élégant tiré par deux paons. Cet émail fait pendant au précédent ; même dimension. 706 — Portrait de Catherine de Lorraine, fille de F'ran- çois de Lorraine, duc de Guise, mariée en 1670 à Louis de Bourbon, deuxième du nom, duc de Montpensier. Peinture en émaux de couleur sur fond bleu ; contre-émail incolore, légèrement marbré de rouge etde blanc — h. aocent. , l. a*. Pierre Raymond. Nommé aussi Remon. Rexmon et Rexman. peintre émail- leur. On a des ouvrages signés de lui de 1634 à lô82. 590 MONUMENTS KUROPËENS. 707 — Coupe à couvercle. = Sur le dessus du couvercle, meurtre d'Amnon par Absalon ; dans la partie concave, quatc=^ médaillons daprés l'antique, sur fond noir à rinceaux d o^c= Le couvercle est bordé d'une guirlande do feuillage, rintérieur de la coupe, les Israélites autour du serpent à!t élevé par Moïse ; Textérieur est orné de mascarons et coj tourné d'une guirlande de feuillage semblable à cdle duco^^. verclc. La tige, de forme conique, est décorée de guirlan^^iy de fruits, de têtes d'anges et de deux cartouches, dans I'tii? desquels le monogramme P. R. de l'artiste, dans Tautre h date de 1554. Sur le pied quatre petits médaillons : irois sont remplis par des têtes de femme ; le quatrième par un écu d'argent à la montagne aux deux coupeaux de sinople, au chef d'or chargé d'une rose de gueules. Sur une bandelette qui entoure Técu, cette devise : asses tost si asses bien. Grisaille rehaussée d'or avec les chairs teintées. Le dessous du pied est en émail pourpre semé de flôurs de lis d'or. — H. SI cent., D. 19. 708 — Coupe profonde sans couvercle. = A l'intérieur, l'entrevue de Jéthro et de Moïse. L'extérieur, bordé d'iuw ceinture d'oves, est orné de bouquets de fruit«; autour de la tige, divinités marines ; sur la gorge du pied, les frères de Joseph chargent leurs ânes pour retourner auprès de Jacob. Le monogramme de l'artiste se trouve au bas du tableau de l'intérieur. Grisaille reliausséed'or; carnations teintées. — h. 45cc!irt.,D.n. 709 — Bassin de forme ronde. = Autour de Tombilic des- tine à recevoir le pied de l'aiguière, se déroulent les première» scènes de la Genèse : la création de la femme, le fruit défendu, l'expulsion du paradis et la mort d' Abel . Le monogramme P.R. se lit au-dessous de la figure d'Adam endormi. Sur le bord est peint un enroulement de grotesques des plus variés. Quatre figures de femmes se terminant en gaines divisent le champ du revers en quatre compartiments, qui renferment chacun deux sphinx, mâle et femelle. Peinture en grisaille rehaussée d'or, chairs colorées ÈMAILLBRIE. ÉMAUX PEINTS. XVI' S. 591 Le»des8U8 de lombilic présente an portrait d*homnit\ le lessous un portrait de femme en émaux de couleur.— d. jit cent. Ce beau bassin a été publié par M. DuSommerard dans son ilbunif V série, pi. xxviii. 710 — Aiguière. =r Sur la panse, le triomphe de Vénus. A déesse est portée sur un char traîné par quatre cerfs ; des meurs enchaînés et des chiens sont conduits à sa suite. Le essus du rase est orné de mascarons et de grotesques, au lilieu desquels on lit le monogramme de Témailleur. Le pied st enrichi d'une ceinture d'oves. Grisaille rehaussée d'or; chairs teintées. — h. sscent. Cette jolie pièce est reproduite dans le cul-de-lampe à la in de ce chapitre. 711 — Coupe à couvercle. = Sur le couvercle le triomphe le Bacchus. Il est traîné sur un char attelé de tigres, suivi le Silène sur son âne et entouré de satyres. Au revers, qua- re mascarons et quatre médaillons, dans lesquels des sujets irés des fables d'Ésope se détachent sur un fond noir à rin- leaux d'or. A l'intérieur de la coupe, un sujet qui paraît re* irésenter les hommes commençant à faire usage du vin. Le aonogramme P. R. se voit au bas du tableau. L'extérieur est lécoré d'un riche cartouche au milieu duquel vient se ratta- her la tige du pied ; sur cette tige, Vénus maritime ; sur le ûed, au-dessous de cette devise : Non est mortale quod opio, ont peints trois écussons, dont un contient les armoiries de ailles Le Maistre, premier président du parlement de Paris ou» François I**; 'Henri II. François II et Charles IX. Elles ont d'azur, aux trois soucis d'or jambes, deux en chef, un en jointe. Les deux autres écussons renferment, sur fond d'azur, 08 chiffres enlacés du premier président, composés, l'un des dttres G L M^ l'autre de deux G adossés divisés par un I. ^'espace compris entre ces écussons est rempli par des ani- Qaox chimériques. Grisaille rehaussée d'or, chairs teintées. — h. m cent., d. i9. 712 ont occupés jaille rehaussée d'or, chairs teintées. — h. m cent., d. i9. — Assiette. = Le mois de juin. Plusieurs personnages ccupés de la tonte des moutons. Le monogramme de IfcO ^M^^^'' ..o^o^t.--*"- Ait»* bft* dtt^' Jj\ei« 1» ttW \>«»^'"';tèeà»»»^''' c\v»^** ;feto«» \voto'»«**ltàebo«^ Gt^**" Assiette ^^ri«'«^**''l;,S^^^°»* 'loflT»*»' ».»v» »'*î^^ ?^^* * \^esciue« ^^^"^ .ite\» A*^ '^ aU c»tu»* de» «^^t^dat.» «« *tS^t*e A«^''« ^^* ^v\ieu c»t»»*'^??'!: carW«« d'tt» »Vfte^<^tust*^« svetâ ut^ D l« cci»^- «tw»^® itaèî*' utv® diti 1\4 rat»^ VdftTV)V«*^_:^ assis ou Ae^**" è tt Sut\«î^^, ^ers\» ^'^^ dist»«^^ nt is lié. tnç*ï*^*"S tv ûs^ i\U9 desc«^-.fetègr»' You"»ï»8^ «le ,.ï)ttV' du c»^^''® . T^nva^. *^^ et tn°<^ ité^' 1t5 lie te ivetô cotnpo' EMAiLLERiE. ÉMAUX PEINTS XV1« S. ai>;i Cet objet provient du cabinet de M. deMonville. Bien qu'il ne porte pas le nionogranirae de Pierre Raymond, nous croyons devoir le lui attribuer, ainsi que les sept pièces dont la description va suivre . 716 — Coupe à pied élevé, avec couvercle = Sur le des- sus du couvercle, Benjamin, accusé d'avoir volé la coupe que Joseph avait fait mettre dans son sac ; au revers, quatre car- touches contenant chacun un sujet. Le fond de la coupe est occupé par un médaillon où sont représentés les songes de Pharaon; sur le disque, autour de ce médaillon, l'explication des songes par Joseph et son triomphe ; au revers, un grand cartouche décoré de mascarons et de guirlandes de fruits ; sur la tige, tritons et néréides ; sur le pied, Moïse frappant le rocher. Grisaille rehaussée d'or. — h. 23 cent., d. 17. 717 — Aiguière. == Sur la partie supérieure de la panse. un satyre présente des fruits à un fleuve ; au-dessous. Moïse élevant le serpent d'airain. Ce pied est bordé d'une ceinture doves. Grisaille rehaussée d'or. — h. i4cent. 718 — Coupe à pied élevé. = A l'intérieur, un repas; le revers est bordé d'une guirlande de feuillage. Grisaille teintée dans les chairs. Le pied et la tige sont décorés d'entrelacs renfermant dans leurs contours des fleurs émaillées en couleur ; ils sem- blent d'un autre travail que la coupe, et nous ne pensons pas qu'ils lui aient {appartenu dans l'origine. — h. ia cent., d. is. 719 — Salière sur pied élevé de forme conique. = Dans l'intérieur de la coupe, une tète de guerrier romain qui est encadrée dans une guirlande formée de mascarons et de bou- quets de fruits ; sur le pied, Lot et ses flUes. Grisaille teintée dans les carnations. — h. h cent., d. 9. 720 — Grand coffret en bois noir de forme oblonguc, orné de dix plaques d'émail. = Sur le couvercle, qui est en forme de toit à quatre rampants, quatre sujets : un berger et une bergère gardant un troupeau ; Sem et Japheth couvrant 594 MONUMENTS EUROPÉENS, d'un manteau leur père Noé, enivré et endormi ; une tète » femme avec cette inscription : Elène ; une tête d'homme av<^ l'inscription Ercules. Sur le devant du coffre deux sujei un cavalier, vêtu à la mode du temps de JFrançois I*', cond une dame par la main ; un jeune seigneur tient une dame p la taille. Sur la face opposée, deux sujets : Daniel dans lafo aux lions; deux hommes, en costume de paysans, portent su^^ pendue à un bâton une énorme grappe de raisin provi nant de la terre promise. Tous ces sujets sont accorapagn* d'inscriptions en vieux français. Au côté droit du coi Junon, sur un char attelé de deux paons, vient trouver £k^X^ pour lui demander de déchaîner les vents contre la flotte d^^ Troyens. Cette inscription : jHoIus ùnmittit venios Jwumeprf* cante, explique le sujet. Au côté gauche, Vénus, sur un char traîné par quatre colombes que conduit un amour, ordonne à Cupidon de se présenter à Didon sous la figure d' Aseagne. Une bandelette déployée sur le fond porte cette inscription : Oui Venus Ascanii sub imagine mittit anwrem. Grisaille rehaussée d'or. — h. aa cem., Long. 27, l. 8o. 72 1 — Plat de forme ronde. =Le mois de juin. Une finmne assise est occupée à tondre des moutons que deux homuieB lui apportent; le rebord est couvert de rinceaux élégants. Au revers, le dieu Mars debout, sous un portique décoré d'ara- besques. Peinture en camaïeu bleu rehaussée d'or. — d. se cent. Le sujet principal a été copié sur un dessin d'Etienne de Laulne, dont la gravure existe dans un albm)||<âe la collection, n^ 634. Quatre assiettes qui paraissent proTenir du même ser- vice, signées P. R., existent au musée du Louvre. 722 — Cuiller. = A l'intérieur du cuilleron, £née portant son pérc Anchise; le manche est orné de feuillages et se termine en pied de biche. Camaïeu rehaussé d'or. Jehan Pénicaud. 11 florissait en 1 544 à Limoges. 723 — Portrait de Luther. Sur le fond on lit cette inscrip- EMAlLLERiE. ÉMAUX PEINTS. XV1« S. 595 on : Anno œtalis 48, et dans le haut du tableau, le mono- ramme de Tartiste J. P. Peinture en émaux de couleur sur fond vert ; revers inco- re. — H. 17 cent., L. U. L'émail est placé dans un cadre d'ébène décoré d'orne- enta en bronze doré et d'une bordure en ivoire découpée en sceaux où se jouent divers petits animaux. 724 — Cadre d*émaux. = Neptune, représenté debout dans le conque traînée par quatre chevaux marins, ordonne aux mis déchaînés contre la flotte d'Enée de rentrer dans leur potte. Ce sujet, peint sur une plaque de cuivre de forme 3nde, est entouré d une large bordure qui en épouse intérieu- Bment la forme. Cette bordure est divisée par un léger filet or en quatre compartiments où sont représentés divers traits' e l'histoire d'Enée, tirés de Y Enéide. A droite, dans la partie upérieure, Junon ordonne à l'Amour de se présenter à Didon ous les traits d'Ascagne ; dans la partie inférieure, Didon eçoitËnée dans son palais. A gauche, dans la partie supé- ieure, Junon demande à Eole de déchaîner les vents contre \ flotte des Troyens; dans la partie inférieure, Enée et Lchate rencontrent Vénus en chasseresse, qui leur fait voir (S cy.gnes blancs. Grisaille rehaussée d'or; les carnations sont teintées dans ! médaillon du milieu. — h. i9 cent., l. tôt. 28. Ce bel émail a été exécuté sur l'un des plus beaux dessins B Raphaël, gravé par Marc- Antoine. Bien qu'il ne porte is le monogramme de Pénicaud, nous croyons devoir le lui :tribuer. 725 — Portrait d'Erasme, avec cette inscription sur une indelettc déployée au-dessus de sa tète : in minimis maximum. Peinture en émaux colorés; revers incolore. — h. is cent., l. is. La plaque de cuivre, au revers, est frappée d'un timbre >rtant un P couronné qui se termine dans la partie infé- eure comme un L. 726 — Cadred'émaux en onze compartiments. = Au centre, ascension du Christ. Après avoir parlé à ses disciples réunis i 596 MONUMENTS EUROPÉENS. en Galilée, Jésus s*élève au ciel. Dcuk anges TÔtus debl ' sont au milieu des apôtres. Grande composition d'après maître de récolo italienne. - h. sscent.. l. m. Ce tableau principal est bordé de tous côtés par des énuM Dans les parties latérales, trois émaux sont placés au-des^ les uns des autres ; celui du milieu, de forme ronde, a 1 0 cen métrés de diamètre ; les deux autres, de forme rectaogulai s sont écliancrés d'un côté pour épouser la forme du médaill du milieu. Ces émaux représentent diverses scènes de la ^ du Christ: adroite, la résurrection, Tannonciation, Jésus d posé dans le tombeau; à gauche, le baptême de Jésus,. descente dans l'enfer, la cène. Un grand émail, ayant la forme d'une demi-circonféreac^ s élève au-dessus tant du tableau principal que dos émaiL de la bordure ; Tartiste y a représenté Jésus assis dans le cid. dans tout l'éclat de sa gloire. Il tient de la main gauche ie livre des Évangiles, sur lequel se lisent les dernières paroles qu'il adressa à ses disciples au moment de son ascension: DcUa est milii omnis pof estas in ccelo et in ferra, L'angeOabriel, saint Michel archange et une foule de chérubins se pressent autour de son trône. La partie inférieure du cadre est divisée en trois compir- timents: à droite et à gauche, au-dessous et en continiuUîo des bordures latérales, sont deux émaux de forme recta gulaii*e, échancrés du côté de la plaque centrale pour ép< ser sa forme arrondie; sur celui de gauche, la présenta de Jésus au temple; sur celui de droite., la naissane Christ. Les peintures que nous venons de décrire sont de la main, et toutes les plaques de cuivre sont marquées au d'un P couronné qui se termine comme un L dans la inférieure. L'émail du milieu, au-dessous du tableau principal sente YEcce honw; il est d'une autre main et dans le J. Courtois. Cet émail a été ajouté pour remplir ] compartiment, qui était occupé par un ornement en de mauvais goût. ÊMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS. XVI" S. 597 Tous les émaux sont séparés dans ce grand cadro par des Rlets de bois doré. — h. toi. 21 cent., 1 . 19. Cette belle pièce a été publiée par M. Du Sommerard, Album, V série, pi. xix. 727 — Jésus et les apôtres. = Emad divisé par des filets * 1 or, en treize compartiments. Dans celui du milieu, Jésus l>énissant de la main droite et portant dans la gauche le globe îTucîgère. Dans chacun des autres, la figure en pied de l'un les apôtres avec ses attributs caractéristiques . Peinture en émaux de couleur rehaussés d'or. Le revers est rappé du poinçon de Pénicaud portant un P couronné uni à m L. —H. \h cent., L. 10. Jeiian Court, ditVioiiùR. Ses ouvrages sont datés de 1556. 728 — Couvercle de coupe. = Il est décoré de quatre tôtes éparées par des bouquets de fruits. On lit cette inscription .u-dessous de l'une des tôtes : a lymoges par jehan court orr IGTER, 1556. Dans l'intérieur du couvercle, au centre, Nep- une ordonnant aux vents de s'apaiser, composition d'après laphaël ; et autour de ce sujet, combats de centaures marins e disputant des néréides. Grisailles à carnations teintées, sur fond noir, à reflets ourpre. — d. is cent. 729 — Couvercle de coupe. =Sur le dessus, combats de entaures marins. C'est la reproduction, avec de légères va- < iantes, des sujets de l'intérieur du couvercle décrit sous le » 728. A rintérieur, des entrelacs forment quatre médaillons, au entre desquels une tète d'animal ; entre chacun de ces mé- aillons, un animal à tôte humaine. Grisaille sur fond noir, parsemé de points ou de légers Buillages d'or. Les carnations sont teintées. — d. isc^m. 730 — Grande assiette. = - Entourée de tritons et des filles de Nérée, Vénus, portée par des dauphins, se pro- ' menait sur l'Océan, lorsqu'un oiseau vint lui dire à l'oreille • d'abandonner au plus vite les plaines humides de la mer 5M MONUMENTS BUROPÉENS. - pour aller rotrouyer son fils accablé de douleur. - {HtMêaii de Psyché.) Ce sujet est copié sur Tun des dessins que Raphaël avar composés pour être exécutés au palais de la Famesine j 'Rome, et qui ont été gravés par Marc-Antoine. Sur le rebord, des arabesques, au milieu desquelles se i ii m ii( un écu d*azur au phénix d'or, à trois croissants de même ^^^b^^^ii chef. Au revers, cartouche renfermant quatre têtes d'ange -^^^es ailées ; arabesques sur le rebord. Grisaille rehaussée d or ; chairs teintées. — d. 35 cmt. Bien que ce bel émail no soit pas signé, nous pensons q est de Jehan Court : la fermeté du dessin et sa belle exécuti semblent indiquer cet émailleur. Pierre Courtevs*, Nommé aussi Corteys, Cortoys, Cortoyos et communém Courtois, peintre émailleur à Limoges. On a des pièces sign de lui, datées de 1 550 à 1 568. 731 — Un concert dans la campagne . =Sur le premier p deux femmes assises et deux enfants fontxle la musique ; autre femme place des fleurs dans un vase. Cette partie la composition de Témailleur a été copiée avec quelques riantes sur un dessin d'Etienne de Laulno dont on peut w^ ^^if la gravure dans un album de la collection, n° 634. Sur *** plan plus éloigné, à droite, un château, au devant duquel tr*^^^ Jiommes élèvent au haut d'un arbre un écusson aux arme£^ ^^ France. Le signe des Gémeaux brille dans le ciel sur un fo«^" d'or. Le monogramme P. C. est peint sur les murs du châte^-*' Peinture en émaux de couleur, avec emploi de paillote ^ rehauts d'or, sur plaque de cuivre ovale. Revers incolo^** marbré de rouge. — h. 35 cem., l. 27. 732 — La natation. = Au premier plan , trois hommes ^^ (1) Nous rectifions ce quMI y a d'inexact dans ce que nous avons di^ p. 187, sur les grands émaux de cet artiste, faits pour le château à^ Madrid : ils ont 1 mètre 65 cent, de haut sur 1 mètre de large. C^ du musée de Cluny représentent six des dieux de l'Olympe et la i^' tice, la Prudence et la Charité. ÉMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS XVI» S. 599 Bhabtllent sur les bords d'une rivière, où l'on aperçoit déjà tq nageurs. A droite, un homme nu s'élance à l'eau. Dans fond, à gauche, des moissonneurs, et au delà, une ville; à >ite, un village. Le monogramme de l'artiste se lit au bas tableau. Cette peinture fait pendant à la précédente. 733 — Le berger. = Sur le premier plan, un berger paraît rarder à gauche une scène qui lui cause une grande émo- n. Une femme, assise auprès de lui, cache sa tête dans ses ans. Ils sont placés dans une campagne au fond de laquelle aperçoit une ville. Peinture en émaux de couleur, rehaussée d'or, avec emploi paillon, sur plaque de cuivre en forme de demi-lune. Cette ice a pu former le volet droit d'un triptyque. Revers inco- e, nifffbré de rouge. — h. 33 cent., l. i«. 734 — Trois plaques oblongues, provenant d'un coffret. = création ; le péché d'Adam et d'Eve ; l'expulsion du para- - Elles sont réunies dans le môme cadre. Peintures exécutées en partie en couleurs vîtrifiables, sur ci d'émail blanc, suivant le procédé dont il a été parlé dans .troduction, page 183. — h. de cliaque plaque 75 mill., L. 18 cent. ^ 3ô — Oreste. = Il est casqué et porte un bouclier. Figure li-corps. i^einture en émaux de couleur sur fond blanc. Contre-émail alore, légèrement marbré de brun-rouge, — h. so cent., l. 24. r36 — Jason. = Sa tôte est couverte d'un casque. Figure ù-corps. Cet émail fait pendant à celui dont la description prc- ^e. — Même dimensiun Jehan Courteys, Nommé aussi Courteis, Corteys, vulgairement Courtois ; florissait à Limoges dans la seconde moitié du xvi*^ siècle. 737 — Assiette. =Sur le fond, la chasteté de Joseph. Le ►urtour est orné de mascarons joints ensemble par des en- ulements de la plus grande finesse. Au revers, quatre mas- tes «atyriijues au milieu d'entrelacs soutenus par des figures 600 MONUMENTS EUROPÉENS. ou hennés. Le monogramme J. C. se lit au-dessous de l'ui^ «^ figures. La bordure est formée par une couronne de laurvVi Le sujet principal est peint en émaux de couleur ; le ver^ff en grisaille, sur un fond pourpre foncé, couvert d'un léger feuillage d'or ; les carnations sont teintées. — d. 20 cent. 738 — Plateau à pied. = Sur le fond. Moïse friçpafl^ le rocher. Peinture en émaux de couleur, avec emploi de paillon. Au revers, riche décoration formée par des figures en gatœ et des masques môles à de capricieux entrelacs. On y lit le Grisaille sur fond noir; carnations teintées, —h. ioce&t.,D.ti. 739 — Flambeau. = Le pied, très large, est orné circulai- rement de douze médaillons bosselés, de forme ovale, sur les- quels sont peints, en émaux de couleur, les principaux dieax de la fable et Hercule. Le surplus du champ est décoré de légers feuillages d or, sur fond noir. Des entrelacs en émttl blanc, qui se déroulent sur la tige, forment, par leurs replis, des médaillons remplis de fleurons variés en émaux de couleor. Le dessous du pied est en émail pourpre foncé, semé de fleurs de lis d'or. On y lit le monogramme J. C. — h. » cent. 740 — Coffret en ébène, déforme oblongue, décoré à l'exté- rieur de cinq plaques d'émail. =Sur le couvercle, combat de centaures marins se disputant des Océanides. Sur la face de devant, Neptune et Amphitrite, portés par des dauphins, voguent sur l'Océan, entourés de nymphes marines et de tritons; l'Amour vole devant eux. Sur la face opposée. Minerve maritime et Neptune sur des chevaux marins, accompagnés de tritons, dont l'un porte deux oliviers. Sur la face latérale de droite, Neptune ordonne aux vents de s'apaiser. Surlaftoe latérale de gauche, Vénus maritime portée par des dauphins. Sur l'une des plaques, le monogramme J. C. Plaque du couvercle. — h. ko cent., l. \%. Plaques des grandes faces. — h. 7 cent., l. i». Plaques des faces latérales. — h. 7 cent., l. io. L'intérieur de ce coffret, qui sert d'écritoire, est divisé en quatre compartiments, recouverts de plaques d'émail, où sont ÉMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS. XVI« S. 601 nts des masques satyriques et des bouquets de finiits. jrrisaille rehaussée d'or, avec carnations teintées. Ml — Revers de miroir de forme ovale. = Minerve visitant neuf muses sur l'Hélicon. On lit sur le fond le monogramme l'émailleur. Peinture en émaux de couleur avec emploi de paillon et re- lis d'or. — H. 10 cent. 5 mill., L. 8 cent. f 42 — Buire à large ouverture. = Sur la panse sont peints sieurs épisodes de l'histoire de Jason : sur le devant, le os conduit la charrue attelée des deux taureaux vulcaniens ; un plan plus éloigné, on le voit semer les dents du ser- it, d'où naissent des soldats tout armés ; à droite, il ter- se le dragon gardien de la toison d'or. Au-dessous du bec vase, un écu d'azur aux trois étoiles d'or, deux en chef, s en pointe. ^einture en émaux de couleur, rehaussée d'or, avec em- L de paillons. Les sujets ont été peints sur les dessins du 380 (mattreRoux) *. !^'intérieur du vase est en émail blanc, décoré de feuillages r ; on y lit le monogramme I. C. — h. ao cent. '43 — Aiguière et son bassin. = Sur la panse de lai- ère, Jason reçoit de Médée les philtres à la faveur desquels oit triompher des monstres qui gardent la toison d'or. Plus i, suivi d'Hercule et des autres Argonautes, le héros est a par le vieux Phinée.Dans une troisième partie du tableau, enlève la toison d or de l'autel de Mars. Ces compositions it exécutées sur les dessins du Rosso. Sur le haut du vase ^jeunes garçons dansent au son d'une viole et d'un tambou- i. A l'intérieur se trouve le monogramme I. C. Le bassin est de forme ovale ; l'intérieur est rempli par une mde composition, également exécutée sur les dessins du sso , qui représente Jason soumettant les taureaux vulca- ns, gardiens de la toison d'or, en présence du roi Aëtés, Médée, d'Hercule et des Argonautes, ses compagnons, rebord est couvert d'arabesques. 1) Les dessins du Rosso, que nous signalons ici et plus loin, ont été vés, et existent dans son œuvre à la Bibliothèque royale. ♦ 39 602 MONUMENTS EUROPEENS. L'aiguière et le bassin sont peints en émaux de couleur avec emploi de paillon. Le revers du bassin est décoré d'un grand cartouche avec mascarons et figures en grisaille. Ces deux belles pièces ont été publiées par M. Du Somme- rard [Alburriy V série, pi. xxx), qui croit devoir les attribuer àSuzanneCourtois. Elles ont en effet beaucoup d'analogie aTec les productions de cette artiste ; mais comme l'aiguière porte le monogramme de Jehan Courtois, qui d'ailleurs a peint plu- sieurs pièces dans ce genre, tel que le revers de miroir décrit plus haut, nous avons cru devoir les donner à cet émailleur. On peut supposer cependant que le bassin a été peint par Su- zanne dans Tatelier de Jehan , dont elle paraît avoir été l'élève. — H. Ue l'aiguière S4 cent., Long, du bmssin 58, L. 40. 744 — Plateau à pied. = A l'intérieur, Médée s'embar- quant avec Jason sur le vaisseau des Argonautes après, l'en- lèvement de la toison d'or. Peinture en émaux de couleur, d'après un dessin du Rosse. Au revers, riche décoration formée de figures en hennés, soutenant des entrelacs et des écussons. Grisaille teintée dans les chairs sur fond noir, parsemé de feuillages d'or. Le monogramme de l'artiste, en partie e(bcé, y est inscrit. — h. is cent., d. ss. 745 — Petit plateau. = A l'intérieur, Mucius Scévola, eo présence de Porsenna, tient au-dessus d*un brasier ardent sa main armée du glaive dont il vient de frapper le ministre do roi. Au revers, masques décorés, entremêlés à des entrelacs sur un fond noir à feuillages d'or. Peinture en émaux de couleur, —h. 7 cent., d. 49. 746 — Médée. = La fille d'Aêtès prépare le breuvage à l'aide duquel elle va rajeunir le sang du vieil Éson, qui est étendu au pied de la statue de la Jeunesse. Peinture en émaux de couleur, exécutée d'après les dessina du R08S0, sur une plaque de cuivre de forme ovale ; revers incolore marbré de rouge. — h. i4 cent., l. ». 747 — Bassin de forme ovale. = A l'intérieur l'artiste a pré- senté des scènes différentes sur les divers plans du tableas ÉMAILLERIE. ËMAUX PEINTS. XVI' S. 603 Sur le premier plan, Jupiter, métamorphosé en taureau, reçoit sur son dos la belle Europe; sur un plan plus éloigné lenlè- vement de cette princesse , et sur la gauche Neptune qui apaise les vents déchaînés contre la flotte des Troyens. Le pourtour du bassin est couvert d'antiques, de masques et d'arabesques. Un grand cartouche, enrichi de figures et de mascarons, décore le revers. Grisaille à carnations teintées. — Long, ss cent., l. 39. Bien que cet émail ne soit pas signé de Jean Courtois, on y reconnaît sa touche, le ton saumoné qu'il donne le plus souvent aux carnations et les sujets qu'il affectionne; ainsi l'on retrouve sur le premier plan, à l'intérieur du bassin, le chien qu'il a placé dans l'assiette n® 737. M. D. Pape, Émailleur limousin, dont le monogramme est tantôt M. D. P. P. avec un i dans le D, tantôt seulement M. D. avec l'i dans le D. 748 — Deux médaillons circulaires faisant pendant l'un à Vautre. = Alexandre le Grand et Charlemagne. Tels sont les noms donnés par Témailleur à deux guerriers qu'il a repré- sentés couverts de cataphractes antiques et dont les chevaux sont au galop. Le monogramme M. D. avec l'i dans leD est au bas de chacun des tableaux. Grisaille rehaussée d'or, légèrement teintée dans les chairs. — d. iscent. Ces médaillons sont placés dans des cadres en cuir qui sont du temps des émaux. 749 — Triptyque de forme monumentale. = Ce triptyque, exécuté en ébène et enrichi de légers ornements en bronze doré, présente une arcade plein cintre dans la partie cen- trale et une demi-arcade dans chacun des volets. Il sert de cadre à six plaques d'émail, dont trois, de forme rectangu- laire, occupent les parties droites au-dessous des cintres, et trois, les parties cintrées. Dans la partie centrale, une prédication de saint Jean- Baptiste, et au-dessus, dans le plein cintre, le Père éternel. Dans le volet droit, le baptême de N. -S. , et dans la partie C04 MONUMENTS EUROPÉENS, supérieure demi-Ksirculaire, un ange sonnant de la iromp^^^^^ Dans le Tolet gauche, la décollation du Précurseur, et watm:^ ^s- sus, dans le demi-cintre, un ange sonnant de la trompett-^^c? - Peintures en émaux de couleur. — Plaque de la partie centrale H. U cent., L. 41 ; plaques des voleu H. 14 cent,., "K- - ^ mill.; plaque du plein cinlre H. 4 cent., L. à la base II; plaques sopérieure^ Tolets H. 4 cent , L. 55 mill. On connaît plusieurs triptyques de Pape, renfermant I mêmes compositions; il en existe un dans le palai frin à Venise, exécuté en grisaille, signé M. D. P. P. a^^ un I dans le D. M. Didier-Petit en possédait un semblable qui, comme le nôtre, ne portait pas de signature '. Au-dessus d*un fronton brisé qui surmonte le numum^v^ s'élève une statuette de saint Greorges, en argent doré. Cet objet a été publié par M. Du Sommerard. (AOnM^^^^ V série, planche xxi. ) Maître de Técole de Limoges, qui signait I. D. C. On suppose qu'il était de la famille Ck>urteys ; ses oui annoncent qu'il travaillait vers 1 560. 750 — Lamortd'Adonis.=yénusarrive,maistroptard,] sauver celui qu elle aime de la fureur du sanglier de CSaljdoj Peinture en émaux de couleur sur plaque ovale, vers incolore. Le monogramme se voit au haut du tm bleau. — H. 12 cent., L. 10. 751 — Vénus et TAmour. = Composition d'éléguteff arabesques, au centre desquelles Vénus et TAmour se tiennent debout. Peinture en émaux de couleur, avec emploi de pailloD, exécutée sur un dessin d*Ëtienne De Laulne, dont la grafore existe dans un album de la collection n® 634. ~h. «tceni., l. m Martial Courteys ou Courtois, Orfèvre et émailleur; il florissait à Limoges en 1579. 752 — Plat de forme ronde. = A Tintérieur, Moïse fnç pant le rocher. Le rebord est couvert de rinceaux élégaa où se jouent des oiseaux. Le monogramme M. C. estant' (1) Catalogm de la ccMectUm d'objets d'art formée à Lyon M. Didier-PetiL Paris, Dentu, 1813, p. 5. ÉMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS XV1« S. 605 lableau. Au revers, sur un fond d'émail bleu céleste, Jupi- debout et diadème, ayant son aigle à ses pieds. Le mattre dieux est placé au milieu d une riche décoration architec- sUe entourée d'arabesques. On y remarque deux moines à illes d'&nes, lisant leur bréviaire, ^einture en émaux de couleur. — d. 45 cent. >uzANNE Court ou Courteys, ^eint're en émail, à Limoges, où elle vivait à la fin du xvi^ lie. f53 — Miroir ovale. = Le revers est orné d'un émail, où représenté Orphée attirant autour de lui les animaux vages par les accords de sa lyre. Le monogramme S. C. it dans le haut du tableau, ^einture en émaux de couleur. — io cent., l. 7. 64 — Deux salières de forme hexagone à pied évasé. = is la coupe de la première, Orphée, ayant autour de lui âieursanimaux. Sur les pans du pied, six figures de femmes ibolisant la Charité, la Foi, l'Espérance, la Justice, la dence et la Force. Dans la coupe de la seconde, Eurydice sée à mort par la morsure d'un serpent. Sur les pans du l, Junon, Mercure, Diane, Apollon, Minerve et Mars, 'eintures exécutées en émaux de couleur, avec emploi de Ion . — H. 10 cent., D. des coupes i I . 65 — Deux émaux octogones montés en argent, faisant dants l'un à l'autre. = Sur l'un, Diane et Endymion ; sur tre, Orphée. ^eintures exécutées en émaux de couleur, avec emploi de lion. —H. 5 cent., L. h. '56 — Deux médaillons de forme ovale, sur plaques de cui- concaves, faisant pendants l'un à l'autre. =Sur l'un, le 1 Mars ; sur l'autre, Minerve; figures en pied, 'eintures en émaux de couleur, avec emploi de paillon et auts d'or. — h. 2^ cent.. L. 19. encadrement en bronze ciselé et doré, ^eintre émailleur de la fin du xm*" siècle. 606 MONUMENTS EUROPÉENS. 757 — L'Innocence condamnée. = L'Innocence est par l'Enyie et la Calomnie devant le tribunal de rignoran. elle implore la Vérité, qui la suit; la Pénitence se tient d'elle. Cette scène, où figurent dix personnages, se passa, nuit, sur la place Saint-Jean-et-Paul à Venise. On aperçc>7 dans le fond l'église placée sous l'invocation de ces saixits^ et, sur la place qui est au-devant, la statue équestre de Bar- tolommeo Colleoni, général de la république. Des inscription en italien indiquent les noms des figures allégoriques. Grisaille rehaussée d'or. —h. «cem., l. h. La collection de M. Didier-Petit possédait (cat. n® 54) un émail signé KIP, provenant évidemment de Témailleor quia peint celui que nous venons de décrire. Le nôtre est sans si- gnature, mais au revers il existe sur la plaque de cuirre un poinçon portant un lion passant et au-dessus les lettres I.K. Cette circonstance doit porter à croire que l'émailleor KIP, après avoir signé ses émaux, les aurait fait poinçonner des initiales de son prénom et de son nom, à l'imitation d'au- tres émailleurs et notamment de Pénicaud. MAITRES INCONNUS du xvi^ sièclo, de l'école de Limoges. 758 — L'annonciation. Peinture en émaux de couleur sur plaque ronde. ~ d. « ceet Cadre en bronze doré, orné de têtes d'anges. 759 — La naissance de Jésus. Peinture en émaux colorés sur plaque ovale. — h. ii cent., l. %. Elle est entourée d une bordure en émail d'une autre époque. 760 — Sibylles. = La Libyenne, la Cuméenne, TÉry- thréenne, la Samienne. Quatre peintures en émaux de couleur renfermées dans deux cadres. Contre-émail brun. — h. es mui., l. ss. 761 — Gobelet à anse monté en argent. = Sur la panse. combat d'hommes nus, d'après une gravure de Bartholomans Beham, célèbre graveur allemand qui florissait au milieu do xvi* siècle. Peinture en camaïeu. — h. ? cent, dans la partie émaillce, D %k 762 — Coffret à bijoux de forme oblongue, à couvercle ËMÂILLERIE. ËMAUX PEINTS. XVl" S. 607 Prismatique. = Il est monté en bronze doré, et orné de dix >^^Hques d*émail représentant les travaux d'Hercule. Peintures en camaïeu vert. -. h. is cent., l. 17. 763 «- Coffret à bijoux de môme forme. = Il est monté en ^t^gentet orné de treize plaques d'émail. Sur le sommet du <^ouvercle, trois têtes renfermées dans des couronnes de feuil- lage; sur les autres plaques, les travaux d'Hercule. Peintures en émaux de couleur, —h. 44 cent., l. 45. 764 — Salière à six pans réguliers, ayant une coupe dessus et dessous. := Dans la coupe supérieure, une tête d'homme casquée ; dans l'autre, une tête de femme dont les cheveux sont renfermés dans une espèce de sac appelé coule qui était de mode à la fin du règne de Henri II. Sur les pans, les travaux d'Hercule. Peinture en émaux de couleur sur fond noir. — h. 7 cent. 765 — Assiette. = Le mois de février. Une femme et un homme se chauffent devant un grand feu allumé dans une cheminée; un autre homme apportç un fagot. Sur le rebord, enroulement de chimères se détachant sur un fond bleu rehaussé de légers feuillages d'or. Peinture en émaux de couleur, exécutée sur une estampe d'Etienne De Laulne, qui existe dans un album de la collec- tion, n''634. Au revers, quatre figures en hermès soutiennent des entre- lacs qui forment quatre médaillons remplis par des figures de aatyres. Grisaille avec chairs teintées sur fond noir à rinceaux d'or. -> D. SO cent. 766 — Huit plaques appliquées sur les faces de deux socles. = Sujets allégoriques. Peintures en émaux de couleur. ~ h 75 miu., l. «0. 767 — Deux assiettes provenant du même service. = A l'in- térieur, dans l'une, Esther implore la clémence d'Assuéruseu faveur des Juifs ; dans l'autre, Absalon tue son frère Amnon dans un festin. Les rebords sont ornés de six serpents ailés séparés par des fleurons . Peintures en émaux de couleur avec emploi de paillon. 008 MONUMENTS EUROPEENS. Au revers, sur la première, une tôie d'homme d*iq>rte Y\ tique; sur la seconde, une tète de femme. Grisailles dont les chairs sont teintées. — d. i» ceot. 768 — Deux médaillons de forme ronde. =: Têtes d*ap: Tantique : Antonius et Colleas. Elles sont renfermées dans bordure d'émail décorée de mascarons et d'autres ornemei Grisailles rehaussées d'or. >• u. «o cent. 769 — Apollon et Daphné. = La nymphe est chuigée^ en laurier au moment où le dieu va l'atteindre. Peinture en émaux de couleur, —h. is cent., l. io. 770 — Un chasseur puise de l'eau à une fontaine. = Oe sujet est placé dans un petit cartouche entouré d'arabesqmjL^es. Peinture en émaux de couleur sur plaque ovale — u.iscmt., m — n. Cadre en bronze doré et ciselé du xvii^ siècle. 771 — Arabesques sur plaque ovale. Peinture en émaux de couleur. — h. «s cent., l. ii. 772 — La France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. ^= Quatre plaques dans un même cadre. Les trois grandes p^^^^ sances de l'Europe au xvi* siècle, et l'Italie qui porte cinq oo^' rennes, sont représentées sous la figure de femmes entouï"^^® de divers attributs caractéristiques. Auprès de chacune, ^^^ homme debout dans le costume du pays auquel il appartiox^^- Grisailles rehaussées d'or sur fond noir.— h. 46 cent., l. it. 773 — Saint Jean-Baptiste. = Le Précurseur porte *^^ livre et un agneau. Deux médaillons tracés sur le fond, ^^' dessus de la tête du saint, renferment, l'un, le baptême ^° Christ, l'autre la prédication de saint Jean dans le désert . ^° bas du tableau, un écu d'azur à la devise d'or, accompag^^ de trois quinte-feuilles d'argent, deux en chef, un en poî***** Peinture en émaux de couleur rehaussée d'or; revers «H**^ bré de vert. — h. it cent., l. is. Jehan Léonard Limousin, Directeur de la manufacture royale de Limoges. Il floriss*'^ au commencement du xvii^ siècle et vivait encore en 1626* 774 — Coffret de forme oblouguc. = 11 est formé de an plaques d'émail réunies par des moulures en argent doré, l^ ËMAILLERIE. ÉMAUX PEINTS. XV11>' S. 009 Tcle est divisé en trois parties, une plate-formc sur le et et deux rampants, présentant chacune un sujet: la e au cerf, le triomphe de Bacchus, Cérès tratnée dans un )ar deux lions; sur chacune des plaques qui forment les c6- , couvercle, une femme nue entourée d'animaux sauvages. ? le devant du coffret, une danse de sept personnages de riches costumes de fantaisie. Sur Tune des faces les, un homme et deux femmes ; sur l'autre, deux hom- t une femme exécutent une sarabande : ces personnages nt le costume de la fin du règne de Henri IV. Le fond de x>is faces est parsemé d'étoiles d'or, de papillons et d oi- : de diverses couleurs. face postérieure du coffret est en émail bleu céleste, é d'un tournesol au milieu, de papillons dans les angles, r tout le surplus du champ, d'un semis de chiffres com- } de deux A entrecroisés, dont un renversé, flanqués latre S barrés. Ce chiffre est celui adopté par Anne d'Au- B {Anna Austridca), femme de Louis XIIL L'S barré est emiére lettre de la devise de la maison de Navarre, spes^ ssi de la devise de la maison de Bourbon, sum qui sum. Ce J d'A croisés l'un sur l'autre se voit très fréquemment a couverture des livres et sur d'autres objets qui sont us pour avoir appartenu à la reine Anne d'Autriche. Cette nstance et la richesse de ce coffret, qui est un des plus X ouvrages de Jehan Limousin , ne permettent pas de 3r qu'il n'ait été fait pour elle. Au bas de la plaque de Qt se trouve le monogramme L L. de Jehan Léonard, intures en émaux colorés. — h. ss cent., Long. 34, l. 46. 5 — Pallas résiste à son père. = Le monogramme L L. u bas du tableau. inture en émaux de couleur, sur plaque octogone. Re- incolore. — H. 5 cent., L. 35 mill. 6 — Le même sujet, renfermé dans un médaillon ovale, ! sur une plaque de forme octogone. = La bordure qui en- î le médaillon est chargée d'oiseaux de couleurs chatoyan- t de fleurons. Revers incolore. — h. 8 cent., l. es mm. «10 MONUMENTS EUROPÉENS. 777 — L'enlèvement d'Europe. Émail faisant pendant au précédent, et traité de la même manière. ->h. s cent., l. «s miii. 778 — Portrait de Henri II de Bourbon, prince de CA>ndé, né en 1588, mort en 1646, père du grand Condé. Peinture en émaux de couleur avec emploi de paillon daos les vêtements. Le portrait est renfermé dans un médaillon de forme ovale inscrit dans un octogone. Le champ de la bor- dure est couvert de fleurons de couleurs variées, rehaussés d'or. Revers incolore. — h. scem., l. 6. L'émail est renfermé dans un cadre en bronze doré, décoré d'ornements émaillés en blanc et de coraux. 779 — Portrait de CHARLOTTE-MARGUEarrE de Montmo- rency, épouse de Henri II de Bourbon, prince de Condé, née en IÔ94, morte en 1660, mère du grand Condé. Email faisant pendant au précédent. 780 — Salière de forme hexagone. := Au fond de la coupe un portrait de femme. Le rebord est décoré d'oiseaux aux cou- leurs chatoyantes et de fleurons sur paillon, avec rehauts d'or. Sur les pans, les figures de six des dieux de la fable. Le mono- gramme L. L. est placé au-dessous de Diane chasseresse- Peinture en émaux de couleur. — h. s cent., d. «g. Henri Poncet, Emailleur de Limoges, vivait à la fin du xvi^ et au conunen- cement du xvii® siècle. 781 — Les douze Césars à cheval. = Us sont peints sur douze plaques de cuivre renfermées dans le môme cadre. Grisailles rehaussées d'or sur fond noir. Le monogramme de l'émailleur, HP, est placé au bas des figures de César et d'Au- guste. — H. de chaque plaque 48cent.,L. U. Maître de l'École de Limoges, de la fin du xvi* ou du com- mencement du xvii® siècle, qui signait du monogramme E. (Etienne Mersierîj 782 — Deux médaillons de forme ovale faisant pendants Van à l'autre. = Sur l'un Josaphat, sur lautre Asa, roisde Jndt. Ils sont représentés à cheval et revêtus de riches costumes. ËMÂILLËRIE. ËMAUX PEINTS. XVII" S. 611 Le monogramme E se trouve sur le médaillon qui représente V^sa. Peintures en émaux de couleur sur fond noir h. so eeoi., l. le. Jacques Noalher (attribué à), Nommé aussi Noualher et Nouallier, émailleur à Limoges, où il florissait dans la première moitié du règne de Louis XIV. 783 — Tasse à deux anses de forme ronde. = Au fond, un buste de femme revêtue d un riche costume. Le relief de cette figure est sans doute motivé par le re- poussé du métal, mais tous les détails de la tète et les orne- ments, qui font saillie sur le relief, sont formés par une pâte d'émail coloré, modelée sur le cuivre. Le pourtour intérieur est enrichi d'oiseaux au milieu de feuillages, exécutés aussi en relief d'émail. Au revers, un paysage colorié.— d. ucent. Pierre Noualher ou Nou allier, de Limoges, n vivait à la fin du xvif siècle et au commencement du xvinf. On a des ouvrages de lui datés de 1686 à 1717. 784 — Sainte Madeleine en prières. =LemonogrammeP.N. est au bas du tableau, et au revers on lit : Noualher esmail- LiEUR a Limoges. Peinture en émaux de couleur rehaussée d'or ; contre-émail bleu. —H. 4S cent., L. U. Noël Laudin l'aIné Florissait à Limoges dans les dernières années du xvii® siècle et au commencement du xvin^. 785 — L'assomption de la Vierge. = Sur le revers émaillé on lit : N. Laudin. Peinture en émaux de couleur rehaussée d'or h. is c, l. u. 786 —Quatre soucoupes faisant partie du même service. = Elles renferment chacune un sujet encadré dans une guir- lande de fleurs : la mort d'Adonis ; Calisto et Jupiter sous la forme de Diane ; Neptune punit Laomédon ; Vénus et Adonis. Sur le revers de la soucoupe qui reproduit le sujet de Neptune et Laomédon, on lit : N. Laudin laisné, a Limoges. Peintures en émaux de couleur ; revers bleu-noir. ~ d. i3 œm. 787 — Deux soucoupes faisant partie du même service. = 012 MONUMENTS EUROPÉENS. Elles présentent chacune un sujet renfermé dans une bordure d'ornements : Orphée ; TAurore et Céphale. Peintures en émaux de couleur ; revers bleu-noir. - d. u c. 788 — Tasse de forme ronde. = Au fond, Tadoration des mages. Sur les parois intérieures, les quatre évangélistes et deux têtes d'anges. Au revers, un portrait de fenmie. Peintures en émaux de couleur. — d. u cem. Joseph Laudin, Travaillait à Limoges dans les dernières années du xmi' ^t au commencement du xvin^ siècle. Il y a au Louvre un pL^^ signé de son monogramme, avec la date de 1693. 789 — Portrait d'Éléonore Galigaï, femme du marécli^ d'Ancre. = On lit sur le fond le monogramme L L. Peinture en émaux de couleur ; oontre-émail marbré rou^v et vert. — h. u cent., l. «o. Cadre du temps en bois sculpté. 790 — Quatre pièces de la même suite. =L'annonciatioa; la nativité ; la fuite en Egypte ; la circoncision. Trois des tableaux portent le monogramme L L., ettoas quatre, au revers : Laudin, kmaillieur a Limoges. Grisailles rehaussées d*or ; revers rouge-violet — h.m c. , i. « 791 — Tasse à deux anses. = Le fond est hexagone et les parois sont divisées en six lobes. Au fond, un amour sur une biche ; au revers, un paysage ; sur les lobes, tant à Tin- térieur qu'à l'extérieur, oiseaux et fleurs. Le monogramme de l'émailleur est au fond de la tasse. Peintures en émaux de couleur rehaussées d'or ; les oiseaux et les fleurs sont sur paillon. -> h. 4 cent., d. u. 792 — Tasse de même forme et traitée dans le même style. = Au fond, saint Pierre entendant le chant du coq ; au revers, un paysage ; sur les lobes, oiseaux et fleurs. .- h. 4 cent, d. ». 793 — Tasse à deux anses, de la même forme que les deux précédentes. = Au fond. Hercule dompte le taureau de Tfle de Crête; à l'intérieur des lobes, différents attributs nqppe- lant les travaux du demi-dieu Grisailles rehaussées d'or. ËMAILLERIE. ËMÂUX PEINTS. XYII^ S. 613 reyers, un paysage colorié. Au bas du tableau principal, monogramme I. L. — h. « cent., d. le. 794 — Tasse de forme ovale. = Au fond, une baigneuse grisaille; sur les parois intérieures, fleurs coloriées, alter- i^^ avec des rinceaux en grisaille. Au revers, fleurs coloriées, ^SLoées par des fleurs sur paillon. — h. « cent., Long, is, i.. 8. 2. — Émaux peints dans la manière de Toutin. E^EiNTREB ÉMAiLLEURs-oRFÉvREs de Châtcaudun ct de Blois, ^ 630 à la fin du règne de Louis XFV. 95 — Les noces deCana. Au revers, des fleurs, éinture en émaux de couleur sur plaque d'or de forme e. Epoque de Louis XIIL —h. aomiu., l. m. 96 — Deux bracelets composés chacun de dix plaques à charnières, émaillées des deux côtés. = Sur le dessus, ^ii^mativement un sujet tiré de la Bible et un bouquet de ^Urs ; à l'intérieur, des fleurs. Peintures en émaux de couleur. Ouvrage de l'époque de ^^uis Xm. — H. decbaquepUquc40miH.,L. 45. 797 — Botte de montre en or, émaillée de tous côtés. = Sur le recouvrement, Joseph fuyant la femme de Putiphar. Sur le dessous extérieur de la botte, un roi sur son trône. Sur le [>oartoar, quatre paysages séparés par des bouquets de fleurs. A l'intérieur, sur le revers du recouvrement. Silène en- ;ouré de &unes et de bacchantes ; au fond de la boîte, satyres K>rtant des fruits et des fleurs. Peintures en émaux de couleur du commencement du règne le Louis XrV. ~ d. 4 cent. 798 — Médaillon à deux faces. = D'un côté, la résurrec- tion de Lazare ; de l'autre, saint Pierre guérissant les malades. Peintures en émaux de couleur sur plaque d'or de forme ovale; même époque, —h. 4i mui., l. ss. Le médaillon est renfermé dans une boîte en or émaillé, c^^oguée 90US le n^ 1072. 799 — L'ascension de la Vierge. 614 MONUMENTS EUROPÉENS. Peinture en émaux de couleur sur plaque d'or de foi ovale. Fin du xvii* siècle, —h. S8 miu., l. 4i. 800 — Croix pectorale en or, émaillée sur ses deux faces. D'un côté, la Vierge tenant Tenfant Jésus dans ses bras; l'autre, le Christ sur la croix. Peintures en émaux de couleur. La croix s'ouvre en deux parties, et l'intérieur, qui deyai^ contenir une relique, est émaillé en bleu. Sur la tranche est gravée cette inscription : Anno 1697. _ h. st mm. 801 — Médaillon. = D'un côté, un portrait de femme; de l'autre, sainte Catherine d'Alexandrie. Peintures en émaux de couleur sur plaque d'or de forme ovale. — H. 24 mill., L. 84. 802. — Bonbonnière en or, émaillée de tous côtés. =r A l'ex- térieur, sur chaque fond, un bouquet composé de fleurs va- riées. L'émail des bouquets est modelé en relief sur un fond vert. ATintérieur, bouquets peints sur un fond blanc d. ssvII. 803 — Couverture de livre. = Sur un côté, la Visitation de la Vierge à sainte Elisabeth; sur l'autre, la sainte Famille. Ces sujets sont renfermés dans un petit cartouche ovale en- touré de fleurs qui remplissent le surplus du champ. Sur le dos, les figures de l'Espérance et de la Charité. Peintures en émaux de couleur sur plaques de cuiYre très plates. Monture en bronze doré. — h. «i cent., l. s. MArrRE fTALiEN de la première moitié du xvn* siècle. 804 — Les vierges folles et les vierges sages. = Du haut du balcon de son palais, l'époux, couronné et tenant un sceptre à la main, répond aux vierges folles qu'il ne les con- naît pas : Nesdo vos. Peinture en émaux de couleur sur fond d'émail blanc. Cet émail a l'aspect d'une peinture sur majolica; il est peint sur une plaque de cuivre très épaisse, parfaitement plate et contre- émaillée d'une forte couche d'émail opaque blane-rosé. Il est traité dans la manière de Toutin, et s'écarte entièrement des émaux de Limoges sous le rapport de l'exécution . ~ h. 7 cm*. ,!..•. EMÂILLEKIË. ËMAUX PEINTS. XVll" S. 61S ^^iMiis«Dt., d.s. 816 — Portraitdefemme. — H. umdi., u u. Cadre en éciûlle piquée d'or. 817 — Portrait de la princesse de LambaUe iMarie-ThértM- Looise de Savoie-Carignan) . Peinture sur plaque ovale. - h. w miii. , l. w. Peintre émailleur contemporain. 818 — Cinq portraits réunis dans loméme cadra. sFVu- çois I", roi de France; Claude de Franco, sa première fauwi Éléonore d'Autriche, sa seconde femme ; la duchesse d'É- tampes et la belle Féronnière, ses deux maîtresses favorilas- Peinture» sur plaques d'or ovales,— h. Mmiii.L m. DAMASQUINERIE 819 — Table on fer damasquiné d'or et d'argent, portée sur un pédicnle qni se termine en trépied. ^ La tablette qui forme le desBua, encadrée dfuiB une mouluro de bronze doré, est enrichie de plaques de lapie-Iatuli de formes variées, qui dessinent une riche bordure. Une eepèce de damier, à fleu- rons d'or, renfermé dans un double encadrement d'arabesques et de médaillons à sujets, en décore le centre. An-dessus du trépied, le pédicule prend la forme d'un prisme triangulure, dont les angles sont cantonnés de ca- ryatides eu argent damEisquiné d'or ; chacune des faces con- tient une niche qui renferme une figure se terminant en gatne. Des plaques do lapis, de jaspe et d'agate complètent la déco- ration de oe pied de table. Travail italien du convmencement du xvi" siècle. — H. h. de la croix 10 cent. 887 — Cristal de roche. = Deux burettes décorées de rin- ceaux grayés en intaille. Travail du xvi* siècle. — h. is cent. La monture en or émaillé est enrichie de rubis ; elle a été faite au xvu* siècle pour Anne d'Autriche, dont elle porte le chiffire. 838 — Agate d'Allemagne. = Boîte ovale à couvercle, montée en argent gravé et doré. Au centre, un médaillon, renfermant, sous cristal de roche, un Christ en croix, exécuté en émail. Travail de la fin du xvi® siècle. 839 — Cristal de roche. = Grand gobelet à pied à couver- cle hémisphérique, couvert de rinceaux en intaille. — h. w cent. 840 — Cristal de roche. = Plateau de forme ovale, à huit pans, monté en bronze ciselé et doré. — Long, sscem., l. 34. 84 1 — Jaspe sanguin. = Grand plateau de forme ovale, composé de vingt-cinq plaques liées ensemble par une monture en cuivre repoussé et doré. —Long. 46 cent., l. jh. 842 — Jaspe fleuri de Sicile. =: Vase de forme ovoïde, monté à deux anses, en cuivre doré; il est posé sur un socle en vert antique. Travail du commencement du xviii*' siècle, —h. du vaseii cem. 843 — Agate brèchée. = Deux colonnes à bases et chapi- teaux en argent ciselé; elles sont surmontées de figurines en argent, et portées sur un piédestal dont le dé est en vert de mer et le socle en jaune de Sienne. — h. tôt. ss cent. 844 — Cristal de roche. := Coupe en forme de coquille nautile à cinq côtes : la volute est taillée et représente une tète chimérique ; la panse est décorée d'ornements gravés en intaille, et portée sur un pied à tige élevée qui se rattache à la coupe par une virole de vermeil. — ii.iscent., Long. 20, l. 9. 845 — Agate orientale. = Petite coupe; le couvercle go- dronné est en sardoinc claire. Monture en argent doré enrichie de pierres fines. — h. 7 cent. 624 MONUMENTS EUROPÉENS. 846 — Cristal de roche jaunâtre. = Coupe à couvercle, taillée en forme de coquille nautile, sur pied élevé; elle est décorée d'ornements sculptés en relief. — h. 49 cent. 847 — Cristal de roche enfumé. = Vase de forme orale contournée, couvert d'ornements gravés en relief; piédouche en bronze doré. — h. do vase s cent. 848 — Agate jaspée de l'Inde. = Vase de forme ovale à couvercle, orné de cannelures et de godrons, avec piédouche pris dans la masse. — h. 55 miii. , Long. 95, 1.. eo. 849 — Cristal de roche. =Gobelet taillé à pans, avec orne- ments réservés en saillie ; il est élevé sur une espèce de pié- douche pris dans la masse, —h. 9 cent. 850 — Cristal de roche. = Navette montée en orémaillé; époque de Louis XV. 85 1 — Cristal de roche. = Gobelet taillé à pans, de forme évasée. — h. 10 cent. 5 mUl., D. 10 cent. 852 — Cristal de roche. = Gobelet à pied à huit pans, avec couvercle, —h. 32 cent. 853 — Cristal de roche. = Gobelet à couvercle, de forme évasée, taillé à pans et monté en or — h. tôt. h cent. 854 — Cristal de roche. = Petit gobelet à pans, avec cou- vercle.—h. s cent. 855 — Cristal de roche. = Deux flacons à six pans, cou- verts de bouchons. — h. <5 cent. 856 — Agate orientale arborisée. = Une cuiller; le man- che de deux morceaux est monté en or. 857 — Cornaline orientale. = Petite coupe ronde à deux anses évidées et prises dans la masse. — u. s cent., d. 4. 858 — Opale de.feu du Mexique. = Petite coupe de forme ovale à cannelures sculptées, avec anse évidée et prise dans la masse, -h. ISmill., Long. 45, L. 35. 859 — Lapis-lazuli de Perse. = Petite coupe cannelée aune anse évidée et sculptée dans la masse.— h. io miii., Long, so, l. ». 860 — Opale girasol du Mexique. = Coupe ovale à côtes ART DU LAPIDAIRB. XVIII» S. 625 s^vec anse évidéo et taillée dans la masse h. ismui., Long, m, l. m. 861 — Lapis-lazuli. = Deux colonnes à bases et chapi- t^eaux en bronze doré ; elles sont décorées de filets en cuivre doré et reposent sur un piédestal en jaune de Sienne, dont le socle est un vert de mer. Elles sont surmontées d*une coupiî en jaspe rouge. — h. tôt. 4s cent. 862 — Cristal de roche. = Gobelet à cannelures de forme évasée; gorge et pied en vermeil —h. 7 cent. 863 — Calcédoine orientale. = Petit vase de forme globu- leuse, à couvercle ; il est élevé sur un piédouche et posé sur un fût de colonne en lapis de Sibérie. — u. du vise 9 cem. 864 — Prime de grenat. = Coupe ronde, posée sur un présentoir en cuivre doré du xvi® siècle. — h. de u coupe 5 cent, d. 8. 866 — Cornaline orientale. = Petite urne à couvercle, montée en argent doré, sur fût de colonne en prime d'amé-^ thy Ste . ~ H. du Yase 4 cent., du fût 9. 866 — Jaspe sanguin. = Vase de forme ovale à couvercle, monté en cuivre doré et ciselé. 11 est élevé sur une tige dont le pied est formé de quatre figures de sphinx. — h. du vue 4 cent., Long. 7, L. S5 mill., H. tôt. 15 cent. 867 — Jaspe sanguin. = Soucoupe de forme ronde — D.95mui. 868 — Jaspe sanguin. = Coupe basse de forme ovale taillée à huit pans. — Long. 6 cent., L. 4. 869 — Agate jaspée de l'Inde. = Vase de forme ovoïde, entièrement 'évidé, avec gorge et piédouche pris dans la masse; monture en cuivre doré. — h. io cent. 870 — Cristal de roche. = Une cuiller; le manche est en argent doré et gravé. 871 — Agate rubanée. = Vase de forme ovoïde à deux anses en cuivre doré ; il est posé sur un fdt de colonne en lapis de Sibérie . — h. du ?ase 7 cent., H. tôt. 47. 872 — Jaspe sanguin. =Petite coupe de forme ronde— d. 4c. 873 — Agate d'Allemagne. = Grande coupe ronde sur pied à tige élc?éc. — n. i* cent., ii. le (cm. 626 .MONUMENTS EUROPÉENS. 874 — Agate jaspée de l'Inde. = Coupe ronde cannelée; anses et pied pris dans la masse— h. 6 cent., d. 17 cent, s miu. 875 — Cristal de roche. = Vase à douze pans avec cou- vercle, sur pied à tige élevée ; monture en vermeil dont le« ornements sont empruntés au style ogival. Le pied est porté sur trois figurines d'enfants exécutées de ronde bosse, en argent doré. ^ h. is cent. 876 — Agate orientale. = Vase à couvercle de fonne ovale, monté en cassolette; la monture en bronze doré est enrichie de tètes humaines et de mufles de lions. ~u. toMieen 877 — Agate jaspée de l'Inde. = Vase de forme ovoïde, entièrement évidé, avec gorge et piédouchepris dans la mssse* Monture en or émaillé. — h. u cent. 878 — Lapis-lazuli. = Plateau découpé sous la forme d'une feuille. —Long. 43 cent., L. 7. 879 — Agate orientale. = Coupe évasée sur piédouche pris dans la masse. — h. 45 mui., d. es. 880 — Agate d'Allemagne. = Coupe ovale montée en ar- gent doré. ~ H. 7 cent., Long. 10, L. 13. 881 — Agate orientale. = Vase en forme de flacon à long col, monté en vermeil. ..- h. o cent. 882 — Agate d'Allemagne. = Coupe ovale; anses et pie- douche en bronze ciselé et doré. — h. du vase 7 cent, Long. «s, i.*'- 883 — Cristal de roche. =: Obélisque surmonté d'une sphère. — H. 49 cent 884 — Cristal de roche. = Quatre colonnes avec chapi- teaux sculptés dans la masse. — h. is cent. 885 — Lapis-lazuli. = Petite aiguière montée en or.-H. sca^. 886 — Prime d'améthyste. = Deux colonnes à chapiteau^ et bases en cuivre doré ; elles reposent sur des piédestaux en jaune de Sienne. — h. tôt. so cent. 887 — Prime d'améthyste. = Fût de colonne avec base en cuivre doré. — h. 7 cent. 888 — Aigue-niarine de Sibérie. = Deux fûts de colonnes à bases de cuivre dore. — h. m. rM^iu. ART DU LAPIDAIRE. XVIU» S. 627 889 — Bois pétrifié. = Colonne cannelée sur piédestal ; chapiteau en bronze sculpté et doré. — h. socent. 890 — Prime d'améthyste. = Fût de colonne avec base en cuÎTre doré. — h. îa cent. 89 1 — Opale du Brésil couleur de feu, taillée. ^ 11. MARBRES, GRANITS ET SILEX. 892 — Granit vert oriental. = Deux vases de forme ovoïde avec couvercle, anses, piédouche et ornements en bronze doré, de Goutière, habile fondeur et ciseleur qui vivait sous Louis XV et Louis XVI. — h. m cent. Ces vases sont posés sur des piédestaux en lapis - lazuli dont les socles sont en bronze doré. — h. i3 cent 893 — Brèche rose veinée. = Deux coupes. Elles reposent sur des trépieds en bronze doré, terminés par des pattes de lions qui s'appuient sur un socle triangulaire en marbre noir, élevé sur base en bronze doré. —h. tôt. 49 cent., d. des coupes i6. 894. —Silex gris. = Grande coupe ovale sans pied. Sur la panse sont sculptés en relief des godrons, des cannelures et Taigle impériale à deux têtes, —h. is cent., Long. 39, l. si. 895 — Poudingue d'Occident à gros grains. = Coupe ovale sans pied, à bords repliés, —h. 4 cent., Long. 13 cent., l. 9. 896 — Rouge antique. = Modèle du sarcophage de Scipion Barbatus, bisaïeul de Scipion l'Africain, qui fut consul Tan de Rome 456. Ce beau tombeau, en pépérin, fut trouvé dans la vigne Sassi, prés la porte Saint-Sébastien, à Rome. Il est placé aujourd'hui dans le vestibule carré du musée Pie-Clé- mentin au Vatican. — h. 10 cent.. Long. 23 cent. 897 — Vert antique. = Une coupe de forme basse sur pié- douche élevé. — H. U cent., D. 23. 898 — Marbre-brèche rouge et gris.=Une coupe de forme plate sur piédouche. — h. 13 cent., d. 24. 899 — Rouge antique. = Urne à deux anses, sur socle en porphyre rouge oriental. Les anses sont évidées et prises dans la masse, —h. du vase 19 ccm. . Bta«''f ■ Hj.i.»"''" .lies éle'*»*''* ta X nté ORFÈVRERIE. ^ I. OnFÉVKERIE D'OB ET D'ABCENT. 904 — Burette en cristal de roche, montée en argent ciselé et doré. = Le couvercle est surmonté d'une couronne de cré- neaux d'où sort un heaume qui a pour cimier une figure de moine en prières. Une tête de dragon sert de motif au goulot. Travail français du xiv' siècle. — a. n ccm. 905 — Burette en cristal de roche, à anse évidée et prise dans la masse. = Elle est montée en ai^nt ciselé et doré. Une seconde anse en vermeil, qui s'élève au-dessus de celle en cristal, est décorée d'un émtùl incrusté bleu d'azur, enrichi de fleurons. Le goulot figure une tète de lion. Des fleurs de lis sont gravées sur le pied et sur la gorge. Travail frsnçais du xiv^ siècle. — h. n mm. 906 — -Calice en argent ciselé et doré.^Le pied, divisé en six lobes qui sont séparés par des angles saillants, est enrichi de six quatre-feuilles où sont flgurés le Christ en croix, la Viei^, un ange et trois saints, exécutés en émail translu- cide sur relief. Les quatre -feuilles sont- bordés par des la- cets qui parcourent toute la surface du pied, et forment des encadrements de formes variées, remplis soit de fleurons et 6S0 MONUMENTS EUROPÉENS, de feuillages ciselés en fort relief, soit d'oiseaux émaillét. pommeau est orné de six médaillons où sont figurés des busl de saints en émail sur relief. Le point d'attache de la cou] avec la tige est décoré d'une ceinture de pointes d'ogives,.^ remplies d'animaux chimériques, se détachant sur un fon< d'émail. Sur un listel au-dessus du pied se trouve cette inscri] tion : ANDREAS ARDm DE FLORENTIA BSE FECIF. FoÙ pOT Andrt ArdiH de Florence. Cet artiste florissait à la fin du xiv^ siècle, —h. tèceot, p.tssi La patène est sans ornementation . Les trois pièces que nous venons de décrire sont repi duites dans la vignette de la page précédente. 907 — Calice. = Le pied, en cuivre repoussé et ciselé, e^ -^-- «^ découpé en six lobes de la même manière que le précéden t. Un rameau noueux, élégamment disposé, décrit sur chi que lobe un médaillon. Les figures du Christ, de la Vierge de quatre des apôtres, exécutées en émail translucide sur lief , remplissent ces médaillons. Le nœud est décoré de roses où sont représentées des figures de saints, traitées la même manière. Le surplus de la tige est orné d'une que d'émaux incrustés . Sur un listel au-dessus dupied se trou— ^^ cette inscription : ghoro di s. NERocao orafo da siena. 141 ^* Ghoro, {Jils ) du sieur Neroccio, orfèvre à Sienne, Ijsl coupe, de forme conique, est en argent doré. — h. ts 908 — Une paire de couteaux. = Les manches, en ivoii sont montés en argent doré et émaillé. Sur le dos des mi ches sont gravés ces mots : van. ich. mach. Travail flamand du xv*^ siècle. 909 — Paix. =Elle est montée en vermeil et renferme quat:: ^^^ plaques en argent niellé. Sur la plaque principale est repi sente le couronnement de la Vierge : le Christ assis pose ui couronne sur la tôte de sa mère ; des anges entourent le trôic:^^^ du Très-Haut, et célèbrent par un concert l'arrivée de Mi dans le séjour céleste. Sur la seconde plaque, placée dans soubassement du tableau, le monogramme du Christ; sur l^ troisième, qui remplit la frise, cette inscription : Paxrobf'f ORFÈVRERIE D OR ET D'ARGENT. XV« S. 631 /undametUum est inscrite sur un phylactère ; la dernière re- produit Técu armorié du pape Alexandre VI. Travail italien de la fin du xv^ siècle. — H. tôt. 17 cent., L. 63 mill., H. de la principale plaqae niellée, 70 miU., L. 48. 910 — Dix petites plaques en argent niellé. = Elles sont réunies dans un encadrement figurant un monument dans le style ogival. Six, de forme oblongue (h. «s miii., l. <8.) , repré- sentent des figures en pied de saints et de saintes, parmi les- quels on remarque celle de saint Georges revêtu de l'armure en usage vers la fin du xv® siècle. Trois, en losange («o miu.), offrent les efiigies à mi-corps de saint Pierre, de saint Paul et d*un saint évéque. La dernière, de forme ronde, reproduit récusson armorié de la famille délia Scala. Travail italien de la fin du xv^ siècle ou du conmnencement dn XVI*. Cadre en ébène, décoré de bandes en cuivre ciselé et de médaillons émaillés. 91 1 — Cuiller et fourchette d'argent réunies en une seule pièce. = La tige, formée par une colonne quadrangulaire , surmontée d*une figurine, se termine en fourchette à quatre dents. Les pointes s'insèrent à volonté dans des anneaux placés sous un cuilleron , et la pièce alors prend la forme d'une cuiller. Le manche est à charnière, et peut se replier sur le cuilleron, ou se tenir dans la position directe au moyen d'un petit fourreau mobile qui est décoré d'un tête d'ange ci- selée en relief. Travail de la fin du xv® siècle. — p. «7 gr. 912 — Drageoir sous la forme d'un hibou. = Il est en ar- gent doré, exécuté au repoussé et ciselé. La tête de l'oiseau se lève, et sert de couvercle au vase que forme son corps. Un sifBet pour appeler les valets est pratiqué dans sa queue ; il porte aux pieds des vervelles. Le perchoir et son pied sont décorés de cartouches et de mufles de lions finement ciselés en relief. Ouvrage du commencement du xvf siècle. — h. 48 cent., p. 212 gr. 913 — Calice et deux burettes en cristal de roche montés en 632 MONUMENTS EUROPÉENS, argent doré et émaillé; patène en vermeil. = Le pied du ca- ^^rsA- lice, en argent doré, est découpé en douze lobes bordés d un» .c::vane couronne de fleurs feuillagées, exécutée en émail translucid»£>£de sur relief. Chaque lobe renferme une tète d'ange ailée, ciselé#^^ MM^ en haut relief. La tige et la coupe sont en cristal de roch».cf^xhe taillé à godrons. La coupe est garnie d'une gorge et d*nn*M:MMJin^ doublure intérieure en vermeil. Des bouquets de fruits, fines» .ci^jn^ ment ciselés en relief et émaillés, décorent l'anneau qui Mm^^^dÊ^ che le pied à la tige. La partie extérieure de la patène est richement décorée^^'^'ée la sainte colombe, émaillée en relief et placée dans une BxmM^M^ su réole ardente, occupe le centre ; le surplus du champ est couxir ^z^^ou vert d'une guirlande de fleurs en émail translucide sur reliet^^ ' Jîef Les burettes sont encore plus remarquables par lés figure^'^s^-Brec de ronde bosse dont elles sont enrichies. La partie inférieursifli^^ure du vase, de forme ovoïde, est en cristal de roche taillé à gco^^go- drons ; toute la partie supérieure, terminée par un col à cùhlm^^^- vercle, est en vermeil et décorée de fleurs semblables à cell^ Jf ^es qui ornent le calice et la patène. L'anse est formée par u^m on enfant nu dont les pieds sont appuyés sur une tête de taureaiz^-^^^Q; le goulot, par la tête d'un aigle, dont le col allongé est sa^ -^-ap- porté par un petit ange nu et ailé qui pose les pieds sur vm^^ ^^ mufle de lion. Des bouquets de fruits, exécutés en reliefs "a et émaillés, complètent la décoration de ces riches burettes. Travail italien du xvi*^ siècle. eil — H. du calice 24 cent., P. du vermeil 874 gr. ; H. des burettes 15 cent., P. do Termei' «'^ 500 gr. ; D. de la patène 18 cent., P. 308 gr. Le cul-de-lampe qui termine la description de rorfévrerii"*^^® reproduit l'une des burettes. 914 — Grand vaseenformedecalice,àcouvercle.=Lacoupc<^^' en vermeil, est revêtue d'un réseau de feuillage en ordécoupr ^"^^^ à jour, qui est émaillé en couleur et parsemé de pierres fines Des lézards et d'autres petits animaux en or, finement ciselée — ^ de ronde bosse et émaillés, se jouent au milieu du feuillage. '^' Le couvercle, également couvert d'un feuillage en or émaillé, a pour bouton un lion taillé dans un gros saphir, du poids 56 karats 1/4. 112 brillants pesant ensemble 6 karats 1/^ . ORFÈVRERIE D'OR ET D'ARGENT. XV1« S. 633 87 rabis et 13 saphirs pesant ensemble 16 karats 3/i, et 20 petites émeraudes, sont répandus sur toutes les parties de ce riche vase. Le poids de l'or est de 766 grammes, celui du ▼ermeil de 613. Travail italien, — h. 35 cent. 915 — Bas-relief en or émaillé. = La Vierge, saint Joseph et un ange sont en adoration devant Jésus qui vient de naître. Les figures, exécutées au repoussé et ciselées, sont colorées par des émaux. Travail italien. — h. 35 min., l. 45. 916 — Bas-relief en or. = Deux anges soutenant le saint ciboire. Les figures, exécutées au repoussé, ciselées et émail- lées des deux côtés, sont appliquées sur une plaque de cristal de roche. Travail italien. — h. 40 mui.. l. m. 917 — Deux présentoirs ou porte-coupes en argent doré. =r Ils sont couverts do mascarons et de riches ornements exécutés au repoussé et ciselés. Les coupes qui se posaient sur ces présentoirs étaient retenues par les trois figures de chevaux ailés que Ton voit à la partie supérieure. Ces figu- res s'écartent à volonté, au moyen d'un ressort placé sous le pied, pour laisser prendre la coupe. - h. 49ceot.5miii., p. 931 gr. Ces pièces ont été publiées par M. Du Sommerard dans son Album, 10® série, pi. xxv. 918 — Chaîne en argent composée de chaînons orbiculaires à quatre branches. = Cette chaîne est attachée à un fleuron ciselé et doré qui servait à la fixer à la ceinture; elle est divisée en cinq parties par de petits pilastres en vermeil sur lesquels sont sculptées en relief des têtes d'anges ; une casso- lette en forme de lustre est attachée à l'extrémité. Travail allemand. — Loog.i m. 32 ceot., p. 334 gr. 919 — Deux salières en vermeil de forme triangulaire. = Les trois faces sont décorées d'arabesques finement ciselées en relief. Les pieds sont formés par des figures de satyres à double queue. Sous le fond est un écu armorié. Travail italien. — h. 46 mill., Long, des faces 94, p. 374 gr. 41 03f MONUMENTS EUROPÉENS. 920 — Deux plaques en argent finement gravées au burin. Mzm.^. = Sur lune. Adam et Eve tentés par le serpent ; sur Tautre ^^-mb, Tadoration des bergers. Ces sujets sont renfermés dans urm^MLm- un ovale ; le surplus du champ des plaques est couvert d'oiseauJCKP^ouiz et de rinceaux. — h. 7 cent., l. 5. 921 — Gobelet renversé en vermeil . = Il figure une dame em ^^ < en costume de chasse du temps de Charles IX. — h. 45 cent., p. 147 g:^ 'c^gr. 922 — Couteau et fourchette. = Les manches en argencK^^ent sont découpés à la partie inférieure avec beaucoup d'éléganco^flcnce et enrichis sur chaque face de sujets finement gravés. Théodor De Bry. graveur allemand en grande réputatioc^Jr^ion dans la seconde moitié du xvi^ siècle, a gravé pour les orf^^^^-rfé- vres plusieurs suites de modèles pour manches de couteaur-.K^uoi. Ceux que nous décrivons sont évidemment faits sur les des-^^ Jes- sins de cet habile artiste, s'ils ne sont même sortis de s» ^s ses mains. On peut voir dans la collection, n^ 634, un certa^rr^lain nombre de ses gravures. 923 — Une paire de couteaux. = Les manches en arge^^^'^nt sont couverts d'ornements niellés. 924 — Une paire de couteaux. = Les manches en o^cz^or, dont l'extrémité est élégamment découpée, sont décorés d'c^ ^' seaux, de rinceaux et d'armoiries exécutés en émail avec a: ^^^^^ grande délicatesse. Us portent le nom d'Anna Roelofis, -^^ ^ qui ils ont appartenu. Les lames sont en argent. Travail allemand. — Long. d« manches 75 milU 925 — Agrafe d'épée en fer. = Elle est décorée de ceaux gravés en creux, dont les intailles incrustéeè d or a" ensuite été émaillées de diverses couleurs. Travail italien. — h. 65 mai. 926 — Calice en argent doré. = Le pied, découpé en lobes, est enrichi des médaillons des évangélistes et de diffe^ rents sujets. Les lobes sont remplis par des têtes d'an] ailées. Sur la coupe, sont figurés les instruments de la pasaii Toute cette ornementation est exécutée au repoussé et fin^^^ ment ciselée. La tige est divisée en deux parties sur un pofl^^' meau à dix pans, dans chacun desquels la figure en pied ^^ ORFÈVRERIE D'OR ET D'ARGENT. XVI« S. 635 l'un des apôtres est exécutée en relief. La patène est unie. Ouvrage allemand. — H.28cent,p.«ft5fr. 927 — Navette pour l'encens en cristal de roche. =r Elle est montée en argent ciselé et doré. Le couvercle est décoré de deux têtes de lions en haut relief. — h. io cent.. Long. is. Elle est accompagnée de sa cuiller, dont le manche figure un buste d'homme barbu en hermès. 928 — Vase à couvercle et à anse, forme de canette à bière. =11 est en argent doré et décoré de cartouches renfermant des mascarons et des bouquets de fruits finement exécutés au re- poussé et ciselés. L'anse est formée par un buste de femme se terminant en gatne. Travail allemand. — h. i3 cent., d. moyen ?& mm., p. sss gr. 939 — Vase à couvercle et à anse de la même forme en argent doré. = La panse est ornée de trois médaillons où sont représentées des femmes vêtues à Tantique, jouant de divers instruments ; le surplus du champ est couvert d'enrou- lements et de têtes d'anges ailées. Tous ces ornements sont exécutés au repoussé et ciselés. Sur le dessus du couvercle, qui est décoré dans le même i^tyle, un écu buriné en creux, à la colombe posée sur un tronc d'arbre écoté et tenant dans son bec une branche d'olivier. L'a(nse est formée par un buste de femme en hermès. Travail allemand. — h. 4s cent., d. 9, p. 577 gr. 930 — Vase de la même forme, aussi en vermeil. = II est décoré d'entrelacs qui forn^ent des médaillons remplis par des masques et des bouquets exécutés au repoussé et ciselés. L'anse présente un buste de femme, terminé par une patte d'aigle. Sur le dessus du couvercle un écusson armorié en émail, sous cristal de roche. Travail allemand. — h. is cent., d. 85 mwi, p. tis gr. 93 1 — Vac^. = La panse est formée par un coco, sur le- quel sont sculptées en bas-relief trois figures repi^sentant la Foi, l'Espérance et la Charité. Le pied, la tige et le couvercle en vermeil sonrt décorés d'ornements, de masques et de bou« 636 MONUMENTS EUROPÉENS. quets de fruits finement ciselés en relief. Le couTercle est sur— - monté d'une figure de Mars en pied. Travail allemand. — h. 25 cent. 932 — Vase à couvercle en vermeil. = Il est porté par \m»M:M:mSi2 tige élevée en forme de balustre, et couvert d'ornements, d#JE> de bouquets de fruits et de têtes d'anges exécutés au repousst^^ss^ et ciselés. — H.20cent.,D. 65miU.,P.ai0gr. 933 — Couverture d'un livre de prières, en argent dé^^JEjdé- coupé à jour. = Les découpures forment d'élégants rin.^=«i-*^*iû- ceaux, au centre desquels est un médaillon à sujet, finemencx:^^®^^* gravé. — H. 11 cent., L. 7. 934 — Tablettes. = La couverture, en forme de reliur-^i-KL^^"* de livre, est en argent, et ferme à clef. Chaque ais offre de^-C»es arabesques découpées à jour et appliquées sur fond de velour:^'-*^^^''* rouge. A l'intérieur, une petite boussole, un cadran solaire ^«^^"* et un miroir. — h. ss mm., l. 9 cent. 935 — Couteau et fourchette. = Les manches en argeicx ^^ent sont décorés d'ornements ciselés en relief, dorés et émaillése^-^^ -^' Travail français. — h. so miu. 936 — Ceinture d'argent. = Elle est composée d'une Buit*-^-^**® de petits tubes articulés, couverts de perles d'argent, deux bouts sont attachés à une agrafe en forme de cœi sur laquelle sont ciselées en relief deux figures : un homme nant une femme par la main. — Long. 86 cent., l. 17 mm., p. 490 gr. 937 — Deux salières en argent de forme élevée. = Elh sont à six pans et portées sur des griffes d'aigle. Les sont couverts de figures et d'ornements gravés en creux, soubassement sur lequel elles reposent et le pourtour de iM^ coupe sont enrichis de mascarons et de bouquets de fruits ci ^^ selés en relief. — h. io cent., p. 525 gr. 938 — Présentoir en argent doré. = Sur le pied sont ci- selées trois tètes d'anges ailés, au milieu de rinceaux à jour Travail de la fin du xvi^ siècle. — h. 1 1 cent. Le ?i- j- 939 — Deux burettes à couvercle. = Elles sont en argen et décorées de têtes d'anges et de bouquets de fruits, exécutée' y ORFÈVRERIE D'OR ET D'ARGENT. XVII» S. 637 au repoussé. L'anse est formée par un buste de femme se ter- minant en gaîno. — h. \i cent., p. sesgr. 940 — Gobelet renversé, en vermeil. = II figure une dame en costume de cour de la fin du xvi® siècle. Elle tient, élevées au-dessus de sa tête , deux branches d'argent finement ciselées , entre lesquelles est placée une petite tasse qui tourne sur elle- même, de telle sorte qu'en vidant le gobelet, la petite tasse n'en conserve pas moins la position verticale et peut rester pleine. La robe de la dame qui forme la panse du gobelet et la petite tasse sont décorées de rinceaux exécutés au repoussé. A l'intérieur de la coupe se trouve gravée cette inscription : Philippus KuNTZELL. VON. Hall ANS. Sachsen. 1607. Travail allemand, —h. 19 cent., p.sai gr. 941 — Autre gobelet renversé, en vermeil. = Il est sur- monté d'un moulin à vent. Le meunier, portant un sac, est placé sur l'échelle . En soufQant dans le levier qui sert à mettre le moulin au vent, on en fait tourner les ailes. Sur la face opposée aux ailes est un cadran gradué dont l'aiguille tourne lorsque les ailes sont mises en mouvement. Cette ai- guille désigne ainsi le nombre de flacons perdus par le buveur, ou celui des coups qu'il s'oblige à boire. La panse du go- belet est couverte de cartouches enrichis de bouquets de fruits exécutés au repoussé. Travail allemand du môme temps. — h. « cent., p.<»7 gr. 942 — Grand vidrecome à couvercle, en forme de calice. = Le bord de la coupe est enrichi extérieurement de neuf mé- daillons, contenant les effigies de l'empereur et des électeurs. La panse est décorée de sujets traités en bas-relief, de cou- ronnes nouées et de mascarons. Le pied et le couvercle sont ornés de feuillages. Cette ornementation est exécutée au re- poussé. La tige est formée par un balustre chargé de trois bustes de femme et de trois têtes de bélier en relief. Le couvercle est surmonté d'une figurine de Minerve en pied . Travail allemand ducomm. duxvif siècle. — n.*i cem., p.775gr. 943 — CoftVct en filigrane d'argent, de forme oblongue.= 638 MONUMENTS EUROPÉENS. D est orné de colonnes torses en argent doré et de pierreries enchâssées daoïs des ornements en filigrane de yenneU. Travail italien, —h. assio DOMINI NOSTRI JESU CHRISTI. = 8URREXIT DOBUNUS DE SEPULCRO. == ASCENDrr DOMINUS IN JUBILATIONE. Un listel sert de bordure au tableau; l'inscription dont voici le fac-similé s y trouve gravée : CoKRVI WN)^•RK^& ^ItRBDlT- MOK5 • QUOD VETUS EXEMrr, N0VU8 ADAM A MORTE REDEMn*. SUSOTAT INDE DEU8, CORRUIT UNDE REUS. VriA REDIT, MORS VICTA PERIT, HOMO SURGERE CREDIT, 8UMMAQUE CUM DOMINO 8CANDERE REGNA SUO. (1) Le graal est ce calice si célèbre dans les légendes et les romans du moyen âge. Il avait, dit-on, servi à la cène; ensuite Joseph d^Arimathie aurait recueilli dans ce vase le sang qui coula des plaies du Sauveur. Ce fameux graal, s'il faut en croire les Génois, serait le sacro caiino^ qui est précieusement conserve dans la cathédrale de Gènes. Iconogrr. chrétienne, par M. Didron, Paris, 1843. «42 MONUMENTS BUROPËENS. « Ce que le vieil Adam a perdu, le nouvel Adam le raeh» tf=»^^te M de la mort. Dieu tire [l'homme] de Tablme où le péché 1 l ^Yv « vait fait tomber. La vie renaît, la mort vaincue périi^rK^Mni •« rhomme a foi en sa résurrection, et espère s'élever avec s»^ s soi «• Seigneur dans le royaume céleste. ** Autour du tableau principal sont rangés seize personnag^^^^agei de l'Ancien Testament qui ont annoncé ou symbolisé pc^ par avance la venue du Christ et sa douloureuse passion. Ils BOiz> ^ gont là, auprès de l'Homme-Dieu crucifié, comme pour consta9'«i^u:»ter l'accomplissement des antiques promesses. Tous sont plac^^^acés au milieu de rinceaux élégants, incrustés d'émail et ainsi df>^ dis. posés : quatre en haut du tableau central, quatre sur ^Koi»^-p. JTBrnn des côtés et quatre en bas. Leur nom est gravé sur le foiXT^z^Tond, et une inscription coupée en deux parties leur sert, en h^.mrMhMt et en bas, d'encadrement. Voici quels sont ces personnages et les inscriptions qui ^m les accompagnent : Abel, le premier martyr du monde, ouvre la marche^E^je;iJ porte dans ses bras l'agneau qu'il va ofirir en holocaust^^^zSeau Seigneur : HEC DATA PER JU8TUM NOTAT IN CRUCE VICTIBIA CasaSfTïWZJ^rVM. M Cette victime, offerte par le juste, désigne le CSirist ^^Mtswr •• la croix. »» Melhisedeh (sic) portant le costume d'un roi franc, lacov^ ^0urte tunique, le manteau agrafé par-devant, la couronne aux tJ^'troia fleurons perpendiculaires ; il tient un calice : MISTICA FERT HEROS LIBAMINA REXQUE SACERDOS. " Ce héros, roi et pontife, offre des libations symbolique es. •» Abraham saisissant un bélier : • HOC ARIES PREFERT QUOD HOMO DEUS HOSTIA DEFERT. « Ce bélier désigne à l'avance l'immolation de rHom^ û^e- - Dieu. » IsAAC qui porte sur ses épaules, comme plus tard Je ^^, le bois où il doit être immolé : SIC CRUCIS ES, CHRISTE, CEU LIGNI PORTrTOR IflTE. •* O Christ, tu portes ta croix, comme celui-ci le bois |^o " sacrifice ] . ^ ORFÈVRERIE DE CUIVRE DORÉ. XIi> S. 643 NoE qui tient l'arche, symbole de la religion nouvdUe : ARCA SUPERFLUA. DUX SUNT CHRISTI F0N8 SACER ET GRUX. « L'arche surnage; Teau sacrée [ du bsq)tème] et la croix » du Christ sont notre guide. » Iagob assis, les bras croisés : TRANSVERSE PALME RECITANT SPBCIEM OlUCIS ALME. » Ses mains croisées annoncent la forme de la croix du <• salut, t Un JEUNE HOMBfE nibsbé marquo d'un tau la porte d*un édifice : SAN6UIS IN HOC POSTE POPULUM TUTATUR AB HOSTE. « Le sang sur cette porte défend le peuple de Tennemi. •• Moïses frappant le rocher : FONS SILICIS SOUDI CRUOR EST SALVANS CRUCIFIXI. •• L'eau de ce dur rocher, c'est le sang libérateur du cru- - cifié. » Moïses montrant le serpent d'airain : ASPICS SERPENTEM TIPICUM POPULOS REDIMENTEM. •• Regardez ce serpent symbolique qui rachète les peuples *» [du péché]. » BoTRus. La grappe de raisin suspendue à un b&ton et por- tée par deux hommes (Num., xni, 24) : VECTE CRUCEH, CHRIfiTTUM BOTRO DIC IN CRUCB FIXUM. •• n faut voir la croix dans ce levier, et dans cette grappe - le Christ crucifié. « Un SAINT marquant du T symbolique le front d'un Hébreu : MORS DEVÎTATUR PER TAU DUM FRONTE NOTATUR. M On évite la mort par la marque de ce tau sur le front. •» VmuA. La veuve de Sarepta ramasse et tient croisés les morceaux de bois qui doivent servir à cuire le pain d'Élie (iZ^., m, XVII, 10): LECTA DUO LIGNA CRUCIS EDUNT MISTICA SIGNA. •• Deux branches ramassées [ par elle ] sont un signe mysti- •« que de la croix. ** ESAIAS. LIVORE EJUS 8ANATI SU MUS (Es., LUI, 6). ** Nous avons été guéris par ses meurtrissures. » ♦■• 644 MONUMENTS EUROPÉENS. David couronné, vêtu comme un roi franc, et tenant it conique à jour. Trois tours crénelées divisent le premier itage en trois parties, et servent de conduit aux chaînes de suspension. Ouvrage allemand du xv® siècle. — h. » cent. 957 — Ostensoir en bronze ciselé et doré. = Le cylindre le verre destiné à recevoir l'hostie est renfermé entre deux 648 iMONUMENTS EUROPÉENS. contreforts chargés de clochetons, et terminés par des aigniF. les fleuronnécs ; il est fermé par un couvercle de forme bémf sphérique, surmonté d'une pyramide à quatre pans, qui poitt ■JK.^rte une croix. Deux petites figures, exécutées de ronde boss^^s^se, sont placées à droite et à gauche de la pyramide. Le tout et ^^ est porté par une tige qui vient se fixer sur un pied découpé ^ « en six lobes. — U. 45 cent. Cet objet provient de la collection de M. le comte de R».^F3le- nesse-Briedbach ; il appartient au xv^ siècle. 958 — Reliquaire en bronze doré, de forme hémi-cylindn^E^dri- que. = Il est élevé sur un pied décoré de têtes d'anges cis^s Sise- lées, d'émaux et de pierreries. Ouvrage du xvi* siècle. — h. 33 cent. 959 — Deux salières faisant pendants l'une à l'autre. ^ • = Trois tritons, à visages d'argent, placés aux angles d'un sc^ ^sou- bassement triangulaire, soutiennent au-dessus de leur j^a^ tête trois coquilles, dont les talons se réunissent au sommet d" ^Ei'on balustre qui occupe le centre du monument. Au-dessus c^ ^^ coquilles s'élève sur ce balustre un piédestal portant une s^sb star tuette : celle de Jupiter dans Tune des salières ; celle de Yéa^'^^^^ Anadyomène dans l'autre. Travail italien. ~ h. 30 cent. • 960 — Ostensoir en bronze doré. = Le médaillon circ^^'"*^^' laire, destiné à recevoir l'hostie, est placé entre quatre colcc^ -^^' nettes qui supportent une espèce de dais terminé par i^:^^'"^® petite lanterne hexagone surmontée d'une flèche à six pi Six figurines en argent complètent là décoration de cette h terne. A droite et à gauche du saint sacrement, deux figui^^^-'^ en argent, vêtues de longues tuniques, portent des flambeao^^-^'^' Toute la partie supérieure de l'ostensoir, qui vient d'être ^^^^ crite, repose sur un balustre porté par un pied, sur leqc:;^^-— '^' deux anges, ailés et vêtus, sont à genoux, élevant les nwi— ^'^ vers le Seigneur. Ce pied, élégamment découpé, est en out^"^^ enrichi de quatre médaillons en argent, ciselés en relief, ^^" sont représentés les évangélistes. —h. es cent., l. 36. 961 — Plateau à huit pans. = 11 est composé de dix-sej^' ORFÈVRERIE EN GUIVKË DORÉ. X VI'' S. 619 plaques de fausse ayenturine taillées à facettes sous différen- tes formes, et renfermées dans une monture en bronze doré, dont la tranche est découpée en rinceaux élégants. Travail italien. — d. 27 cent. 962 — Bassin octogone. =rCe bassin, ornement de dres- soir, est composé d'une monture en bronze doré dont les dis- positions forment dix-sept médaillons décorés de sujets, d'oi- seaux et de fleurs peints à la gouache sur vélin, et renfermés entre deux pièces de cristal. Le bord est enrichi de rinceaux découpés à jour, entremêlés de cristaux et de pierres dures de diverses couleurs taillés en forme de perles. Travail de la fin du xvi* siècle. — d. ss cent. 963 — Bénitier en bronze doré, enrichi de figurines et d'ornements en corail. = La tranche est décorée de rinceaux fleuronnés découpés à jour, émaillés en blanc et rehaussés de coraux. La figure en pied de saint Jean Tévangéliste est gravée au revers sur le cuivre doré du fond. Une coupe, desti- née à recevoir leau bénite, existait au-dessous du pan infé- rieur de l'encadrement. Travail italien de la fin du xvi^ siècle ou du commencement du XVII* siècle. — h. 50 cent., L. 37. 964 — Bénitier en bronze, décoré de sculptures en corail. = Ce bénitier figure le portail d'une église, présentant deux ordres de colonnes superposés, et terminé par un fron- ton brisé. Chaque étage du monument est encadré par des consoles renversées ; des statues d'anges et de saints sont placées entre les colonnes et sur les consoles ; dans le tympan du fronton, la figure à mi-corps de Dieu le père, et, sur le rampant, deux anges assis. Une coquille pour l'eau bénite, soutenue par une tète d'ange, est fixée au bas du monument. Une arcade, figurant la porte de l'édifice, s'ouvre entre les colonnes de l'étage inférieur. Dans le bas est placé saint Ignace de Loyola; dans le haut, la Vierge tenant l'enfant Jésus dans ses bras. Les figures, les colonnes et les ornements sont en corail. Le monument, placé dans un cadre d'écaillé, se détache sur un fond de velours vert. i'i 630 MONUMË(ITS EUROPÉENS. Travail italien de la même époque. — h. ss oent, l. ». 965 — Bénitier en bronze doré et émaillé, orné de corau ^e^-X. = L'archange saint Michel, terrassant le démon, est placé ^^ss^^a centre du monument, au milieu d'une auréole ardente, dor -init les rayons sont alternativement en corail et en émail blam d'une main, il tient la lance ; de l'autre, le globe crucigère. figure de l'archange, d'un seul morceau de corail, se détac' entièrement du fond ; un nuage bleu, semé de tètes h. 7 ceot.. l. s. 993 — Enseigne de forme ovale*. = Adam et Eve nus et (1) Ce genre de bijou était très en vogue en Italie au commenceoieBi du XVI* siècle. Benvenuto Cellini en a décrit avec détails les prooédés de fabrication, dans son Traité de Vorfévrerie; il lui donne le non de medaglia di piasira d*oro. En France, il reçut le nom d'enseigne^ aiitfi BIJOUTERIE DE LA RENAISSANCE. 65U debout. Ces figures, en or et émaillées en couleur, sont ap- pliquées sur un champ de prime d'émeraude, duquel elles so détachent presqu'entièrement. La pierre est encadrée dans une bordure en or émaillé, ornée d'une émeraude en pendelo- que. Ce bijou est également attribué à B. Cellini h. 40raiu.,L.3o. 994 — Cartouche ovale en or émaillé. = Une tête vue de face et un mufle de lion ciselés en relief, au milieu de rinceaux d'une grande élégance découpés à jour, occupent le haut et le bas sur chaque face. On peut induire de cette légende, extincta vivet, émaillée sur le contour, que ce cartouche ren- fermait un portrait de femme exécuté, suivant toute appa- rence, en pierre dure ; il a été remplacé par un camée mo- derne représentant les trois Grâces, Pendeloque en émeraude. Ce cartouche est attribué à B. Cellini. —h. so mm., l. 30. 995 — Enseigne de forme ovale. = Mercure et Minerve. Figures en or exécutées au repoussé et émaillées. Elles sont appliquées sur un champ de lapis-lazuli» doublé d'un cristal décoré d'ornements gravés, dont les intailles, incrustées d'or, sont émaillées en couleur. Les deux plaques sont serties dans une torsade d'or ciselé, ornée d'une perle en pendeloque — h. 40 mm., l. so. 996 — Pendant en or ciselé et émaillé. = Une sirène ailée à double queue. D'une main elle tient un miroir formé d'un diamant-table; de l'autre, un serpent; son ventre est formé par un rubis cabochon. Triple chaîne de suspension attachée à un cartouche ; perle noire en pendeloque. — h. 4o mm., l. ss. Ce bijou a servi de motif au cul-de-lampe qui termine ce chapitre. 997 — Enseigne de forme ovale. = Saint Georges à che- val terrassant le dragon. Figures en or ciselé et émaillé, re- levées en bosse et appliquées sur un champ de lapis-lazuli, dont le revers présente une figure de guerrier gravée en intaille. Bordure en or émaillé. .-h. 48 mm., l. 4o. 998 — Bas-relief = Hercule étouffant Antée. Le corps qu'on peut le voir dans Tinventaire de Henri II. Nous lui avons conservé ce nom. 660 MONUMENTS EUROPÉENS, des deux combattants est formé de perles baroques ; les che- veux et les vêtements sont en or ciselé, les visages et les membres, en or émaillé. Ce groupe est placé dans un cartouche surmonté de la peau du lion de Némée et de la massue d'Hercule. Cet ouvrage de plastique est enrichi de perles et de pierres fines. — H.isceiit.,L9. 999 — Anneau en or ciselé et émaillé. = Un enroulement, terminé par deux tètes, attache le chaton qui est orné don rubis cabochon. 1000 — Enseigne de forme ovale. == Buste de nègre en agate-onyx appliquée sur agate blanche. La coiffure, les dra- peries et les ornements sont en or ciselé et émaillé. La bo^ dure, en or émaillé, est enrichie de diamants, de mbis, d'émeraudes et de trois pendeloques en pierres fines. Triple chaîne de suspension. .- h. «o mîu., l. si. 1001 — Figurine. = Un chien assis. Le corps est formé d'une perle baroque; la tête et les membres sont en or fine- ment ciselé et émaillé; il porte un collier de rubis. Socle en argent doré. — h. de la flgurine. 40rnill. 1002 — Pendant en or ciselé et émaillé. = La France, sous la figure d'une femme revêtue d'une robe fleurdelisée, est assise sur le dos d'une licorne, à côté de la Victoire, qu'elle tient embrassée : elle est armée d'une épée de diamant ; la Victoire porte une palme. La poitrine et la croupe de la licorne sont formées par des perles baroques du côté où se présentent les figures. Le bijou est enrichi de diamants, de rubis, d'éme- raudes et de deux perles en pendeloque. — u. 9o min., l. as. 1003 — Pendant en or ciselé et émaillé. = Une autrudie, qui tient dans son bec un fer à cheval, porte sur son dos on nègre qui la conduit, armé du crochet des cornacs. L'un des côtés du corps de l'animal est formé d'une perle baroque; sa tête, ses ailes et le plumage de sa queue sont ornés de raina, de diamants-table et d'émeraudes. Double chaîne de suspen- sion attachée à un cartouche enrichi d'une hyacinthe et d^nne perle noire en pendeloque. ^ h. to mui., l. so. 1004 — Pendant de ceinture de forme ovoïde, en or ciad^i BIJOUTERIE DE LA KENÂISSANCË. 661 découpé à jour et émaillé. = Il est composé de rinceaux, de figures chimériques et d'ornements du meilleur goût. Quatre perles eu pendeloque. — h. lo cent. 1006 — Autre pendant en ceinture de forme sphéroïdale, m or ciselé et émaillé. = Il est découpé à jour et enrichi de merles et de grenats. — h. 45 mm. 1006 — Figurine en or ciselé et émaillé, enrichi de dia- nants-tahle. = Cupidon, les ailes déployées, s'élance dans es airs un bandeau sur les yeux ; il tient un arc; son carquois, >ien fourni de flèches, est attaché à ses épaules. — h. 34 mm. 1007 — Pendant en or émaillé, enrichi de quatre éme- ^audes. ^ II renferme un camée en agate-onyx représentant me tête vue de profil. Saphir en pendeloque — h. 6o mui., l. 45. 1008 — Couronne de madone en or. = Elle est composée run cercle décoré d'ornements émaillés, rehaussés de rubis, l'émeraudes et de perles alternés. Le cercle est surmonté de luit fleurons émaillés enrichis de pierres fines et terminés par les perles. — h. 35 mm., d. 55. 1009 — Enseigne de forme ovale. = Figurine en haut relief, représentant un homme casqué , assis sur un trône l'or. La tète, l'un des bras et les deux jambes sont en agate rose; une perle bizarre forme le torse. La figurine est appli- []uée sur un fond de jaspe sanguin qui est entouré d'une bran- che d'arbre en or ciselé, sur laquelle se déroule une guir- lande de fleurs émaillées. — h. 70 mui.. l. 55. 1010 — Enseigne de forme ovale. = Tête laurée vue de profil, appliquée sur un fond de jaspe sanguin. La figure est Bn jaspe blanc ; le sommet de la tète est formé par une perle ; la couronne, les cheveux et les draperies du buste sont en or §maiUé; la bordure, également en or émaillé, est enrichie de $ix rubis. — h. 48 mm., l. ss. 101 1 — Enseigne de forme ovale. = Lucrèce se «lonnant la mort. Figure nue vue de face jusqu'aux cuisses, en jaspe blanc appliqué sur jaspe sanguin. La partie inférieure du torse ïst couverte par un manteau qui descend des épaules ; ce vêtement, ainsilque la eoifture, est en or parsemé de dia- 663 MONUMENTS EUROPEENS, mants, de rubis et d'émeraudes. Bordure en or ànaillé, en- richie de rubis. Chaîne de suspension avec une péri» ^Q pendeloque. ^ h. 75 mui., l. 6o. 1012 — Figurine. = Un lion. Le corps est formé à^MM.Mie perle baroque. La tête et les membres sont en or cisela *t émaillé, — h. is miu. 1013 — Pendant en or émaillé. = Un aigle tient dans »«» serres une branche d'arbre, à laquelle est attaché un crap&u-^- Un rubia cabochon est incrusté sur la poitrine de Taigleet min diamant sur le dos du crapaud. Double chaîne de suspension et trois perles en pendeloque. — h. so mUi., 1.. so. 1014 — Pendant en or ciselé et émaillé. = Saint Geor^'cs à cheval terrassant le dragon. D est orné de rubis, d*une to^ et de trois petites perles noires en pendeloque.— h. somiu., l.. ^. 1015 — Anneau en or ciselé et émaillé; turquoise «o chaton. 1016 — Annam en or ciselé et émaillé; le chaton «si enrichi d'un grenat cabochon. 1017 — Petit crochet en or émaillé, destiné aux u&sges de la toilette. = Le manche est formé d'une figurine en or <5i- selé, représentant Cléopàtre; il est enrichi d'un diamant- table et de deux rubis. — Long. 50 miii. 1018 — Figurine en or. = Un centaure. Le buste «e l'homme et la croupe du cheval sont formés par des perl^ baroques. — h. 27 mm., Long. ho. 1019 — Pendant en or émaillé. = Un requin. Le dos «*^ formé d'une perle baroque ; le corps est parsemé d'émeraude^, les yeux sont en grenat. Double chaîne de suspension à cluu- nons émaillés, qui sont attachés à un cartouche décoré de deux émeraudes et d'une perle on pendeloque. - Long, m mm. 1050 — Pendant. = Un sphinx. Une perle baroque for©^ le corps ; la tète, les ailes, la croupe et les membres sont en or émaillé. Double chaîne de suspension, attachée à un cartouche enrichi d'une perle en pendeloque. — h. eo mm., Long. so. 1021 — Figurine eu or émaillé. = Un dragon marin. L'iiude* BIJOUTERIE DE LA RENAISSANCE. 663 côtés du corps est formé par une perle baroque.— h. «omiii. , Long. oo. 1022 — Figurine. = Un cerf couché. Une perle baroque forme le corps ; la tête et les membres sont ciselés en or. Socle en jaspe noir. — u. 30 min. 1 023 — Grande épingle de tête en or. = Elle est terminée )ar une main émaillée en blanc, qui tient un cœur. Le loignet est orné d'une manchette composée de rubis et de merles. — H.delamaiDSSmUl. On rencontre un assez grand nombre de bijoux de ce genre lans les inventaires de la fiA du xvi® siècle. Voici, par exem- ûe, comment ils sont décrits dans l'inventaire des bijoux de vatherfne de France, sœur de Henri FV, daté du i*' juillet 1 590 * : " Une petite épée d'or pour mettre aux cheveux où il • y a sur la garde quinze rubis ; une petite main d'or esmaillée ' de blanc, tenant un rameau d'or de mirthe, esmaillé de vert. » 1024 — Petit pistolet à rouet. = Le canon et la batterie sont en acier, le surplus en argent doré. Loog. 6 cent. Il existe un assez grand nombre de petits pistolets de ce genre ; on croit qu'ils servaient d'insignes aux rois de l'arqua buse dans les compagnies de ce nom. IO20 — Boîte de montre de forme octogone. ^ Elle est composée de plaques d'argent niellées, renfermées dans une monture de vermeil. D'un côté le buste de profil de Pétrarque, de l'autre celui de Laure. —h. 37 miii., l. so. 1026 — Triptyque en argent, orné de rubis et de perles. = Dans le tableau central , la Vierge assise tient l'enfant Jésus dans ses bras ; le petit saint Jean est auprès d'elle. Le bas-relief doré est exécuté au repoussé et ciselé. Le fronton qui surmonte le tableau principal est décoré d*une tète barbue, en haut relief. A l'intérieur des volets, les figures de sainte Ca- therine et de sainte Marie Madeleine gravées en intaille. Travail allemand. — h. 70 miii., l. le. 1027 — Pendant en or enrichi de rubis. = Il est composé d'élégants rinceaux émaillés, surmontés d'une figure de (1) Ms. Bibl. roy., fonds Brienne, n^" 147, r> 185 cl 186. 664 MONUMENTS EUROPÉENS. femme vêtue à Tantique, qui joue de la lyre. Pendeloques perles ; double chaîne de suspension. — h. es mm., l. so. 1 028 — Pendant en or ciselé et émaillé. = Licorne mariii^^, portant sur son dos une femme diadémée, qui tient un trideK^t. Le corps de Tanimal est incrusté de treize grosses émeraud^s. Double chaîne de suspension, à chaînons émaillés, décorés de perles, et attachés à un cartouche en or émaillé, orné d*CLiie émeraude et d'une perle en pendeloque. — h. s cent., Long. e. 1029 — Boîte à portraits en or émidllé. = L'encadrement est terminé par deux mains qui lie joignent. ~ h. a» mm., i^. Jo. Elle renferme le portrait du duc Joseph Guillaume, c«L.t:a- logué n« 673. 1 030 — Bague en argent ciselé et doré. =Sur le chatoo , un écu émaillé, portant d*or à trois pensées liées de sable ; ^mi> dessous la date de 1582. 1031 — Bague haute en or.=Elle est décorée de bootons en filigrane et de fleurons émaillés en bleu. A Tintérieiw 8e trouvent gravées deux lettres hébraïques tDQ, abréviation des mots 3112 '7?a, mazzâl tob, formule de congratulation quip^*** se traduire par : Bonne constellation, bonne chance, —h. ff 1032 — Bague haute en filigrane d*or, orné d'émaux ble =Le chaton, en forme de toit, s'ouvre et sert de cassolette ^ ^ l'intérieur se trouve gravée la même inscription : nktLALt^^^* en caractères hébreux. — h. m miii. 1033 — Croix en or émaillée en bleu. = Les quatre htf^^' ches sont en forme de trèfle ; dans un médaillon central, d"* '■"' côté saint Pierre, de l'autre Charlemagne, figures vues à r^^'" corps et ciselées en relief. — ii. s cent. 1034 — Cartouche de forme ovale. =11 est en or émaîTW» orne de rubis, d'opales et de trois pendeloques, dontd©^^ sont en pierres fines ; la troisième, en or émaillé, représente une tôte de mort. A l'intérieur du cartouche, une tête de Christ vue de pî<>"^' gravée sur jaspe sanguin. Au revers, le monogramme du Ctai*^ et divers attributs émaillés sur plaqué d'or.— h. 35 mm., l. **• Ce médaillon est attaché à une triple chaîne de suspension- BIJOUTERIK DE LA HENAISSANCE. 665 1 035 — Tablettes en ivoire. =hsk couverture en argent doré est décorée dos deux côtés d'arabesques finement ciselées en relief. On lit dans le bas le nom de l'artiste qui l'a exécutée : C. Schmidl Avgnstœ (Augsbourg) . — h. to mm., l. «. 1036 — Ba^ne jumelle en or ciselé. Turquoise et grenat aux chatons. 1037 — Bague en or ciselé, à double chaton enrichi d'un grenat et d'une turquoise. 1038 — Médaillon à portraits, de forme ovale, en filigrane d'or; trois perles en pendeloque. — h. io cent., l. 7. A rintérieur, le portrait de Gabrielle d' Es trées, catalogué sous le n° 580. 1039 — Figurine. = Dragon ailé ; en argent ciselé et émaillé. Une perle baroque et deux améthystes sont incrustées sur le ventre de l'animal. — d. h cem. 1040 — Sablier. = Le vase de cristal qui contient le sable est renfermé entre deux plaques circulaires en or, couvertes de fleurs ciselées en relief et émaiUées. Les plaques sont bor- dées d'une ceinture de rubis et jointes ensemble par trois lé- gers balustres émaillés. Le point de réunion des deux fioles du sablier est orné d'une bague de rubis. — h. 12 cent., d. 6. 1 04 1 — Cartouche de forme oblongue, en or ciselé et émaillé . =11 est composé d'enroulements découpés à jour, au milieu desquels sont disposés des têtes d'anges, des animaux et des écussons; dans les quatre angles, les symboles des évangé- listes, et dans le haut le pélican, symbole de l'Église. Cette inscription : Exivit sonvs eorum in omnem terram, Ps. 1 8, est gravée sur les deux faces de l'encadrement. Ce cartouche renferme un camée en corail représentant d'un côté la tète du Christ, de l'autre celle de la Vierge. Il est suspendu à une triple chaîne et enrichi d'une grosse perle en pendeloque. ^ h. 6o miii., l. so. 1042 — Figurine en or ciselé et émaillé =La Religion. Elle est debout, la tête casquée, et appuyée sur une croix en dia- mants ; de la main droite, elle tient un écusson ; ses vêtements sont parsemés de diamants. - h. es miii. 43 (m MONUMENTS EUROPÉENS. $ IV. BIJOUX DU TEMPS DE LOUIS XIII ET DE LOUIS XIV. 1043 — Etui en argent découpé à jour. =Les découp figurent des fleurs qui sont émaillées de diverses coule A l'intérieur, ciseaux, poinçon et canif. 1 044 — Boîte à portrait de forme ovale, en cristal de rooÏBe, monté en argent doré. = Le cristal est posé sur paillon 1>Icu et décoré d'une fine gravure en intaille, incrustée d'or et émaillée. A l'intérieur du médaillon, un portrait d'homme portaai; vn costume du temps de la minorité de Louis Xllt. - h. 4i mui., i. . m. 1 045 — Pendant de forme ovale, en or découpé et émarillé. = Il renferme un camée sur agate, représentant une tèi^e de femme ; il est orné d'une émeraude, d'un rubis et de doux turquoises, —h. 4s miii., l. as. 1046 — Baril de forme ovale en cristal de roche. =De gra- cieux ornements en or sont incrustés dans le cristal à Toxté- rieur. Les deux fonds du baril, en or, s'ouvrent à chan^i^^' ils sont ornés de bas-reliefs émaillés. L'intérieur est divisé en deux parties par une cloisoiB. ^^' nagée dans la masse du cristal. Sur cette cloison se tro'^JV®'^^ incrustés , en or, d'un côté le monogramme du Christ, de 1 * ^o^ la lettre M surmontée d'une couronne royale. — h. so miii. • ^- • 1047 — Bague d'or. = L'anneau est couvert de feuilî*?®* ciselés eu relief et émaillés en blanc ; un rubis sur le clm**^°- 1048 — Bague d'or. =Elle a pour chaton une tête de ^^^ émaillée en blanc, posée sur deux os en croix et accomp^^^ de deux petites roses. « 1049 — Bague d'or.=Un bas-relief, représentant la omci- fixion , exécuté en or émaillé et placé sous cristal de rochc, forme le chaton. 1050 — Figurine en bois, enrichie d'émaux et de pi'^n*^ fines. = Le roi Louis XIIL II porte l'armure antique, P^ dessous un grand manteau à fourrure d'hermine. Sa tét^^t ceinte d'une couronne en or émaillé, enrichie de diainMte. BIJOUTERIE. ÉPOQUE DE LOUIS Xlil. 607 Le cordon et la croix du Saint-Esprit sont attachés sur sa poitrine. Cette figurine est placée sur un socle émaillé, entouré d'une ceinture de diamants et d'émeraudes. ~- h. tôt. 70 miii. 1051 — Autel en argent doré, avec son retable à balda- quin, enrichi de peintures et de pierres fines. = L'autel est orné de diamants et de grenats. Une peinture à la gouache, représentant la cène, en décore le devant. Le tabernacle, dont les portes sont formées par de gros grenats, est surmonté d*un crucifix en or ciselé et émaillé. Deux vases en diamants remplis de fleurs en émail et deux flambeaux sont placés à droite et à gauche du tabernacle. Le retable offre un véritable monument. Deux colonnes, dont le fût est en lapis-lazuli, soutiennent un fronton découpé, auquel est attaché un riche dais à plusieurs étages ; elles encadrent un tableau qui repré- sente Tadoration des bergers. Des guirlandes de iruits char- gées de diamants enrichissent toutes les parties du retable. Six figures d'anges, jouant de divers instruments, sont éche- lonnées depuis la table de l'autel jusqu'au dais, qui est sur- monté par une figure en pied du Christ. — h. le cent., l. 12. 1002 — Figurine en or émaillé. =Saint Nicolas. La figurine est placée dans une niche également en or émaillé, décorée d'ornements ciselés et découpés à jour. — h. tôt. «o mui., l. 30. • 1053 — Médaillon de forme octogone en filigrane d'or. = Au centre, la tête du Christ en or émaillé. —h. 35 mui., l. so. 1054 — Médaillon octogone en filigrane d'argent. = Au centre, sous cristal, un squelette en or émaillé, tenant la faux et le sablier, avec cette devise : attends l'heltre. — d. m miii. 1055 — Epingle. = Un faisan en or émaillé. 1056 — Médaillon en or émaillé, découpé à jour et décoré de rubis et de turquoises. = A l'intérieur deux peintures : la crucifixion et la sainte face. .Triple chaîne de suspension en perles. — h. 45 miu., l. ho. 1057 — Tête de saint Jean-Baptiste en or émaillé. = Elle 668 MONUMENTS EUROPÉENS. est posée dans un petit bassin rond en jaspe, bordé d'une sade en or émaillé. — d. 30 mui. 1058 — Médaillon en or émaillé, découpé à jour. = Il jk. ■ «en- ferme, sous cristal, une ligure de ronde bosse de la Madel ^^» lue en or émaillé. — h. 4o mui., l. 35. 10o9 — Amulette en calcédoine blanche montée eni. or émaillé. = Ce bijou, de forme ovoïde, s'ouvre à charnière de deux côtés. A l'intérieur, d'un côté, la tête du Christ; de 1 tre, celle de la Vierge, toutes deux exécutées en émail de leur. —H. 30 miU., L. 25. 1060 — Pendant en or ciselé et émaillé, orné de rabie» et d'émeraudes et de quatre perles en pendeloque. = Un cbien sur une corne d'abondance. ~- h. m miii., l. m. Double chaîne de suspension . 1061 — Crucifix en or cisel<^ et émaillé. = La croix ^st ornée de roses et de diamants-table. - h. so miii. 1062 — Médaillon de forme ovale en or émaillé. = Il ren- ferme une plaque de lapis-lazuli, sur chaque côté de laquelle est peinte à l'huile une tête de femme. Le médaillon est bordé de diamants et de rubis alternés. — h. ko mm., l. ss. 1063 — Boîte carrée, à angles abattus, en nacre de perle. = Elle est montée en or; le dessus est décoré alteriï*- tivement d'ornements gravés sur la nacre et d'ornements émaillés en relief sur or. — Long, s cent., l. e. 1064 — Etui en filigrane d'argent. = Le champ est décore de peintures sur émail, représentant de petits amours au toi- lieu de guirlandes de fleurs. — n. 75 miii. 1065 — Cassolette, forme de poire, en argent. = Elle ^^t décorée de peintures en émail. — h. 35 miu. 1066 — Cassolette, forme de poire, en argent = Elle est divisée à l'intérieur en quatre compartiments. L'extérieur est décoré de bouquets de fleurs peints en émail. — h. «omui. 1067 — Cassolette, forme de poire, en or émaillé. = A l'intérieur quatre compartiments. — h. ss mm. 1068 — Âigk^tte en or émaillé. = Elle se compose d'un BIJOUTERIE. ÉPOQUE DE LOUIS XIV. 669 bouquet formé de fleurs dont le calice renferme une émeraude. Un papillon, aux ailes déployées, couvertes de diamants et d*émeraudes, se joue au milieu de ces belles fleurs. Elles sont montées sur tige mouvante et liées par un ruban en or omaillé, parsemé de pien*cs fines Le nœud du ruban est fixé par une grosse émeraude. — h. 13 cem. On a commencé à porter de ces bouquets de fleur» en or émaillé, enrichis de pierres fines, sous Louis XllL On en trouve plusieurs décrits dans Tinventâire des joyaux de la couronne du 26 novembre 1618'. Mais le goût pour ce riche bijou s'est continué sous Louis XIV et sous Louis XV. I^mpereur, bijoutier qui florissait vers le milieu du xviii*^ siècle, eu faisait de très beaux en ce genre. Pauquet, dans son Traité de joaillerie de 1762, en a gravé un certain nombre de la composition de cet artiste. 1069 — Reliquaire. = Il est en argent, de forme oblongue à double face , surmonté d'une espèce de fronton découpé et terminé par un culot. A l'extérieur, le fond est cou- vert d'un glacis rouge sur lequel se détachent des ornements dorés qui encadrent des médaillons renfermant des bas-reliefs finement exécutés au repoussé et ciselés ; au centre du culot, une tête de mort et un sablier en or émaillé. Le champ est enrichi d'un semis de roses et d'émeraudes. Le reliquaire s'ouvre sur chacune de ses faces par des portes à deux ventaux. D'un côté, l'intérieur présente une espèce de niche où se trouve placée une statuette de la Vierge en corail ; les ventaux sont décorés intérieurement des figures de saint Antoine de Padoue et de saint François Xavier, peintes à rhuile. De l'autre côté, le fond, découvert par l'ouverture des ventaux, est divisé en deux registres. Dans le haut, le Christ apparaissant à la Madeleine; dans le bas, sainte Madeleine dans le désert; sujets peints à la gouache; les figures de m sainte Anne et de sainte Elisabeth, peintes àVhuile, décorent rintérieur des ventaux. Travail italien du temps de Louis XIV. —h. vi cem., l. 55 miii. (I) Ms. Bibl. roy., Fonds Brienno, n" 147, 1* î98. «70 MONUMENTS EUROPÉENS. 1070 — Cassolette sous la forme d'un encensoir. = est exécutée en filigrane d'argent doré et émaillé, et enrL de petites cmeraudes. — h. 4o mui. 107 1 — Crucifix en or émaillé. == Chaque extrémité A' croix est ornée d'un diamant. ~ h. n mui. 1072 — Boîte à portrait de forme ovale, en or émail 1^^, à deux Ikces de cristal de roche. — h. eo mui., l. «s. On y a renfermé le médaillon peint sur émail n** 798. 1073 — Bague d'or. = Le chaton est formé d'un mfe<3t- ail- lon de cristal de roche, qui couvre une figure de saint M.î^c=;liel terrassant le démon, exécutée eu haut relief en or émaillé - 1074 — Boîte à parfums de forme orbiculaire, en filigx~i* émaillé. — Long. 35 mm. 1091 — Tête de mort en or émaillé. = Elle s'ouvre en d parties, et le crâne, en se levant, laisse voir à Tintérieu' Mort sous la forme d'un squelette, tenant une faux et ay^'^^uit auprès d'elle un sablier. Une pensée est peinte en émail su. .^l le fond du crâne. — u. 23 mui. 1092 — Figurine. = Roma victrix. Figure de femme quée, portant l'armure antique ; elle tient une limce de la droite, et de la gauche un bouclier sur lequel sont gravéei lettres s. p. q. r. Le torse est formé d'une seule perle ; la et les membres sont en or émaillé ; les vêtements et les ar-: sont enrichis de diamants. — h. 7 cent. Socle en lapis-lazuli, décoré de feuillages en vermeil ^'ft^ de rubis. 1093 — Épingle de tête. = Un rhinocéros. Le corp^ ^^ l'animal est formé d'une seule perle baroque; la tête et:» ^^s membres sont en or ciselé. Le terrain sur lequel il repose, ^«^ or massif parsemé de diamants et d'émeraudes, est soutenu. J^ar une caryatide en or ciselé, dont la poitrine est faite d'une f>^^^'*^ baroque. L'épingle se termine par une longue flèche qui &^^^' vait â fixer le bijou dans la coiffure. — h. «ans la flèche 7 cent., l. -y- 1094 — Épingle de tète en or. = Une colombe posé& ^"^ une coquille. Ïjo devant du corps et les ailes sont formée "® perles. Le point d'attache de la coquille avec la flèche ^^^ orné d'un rubis entouré de diamants. — H.samtUiflèchescem. 1095 — Pendant. = Quenouille et fuseau en or éraai**^* Double chaîne de suspension en perles — Long, ss miii. 1 096 — Pendant. = Canon sur son affût en or émaii'^* décoré de rubis. Triple chaîne de suspension à chaînons "^" coupés en étoiles et ornés d'émaux. >-Long. somm. 1097 — Pendant. = Un pélican en or ciselé et cmaî''^' enrichi d'émeraudes. Triple chaîne de suspension en perl<*^' attachée à une petite figure en or émaillé. — h. w mm. 1^98 — Groupe. = Un Tartare conduisant un ehame»u. BIJOUTERIE. ÉPOQUE DE LOUIS XIV. OTT [s torse de rhomnie et le corps du chameau sont en perles )aroques ; le surplus est en argent ciselé et doré. — h. 55 miu. 1099 — Figurine. = Dragon en argent ciselé et doré. Le io8 est formé par une perle baroque. Cette figurine est enri- ;liie de vingt-six émeraudes et repose sur un socle en lapis - aznli, monté en vermeil. ~ h. 55 mm., Long, s cent. 1100 — Médaillon de forme ovale, à deux faces, en or siselé et émaillé, découpé à jour. = La bordure est formée le six coquilles liées par des tresses, collier de Tordre de Saint-Michel . Au centre, le saint perçant le démon de sa lance . Perle en pendeloque. — h. 5 cem., l. 4. 1 101 — Médaillon de forme ovale, en or ciselé et émaillé, lécoupé à jour. = L'enfant Jésus, placé au milieu,d*une au- réole ardente. -> h. 45 mui., i. 33. 1 102 — Groupe en or émaillé. = Sous une arcade soute- nue par deux légères colonnettes, saint Jérôme est à genoux devant le crucifix ; il est placé sur un rocher dont le devant est formé par une perle baroque. Un dragon sort de dessous le rocher. — h. 6 cem., l. 5. 1 103 — Collier formé de gros grains de lapis-lazuli, monté en filigrane d'or. — Long. 46 cent. 1104 — Bague hante en filigrane d'or, décorée de rubis. — H. iO mil). § V. BIJOUX DU TEMPS DE LOUIS XV ET DE LOUIS XVI. 1 106 — Dé en argent, décoré à la base d'ornements émail- lés se détachant sur un fond doré. Travail du commencement du règne de Louis XV. 1 106 — Pendant d'oreilles en rubis, monté en or émaillé. = Au centre, un camée: tête d'empereur, —h. 4o miii., l. 25. 1 107 — Cassolette en forme de cœur, en argent, ornée de peintures en émail. — h. 30 mm. 1 108 — Pendant d'oreille en or ciselé et émaillé. = Dans la partie supérieure, deux colombes se becquetant ; dans le bas, deux aigles adossé» à un panier de fruits. — h. 4» mui., l. «4. 674 MONUMENTS EUROPÉENS. 1 109 — Croix pectorale. = L'arbre et le Christ sont en or ciselé. Elle est enrichie de feuillages composés de roses et de diamants. ^ h. es mm. 1110 — Médaillon de forme ovale en filigrane d'or = Il renferme sous glace une figure de la Madeleine en or ciselé et émaillé. — h. so mui.. l. se. 1111 — Petit navire, dont la coque est en cristal de roche, les mâts et les agrès en or. — Long, ho miu. 1 1 12 — Petite chaîne faisant bracelet. = Elle est ornée de perles d'émail bleu et de deux saphirs qui portent le fer- moir. » Long. 18 cent. 1113 — Navette en écaille blonde enrichie d'ornements en or incrusté. — Long. IS cent. 1114 — Éventail monté en or. = Les branches, finement ciselées et découpées à jour, présentent un médaillon renfer- mant un riche monument à colonnes. Les montants, aussi en or massif, sont décorés d'une fine gravure émaillée, figurant des branches de feuillage chargées de fleurs. Sur le vélin, «ne peinture à la gouache très finement exécutée ; elle est attri- buée à Boucher. — h. ar cent. 1115 — Tabatière de forme ronde eu jaspe sanguin, montée en or. — d. «omiii., h. m. 1116 — Étui en or émaillé ; fond bleu à dessins or et rert, enrichi de ciselures en or émaillé et d'opales. — h. iscent. 1117 — Tabatière de forme contournée, en argent. = Sur le couvercle un bas-relief en fer ciselé, représentant Teniez®' ment d'Europe. — h. 30 miii., Long. 9o, l. es. 1118 — Bague d'or ciselée à jour, ornée d'une rose entre deux rubis. 1119 — Étui en or souvrant à charnière. = Il représente une figure d'enfant, assis sur une gaîne décorée d'ornements dans le style de l'époque. Ce travail est exécuté au repousse et ciselé. — ii. ii cent. 1 1 20 — Etui de flacon à huit pans en or. = Le dessus, le dessous et quatre des pans sont décorés de sujets peints en BIJOUTERIE. ÉPOQUE DE LOUIS XV. 675 émail; les quatre autres pans, d'ornements finement gravés. Le flacon en cristal est monté en or. — h. iso miii. 1121 — Tabatière de focme oblongue en or, décorée de peintures en émail. = Sur le dessuB, un chapeau de berger portant une plume et une guirlande de fleurs ; sur les autres faces, des fleurs et des fruits, ^h. ss miii.. Long. 70, l. so. Ces peintures sont de Parpette, peintre en émail en grande réputation sous Louis XV. Cet artiste finit par entrer à la manufacture de Sèvres, où il peignait les fleurs et les fruits. 1122 — Un flacon en sardoine orientale, décoré de feuil- lages et de deux masques de lion ciselés en or. — h. s cent. 1 123 — Figurine en or émaillé. = Un aigle tenant un ser- pent dans ses serres. — h. ss mm. 1 124 — Cachet. := Un perroquet en jaspe sanguin, posé sur une branche en or qui forme le manche. — h. ss mui. 1 125 — Cachet. = Le manche est formé par une tête de nègre en agate-onyx, dont le buste est en or émaillé.— h. 4o miii. 1 1 26 — Médaillon de forme ovale, à deux faces, en or en- richi de turquoises. = Il renferme sous cristal de roche deux bas-reliefs ciselés et émaillés, exécutés sur la même pièce d'or. D'un côté, la crucifixion ; de l'autre, Jésus descendu de la croix. — h. ss mm., l. 30. 1 127 — Étui en écaille piquée d'or, monté en or. Travail du temps de Louis XVI. — Long. n de sa lance. Le rebord est décoré alternativement de feuillage^^'S^ et d'imbrications. Le bleu et le jaune sont les seules couleurK' -K-^^ employées sur le fond blànc de l'engobe qui recouvre la tcTr-«- -■'f® dont cette poterie est faite. Ce plat provient des fabriques italiennes de la secondE:^-^^^ moitié du xv* siècle. — d. k\ cent. 1 141 — Mezza-majolica à reflets métalliques. = Bassin ^^ ^ rebords. Le buste de saint Paul occupe la partie concave d ^-^ ^^ bassin. Les traits et les ombres sont indiqués par une coulei bleue, et les parties lumineuses des carnations par le fondblaatf::^^ dont l'intérieur du plat est revêtu. Les vêtements sont rehaua^ ses de cette couleur rouge-rubis \^sso di rubino) qui, suivi Passeri, fut inventée à Pesaro, et dont le secret fut perdu vei 1 5Ô0. Le rebord est couvert d'imbrications et de chevrons, revers est enduit d'une couverte jaune assez grossièremen.^^^^ *^ appliquée ; au centre, une petite élévation circulaire [gireito ^^ ^ ' percée de deux trous, pour passer un cordon, afin de suspen- .tf:^*^" dre le bassin contre la muraille. Tous ces caractères indiquent l'ouvrage d'un maître qui ^^ ^ florissait à Pesaro vers 1 480. — d. 38 cent. 1142 — Majolica à reflets métalliques. =Grand plat creux. Au fond est peint un écu d azur chape dor, au chef d or ^ chargé d'un aigle issant de sable. Le contour est décoré de ^^ trophées d'armes jaune d'or. La couverte du revers, d'un ton ^'k légèrement rosé, est décorée de feuillages jaune d'or. On y lit les sigles M** G** , qui désignent Giorgio Andreoli . célèbre céramiste de Gubhio, et la date de 1 524. ~ d. ao cent. 1143 — Majolica à reflets métalliques. =Plat creux. Les mêmes armoiries occupent le fond de ce plat, dont le contour est enrichi de rinceaux fleuris jaune d'or et verts, rehaussés ART CÉRAMIQUE. FAÏENCE ITALIENNE. XVI' S. 679 de rouge. Le revers porte aussi la marque de maître Giorgio et la date de 1524. — d. 37 cent. 1144*— Majolica à reflets métalliques. =Plat creux. Au fond, un écu d'azur à une licorne rampante d'or. Le contour est chargé de vases à bouquets et d'ornements composés de cornes d'abondance mêlées à des têtes d'aigles et de dauphins. Le style des ornements et la nature des émaux indiquent la main de Giorgio et l'époque de 1 ô20 à 1 ô25. ^ d. 30 cent. 1145 — Majolica à reflets métalliques. =Plat creux do forme ronde. Le champ *tout entier est rempli par un sujet tiré de Y Enéide. Métabus, roi des Volsques, fuyant la fureur de ses sujets révoltés, emportait dans ses bras la petite Ca- mille sa fille, lorsqu'il fut arrêté par le débordement du fleuve Amasenus. Après avoir attaché son enfant au bois de sa lance, il la voue au culte de Diane, et d un bras vigoureux lançant son dard, il lui fait ainsi traverser le fleuve. DixU, et (idducto contortum hMtUe Uicerto Immittit : sonuere undce: rapidum svper amnem Infelixfugitinjaculo stridente Camilla, JEu,, lib. xi, v. 561. Cette composition est aussi remarquable par la fermeté et la pureté du dessin que par la richesse du coloris. On y trouve le jaune à reflets d'or et cette rare couleur de vermillon, dont les procédés se sont perdus vers 1550. Un écu armorié est peint sur le fond. Le revers est décoré de feuillages jaune d or. On y lit la marque de l'artiste. Bien que les deux lettres de cette marque se soient un peu étalées à la cuisson, il est facile de distinguer un F et un X, sigles de Francesco Xanto de Rovigo, qui travaillait à Urbino ; la date de 1 538 se trouve au-dessous. -. d. S7 cent. 1146 — Majolica à reflets métalliques =Plat creux de forme ronde dépendant du même service que celui dont la description précède. L'artiste y a représenté Héro se pré- cipitant dans la mer en apercevant le corps inanimé de Léandre. Le sujet est indiqué au revers par ces mots : Lean- dro in mare et Era alejinesira, — d. «7 cent. 080 MONUMKNTS EUKOPÉKNS. 1 1 47 — Majolica peinte en grisaille (Sbiancheggiato) . =Bo^ ^C3î- dure d'un grand bassin sur laquelle sont représentés deux rm-'^ *^" ches cartouches liés entre eux par un enroulement de figure '<^^'*^* d'amours et de satyres. Elle a été publiée par M. Du Somme ^^ Gé- rard dans son^/6um, 8® série, pi. xxui.—D.60cent,L.deUbordureii^ »^ duit un autre ; le fond aussi a été changé. Même époque. — d. 36 cent. 1161 — Majolica coloriée. = Un coq. Figure de ronde sse : son plumage, modelé en relief, est peint des plus vives uleurs. La tête et les ailes forment le couvercle de la partie Férieure qui sert de vase à conserves. — h. le cent., Long. 20. 1162 — Majolica peinte en couleurs. = Grand vase de rme ovoïde , sur piédouche , à col cylindrique élevé , et une seule anse. La partie supérieure de Tanse figure une te de satyre ; la partie inférieure, une feuille recourbée, qui itale sur une tête barbue servant de point d'attache. Sur la inse du vase, les Hébreux ramassant la manne. Au-dessous i sujet se trouve cette inscription dans un cartouche : F.\tto Urbino, 1587-T. R. F. Le sujet a été exécuté d après le rton d un bon maître, mais on s'aperçoit, à la faiblesse du loris, de la décadence qui commençait à se faire sentir dans s productions des céramistes du duché d'Urbin. — h. 72 cent. 1 1 63 — Terre émaillée peinte en couleur. =Le baptême du irist. Grande composition, exécutée sur les cartons d'un bon Etitre de la fin du xvi® siècle. Elle porte la date de 1607. i bordure du tableau, ornée de têtes d'anges et de feuillages, t modelée en relief et fait corps avec le fond sur lequel est pliquée la peinture. — 11. hs cent., l. ss. 1164 — Majolica. = Chasse au cerf. Un seigneur et une me à cheval suivent un cerf que les chiens sont sur le point itteindre. Les vêtements et le feuille sont rehaussés de iiches d'or, d'après le procédé de Jacomo Lanfranco, céra- ste de Pesaro, qui obtint un brevet en 1 569 pour la décou- rte de Tapplication de l'or sur les faïences. Ouvrage de la fin du xvi^ siècle ou des premières années XVn*. — H. 20 cent., L. 26. 1 165 — Majolica fond blanc, ornée de peinture. = Vase r piédouche; espèce de petite soupière. Le couvercle est né de deux anses formées chacune par deux sci*pents ac- itne de 6M MONUMENTS EUROPÉENS, colés. Le vase est décoré d*arabesques dont le dessin coi le coloris ne répondent pas à la beauté de sa forme. Ouvrage du xvii® siècle, h. 20 cent., d. i8. 1166 — Majolica peinte en couleur. = Deux vases forme élevée, montés sur piédouches et munis d un couverc^:^^®' Sur l'un Jupiter, armé de la foudre, est traîné à travers k* airs sur un char attelé de deux aigles ; des zéphirs voltig^^^^nt «autour du maître du tonnerre. Sur l'autre, Diane cliange An — ré- thuse en fontaine pour la dérober à la poursuite d'Alphée Ouvrage des fabriques napolitaines de la fin du xvi^ ou dn commencement du xvii* siècle. — h. 32 cent. 1 167 — Majolica peinte en couleur. =r Assiette. Soi le fond, l'enlèvement de Proserpine; quatre petits amours et do^neQx mascarons décorent le rebord. Ouvrage des mêmes fabriques et de la même é épo- que. — D. 48 cent. 1 168 — Majolica peinte en couleur. = Pot à large ou^cre;.. ture, élevé sur piédouche, à une seule anse perpendiculaire Sur le devant et du côté de l'anse, des fleurs, exécutées svir/(» fond blanc de l'émail, sont renfermées dans un cartoue^o contourné ; les intervalles entre les cartouches à fleurs sont décorés de fleurs d'or sur fond bleu. Sous le pied, on lit, gnré dans la pâte : Pesaro, 1771. Ouvrage de la dernière fabrique de majolica en Ita- lie. — H. 20 cent. ^ III. FAÏENCE FINE FRANÇAISE DU XVU SIÈCLE, DITE FAÏENCE DE BENBlH' 1 169 — Aiguière. = Sur le col deux masques drapés. L* panse, de forme ovoïde, est divisée en deux parties parunener- ■ .-^ vure; dans la partie supérieure, un écusson renfermant on^ I ra salamandre, et, de chaque côté de l'écusson, deux animaux de w | L même espèce allongés vers le col ; la partie inférieure est décorc« do quatre figures de sphinx ; une grenouille est posée à la nâis- I ^i sance de l'anse; sur le pied, quatre masques barbus. Tous ces j j (Ornements sont exécutés en relief, et se détachent sur unUcis | -^ d'ornements jaunes bordés de noir, incrustés dans la pâte i ART CÉRAMIQUE. PATIENCE FRANÇAISE XVI» S. 685 Cette pièce est l'une des premières productions de cette fabrication qui a commencé sous François P' pour s'éteindre sous Henri II, sans qu'on sache encore l'artiste habile qui Ta dirigée ni le lieu où elle s'exerçait, —h. 19 cent. 1 170 — Coupe de forme semi-ovoïde. = Quatre masques finement modelés en relief sont également espacés sur le bord du Tase ; ils servent de points d'attache à des guirlandes de fruits qui retombent en festons sur la panse ; le fond est dé- coré d'un lacis d'ornements jaunâtres bordés de noir, incrus- tés dans la pâte. Cette pièce est un beau fragment d'un vase de la plus belle époque de cette fabrication — h. 13 cent., d. 15. 1171 — Couvercle de vase. = Il provient de la même fa- brique que les deux objets ci-dessus décrits. Quatre mufles de lions en relief décorent le bouton. Les ornements incrustés dans la pâte sont de couleur rouge d'œillet. — d. m cent. $ IV. FAÏENCE ÉMAILLÉE DE BERMABD PALISSY. 1 172 — Grand bassin ovale. = Au centre, un ornement circulaire en relief est destiné à recevoir le pied d'une ai- guière. Le rebord est couvert de rinceaux en relief; le fond est jaspé bleu et brun. — Long, si cent., l. ss. 1173 — Plateau de forme ovale. = Au centre est un petit bassin entouré de quatre salières rondes, séparées par des rinceaux à jour. Fond bleuâtre jaspé. ~ Long. S9 cent., l. 23. 1174 — Deux plateaux de forme ovale abords dentelés. = Au centre, un bassin fond bleu jaspé autour duquel sont deux rangées de godrons jaunes et bruns, bordées par une corde- lière bleue qui les encadre. ^Long. sa cent., l. a^. 1175 — Deux plateaux de forme ovale. = Au fond, un bas- sin jaspé est entouré d'une bordure chargée de huit salières, alternativement de forme ovale et de forme carrée, à quatre lobes. Elles sont séparées par des cornes d'abondance char' gées de fruit. — i.ong. 33 ceni., l. 25. f,86 MONUMENTS EUROPÉENS. 1176 — Plateau de forme ronde. = Le fond, de couleur jaunâtre, à dessins bleus, jaunes et roses, est enrichi de six m^scarons au milieu de rinceaux séparés par un cordon for- mant des encadrements variés. Une cordelière sert de bo^ dure. — D. 24<îent. 1177 — Corbeille hexagone. = Elle est décorée de six mas- ques drapés, séparés par des rinceaux à fleurs. Fond brun; ornements jaunes, bleus et verts. — d. se cent. 1178 — Corbeille profonde, de forme ronde. =Le fond, de teinte rosée, est moucheté de taches bleues et brunes et enridi de six masques drapés, de rinceaux et de fleurs, ^d. » ont 1 1 79 — Plat de forme ronde, entièrement découpé à joar.= Il est orné de six mascarons et de rinceaux diaprés, renfennés dans des cartouches formés par un cordon bran. — d. « cat 1 180 — Plateau de forme ronde. = Autour d*un médaillon, dont le fond est jaspé de divers émaux, sont des ornements composés de balustres évidés, entremêlés de rinceaux fieorû découpés à jour. Une ceinture pleine, formée d une corde à nœuds, sert de bordure. — d. 20 c«ni. 1181 — ' Aiguière à anse et à couvercle. =Sur le devant du col est un masque scénique ; sur la panse, des médaiDons jaunes bordés de perles et d'ornements feuilles verts. Il bW pas certain que cette aiguière soit de Palissy . ~ h. si cm. 1 182 — Bassin rustique de forme ovale.=Surunflot8i- blonneux , couvert de coquillages , s'enroule une anguille; autour de cette espèce de banc, circule un courant d'oM» dans lequel nagent quatre poissons. Le rebord est gootcH de plantes, de coquillages, de grenouilles, de lézards et de reptiles. Les plantes et les animaux sont teintés de leurs couleurs naturelles. — Long. 99 cent., l. m. Cette belle pièce est gravée en tôte de la description de? productions de l'art céramique. 1 183 — Grand bassin profond. = Un bas-relief colorié, b délivrance d'Andromède occupe toiit le fond. Les parois inté- rieures et le rebord sont composés de godrons de couleur broo foncé. Le revers est jaspé. — d. 27 cent. ART CÉRAMIQUE. FAÏENCE DE PALISSY. XVI» S. 687 1184 — Plateau de forme ronde. = Le même sujet, diapré d'autres couleurs, le remplit entièrement d. u cent. 1185 — Bassin de forme ovale. =Sur le fond, Estheraux pieds d'Assuérus ; bas-relief colorié. Le rebord est couvert d'ornements dentelés et de rinceaux fleuris. — Long. 3i cent., l. se. 1 186 — Bassin de forme ovale. = La belle jardinière; bas- relief colorié. Sur le devant, une jeune femme assise tenant des fleurs; au fond, un château entouré d'un jardin où l'on aperçoit des travailleurs. Le rebord est décoré de rinceaux bleus et verts. — Long. 34 cent., L. se. 1187 — Bassin de forme ronde. = Le moissonneur; bas- relief colorié. Le rebord est décoré d'ornements dentelés entremêlés de rinceaux fleuris. — d. se cent. 1188 — Saucière. = Une jeune femme nue, représentant l'abondance, est couchée sur des fleurs, tenant deux cornes chargées de fruits. — Long. SOcent., l. 9. 1189 — Saucière. =Vertumno et Pomone. Figures nues, couchées sur un fond de feuillage. — Long, so cent., l. 9. 1 1 90 — Quatre bas-reliefs coloriés, de même dimension. = Jupiter nu, lançant la foudre. L'aigle se tient debout entre les jambes du dieu ; l'Été : un homme à demi nu tient une gerbe de blé ; à ses pieds un panier rempli de fruits ; l'Automne : un paysan, la tête couronnée de pampres, tient d'une main un panier rempli de raisins ; de l'autre , des rameaux chargés de fruits ; l'Hiver : un vieillard barbu s'appuie sur un bâton, en marchant dans une campagne dont les arbres sont dépouil- lés de leurs feuilles. Chaque bas-relief est renfermé dans un encadrement jaspé qui fait corps avec lui. ~ h. si cent., l. sa. 1191 — Statuette. = Un joueur de cornemuse. — d. le cent. 1 192 — Statuette. = Un paysan debout, appuyé contre un arbre, jouant de la cornemuse. — h. se. cent. 1193 — Groupe. = Jésus et la Samaritaine auprès du puits de Jacob. Ce groupe porte la marque de Bernard Palissy qui est com- posée de deux B. — h. le cent., l. 19. ri88 MONUMENTS EUROPÉENS. ^ V. FAÏENCE ÉMAILLÉE ALLEMANDE. 1 1 94 — Aiguière à large col cylindrique et à anse. =Sur le devant de la panse, un bas-relief représentant le sacrifice d'Â- braham. Le surplus du champ est couvert de tiges chargées de feuilles et de fleurs également en relief. Les émaux em- ployés sont le bleu, le vert, le jaune, le blanchâtre, avec quel- ques rphauts de rouge. Ouvrage de Nuremberg de la fin du xvi*' siècle. — h. i9c«dl Sur le couvercle, en argent, est exécutée, au repoussé, «ne figure de buveur vue à mi-corps. ^ VI. GRÈS-CÉRAMES DE FLANDRE ET D^ALLEMAGNE. 1195 — Grès de Flandre à pâte grise. = Aiguière à anse et à goulot, fond gris perle, décorée d'un masque barbu en re- lief et d'ornements traités en creux rechampis de bleu azuré. Le couvercle en argent, de forme hémisphérique, est enricbi de cartouches et de bouquets de fruits finement ciselés. Ouvrage du xvi® siècle. — ii. as cent. 1196 — Grès d'Allemagne à pâte brune. = Canette déco- rée de sept figures représentant les planètes, et d'ornements traités en relief et émaillés en couleur ; deux écussons ar- moriés sont peints sur le devant. A la partie inférieure, cette inscription en relief : pavlvs erorer med. doct. phts. IIIRSPRVC a" .PACIS. 1650. — H. 16 cent., D. 48. 1197 — Grès d'Allemagne à pâte d'un brun- verdâtre. = Canette décorée de sujets de chasse à l'ours et d'ornemcnfe exécutés en relief et émaillés en couleur sur fond brun. Sur le devant, les prénoms et le nom du propriétaire : iohan. gborg. iiAss., et du côté de l'anse, la da^ de 1673.— h. i3 cent., d. ». 1198 — Grès gris d'Allemagne doré. = Un lion debout portant un vase. La dorure doit être moderne— h. isceni. 1 199 — Grès rouge taillé et poli. := Petit vase à huit pans, décoré de plusieurs moulures. Échantillon des premières pro- ductions de Bqttchcr. Ce grès rouge, dont la fabrication ART CÉRAMIQUE. GRÈS-CÊRAMES. XVI«-XVII« S. 6S9 remonte à 1704, reçut dans l'origine le nom de porcelaine de Bottcher. —h. 95 mm. 1200 — Grès rouge vernissé. = Aiguière de forme antique vernissée en noir ; elle est décorée de fleurs et d'un écu ar- morié exécutés en couleurs et en or non fixés par le feu. Ouvrage de Bottcher de 1 708. —h. » cem. 1 201 — Grès rouge vernissé. == Vase à bouquets, de forme chinoise, fond brun-laque, enrichi de feuillages d'or rehaussés de quelques touches de rouge et de vert. L'or et les couleurs ne sont pas fixés par le feu. Ouvrage de Bottcher de 1 708. — h. h cent. ^ vu. PORCELAINES DE DIVERSES FABRIQUES EUROPÉENNES. 1202 — Porcelaine de Saxe coloriée. =Troi8 groupes de deux personnages représentant, par divers attributs, l'odorat, la vue et le goût : une jolie bouquetière offre des fleurs à un jeune seigneur; une jeune femme, qui porte le riche costume de cour du temps de Louis XV, vient d'ôter un masque et tourne son joli visage vers un jeune homme qui la regarde tendrement; un jeune gentilhomme offre du chocolat à une jeune fille qui lui présente des gâteaux. Ces groupes, d'une exécution remarquable, sont comptes parmi les meilleurs ouvrages en ce genre de K'ândler, sculpteur allemand qui eut la direction de la fabrique de Meissen de 1731 à 1760.— H. 19 cent., L. 18. 1203 — Porcelaine de Saxe coloriée. =Un chien couché au- près d'une urne qui sert de flacon ; monture en or. — h. 7 cem. 1204 — Porcelaine en pâte de Chine, fabrique de Hollande. =Deux groupes d'animaux : combat d'un lion et d'un tigi'e ; deux chiens qui saisissent un lièvre, —h. 7 cent. 1205 — Porcelaine hollandaise. = Quatre figurines de ronde bosse : un brasseur, une paysanne, un jeune homme et une patineuse. — h. s cent. 1 206 — Porcelaine tendre de Sèvres. :=Cafetière de forme ovoïde. Le fond, vert pré, est enrichi de deux médaillons ligo MONUMENTS EUROPEENS. réservés en blanc, eutonréa de feuillages et de fleurs en or, dans lesquels sont peints des oiseaux perchés sur dea arbres. On voit au revers la marque de la manufacture ro^e de l'année 1 762. — h. h ceni. 1 207 — Porcelaine tendre de Sèvres. =La baigneuse. Sta- tuette exécutée en biscuit d'après Falconuet. — u. n ccm. 1 208— Porcelaine tendre de Sèvres. =Portr»itde Henri IV. sur plaque ovale, portant au reveni la marque de Sèvres et celle de l'année 1 767. 11 est encadré dans une bordure d'émuu en relief figurant une guirlande de laurier, —u. m moi., l. m. 1209 — Porcelaine tendre de Sèvres. = Tasse et sa soo- coupe, fond jaune. Elles sont décorées du mirka rose de Sibé- rie, encadré dans des guirlandes d'arabesques. Elles portent la marque de la manufacture royale de Sèvres et l'indication de l'année 1787.— B.dsiiuueâcaii., d. dcUfouonipati. 1210 — Porcelaine frangai8e.=Portrait de Regnud. Peinture sur plaque ovale.— h. iiccnt., l. ti. VERRERIE. ^ 1. VEBROTEBIE AltTISUE. 12 1 1 — Aiguière à boa en trèfle. = Fond bleu-kpis, dé- coré de fileta jaunes et blancs, — h. u uiii. Elle provient de la collection Durant. (Cat. de M. J. de Witte,nM519.| 1213 — Aiguière à bec en trèfle. = Fond bleu cendré, décoré d'ornements jaunes. — u. ts miu. I2l3 — Vase à deux anses, forme d'ampbore. = Fond bleu cendré, orné de filets jaunes et de cbevrona brisés, jau- nes et glauques. — H. Muill. Piédouche roodeme en vermeil. 1314— Vase de même forme. := Bleu-lapis enrichi de filets . et de chevrons brisés jaunes et glauques. _ n. m miu. Piédouche et col modernes en vermeil. Le verre coloré qui forme l'ornementation des quatre vases que noua venons de décrire a été ajouté pendant la fabnca- tion et disposé tandis que la matière était encore molle : tra- vail qui difTère csseutiellcmcnt des décorations en émail im- pliquées à froid et fixéos ensuite au feu do moufle. Ces vases 692 MONUMENTS EUROPÉENS, sont d'une antiquité très reculée et certainement antérieures^ de plusieurs siècles à Tère chrétienne. On en trouve de ceti espèce en Egypte, dans la Grande-Grèce, en Sicile, dans le îles de l'Archipel. On pense généralement qu'ils sont deJa — brication égyptienne et de l'époque des Ptoléraées. 1215 — Coupe profonde, de forme hémisphérique, sans^ pied ni anse = Fond vert, semé d'étoiles irrégulières à plu — sieurs raies, de nuances variées. Cette coupe est formée d'une mosaïque de tronçons d cannes ou baguettes de verre travaillées séparément. Nou avons expliqué le mode de fabrication de ces sortes de verre, ^ page 355 de l'Introduction. La pièce paraît avoir été polie à froid sur un mandrin tournant. — h. 7 ceni., d. is. 1216 — Plateau ou coupe plate. = Verre violet, à mosaï- que de tronçons de cannes composées de feuilles de verre de couleurs différentes superposées, roulées ensemble et étirées. — d. w cent. On regarde ces deux vases comme provenant des fabriques étrusques, et antérieurs de plusieurs siècles à notre ère. Ils faisaient partie de la collection Durant ( Cal. n" 1 509 et 1 508.) 1217 — Petit vase bleu, irisé et fragmenté, et deux bra- celets bleus. Travail romain. Ces objets proviennent de la collection Durant. (Co/. nM512.) § II. VERROTERIE DB VENISE. I . — Verre blanc. 1218 — Buire, F. 10*. = Verre semé d'or. L'or n'est pas appliqué superficiellement sur le verre, et la lime même ne pourrait l'en détacher; il est mêlé à la matière, qui semble avoir été saupoudrée d'une poudre d'or impalpa- ble. Pour arriver à produire cet effet, le verrier, par un procédé qui est resté inconnu, a étendu sur la matière, pendant la fa- (1) Le numéro qui suit le F (forme) renvoie aux planches qui sont à la fin du volume. VERRERIE VÉNITIENNE. VERRE BLANC. XV» S. 69S brication, alors que la pièce n'avait pas atteint par le soufflage toute sa dimension et que la matière était encore molle, soit de l'or en feuille, soit plutôt de Tor tenu en dissolution ou li- quide. La pièce ensuite ayant pris par Topération du souf- flage un volume beaucoup plus considérable, l'or, en se mê- lant à la matière vitreuse, s*est distendu et divisé en grains ou en traînées d'un très bel effet, que nous désignons par le nom àeseméd*or^. Ouvrage du xv* siècle. — h. 23 cent. 1219 — Vase, F. 14. = Le couvercle est surmonté d'une figure de serpent, dont la queue se recourbe en replis ; travail exécuté à la pincette. A l'intérieur du vase, une boule sonore en verre craquelé. Pied moulé. — h. 34 cent., d. 6 MONUMENTS EUROPÉENS. 2. — Verre teint*. 1 248 — Flacon aplati. := Forme de gourde à long col, sur piédouche. Verre agatisé par Targent. Bouchon en argent. Ouvrage du XV® siècle. — h. 31cenl,L.delapanMl5. 1 249 = Flacon de forme ronde légèrement aplatie. = Il est surmonté d'un très long col en forme de balustre. Verre bien teinté par le safre (le cobalt). — h. deiapaoseocem., ducoiis. 1 250 — Grand vase, F. 3. = Les côtes très saillantes delà panse et du couvercle ont été moulées lorsque la pièce n'avait pas atteint toute sa dimension par le soufflage. Verre violet teinté au manganèse et semé d'or. Ouvrage du x\f siècle. — h. m cent , d k rouv m 1251 — Flacon pomiforme. = Verre agatisé par Targcnt. Bouchon eu argent, —h. 6 cent., d. 7. 1252 — Flacon de même fonne. = Verre teinté par plu* sieurs oxydes où le cuivre domine, et semé d'avent urine par application pendant la fabrication — h. 9 cem., d. s. 1253 — Petit flacon à deux panses pomiformes. = Verre bleu, avec application extérieure de filets de verre blanc, jaune et rouge, à l'imitation des verres antiques. — h. 45 min. 1254 — Deux burettes, F. 39. = Elles sont décorées de masques moulés au cachet et dorés. Verre opalisé par Tar- senic. — h. ss miu. 1265 — -Vase semi-ove sur piédouche. = Les côtes ont été moulées avant que la pièce eût atteint sa dimension actuelle par le soufflage. Verre sardonisé, à veines bleu-lapis, par dif- férentes matières où l'argent domine, et semé d'or. — h. is c«t. 1256 — Vase de même forme. = Il est coloré de la même manière, —h. 425 mm. 1257 — Bassin de forme hémisphérique à bords évasés sur piédouche. = La panse est à côtes. Verre vert teinté parle cuivre et semé d'or. — n. 95 miii., d. is cent. (1) Verre coloré pendant sa fabrication par Paddition d'oxydes mé- talliques au verre blanc. VERRERIE VÉNITIENNE. VERRE TEINT. XVI» S. 6îI7 1 258 — Coupe de forme hémisphérique à bords évasés et à anses perpendiculaires. =* La panse est couverte d'élevures obtenues par le moulage de la pièce, alors qu elle n'avait pas encore atteint toute sa dimension et que la matière était en- core molle. Verre teinté en* vert par l'oxyde de cuivre et de fer. Les anses en verre blanc. Le bord évasé a été ajouté et décoré d'un filet do verre jaune se repliant seize fois sur lui-même. — h. 6 cent., d. «2. 1259 — Coupe de môme forme, sans anses ni élevures. = Verre teinté en vert par les oxydes de cuivre et de fer ; bor- dure dorée. — h. m miii., d. «35. 1 260 — Tasse de forme hémisphérique à bords évasés sans anses, et sa soucoupe. = Verre agatisé par l'argent et semé d'aventurine. —h 55 mill., d. de la tasse H ccni., de la sour. 418 mill. 1261 — Tasse de forme hémisphérique abords évasés, à deux anses perpendiculaires, et sa soucoupe. = Verre sardo- nisé par l'argent. ^ h. e cent., d. doutasse 1S de Urouc. 14. 1262 — Tasse sans anses, taillée à pans, et sa soucoup ». = Verre imitant l'aventurine. On sait que cette belle matière était obtenue par une revivification du cuivre ; mais le secret de la fabrication est perdu. — h. 6 cent., n. de la tas^^e 7, de la souc 10. 1263 — Plat. = Les bords sont décorés d'une guirlande de feuillage gravée. Verre violet teinté par l'oxyde de man- ganèse. — D. S8 cent 1264 — Grand gobelet, forme conique. = Il est porté sur un présentoir en vermeil, catalogué n" 938. Verre teint en vert par le cuivre et le fer. — h de la coupe u cent. 1265 — Deux flacons à côtes, F. 36, sans denticules sail- lants. =^ Verre agatisé par l'argent Ouvrage du x\ii® siècle. — h. «5 cem. 1266 — Gobelet à couvercle, F. 4. = Verre agatisé par l'argent et semé d'aventurine. — h. 28 cent., d. 8. 1 267 — Un cédrat coloré au naturel . = Les feuilles sont en argent ciselé et émaillé. — h. 16 rem. 1 268 — Un cornichon coloré parle cuivre et le fer.— Long. 11 cent. 45 > «98 MONUMENTS EUROPÉENS. 3. — Verre étnaillé. 1269 — Hanap, F. 21 . = Verre bleu teinté avec le safr^"*^*^^» peinture circulaire en émaux de couleur, appliqués au pincea^c^^^^^ et fixés au feu de moufle. Parmi les scènes bizarres, tiré^^^"^^* sans doute d'un roman de l'époque, qui y sont représentées on remarque un chevalier donnant la main à un centaure, chevalier porte le bassinet sans ventail, la cotte d*armes par. dessus le haubergeon de mailles, avec brassards et grevièret système d'armure en usage dans la seconde moitié du xiv^ au commencement du xv® siècle. Le sujet est encadré une bordure dorée, rehaussée de perles d'émail en relief, pied est semé d'or. Travail de la première moitié du xv® siècle. — h. i6 cent., d. tm^ - ^^ " 1270 — Calice à couvercle, F. 7. = Verre blanc. La pans -cx-^mse est bordée haut et bas d'une guirlande dorée et émaillée. Ut — I^ couvercle et le pied sont couverts d'imbrications d'or, bordé^^^-^^ de blanc et chargées de perles d'émail bleu. Ce genre de d^-t^ "^" coration était fort en vogue au xv* siècle parmi les artist#^i^ ^ates décorateurs. On le retrouve sur les plats des céramistes T^ sentes aux côtés de l'empereur. Au-dessus du tableau on lit cette inscription : AN. ZEUGUNG. DER. ROMISCHEN. KEISERUCHEN. B1AIESTA0T. Sampt der siben churfûrsien zu irer kleidung ampt und n€^ * - la représentation de S. M. l'empereur des Romains, vkr^^^^^ « les sept électeurs , siégeant dans le costume de \^^ — 'i^ " dignité. »« — h. as cent., d. 12. 1 38 1 — Gobelet, F. 1 . = La panse est ornée, haut et t>^^*s, d'une guirlande de pampres. Au centre, un écusson ren^^^^**- mant un chif&e. Il est soutenu par deux amours et surmox:^^ d'une couronne royale. — h. 17 cent., d. 75 mm. 1382 — Gobelet plus petit, de môme forme, et décora ^© la môme manière. — h. 9 cent., d. 6. 1383 —Vase, F. 1. =r L'empereur Ferdinand III, lej^mine roi Louis XIV et la reine Christine de Suède, se tiennent '^^ la main en signe de paix et d'amitié. Au-dessus de ce groi:»-!^' Dieu, sortant à mi-corps d'un nuage, étend les mains p^iitst!iRilU.,D. dn UHMlmn. 1391 — Gobelet icouverclo, F. 23. en cristal. =11 est couvert d'arabesques, de médaillons renfermant des sujets, d'emblèmes et d'inscriptions finement gravés et dorés. Panni ces inscriptions on doit remarquer œlle du eouvercle : NESTORIS H,EC ANN08 SITEBET DES TRINGA TBRNE. Travail italien daté de 1730. -h. <«»ni.. d. m. ART DE L'ARMUHIEH $ 1. ARHBS RÉFBISIVES. - PABTIBS D ABMltRES. 1392 — CbaoireiD, roodelles et oubitières en acier bleui, eoridiis d'oraemente eiselés en relief et damasquinés d'or, ayant appartenu à la même armure . ^= Le chanireia est bordé par une bande d'omemeats où des figures fantastiques, des trophées, des aigles à double tête, ciselés en relief, se trou- vent reproduits symétriquemrat et unis ensemble par des arabesques et des enroulements d'une grande élégance. Le câté libre de cette bande est terminé par un petit cordon à feuilles d'eau qui borde la pièce ; le côté intérieur est accom- pagné d'un riche feuillage en damasquinure d'or. La ligne centrale, depuis la pointe nasale jusqu'au milieu du front, est décorée d'un cordon de feuilles d'eau, encadré dans ce riche feuillue en damasquinure d'or; il est interrompu par un éousson ciselé en relief, aux armes de Ferdinand d'Autriche, frère de Charles -Quint. Au-dessus de cet écusson se trouve la 7it MONUMENTS EUROPÉENS. douille du panache ; une bande d'ornements analogue à c^=- lie du pourtour s'étend ensuite jusqu'à l'extrémité du fronteaa et sur la première pièce du hausse-col qui est restée attitehn^^^ée au chanfrein. Les deux rondelles sont entourées du même cordoi feuilles d'eau, en dedans duquel règne circulairement le lier de la Toison-dOr. Le médaillon intérieur, ciselé en relief autour de Yumbo à pointe qui occupe le centre, rempli par quatre figures sur.gaînes, séparées par des tè — d'animaux, au milieu d'arabesques du meilleur goût, fleurs de lis héraldiques décorent la base de Ywnbo. Sur le pourtour des deux cubitières se reproduit le mê=^ :^rae cordon k feuilles d'eau. La pointe cubitale est occupée par ""^ masque au-dessus duquel se trouve un bas-relief où se: — ^nt représentés des personnages fantastiques et des animaux — Ces pièces, d'un admirable travail, ont été publiées ^: — ^^^^ M. Du Sommerard dans son Atlas, chapitre XIII, pi. v. 1393 — Bouclier rond en fer, couvert de figures exécut é^'^^s au repoussé et ciselées. = Un bas -relief circulaire se déro- "^^'^ sur le bouclier. Six groupes y sont représentés : trois de d(^^ *^* centaures armés combattant l'un contre l'autre, trois de d: gons chimériques attaquant de grands oiseaux de proie, croupe des centaures se termine en feuillages élégants qui ^^ répandent sur le fond. UumbOy qui s'élève au centre en poi ^TB-'te aiguë, est décoré à sa base d'un enroulement de figures d* ^?? in- fants au milieu de rinceaux, renfermé dans une ceinture ves. Le grand bas relief est également encadré par une ture d'oves. Une torsade ciselée borde le bouclier. Style italien du xvi'' siècle. M. Du Sommerard a publié cette pièce dans son AJh*^^^ 7*" série, pi. xxvii. Elle est reproduite dans la vignette^ ^ tôte de ce chapitre, avec d'autres armes de la collection. 1394 — Grands éperons en acier ciselé, avec appliques ^^ cuivre rouge, xvf siècle. 1395 — Eperons en fer, couverts dun feuillage fioem^fl^ ciselé en relief sur fond doré, xvi*" siècle. ART DE L'ARMURIER. XVI» S. 715 $ II. ARMES OFFENSIVES DE MAIN.* 1396— Dague vénitienne, dit langue de b(Buf.= La poignée, la garde et le pommeau sont en cuivre ciselé et doré, et en- richis de plaques de lapis et de jaspe. Les garnitures du fourreau sont en cuivre ciselé et doré. Fin du xv* siècle. 1397 — Épée à l'espagnole en fer grisaiUe, enrichie d'in- crustations d'émaux sur or. = Sur le pommeau, d'un côté la Paix, de l'autre la Guerre au milieu d'attributs et d'arabes- ques fort riches, qui s'étendent sur la garde et sur la croisette. Ces figures et ces ornements ont été gravés en creux, et les intailles, garnies d'une feuille d'or, ont été remplies d'émail. La poignée, au contraire, est recouverte d'entrelacs élégants émaillés en relief, pour suppléer à la saillie que présentent les réseaux ou le fil de métal tordu des poignées ordinaires. Les garnitures du fourreau et les boucles du ceinturon sont de même travail que le pommeau. Ouvrage italien du xvi*^ siècle. 1398 — Dague en fer grisaille. = Le pommeau, la croi- sette à anneau, la chape et le bout du fourreau sont incrustés d'or et d'émaux colorés d'un travail semblable à l'épée ci- dessus décrite. La poignée est en agate. 1399 — Epée de travail florentin. = La garde et tous ses détails sont richement damasquinés d'or et décorés d'écussons de forme oblongue remplis d'ornements ciselés en relief. La poignée est à côtes en filigrane doré ; la lame est enrichie au talon de rinceaux gravés et dorés. Le fourreau, du môme temps, porte un bout écussonné et doré comme la garde . 1400 — Dague de l'épée ci-dessus, dans son fourreau. = Elle est traitée dans le môme style. 1401 — Épée en fer ciselé et doré. = Le pommeau de forme sphérique, la garde ainsi que la croisette et ses deux anneaux sont recouverts d'un cordon fortement ciselé en re- lief, formant, par des enroulements symétriques, une espèce 716 MONUMENTS EUROPÉENS. de réseau qui enveloppe un fond doré. Les garnitures du foi _ir- reau sont du môpie travail. Cette épée est accompagnée de sa dague, qui est trai^MHHIée dans le même style. 1402 — Epée en fer ciselé. = Le pommeau, la garde et a^ss^ases branches et les quillons, arqués en sens contraire, sont ce— »u- verts d'ornements très finement ciselés en relief, sur fc sablé. La lame est signée et poinçonnée. La dague qui accompagne cette épée est du même travi sa lame, à gouttière, est percée à jour. 1403 — Ëpée en fer ciselé. = Le pommeau, la poign. la garde et sa branche, sont décorés de figures allégoriqi ciselées en fort relief dans la masse de fer. Ces figurines encadrées par des arabesques du meilleur style de la rei sance. Les quillons sont terminés par des bustes exécutée ronde bosse. Le fourreau, du même temps, porte un bout en fer cif dans le style de la poignée. 1404 — Forte épée de combat. = Le pommeau et la ga."^'^™ sont en fer noir laqué. La lame, à deux tranchants, est déca»**^"^ d'armoiries et de rinceaux gravés et dorés ; elle porte c^'^^^ inscription : pedro gabeta me fecit. Fourreau du même temps, avec un bout en fer noir la^gL*^ comme la garde. 1405 — Epée italienne. = La garde, la croisette et le p^:^^***" meau sont recouverts de filets très fins en damasquinure d ^' disposés en rinceaux. Fourreau du même temps. 1406 — Dague en fer bleui. = Le fer est damasquiné d ^' sur fond sablé. Fourreau du temps, avec ses garnitures traitées de més^^' 1407 — Dague en fer ciselé. = Le pommeau, la crois^**^ et son anneau sont à godrons ; la poignée est en fil de mé^ tressé et doré. 1408 — Épée italienne. = La poignée ^n fer est cou- verte d'incrustations d'argent en relief, disposées en 9T^' besqucs. ART DE L'ARMURIER. XVI» S. • 717 1409 — Estocade. = La garde, en fer forgé d'un seul morceau, et le pommeau, sont ornés d'une ciselure vermiculée. La lame est à cannelures. Le ceinturon, du même temps, est complet ; ses g«*nitures, ainsi que celles du fourreau, sont d'un travail semblable à celui qui décore la garde. Ouvrage de la fin du xvi* siècle. 1410 — Epée. = La poignée, en fer dore, est à coquille entière, découpée à jour. Travail italien de la même époque. 1411 — Poignard de dame. = Le manche est orné d^ feuil- lages et de deux têtes en argent doré et cis^, se détachant sur un fond d'émail bleu. 1412 — Couteau de veneur, garni de quatre coutelets et d'un fusil à affûter. = Les poignées et les garnitures du four- reau sont en cuivre, avec ciselures en relief représentant des chasseurs, des animaux et des enroulements, traités dans le style de Tépoque de Louis XIV. 1413 — Couteau de chasse garni d'une fourchette à deux dents et d'un coutelet. =Les manches sont en ivoire sculpté; des tètes casquées, de ronde bosse, forment les pommeaux; Vénus et l'Amour sont sculptés en bas-relief sur la poignée du couteau. Les garnitures en argent ciselé sont traitées dans le style de la fin du régne de Louis XlV. Ouvrage allemand. 5 m. ARMES A FEU ET PULVÉRINS. 1414 — Pulvérin en corne de cerf sculpté en bas-relief. = Un chevalier agenouillé devant le Christ en croix. Monture en fer. Travail de la première moitié du xvi*^ siècle. 1416 — Pulvérin en bois sculpté. =^ Il reproduit un en- roulement de deux chiens qui saisissent un cerf. Le déversoir 718 MONUMENTS EUROPÉENS. a pour motif un chien exécuté de ronde bosse en cui?re eu et doré, xvi® siècle Cette pièce, d'un très beau travail, est reproduite en cul- lampe à la fin du présent chapitre. 1416 — Pulvcrin en corne do cerf sculpté en bas-relief. = Le jugement dernier y est représenté. Travail italien d'un très beau style , du milieu du x "=vf siècle. 1417 — Pulvérin en bois de rose, décoré de bas-reliefs de gravures sur ivoire, et monté en argent ciselé et doré. La face extérieure est occupée, dans presque toute sa 1 gueur, par un bas-relief en ivoire représentant un combat cavalerie; les cavaliers sont revêtus de l'armure antiqi Dans le fond on aperçoit de gros bataillons carrés dispoi suivant la stratégie du xvi*^ siècle. Deux petits bas-relie un combat de fantassins et un trophée d'armes antiques b dent à droite et à gauche le bas-relief principal. La face in rieure et la tranche sont incrustées de plaques d'ivoire fii ment gravées en intaillc ; la monture est ornée de rinceanx^:^ d'arabesques ciselés en relief sur le métal avec une délicatesse. Cette pièce a été publiée par M. Du Sommerard. 10* série, pi. xxiv. 1418 — Poire à poudre ronde en bois sculpté. = Sur** ï^ face extérieure, un bas-relief représentant une chasse â" sanglier, xvi*^ siècle. 1419 — Arquebuse à rouet et à mèche de l'époque Henri IL = Le bois est entièrement incrusté de figu d'arabesques et d'ornements d'un dessin très pur, dans le style de la renaissance, finement gravés sur iv blanc, découpés dans leurs contours et se détachant sur fond d'ivoire teinté en vert. 1420 — Long pistolet à rouet de la même époque. = -^ canon est couvert de figures et d'arabesques du meilleur sty ^^' ciselées en relief et dorées; la batterie, les garnitures et '^ . ART DE L'ARMURIER. XVI* s. 719 pommeau à jour de la crosse sont en fer décoré d'ornements également ciselés en relief et dorés. H 2 1 — Poire à poudre ronde en corne de cerf sculptée en bas-relief. = Deux sangliers et un cerf attaqués par un en fant et par des chiens forment un enroulement qui couvre toute la pièce. Elle provient de la collection de M. Alexandre Lenoir. 1 422 — Poire à poudre de forme ovale en bois des îles incrusté de filets d'ivoire. := La garniture, en fer, est décorée d'ornements ciselés sur fond doré. 1423 — Poire à poudre garnie d'un sac à balles. = L'arma- ture, complète, est en fer finement gravé en relief; fond noirci. Elle est accompagnée de la clef d'arquebuse, en fer, du même travail. 1424 — Cartouchière en cuivre repoussé, ciselé et doré. = La finesse du repoussé, le dessin et le beau caractère des ornements, qui sont découpés à jour, se ressentent de la bonne époque du xvi*' siècle. 1425 — Pistolet à rouet. = Le bois est enrichi d'incrus- tations d'ivoire représentant des rinceaux d'un bon style. La crosse est terminée par un ovoïde à jour. Travail de la fin du xvi® siècle. 1426 — Pulvérin en corne de cerf sculptée en bas-relief. = Combat de cavalerie. 1427 — Arquebuse à mèche du commencement du xvii'' siècle. = Le bois est incrusté de figures, d'animaux et d'or- nements en ivoire découpé et gravé. Le canon est à pans; il est décoré à la culasse et à son extrémité de rinceaux fine- ment ciselés en relief. 1428 — Poire à poudre. = Des sujets mythologiques, des ornements et des arabesques d'un bon dessin, gravés et dorés, se détachent sur un fond d'acier bleui. Travail italien du commencement du wn*^ siècle. 1429 — Paire de pistolets. = Les garnitures, en acier, sont enrichies de figures de rond^î bosse et de bas-reliefs cise- 710 MONUMENTS EUROPÉENS. léB dans la masse, dont plusieurs reprodoisent les tnnn d'Hercule. Les sujets sont liés entre eux par des arabesqn d'un bon goftt. Travail italien. 1430 — Paire de pistolets montés en ivoire. = Des nw- carons sculptés en relief décorent la naissance dn canal deb baguette et le dessus de la poignée. Les croeBea sont termi- nées par une tôte casquée de ronde bosse richement ornsno- tée. Lesbf^ettea sont en iroire ; les garnitiu^a et les batfc- ries sont en acier finement ciselé; les canons sont ««réiik culasse. Ouvrage du commencement du wiii* siècle. SERRURERIE. I43I — Deux portes de tabernacle ea fer forgé, cieelé et doré, = Elles8onteaTicbieB défigures etdedécorstiona archi- tecturales découpées à jour, dans le style ogival flamboyant. Sur l'une, le Christ, debout, tient un calice et l'hostie sainte Cette figure de haut relief est placée bous un riche dais et encadrée dans une arcade ogive en accolade qui repose sur deux colonuettes formées de troncs d'arbres noueux. Sur l'autre, la crucifixion; le Christ est sur la croix, ayant à sa droite la Vierge ; à sa gauche, saint Jean. Ces deux figures, exécutées de roude bosse, sont placées dans des niches riche- ment décorées. Un daix à deux étages, terminé par un fleu- ron, s'élève an-desHUR de la croix. — n. u cent., l. d« ehHunc m Ces deux portes pi-o viennent de l'abbaye de Saint-I»up, » Troyos, Ellns ont été puhhées par M, Arnaud dansxon 722 MONUMENTS EUROPÉENS. Voyage archéologique et pittoresque dans le dépariemen- rAvhe. La première a servi de motif au cul-de-lampe qui te ce chapitre. Travail du xv^ siècle. 1432 — Deux serpents en fer forgé et ciselé. = Ils s^cdj représentés la gueule béante, près de s'élancer sur une prc^ k La partie antérieure de leurs corps rase la terre, leurs quev.se< s'élèvent repliées en plusieurs anneaux. — Long. smètre8,H.90€^^ot. Travail français de l'époque de Henri IL 1433 — Coffret en acier ciselé, de forme carrée. = Cli«- cune des faces est décorée de trois consoles renversées, éle- vées au-dessus d'un riche soubassement et terminées À h partie supérieure par une tête de bélier. Le couvercle , ^n forme de dôme tronqué, est surmonté d'un piédestal quijXJrte une boule couronnée, aux armes des Médicis ; ce piédesta-l ^^ cantonné de caryatides à têtes d'aigles. Chaque face, di^^'iséo par les consoles en deux parties, contient deux panne^^a^'» ceux de la face principale sont remplis par les figures en ])i^ de Mars et de Minerve, ciselées en relief. Toutes les cisel Tires qui décorent ce coffret sont traitées avec une grande délica- tesse d'exécution. — h. se cent., l. h%. Nous donnons la gravure de cet élégant meuble en t^tede ce chapitre. Travail italien du commencement du xvii* siècle. 1434 — Clef. = La tige est décorée de feuillages légère- ment ciselés en relief; le bouton présente un chiffre très compliqué, découpé à jour et surmonté de la couronue des enfants de France. Epoque de Louis XIV. 1435 — Clef. = La tige est guillochée ; le bouton présente des rinceaux découpés à jour et gravés. Même époque. 1436 — Clef. = La tige est cannelée et le bouton composa d'ornements découpés à jour. Même époque. SERRURERIE. XVII» S. 723 " 1437 — Clef en acier poli. = La tige est guillochée et le bouton est formé de rinceaux finement ciselés. Môme époque. 1438 — Clef. = La tige est guillochée; le bouton, com- posé d'ornements découpés à jour, est surmonté d'une cou- ronne ducale. Cette clef, du temps de Louis XIV, a été adaptée aux ser- rures du meuble en bois sculpté, n"" 1 500, qui est d'une époque antérieure. 1439 — Boîte en fer de forme ovale . = Elle présente de • chaque côté un bas-relief, et sur la tranche des rinceaux exé- cutés au repoussé et ciselés. —Long, s cent., l. 6. 1440 — Coffret de forme ovale, à huit pans irréguliers, garni en cuivre. = Les compartiments sont décorés de rin- ceaux et de sujets, alternativement ciselés en relief sur fond doré, ou gravés et dorés sur fond bleui, —h. is cent., l. is. Même époque. 1441 — Clef en acier poli. = Le bouton, découpé à jour, est terminé par une couronne de marquis ; la tige est guillochée. Même époque. 1 442 — Clef. = Le bouton présente un écu d or au chevron d'azur, accompagné de deux fleurs de violettes feuillées en chef et d'une tête casquée en pointe, timbré de la couronne ducale et du chapeau d'archevêque. Ouvrage du commencement du xvra® siècle. 1443 — Clef en acier poli. = Le bouton, découpé à jour, est surmonté d'une couronne ducale. Même époque. Elle est adaptée à la serrure du meuble n** 1512. 1444 — Boîte en forme de corbeille ovale. = Sur le milieu du couvercle, trois personnages sous une arcade en ruine ; le surplus du champ et le pourtour sont décorés de rinceaux ; les ornements finement ciselés en relief, se détachent sur le fond doré. — h. 3 cent., L. t., Long. 8. 714 MONUMENTS EUROPÉENS. Époque de Louis XV. 1445 — Navette. = Les deux faces sont campoBées de rinceaux découpés à jour. Même époque. HORLOGERIE. J 1. HORLOGES El FSnDVLBS. 1446 — Horloge de table en Tenneil, enrichie de sculptures et de damasquinurea. := Elle ofire l'aspect d'un monument hexagone k deux étages, dans le style de la renaissance. Les angles de l'étage inférieur sont cantonnée de colonnes oanne- lées qui s'élèvent au-dessus d'un soubassement. Les arcades qui s'ouvrent entre ces colonnes sont remplies de fines ara- besques en domasquinured'or. Des figures de termes, placées aux angles de l'étage en attique. soutiennent la corniche et encadrent des médaiilons, qui renferment des bustes vêtus à l'antique, dont la tête fait saillie hors du tableau. On voit en tête de cette page la gravure de ce monument. 726 MONUMENTS EUROPÉENS. Le mouvement est à roue de rencontre et à balancier Imo^ tî- zontal ; il contient une sonnerie. Un petit cadran, à une »^ ^^e aiguille, occupe la partie supérieure de l'une des arcades • et marque les heures. Une ouverture placée dans une autre .ar- cade laisse voir sept figurines de rondo bosse finement e:3Ké- cutées en argent : Diane ou la Lune, Mars, Mercure, Jupît-^r; Vénus, Saturne et le Soleil. Elles apparaissent chacune à l^^ur tour, aux différents jours qu'elles représentent. Le dessus de l'édifice porte plusieurs cercles gravés . JLe plus grand est séparé en vingt-quatre divisions ; une aigiriJJe le parcourt dans les vingt-quatre heures de la journée. C^"*te aiguille porte à son extrémité une petite sphère, moitié bl^wi- che, moitié noire, qui tourne dans l'espace de vingfrhuitjo mars et marque ainsi les phases de la lune. Un seeond cercle g^"^ due indique le quantième du mois ; enfin, au-dessous, un pl^* nisphère mobile fait connaître la marche du soleil et <3^s planètes à travers les constellations. Tavail du milieu du xvi® siècle. — h. is cent., d. 9. 1447 — Horloge de table, à réveil, en cuivre doré. = E3^e est renfermée dans un socle carré porté par quatre lions, ^t dont les faces sont décorées d'un bas-relief ciselé, représeat^**^ Orphée entouré d'animaux. Le cadran, tracé sur le dessus du socle, est à deux aiguilles ; l'une fait sa révolution en douze heures, l'autre en vingt-quatre. Le mouvement est placé Ix*^* zontalement ; il contient une sonnerie. Au-dessus du socle s'élève, sur quatre pieds richePf^^^ . ciselés, une espècededôme qui se place ou s'enlève à vol(^^**' Il contient le mouvement du réveil, dont le départ se fai'*^ ** moyen de la rencontre d'une branche qui descend sur l'aig»^^ du cadran. Ce moyen de faire partir le réveil a été renou^^^*^ de nos jours par un horloger de Paris, qui a obtenu un br^^^^ d'invention pour cette découverte de trois cents ans. Travail du XVI^ siècle. — h. de i'horloge»cent., L. 16, H. tôt 26 1448 — Horloge de table en cuivre doré, décorée de figu'*^ et d'ornements gravés. = Elle est formée d'un socle cat^^' dont les angles sont garnis de colonnettes en argent. Ce so tachant snr le fond doré. Mouvement à fusée et à chaîne , échappement à rave de no- contre; balancier horizontal; avance et retard. II estùgnc' Johann E. A la lin du xv!!*^ siècle, on a refait le balancier circulûn ri ajouté UD spiral. Travail du temps de Louis XIII . - 1.. ît mm. 1474 — Montre de forme ronde, en ivoire. = ChuM in sanglier et six trophées sculptés en relief. Cadran & nm teolc aiguille; il est signé Avice, a Reinu. Travail du commencement du règne do Louis XV. —».(»■•. 147â— Montre déforme ronde, en or, enrichie de peintora en émail. ^Sur le fond extérieur de la boite, uaejonaefeniBK nue cherchant à fuir son époux qui la retient, peinture en émaux coloriés ; k l'intérieur, un templeen camaïeu ronge. Mouvement k chaîne ; échappement k roue de rencontre, k balancier horizontal avec spiral. Il est signé Juuen Lxboi, A Pahis. Travail du temps de la minorité de Louis XV. — d. u mi MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX. l I. MOeil.lER RFXllilEUX. 1476 — Autel domestique à volets, en bois peint avec appliques en ivoire =Cet autel, étant fermé parsesToIets, présente l'aspect d'un clocber carré, élevé sur une base en t^us et terminé par une toiture pyramidale obtuse à quatre ptuis. Le corps de l'édifice, au-dessus d^ soubassement, est dé- coré, sur la face principale et sur les deux faces latérales, de deux rangs superposés d'arcades simulées, supportées par des colonnes à chapiteaux coniques. Ces arcatures sont sur- montées d'un grand arc plein cintre qui s'élève jusqu'à la toiture. Le soubassement est également décoré d'arcades si- mulées dans le même style. Les arcatures du soubassement et du corps de l'édifice renferment des figures de saints, des figures d'anges et les symboles dos évangélistes, sculptés en bas-relief. Tous les personoagee sont vêtus du même cos- tume : une tuniqae à plis serrés, reconverte d'un manteau qui s'ouvre par-devant. On remarque dans ces figures cette sorte de raideur, cette absence de mouvement, ces longs bustes et 736 MONUMENTS EUROPÉENSw cette physionomie à peu près uniforme qui caractérisent Vari byzantin. Elles sont vues de face, à mi-corps, et sont placées dans une espèce d'ambon sur lequel la plupart ont les mains appuyées. L'ange, l'aigle, le bœuf et le lion tiennentde larges phylactères sur lesquels le nom de Tévangéliste qu'ils repré- sentent est gravé en lettres capitales romaines. La face postérieure du monument est occupée par un losange. Au centre, le Christ est assis sur l'aro^n-ciel; sa tête est auréolée du nimbe crucifère; il bénit de la main droite et tient de la gauche le livre des évangiles; ses pieds reposent sur le scabellum. C'est ainsi qu'il est représenté dans un grand nombre de monuments du xi^ siècle ^ Des figures d'anges remplissent les tympans du losange. Les volets brisés, en se déployant, laissent à découvert le devant et les deux côtés du monument ; les grands arcs res- tent attachés à la toiture fixée sur le fond. Cet ensemble forme une espèce de dais au-dessus de la statue de la Vierge placée au centre. La mère du Christ est assise sur un trône dont les formes massives et les décorations architecturales rappellent ceoi qui sont figurés dans les manuscrits des x® et xf siècles. Elle offre son divin fils à l'adoration des fidèles. Remplie de respect pour le créateur sorti de son sein, elle l'a devant elle, mais elle n'ose le tenir en quelque sort«, et encore moins le porter dans ses bras. C'est un des caractères distinctifs de l'icono- graphie de la mère et de l'enfant jusqu'à la fin du xn* siècle*. L'enfant Jésus est assis sur les genoux de sa mère , tenant le livre des évangiles ; il porte les traits virils. Quelques anti- quaires ont pensé que cette imperfection n'était qu'apparente, et qu'elle cachait une intention symbolique. Le groupe de la Vierge et du Christ est accompagné de sculptures en bas-relief appliquées à l'intérieur des volets. Sous quatre arcades, sont représentés les trois rois mages et saint Joseph. Les mages portent le costume des monar- ques francs et germains de l'époque carlovingienne : une (1) M. De Caumont, Cours d'Antiquités monumei^ales^ t. IV, p. 181. (2) M. DiDRON, Annales archéologiques^ tome I, p. 219. MOBILIER RELIGIEUX. XI" S. 737 riche tunique , la chlamyde agrafée sur l'épaule droite et la couronne à trois fleurons perpendiculaires. Ils tiennent dans les plis de la chlamyde les présents qu'ils apportent au Sauveur : ce qui rappelle l'un des plus anciens usages do la chrétienté, qui interdisait de toucher aux choses sacrées avec les mains nues. Nous nous sommes .étendu sur la description de ce curieux monument pour faire ressortir les caractères qui ne permet- tent pas de fixer la date de sa confection postérieurement aux premières années du xi® siècle. — h. 4o cent., l. is. Cette pièce faisait partie de la collection de M. le comte de Renesse-Briedbach. Le catalogue indique qu'elle provenait de la chartreuse de Coblentz. 1477 — Autel portatif = 11 se compose d'une plaque de marbre-lumachelle, incrustée dans une pièce de bois qui est renfermée dans une boîte de cuivre doré de 36 centimètres de haut sur 27 de large , et de 3 centimètres d'épaisseur. Le dessus de la boîte est découpé au milieu , de manière à laisser à découvert la pierre sur laquelle devait se poser le calice pendant la célébration de la messe. Il est encore ouvert au-dessus et au-dessous de cette pierre, pour donner passage à deux bas-reliefs en ivoire qui sont fixés sur la pièce de bois. Celui du haut représente la crucifixion. Le Christ, qui porte une espèce de jupon, est attaché à la croix, les deux pieds séparés l'un de l'autre ; à sa droite, est la Vierge ; à sa gauche, saint Jean. Le bas-relief du bas montre la Vierge as- sise, tenant l'enfant Jésus sur ses genoux; deux saints, re- vêtus d'ornements sacerdotaux, sont à ses côtés. Deux autres ouvertures sont encore pratiquées dans la pièce de cuivre à droite et à gauche de la pierre. Celles-ci renferment des pla- ques de cristal de roche au-dessous desquelles sont des pein- tures sur fond d'or, représentant un saint évêque. Ces pein- tures, duxin® siècle, ont peut-être remplacé des reliques qui, dans l'origine, se trouvaient sous le cristal. Les parties pleines du dessus de la boîte sont enrichies de figures gravées au trait : des médaillons, renfermant les sym- boles des évangélistes, occupent les quatre angles ; puis, à 738 MONUMENTS EUROPÉENS, droite de la pierre, saint Pierre et saint Etienne ; à gauch.< saint André et saint Laurent ; enfin, au-dessous du bas-reli< inférieur se trouye cette inscription : thidericus. abbas. il: DBDit. « donné par Thidericus, abbé, troisième du nom. *• Aux xi^ et XII® siècles les autels étaient ordinairement c<^: sacrés en Thonneur de plusieurs saints, et les inscripti(^ ^^^ns dédicatoires, gravées sur des tables de^arbre ou de cuivlfc^ e, étaient incrustées dans les murs voisins de l'autel*. L'inscr^^SâMp- tion dédicatoire de l'autel que nous décrivons a été burinée -«n creux, au dos de la boîte de cuivre, sur neuf lignes dorè^^ séparées par des espaces émaillés. Voici le texte de Tinscr* tion dont nous avons rétabli les mots abrégés : lOHANNIS BATISTE. PAVLI AP08T0U. lACOBI AP08TOLI. AP08T0LI ET EWANGELISTE. lOHANNIS EWANGEUSTE. STEPl PROTOMARTIRIS. LAURENTII. Vm. CORNELII. CIPRIANI. Fj SSBASTIANI. BONIFACn EPISCOPI. BL^II EPISCOPI. FEUCIS PHORI. COSME. DAMIANI. PANCRATU. THEODORI. DIONISII EPISCC^ BIARCELLINl. PETRI. CIPRIANI. IPOUTI. VITALIS FEUCISSIMl. Rien. lACINCTI TOTINATI. FELICIS NARORIS. MARTffiUM ET CX)N] SORUM. GODEHARDI EPISCOPI. NICOLAI. SERVACU. MARTINI. DICTI ABBATIS. EGIDII. MARIE MAGDALENE. AGATHE BIARTI THmERICUS ABBAS TERTIVS DÉDÎT. Les mots consecraitim est altare in honore sont sous-enter dus, comme il arrivait souvent. heB autels portatifs sont mentionnés dans des conciles dans des chartes, sous les dénominations suivantes : viaticum, poriaiile, gesiaiorium, lapis poricUilis, aliwria itiner^* ria. Ces pierres sacrées servaient principalement en yoji aux évéques et aux abbés ; elles se plaçaient sur des tables sur des pieds pour la célébration de l'office divin. Dans la de saint Gérard, abbé de Braine-le-Comte, qui vivait au x* si^'' cle, il est dit que le saint abbé, en partant de Saint-Den^^^ pour aller gouverner cette abbaye, emporta l'autel itinéraii*^ dont saint Denis se servait, dit-on, pendant sa vie. Ces aU' tels sont aujourd'hui très rares. Il en existe un magnifiqn^^ (1) De Caumont, Cours d^antiquités monumentales^ tome VI, p. m- MOBILIER RELIGIEUX. XIII> S. 739 qui peut remonter au xii^ siècle, dans la Riche chapelle du palais du roi de Bayière à Munich, deux dans l'église de Conques (Areyron), et un chez les dames bénédictines de Namur. Celui que nous décrivons faisait partie de la collection de M. le comte de Renesse-Breidbach. On lit, dans le catalogue de cette collection , qu'il provenait de Tancienne abbaye de Sayna , près Coblcntz ; cependant il résulte des Annales de l'ordre de Prémontré^, qu'aucun abbé du nom de Thidericus n a gouverné cette abbaye. Mais comme le nom de Thidericus n'est qu'une forme analogue de Theodoricus, nous pensons avoir trouvé le donataire de notre autel dans une autre ab- baye du même ordre, située dans le diocèse de Cologne, non loin de Werle, qu'on nommait anciennement Segor et plus récemment Scheida, et dont la fondation est ainsi rapportée dans ces annales : Au xii^ siècle , Volandus , seigneur de Segor, avait élevé dans son ch&teau une chapelle en l'hon- neur de saint Séverin , évoque de Cologne. Après sa mort, sa veuve Wiltrude établit dans ce château des chanoines de l'ordre de PrénK)ntré et leur en fit donation ; elle consacra ses fils au culte de Dieu et embrassa elle-même la règle de l'ordre. Herman, d'origine juive, converti au christianisme et célèbre par sa sainteté, fut le premier abbé de cette nou- velle abbaye, dans laquelle nul, à moins d'être de noble ori- gine, ne pouvait être admis. Peu de temps après, en 1153, les seigneurs de Ardeya firent construire un superbe mo- nastère. Les Annales de tordre de Prémontré ^ donnent la liste chro- nologique de tous les abbés de Scheida jusqu'en 1 700. Herman eut pour successeur un Theodoricus ; le sixième abbé, qui por- tait le même nom, gouvernait en 1226 ; Theodoricus, troisième du nom, qui serait notre Thidericus, ne fut que le douzième abbé. Les Annales ne donnent la date ni de son élection, ni de celle de son prédécesseur Herman III ; mais on y voit que (1) Sacri et canonici ordinis Prcumonstratensis annales. Nancei, 17. &, tome II, p. 758. (2) /6û/.,p. 771. 740 MONUMENTS EUROPÉENS, le dixième abbé, du nom de Sifïridus, vivait en 1240, et que le treizième abbé, du nom de Lambertus, mourut en 1316. Ainsi, entre 1240 et 1275 il y eut quatre abbés iSiffridus.Her- man III, notre Thidericus et Lambertus son successeur, d'où Ton doit conclure que le donataire de l'autel que nous venons de décrire gouvernait l'abbaye de Scheida vers le milieu du XIII® siècle. 1478 — Deux cerfs, figures de ronde bosse en cuivre, ser- vant de chandeliers. = Sur le dos des animaux est placée une tige terminée par une petite coupe qui reçoit la bougie. Le cerf a joué un grand rôle au moyen âge. Il était regardé comme doué d'une certaine vertu prophétique, et on le voit souvent, dans les légendes, indiquer l'existence de reliques demeurées ensevelies dans un lieu inconnu ^ ; cet animal fut môme regardé comme le symbole de Jésus-Christ*. Aussi était-il souvent figuré sur les monuments avec son rôle sym- bolique et employé dans l'ornementation des objets consacrés à la célébration du culte. On trouve dans Anastase le Biblio- thécaire des cerfs désignés parmi les dons faits aux églises par les papes et les empereurs'. Ne peut-on pas supposer que les chandeliers que nous décrivons étaient destinés à porter les cierges qui brûlaient devant un reliquaire ? Ouvrage allemand du xhi* siècle, —h. le cent. 1479 — Tau en buis et en ivoire enrichi de pierreries. = Ce curieux monument présente l'aspect d'une colonne sculp- tée dont le chapiteau scaphoïde supporte un lion. Ce chapi- teau en bois, ainsi que le lion, est orné sur ses deux faces principales de médaillons en ivoire qui ont pour supports des léopards et renferment une tôte sculptée en relief. Il repose sur un petit tore circulaire où se trouve gravée cette inscrip- tion en lettres onciales : lex dei vera est. Au-dessous, le fdt présente un morceau d'ivoire de 1 1 cen- (1) M. Alfred Maury, Essai sur les légendes pieuses du moyen âge. Paris, 1843. (2) Vie de saint Eustache, dans la Légende dorée, (3) Citation de d'Agincourt, Hist. de Vart, tome I, p. 98. MOBILIER RELIGIEUX. XIIL' S. 741 timétres de hautear. Quatre figures y sont sculptées en bas- relief : un évéque assis sur son trône, assisté de deux autres évoques, consacre un quatrième prélat, évéque ou abbé, qui est à genoux devant lui. Chacune des figures est placée sous une arcade ogive subtrilobée. La pièce d'ivoire est posée sur une pièce de bois qui présente un petit tore semblable au pre- mier, et au-dessous un pommeau très saillant, dont le centre est fouillé et décoré de dix têtes sculptées en haut relief, prises dans la masse. Cette inscription : per crucis hoc signum fugiat OBiNE BfAUGNUM, gravéc en caractères onciaux, est distribuée tant sur le petit tore au-dessous de la pièce d'ivoire, que sur le pommeau. Ce pommeau donne naissance à une longue tige cannelée en bois, dont le bout, en ivoire, est terminé par une pointe de fer. M. Alexandre Lenoir, qui possédait ce curieux monument dans sa collection, en a publié la gravure et en a donné la description dans son Musée des monuments français, tome II, page 28. Ce savant antiquaire a cru voir le pape dans le prélat assis qui est sculpté sur la pièce d'ivoire, et a reporté au xi* siècle la confection de cet objet. Cette opinion cependant n'est pas admise par tous les antiquaires. Quelques uns ont fait re- marquer que le prélat assis est coiffé d'une espèce de tiare, il est vrai, mais qu'elle ne porte pas même une seule couronne; qu'on doit plutôt reconnaître dans cette coiffure une mitre conique , peu en usage dans le costume des évoques, mais qu'on voit cependant reproduite, suivant M. André Pottier, dans quelques manuscrits des xin^ et xrv® siècles, et que des privilèges spéciaux des papes autorisaient quelques évoques à porter^ ; ils ajoutent que le consacrant n'est pas non plus décoré du pallium , ornement que le sculpteur n'aurait pas manqué de lui donner s'il avait voulu représenter un pape, n faut dire cependant qu'on rencontre fréquemment dans les anciennes sculptures des figures de papes avec une mitre sans couronne. Relativement à l'&ge du monument, il faut faire une (1) M. André Pottier, Monuments français inédits^ tome 1, p. 55. ut MONUMENTS EUROPÉENS, distinction entre Tivore et le bois. Le prélat consécratear est revêtu de la casula, l'ancienne chasuble, retroussée sur les bras et ornée sur le devant de la bande ou parement; cette chasuble porte un petit collet droit en usage an xaf siècle : la chasuble d'Everard, évoque d'Amiens, mort en f 23S. dont le tombeau en bronze est l'un des plus curieux omementi de la cathédrale de cette ville, en ofEre un modèle. Les déco- rations architecturales qui encadrent les personnages sont aussi bien postérieures à celles en usage au xf^ siècle, et Ton doit certainement regarder la pièce d'ivoire comme un ouvrsge du commencement du xin^ siècle. La partie en bois paraît re- monter au contraire à une époque plus ancienne. Quant à l'usage auquel ce monument était employé, quel- ques antiquaires ont pensé que c'était une espèce de béquille; la tige à pointe paraissant indiquer cette destination, et le lion qui occupe la partie supérieure ayant pu servir à poser la main. On peut le regarder aussi comme un bâton pastoral, un véritable tau, dont la décoration a un peu altéré las formes primitives. Dans les premiers siècles du moyen âge, en effet, les crosses étaient généralement courtes et simples dans leur forme et dans leur décoration ; elles ressemblaient soit à une simple canne avec un bouton au bout, c'était le bactduspa»' toralis, soit à une crossette ou béquille, ce qui fit donner le non de TAU à celles de cette espèce. Après lexii^ siècle, les crosses crurent en hauteur et en ornementation M mais les abbés con- servèrent le tau, comme marque de leur pouvoir, beaueosp plus longtemps que les évoques, et il resta le principal attribut des fonctions pastorales des abbés dans l'ordre des Antonini. On peut voir sur l'un des vitraux de la collection , n* AIZ, qui date du xv® siècle, saint Antoine tenant dans la main un tao élevé au-dessus de sa tète, en guise de crosse. M. Du Sommerard a publié ce monument dans son Alkan, 1 0^ série, pi XVm. -^ h. U>t. de la partie sculptée n ceot., Long, de la lige m 1480 — Autel domestique, renfermant la statue de la Vierge. = C'est une espèce de niche, dont le fond est droit, (1) CiAMPiNi, Vetera mommienta. Romae, 1640, cap. xv, p. 13i. MOBILIER RELIGIEUX. XV» S. 743 et qui est découpée en avant en cinq pans réguliers. Elle .est portée sur un socle et fermée par des volets brisés couverts à l'extérieur d une marqueterie de bois et d'ivoire. Au-dessus, s'élève une pyramide en bois peint, percée à jour, dont la base est garnie d'une balustrade découpée en trèfles. Lorsque la niche est fermée, elle présente donc l'aspect 4'une tour sur^ montée d'un clocher. Dans l'intérieur, la statue de la Vierge, en ivoire, est placée debout tenant l'enfant Jésus dans ses bras. La mère du Christ porte la robe longue, traînante, serrée à la taille, recouverte d'un manteau bordé d'une riche broderie dorée ; sa tète est coiffée du dominical. Les volets sont divisés à l'intérieur en trente compartiments, remplis de bas-reliefs en ivoire, en partie peints et dorés. Divers sujets, tirés de la vie de la Vierge, sont représentés dans les plus grands. On y voit quel- ques personnages portant les costumes du xrv^ siècle et du commencement du xv^, la longue gamache à capuchon et l'au- monière ; les bergers sont vôtus du sayon à camail. Duos les autres compartiments et sur le fond derrière la statue, des an- ges sont représentés jouant de divers instruments. Outre ceux que le petit bas-relief n® 151 a déjà fait connaître comme ap- partenant au xiii^ siècle, on en voit ici de nouveaux, le psaï- téricm et la flûte traversière en usage au xrv^ siècle. Tous ces bas-reliefs sont placés sous des arcades ogives dans le style du xv® siècle, époque à laquelle appartient oe monument. — h. toi. 73 cent., de U statuette 31 . 1481 — Autel domestique renfermant une grande compo- sition sculptée de ronde bosse et coloriée. = Le Christ mort. Le corps de Jésus repose sur les genoux de la Vierge ; la Madeleine, agenouillée, contemple la tête du Sauveur ; saint Jean et deux saintes femmes se tiennent debout deis- rière la Vierge; l'une essuie ses larmes, l'autre s'apprdte à parfumer le corps du Christ. Sur le premier plan, à droite, le cbnaiaire , moine de Tordre des chartreux, est à genoux. Derrière lui, saint André, son patron , lui montre du doigt le fils de Dieu, mort pour racheter les péchés du monde. Dans le fond , on aperçoit le calvaire sur lequel les deux larrons 744 MONUMENTS EUROPÉENS. sont encore en croix ; à droite, Joseph d'Arimathie et Nico- dème préparent le tombeau; à gauche, quelques personnages. Cette composition est renfermée dans une niche dont le fond est décoré de six fenêtres disposées dans le style ogiTal flamboyant de la fin du xv® siècle. Des festons découpés à jour et dorés sont suspendus aux arceaux de la voûte, qui forme un riche dais au-dessus du groupe principal. Le Christ et les sept figures qui l'entourent ont 26 à 38 centimètres de hauteur. La Vierge et les saints sont revêtus des plus riches habits. Cette sculpture polychrome, exécutée avec beaucoup de perfection, appartient à Técole allemande de la fin du xv* siècle. La niche est fermée par deux volets, sur chacun desquels sont peints à l'intérieur trois tableaux de 25 centimètres de haut sur 1 7 de large. Les sujets représentés sont, dans le volet droit: Jésus au jardin des Olives, la trahison de Judas, la flagellation ; dans le volet gauche : le couronnement d'épi- nes, le portement de croix, la crucifixion. Ces peintures sont attribuées à Martin Schongauer ou Schon , célèbre peintre et graveur, né à Augsbourg, mort à Colmar en 1499. Les vo- lets, réunis à l'extérieur par la fermeture, présentent encore deux tableaux : dans la partie supérieure, la Vierge, saint Joseph et les anges en adoration devant Jésus qui vient de naître; dans le bas, l'adoration des mages. Ces deux pein- tures sont d'un autre maître. Ce précieux monument a été publié par M. Du Sommerard, dans son Atlas, ch. XI, pi. II. —h SScem., L.U, Profondeurao. 1482 — Retable de forme monumentale en bois sculpté, peint et doré, enrichi de bas-reliefs en alb&tre. = Deux co- lonnes cannelées, qui s'élèvent au-dessus d'un soubassement, supportent un entablement surmonté d'un attique. De riches consoles, sur lesquelles reposent des figures d'anges, enca- drent les deux côtés du monument. Le bas-relief principal, placé au-dessus du .soubassement entre les deux colonnes, représente l'adoration des^ mages. La Vierge, richement vêtue, reçoit les mages dans un édifice iMOBILIKR RELIGIEUX. XVI« S. 745 de style romain ; les rois portent rarmure et le costume an- tiques. Un second bas-relief, représentant la sainte famille, est placé dans le fronton qui couronne Tattique ; enfin, dans la partie circulaire qui le termine, la figure du Père étemel. Ces bas-reliefs sont rehaussés d'or. Les piédestaux des colonnes, le panneau renforcé du sou- bassement, les pilastres en arrière des colonnes et la frise de Tentablement sont couverts de riches arabesques sculptées en relief. Elles sont dorées et se détachent sur un fond d'azur. — h. tôt. se cent., l. 53. Cet objet provient du cabinet de M. de Monville. 1483 — Retable en ébène, enrichi de pierres dures, figu- rant le péristyle d'un édifice. = Au-dessus d'un soubassement, décoré d'une mosaïque de jaspes, de cornalines, d'agates veinées et de lapis, s'élèvent deux colonnes en prime d'amé- thyste dont les chapiteaux et les bases, d'ordre corinthien, sont en bronze doré. La frise, en jaspe fleuri rouge, supporte un double fronton brisé, décoré de plaques de matières dures. Entre les colonnes, au-dessus du soubassement, est une pla- que de lapis-lazuli (de £3 cent, de haut sur 1 1 de large) sur laquelle est peinte la fuite de la sainte Famille en Egypte. Cette peinture est renfermée dans un cadre en mosaïque de jaspes et de cornalines. Des consoles renversées, décorées de la môme manière, encadrent le monument. Toutes les parties en ébène sont in- crustées de filets d'argent. Travail italien de la fin du xvi^ siècle. — h. si c«ni., l. 31. 1484 — Flambeau d'autel. =La tige, en ambre, est formée de deux balustres superposés qui sont couverts de têtes d'ange et d'ornements sculptés en relief. Ouvrage du commencement du xvn*^ siècle. —11. « cent. 1485 — Chasuble en étoffe de soie blanche moirée. =La croix et la colonne sont décorées de rinceaux et de neuf mé- daillons brodés en soie sur fond d'or. Les médaillons ren- ferment des sujets tirés de l'Evangile. Ouvrage de la même époque. 740 MONUMENTS KUROPÉENS. i486 — Reliquaire en argent de forme carrée. =La partie inférieure, où les reliques étaient renfermées, est surmontée d'un encadrement décoré de rinceaux et de fleurons qui con- tient une peinture en émail, représentant la Vierge tenant sur ses genoux le corps de son divin fils descendu de la croix. Le reliquaire est du xvii* siècle, l'émail est deTécolede Limoges du xvi®. — h. is cem., l. 9. 1 487 — Retable en ébène, décoré de sculptures en ivoire, figurant le portail d'un édifice. = Deux colonnes d'ordre dori- que, dont les bases et les chapiteaux sont en ivoire, s'élèvent au-dessus d'un soubassement et soutiennent un entablement qui porte un attique surmonté d'un fronton triangnlmre. Un bas-relief, représentant l'adoration des bergers , est plaoé entre les doux colonnes. Dans l'attique, un autre bas-relief reproduit la divine colombe environnée de tètes d'anges ailées. De chaque côté de l'attique, un ange en adoration, exécuté de ronde bosse, et sur l'acrotère qui couronne le fronton, mi groupe de saint Michel terrassant le démon. Les parties lisses du monument sont enrichies de rinceaux en ivoire découpés à jour. Travail du commencement du xvif siècle, — h. se cent., l. «. 1488 — Chapelet en corne noire. =Chaque grain, de forme ovoïde, présente trois médaillons en cristal de roche dont un renferme une relique ; un autre, l'image du saint de qui elle provient; le troisième, l'effigie de Jésus ou de la Vierge, ou la représentation d'un symbole chrétien. — Long. 75 cent. 1 489 — Bénitier en bronze doré, enrichi de figures en wr- gent. =: Deux anges ailés , vêtus de tuniques flottantes et portantd'une main des cornes d'abondance chargées de fleurs, soulèvent de l'autre une riche draperie, et laissent ainsi à découvert un monument composé de deux pilastres qui repo- sent sur un soubassement et supportent un fronton brisé. La coupe destinée à recevoir l'eau sainte est placée au centre de ce soubassement. Deux petits anges, nus et ailés, sont assis de chaque côté du vase et paraissent y puiser avec des co- quilles. L'espace entre les deux colonnes est rempli par un MOBILIER RELIGIEUX. XVll" S. 717 tableau à la gouache, représentant Tannonciation. Au-dessus du cadre, deux petits anges soutiennent une couronne de fleurs au centre de laquelle est placée, sous glace, une relique. Toutes les figures, exécutées de ronde bosse, sont en ar- gent, ainsi que la couronne qui contient la relique et quel- ques ornements. Travail de l'époque de Louis XIV. — H. des grandes figures 25 cent., des petites 13, U. lot. du monument 63 cent. 1490 — Triptyque en cuivre ciselé et éraaillé. = Dans la partie centrale, le Christ assis bénit de la main droite, à la manière de l'église grecque; à sa droite, la Vierge ; à sa gau- che, saint Jean-Baptiste. Dans le volet droit, saint Philippe, saint Nicolas et saint Jude ; dans le volet gauche, saint Mi- chel archange, saint Sozime et un autre saint. Les inscriptions sont en caractères slavons ; les sujets dorés et ciselés se détachent sur un fond d'émail bleu. Travail moderne des fabriques de Kiew. —h. 6 cent., l. is. 1491 — Triptyque en cuivre ciselé. = Dans la partie centrale, le Christ bénissant ; dans le volet droit, la Vierge ; dans le volet gauche, saint Jean-Baptiste. Ces figures, vues à mi-corps, sont exécutées au repoussé et ciselées. Travail des mêmes fabriques. — h. 75 miii.. l. 195. $ II. MEUBLES, CABINETS ET COFFRETS. 1492 — Petit coffret en ivoire, de forme oblongue, décoré sur toutes ses faces de sculptures en bas-relief. = Sur le cou- vercle, saint Jean, sainte Catherine et deux autres saints sont placés fious des arcades ogives trilobées. La légende d'une sainte martyrisée, représentée en plusieurs tableaux, occupe les quatre faces du cofifret. Les plaques d'ivoire sont conte- nues dans une légère armature en cuivre doré. Ouvrage de la fin du xni*^ ou du commencement du xiv® siècle. ^ H. 70 mill., Long. 95, L. 65. 1493 — Coffret hexagone en bois. = Il est décoré de six bas-reliefs en os, placés sur son pourtour, et d'une riche marqueterie de bois et d'ivoire de diverses couleurs. Les 748 MONUMENTS EUROPEENS. sujets des bas-reliefs sont tirés d*un roman de Tépoque. Le couvercle, dont le centre s'élève en forme de pédicule, est enrichi dune frise de feuillage sur laquelle sont sculptés des génies ailés. Travail vénitien du xiv^ siècle. — h. 32 ccm., d. 27. Il existe un assez grand nombre de coffrets de ce genre. M. Alexandre Lenoir, qui en possédait un dans sa collection, l'a fait graver dans son Musée des monumen/s français, t. D, p. 29. Le savant antiquaire annonce, dans la description qui accompagne sa gravure , que ce monument provient de la Sainte-Chapelle de Paris, et qu'il a servi à saint Louis pour transporter en France certaines reliques. Il part de là pour supposer qu'il y avait au xiii« siècle, en Syrie, une fabriquede ces coffrets que l'on vendait comme curiosités du pays. Il ne paraît pas possible d'admettre l'opinion du savant antiquaire. Les sujets de sculpture qui décorent ces coffrets sont toujours tirés de la fable ou des romans de chevalerie, et bien que l'on rencontre quelquefois des sculptures profanes et obscènes au milieu des sculptures chrétiennes de nos cathédrales, il n'est pas à supposer qu'au xm® siècle, à cette époque d'austère piété , où les orfèvres , les émailleurs , les sculpteurs en ivoire et en bois produisaient des reliquaires en si grand nom- bre, on ait songé à renfermer des reliques dans des coffrets couverts uniquement de sujets profanes. Rien ne signaled'ail- leurs le style oriental dans ces petits meubles. 11 est facile, au contraire, d'y reconnaître l'art et le goût du nord de l'Ita- lie à la fin du xni^ et au xiv^ siècle. Le cofïret de notre collec- tion présente une grande analogie, par le style de ses sculptu- res et par la décoration de marqueterie qui les encadre, arec nos deux triptyques n*® li7 et 148. Ces trois pièces sontéri- demment sorties des mêmes fabriques, et sont à peu près de la même époque. Or il est impossible de rien trouver dans nos triptyques qui se rattache à l'art oriental ; il sont évidemment lombards ou rénitiens, et du xrv*^ siècle. Il est à croire que les coffrets dont nous nous occupons étaient destinés à l'usage des dames, qui y renfermaient des bijoux et des objets do toilette MEUBLES, CABINETS ET COFFKETS. XV^ S. 749 1491 — Coffret de forme oblongue , monté en cuivre et décore sur toutes ses faces de bas-reliefs, en corne de cerf, découpés et appliqués sur un fond do maroquin rouge. =Sur le couvercle on a représenté une joute aux plançons. Deux che- valiers, armés de pied en cap, fondent l'un sur l'autre; ils por- tent le heaume de forme héraldique orné de lambrequins, l'ar- mure articulée, l'écu suspendu au col, les longs sollerets à poulaine recourbés vers la terre, et les éperons de grandeur démesurée. Les lances courtoises sont garnies d'une rouelle pour protéger la main. Les chevaux, couverts de longs capa- raçons flottants, sont défendus par le chanfrein et la barde de crinière. Sur le devant du coffret, où se trouve la petite serrure car- rée du temps, sont sculptés un lion et un griffon ; sur les côtés, un chasseur perçant un cerf de son épieu et un homme velu aux prises avec un ours; enfin sur la face postérieure , deux animaux chimériques enlacés. Le costume des tournoyants est celui des chevaliers à la fin du règne de Louis XI, époque à laquelle il faut reporter la con- fection de ce coffret. La gravure du couvercle est placée en tête de notre Introduction, ^h. 9 cent.. Long, si, l. u. 1 495 — Deux pliants à bras, en forme de X. = Us sont in- crustés d'une riche marqueterie de Venise en bois précieux, en ivoire de diverses couleurs et en étain. Les sièges de cette forme remontent à une époque très re- culée. Quelques-uns sont encore conservés dans les églises primatiales pour servir aux ordinations des évéques. Il en existe un, en bois sculpté, dans le trésor de la cathédrale de Sens, que l'on regarde comme ayant appartenu à saint Loup. Dans le vitrail n° 474 de notre collection, qui représente le sacre d'un évoque, on verra que le prélat consacré est assis sur un pliant semblable. Travail italien du xv^ siècle. 1496 — Petit bahut de forme oblongue à couvercle hémi- sphérique, monté en bronze ciselé et doré, appliqué sur fond do velours rouge. = Les angles sont cantonnés de pilastres dont les chapiteaux sont formés par des tètes d'anges ; six 750 MONUMENTS EUROPÉENS, écussons découpés, sur lesquels sont gravés en creux des sujets tirés de TÉvangile, décorent les faces de ce coffret. La serrure, très saillante, do forme hémi-cylindrique, est com- posée d'une combinaison à secret de cinq cercles tournants, sur lesquels les lettres de Talphabet sont gravées en creux ; un ange nu et ailé est placé au-dessus de la combinaison ; il s en- lève lorsque les lettres sont disposées de manière à former le mot choisi, ce qui permet d'ouvrir le coffret. Le couvercle, décoré de quatre fleurs de lis, est surmonté d'une poignée dont les extrémités se rattachent à des masques barbus. Ouvrage du xvi* siècle. — h. h cem. , Long. i7, l. h. 1497 — Crédenco ou buffet de salle en bois de noyer, décoré de sculptures. =: Le corps du meuble est supporté sur le devant par deux pilastres formés de caryatides adossées qui reposent sur un socle, de manière à laisser le bas du meuble ouvert. La face principale, au-dessus des caryatides, est divisée en deux corps par une moulure et décorée de griffons et de figures de sphinx sculptés en relief; les côtés sont ornés de cartouches . — h. I mètre 46 cent., Long. I mètre 5 cent., L. 45 cent. Ouvrage de la fin du règne de François l^. 1498 — Coffret en ambre de forme oblongue, présentant l'aspect d'un édifice. = Au-dessus d'un soubassement, s'élève le corps principal, décoré sur chacune de ses deux grandes faces de quatre caryatides qui supportent l'entablement. Au centre de la terrasse qui couvre l'édifice, un étage en attiquo renferme un petit coffret. Les panneaux sont dé- corés de médaillons finement gravés en relief, où sont repré- sentés des arabesques, des oiseaux et des trophées ; sur le couvercle du petit coffret, un bas-relief représente Porsenna entouré de ses officiers qui lui montrent Clélio et ses compa- gnes traversant le Tibre à la nage . Travail italien, —h. 20 cent., Long. 24, l. i*. 1499 — Cabinet en riche marqueterie, présentant l'aspect d'un monument carré. = Il est composé d'un soubassement et d'un étage cantonné de pilastres qui supportent un petit attique recouvert par une terrasse plane. Deux venteux s'ou- MEUBLES, CABINETS HT COFFRETS. XVF S. 751 vrent au-dessus du soubassement dans toute la.Iargeur de la face principale, laissant à découvert un corps de neuf tiroirs déformes variées; le soubassement contient un grand tiroir, et la tablette qui recouvre le monument sert de couvercle à une espèce de coffre ménagé dans l'entablement. Toutes les faces du meuble, la tablette supérieure et Tinté- rieur des ventàux sont en bois de prunier incrusté d'un semis de fleurs entremêlées do personnages et d'animaux en ivoire gravé. Le devant des tiroirs offre des sujets de combattants vêtus à l'antique, exécutés aussi en ivoire découpé et gravé. Travail du temps de Henri II. — h. so cent., Long. 42, l. 34. 1600 — Grande armoire en noyer à deux corps. = La face principale est divisée en trois parties : un avant-corps faisant saillie au milieu et deux parties latérales en retraite. Le corps inférieur, dans la partie qui fait saillie, offre un panneau sculpté , orné au centre d'une peinture en camaïeu d'or. Ce panneau, servant de porte, est encadré par deux caryatides qui soutiennent un large tore sculpté, séparant les deux corps du meuble. De riches consoles, sculptées en haut relief et dé- coupées à jour, figurant des chimères au milieu de rinceaux , occupent les deux parties en retraite et servent de support aux parties latérales du corps supérieur. La partie en saillie du corps supérieur est remplie par une porte richement sculptée. Une figure d'Apollon, exécutée en haut relief, en occupe le centre. Ce panneau est également encadré par deux caryatides qui soutiennent la corniche. Les deux parties latérales adjacentes forment des panneaux ser- vant de portes. Ils sont décorés d'ornements sculptés et de peintures en camaïeu d'or. Les sujets des peintures sont tirés de l'histoire de Céphale et de Procris. La corniche est surmontée d'un fronton brisé, soutenu par deux consoles renversées; il renferme un tableau à l'huile de la fin du XV* siècle. Saint Jérêmey estreprésenté, occupé à écrire, dans un cabinet de travail disposé comme l'étaient à cette époque les appartements qui recevaient cette destination. Travail français de la seconde moitié du xvi® siècle. Ce beau meuble a été gravé dans \ Album de M. Du Som- 752 MONUMENTS EUROPÉENS. merard, 1" série, planche xix. — h. 3 m.. Long, i m. m cent., l. m. 1501 — Dressoir en bois de noyer, à deux corps. = Deux pilastres, formés do chimères adossées, s'élèvent sur le de- vant de l'étage inférieur, au-dessus du socle, et supportent une large frise à godrons. Le devant de l'étage supérieur est décoré à chaque extrémité de deux balustres richement sculp- tés qui supportent la corniche. Des panneaux à cartouches occupent le fond des deux corps du meuble. Travaildelafinduxvi^siècle.— H. 1 m. 47c., Long. 4 m.uc.i.uc. 1 502 — Cabinet à abattant en ébène. =:En s'abaissant, l'a- battant laisse à découvert le corps de tiroirs. Une arcade, en- cadrée par deux colonnes en ivoire qui supportent un fironton brisé, en occupe le centre. Deux figures sculptées en ivoire sont couchées sur le rampant du fronton. Cinq tiroirs sont étages de chaque côté de cette décoration architecturale. La face de chaque tiroir, le champ intérieur de l'arcade, ses tympans et les pieds-droits qui supportent la frise et le fronton, sont ornés de plaques d'ivoire où sont gravés des . sujets, des figures et des arabesques. L'abattant, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, ainsi que les faces latérales du meuble, sont décorés dans le même stvle. Les sujets représentés sont tirés de l'histoire de la guerre de Troie. Travail allemand de la même époque.—ii.eo cent.. Long. 74, i. n. 1503 — Pupitre en bois d'ébène orné de plaques d'ivoire gravées. = Le centre do la tablette est rempli par un riche cartouche en ivoire où l'artiste a représenté Michel faisant des- cendre David par une fenêtre, pour le sauver de la fureur des gens que Saiil avait envoyés pour le tuer. Ouvrage allemand de la môme époque. — Long. 45 cent., l. ». 1 504 — Table en ébène. =Cette espècedc secrétaire estéleyé sur huit balustres. Le devant est divisé en douze comparti- ments figurant des tiroirs qui sont décorés de plaques d'ivoire gravées où sont représentés différents sujets tirés de l'histoire de Joseph. La tablette de dessus est également enrichie de plaques d'ivoire à sujets. Travail allemand. — h. ts cent., Long. 7.>, l. 5*. MEUBLKS, CABlNiiTS KT COFFKKTS. XVI^ S. lôli 1605 — Petit cabinet en ébène. = Toutes les faces exté- rieures sont décorées de rinceaux en argent finement décou- pés et reliaussés de têtes d'ange en vermeil. Le meuble s'ou- vre à deux ventaux. La façade intérieure présente, au milieu, une arcade surmontée d'un fronton triangulaire. Elle est ornée de rinceaux en or finement découpés, rehaussés de petits rubis qui servent do boutons à douze tiroirs. Le tiroir principal du milieu renferme lui-même dix tiroirs Ce petit meuble est un chef-d'œuvre d'ébénisterie. Travail d'Augsbourg, —h. 21 cent., Long. 49, l. 13. 1506 — Petit cabinet en ébène. =11 est porté sur le dos do quatre tortues et enrichi d'écoinçons en argent et de rinceaux en vermeil. La face antérieure s'abaisse et laisse à découvert un corps de neuf tiroirs de différentes proportions. Celui du milieu est décoré d'arabesques en vermeil découpés à jour ; les autres de rinceaux en argent. Travail d'Augsbourg. — h. ai cent., Long. 29, l. le. 1 507 — Grand cabinet en écaille marbrée, décoré de sculp- tures et d'ornements en ivoire. = Ce meuble présente l'as- pect d'un monument à deux étages d'ordres superposés, dont le centre, rentrant et demi-circulaire, laisse en saillie deux ailes. L'hémicycle est divisé dans les deux étages en trois par- ties : une arcade en retraite dans le fond et un panneau de chaque côté de cette arcade. L'arcade de l'étage inférieur, dont Tarchivolto est décorée d'un cartouche que soutiennent deux amours, forme l'entrée d'un vestibule voûté. Une statue de l'Espérance, élevée sur un piédestal, en occupe le centre. La Prudence et la Fécondité, figures de ronde bosse, portées par des consoles, sont adossées au monument au milieu des pan- neaux. Chacun de ces panneaux est encadré par deux colon- nes torses d'ordre composite, dont le fût est décoré à la partie inférieure do rinceaux découpés à jour, donnant naissance à des feuillages d'ivoire qui s'élèvent en spirale jusqu'au chapiteau. Dans l'étage supérieur, l'arcade qui occupe le fond est portée par doux colonncttes à bases et chapiteaux d'ivoire. 751 MONUMENTS EUROPÉENS, posant sur des socles réunis par une balustrade ; c'est le motr ^^i^fc" de Palladio qu'on retrouve à la basilique de Vicence. En ar*- mt-x- rière de cette arcade, il existe un renfoncement, dont la voût-^^ -atô en demi-berceau est portée par deux colonnettes engagée^^-^s faisant face à celles qui soutiennent la retombée de l'arcade^^-Be. Les panneaux, à droite et à gauche de cette arcade supérieure^^'**^, sont ornés d'un médaillon renfermant une composition traité-^^-^iéc en haut relief. Deux colonnes d'ordre composite à bases es^ et chapiteaux d'ivoire, dont le fût à la partie inférieure est ei richi de figures d'enfants, accompagnent chacun de ces neaux et soutiennent l'entablement. L'étage inférieur des ailes est décoré de deux panneau-*:^^**'!^ d'ivoire sculptés en haut relief. De chaque côté de ces pan -«r«' -an- neaux, des caryatides de ronde bosse, dont le buste est cl^:::^ en ivoire et la gaîne en écaille, soutiennent les chapiteaux quL^ t?^ portent l'entablement sur lequel pose l'ordre supérieur. Dans chaque aile, à l'étage supérieur, deux colonnes s'élc-^^ '^ vent au-dessus des caryatides; le champ renfoncé du panneai^ -^^^^** qui existe entre leurs piédestaux est orné de sujets traités ei^ ^^^ figures de ronde bosse et d'un élégant cartouche sculpté. U^ ^ — ^° bas-relief de la dimension de ceux qui existent à l'étage infé-^^^ rieur est placé entre ces deux colonnes. Les six grands bas-reliefs qui décorent les deux ailes of-^^^^ ' frent des compositions d'une belle ordonnance, et du travail le plus étonnant sous le rapport de la difficulté vaincue. Les deux faces latérales du monument sont flanquées. Tétage inférieur, de deux colonnes torses semblables à ceUes^^ qui décorent la partie en hémicycle, et à Tétage supérieur, consoles renversées en ivoire, enrichies de feuillages d'une grande richesse. Le couronnement du monument se compose d'une balus- trade divisée par seize piédestaux. Quatre de ces piédestaux qui s'élèvent au-dessus des colonnes des ailes portent des statues : la Religion, l'Humilité, la Charité et la Vérité; les autres sont surmontés de vases à flammes. Cette balustrade est interrompue, au centre du monument, par un groupe de deux amours qui soutiennent un écusson destiné à recevoir i MEUBLES, CABINETS ET COFFRETS. XVll» S. 75:» des armoiries. Au-dessus, deux lions, posés sur la balustrade, servent de support à un médaillon, où l'on devait sans doute graver une inscription. L'harmonie des proportions, la richesse des ornements, la délicatesse d'exécution des bas-reliefs font de ce meuble un véritable chef-d'œuvre en ce genre ; il est impossible dans une description d'en faire connattre toutes les beautés, mais la vi- gnette placée en tête do ce chapitre pourra du moins donner une idée de ses dispositions architecturales. Il renferme dix- huit figures de ronde bosse, dont trois statuettes de 17 centi- mètres de haut et quatre de 12 centimètres, quatre caryatides de 25 centimètres, six bas -reliefs de 17 centimètres de largo sur 8 centimètres de haut, trois cartouches sculptés en bas- relief, deux médaillons et deux panneaux renfermant des compositions traitées en ronde bosse. Les dés des piédes- taux, les frises et les encadrements des bas-reliefs sont, en outre, décorés de rinceaux et d'arabesques découpés à jour. Les sujets traités dans les bas-reliefs sont tirés de Thistoire de Joseph. — h. tôt. I m. I3 c. Long. I m. 43 c, L 46 cent. Ce meuble est placé sur une table en écaille incrustée de filets d'ivoire, qui est portée à ses extrémités par deux larges pieds contournés. 1508 — Autre cabinet semblable à celui qui vient d'être décrit et lui faisant pendant. = Les sujets traités dans les bas-reliefs sont également empruntés à l'histoire de Joseph. Les statuettes de la partie en hémicycle représentent la Foi, l'Espérance et la Charité ; celles du couronnement, la Puis- sance, la Justice, l'Abondance et la Générosité. Ces deux beaux meubles ont été apportés d'Espagne, où l'on savait par tradition qu'ils avaient appartenu au duc de Lerme, et que les villes des Pays-Bas les avaient fait exécuter, sur les dessins et sous la direction de Rubens, pour en faire hommage au premier ministre de Philippe IIL 1509 — Grande armoire en bois noir, à deux corps, ornée de bas-reliefs en ébène. = Chacun des doux corps s'ouvre à deux ventaux décorés de bas - reliefs et bordés de mon- 75fi MONUMENTS KLROPÈKNS. tants où sont pratiquées des niches renfermant des st^^-A' tuettes. La corniche est ornée do trophées et d'une tête < ^ ^^ lion. Le couronnement du meuble se compose d'un écusscn^ on armorié placé au centre, et de deux bustes casqués posés aui-^^—ii^ deux extrémités. Travail du commencement du xvii® siècle. — '- A l'intérieur du corps d'en bas, il existe une espèce de cs-i^:*^»" binet d'un travail beaucoup plus ancien. — H. 3 m. 30 c, Long, du corps sapériear I m. 8 c, du corps inférieur I m. 35 ceni. ^ ^• 1510 — Glace à biseau de Venise. = Elle est encadrée dam-^^^^^ une bordure noire à baguettes d'or, dont les écoinsons soiK:^==3)nt ornés de rinceaux en bois sculpté et doré — h. tôt. i m. lOc, l. 95 Travail de la fin du règne do Louis XIII. 1511 — Petit coffret en ébène. = Il est orné de deux reliefs en buis d'un travail très fin; l'un représente un co"^^'^*^*™" bat d'hommes nus, l'autre une danse d'enfants. Travail de la môme époque. — h. 3 cem., l. e. 1512 — Grand cabinet en marqueterie d'écaillé, de cui rouge et jaune et d'étain. = Le corps du meuble repose sk:^ ^^ une console soutenue par deux caryatides de ronde bosa^ ^se exécutées en bois doré. La partie centrale est occupée par un grand pannea-^^^^*** servant de porte. Quatre tiroirs sont étages au-dessus le^^ *^ uns des autres, à droite et à gauche de ce panneau. IHI^*^ sont encadrés par deux pilastres d'ordre composite qui por**^^'' tent l'entablement. Le meuble est couronné par un frontot-^^^*^'^ circulaire surmonté d'un vase chargé de fleurs qui est soutenu ^::nu par un groupe de satyres exécuté de ronde bosse en bois Deux autres vases à bouquets sont placés aux extrémités di^-^^ meuble, au-dessus des pilastres. Des enroulements en doré, découpés à jour, au milieu desquels se jouent des figure de satyres, sont disposés sur la tranche du meuble en deho des pilastres et complètent sa décoration. Le panneau centre, où se trouve figurée une représentation théâtrale dan le style grotesque , a été exécuté sur les dessins de Bé— rain, dessinateur de^ menus-plaisirs du roi, sous Louis XIV; il est gravé dans son œuvre. La face de chaque tiroir est MEUBLES, CABINETS ET COFFRETS. XVII" S. 757 enrichie d'un cartouche renfermant un sujet de la fable. L'ordonnance grandiose de ce meuble, la richesse de sa marqueterie, la belle exécution des sculptures en bois qui le décorent, en font un des plus beaux spécimens des œuvres de André-Charles Boule (1642 f 1732), célèbre ébéniste du temps de Louis XIV. —h. tôt. 3 m., Long, i m. AM cent., L. 49 cent. 1613 — Console en bois sculpté et doré de la fin du règne de Louis XIV.— II. 82 cent.. Long. 4 m. 23 cent., L. 49 cent. 1514 — Coffret de forme oblongue en ébène. = Le dessus et toutes les faces sont enrichis de mosaïques de Florence en pierres de couleur, sculptées en relief; sur le couvercle, deux oiseaux posés sur des branches chargées de fruits ; sur les deux faces principales, des oiseaux de formes et de couleurs variées ; sur les côtés, des branches feuillues d'arbustes en fleurs. Les panneaux sont encadrés dans des moulures en bronze doré. —h. 25 cent., Long. 38, L. 22. $ ni. OBJETS USUELS. 1515 — Peigne en ivoire, décoré de deux bas-reliefs. = D'un côté, un guerrier conduit un quadrige ; de l'autre, deux cavaliers fondent l'un sur l'autre, la lance en arrêt. Ces bas-reliefs sont assez usés pour ne pas permettre de distinguer exactement le costume des personnages, mais les entrelacs nattés et les guirlandes de perles dont ils sont en- cadrés rappellent les ornements du style byzantin. Le char à quatre chevaux, qui n'a jamais été employé dans l'Occident et dont les Grecs du Bas-Empire ont conservé si longtemps lusage dans les jeux du cirque, doit faire supposer que cet objet est de provenance byzantine. La date de sa confection peut être fixée à une époque anté- rieure au XI® siècle. — H.de8bas^reliefs45raill.,Long. 90. 1516 — Autre peigne en ivoire orné de deux bas-reliefs. = D'un côté , l'attaque du château d'Amour défendu par deux femmes ; l'un des assiégeants porte le bassinet conique sans ventail et le haubergeon de mailles recouvert de la cotte d'armes. De l'autre côté, un jeune homme est aux genoux 758 MONUMENTS EUROPÉENS, d'une jeune fille que Cupidon vient de frapper d'un trw '^*» cinq personnages se tenant par la main assistent à cette scèn — ^^* dont le sujet est tiré d'un roman de l'époque. Les femmes poi^c3T- tent la longue robe traînante serrée à la taille et les cheyei^^-s^ flottants. Ces costumes sont ceux de la fin du xnf^siècW^.Hle; ils se trouvent reproduits dans les miniatures de plusiea.^cuaiB manuscrits des xni*^ et xrv*^ siècles. On peut donc regarder objet comme une production de la fin du xaf siècle ou des pre- mières années du Xrv^. — h. des bas-reUefâ 4 cent.. Long. 13. 1517 — Peigne en bois. = Il est sculpté à jour et orné ^ de marqueterie d'ivoire de diverses couleurs. Travail italien du xiv^ siècle— h.^g cent., Long. îo. Il provient du cabinet de M. Alexandre Lenoir. 1618 — Autre peigne en bois, également découpé à jour. =^ -= Au centre est sculpté un cœur enflammé, percé d'une flèch-tf— Ae- Travail français du xv*^ siècle, —h. i6 cent., Long. m. 1619 — Un grifîon ailé en cuivre, servant de fontaine. Ouvrage allemand du commencement du xv*^ siècle h. se cm -^^^m'- 1620 — Un lion en cuivre, destiné au même usage. ==' = L'anse est formée par la queue du lion et par un animal ch^^""^^'" mérique qui se tient debout sur son dos. Travail allemand de la même époque. — h. S7 cent. 1521 — Boîte carrée, sculptée et découpée à jour, destina .^léa à renfermer des lettres. Travail du xv* siècle, de la même fabrication que le peigtBB T**® n® 1518. —H. 46 cent., L. 7. 1 522 — Boîte plus petite du même genre, à cinq pans, couvercle représente une coquille, —h. 4* cent., l. e. 1623 — Couteau et fourchette à deux dents, et un décoïc:::^" poir à large lame plate, pour servir la pâtisserie. = Les msa^^^' ches, en ambre, sont terminés par un pommeau en ivoir^^^ décoré de petits bas -reliefs très finement exécutés, plac^^ sous une feuille d'ambre transparente, xvi^ siècle. 1624 — Couteau et fourchette à deux dents à découper, et deux grands découpoirs à large lame plate, pour servir U OBJHTS USUKLS. XVI" S. 759 pâtisserie. = Les manches, en cuivre» sont incrustés d'une fine mossûique. 1525 — Ciseaux en fer, = L'étui est couvert de rinceaux finement ciselés en relief. 1 526 — Ciseaux en fer gravé et doré. 1527 — Étui en fer couvert d'ornements et de médaillons damasquinés en or. Il renferme un grattoir et deux canifs. 1 528 — Cuiller de poche à deux fins, en ivoire. = La tige est formée par une colonne quadrangulaire, surmontée d'une figurine de la Vierge, tenant dans ses bras l'enfant Jésus. Cette tige est terminée à la partie inférieure par une four- chette, dont les pointes s'insèrent dans de petites gaîncs pla- cées sous le cuilleron. Le manche est brisé vers la bifurcation de la fourchette, ce qui permet, en faisant glisser un petit fourreau mobile, de rabattre la tige sur le cuilleron, ou do la fixer dans la position directe en ramenant le fourreau sur la charnière. Ce petit ustensile est finement sculpté dans toutes ses parties. Il i^partient par le style de ses ornements au commencement du xvi^ siècle. 1529 — Cuiller en ivoire. = Le manche est formé par une figurine représentant un roi à cheval, derrière lequel s'élève un arbre. 1 580 — Cuiller en ivoire. = Le manche reproduit un arbre branchu, au devant duquel le roi David assis dans un char. 1 531 — Cuiller en ivoire. = La figure d'un archer, adossé à un arbre touffu, forme la tige. 1532 — Couteau et fourchette à deux dents dans une gaîne en ivoire. = Les manches en ivoire sont formés par des figu- rines, homme et femme, qui portent le costume du temps de Charles IX. La gatne est sculptée en relief. D'un côté, le roi David jouant de la harpe ; de l'autre, l'Espérance, sous la figure d'une femme nue, tenant une ancre. Le reste du champ est décoré de masearons et de divers ornements. — h. ss cent. 1533 — Six cuillers. = Les manches sont formés par de petites figures de 6 centimètres de liauteur, qui portent les 760 MONUMENTS EUROPÉENS, costumes du temps de Charles IX; elles représentent un prince couronné; un soldat armé d'une arquebuse à rouet; un joueur de flClte ; un tambour ; un guerrier portant on bouclier orbiculaire; un soldat tenant une lance. 1534 — Une paire de couteaux. = Les manches en bois sont sculptés circulairement en haut relief. L'un représente Diane au bain ; Tautre, Actéon dévoré par les chiens. 1535 — Eventail entièrement en ivoire sculpté et découpé à jour. = On y a représenté des personnages qui portent fe costume du temps de Henri III. Travail qui paraît avoir été fait dans Tlnde sur des dessins envoyés de TEurope. 1536 — Botte à porter le vin*. = Espèce de gobdet de voyage en cuir gaufïré et doré. — h. 26 cent. 1537 — Vase à deux anses, de forme antique, en cuifie doré. = Il est orné de mufles de lions et de mascarons h. s o«l 1538 — Porte-coupe en cuivre doré. = Le pied est dé- coupé à jour et bordé de masques ciselés. — h. e cent 1539 — Cuiller en bois. = Le haut du manche représente le buste d'un homme barbu, se terminant en terme. 1540 — Manche de cachet. = Six colonnettes détachées, qui occupent la partie supérieure, sont surmontées de têtes supportant une couronne fleurdelisée. Dans la partie infé- rieure, on a représenté la crucifixion et tous les instruments de la passion, exécutés en bas-relief. Travail allemand. — h. ôtres, et, au-dessous, le monogramme W. G. W. et la date de 1615. —Long. 10 cent. 1546— Deux présentoirs en bronze colorié, faisant pen- dants. = L*un figure un homme en costume de cavalier du temps de Louis XIII ; Tautre, une femme en costume de ser- vante. _ h. Ucent. 1547 — Petit couteau de la forme appelée vulgairement eustache. =L.e manche en ivoire représente Judith nue tenant à la main la tête d'Holopherne. — u. 4o cent. Travail de Tépoque de Louis XIII. 1548 — Couteau et fourchette à deux dents. = Les man- ches, sculptés en ivoire, sont pareils. Ils représentent Adam et Eve auprès de Tarbre de la science ; Eve reçoit la pomme que loi donne le serpent. Ouvrage de la même époque. 1549 — Couteau et fourchette à deux dents. ^ Les man- ches sont sculptés en ivoire ; celui de la fourchette est formé par un groupe de trois enfants ; celui de la cuiller par un piédestal orné dune guirlande de fruits, sur lequel sont deux petits lutteurs exécutés de ronde bosse. Même époijue. 1550 — Cuiller. =Le cuilleron est en vermeil ; le manche, en ivoire, est formé par un buste de femme en terme. Une VJ ut MONUMENTS EUROPÉENS. tète de dauphin termine la gatne et sert de point d attadie au cuilleron. Même époque* 1551 — Manche de couteau en bois sculpté, formé par un groupe de cinq enfants. ~ h. 8 cent. 1552 — Couteau et fourchette. = Las maûcbes, en bois sculpté, sont formés de groupes de figures traités en haut relief; l'un représente la mort d'Absalon ; Tautre, David te- nant à la main la tète de Goliath. 1553 — Fuseau en ivoire. = LaHéte figure un groupe de petits personnages échelonnés les uns aa-dessus des antres. 1554 — Deux flambeaux en bois. = Le pied est couvert de rinceau]^ élégants gravés en relief. — h. n cent. ] 555 — Douze manches de couteaux en bois. = Ils repré- sentent les douze apôtres. Figures en pied de ronde bosse. 1556 — Etui de cuiller en coco. = Il est couvert de sujets de chasse, de feuillages et d oiseaux gravés en relief. 1557 — Cuiller en bois. = Elle est décorée de sculptures où les sujets sacrés sont mêlés à des sujets profanes. LernsD^ che est composé de trois groupes élevés au-dessus les uns des autres : un singe qui mange une pomme, la Vierge debout avec l'enfant Jésus dans ses bras, un homme et une femme nus se tenant embrassés. ATintérieur du cuilleron, oii Ton a représenté deux amours occupés à scier un cœur, on lit, gravées sur un Kstel, des in- scriptions allemandes, dont voici la traduction : *« Je partage mon cœur avec toi; si tu le brises, queDi«tt «♦ alors se venge sur toi. — On ne pourrait savoir combien j« •« t'aime de tout mon cœur. « A l'extérieur du cuilleron, une femme présente un vidre^ come à un cavalier qui porte le costume des grands seigneurs du temps de Louis XIV. Cette grarore, en relief, est entourée d'une inscription allemande dont voici ia traduction : *« Mon bien-aimé pour to^jottrs, accepte ee que je t'ea^ti^^' >« si le don est peu important, Dieu sait qu'il vient du ocenr.^ OBJETS USUELS. XVIII» S. 7^3 *« O toi, mon beau Timian, je te salue, reste-moi constant à - tout jamais, mon bien-aimé. » Travail du temps de Louis XIV. 1668 — Boîte de forme ronde en ambre. = Le dessus, qui est aplati, est décoré d'un bas-relief : une jeune femme cou- chée, portant le costume antique, entourée d amours. Le des- sous, de forme hémisphérique, est couvert de feuillages, au milieu desquels sont sculptés, en fort relief, des chiens pour- suivant un lièvre. — d. 9 cent. 1669 — Gros étui en ivoire ; il est couvert de sujet» gra- cifiux^ gravés en relief et encadrés dans des ornements traités dans le style de la fin du régne de Louis XIV. —Long. i« cent. 1660 — Petit étui en ivoire sculpté et découpé à jour, de la même époque. —Long. It cent. 1661 — Deux vases en ivoire, découpés à jour. =Des petits amours se jouant au milieu d'ornements mpoâés de fleurs, «le fruits et d'anitaaux de toute espèce, sont finement sculptés sur le couvercle et sur la panse. — h. îb cent., d. ss min. 1662 — Pot à bière en ivoire, avec anse et couvercle. =? Ouvrage de tour à godrons, du commencement du xviii^ siècle. —H. as cent. 166S — Casse-noisettes en bois. = 11 est formé d'un masque grotesque se terminant en gaine. — l. 31 cent. 1664 — Etui à lunettes en bois sculpté. =De chaque côté, un médaillon entouré d'arabesques et renfermant un portrait. 1666 — Casse-noisettes en bois sculpté. =11 est formé par une tète barbue, terminée en gaine feuillagée. — l. s3 cent. 1 666 — Tablettes en ivoire. =: La couverture des deux côtés est finement sculptée et découpée à jour ; l'artiste y a repré- senté des bergères au milieu de fleurs et d'ornements dans le style de l'époque de Louis XV. — h. io cimt., l. 6. 1667 — Boite à mouches, de forme ovale, en ivoire. =Elle est surmontée d'une figure représentant un Indien. Un flacon existe dans l'intérieur de cette figure. — h. 6 oeot. 1668 — Eventail en nacre gravée, découpée à jour et dé- 764 MONUMENTS EUROPÉENS Corée de sujets coloriés. = Sur les branches extérieures, des personnages et des ornements sculptés en relief. Sur le vélin, une gouache représentant l'intérieur d'un parc où se promè- nent des personnages qui portent le costume du commence- ment du règne de Louis XV. 1569 — Eventail en nacre découpée à jour, avec applica- tion de sujets, de fleurs et d'ornements en or. = Sur le vélin, une gouache représentant Zéphir posant une couronne sur la tête de Flore. Epoque de Louis XV. 1 670 — Eventail en ivoire découpé, avec application d'or- nements sculptés à jour, en nacre de perle. = La réunion de toutes les branches de l'éventail forme un cylindre où se trouve placée une petite montre. Le vélin est décoré de pein- tures : danse de paysans d'un côté ; de l'autre, un paysage et des fleurs. Même époque. 1571 — Éventail en nacre découpéeà jour, avecapplicationde sujets et d'ornements en or. =Sur le vélin, Vertumne méta^lO^ phosé en vieille, cherchant à séduire Pomone. Même époque. 1572 — Éventail en nacre découpée à jour, avec application d'or. = Les branches sont décorées de médaillons où sont re- présentés, en or, des personnages portant le costume de l'é- poque de Louis XV. Sur le vélin, un sujet mythologique. 1573 — Éventail en ivoire découpé à jour et rehaussé d'or.= Sur le vélin, peinture à la gouache représentant deux jeunes amants auprès de l'autel de l'Amour. Époque de Louis XVI- 1574 — Éventail en vernis de Martin. =: D'un côté, un bal masqué ; de l'autre, un concert dans un jardin. Martin, peintre en voiture au commencement du règne de Louis XV, trouva le procédé d'un vernis, espèce de laque, très fin, qu'il appliquait sur bois et sur cuivre. Ses jolies peiU' tures ornaient principalement des tabatières, des éventails > des étuis et autres objets à l'usage des dames. Il a cherché ainsi à imiter les laques de la Chine et du Japon. 1575 — Eventail en vernis de Martin. =D'un côté,onare- présenté un bal masqué ; de l'autre, un paysage. Dans le bas OBJETS USUELS. XVIII» S. 765 et sur la partie extérieure des branches, sont des médaillons renfermant des portraits de femmes. 157 6 — Pomme de canne . bec de corbin , en vernis de Martin . = Fleurs et oiseaux sur fond d'or. Elle est montée en or, et renferme un petit appareil de télescope. 1S77 — Etui en vernis de Martin, fond rouge, à dessins et étoiles jaunes. 1578 — Etui en vernis de Martin, à raies rouges et blanches. 1579 — Etui en vernis de Martin, fond d'or guilloché, àraies vertes. Il s'ouvre des deux côtés et contient un flacon. 1 580 — Étui en vernis de Martin. Fond d'or à raies blanches. 1581 — Étui en vernis de Martin. Enfants faisant de la musique. Peinture sur fond vert clair. 1582 — Etui en vernis de Martin. Des amours voltigent au milieu de guirlandes de fleurs. Peinture en camaïeu sur fond olive. 1583 — Étui en vernis de Martin. Fond rouge à raies blanches horizontales. 1581 — Étui en vernis de Martin. Chien en arrêt dans un fourré. Peinture sur fond d'or. 1585 — Étui en vernis de Martin. Danses de paysans sous des arbres ; grisaille sur fond vert d'émeraude. 1 586 — Etui en vernis de Martin . Paysage et fleurs, en or et argent, incrustés sur fond rouge laque, à l'imitation du laque de la Chine. Tous les étuis ci-dessus décrits sont garnis en écaille à l'intérieur et sertis d'or. 1 587 — Boîte de forme contournée. = Elle est en vernis de Martin fond noir, imitation du laque de la Chine à dessins pi- qués d'or. A l'intérieur , un petit plateau décoré dans le même style. Fermeture et charnière en or. - h. es mui. 1588 — Boîte de forme rectangulaire, en vernis de Martin, à l'imitation du laque du Japon. =Sur le couvercle, un magot appuyé sur un léopard ; sur le pourtour, oiseaux et feuillages; 7M MONGUENTS UUROPfcENX. les sujets, in relief, sont exécutés sur fond d'or vert, en n rouge. — H. » renl., Lung. B., L. î, 1 &89 — Petit plateau rond, festonné, en Terai»de Martis, i l'imita^oD du laque du Japon. =: Personni^s. oiacaoïct arbustes eu burgau de dÎTerses nuances snrfond d'or. - ». tmm. 1 Û90 — Botte ronde en remis de Martin. = Sur le Mu*er- cle, quatre paysans attablés dans un cabaret ; sur le fond, an fumeur assis charge sa pipe ; sur le pourtour, quatre eR&Dts fumants ; peintures exécutées d'après l'école allemande. La boIt« est doublée en écaille. — h. « L-cni.. n. ». 1581 — Canne en ivoire. = La tige est d'un seul morceau. La pomme est finement travaillée. Epoque de Louis XVI. 1 592 — Casse-noisettes en bois, reproduisant un bas!* Je mendiant terminé en gatnc. — ii. u «m. 1593 — Poignée de canne. = Elle est décorée de deux tAes de chiens, exécutées de ronde bosse. 1 59 1 — Botte de forme ronde. ^ Sujets dans le genre de Watteau , peints sur fond d'or. Cotte botte, qu'on poHtrwt croire exécutée par Martin, provient d'un artiste qui a chereh^ et imiter son vomis. - h. u mm., d k. DEUXIEME PARTIE. MONUMENTS ORIENTAUX. SCULPTURE. ^ I. SCULPTURE EN BOIS. Ouvrages chiDois 1 59Ô — Statuette en bois laqué et doré. = Bouddha élevé sur une estrade et assis sur un lotus. Sa tête se détache sur one auréole ovale, qui sert de fond. La statuette est renfer- mée dans une pagode de forme ovale, s'ouvrant à deux ven- taux. Cette espèce de niche est dorée intérieurement et laquée en noir à l'extérieur. — h. m ceot. , l. it. Cet objet provient da cabinet de M. Dcnon, Cai., n" 1325. 1596 — Statuette en bois de santal. = Divinité Iionddhi- que. Elle est drapée dans un long vêtement et tient on sou~ tc/um (mot qui signifie perks qw Fort compie), espèce de cha- pelet. _ U. IB MDI. Ii97 — Groupe en bambou. = Un vieillard debout sur un rocher, tenant une branche feuillée de lotus. Près de lui 768 MONUMENTS ORIENTAUX. est un enfant qui tient une grenouille renfermée dans une corbeille. — h. 28 cent. 1 598 — Statuette en bois de santal. = L'un des sages de la Chine; il montre le ciel de la main droite, et foule à ses pieds la tête d'un dragon. — h. ao cem. 1699 — Statuette de bois de santal. = Lao-tseu, célèbre philosophe chinois, fondateur de la secte des Tao-ssé, qui compte plus de cent millions d'adeptes. Il naquit dans la troi- sième année du règne de l'empereur Ting-wang, de la dy- nastie des Tchéou, vers Tan 604 avant l'ère chrétienne, et vint au monde, dit sa légende, avec des cheveux blancs, ce qui lui fit donner le nom de Lao-tseu, mots qui signifient Tenfant- vieillard. Il mourut à l'âge de 81 ans. Ses sectateurs préten- dent qu'il s'éleva au ciel sur un bufQe noir*. — h. a cent. 1600 — Groupe en bois laqué et doré. = Un homme ri- chement vêtu, assis sur un rocher. Près de lui est un enfant qui tient un poisson. — h. 24 cent. 1601 — Statuette en bois de santal. = Un guerrier tar- tare. —h. iscem. 1602 — Statuette en bois de santal. = Celui des huit im- mortels qui est représenté boiteux ; il s'appuie sur une bé- quille et tient à la main une espèce de gourde, —h. h cent. 1603 — Statuette en bois peint. = Un vieillard barbu, de- bout; il tient à la main une espèce de chasse-mouches. S& coiffure est surmontée d'un fruit, —e.u cent. 1 604 — Figurine en racine de bambou. =Un buffle portant un enfant sur son dos. —h. m miii. 1605 — Figurine en racine de bambou. = Un personnage accroupi . Socle en bois de fer. — h. s cent. 1606 — Figurine en racine de bambou. = Un enfant af- fourché sur un crapaud chimérique. — h. s cent. 1 607 — Figurine en racine de bambou. = Un animal chi- (1) On peut consulter sur Lao-tseu et sa doctrine le Livre det ri' compenses et des peinei, traduit du chinois par M. Stanislas Jalien* Paris, à la librairie de Benj. Duprat, 1835, in-8®. SCULPTURE EN BOIS. 769 mérique tenant son petit dans ses pattes. Ce groupe, évidé en dessous et doublé d'une feuille d'argent, sert de coupe. — H. 6 cent. 1608 — Statuettes en bois laqué et doré. = Deux grues. Elles sont posées sur socles en bois d'ébène. — h. tôt. 46 cent. 1609-^ Vases à parfums, de forme cylindrique, en bambou. = n est décoré de sculptures en bas-relief représentant deux 4ames richement vêtues. ^ h. locem., d. 4. 1610 — Pi'iong (porte-pinceaux) en bois de bambou, de forme cylindrique. = Le pourtour est couvert d'un bas-relief représentant un paysage animé par des groupes de figu- res.—h. 43 cent., d. 6. 1611 — Sceptre en bois d'aloès sculpté à jour. =11 figure une branche de vigne chargée de raisin. — h. 35 cent. 1612 — Une feuille de lotus exécutée en racine de bambou. =Elle est repliée sur elle-même, et renferme un fruit et plu- sieurs petits animaux. — H. 5 cent., l. s. \ II. SCULPTURE EN MATIÈRES TENDRES. Ouvrages chinois. 1613 — Agalmatolithe blanche (vulgairement nommée pierre de Zard). = Divinité bouddhique. Elle est revêtue d'un riche costume, et tient un sou-tchou et un volvmen. Elle est posée sur une roche en agalmatolithe-onyx. — h. 21 cent. Cette jolie statuette est reproduite dans le cul-de-lampe qui termine le chapitre de la sculpture. 1614 — Agalmatolithe blanche. = La même divinité assise sur un rocher. — h. 44 cent. 1615 — Agalmatolithe rose. = Divinité assise. Elle porte un riche costume bordé d'ornements gravés et dorés. Socle en agalmatolithe noire. — 11. 40 cent. 1616 — Malachite veinée d'azur. = Tong-fang-sou, philo- sophe chinois qui a écrit sur la mythologie. Il est représenté debout, se tenant la barbe d'une main et portant de l'autre une branche d'arbre chargée de fruits. Une inscription en SCULPTURE. MATIÈRES TENDRES. 77t r^résentant un paysage enrichi de fabriques ; deux cigognes volent au-dessous des nuages. Le sujet se détache sur un fond violet. _ H. 48 cent , L. U. 1629 — Agalmatolithe verte. = Une grappe de raisin sculp- tée en bas-relief .— H. 7 cent., l. 47. 1630 — Schiste argileux onyx, à cinq couches. = Bas-relief figarant un rocher et deux branches de fleurs qui se déta- chent sur un fond violet foncé. — h. ss cent., l. i8. 1631 — Agalmatolithe verte. = Pi-iong sculpté à jour ; il re- présente plusieurs branches de vigne feuillues et chargées de raisins, —h. 15 cent. 1632 — Schiste argileux onyx, à cinq couches. = Bas-relief. Un tronc d'arbre dont les rameaux sont en fleurs ; en arrière, une branche fouillée de bambou, se détachant sur un fond violet foncé. - h. 28 cent , l. «. ^ III. SCULPTURE EN IVOIRE. 1 . — Ouvrages chinois. 1633 — Boîte de forme ovale. z==Elle est ornée sur toutes ses faces de bas-reliefs représentant des sujets et des fleurs. A l'intérieur , une théière entourée d'arbustes chargés de fruits, sculptée de ronde bosse, —h. 4 ceat.. Long. 10. Elle est posée sur un pied en bois de fer découpé à jour. 1634 — Boîte de forme cylindrique sculptée sur toutes ses faces. =Sur le couvercle, plusieurs personnages dans un jar- din enrichi de fabriques. Sur le pourtour et sur le fond, des branchages d arbustes en fleurs sur lesquels sont perchés des oise£(ux. Tous les sujets se détachent sur un fond de fines découpures à jour. — h. 6 tem., d. s cent. 5 mUl. 1635 — Boule sculptée à jour.=Sa surface présente douze cartouches renfermant des personnages, des fleurs et des ani- maux sculptés en bas-relief sur un fond découpé à jour. Ces cartouches sont séparés par douze trous, qui permettent de voir dans l'intérieur onze autres boules les unes dans les au- tres, toutes cvidécs dans la masse de la première, percées SCULPTURE EN BRONZE. 77S 1644 — Statuette. = Un Bodhisatva, personnage accroupi, absorbé dans la contemplation. — h. e cent. 1645 — Statuette. = Un élépbant portant sur son dos un nuage en bois de fer, qui soutient un disque en jade. Il est élevé sur un socle en bois, travaillé à jour. —h. toi. u cent. 2. — Ouvrages indous. 1646 — Statuette. = Vichnou, seconde personne de la trimourti, ou trinité indienne. Il est représenté debout, portant sur la tête une mitre élevée, et couvert > depuis la ceinture jusqu'aux pieds, d'un fantastique et riche vête- ment. Son buste nu est chargé de colliers. La jeunesse et la vigueur se dessinent dans son extérieur ; il a quatre bras et quatre mains ; dans une main il tient une massue, dans une autre une sorte de roue [trancha], qui est une arme propre & être lancée ; dans la troisième, un diamant, symbole de la ri- chesse: la quatrième est ouverte dans l'action de bénir. Ses pieds reposent sur un lotus, —h. it cent. 1647 — Statuette. = Bala-Krischna, frère de Krischna, représenté enfant. Il s'appuie sur la terre avec une main; de l'autre il tient une boule, —h. 55 miu. 1643 — Statuette. = Bala-Kriscbna. Il danse tenant une boule à la main. ~h. h cent. 1649 — Satuette. = Bala-Krischna dans la même attitude ; seulement l'un de ses pieds pose sur une conque. — h. 13 cent. 1660 — Statuette. = Vira-Bhadra-Mahadeva (Siva, troi- sième personne de la trinité indienne) dans l'une de ses incar- nations. Le dieu est représenté debout avec quatre bras; sa tête est mitrée, le haut du corps est nu. Un sabre, un poignard, on arc arment trois de ses mains, la quatrième s'appuie sur un bouclier. Une espèce de chapelet composé de crânes des- cend de sa ceinture sur ses genoux. Ses pieds reposent sur le lotus. —H. 16 cent, atec le socle. 1651 — Figurine. = Pancha-Muki-Siva (Siva dans l'une de ses incarnations). Le dieu est représenté debout sur un lotus, avec cinq têtes mitrées et dix bras. — h. 9 cent. li 1. PEINTUHG En DÉIBEHPK. 1 . — OavngM cUawa. 1656 — Album petit in-folio renfermant seize figures de personnages, hommes ou femmes, de dliTérentea conditions. Gouaches sur papier. 16Â7 — AJbnm in-i" reafenaant dix paysages. Gouaches sur gaze de soie. 1^8 — Deux feuilles d'arbre swlesqueUee on s p«iftt des personnages revéïtus de riches oastumes- C^ gouapes Mot vatSenaétB dans l'album n' I664- -«■ n ceai., lmc.4i. 1 659 — Une dune assise dans «n kiosque él^aat ; derrière rile vne j«une fille tient un vase d'or sur un plateani 4e laque. Aquarelle sur vélin, encadrée, —h, m rem., i.. m PEINTURE EN DÉTREMPE. 77? 12^ Second avatar do Vichnou. Les dieux ot les géants voulant se procurer l'immortalité en mangeant de Tamrita, beurre délicieux qui se formidt dans la mer de lait, avaient transporté dans cette mer la montagne Mandreguiri. Ils len- tourérent du serpent Adisécha, qu'ils tirèrent les uns par la tête, les autres par la queue, avec tant de rapidité, qu'Adisé- cha n'y put résister, et vomit du poison. Les dieux et les démons s'enfuirent, mais Vichnou s'empara de ce poison, il s!en frotta le corps et devint tout bleu. Les dieux et les géants se remirent & l'œuvre ; après mille ans de peine, la montagne allait s'enfoncer dans la mer, si Vichnou ne se fût métamor- phosé en tortue pour la soutenir sur son dos. Alors on vit sortir de la mer la vache Camadhenou, le cheval à sept tê- tes, l'éléphant, l'arbre Calpa vritcham, Laschmi, déesse des richesses dont Vichnou fit sa femme, Sarassouati que Brahma épousa, et le médecin Danouvantari qui portait un vase d'am- rita. L'artiste a représenté cette dernière scène de l'avatar dans lequel Vichnou prend le nom de Kurma. 13® Vichnou métamorphosé en sanglier, ou du moins ayant pris la tête d'un sanglier et le corps humain, attaque Paladas qui avait emporté la terre au fond de l'Océan. Après avoir vaincu ce géant, il prend la terre avec ses défenses et la pose sur la surface des eaux. Vichnou reçoit le nom de Varaha dans ce troisième avatar. 14® Dans le quatrième avatar, Vichnou, sous le nom do Narasingha , avait pris la tête d'un lion et le corps d'un honmie pour vaincre le géant Hiranyacasipa, qui avait reçu de Brahma le privilège de n'ôtre tué ni par un dieu, ni par un homme, ni par un animal. Le dessin représente Vichnou sous la figure d'un homme à tète de lion, ouvrant le ventre du monstre qu'il a saisi. 1 5® Vichaou, métamorphosé en brahme nain, sous le nom de B&mana, se présente devant le tyran Bali qui avait usurpé la souveraineté de la terre, de la mer et du ciel, et avait reçu de Brahma la promesse qu'aucun être ne pourrait le déposséder par la force. Le nain demanda à Bali de lui donner, pour bâtir une cabane, l'espace qui) pourrait enjainbcr en trois pas. Bali PEINTURE EN DÉTREMPE. 770 ont pour 8ujet6 les douze mois de Tannée représentés par des allégories : Le l^^ Baisakh, d'avril àjnai, saison des fleurs : 1 eyentail. Le 2®, Jeth, de mai à juin, saison des fleurs : le chasse- mouche. Le 3°, Açarh, de juin à juillet, saison des pluies : 1 orage. Le 4^, Satvan, de juillet à août, les plaisirs de l'été : le jeu de la balançoire pendant la nuit. Le â®, Bhadon, d'août à septembre : le lever de la lune. Le 6*^. Kauar, de septembre à octobre : la promenade à cheval et à dos d'éléphant. Le 7*, Kaiic, d'octobre à novembre : le jeu de nard, sorte de jeu de dames. Le 8^, Aghan, de novembre à décembre : amusements de la saison. Le 9*^, Pom, de décembre & janvier, l'hiver : le brasier. Le 10®, Magh, de janvier à février, le temps de l'ananas. Le 1 !•, Phagoun, de février à mars : le jeu du holi; car- naval de l'Inde, qui a lieu dans ce mois. Le 1 2®, ChoùU, de mars 4 avril : kiosque printanier. Chaque dessin est accompagné d'une explication en hin- douBtani. 166S — Album in-folio, renfermant trente-cinq gouaches où sont représentés, par des sujets allégoriques, trente-cinq râg {modes musicaux primitifs) ou ragni {modes dérivés) de la musique indoue. Dans l'Inde, chaque mode musical a une destination spé- ciale; tel mode est employé dans les hymnes qui se chantent devant les statues des dieux ; tel autre dans les chants belli- queux ; eelui-ci pour exprimer l'amour, celui-là la douleur. L'artiste a donc représenté chacun des modes par un sujet qui s'y rappcnrte. Ainsi les deux premiers modes bhmroun et bhaï- roui, qui sont usités dans les chants reMgieux, sont figurés, le premier par de jeunes filles occupées à charmer les loisirs du grand dieu Mahadeva, le second par de jeunes Indiennes on adoration devant le Linga. Chaque dessin est accompagne de quelques vers qui en PEINTURE EN DÉTREMPE. 78i Le 16® Diçakh. Jeunes filles qui se livrent à des exercices gymnastiques. Le 17® Déogandhar. Amant devenu jb^i (pénitent indouj par désespoir. Il dicte à un secrétaire. Le 18* Madhoumâham. L'orage. Le 1 9^ Dipag. Krischna et Radha joignent au plaisir d'être auprès lun de l'autre le charme de la musique. Le 20® Dhanasrî. Femme dans l'attente de son amant. Le 21® JTanra. Krischna tient à la main une dent qu'il vient d'arracher & un éléphant. Devant lui un poète et un enfant chantent ses louanges. Le 22® Bararî. Jeunes amants qui jouent ensemble. Le 23® Pourhi. Désespoir d'amour. Le 24® Srirâg. C'est le râg par excellence, celui dont on se sert de préférence pour chanter devant les dieux. Rama et Sita sont assis sur un trône ; un musicien & tète d'âne chante & genoux devant eux, une femme l'accompagne sur le bin, La gravure de ce dessin est reproduite en tète de ce cha- pitre. Le 25® Pancham. Femme qui se console, avec ses compa- gnes, de l'absence de son amant. Le 26^ Asawari, Une jeune fille, qui n'a pour tout costume qu'une ceinture de feuillage, fait danser des serpents au son de la flûte. Le 27® Bangali. Jeune fille en prière, dans l'attente de son amant. Le 28® Kamodni. Jeune fille inquiète de l'absence de son amant. Le 29® Kédara, Faquir dans un kiosque sur le Gange. Le 30® Meghmalar, Krischna au milieu des gopis. Le 31^ Malari. Femme délaissée par son amant et devenue joguini (pénitente). Le 32® Goujri. Jeune femme jouant du bin et pleurant l'ab- sence de son amant. Le 33® Gaurmaiar, Femme qui charme ses ennuis en jouant du bi7{. PEINTURE EN DÉTREMPE. 783 un diable rouge. Un autre diable marche devant Tanimal, en soufflant dans un instrument d'où s'échappent des flammes. Aquarelle encadrée. — h. is cent., l. 24. 1667 — Un dieu, sous la figure d'un jeune homme ailé, est affourché sur un buffle. Il tient à la main une béquille. Le buffle est composé dé l'assemblage, bizarrement disposé, d'une foule d'animaux. Il est précédé par un diable cornu. Aquarelle encadrée. — h. is cent., l. 33. 1668 — Combat de deux éléphants noirs. Chacun de ces animaux porte sur son dos un personnage et un esclave cor- nac ; un grand nombre d'Indiens cherchent à les séparer, soit en leur jetant de Teau, soit en dirigeant sur leurs trompes le feu de pièces d'artifice. Les cornacs sont armés du harpon dont on trouve un modèle dans la collection, n** 2000. Aquarelle encadrée. — h. is cent., l. 24. • 1 669 — Un homme et une jeune femme à une fenêtre. Aquarelle. — h. u cent., l. s. 1670 — Une femme accroupie tenant un câlyoun. Un enfant est auprès d'elle. Miniature. ~ h. ss miu., Long. 70. 1671 — Deux femmes assises; l'une joue du tambourin, l'autre d'un instrument à cordes. Miniature ovale. — h. ss mui., l. m. 1673 — Six miniatures rehaussées d'or sur médaillon de forme ronde en ivoire. = Un souverain sur son trône ; trois éléphants sont conduits par des cornacs, celui du milieu porte un palanquin qui renferme un personnage ; un cavalier com- battant un fantassin ; un officier affourché sur un taureau ; un autre officier à cheval portant le turban du souverain ; un of- ficier aussi à cheval, tenant à la main un papier sur lequel est écrit en caractères persans ^\yi Baral, lettre. — d. eo cent. 1673 — Timour - Lengh ( Tamerlan ) , célèbre conquérant mogol, né en 1336, mort en 1405. 1674 — Baber, petit-fils de Tamerlan, fondateur de l'em- pire des Mongols en 1505. PEINTURE EN DÉTREMPE. 785 1688 — Un prince mogol. 1689 — Tippo-Saïb. souverain de Mysore et des Marattes, succéda & son père Hyder^AH et fiit tué en 1799 sur les rem- parts de sa capitale, on combattant contre les Anglais. Les dix-sept portraits dont la description précède, peints en miniature, ont tous la forme ovale. ~ h. 85 mui., l. to. $ II. PEINTURE SUR VERRE. Ouvrages chinois. 1690 — Un jeune homme, tenant un oiseau sur le bras, fait la cour à une jeune fille, et lui présente une pipe. Dans le fond, on aperçoit un fleuve dont les bords sont animés par des fabriques. — h. si cent., l. 4i. 1691 — Un mandarin, tenant un oiseau sur le poing, s'ap- proche d'une jeune femme qui allaite un enfant. Dans le fond, un lac bordé par des montagnes ombragées, --h. si cent., l. 4i. Ces deux tableaux font pendants. 1692 — Un jeune homme et sa femme partant pour la pro- menade. Paysage dans le fond. — h. ss cent., l. ss. 1 693 — Une jeune dame, assise dans sa chambre, joue de la flûte ; un homme l'écoute. — h. S8 cent., l. as. Ces deux tableaux font pendants . 1 694 — Une dame assise devant une table chargée d'une corbeille de fruits et d'un vase de fleurs. — h. 53 cent., l. 38. 1695 — Un homme, nu jusqu'à la ceinture, est accroupi près d'un kiosque, tenant un éventail 4 la main. Une femme cause avec lui. — h. 45 cent., l. ss. 1696 — Deux vues du lac Si-hou. Ce lac est situé auprès de la ville de Hang-tcheou-fou, capitale de la province Tche- kiang, l'une des plus fertiles de l'empire chinois. Des jonques et de petites barques sillonnent le lac. Sur les bords, d'élé- gantes maisons b&ties sur pilotis. Le lac Si-hou est un lieu de délices très renommé en Chine ; les Chinois lui donnent le nom de Paradis terrestre ^ ^h. so cent., l. 45. > (I) Du Halde, Description de la Chine, tome I, p. 175. MOSAÏQUE ET MARQUETERIE. 1 . — Ouvrages cbinois. 1703 — BaB-relief.^Uu rase à bouquets, une coupe char- gée de fleurs et de fruits et un ting exécutés en relief et ren- fermés BOUS glace, dans un cadre en bois de fer sculpté et en- richi d'ornements ea ivoire. Le vase k bouquets est en p&te de ris (vitrification qui imite le jade] ; il est enrichi de pierreries et de pwles. Les fleura sont en corail et en ambre, et les tiges qui les portent, en bronze ciselé et doré. La coupe est en cristal de roche rose- rubis; l'ambre, l'agate, la chrysopraae, le cristal rose et d'au- tres matières dures ont été employés pour imiter les fleurs et les fruits qui remplissent la coupe. Le ting est eu bronse ci- selé et doré, rehaussé de pierreries. La vapeur des parfums est imitée avec du jade. L'étagère, en bois de fer, est décorée de découpures en ivoire. _ h. n cent., l. i m. s cent. Xous donnons eu tête de cette page la gravuro de ce riche tableau. 1 70S — Bas-relief. = Autre tableau faisant penduit k odui dont la description précède. Il contient également trois vases. mosaïque ET MARQUETERIE. 78» Rencontre de quatre personnages auprès d'un kiosque élégant; Un jeune homme présente une tasse de thé à une dame ; Une mère, avec ses enfants, dans Fintérieur de son appar- tement ; Un homme et une jeune femme auprès d'un grand arbre. Les sujets sont exécutés en agalmatolithe sculptée en re- lief, découpée, enrichie de fines gravures et teintée. Ils sont appliqués sur un fond de bois de bambou. Les derniers plans des tableaux sont peints. — d. si cent., l. 16. 1707 — Bas-relief. = Deux personnages en conversation dans un jardin fermé par une balustrade. Ce tableau est exécuté de la même manière que ceux décrits sous le numéro précédent. — d. si cent., l. 16. 1 708 — Bas-relief. = Une vigne chargée de raisins ; deux écureuils sont perchés sur les rameaux Mosaïque, exécutée en agalmatolithe, en ivoire teinté et en nacre de perle, appliqués sur bois. — h. s cent., l. se. 1709 — Deux bas-reliefs faisant pendants Tun à Tautre. = Des feuillages, des fleurs et un oiseau, exécutés en agal- matolithe, en ivoire teinté et en nacre de perle, appliqués sur bois. —H. 8 cent., L. 30. 1710 — Incrustation et vomissure. = Trois médaillons do forme ovale en cuivre où sont représentés, sur fond laqué noir, de beaux bouquets de fleurs exécutés en burgau de di- verses couleurs. Ces bouquets sont placés dans des vases aventurinés, dont les anses sont formées par des dragons. Travail à l'imitation des laques mosaïques de la Chine, exécuté par Martin, artiste qui vivait sous Louis XV et Louis XVI H. S8 cent., L. 8S. 1711 — Incrustation et vernissure. = Deux autres médail- lons de forme ovale, faisant pendants l'un à l'autre, exécutés dans le mémo genre et par le même artiste. Ils sont placés dans des cadres contournés en bronze doré et ciselé,traités dans lestylederépoquedcLouisXV.—H.88 cent, L.sî. 790 HONUMSNTS EUROPÉENS. î. — Ouvrages indous. 1712 — Béquille entièrement recourerte d'une marque- terie remarquable en bois divers, en métaux et en ivoire de couleur. - Long. W ont. 1713 — Jen de tric-trao, Bervantde damier lorsqu'il est fermé. Il est exécuté en marqueterie de bois divers et d'i- voire. — Long. 7t c«nt. , t. ta. CALLIGRAPHIE 1714 — Les principaui chapitres du Coran, écrits en arabe sur 185 feuilleta de vélin, de fonne octogone, de 32 millimè- tres de large. Un cercle, dont le diamètre varie de 17 à 30 millimètres, est tracé sur les deux cAtée de chaque feuillet, et c'est dans l'intérieur de ce cercle, souvent bordé d'autres cercles coloriés, que se trouve renfermé le text«, dont l'écri- ture est si fine qu'on ne peut la lire qu'à l'aide d'une loupe. Malgré cette extrême finesse, elle est d'une régularité par- fute, et peut passer, ajuste titre, pour l'un des plus éton- nants chefs-d'œuvre de la calligraphie orientale. Ce petit volume, relié en veau, d'une épaisseur de 20 mil- limètres, reliure comprise, est renfermé dans une hotte d'ar- gent, de forme octogone comme le manuscrit. Ces mots • Dieu ! sont gravés en relief sur le dessus de la botte ; sur le dessous eet gravée cette in- scription : itUI Lï l* Ma cha AUah, à la volonté de Dieu ! 1 7 1 A — Calendrier perpétuel, écrit en turc sur une feuille de vélin de 1 mètre 65 centimètres de longueur et de 12 cen- timètres de large, roulée en forme de volumea, ot renfermée dans un étui de bois. Le croissant qui est placé eu tète contient une inocription dont voici la traduction : Ecrit par le plus faible des écrivains^ Sii/eîman [Soliman), connu sous le Tiont de Hikmety, 1199. Cette année de l'hégire », commencé le 3 novembre 1 784 et fini le 3 novembre 1785. Nous donnons en cul -de-lampe, à la tin 792 MONUMENTS ORIENTAUX. de ce chapitre, la gravure du croissant et de rinscription qu'elle contient. Ce calendrier est divisé en plusieurs tableaux ; dans le se- cond, on trouve, pour chaque jour de Tannée, l'indicaliondeB heures du lever de l'aurore, du lever du soleil, du midi, de Yasr (milieu entre midi et le coucher du soleil), du coucher du soleil, de Fâcha (une heure et demie après le coucher du so- leil). Le quatrième tableau renferme la correspondance entre le calendrier arabe' et le calendrier grec ; le cinquième, la po- sition du soleil relativement à la Mecque, aux différents jours de Tannée. Ce calendrier a principalement pour but de déterminer Theure de la prière à chaque jour de Tannée, et de fixer le moment où doit commencer et finir le jeûne du ramazan. II est terminé par une inscription en langue turque, qui en ikit connaître Tobjet. L'écriture du calligraphe est très remarquable ; il est im- possible d'en rencontrer une plus belle, et Ton conçoit qu'il ait pris le soin de se faire connaître en signant cette œuTre de son nom. Le manuscrit est en outre décoré dornements en couleur et en or, dans le meilleur goût oriental. Nous en donnons un spécimen dans la vignette en tête de ce chapitre. N» 1715. EMAILI.ERIE. !i 1. ÉMAUX INCRUSTÉS. I . — Ouvrages chinois. 1716 — Vase piriforme, k long col évasé, élevé aur un pied circulaire. =La panse est divisée par des bandes d'émail bleu- lapis , en trois compartiments inégaux , qui sont remplis par des guirlandes de larges âeurs épanouies, rouges, blanches, bleu- lapis et jaunes, jointes les unes aux autres par des tiges chargées de feuilles. Le pied est orné d'une couronne de fleurs, et le goulot de feuilles festonnées. Tous ces riches dessins, cloisonnés par un mince iîlet de métal doré, se détachent sur un fond d'azur. Deux anneaux plats, décorés dans le même 8t;^le, sont attachés à la panse. Travail très ancien, -h, Mcmi. ËMAILLËRIE. 795 L'inscription doit se lire par lignes perpendiculaires de droite à gauche ; en voici les mots en caractères français et la traduction : »« Ta ming-king-taï-nian'ichr^ fabriqué sous la dy- - nastie des Mings dans la période king-tdi, » qui correspond aux années 1450 à 1467 de notre ère. — h. «6 cent., d. 34. 1722 — Vase biforme. = La panse, de forme campanulée, est surmontée d'un large col cylindrique très élevé. La déco- ration, en émail, consiste en arbustes chargés de fleurs et en guirlandes de fleurs, se détachant sur un fond bleu ou sur un fond vert clair. Le vase est élevé sur trois animaux en bronze doré, qui reproduisent le Ki-lin, animal chimérique, très re- nommé, que Ton rencontre sur les monnaies anciennes^. Trois anses à anneaux, en bronze doré, figurant la tête de cet animal, sont fixées à la partie supérieure de la panse ; deux anses perpendiculaires sont attachées au col. — h. 33 cent., d. as. 2. — Ouvrages indous. 1723 — Quatre assiettes à bords festonnés. = Chacune de ces assiettes présente à l'intérieur un sujet différent, en émaux de couleur. Un paon au pied d'un arbuste chargé de fleurs ; cette as- siette fait le sujet de la vignette placée en tête de ce chapitre ; Un oiseau volant et trois fleurs ; Un pêcher en fleurs, portant deux oiseaux sur ses branches; Un bouquet de fleurs. Les dessins, qui se détachent sur un fond d'émail vert bordé de bandes blanches, sont rendus par de légers filets de métal doré, posés sur le fond. Le revers également émaillé en vert est semé de légers ornements en métal doré. — d. 27 cent. \ II. ÉMAUX PEINTS. Ouvrages chinois. 1724 — Tasse ronde et son plateau. = Sur le pourtour extérieur de la tasse, huit personnages diversement occupés. (l) Du Halde, Description de la Chine j tome II, p. Ib8. ART m LAPIDAIRE. ^ ). MATItRES DURES. 1 . — Ouvraf^es chinois. 1 727 — Jade gris. = Cuupe de forme ronde. Trois figures de Ki-Un , sculptées de ronde bosse dans la masse de la matière, lui servent d'anses. Elle est décorée extérieurement d'arabesques gravées. Ouvrage très ancien. — h. Tïeni.,D b. Nous donnons la gravure de cette belle coupe en tête de ce chi^itre. 1738 — Jade gris opaque := Coupe de forme ovale, figu- rant une feuille de nénuphar; l'anse, évidée et prise dans la masse, est formée par une tige chargée de feuilles et de fleurs, qui s'étend sur la panse de la coupe. , Travail très ancien. — h. a lem, . i.ong, i>, l. ». 1 729 — Jade gris. := Coupe de forme ovale à deux anses, évidées et prises dans la masse, figurant des animaux chi- mériques. Travail très ancien, —h. «ceni..i,ai>g. li. L.nmm. 1730 — Jade gris verdAtre. ^ Théière de forme aplatie. L'anse et le goulot sont formés par des dragons chimériques, sculptés de ronde bosse dans la massedo la matière. La panse ART DU LAPIDAIRE. 799 sont gravés des animaux et des fleurs découpés à jour. Elles sont montées dans un écran en bois de fer. — h. toi. m cent., l. 7. 1742 — Jade gris.=Plaque de forme carrée dont les décou- pures à jour figurent des oiseaux et des fleurs. Elle est montée en forme d'écran sur un pied en bois d'ébène enrichi d'un bas-relief, représentant des arbustes en fleurs, exécuté en burgau et appliqué sur un fond d'émail bleu. —h. tôt. «oceni. 1743 — Jade gris. = Deux buissons d'arbustes, à larges feuilles, percés à jour, autour desquels se jouent de grands oiseaux de l'espèce des grues. - h. * cent. Ils sont portés sur des socles en bois de fer dont les pieds reproduisent des têtes d'éléphants. 1744 — Cristal de roche. = Vase de forme ovale, figurant un tronc de pocher. L'anse, travaillée à jour, est formée par un rameau chargé de fleurs. Une branche de bambou est gra- vée en relief sur la panse. — h. <3 rem., Long. i3. l. 9. 1 745 — Silex gris. = Coupe de forme ovale. Les anses re- présentent, l'une, des branches de pêchers en fleurs, et l'autre un animal chimérique. ^ h. s cent., Long. i4, l. s. 1746 — Jade gris-vcrdâtre. = Coupe ronde à deux anses évidées et prises dans la masse. La panse est couverte de tubercules réservés en saillie, —h. h cent., d. 75 mm. 1747 — Jade gris-verdâtre. = Coupe de forme ovale, sur piédouche, taillée à côtes, avec une anse, en forme de bouton, prise dans la masse. — h. 4 cent., Long. 10, L. h cent, a mill. 1748 — Jade gris-verdâtre. = Tasse ronde à une anse évidée et prise dans la masse. — d. m miu. 1749 — Sardoine orientale. =: Flacon figurant une datte. Le bouchon porte une petite cuiller d'ivoire. — Long, a rem. 1760 — Jade vert. = Tasse di» forme semi-ovoïde, sur pié- douche, sans anse. ^ h. 35 min., d. 48. 1751 — Jade gris.=Plateau de forme oblonguc dont les angles sont arrondis; il est destiné à recevoir une coupe. L'in- térieur est décoré de deux animaux chimériques gravés en fort relief. — Long, is corn., l. 135 mill. 800 MONUMENTS ORIENTAUX. Cet objet provient du cabinet de M. Denon, n^ 1158 de son catalogue. 1762 — Cristal de roche. =Rocher à cinq pointes, servant de porte-pinceaux ; pied en bois de fer. — h. 75 miii., l. ^^ 1^ Ya Aiiz, 6 puissant 1 c^j^jm L Ya muïn, A secourable ! Dans chacune des parties cintrées, en dehors du rectangle, se trouve une invoca^àtn à l'un des archanges : J^L„«» L à Djebrwl! J^UeL«l«AMikhaîl! jJi^UAzfïûII Jh^I^IL AEar^! DjebraH (Gabriel) est l'ange chai^ de porter les mes- sages divins; ce fiit loi qui révéla le Coran à Mahomet; Mikhaïl (Michel) préside aux éléments ; Aïraïl est l'ange de la mort : il reçoit les âmes des hommes au moment oit ils expirent; Esrafil est le gardien de la trompette céleste, dont il doit sonner à la fin du monde. - i.ong. x> mjii . l. u. AK'f CÉHAMIUII^' ti I. TKHnU DtVEHSKS ET liRKH. Ouvrages chinois. 181*> — Petite théière, ^=Boccaro jaunâtre, orné de flenrs rouges en relief. — h. s mm. 18 19 — Petite taH8eàc6teii.=Bocoarubruu. — H. itcni. Il existe sur cette pièce uueinacriptilpqui n'eet ni ea chi- nois ni en jftponaie ; M. SianislaH Julien la regarde comme une marque de fabrique, 1820 — Petite théière. =: L'anse est en surélévatiou. Boe- caro nankin, couvert d'ornements guillocliés. _ h. io cmi. 1821 — Une chatte et son petit accroupis sur unrochor.= L'intérieur du rocher est évidé et sert de brûle-parfuins. Terre émaillée verd&tre ou céladon. — h. isicm. 1823 — Deux tasses. = Elles reproduisent des ti^ de lotus rose À fleurs èpanouieu . Boccaro rouge — a. 7» miii. 1 823 — Statuette. ;= Un paysan chinois mettant la main dans une cage. Terre émaillée. — h. io lem. 1 824 — Satuette. = Un mendiant, k demi nu , chant«iit. Terre cuite. Les Tèiumenta et le livre qu'il tient à la main sont énUÙllés. — K. I> cant. 182& — Statuette. =Un personnage assis, vêtu d'une Ion- gne robe, tenant un papier à la main. Les carnations sont en terre cuite; la robe est émMllée. —h. sc«ii. 1828 — Théiéi-e. = Terre émaillée jaunâtre; elle est déco- 810 MONUMENTS ORIENTAUX. rée d'arbustes et de fleurs en métal blanc et jaune incrosté dans Témail, ainsi que de fleurs d'émail rouge, —h. 9 cent. $ U. PORCELAINE. 1. — Porcelaine de la Chine. 1827. — Vase de forme ronde, à long col.=Fond blanc: fleurs, feuillages et ornements bleus. On voit sous le fond cette inscription chinoise disposée en trois lignes verticales qui se lisent de droite à gauche : ^ m. -k m iÈ m « Ta^Ming-Sicmen-te-nitm-tchr ; fabriqué sous la dynastie ^ desMings, dans la période Siouen-te (de 1426 à 1436 de l'ère *< chrétienne). - .- K.'^oent. 1828 — Deux petites bouteilles à long col et à panse aplatie. =Fond blanc, feuillages bleus. Une inscription écrite sous ces vases fait connaître qu'ils sont de la même époque que le précédent, —h. 8 cent. 1829 — Tasse avec son couvercle qui forme soucoupe. = Fond blanc, feuillages bleus, rouges et or; fleurs à cinq pé- tales, bordés do rouge. — h. 7 cent., d. i. 1830 — Tasse en porcelaine très mince et très légère, dite coquille d'œuf. =:Fond blanc ; arbustes couverts de fleurs et d'oiseaux ; dessins en bleu , disposés dans des godrons si- mulés. ~ h. 80 mill., D. 85. 1831 — Théière forme de gourde =Fond fouetté d'azur, rehaussé d'ornements d'or. Sur la panse et sur le col, des cartouches renferment des paysages et des animaux coloriés sur fond blanc réservé. — h. ao cent. 1832 — Cinq assiettes en porcelaine dite coquille d'œuf. = Fond blanc.  l'intérieur, des coqs sur un arbuste chargé de fleurs ; peinture émaillée en relief. Le rebord, en qua- ART CÉRAMIQUE. 811 drille hruii sur fond rose, offre quatre cartouches renfermaut des fleurs émaillées en bleu. ~ d. si cent. 1 833 — Petite boîte à parfums en forme d'un oiseau couché. = La partie supérieure sert de couvercle; l'oiseau est posé sur un plateau figurant une grue aux ailes déployées ; fond blanc, dessins bleus. — h. Jh vase 35 mlll., Long. 10 cent., D. du plateau 9. 183* — Compotier à bord festonné. = Fond blanc Dans le fond du vase, une femme assise sur un rocher ; le pourtour est séparé en côtes diversement colorées et enrichies de des- sins variés rehaussés d'or. — d. m cent. 1835 — Quatre compotiers ronds. = Porcelaine dite coquille d'oeuf. Sur le fond intérieur, réservé en blanc, une femme et deux enfants entourés de vases et de divers meubles. Les peintures sont émaillées en relief. Le bord est enrichi de festons coloriés. Le revers est rouge. — d. 20 cent. 1836 — Deux tasses sur leurs soucoupes. = Ces tasses , ornées de découpures à jour sur la partie externe de la panse, contiennent une autre seconde paroi intérieure qui adhère par le haut avec la partie découpée. Cette disposition est ainsi ménagée afin qu'on puisse tenir la tasse quoique rem- plie d'une liqueur brûlante. Porcelaine fond blanc ; dessins bleus. —D. des tasse» 9 cent., H.5cent.,D. des soucoupes 13. 1837 — Coupe à quatre pans réguliers, évasée du haut. Deux anses perpendiculaires sont attachées à lapanse=Fond céladon verdàtre, tacheté de brun. —h. «cent., l. 9. Socle en bois de fer. 1838 — Petite théière à six pans, anse en dessus. = Fond jaune, décoré de dessins reproduisant des ustensiles et des vases de diverses formes, émaillés en vert. —h. 15 cent. 1839 — Vase de forme ovoïde à embouchure évasée. = Por- celaine truitée ; fond isabelle. — h. 13 cent. 1840 — Petit bassin à deux poignées. = Porcelaine trui- tée ; fond isabelle. d. m cent. 1841 — Deux petits vases, forme Médicis, sans piédouche. 81Ï MONUMENTS ORIENTAUX. = Porcelaine craquelée (que les Chinois appellent isou-fchi), fond gris jaune. — h. 6 cent., d. 7. 1842 — Deux pots à fleurs à deux anses. =Poreelaînc cra- quelée ; gris clair. — h. 6 cent., d. 8. 1843 — Une tasse à couvercle sur sa soucoupe. = L'exté- rieur, imitant le laque rouge, est couvert d'ornements et de grecques gravés en creux, avec de petits médaillons renfer- mant des caractères symboliques. A l'intérieur, fond tur- quoise uni. - H. 10 cent., D. H cent. 1844 — Bouteille semi-ovoïde à col élevé. = Le col est garni de deux petits tubes destinés à recevoir un cordon de ' suspension. Fond brun-rouge. — h. 21 cent. 1845 — Petite théière sous la forme d'un singe, tenant un fruit. =Ce fruit sert de goulot. Fond jaune. — h. u cent. 1846 — Chat couché. = Porcelaine céladon bleu turquoise. L'animal repose sur un tabouret garni d'un coussin en bronze ciselé et doré. — h. it cent., l. le. Cette pièce provient du cabinet de M. Denon, n** 1016 du catalogue. 1 847 — lanterne de forme élevée à quatre pans. = Porce- laine fond blanc. Chacun des pans est orné d'un médaillon à sujet. Le surplus du champ, qui est encadré dans une bor- dure ornée de fleurons en émaux de couleurs variées, est dé- coupé à jour. Cette lanterne est garnie haut et bas en bronze doré. — H. 33 cent., L. I."». 1848 — Tasse en forme de fleur. =La tige sert d'anse. Au centre de la tasse est placé debout un vieillard barbu ri- chement costumé dont la tête s'élève jusqu'à la hauteur des bords de la tasse. On pourrait donner le nom de Tantale à ce personnage, car lorsque le liquide dont on remplit la tasse arrive près de sa bouche , il s'échappe à l'instant et la tasse se vide. Cet effet est dh à l'existence d'un siphon intermittent placé dans le corps du petit personnaige, aux pieds duquel il existe AKT r.ÉUAMIQUE 8|.H un trou uro qu'oïl en remplit le vase. Dans tous les cabinets de physique , on trouve des vases connus sous le nom de verre à sf'p/um, veri^e à diabète, vase de Tantale, qui présentent le même effet. Porcelaine violet foncé, —h. 12 com., d. 9. 1849 — Petite tasse imitant la fleur de lotus rose épanouie. = Elle est attachée à une tige fouillée. L'intérieur est vert turquoise. — h. * ceci., d. 7. 1850 — Flacon. = Il est couvert d'ornements gravés, au milieu desquels se trouve un dragon. Porcelaine rouge imitant le laque sculpté, —h. s rem. 1 86 1 — Petit plateau forme de feuille. = Porcelaine céladon vert clair. La queue est en filigrane d'argent doré — i.ong. 70. miii. 1852 — Grappe de raisin sur la(|uelle est un petit écureuil. = Elle est creusée pour servir de vase à eau. — Long. 8 ct-m. 1853 — (jîroupe. =■ Deux magots. Fond violet. —11. 6 cem. 185 i — Boîte à parfums sous la forme d'une autruche. = Ses ailes s'enlèvent, l'intérieur du corps est évidé et sert do cassolette. Porcelaine couleur d'aventurine. Le pied est en bois de fer.— H. 15 cem. 1855 — Flacon à deux goulots, de forme ovale aplatie. = Une grande quantité de personnages, des fabriques et des arbres sont modelés- en relief de chaque côté de la panse. Por- celaine colori^^. Socle en bois de fer. — h. 8 mu. Ce flacon est reproduit dans jo cnl-de-lampe qui termine ce chapitre. 1 856 — Flacon double, à deux goulots, de môme forme que le précédent. = La panse, percée à jour, contient intérieure- mont deux vases à mettre les liquides. Elle est décorée de personnages en relief. Porcelaine coloriée. Socle et bouchons en bois de fer. —h. 8 cem. 1857 — Un oiseau sur un rocher. = Porcelaine fond bleu jaspé. H. 7 rent. yi 814 MONUMENTS ORIENTAUX. 1 868 — Plateau en forme de feuille. =Uu insecte colorié y est posé. Céladon gris verdâtre. — LoDg. u ccm., l. 7. 1859 — Bouteille de forme ovoïde. = Fond d'or sur lequel sont figurés un dragon, des vases et des fleurs. — h. la cem. 1860 — Flacon de forme ronde aplatie à deux anses, monté en filigrane d'argent doré. = Céladon verdâtre. Sur chaque face est représentée une chrysanthème épanouie. — h. 9 cent. 1861 — Plateau ovale figurant une feuille de nénuphar dont les bords sont relevés. := Au milieu se tient un crabe dont l'intérieur est évidé pour servir de vase à eau. Porcelaine coloriée. — Long. 12 cent., L. 8. 1862 — Deux coupes ovales à une seule anse. = Cette anse est accompagnée de deux dragons de ronde bosse représen- tant le ki-lin ; deux animaux semblables en haut relief sont appliqués au côté opposé sous le déversoir qui est abaissé pour faciliter l'écoulement du liquide. Porcelaine coloriée : fleurs et feuillages, —h. s cent.. Long. H, L. 6. (Vs coupes ont servi de motif à la vignette placée en tête do ce chapitre. 1863 — Coupe ovale eu forme de feuille de nénuphar l'e- pliée. = La tige de la feuille, modelée en relief, sert de pied. (A^Iadon vert clair. — h. s cent.. Long, is, l. 7. 1864 — Tasse ronde à sept lobes. = Céladon vert, à des- sins d'or, figurant les nervures d'une feuille. — h. s cent., n. 7. 1S66 — Petite boîte à parfums. = Fond jaune impérial ; sur le couvercle, le chien de Fo colorié. .^ d. e cent. 1866 — Deux perroquets. = Céladon bleu turquoise, sur rochers violets. — h. 22 cent. 1867 — Deux plaques sonores destinées à être suspendues au-dessus l'une de l'autre. = Elles sont couvertes d'orne- ments en relief; sur celle du haut, de forme triangulaire dé- cou j)ée, sont figurés des nuages; celle du bas présente la fonno de deux sphères entrelacées. — n. u.t. 20 cent., 1.. u. On frappe sur ces plaques avec un petit marteau de bois. 1868 — Va>c de forme ronde. := Fond laque noir, sur ART CÉRAMIQUE. 815 lequel sont incrustés, en burgau, des personnages et des ar- bres. — H. 7. cent. 2 — Porcelaine du Japon. 1 869 — Deux personnages exécutés en bas-relief, découpés et appliqués sur fond d'ivoire, —h. a cent. 1 870 — Deux oiseaux debout sur des sommets de rochers. =Porcelaine fond blanc. Le plumage est finement exécuté en relief et rehaussé de bleu — h. is cent. « 1871 — Deux compotiers à côtes festonnées. =Fond blanc, dessins bleus & fleurs rouges rehaussées d'or. — d. si cent. 1 872 — Deux fleurs sur leurs tiges fouillées. = Porcelaine coloriée. — Long. 80 cent. 1873 — Tasse dans la forme du fruit de l'abricot-péche, attaché à sa tige qui forme trois petits pieds. =:. Porcelaine marbrée vert, blanc et jaune. Elle est portée sur un plateau en terre en forme de feuille. — h. m mui., d. s cent. S m. VITRIFICATION. Ouvrages chinois. 1 874 — Vase & brûler les parfums, à trois pieds. = Vitrifica- tion vulgairement nommée pâte de riz. Le couvercle, en bois de fer découpé à jour, figure des feuilles attachées à une tige; ce vase est porté sur un socle en bois de fer. — h. is cent. 1 875 — Vase à bouquets, forme de lacrymatoirë, sur pied en bois de fer — h. is cent. 1876 — Petite coupe à fruits. = Elle est posée sur un socle k quatre pieds en bois de fer. Ces trois objets sont ordinairement réunis et forment la garniture d'une étagère, comme on peut le voir dans les ta- bleaux-mosaïques, n°" 1702 et 1703. 1 877 — Brûle-parfums à côtes, de forme hémisphérique. = Pâte de riz, couvercle et fond en bois de fer. — h. is cent. 1878 — Vase à oau en forme de fruit. = PAte de riz. Un B16 MONUMENTS ORIENTAUX. fcuillago vert en relief borde l'orifice. Pied en bois de fera jour, -H, I c«it. 1879 — Plateau rond à quatre lobes. = Pâte de riz. Quatre petites tasses de forme ronde et très minces sont posées sur le plateau, -d iitmi., h t fem. 1880 — Vaseàcau. forme de feuille de nénuphar. — Vitri- fication jaune de clirAme teintée en rouge, —h. st-nu ART DE L'ARMURIER. 18K1 — Sr.bre du ToDg-KIng. = La poignée, la garde et ses branohea sont décorées de fines ciselures représentant des pagodes, des arbres et des oiseaux qui se détachent en noir sur un fond doré. La lame est à gouttière. Les garnitures du fourreau sont traitées conime la poignée; il est couvert en étoffe de soie bleue brochée. 1883 — Grand couteau birman. = La poignée, en bois de fer, est garnie d'ornements ciselés en or. La lame & talon, arec renfort en argent ciselé, est à gouttière. Le fourreau en ai^nt est à c&tes ; la chape est enrichie de dessins d'une grande finesse en filigrane d'argent. — Lorg. im. m wm. 1883 — Petit couteau birman. = La poignée, en bois de fer sculpté, est montée en or et enrichie d'un rubis et d'un dia- mant. Lame k talon, avec renfort et gouttière, en or, décorés de fines ciselures. Le fourreau, aussi en or, est enrichi à la chape d'ornements très fins en filigrane d'or. — Lorg. ut. u ceni. 1884 — Grand couteau birman. =: La poignée, en ivoire sculpté, est montée partie en cuivre, partie en argent ciselés et damasquinés. La lame est à talon avec renfort et goût- 818 MONUMENTS ORIENTAUX. tière ; le fourreau en bois est garni en argent. — Long. 37 eeni. 1885 — Petit couteau birman. = La poignée, en bois sculpté, est garnie en or et en argent. La lame est à talon avec gouttière et renfort en argent ciselé. Fourreau .en ve- lours garni en argent. — Long. tôt. S6 cent. 1 886 — Sabre birman. = La garde et la gatne du talon de la lame sont en damas bleui damasquiné d'or, d'un style très riche. La lame, de 77 centimètres de longueur, se termine en spatule. Le fourreau, en velours rouge, est enrichi d'un bout en fer bleui damasquiné comme la garde. 1 88 7 — Clevan javanais . = La poignée en ivoire, richement sculptée à jour, présente une foule de personnages et d'ani- maux chimériques au milieu de feuillages. Le fourreau, en os, est formé de deux plaques et monté en argent. Cette arme curieuse est gravée dans la vignette en tète de ce chapitre. 1888 — Kriss malais. = La poignée, en ivoire sculpté, se termine par une tète d'oiseau; elle est montée en or. Lame flamboyante. Fourreau en bois recouvert d'une gaine en bas or du pays. Cette pièce est entrée dans la composition de la vignette gravée en tète de ce chapitre. 1889 — Kriss malais. = Poignée en corne sculptée. Lame richement ciselée et damasquinée d'or. Fourreau en bois re- couvert d'une gaîne en or du pays. 1890 — Kriss malais =: La poignée en bois , finement sculptée, se termine par une tête d'oiseau ; elle est montée en argent. Lame unie ; fourreau en bois. 1891 — Lance indienne. = La hampe est en bois laqué rouge avec ornements jaunes et verts. La douille est en fer à dessins ciselés en relief et incrusté d'argent. Le fer de la lance est à quatre quarts ; son talon est façonné et couvert d'une lame d'argent gravé. — Long, a m. ee cent. 1892 — Lance indienne en fer ciselé. = La hampe est cou- verte d'une feuille d'argent chargée de fleurs et d'ornements en relief. Le fer est quadrilatère et à gorge. — ix)ng. « m. m cem. AUT DE L'ARMURIHU. i^VJ 1893 — Sabre iiidou. = La poignée et la garde, vu argent massif, sont terminées par une tôte d'animal chimérique et couvertes de riclies ornements ciselés en relief. Le talon de la lame est revêtu dune applique d'argent également ornemen- tée en relief. Le fourreau, aussi en argent, est enrichi de des- sins fort riches exécutés au repoussé Cette arme est reproduite dans la vignette en tôte de ce chapitre. 1 89i — Sabre indou. = La poignée et le bout du fourreau sont damasquinés d'or et d'argent. La lame en damas gris, damasquiné d'or, est percée à jour et ornée de coraux. 1H95 — Poignard indou. i= La poignée est composée de deux branches droites de 22 centimètres, réunies par deux balustres transversaux que la main saisit pour tenir l'arme. La lame triangulaire, de 24 centimètres de longueur, et la poi- gnée sont en damas d'un seul morceau. La poignée est ornée dune riche damasquinure d'or figurant des fleurs. Le bout du fourreau est damasquiijé d'or comme la poignée. 1896 — Arc indou. = Il est laqué et doré avec dessins coloriés. Trois faisceaux de flèches l'accompagnent. 1 897 — Bouclier rond en peau de rhinocéros. = Il est bordé d'ornements imprimés en or et muni de six bossettcs en fer ciselé. Ouvrage indou. — d. 4i cent. 1898 — Rondache en peau de rhinocéros piquée d'or. = 11 est couvert d'un riche dessin de fleurs rouges à tiges d'or. Ouvrage indou. — d. 46 cent. 1891) — Fusil à mèche. = Le canon est entièrement cou- vert dune riche damasquinure d'or représentant des fleurs. Le bois est laqué en vert, les garnitures sont en ai'gent. Ouvrage indou très ancien. — Lonj;. t m. eo mit. I 000 — Poire d'amorce en ivoire on forme de S. = On v a .sculpté une foule d'îinimaux entremèléN. Travail indou. — Lont^. 27itMii. 1901 — Trousse à l'usage d un écuyer tranchant. =: La iiuîiu?, cil arirent, est couverte pre<(|ue entièivment i)ar la 820 MONUMENTS OKIl-NTAUX. chape et le bout qui sont en vermeil. Ces deux pièces sont découpées à Jour en ornements d'une grande richesse de dessin et d'une telle délicatesse qu'elles semblent un réseau de fils d'or dont la gaine aurait été revêtue. Le bout est termhié par une boule enrichie d'émaux et de grenats; une bague qui serre le milieu de la gaîne et le cordon qui termine la chape sont décorés dans le même style. La trousse contient trois couteaux, deux grands et un petit, dont les poignées sont en ivoire. Les lames, en damas, sont chargées d'ornements da- masquinés en or. Sur chacun des grands couteaux se trouvent des inscriptions ; d'un côté, on lit cette sentence en arabe : • Ma confiance est dans mon Créateur. > Kt ce vers persan : • Il y a des pro&ts sans nombre dans la mer. - De l'autre côté, à la suite de quelques mots arabes, cet autre vers persan : - Si tu désires ton salut, il est sur le bord. « Ces deux vers sont empruntés au Gulisian de Sadi * . Ils sont donnés ici dans un sens parabolique. On a sans doute voulu dire que si la guerre a ses avantages , la paix vaut encore mieux. Ouvrage persan fort ancien. 1902 — Sabre persan. = La poignée, la garde . ses bran- ches et les garnitures du fourreau sont en argent massif ci- selé. La lame est en damas rubané. 1 903 — Sabre persan. = La garde et les garnitures du four- reau sont en damas doré et enrichi d'émaux translucides sur relief des plus brillantes couleurs , représentant des fleurs et des animaux. Le fourreau est en peau de chagrin dorée ; la lame, en damas à rubans, est d'une qualité supérieure; le ceinturon, formé d'une tresse d'or, à dessins de couleur, est orné de boucles et de bossettes en damas, à ornements émaillés. (I) Livro I, p. 3.'î,fle 1 ('(lition aulographiéedr Semelet. ART DE L'ARMURIER. «21 1904 — Khandjar persan. = La poignée et le fourreau sont entièrement revêtus d'un émail blanc semé de fleurs aux couleurs éclatantes. Cette pièce, d'une rareheauté, est surtout très curieuse en ce qu'elle présente à la fois la réunion des deux genres d'émaux. Les tiges des fleurs et les contours des feuilles et des fleurs ont été indiqués en effet par un mince filet de métal doré, disposé sur le fond de cuivre, suivant les caprices du dessin. Un émail blanc a été ensuite introduit dans les interstices, et lorsque l'émail parfondu a été fixé sur le métal et poli, le coloris des fleurs et les jolis détails de leurs brillants pétales ont été rendus par la main d'un peintre, à l'aide de couleurs vitrifiables fixées au feu de moufle. Un petit bouton, qui existe sur la gaîne, porte cette in- scription arabe *y^\^yt^j décoré par Ahmed, et au-dessous sont les chiffres in vr ou 126, 73. Ces chiffres ne peu- vent indiquer l'année de l'hégire, car les musulmans ne comp- tant maintenant que 1 262, et d'ailleurs l'arme est d'un travail ancien. —Long, h cent. 1905 — Kandjar persan. = La poignée en corne est en- richie d'appliques en argent doré. Lame en damas à nervures. Fourreau en cuir noir gaufré. 1906 — Arc persan en laque. = Fond rouge et noir, à fleurs et mouchetures d'or. 1907 — Ombilic de bouclier en fer. = 11 est décoré de fleurs et d'ornements ciselés en relief. Travail persan. 1908 — Poignard tartare à lame recourbée. = La poi- gnée et la garniture du fourreau sont en argent ciselé. Cette arme a servi de motif au cul-de-lampc de ce chapitre. 1909 — Kava, espèce de grand poignard de la Géorgie turque. = La poignée et le fourreau sont en argent doré dans quelques parties, avec incrustation de coraux ouvragés. La lame très large est en damas gris à nervures. 1910 — Couteau de sultane. = Le manche en corne noire est enrichi d'ornements en vermeil. Fourreau en argent orné de coraux et d'une turquoise ; chaîne en argent. Lsi lame est en damas noir. 83t UONUUENTS ORIENTAUX. 1 9 1 1 — Carabine turque. = Le bois est richement incrusté d'une marqueterie d'ivoire de diverses couleurs et de métal. Le canoa en damas, & pans, est enrichi d'ornements et de deux légendes damasquinées en relief. La platine est également en damaa ciselé, les ct^raeines sont en Termeû. 1913 — Corne d'amorce en argent, décorée d'omwaentB exécutés au repoussé et de coraux. Ouvrage tare. 1$I3 — Foire à poudre turque, de forme ronde, en ivoire. =ElIe est enrichie d'une belle marqueterie de bois, de métal et d'ivoire de couleur. 1914 — Yat^an de poche. =Poignée en vache manne, garnie en vermeil ; le fourreau, en argent repoussé, est enri- chi d'ornements émaîllés; lame en damas noir. 1915 — Yatagan d'Alger. =La poignée, à laides ailerons, est en corne de rhinocéros. Le fourreau, en velours rouge, est décoré d'une chape et d'un bout en argent repoussé et ci- selé. Le talon de la lame est orné d'une garniture en vermeil enrichie d'ornements en filigrane et de grenats encb&ssés. 1916 -^Yatagan turc. = La poignée, k larges ailerons en ivoire, est garnie en argent repoussé, La lame est en damas incrusté d'or et d'argent. Fourreau en argent repoussé. VERNISSURE. ^ I. LAQUE DU JAPOK. I . — Laque noir à dessins d'or. 1917 — Écran de table. ^Montagnes boisées dont le pied est baigné par la mer. Dessins légèrement en saillie sur le fond. Travail très ancien. — h. it cent., l. i3. I$t6 — Cabinet fermé par deux ventaux à jonr dans la par- tie supérieure. =: Paysages sur toutes ses faces, tant à l'exté- rieur qu'à l'intérieur. H est posé sur un socle à quatre pieds. Le laque de ce cabinet, d'un travail fort ancien, est connu sous le nom de lague usé. — o. u cmi.. l. w. 1919 — Boite à parfums, de forme cylindrolde, en laque usé. := Elle est à trois compartiments superposés. Payâmes enrichis de fabriques i l'extérieur ; l'intérieur est aventu- riné. — H. s ceni., Long. T. L. S. 1920 — Cabinet à main, de forme rectangulaire, s'ouvrant & deux ventaux.=:Les poignées, les charnières et le verrou 834 MONUMENTS ORIENTAUX, sont en argent ciselé. Paysages en or de différentes couleurs, légèrement en saillie sur le fond. Dans l'intérieur, buit tiroirs décorés de feuillages. Ouvrage très ancien, —h. it cent.. Long, iî., l. io. Nous donnons la gravure de ce joli meuble en tète de ce chapitre. 1921 — Plateau de forme l'onde, à bord dentelé. =Paysage en or de différentes nuances, en saillie sur le fond. — d. 9 cent. 1922 — Deux boîtes dont le dessus présente la forme d'un papillon aux ailes déployées. =:Paysages enrichis de fabriques. A rintérieur, un plateau décoré dans le même style. — h. 5 cem. 1923 — Deux boîtes en forme de cœur. = Paysages animée par des personnages. Elles renferment un plateau et sont posées sur un socle à quatre pieds, décoré dans le même goût. —h. tôt. 13 cent. 1924 — Une tasse et sa soucoupe. =Oiseaux et fleurs re- haussées de rouge. — h. del^ tasse 40 mill., D. de la soucoupe 135. 1925 — Plateau à rebords de forme oblongue. Branches chargéesde feuilles et de fruits avec un oiseau Long. 17 cent. , l. h. 1926 — Plateau de même forme. =Le fond est mi-parti noir et aventurine. Des bateaux sur un lac au-dessus duquel vo- lent des oiseaux aquatiques.— Long. 17 cent., \.. 9. 1927 — Plat rond.=Sur le fond, un arbuste dont les fleurs sont rehaussées de rouge et d'aventurine. — d. 27 cent. 1928 — Boîte à parfums de forme ovoldale, doublée en vermeil. = Deux groupes d'arbustes en fleurs. — h. 7 cent. 1 92y — Boîte de forme rectangulaire, à jour sur ses quatre faces. = L'une des faces se lève à coulisse pour permettre la sortie de trois tiroirs qui sont renfermés entre les parois de la boîte. Feuilles et fleurs, —h. 19 cent., l. ia 1930 — Cabinet à main en bois de Sainte-Lucie. =11 ren- ferme huit tiroirs en laque, décorés de fleurs. — h. • cent., l. 11. 1931 — Cabinet. = 11 se compose d'une partie en élévation surmontée d'un fronton brisé, d'un secrétaire dont Tabattant s'abaisse et d'un corps de tiroirs au-dessous. La partie en élé- \ KHNlSSrUK. S2:> vatiou est formel» par deux ventaux, derrière lesquels se trou- vent treize tiroirs et deux petites portes qui couvrent un corps de dix tiroirs plus petits. La partie qui sert de secrétaire con- tient, en outre de quatre cases, six tiroirs étages et une petite caisse ; enfin la partie inférieure présente sept tiroirs de différentes dimensions. Toutes les parties de ce curieux meuble, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, sont décorées de dessins variés représentant des paysages, des animaux et des fleurs. — h. 7i cent., l. 35. 1932 — Quatre plaques en cuivre laqué faisant pendants. --^Les quatre saisons y sont représentées sous la figure de femmes portant des attributs caractéristiques. Ces figures sont renfermées dans un médaillon ovale dont le fond est aven- turiné. Les carnations sont couleur de fer, les draperies en or. Des fleurs en burgau de diverses couleurs sont incrustées aux quatre angles des plaques, —h. le cent., l. 12. 1933 — Plat rond. =: Sur le fond, un écu de sinople à deux branches d'arbre écotées en sautoir, timbré d'un heaume d'argent à grille d'or taré de front, ayant pour cimier un bras armé tenant une flèche. Les lambrequins du heaume forment de riches ornements qui remplissent le reste du champ. Ces armoiries ont été exécutées sur un dessin envoyé d'Europe. Le rebord est couvert d'arbustes, d'oiseaux et de fabriques en léger relief. — d. 33 cent. I93i — Médaillon de forme ovale, laqué sur cuivre. = r.,ouis XV à cheval, suivi de deux ofliciers. Ce portrait a été également exécuté sur un dessin envoyé de France au Japon. — h. ."in om.. i.. 40. 2. — Laquo avenluriné à dessins d'or. 1935 — Boîte en laque vsc, de forme carrée, à trois com- partiments superposés. = Paysages enrichis de fabriques sur toutes ses faces. — h. 7 cent., l. e. 1936 — Boîte de forme orbiculaire aplatie. = Feuillages sur le dessus et le dessous. — d. *5 miii. r>3 8-2« MOM'MKNTS OKIENTAUX. 1937 — Boîte en forrae d'écran à main. Paysage sur le dessus —H. -2» mill., Long. 60. 1938 — Boîte à parfums, de forme cylindrique, à trois compartiments superposés. = Celui du bas est en vermeil. Paysage animé par des oiseaux. — h. 7 cent., n. s. 1039 — Cabinet. = 11 ferme à deux ventaux; les charnières et les gonds sont en cuivre doré enrichi d'ornements gravés. Paysages légèrement en saillie sur toutes ses faces. Sept ti- roirs à rintérieur. — h. IB cent., Long. I9, L. 9. 1940 — Boîte à parfums, de forme cylindrique, à couver- cle bombé. = Dessins avec incrustations d'argent représen- tant des arbustes en fleurs et des oiseaux. — h. 7 cem. 1941 — Boîte de forme rectangulaire. = Toutes les faces extérieures sont ornées de rameaux feuilles de l'arbuste qui produit le li-tchi, excellent fruit. Sur l'un des rameaux est perché un fong-hoamj, oiseau chimérique, le phénix des Chi- nois. Sur le champ intérieur du couvercle, deux grands oi- seaux de l'espèce des grues. A l'intérieur de la boîte, un petit plateau sur lequel est re- présenté xxnfang-hoang. — h. i3 cent.. Long, m, l. n. 1 9 i 2 — Boîte de forme carrée. = L'intérieur contient un plateau à rebords et deux petites boîtes oblongues posées sur une plaque à poignée Paysages tant à l'extérieur qu'à l'inté- rieur, —h. toi «î cent., L. 8. Elle est placée sur un socle à quatre pieds. 1943 — Bouteille de forme ovoïde = Elle est décorée de feuillages et de fleurs d'or et d'argent. Bouchon en filigrane d'argent. — n. 20 cent. 1944 — Boîte plate. = Sur le couvercle est représenté l'arbuste qui produit le li-tchi, au-dessus -duquel plane un fcmg-lioan^. — h. 4 cent., Long. 30, L. 19. 1945 — Vase à parfums, de forme cylindroïde, doublé en cuivre doré, décoré de fleurons en or. — . h. 7 cent., d. s. 1946 — Cassolette, de forme ronde, à côtes. = Fleurs et \ KHNISSUKK «?7 feuillages. Elle est fermée par une grille en argent et doublée aussi eu argent. — n. 3 cem. 1947 — Navette sertie eu or. = Paysages et fabriques sur les deux faces extérieures. L'intérieur est en nacre de perle. — Long. U cem. 1948 — Deux pi-ioruj de forme hexagone. = Des îlots boi- sés, situés au milieu d'un lac et embellis par des pagodes, sont représentés sur le pourtour. — h. sn miii., n. h8. 3. — Laque rouge et la(iue vert à dessins d'or. 1949 — Deux petits bols, élevés sur un pied conique, en laijue rouge, d'une grande finesse. = A l'intérieur, sur l'un, un arbuste au-dessus duquel voltige un oiseau ; sur l'autre, ng. iscent. 1992 — Sou-tchou. = 11 est composé de quatre séries de dix grains en pâte parfumée, séparées par de gros grains de forme ovoïde, évidés à jour, en ivoire teinté. Une pastille odorante, de forme ovale contournée, décorée de fleurs eu relief, est suspendue au dernier grain. Cette pastille peut .«ie délayer dans l'eau et donner une encre rouge. - Long, as cent. 1993 — Sou-tchou, disposé d'une autre manière. =r 11 est composé de huit séries de dix grains, en pâte odorante, réunies en deux rangées verticales de quatre séries chacune, au-dessus Tune de l'autre. — Long, m ccm. 1 994 — Pastille en pâte parfumée au cumin, de forme ovale, à huit lobes. = Elle est décorée d'animaux modelés en relief, qui sont renfermés dans un cartouche. — h. ss mui., l. 45. 1 996 — Pain d'encre noire odorante. = D'un côté sont représentés les huit immortels, figures en léger relief et dorées; de l'autre côté se lisent trois inscriptions que nous reproduisons ici avec la traduction ; celle du milieu est MOBILIER. OBJETS USUELS. 855 gravée eu creux et dorée , les deux autres sout on relief : ^ *î ? -f Inscription du milieu : •• Kinn-sten-kao-hoei . La réunion • célèbre des immortels. •• Inscription de droite : ♦• Kkien-long kia-tseu-^tchun-san-yoïiei . " Le troisième mois du printemps de l'année kia-iseu du règne • de l'empereur Khien-long. •• Inscription de gauche : « Chen-fa^sien-faTig-kou-fa'-tsao. " Fabriqué d'après . les procédés anciens par Chen - fa- " sien. ♦• — H. 13 cent. 7 mill., L. 7, Epaisseur 3. 1996 — Pain d'encre noire odorante. = Il a la forme d'un volumen déroulé et est enrichi de fleurs et d'oiseaux gravés en intaille. Il est suspendu à un cordon de soie entre deux ])erles en verre bleu. — h. « miii., l. 4o. 1 997 — Pain d'encre noire odorante. = D'un côté, un per- sonnage assis devant une table, sujet en relief encadré dans une riche bordure d'ornements coloriés. Dans le coin du ta- l)I<'au so trouve cotte inscription : m " Iliang-lioa tsing-lnang . J'aime les fleurs odorantes et le» «30 MONUMENTS ORIENTAUX. " sons mélodieux. •• De 1 autre côté, ou lit l'iuscription que voici, gravée en intaille et coloriée : M • Yao-kin-i'kio'Iai'hiun'foiig . Une chanson, jouée sur le luth - des immortels, amène un zéphir parfumé. •• Tchu-wen-kong- kiu^ phrase tirée de Tchu-wen-kong i c'est-à-dire Tchu-hii, lo prince de la littérature. — h. 75 miii., l. «, Épaisseur 8. 2. — Ouvrages du Tong-king. 1 9'J8 — Théière de forme ronde, à six côtes. = Chaque côto contient un cartouche rempli de fleurs ciselées en relief et dorées. — H. 10 cent., 1). 9. 1999 — Fontaine à trois robinets, garnie de deux anses. = Elle repose sur trois pieds élevés, dont l'attache est décorée de têtes de dragons. La panse est enrichie de cartouches qui renferment des animaux et des fleurs ciselés en relief, se dé- tachant en noir sur un fond doré. —h. 35 cent. '^. — Ouvrages indous. 2000 — Harpon de cornac en cuivre pour conduire les élé- phants. =r La hampe et les garnitures du croc sont enrichies d'ornements ciselés et de damasquinures d'argent. Manchr en ébène avec anneau d'argent. — i.on»i. 37 ccm. .M()IUI.ii:h. oiuKTs isrKLs. si: On voit cet instrument figuré, dans les mains* de cornacs. !*ur les dessins n""* 1 66 (i et 1 668, et sur un bas-relief en ivoire du coffret n« 1962. 2001 -- Béquille. — La crosse est en jade; la tige en bois peint, fond jaune d'or à fleurs ; elle contient une lame en damas gris. — Long, ci cent. 2002 — Béquille. = La crosse, en jade, est incrustée d'é- meraudes et de rubis ; la tige est en ébène. — Long. 47 cent. Ces béquilles servent aux Indiens à se soutenir lorsqu'ils sont assis les jambes croisées sur le dos des éléphants ; on peut en voir une figurée dans le dessin n" 1667 : les vieillards en font aussi usage lorsqu'ils sont agenouillés dans les temples. 2003 — Coupoir en fer. =r II est décoré à l'extrémité d'une tête d'animal et d'ornements ciselés et damasquinés. Les In- diens s'en servent pour hacher le bétel avant de le mA- r.her. — Long. 2» i-ont. 2004 — Xéeessaire de table, en fer ciselé et damasquiné d'argent. = 11 se compose d'un couteau, d'un long stylet à manche et d'une petite? fourchette à deux dents. Étui en cuir. — I) 16 coni. 1 — Ouvrages arabes. 2OOÔ — Vase cylindrique en cuivre, à fond plat et à anse supérieure mouvante. = La panse et le fond extérieur, ainsi qu'une bande sur le bord intérieur, sont décorés de fleurons et d'ornements capricieux, d'un riche dessin, en relief, qui sont mariés à un lacis délicat, damasquiné en argent. La «lamasquinure est appliquée sur des parties en relief, piquées de petits trous, sur lesquels l'argent s'est attaché par l'effet d'une forte pression. Ouvrage des fabriques de la Mésopotamie, du xrf ou du Mil*' siècle de notre ère. — h. 11 «ont., d. 2.1. 2006 — Boîte de forme hémisphérique en cui\Te, à cou- vercle plat détaché. = Ce vase et son couvercle sont décorés de la m^UH' manière que le précédent, et proviennent de la S3h MO \ V M !■: NIS t) K I K N T A r X. inécifi faliriciitiuii. Au milieu du couvercle se trouTC grarc, un milieu d'arabesques , un écu coupé avec une aigle dans le chef, qui reproduit, à n'en pas duuter, les armoiries d'une famille européenne. Sur l'épaisseur du métal. & la gorge, on lit une inscription arabe, divisée en quatre versets, dont les deux derniers n'ont pu être déchiflrés entièrement. Voici cette inscription et sa traduction : 'yrj^ itfÀJl (ft-.*.j Ub |4V»-j - Dessiné par le serviteur, le pauvre ■ Zyn-Eddin, qui espère dans la miséricorde. ■■ Celui eu qui j'espère me suffit ■ Toujours miséricordieux - L'inscription est rendue par une ilamasquinure d argeut sur relief. L'intervalle qui existe entre chaque verset est rempli par un enroulement de ces fleurons délicats à trois péta'cs écartés qu'on rencontre fréquemment dans l'orne- mentation des pièces d'orfèvrerie européenne des xi' et Xll" «ièclcB. _ H, Srpnl., n. (11. TABLE DES MATIERES COMPRl!«A!• iCl.'Sà >615, 1(il7 à IGf.l, 1031 à Hii', 1&i9, 1G3I, 1784,1785, 1787à I79i, 1794, I7UG, 1797. AGiNCOt'RT ( d' ); Itifloire de l'arl, oit n-, 2T, 5(), 5«, .%i, C6. U8, 171, 17i, 175, Hii. CG3, 66B. OSO. Ahsmolean MujtËiii,à Oxford. Objet cité de cette collection, 13.S. AiXENANDS (les) habiles dans l'art de tra- vailler les métaux au xi" siô<'le,^6l. — Plusieurs orfèvres ont cultivé leur art en Italie au xiv* siècle, 345. Alloc (M), fitiules xur les armes et ar- mweê du moyen âge, 36:^,113. aix-la-Ghapellk (cathédrale d*) ; .«bjets de son trébor cités, 133, 113, 15S. iHi. ALHAMBRA (paUis de 1'); ses carreaux émailés, "SS'l: — ses va«e8 de faïence émaillée, 384 ; — ses peinlureh décora- tives, 385. ' A!«4!(TASK LR BlBLIOTHÉCxIRt ; PCS Vie» dfê papes, citées 54, : 9, 97, 141, 1 if, Si)8, 30(1, 315. Anjoo (Louis, duc d') ; l'invenuire de son orfèvrerie rédigé par lui-même, fS8. AincALXs ARCHÉoix>ci0t?E9, ciiées, H9, 3^6, 337, vm ANSELME I le père ), Hùioire qéneatogiqtte rt rttronolngique de ta maison de France^ citée, 380. AQCARKLLEs. Voyei Peinture en détrempe, ARABES ; dès le ix* siècle savaient décorer les poteries de glaçures stannifères, 383; — introduisent en Espagne la fabrication de la poterie émaillée, 383; — leur ha- bileté dans les arts céramiques, 384 ; — habiles dans l'art de travailler les métaux, 407 ; — vases de cuivre damasquinés, pai- eux faits au xii* et xiii* siècle, 403. ARBRE DE JES8É , n» 36. — Généalogique min. mss., n» 453. Arcuéologues; c^ux qui les premiers ont re- cueilli les monuments meubles du moyen âge et de la renaissance, 4. AiicuEOLOGiA, recueil cité, 133. AROiNT (31. Maurice), Noiice historique sur les ematix de Limoges, citée, 184, 180, 189, 191. ARDiTi (Andréa), 346, 347. — Calice de cet artiste, 159, 348, 365, n» 90G. AREZZO (cathédrale d') ; bas-relief en argent emailléde ^on autel, 160, 311. — Paix du tri'sor die la Mtidnmuu 954. ARMES. Voyez Attde l'armurier. ARMiREs au moyen âge et au xvi* siècle. Voyez Art de t'armurier, .\R.NErr (M. Joseph), Das ti.H.Mani'Uwi Anttkeii-Kabinel, description du cabinet impérial des médailles et des antiques de Vienne, 39, 148. Arqi;cbusb ; invention de cette arme et son ornementation, 366, 3^7, n«« 1419, 1137. Art. On a supposé pendant longtemps qu'il avait été anéanti durant le moyen Age, 1 ; — utilité de Tétude des diverses applications de Tart à la décoration des objets mobiliers du moyen âge et de la renaissance, 3; — faciliter celte étude a tfté le but du fondateur de la collection, 1 1 . Voyez Sculpture, reiniure,Byzanan rart) . ART DE L*ARMURTER. La forme des armes du moyen âge est révélée par les manuscrits k miniatures, 75; — ornemen- tation des arme^ pendant les premiers HU) \ A W L i:. siècles du moyen àgc, TAU) ; - au \\i* siè- cle , TS'y ; — armuriei-s fameux en Italie , en Allemagne et en France, 36i, ÔCS ; — ornementation des armes à feu, ôTiG; — ornemenUition des armes chez les Orien- taux, 399. — Pour les armes que possède la culleciioii, voyez la Table des divisions. ART CÉRAMIQUE. Antiquité de cet art, â75; — les céramistes grecs très estimés, Î75; — les poteries grecques, étrusques et romaines présentent presque toutes de l'intérêt sous le rapport de l'art, "Î76; — au moyen âge, 277 : — poteries byzan- tines d'après Théophile, 277 ; — l'opinion de E. David sur la fabricutiun de la po- terie émaillée au xi* siècle en Occident est inadmissible, en tant qu'elle s'appuie sur le poème d'Eraclius, 279, à la uote ; — la poterie de luxe se tirait encore au XiT* siècle de l'Orient, 280; — faïence vernissée et émaillée des fabriques d'Es- pagne et d'Italie, J8i ; — les Arabes in- troduisent en Espagne la fabrication de la poterie émaillce, 2k2 ; — leur habileté dans cet art, 284 ;— classiflcatioo des po- teries hispano-arabes, 284 : — l'Espagne doit avoir la priorité sur l'Italie pour la fa- brication de la poterie émaillée, 287;— les procédés céramiques hispano-arabes sont portés en Italie, 288 ; — céramique ita- liennedu xii* au xv« siècle, 288;— poteries vernissées employées à la décoration des édifices, 289 ; — plastique émaillée de Luca délia Robbia, 290 ; — ses frères et leurs enfants continuent ses travaux, 391 ; — céramique iulienne de la seconde moitié du xy< siècle, 292 ; — emploi de l'émail stannifère, 293; — majolica de- puis la fin du XV* siècle jusqu'à Ww», 293 ; — technique de la majolica, 294 ; — majolica de 1538 à ISTiO, 296 : — de 1860 à la fin du xvu* siècle, 29<'> ; — caractères des peintures sur majolica et travaux divers des céramistes depuis 1S58, 300 ; — fabrique de Naples, 303 ; — de Venise et autres du xvii* siècle, 304; — der- nières fabriques au xviii« siècle, 304. — faïence fine française dite de Henri II. 30.*;; — son origine, 306; — quelques monu- ments signalés, 300; — feîenoc émaillée de B. Palis8y,307 ; — ses continuateurs, 311; — caractères de cette poterie ; 311 ; — rontrcfaçons, 312 ; — faïence émaillée Hllemande, 312; — grès -cérames de Flandre et d'Allemagne, 313 ; — ancien- neté de leur fabrication, 314; — carac- lèrcs des différentes sortes de grès, 5i 4 ; — grès rouges de Bôttcher, 515, 320, 32 1 ; — la porcelaine chinoise est importée par les Portugais au commencement du xvr siècle. 313 ; — avait déjà pénéiré flans Ifs f.iats BarlMrrsrjjies au xiV .«iè- cle, 390; — était cuniiue de reputaii* n en Europe dès le xii* sièc4e par les écrit!» des voyageurs arabes, 396 ; — an xiii* siècle par ceux de Marco Polo, 387 ; — caractères de la véritable porcelaine, 316 ; — étyroologie du nom de porce- laine, 316. à la note, 39T, notes 2 et 3 ; — invention en France de la porcelaine tendre, 317, 3i5; — composition de la por- celaine chinoise, 317; — Bôttcher, inven- teur en Europe de la porcelaine ; ses pre- mier» travaux. 3l« ;— Tschimhaus, colla- borateur de Bôttcher, 319 ; — découverte d'un gisement de kaolin en Saxe, 321 ; — fabrication par Bôttcher de la poroe^ laine blanche, 323 ; — manufacture de Mei&seu et sa marque, 322 ; — ses prio- cipaux directeurs et artit^lea, 3iâ; — autres manufactures de porcelaine d'Al- lemagne, 324 ; — fabrication en Franc»* dé la porcelaine tendre, 325 ; — manu- factures de Saint-Cloud et de Vincenoes. 325 ; — de Sèvres, 320 ; — gisement de kaolin et de feldspath découvert près d'Alençon, 327 ; — découverte du kaolin de Saint -Yrieix, 327; — fabrication à Sèvres de la porcelaine dure, 327 ; — directeurs successifs et principaux ar- tistes de cette manufacture, 328 ; — sa marque, 3à9 ; —art céramique à la Chine, 3U4 ; — la fabrication de la por- colaioe y remonte à une haute antiquité, 305, 394 ; — recherches faites sur cette antiquité, 395 ; — vases de porcetaine chinoise trouvés dans les anciens tom- beaux de l'Egypte, 305; — oh se fabrique la plus belle porcelaine chinoise, 398 : — l'ancienne porcelaine très recherchée par* les antiquaires chinois; plus rare à la Chine qu'en Europe, 399 ; — porce- laine japonaibe, 399. — Monuments ce- ranM«iiu:s de la collection, voyez la Table des divisions et les mou Faïence, PUu- lique, (irès. Porcelaine, ART DU LAPIDAIRE; tous les vases façon- nés avec des matières minérales ont été compris sous ce titre, et pourquoi, SOi ; — les Romains avaient birâiucoup de goia pour ces bortes de vases, SU3 ; — vases rourrhins, 203 ; — les vases antiques en bellSs matières conservées durant le moyen âge, 903; » appropriés aux usages du culte, 204 ; — au xt« siècle, on recommence à tailler des vases dans les pierres dures, iOi ; — ils ont été trè» en vogue au xvi* siècle, 2(»4; — Fran- çois I*' et Henri II avaient beaucoup de goût pour ces vases, 905 ; — on oeK«e d'en faire au xtii* siècle, 206 ; — cet art reparaît au xviii* siècle, 200 ; — chex les peuples de l'Orient, 393. — Pour les mormmenis de cet art appartenant à la TABLE. 841 colleclioii , voyez b Table des dwi- AvGSHorRG, ville de Bavière; poncs de bronze de sa cathédrale, 55, 64; — se dislingue par ses sculptures et ses por- iraits-nicdaillons sur bois, 41 ; — par sa si'ulplure en ivoire, 45 ; — par le travail du fer, 59 ; — par son orfèvrerie, 508 ; — marque de cette orfèvrerie au xvi* siècle, 45 ;— était encore renommée pour la fabrication des armes, 56-S ; — des horloges portatives, 371 ; — et des cabi- nets. 381. AiTTEL immikstiqije; ce que c'est, et nom qu'il reçoit en Allemagne, 35 ; — monuments de la collection auxquels on peut donner cette dénomination : sculptés , n°« 3 , 147, 148 et 149, 1476; peittts, n*»* 548, 549, 550, 693, 693, 749; sadpi^s à volets peints^ n* 1481. AcTBL PORTATIF ; ce qu'on entend par là, 738;~de la riche chapelle de Munich, M6; — de la collection, n»1477. Baptême par iioiersion, n«*> f 41. 459,646. Bassins ru émail du xiii* sitVle, dont l'usage n'est pas bien connu, 878, n°*671 , 674. BàTISSIER (M.), cité, GJ, 81. Belvédère (palais du), à Vienne, 9 ; — objets cites de la collection qui s'y trouve, 91, 95, 94, 96. Bamberc (cathédrale de) ; sculptures en bois dans sa cathédrale, 34. Barante (M. de), Histnire des aucs de BourgognCi citée , 228. Béxédictio.'I latine et bimédiciion grec- que; différence entre les deux églises, 151. Berhardi (Giovanni), de Castel Bolognese, graveur eu pierres fines, 69 ; — plusieurs de ses élèves sculptaient en ivoire, 4";— a fondu eo bronze ; a gravé sur cristal de roche le Ganymède de Michel - Ange (n» 335) de la collection , 68. Bibliothèque de BambeHg; graduels ma- nuscrits cités, 29, — royale de Berlin, manuscrits à couverture d'ivoire, 30; —du Louvre, manuscrit cité, 7i; — royale de Munich,|objets qui s>'y trouvent, cités, 120, 134, 140, 220, — royale de Paris, objets d'art qui s'y trouvent, cites, 44), 41, 72, 117, 118, 129, 130. 137. 138, 143, 197, 211, 317, 326, 234, 235, 252, 260, 268, 392, 406 ; — du Vatican, manuscrit et objets d'orfèvrerie qui s'y trouvent, cités, 72, 310, 2i6. BIJOUTERIE. Bijoux du xir et xiii* siècle, très rares; bijou du xiii* siècle signale, 227; — ceux du xiv*, aussi très rares; quelques-uns ciiés, S'îS; — description des plus usuels de celle époque, 23b'; — bijoux reliquaires au xiv, 2.'»7 ; — bijoux faits pur I.oicrizu Ghiberii, 219 ; — bijuux enrichis de figurines de ronde Ikissc, on or cmaillé, n'es en vogue en Italie au XV* siècle, 354 ; — bijoux faits par Cellini, 255, 256, 368, 359, 260; — bijoux en vo- gue au XTi* siècle, 961, 363; — ils sont très rares, 268 ; — le séjour de Cellini en France a eu une grande influence sur la bijouterie, 265; — style des bijoux fran- çais du xvi« siècle, 266 ;— bijoux du xviii» très èlégunis, 373. — Pour les bijoux de la colleciiun, voyez la Table des divi- sions. Voyez aussi Orfèvrerie. BoissEnÉ(M. Melchior), bas-reliefs en bois d'Albert Durer de sa collection, 39. Bottcher ( Johann -Frederich). chimiste allemand, inventeur de la porcelaine dure européenne. Voyez Art céramique ;— grès rouges de son Invention, n°* 1199 à 1901. BONTEMPS (M ), directeur de la fabrique de verrerie le Choisy-le-Uoi , EMai sur la peinture sur verre, 03. — Expot:* de» moyens employés pour la fabrication des verres filigranes, 351,355, 356; —son opinion sur la fabrication et la coloraiion de différents verres de la collection, 092 à 694. BociLLARD (dom). Histoire de l'abbaye Saint- Germatn-deS'Prés, 207, 339. Briot (François), orfèvre; sa belle vais- selle d'etain. 267, 268; — pièces de lui, n- 970, 971 . Bkiti.sb Mi'SfcUM ; objets cites de cette col- lection, 132, 137. Bhongmakt (M), directeur de la manu- facture de Sèvres; citations tirées de ses ouvrages, 106,167,376,382,383,305,312, 313,514, 316, 31», 321,326,327, 328,529. Bronzes (vases de) d'une fabrication alle- mande du moyen âge,:385, »•• 1478, 1619, i:>20; — l'art de fabriquer les vases de bronze remonte, en Chine, à une haute antiquité, 402 ; — les vases anciens y sont très recherches, 402; — vases provenus d'un alliage de métaux fondus dans l'in- cendie du palais impérial, 402 ; — arabes damasquinés ; intérêt archéologique qui s'y rattache, 403 ; — lieu et époque de leur fabrication, 406. BRiTiET-DENOR ; SB collectiou d'objets d'art du moyeu âge et de la renaissance, 9 ; — objets cités, 187, 190, 588. BRL'fisvricR (collection de) ; bas-relief d'Al- bert Durer, 39. BussoLiN (M.), verrier vénitien, 348; Gui- da aile fabbriche , 259, «60 : — bijuux de U cullei'liuu qui lui sont attribués. «61 ; — son Traité de Cor- févrerie cité, 69, lOS. 1«9, IS6, 169, t«R, 165, 175, «54, 3r>7,«U3, «64. 965, «bl, 583 : — sa Vie écrite par tui-méme citée, 901. «il,«55, «60, «6i. Chambrb DU trésor; salles du palais da roi de Bavière qui renferment des bijoux et des objets d'art, 9 ; — objeu .cités, 179, «05, 969. Chapelle (riche); chapelle de la partie ancienne du palais du roi de Bavière oii sont renfermés des bijoux et objets d'art. 9; — objeu cités, 158, «36, «GO. Champollio!«-Pigeac (M.), cité, 118, 140, 311. Chesïir (André du), savant historien, cite. «19, 118, «35, «91. Chiloéric. roi des Francs ; objeu émaillês trouvés dans son tombeau, 117, 199, 137, «10. Chosroêh, roi de Perse; coupe au centre de laquelle il est représenté, 1:^,138,393. CtcocN ARA , Histoire de la scutptKre, 38. 46. 47, 48, 49. 6U, 193, «00. «05, «90, «45, «47, «49, 364, 364. Cologne (cathédrale de) ; pièces citées de son trésor, 125, «36. CONSTATri?! roRPHYRocniftTB , la Vie et Basile le Macédonien, 139, «18; —cite encore, «8,73, 14«. CORAïf (le ; a surtout excité l'émolalion des calligraphes de l'Orient, 390;-- manu- scrit du Coran, n" 1714. CosTLHEs ET USAGES (Ics) Hu mojen ige sont révélés par les miniatures des an- ciens manuscriu, 75. CouvBRTURRS DB L'VBES, souveot décorées avec d'anciens diptyques, 94 ; — en or- fèvrerie du VI* siècle, «11 ; — du ix* siè- cle, «17; — du XI*, ««0. — très riches au XIV* siècle, «33; — quelques-unes ciiérs, 934 ; —du xvi* siècle, 960. Crucifix en bronie du xii* siècle, 339. CUILLERS en ivoire sculpté; leur destina- tion, 586. CUSTODE*; ce que c'est, 573;— do xii* siècle avec les patriarches en costume d'évf- quc, n* 950 ; — autres, n««665, 673, 684. Damas, ville de Syrie, célèbre au moyen ige pour ses poteries, 981 ; pour ses fabri- ques de verrerie, 538. DAMASQUINERIE ; ses procédés, 198 ; — pratiquée au moyen âge par les peuples du Levant et à Constantinople, 199; — ses procédés paraissent avoir été appor- tés en iulie au xv* siècle, 100; — de la damasquinerie au xvi* siècle, 9U0 ; — Venise ct Milan se distinguent surtout dans ce genre de travail, 900;— comnicnitr TABLE. 84 :i à èire pratiquée en Fiance dans la se- conde moilié du xvi« siècle, 201 ; — em- plo3fée à la décoration des bas-reliefîi en fer repoussé, 6S ; — son emploi sur les vases en cuivre arabes, 405. — Objets damasquinés de la collection, n°* 819 à 8fS et I59i, 1399, 1400, 1405, 140U, 1408, 144«, 1.*>4I, lt(94, 1895, 1899, 3005, i006. Dard ( M.) , Uitioire de ta république de Venite, 344. bAVio (Emeric) ; citations tirées de ses ou- vrages, 68, 78, 80, 91, 97, 103, 1»; — mauvaise interprétation par lui donnée k un passage de Constantin Porobjrogé- nète, 139; — l'interprétation qu'il a donnée au poème d'Eraclius pour établir l'existence de la fabrication de poteries émaillées en Occident au xt* siècle n'est pas admissible, 879. Dbbrdgb Duméril, fondateur de la collec- tion dont la description précèdef 10 ; — but qu'il s'est proposé, 11 ; — à sa mort, •es enfants réunissent dans une galerie les plus beaux des objets par lui recueil- lis, IS. bEHOK (M. Vivant) ; réunit & ses collections d'antiques des monuments du moyen âge et de la renaissance, 5. DKjiTRBcoLLK8(le |>ère). Lettres sur ta Chi- ne, 396, 388. Desiderioda Setticnaro, sculpteur floren- tin ; caractèro de son talent d'après Ya- sari et Cicognara, 37, 38. — Buste de Béatrix, de sa main, n» 405. DiBDiR (Fragonallj, Voyage en France, 51. Didi&r-Petit (M.), Cataiogue de sa coliec- tkm et objets cités de cette collection, 177, 180, 481, 183, 185, 186, 188, 191, 604, 606. DiDROn (M.) ; son voyage en Grèce ; il y dé- couvre le manuscrit ÈpfAViviîa riéi C«<>- ^pafucT;, 31, 414.— Citations tirées de ses ouvrages, 413, 417, 419, 481, 641 736. DiPTTQCEs; étymologie de ce nom, 93.— fmgiUares, consulaires, ecclésiastiques, 43, S4; — fabriqués en grande quantité pendant la persécution des iconoclastes, ii ; — d'un usage universel dans les siè- cles suivants, S5; — appartenant à la collection, n«« 13, 100, 145, 156, 157, 158, 159, 161, 16i, 948, 9lctaiini*u et poêle du moren âge ; Hin poème De eUorilmt et arfihu Anmanomn, ciie, ns, ô3e ; ~ msl iniei- préié par Emeric Daiid, *19. EsciLOFiiK (M, le cumie de 1*) ; aa publio- Rtàin (orfèvrerie d'il vaiuelle ut* bien eià:ntoe au it* aiè.'le : ligure daci le mobilier dea prince», «.T;— épreaTen en éiain reletée* sar dea pièce* d'arfi^ vrerie. »n, jlGg, MO; — pièce* de li eolleclion.n-OTO.OTl. Et» (leui Van), dii Jeu de Bmgo, n'ai 91 ; — cilé «ncore. 9S, 91. 96. n- 661 k est. F»liscï. ïiijei Alt et^amifljie, ei pour 1« ■lii BK ruoui:cequeceai, 1*6; — à différente* aorie* de biance ou lerrei jour, IW. émiillces. l»roW!de<*MA>ru. FiKiLLo, Saggio ilorico dl Marano, su. — procédés de fabriciiliun, IBÏ; — lech- FtLUun , HUWJpe dt rabOa^ de SoM- lieni..«il.m,«it ^■e genre d'éniaillerie a pria aaissance en Italie tSfi l son iniruduction en FEU CIllLÉ ET SCOUTS OIRS L* HUSL, 59. 01. 364, SCS. et n- S7Ï, ï80, 5» ï(0. France, 10»;— Fabrique de Konlpcllier. I6i; - irèa en vogue hu ht* siècle, I6S ; Ml, lin. 1S9*, IWI, 14(0, 1410. 1*B. iVs,, (Sa [voïe* Serrurerlt). - emplojéa surioul i la décorelion de FiOMiURTi (Leonirda), Lo tpacbio di l'orfèvrerie de lable. Kl ; - nom donne Himia miiivrialr, cile, «oo. 34», 55e. ■u lYI* siècle il CBB émaui, tes. — Hunn- TABLE. 845 cités de celte collection, iOλ, iSi, 259, (;alerib db Tableaux de Dresde; tableau cité, 96 ; — du roi des Pays-Bas; tableau cité, 94. Garciti de Tassy (M), membre de l'Insii- tut, a traduit les inscriptions en indous- tani qui se trouvent sur des monuments de la collection, 389. (;arzomi, bibliothécaire de Saint-Marc, la Piazza universale, 393, 348, 349. (^HlBERTi (Ix)renzo), sculpteur et orfèvre florentin ; ses Mémoires^ â45, 449; — cité encore, 37, &3, 161, 941, 347 à 351 CiGUBT (M. Pierre), sa Traduction d'Ho- mère, 97. Glyptique ; gravure sur pierres fines au moyen âge, 66, 394 ; — au xv» et au XVI» siècle, 68 ; — pierres gravées chez les musulmans , 39i. — Monuments de glyptique de la collection, n«* 389 à 451 « et 1817. CuRi, Thésaurus diptychorum, 33, 34, 350, 351,389. (;itAAL, calice dans lequel, suivant quel- ques légendes, on aurait recueilli le sang de Notre-Seigneur, 641 ; — représenté, n««953,983. GRAVL'HE , Fart de graver au burin sur les métaux est fort ancien, 103 ; — but de la reunion à la collection de quelques séries d'estampes, 103 ; — invention de l'impression des estampes par Maso Finiguerra, 103 ; ^ gravure en intaille sur cuivre du xii" siècle, n» 953 ; — sur cuivre du xiii* 8iècle,n'>1477 ;— sur argent du XVI* siècle, n««930, 932, 10Jt6, 1459, 1468; — gravure sur platjues d'ivoire, Ô8I, n«» 1419, 1437, 1503, 1505, 1504. Grès-Cérames (voyez i4r{ céramique); et n»* 1195 à 1301 ; — Boccaros de Chine, n»* 1818 à 1820, 1833. (;rc.^b Getvôlde, trésor royal de Saxe, 10; — fondé par Auguste le Pieux, 45 ; — objets cités de cette collection, 45,47, 48, 49, 50, 60. 179, 193, 197, 205, 269, 370, 375,374,371. Hase (M.), membre de l'Institut, a déchif- fre les inscriptions byzantines gravées .sur deux monuments de la collection et en a rétabli le texte, 414, 438. Hcrtel (M.) de Nuremberg; pièces citées de sa collection, 53. Historien ano:sCRiPTiu>s sur un tau, n* 1479; — - sur des croix byzantines, n*" 3, 39 ; — sur plaque de cuivre du xii* siècle, n«» 952; — sur un autel portatif du xui», n» 1477;— sur des objets de la Chine, n»* 1731, 1798, 1803, IHi-, 1828, 1965, 1978, 1995, 1997; — sur armes persanes et arabes, n>** 1901, 1904, 1915, 1916 ;— sur une bague per- sane^n» 1817;— sur un vase arabe,u**3006. Inventaires : du duc de Normandie, cité, 127, 161, 252, 336 ;— du duc d'Anjou. 161, 238, <29, ï30, 331, 334, 316, 3,-^8; — du roi Charles V, 33. 25, 33, 67, 91, 93, 98, 137, 138. 164, 165, 303, 328 à 239, 281, 316, 358, 3:0, 377, 556; — de Char- les Yl, 67, 95, 137, 164, 339, 332, 316 ; — de Charles comte d'Angoolèmc, 967 ; — de Henri II, 68, 137, 165, 305, 306, 366, 658 ; — de Catherine de France, sœur de Henri IV, 6i>3; — des joyaux de U couronne sous Louis Xlll, 669. ITALIA SACRA, Citée, 144. Isidore de Séville, Origines, 480. Jade, matière minérale très dure qui se trouve principalement en Chine, uii elle est travaillée avec art, 593 ; — objets en jade,?n»« 1727 à 1732, 173i, 1737 à 174?, 1746 à 1748, 17îi0, 1751, 1754 à 1763, 1771 à n77, 1779, 1780, 1783, 1813, 3001, 2i:02. Jai'bebt ( M. Amédée ), Traduction de la g(*ographie d'Edrisi, 397. Jean Chrtsostome (saint), cité, 309. Jésus-Christ, dans sa gloire et l>éiii5sant. sur des monuments du xi*, xii« et xiir siècle, n»* 1476, 663, 666; — du xiv« et du xv« siècle, n« 15, 684; — sur des mon . gréco-russes, w* 1490, 1491. Voy. Béné- diction. JovssE ( Mathurin), le Théâtre de Cart, 368. Julien (M. Stanislas), membre de rinsiitul, a traduit les inscriptions chinoises qui se trouvent sur des objets de la coll., 399 : — ses recherches sur l'antiquité de la porcelaine chinoise, 3*» ; — son opinion sur les vases chinois, soi-disant trouvés dans les ancidkg tombeaux de l'Egypte. 846 T A B 395; ~- ba in&duclion du livre chinois de* Récwtpetues et de* peines, 768. JU8T11IIANI, liisioi'ien iialien, cité, Ii3. KLhMM (M. Gustave) , cunservaleur du Mu- sée céramiquo de Dresde. Die K. iâchsi»- che porzvllan-und-gefàsie Samndtmg , 315, 51 H. r^jl, 3ii. Kdgler (M. le docteur), professeur àBer- lin, Handbuch der Kwislges'hirhie (ma- nuel de l'art). 34, r>5, 39, 41, 53 56, 59, 9i9.— Beschreibung derk.Kwiêtkcanmer (description de la Kuiistkanimer), 43,45, 60, 359, 38i. Ki'Bn (M.)f directeur actuel de la manufac- ture de Meissen, 334. KUHSTKAMMER (Kônigliche), salles du palais du roi à Berlin renfermant des objets d'art, 9;— objets de cette collection cités, 39. 40, 41, 45, 40, 60, 53, 59, GO, 14«, 1~8, 189, 191, I9G, 197, 340. S70, «73, 386, 304, 313, 314, 358, 359, 371, 516. iJkBOROB (H. le comte de), Voyage en Espa- gne, 98i. Lactakce, écrivain du i\* siècle, cité, 77. Lardsberg (M. de), directeur du GrûneGe- wôlbe de Dresde , Le GrUne Garôlbe, 179. Lanclols (M.), Essai hisiorique sur la pein- ture sur verre, 77,80. La!«zi, nixtoire de la peinture, citée, 69, 175,316,998,375,376. Laque. Voyez Yernissure, Latticinio, verre blanc-opaque ou blanc de lait, 349, 701 . — Verre décoré avec des filigranes de latticMo. n"* 1990 à 136.S. iXMECF (l'abbé), Mémoire sur l'histoire d'Auxerre, 317, 319. Lrclanché (M. Léopold), cité, 348; Traduc- tion des vies des peintres, etc., de Va- san. 957. Lbdbbur (M. Léopold), conservateur de la Kwistkammer à Berlin, Leiifaden fUr die K. Kunstkammer [Description de la Kunsikammer)^ 45, 148, 178, 369, 383. Lengir (M. Alexandre), fondateur du Mu- sée des monuments français, 4 ; — Ras- semble une collection d'objets mobiliers du moyen âge et de la renaissance, 5; — citations tirées de ses ouvrages, 80,368, 385. Leiiormaiiid(M.j, membre de l'Institut, cité, 383. Lerodx de Limct. Histoire de Vllôlel-^e- ViUe de Parts, 555. Lessing, cité, 63, 63. Le VIEIL. Art de la peinture sur verre, 77, 78, 80, 332. T LiCHTENKTiiiM (galeiic du prince df), 35. LE. Lies ; lutte de l'homme avec le lion. 44i, n« 1. IXNIGPÉRIRR CM. Adrien de ). conserTatenr des antiqties au Musée royal du Louvre, citations liréen de «es ouvrages, 153, 159, 59*. 401, 406 (les citations de cette page sont indiquées par erreur comme exlraiies des Annales archéologiques, i^e&i Revue archéologique qu'il faut lire ),419, 578. I>0LI8, roi régnant de Bavière, fondateur d'un musée sou» le nom de VereiJ^ien sammlungen, 9. LrCAS DR LBYDE ', tableau qui lui est attri- bué, 96 et n» 550. Louer aiiim£, compilation du xiv« siècle, 6i. Mabillon, cité, 314. Macartrkt , Voyage en Chbte, 598. MADRE (vases de); ce qu'ils devaient être, 903. Magnam (M. Ch ) ; Notice sur la statue de la reine Nantrhilde, 33. Main de Dieo bé-nissaiitr, étendue et non posée sur ou nimbe, n« 139,— remplacée par un n, sur un émail byzantin, n*66t. MAiOUCA. Voyez Art eéramique, n«« 1140 à 1168. MAifFRin .palais), & Venise ; émaux cités, 176. Manuscrits ; ceux de la collection, d<^641 à 660. Voyez Calligraphie et «iHiatures d'anciens manuscriu, n*»» 459 et 453. marin (Carlo ) , Stnria civile e poUtica dl cononercio de' Veneziani, citée, 339,310 343,343,344. Marollb (Tabbé), cité, 373. MARQUETERIE. Elle est adaptée k la déco- ration des meubles au xii% au xiii* et XIV* siècle, 376, - au xy et au xvi* siède, 379 ; — maîtres en marqueterie italiens les plus renommés, 379, 380, — appli- quée aux objets usuels, 585, — chez 1» peuples de la Chine et de l'Inde^ 390. — Objets de la collection décorés de marqueterie, u»* 147, 148, 1419, 1435, 1497, i4H3. 1495, 1517, 1710 à 1713. MARTIN (M. l'abbé Arthur), cité, 315, 396. Madrt (M.), £«sai sur les légendes pieu- ses, 740. Matbnce (cathédrale de) ; pièces citées de son trésor, 336. MAZoïs {U.), les Antiquités de Pompât 77. MÉDAILLES. Voyez Numismatique. MÉDAILLONS (portraits). Voyez Portraits et Sculpture. MRiiLEM (Van), peintre flamand, 94; — ta- bleau qui lui est attribué, 96, et no548. Meubles a l'csage de l'bàbitatior dans les premiers siècles du moyen âge, 375; — très peu ont suiiréca de cette époqne» un pour taire cuiinulire cou du x*ai V Hijïulg, 313 ; — richeue d'ornemeii .iondciniBublc* dui remiii ro d'ûri«n i TABLK. , 1 iiO- HOKTUS, Vuyei Uotlogttie. (caihédrtlB de) ; obicu rilé> ds cle, iK; — detaralian d'à n x«' et lu xti* siècle, sn «t >u HiCHEL-Aici ( XicbdEgnolD BuaDSrot(i);~ — bu-reller en broute qui lui est iitri- bué, K8 et n' SM, ci Lé encore, 4e. M. MlNIlTM end<. HOeiLIE ClVir, ET HELTCIEUX ; uliljli de l'tiu dede.obje»mobilieradun.oïe, âge et lie 1. renaisMoce, S; _ dcslruc lion rapide dani loua les liiileB deg ob- )<..w me ublen.J, «n;- fournir des do cumeni. à l'élude de l'an dan) •« di. pplirali,™ .ni Objets mobiliers a été le butdu fondateur de la collection. •s obj,^ niabilien de< premiers ei«v:lei du moyen àgo oni dû éire eni- preinii du tiyle de l'antiouiié. w. -. «ealpiureniobili*redoii'.u"iï-eièclô,tB nies;-.u xvi'.i™le.si.Voïe. trligirax, HMiUi d fuiagt ttr rhabUa •an. objeu imeia. Cabtneii. Ar~ trêtor, ta, tll.UI. MonOBiHi, hitlérien iiallen, cité, ICI. HOSAÏQUE. Sa première dcsllnulnn dat l'antiquité, 99; -BU mo jeu Jge, 99 ; - esïladévorui ;n rtlier. Ml, Mi, lis, tl»,159{-n.< gieux de la collection, n- itTf I. 9IS, 9! - chlfKS « reliquai 901, !W!S,9 1^,939; r», n- GÛi, GOtt, ei6, en, BSI, OSS, 9« 9M, H8U;- crurîHi du xii* «Me, M et n" 3» ; auli ea, n- 134, tt6 ; - croasea, n- 6S1, 6»; - custode», n- CM, 673, <>84,9MI; — encensoir, n-9ti(j: — nsieties tenv-ens, w (.7*, tns, 9i1 ; — oatenwirs, n-«n,000;-pia,n"0(W;-p''CtorjJ k chape, ÏS6 et n-gSl. Voï.DIjMïTMei.nip- l{raw«, tutabla. KeUqmtrts perlatifâ . tIS. MmrtEiL (H.|, cité, MiKnFircoK inerni iplea de l'Orient, la colleetlon, n— MGï S10, IJ3, ISIt, 1701 1 1709. MïBiToai, biitorien italien, cité, ttl. MiKPBi, tbe Arabian (ouiquUit* ofSpian lei. HuaaBms (xsea); ce qu'ita dénient être, «a. UrsCc. Objelad'andediiera niusiîea, citéa, saioir:d'AugBbourg,9l;— deBerlin,94, 97; — de Bijogne, (76 ; — céramique de S*ire», 190, Wi. ««, SSC, *i4, S08, 3lt, 3IS,SH; — deGoiliu,S9, Bl. ÎCO;— du Hliia,!:)!; — defulUert, 131; — de Saint- Omer, 131, t34; — iet Snii^, k ^^plea, 77. (Voïei Bu«i Ahtmaltan, BeUiédire. BrUuli Uiiaeiim, BraïUB'Ieft, BibUoUt- que, CabMci det mMaUln. Chambre du Irtior. Chapelle irlthe),CnleHt, Grarte OtH-OUie, Kmtaammer, Uchumitin, UutaDH, Palara, Pîaaroiluiiue. Trutir hnpi'tlat. ïaUem el itteMglen Saimt- baigiH.) tnttt DE l'WWu, m CLURt; h fondation, 7- — H. Edmond Du Sommerard, directeur," 8: — objeu cîlés do celle collection, (3i. 13», 183. 187, tK, 368. 38J. HCaÉI MI Lotï«E. Charlc» X y f.ii dépoaer la colleciion de M Reioîl, 7; - cliseiHc»- liondcaobjciad'artdu moyen ige et de la rcnaiasanreciuis'yirouïCnirtuniMO;- otijels appartenant 196,11 9, 183. it 8,9S,n MO. 311, 38';, 4 insEi-M (daa hialoiiache) de Dresde. On y conaerie des objcia d'an du moyen Ige et du >ii* siècle, et une magnlOque ciA- leclion d'armea, lo, 3e«. — objeu ciiés d* celte colletl.,60,a64,38l!— H. le doc- teur Kruukiing, coiiaervaieur. et M. Bfli- LES, im ; — d'argent de 1i n-Son. «10,981, 10)5,1469. \[ililsiè>;lB,WSelD"iai7,i — nuriaaail dans la Gaule, iW: — peu de piicea aubaietent de celte époque, StO: — cetarU'uUiié par le> barbuee.Sllj -bilno» «m l'""fde Mnnta, Jil;- praliqoé en France avec siicrti au vi' lûicle. «Il;— IrSTinx d'arfeiircrie d( »lnt Boj, «*; — époque tarluïîDgien ne. >t4; — pnUono de Sunl-AmbroiM daHilaD, SIS; — Ira éiiquea d'Auxern aeaïgiwleDi par leur guCil pour , «19i — «nudel' faire ennnali e de ubie de a époque. Wi; — description de quelqoe» pi*c«.S»*ISt;— orféirerierelîgieiirt duiiï'alifle.ï»;— descripiïon de quel- que» piè.'w, Ol et »"i*. ; — p«iiw "1'- ilUBirc«porUlif>,m;— objet» OBoels en orféTTtrie du tiT* liècle , «M ;— orf^rerif MB;— orfsTreri elir'iitvle. UOi- iilleuratn 1,141;- anteld'argenLdePiaiwt, iD III* Mfcle en Il^e, 143 ;— »• ndrea Arditi , «8, n- 906; - Lo- lioi et KS irmviui, ÇA (>ojei CdRni): -auu-ea célèbro orCérre* ilaliena du xn* siècle , «63; — c»r«clère de l'wKirenf iulicnoe au iTf aiécle. 164; — orféne- rie fraoçeiieau »vi'ai*rle. MS; — Ptri> jouiaaait d'une grande répuLatiOD pour rorfêvrerii de lable et d'égliae , M» : - Ira bijoui tr.n^siÉ empreinii du Mil* iulien, 165; - orfêTres fnuifala de ce temps, 161 ; — orfèvrerie d'étain de fan- rois Brioi,lffT:— rareté des pièces d'or- (e.rene du x»i* sièele, *»; — orfr- vrerie allemande au un* siècle. «8;- rg et Augibvurg priocii-auicoi- -s de fabi gnalét, S sillf- rieiu x™- et iviif siècle, ITl ; — l'or- lapoUad'oro.lM. tH. I»,1M,IW, 141. fèvrerie franfaisedu XTir si*cle détruite celle époque, *30: — irataui que foni rèlfbres urfevrea allemand» de la fln d.i eiéeuler l'empereur Henti II etd'aoïret prince» et prélats allemands, !*l : - au cbczle. l^uples de l'Orient. Kn.- Monu- tel d'or de Bàle, Ml ; - le roi Robert de ments d'or lé vrerie de la coll. en oretCB argent, n" 904 à W9; - e» cui-rcd«rp. et xui* eitx\e, *a ; — travaux de Suger. n-9S0à 9t9: - en éiain.n-»;Oet»II : MS; - le livre III du tr»iléde Tbêupbilt - orientale, n- IT98 liISO». (Vov.EwflM- leritflBIjouierir.) que devait posséder unortevrr au xi.- On«iETO(C>lh.d'V,m- PiuUT (Bernard). Voja. Art cframliiur. PissEM (JcanBaplinie), Moria dttte pU- 395, t96, MT. SM, nH.SMI. SOI . H)4. :ilT. «18. Tate dehu. \ojex Vlirifiraiiori , SIS. PEIKTLHE; su niuycii ife elle éuil appli- quée ï la décorKtiun dca nieublvB.IO. Ut i — dtt le IIP liède, des islileaux portx- lir*éUieateuculéB,b9,0li — auMlsdo- mettiqan peinu ou tableaux à \oleiB, irè» en logae «u iif, ivMxti* ti*clc , Ml — peiulurechïi l«*Chinni>, SM; — cliei le» iDdoui, ï»9 ; - Vojei les cinq ar- licl«Bci-apr«e eiCaUîgroplile,Miuiavii', PorlralU, Emaux prlnitjrrrei tmaltUa du fabriques (tltoUc , \erre émalUt A- PuRTOiiE KtM.jKtMn.tajaCalOgraphie, IWiTirRI m'H tEME; l'aiiliqui' I*, Ti.: — emplui du lerre cdoré Jane lesrenéitetdMé((li»e», 18; — différence m* siècle, d^apr^ Théophile, m; - lequel on lrat*it ^ ■<"' ' de b teconde moilié du ivi^ tikls, m ; — viu-Bui htraldiquea de la Suiue alle- mande, 881 — Tîiraux employéi dans lea Mince* civils au ii* siècle, 7G. «8; — — pdDWreaur «ascsde 'erre au niojeq Ige, 33»^— en Allemagne an ivi> ei itii* Mtcle, S»; — peintura aur verre de* Chinais, rjj9; — peiiiiure sur terre itde vmitr.tM, icinLB appartenant ï la l'olleainn, 04;— leiotnrM ï l'huile apparteiiont k la coll., i-!i4* àWI, MSI, M(C.. IMIO. Voyei Lossi Pnnraiii. mTunc U inODEiiiE; en usage dan* Pan- iquiléel su moyen àgo, 91; — tapisse- ■iudelhiïe«ï.88, 36i;— lableau» |»r- Biif» en broderiean ïit* siècle, iig : — ■niplojws ( ouille» au aujet» a r< siècle. nW; PBruisniTi, wphiaie grec ; li nicib,etUihleauiriu'iiJei.Ttlccul!eciion, "ï.flS.'JI, 97. )t(M. Eugfnc), (rartUflinuda TrniUile ror/l'crene de Ctlllnl, ÎSÛ. — Olijot file lésa cnlIecUon, 187. AtTiQt'E en lerre èmaill.-e, de Luc» dclla " ■■ -' ■ nS9; —de PalihPj, S07, n i"*ltO,IM; — en porce- kinc eui-opcenne, n- t«H i IMS, IJOT ; — en terre eniaillM chinoise, n- Igii, I8flb 18^: —en porcelaine n, »•• 1810. 1855. itM. tim. n.inE l'ancien, cité, 71, 18^,5»), .-Vil, sa. Polo (Marco), ses Voyatita, Sil,7S7. rmCEUim, MS à 3M. 3M à 398; - de Saïc, n- mot. («»-.- de Hollaiide, n- Ittl, 1105-,— de btires, n- IIM à (•»;- d'autre £»bricaiion,n« iîiOi — de la Chine, n-~ Ili37 ï t«6»;— du Japon, n— ltTjiUi{II lïcoruMdelréuDilàMCul- -Ob- 1 de 11 ce (oiu a lurn du eatlnet de alaeat, cM. ÏSO. 39*. *no, Mfl ;— •» ira- dncilon dei Voyage! (alu Var Ici jtrntef cr Itt favmt Oant flnde rt a la Chint an W Mclt,yie\ — tn recharcbet lur l'origïm et l'âge d« usifnsilf» ««bu ■n cuiTra diRiiaquiné, «Ml — Hindur- Uon d'un |MM*gI de la gMgrBphie de ibn-SBid, un. Reliquaiku n)«i»TTFB. ou bijoui ds \,\éu; «37. n- Ut, 98-\ MO, lOW, IIW, 1(1!», tUb9. IM9. r.ITtILEii. LU relïLl»» porlBIifs roniniiii- — prenneni de gniidei propariiuBi >u IT< et iTi* (iècle, lurlout en Allemigne, 3.1; — untpLéi dîna la (Mrile centrale ■lec Toleu peinu, 3t ; — de pelkM pro- portion ponr iee ortloira» el leiappai^ Allemagne, K; — ceux de la collectiuu, nnnwnu1e,n-*M8l, l nncNL (M.) a'ownpe ui iwllerier de* objeu di nmm tacnCOLOCiQtTE cit^, 118, MB. 3%, dernière page aont indiquiSea par erreur ennime tiréea de* AntiiU» erchMaji- qHtt), *t 411. tuncmi'x (H.).*! le premier remit en lii- m\t!ce les poterïea faïapano-arabes, m j — u Itnrripllm dn mtaMteramhpuile T.iMtSKÊiT m.), r.lottairi romane, tm. SjlHLUCDlfCoCIeiDK). hisi a langue s Jegliïe abbaLiale Ari ; aiêge de StiRT-IlÀnc [église de SiHDi (Veitore), Sior, I livUt délia rrp. di ilien, ait, IH. I». 41,181,185,190,306. SCÀUCE* (JulefrCcKat), cité, «m. ScHoncaCUi ou ScHïn (HarUo). pnnir* « graveur allemand. 9t, 178, 004; — la- bloauidelul. »• U8I. SCULPTURE; noiiona générale) ; Mg^ure mobilière dea premier* aiède» ds mortn tge. aiCcle, W : —iulieone nu IT> tiède. 36 ; — MU* Loaia XUl et l.ouia UV, 41 ; ■nua Louia XV. 44; — ctaei lea Cbinuit. '■8'; — ctaea les IndieH*, 388. — Taya Gliiptiqut el IVmnmwfffiM. — Pour tei ïojetl L Table da d iv/dnn. lum'eni peinieeldu[ée,It; — pii trf» pelile proporiion du IT< liè n"-tS.l7,)8.».W,ï5,43!-po TABLli. 851 sculpiuie en Ihùs de la seconde moitié du XVI* siècle. Ai ; — déUcaiesse des arabes- ques sculptéeH à celle époque, 4i; — au XVII* et XVIII" siècle. 43; — est appliquée à la décoration des meubles dnraat le moyen âge et surtout au xv* et xvi» siè- cle, 377 ei suivants. —Monuments de la collection, sculptes en bois : européens, ii»« 1 kiOi PI I ilS, Ut8 J479, 1481, 1497, f.NOO, 1501, 1509, 1SII, \tili, I.S33, 1K3i. 153!i, IM4), 1511, 1543. 1545, 1551, 1552, 1554 k ir,57. 1563, 1564. 1565; — orien- taux, n«* 1505 à 1(313, 1890. Sculpture en matières tendres, 23 et sui- vantes. — Voyez Sculplure en boit, en ivoire, eu cire, Agatmatoliilie, Plastique, Sprki^tein. Sculpture en cire; pratiquée en Italie dès la renaissance de l'art, 51 ; — portraits- médaillons en cire très en vogue en Italie au XVI* siècle, 52; — en Allemagne, 53, u<* 110; — portraits en haut relief du xvir siècle, 54 ; — sujets traités en bas- relief, 54, n» 122. Sculpture en ivoire; diptyques et tripiy- ijues au moyen âge, 23 ; — peuvent fournir d'utiles renseignements aux artistes, 25; — à sujets profanes du moyen âge, 97; — remplacée uu xv* siècle par le bois, 44; — do xvi* an xviii* siècle, 44 ; — on re- commence à travailler l'ivoire en Italie au XVI* siècle, 41 ; — les élèves des cé- lèbres graveurs en pierres fines de cette époque s'en occupaient, 47 ; — elle a été principalement cultivée aux xvi* et xvii* siècles dans les Flandres, en Hollande et en Allemagne, 4i; — plusieurs souve- rains s'adonnent à cet art, 4ff ; — que penser de l'attribution faite à Michel- Ange et à Cellini de sculptures en ivoire, 46 ; — artistes italiens qui ont sculpté l'ivoire, 47; — allemands et flamands, 47 et suivantes ; — français, 50; — spé- cimens tirés de la collectioD, 50. — Pièces de la collection en ivoire sculpté : parmi les monuments européens, n«* 139 à 303. 1414. 1416. 1417, U2I, 1430, 1474, 1476, 1477, 1479, 1192 à 1494, 1502, 1507, 1508, 151.*t, 1516, 1523, 1528 & 1532, 1535, 1547 à 1550. 1553, i.Vi9 à 1561, 1566, 1567; — parmi ceux de l'Orient, n** 1633 à 1639, 1704, 1887, 1888, 1900, 1962 à 1964. Sculpture en métal; fonte et ciselure des métaux au moyen &ge, 54 ; — au xi* siècle, les 4>rocédés de cet art étaient à peu près perdus en Italie, 54 ; — travaux en Allemagne dès le xi* siècle, 58 ; — cet art repwatt en Italie au xn* siècle, 85 ; — André de Pise en perfectionne la technique, 85 ; — au xn* et xiii* siècle on savait fondre le bronze en Franco, 55 ; — médaillons tumuluires allomandit du XV* et du xvi* siècle, 57; — bronaen florentins du xvi* siècle, 58; — por- traits-médaillons en métal, 88 ; — cise- lure en fer allemande, 59 ; — travail au repoussé ou sphyrélalon, 61 ; — sta- tuettes d'or et d'argent religieuses en grand nombre au xiv* siècle , 233. — Monuments de la collection sculptés en métal : européens, n 304 à 588, 1478, 1519, 1520, 154i, 1546; —orientaux, n** 1640 à ia%5, 1893 Voyez Bronze [vaset ae) Fer ciselé, Serrurerie. SÉNÈQUR, ri lé, 71, 77. Sfc."«s (cathédrale de) ; objets de son trésor cités, 98, 219, 384. SERRURERIE au moyen âge, 368 ; — au XVI* siècle, 368, n»* 14.31 à HVi, Specxstein, pierre calcaire sculptée en Al- lemagne an XVI* et xvii* siècle, S9, 40. — Sculptures de la collection en cette matière, n»* 104,105, 107, 108, 109, 114, 116, 117. Sputrélaton ; travail au repoussé, 61 . SUGBR, abbé de Saint-Denis ; son livre De rebui in admbiistraUone sud gestis, 64. 213, 218, 224 ; — cité encore, 3, 88, 68, 70, 333. TÉTRArrrQUB ; ce que c'est, 33, à la note, n" 160. TfcXiER (M. l'abbé) ; son opinion sur l'épo- que à laquelle vivait Théophile, 64 ; — sur un émail de la collection, 186 ; — ci- tations tirées de ses ouvrages, 63, 130, 131, 138, 144, 145, 148, 150, 151, 167. 184, 185, 186, 189, 191, 193, 208. Théophile, moine artiste; sa Diversarum artit.m schedula, 61 ; — époque à la- , quelle il a vécu, 62; — technique des vitraux du xii* siècle d'après lui, 83 ; — son Traité de l'orfèvrerie, 334 ; — décrit les procédés pour préparer le bois avant d'y peindre, 90; — et pour y appliquer la peinture à Thuilc, 91,93; — mosaï- ques byzantines d'après lui, 100 ; — dé- crit la fabrication des émaux cloisonnés, 108 à 114 ; — fait connatirc leur emploi, 126 ; — désigne les Toscans comme ha- biles dans l'exécution de ces eroaax, 141 ; — signale les Arabes comme ha- biles dans l'art de travailler les métaux, ce qui est confirmé par les écrits des Arabes, 407 ; — fait connaître les procé- dés de la décoration en émail des pote- ries byzantines, 377, 378 ; — les procé- dés de l'art de la verrerie, et aitribne aux Grecs la fabrication des vases de verres ornementés, 333; — fait aussi mention des Français comme d'habilek verriers, 337 ; — fait connaître le sys- tème de décoration des meubles, 375 ; 852 TABLE. •011 TruUe ciié encore, 70, «i, i«4, I3(i, 1«, 158, 2i3. 2i5, 33i. i5«, «jej, 2C3 284, 413,693. ThéOPHRAste, cite, 330. Thiers (M.)» Histoire du Cimsulai et df VEmpirc, 5. TREBELLIOS POLLIO?!, cilé, 33i. Trésor impérial de Vienme; on y conserve des objets d'art du moyen âge et de la renaissance, 10 ; — objets de celte col- lection cités, 17, 46, ftO, IW, 179, «05, 860,371. Trbsiir mmiSMATiQrE ; citation tirée de cet ouvrage. S8. TripttQces. sculptés ou peints, 2.*; ; — ap- partenant à la collection, n*> 43, 1i4, 147, 148, L'if, 164. 548, 549, fCSO, 699, 693, 749, t0â6, 1490, 1491. Vaimette (dom Joseph), Histoire du Lan- guedoc, i6â. Valle (le père délia), Istorfa del duomo a'Orvieto, Hâ, 173, 174, 175, «43. Va^ari, peintre florentin, attribue U tort ù Margaritone l'invention des tableaux portatifs sur bois, 90; et & Van Eyck l'invention de la peinture à l'huile, 99 ; — citations tirées de ses Vies des pein- tres, sculpteurs et archiiecies, 58, .Si, 53, «9, 69, «0, 160, 161, 173, 174, 475, 900, 901, *HU, 949, 946 à 9:»8, 969, 964, 989, 991, 997, 364, 375, 376, 379. Vatican (palais du); émaux peints qui y sont conservés, 176. Vereiricten Samhlciigen , musée de Mu- nich, oii sont conservés des objets d'art du moyen âge et de la renaissance, 9 ; -- objets de cette collection cités, 40, 41, 45, 46, 178. VERNISSUIIE ; les ouvrages de vernissure du Japon et de la Chine reçoivent le nom de laque, 400 ; — nature du vernis, 400 ; — son emploi, 401 ;— ouvrages en laque, n«« 1134, 1595, 1891, 1H96, 1906,1917 à t9:«. Verre blanc; ce que c'est, 549, note l'«, 357. — Objets en verre de cette espèce appartenant à la colleittion : des fabriques vénitiennes, n»« 1918 à 1947 :— de Bohème gravé, 559 etn«" 1386, 1387, 1391 Verre craquelé; procédé d'exécution, 694. — Objets eu verre de cette espèce, n«« 1998, 1931, 1939, 19.-4 à 1936, 19i1, 1983. Verre docble, à réseau de filigranes (a reticelU)^ 354; — procédés de fabrica- tion, 3îi5, 357. — Objets en verre de cette espèce, n°« 1348 à 1365. Verre iUiaillé, ou peint en émail et sou- vent rehaussé d'or ; ce que r'psi, 7î», 5.*»7, — Vases de verre peint en email dr la collection : des fabriques vénitienoe«. n»* 4969 à 4989 ; allemandes, n«* 1377 i 1385; d'une autre fabrique, n** 1589. Verre-Mosaîqcb (fioriti ou miUefiori\ 355. 358 ; — procédés de fabrication, 356. — Vases eo verre-mosaïque de la collection : anti.)oes, 1915, 1216 ; do Venise, 1366 k 4376. Verre a ORNEHEirrATiO!* piligramiqob (a ritorti)^ 343: procédés de fabrication, 348 à 354, 357, 701.— Objets de ce verre dans la collection, n»« 1990 à 43^46. Verre semé d'or ; ce que c'est , :e92. — Vases de la collection décorés de cette manière, n« §948, 1950, 4«Î5, 1957. 1969. 1971, 4974, 1975, 1983. Verre teint ; ce que c'est, et différence avec le verre peint, 79, 349, note 3, 357. — Vases de verre teint de la collection . antiques. n«»« 1911 à 1914, 4917; de Venise, u« 4948 à 1968, 4969, 1971 à 1977, lia4 ; d'une autre fabrication , n» 1389 ; de Kunkel, n- 1.390. \ ERRERIE ; la découverte du verre re- monte à une haute antiquité, 399, — en Egypte et en Phénicie, 330; — chez les Romains, 331 ; — les procédés des Ro- mains étaient perdus au temps oii vivait Èraclius, qui les a décrits, 335 et 336 à la note ; — verrerie chez les premiers chrétiens, 359 ; — chez les Gre^'s du Bas- Empire, 333; — au moyen âge dans l'Europe occidentale, 357 ; — avant le xv« siècle on n*y fabriquait pas de vase de verre décoré , 338 ; — ver- rerie chez les Vénitiens, du xiii* siècle à la fin du xiv* siècle, 359 et sui- vantes ; — décrets du gouvernement qui prouvent l'importance des fabriques de verre à Venise dès le xiii* siècle, 340; — nie de Murano est choisie pour l'établis- sement des verreries, 340; — grand com- merce des Vénitiens en bijouterie de verre à la fin du xiii* siècle, 340 et suiv.; — causes qui entraînèrent les Vénitiens vers celte branche de fabrication, 341; — influence des voyages de Marco-Polo, 341 ; — Je la verrerie vénitienne au xv* et au xvi« siècle, 343; — invention du verre filigrane, 343 ; — peines portées contre les verriers qui s'établiraient à l'étranger, 344; — privilèges qui sont accordés aux verriers de Murano, 345; — anciens ver- riers inscrits sur le livre d'or de la com- mune de Murano, 346 ; — extinction de l'art de la verrerie à Veni&«, 346; — ver- roteries vénitiennes recueillies dans la collection, 347;— procédés de fabrication des verres filigranes, 348 et suiv.; — venes doublés à réseau de filigranes TABLE. 853 3.'i4 ; — vcii en niuMiiques, 5ôtt ; — vase» de formes bizarres, 3K6 etn*» ISiOà tiiT; leur emploi, 356: — classification adop- tée des diverses sortes de verroteries ^éniiieoDes, 357; — verrerie allemande, 358; — verroterie émaillée, 368; — ver- roterie taillée et gravée de Bohème, 359 ; verres colorés deKunkeU 359. — Pour les divers objets de verrerie de la collection « voy. la Table des divisions et le mot Verre. ViTRiFiCATiOM (espèce de) de fabrication chinoise, de couleur blanc laiteux, et qui imite le jade blanc. Elle est plus connue sous lu nom de pâte de riz, no* 1874 à 1879; — autre de couleur jaune de chrome, n» 1880. YOLTiiijtE, Siècle de Louis XtV, 379. Wat (M. Albert); citations tirées d'un ar- ticle inséré dans le Archceological Jour' ml, lâS, 132. 133, 137, 146. WiLLEMin (M.), graveur; sa publication Us Monuments français inédits; se fait anti- quaire, et, l'un des premiers, réunit des objets d'art du moyen âge et de la renais- sance, 6. — Planches de cet ouvrage, ci» tecs, SI, 289, 121, 13â, 307, 375, 461, 496, 577. Voyez Potiier {M. André). WlNKELMANN, Cl lé 77, 3S4. LISTE DES ARTISTES CITÉS DANS L'OUVRAGE. Abréviatio?i8 : AU., allemand; arch., architecte; urm., armurier; cA\.,caUlgraphe; cer. , ct'ramiste; cisel , ciseleur; dam., damasquineur ; dess. , dessinateur; em. , (hnaiUeur ou émail; fl., florentin; flara., flamand; fr., français; çr.. graveur; gr. en p., grai'eur en pierres fines; horl., horloger; h , italien; iv. ou ivoir , ivoirier ou ivoire; m&ni, mail re en marqueterie ; méd., iuédaiUcs;m(yd., modeleur ;oï(.f orfèvre; p. ou peint., peintre; sculp., sculpteur; ver, verrier ; yen.; vénitien. Abbon, orf. de Limoges, 9IS. Acier (François), sculp. fr.,334. Agnolo de Sienne, scalp., 37, 160, 173, 174, 313. Agiiolo (Luca), orf. it., t64. Agoslino de Sienne, sculp., 37, 160, 173, 174, 343. Albert! (Cherubinus), gr., 533. Aldegrever (Heinrich), peint, et gr. ail., 104, 531. Aigardl (Alessandro), sculpi. it., 47. AUdorfer (Albrecht), peint, et gr. ail., 104. Ambrogio (Giovanni), tourneur dam., 301 . André de Plse, sculp., 37, 5:», 342, Andréa de! Sarto (Andréa Vannucchi dit , peint, fl., 53. And rcoli. Voyez Giorgio. Andn»uet du Cerceau, arch. et gr., n»638. Angermann, sculp. iv., 48, no235. Anichini (Luigi) de Ferrare. gr. en p., 69. Ardili (Andreasi orf. fl., 159, 346 à 348, n^goe. Armand, p. cér. & Sèvres, 338. Andrculi (Salimbene et Giovanni), p. cér , 395. Voyez Gior0o, Yicenzo et Cencio. Avice, horl. à Reims, n*» 1474. Balin, orf. fr., 373. Ballarin, ver. vénitien, 346. Bariolomnieo de Pola, marq.. 580. Barthcl. sculp. en iv., 4». Bariholi (Giovanni), orf. siennois, 345. Bartolucci, cér. d'Urbania, 304 Bartoluccio. Voy. Ghiberti, Baumgaruier (Ulrich), ébéniste, 383. Bcaubrun, peint fr., n« 593. Beclo, fils de Francesco, orf. il., 353. Bnhani (Hans-Sebald). peint, et gr. ail., 106,554. Ueham (Bartholomeu»), gr. ail., n*'7bl. Bf'Ilin (Giovanni Bellini, dit Jean), peint. vénitien, 05 Bencheri (H.), p. ém. sur vases de verre, 3:i9. Bcnedelto da iiaiano,sculp.,arch. et marq., 37, srj, 3«0. Berain (Jean), dess et gr. fr., 533, n'»15l3. Berger (Magnus), sculp. en iv.,49. Beringarius, callig., 331. Bernard, p. ém., 193. Bernard! (Giovanni), de Castel Bolognese, gr. en p., 47, 58, 69, n* 335. Beriiardo (Gamberelli), sculp. fl., 37. Bcnielio, orf. de Sens, 319. Beniuin, orf. de Sens, 319. BiancardI (Antonino), arm. dam., 301. Bigaglia, ver. vénitien, 346. B!rl(enhultz (Paul), gr.,537. Bicremberg, peint., n« 460. Blesendorf, peint, ém. ail., 197. B\or (Conrad), gr. en médailles, 59. Bloiidus ou Lehiond, gr., 373, 538. Botîv (Guillaume), orf. de Paris, 33». Boift'au, directeur de la man. de Sèvics, 338. Boissc (Jehan), p. ém., 191. Boil (Charles), p. sur ém., 190. Boizot, p. fr., 338. Bologne (Jean de), sculp. 361, n«97, 315. Bonaveniure îNicolèJ, orf. il., 346, 347. Bonln, p. ém., 193. Bonnano de Pise, fondeur en bronze, 55, 64. Bordier, orf. ei peint, sur cm., 195, 196. Bossiut (Van;, sculp en iv., 48, 50. Boule ( André - Charles ) , ébéniste, 383, n"* 1453, 1513. Braccioforlr (Anielleiio), orf. il, 313, 346. 247. 854 LlSTi: DES ARTISTES. Brai'Ciui (Aiiu), urf ii., i44. Brectietseii, peiut. cér. ail. 3*11. Briaui (Cristoforo), ver. vénilieu, 54i. Briot (FrdDVois), orf. fr. , 907, ^*7. iU8, n" 970,971. Rrosamor (Hans), gr. ail., 533. BrOggeniaun fHans), sculp. ail., 34, 40. BruiM*lleschi (Filippu), 8culp.,arch. ei orf. fl., 9it, 944, 916, 948. Bry ( Théodor de), gr. et orf. ail . 105, 970, 971,536, n»99i. BuonaroUi. Voyez MicM-Ange. Btmni iLiidovico), orf. it., 945. Buffolmacco (Buonaruico/, peint, fl., 549. Caldara Polidoro oa Polidoro di Gara- iraggio, peiDl. il ,639. Cailoi, peint, et gr., n1. Gursinel , arm. dam., toi. Daeblcr iMicbel), sculp it., 49, u^ 980 kmti Daiuiaiio (fra), marq. it., 3m0. I»anll (Vicenzio), uif. it , 3M>4. DarmajKuurt, peint, fr., u« 639. ixifouuine, orf. fr., 979. De^aui, peintre, o" 463. Ix?!ahaie, orf. fr., 967. th" Laulne (Etienne), dit Stepbauus, gr. fr., 105, 179, 188, •i65, 379, 555, n^ 731,751. 765. Delaunay, orf. fr., 979 De Leu (Thomas), gr. fr.. n* 657. Dello, peint fl., 376, 383. I>csidero da Seiiignano, sculp. it., 37. 38 ii« 105. Desjardins (François), orf. fr., 967. Dtbutade de Sicyone, céramiste, 975. Diepenbcke ^Abraham Van), peint., n« 555. Dietrich, peint, et gr. ail., 394. D{ngifnger(J. M.), orf. et cm. ail., 973, 974 Dingllnger (George-Frederich), peint, sur ém., 197, «74 Dodin. p. cér. à Sèvres, 398. Doliio^rer (Hans), sculp. etgr.,44), n* 104. Domenico de' Cammel, gr. en p., 68. D'.tmeuico di Marieiio, marq., 379. Uonatello, sculp. et arch. fl., 37, 59. 911, 946,948. Dondis (Jacques de), borl., 370. Dubié, orf et peint, sur ém., 195. Duboulo, horl. fr., no 1461. Dudunt, borl. fr., no 1468. Dupré, sculp. fr., 59, no 555. Du Quesnoy (François), dit François Fla- mand, sculp., 43, 47, 60, n«« 908, 904. Durand, peint, sur ém., 196. Duranlioo (Guido), peint, cér., 998. DOrrr (Albert), p., sculp. et irr. ail., 55, 38. 39, 41, 57, 59, 94, 95, 96, 104, et n* 518. Ëloy (saint), orf. fr., 919, S13. Evans, peint, cér., 328. Eyck (Hubert Van), peint, flam.,93. Eyrk(Jean Van), dit Jean de Bruges, peiui. flam.,99,93, 94, 90. Fnl'onnet, sculp. fr., 398, no 1907. Falz(Raimundi,gr. en méd. et sculp. en iv. . 50, 973. Ferrand (Jacques-Philippe), peint, surém., 196. Ferrante Bellioo, cisel. en fer, dam., 901. Figino (Giovanni-Pietro), dam., 9DI. Filareie (Antonio), sculp. it., 950. Fillppo, orf. it , 945. Finigtierra (Maso), orf. et gr. fl., 103, 959. Flamand (François). Voyez Du Quesnoif. FlOlncr (Peter), sculp. aU., 39. Fontaine, sculp. fr., no 365. Fontana (Orazio), peint, cér., 997. 998 Fontana (Flaminio), peint, cér., LISTE DHS ARTISTKS. 855 Foppa r Ambioziu), dit GaradoMo, orf., ciscl. et ém.. 16§, VU, 962. Korzore. Voyei SphiellL Krafçonard, peim. fr., n«»» 457, 4,*i8. tYanresco, flis de Giovanni, orf. fl., S51. Franria Francesco Raibolini^dit le), peint., orf. et cm., 161, SB5, 2Si. Franck (François) le jeune, peint., n* 652. Franco iBaiii8ta), dit le Seroolei, peint.Tén., 897, «98, 300, 301,303. Caddo Caddf, peint, fl., 100. Cail' (les fières), peint, cér., 8K)8. Gautier Dufour, orf. à Paria, i39. Garzabio, ver. vén., 346. Geri (Berlo), Rcnip. et orf. it., S51. Ghiberti (Bartoluccio),orf. fl., 161,948,250. Ghilierti (Lorenzo) .Voyez ralr/e (ip« ffio/iA'es. Ghirlandaju (Tommaâo del), orf. fl , 4S3. Glilrlandajo (Donienico Corradi, dit}, orf. fl.,953. (;horo, fils do Neroccio, urf. de Sienne, no 907. (;igHo. Voyez CiUio. (;iorgio fAndreoli, dit Mastro), peint, cér. it., 394, 395, 300, n<» 1143 à 1144. Giotto, peint., sculp. et arch. fl., 100, 341, 549. Giovanni da Firenxuola, orf. ii., 96S. Giovanni df Ile Corniole, gr. en p. fines, C8. Giovanni (Fra), de Vérone, marq., 380. Girardoii, soulp. fr., 60. Girard d'Orléan», sculp. en bois, 33. Girolamo df lia Cocca, marq., 379. Giroiamo dal l'raio, orf. it., 364. <;iiiliaiio (la Maiano,8culp, arch. et marq., 37, 379. Giiilinno lies frères Filippîno et Domenico), sculp. en meubles, 379. Gitisto, marq. it., 379. Gladehaiâ rjacob), gr. en méd. ail., 59 Glaucus lio Chio9, dam., 199. (;oes (Hugnes Van der), peint, flam., 93. GreifT (Hans), orf. ail., 476, n» 304. Gri-nler, peint, fr., n»» 463, 660. Grtbeiin (Isaac), pemi. sur ém., 195. Gunntari, call., no 645. Guernior (Louis du), peint, sur ém., 196. (;uido, fils de Savino d'Urbania, peint, cér. 398. Guillaume, peint, sur verre, 88. Guiuamuiidus, sculp. et ém., 145. llailler (Daniel), gr., 637. Ilainhofer, peint, et arch. ull., 3hi. Hall, peint., n* 631. Ilaliaycher (Mattheus), horl.. no U71. Ilannequln, orf. fr., 339. Hanich (Christoph), sculp. en iv., 48, no« 19G, 197. Ilébrat (Jean), horl., n* 1473. Ilemling (Haiis), peint, flam., 94. Henry, orf. fr., 339. Hikmeiy, call. turc, n* 1715. Holl (Helias). peint, ail., n» 456. Holland (Steven Van), gr. en mcd..59. Hopfer (Daniel), gr., 531. Horoidl (J.-G.), peint, et model. ail., 335. Huault (Peter et Araicus) ,peint. sur ém.,197. Hufnagel (Ucinrich), orf. ail., 340. Hulsen (Isaias Van), gr., 537. Jacdbs (Jean), de Hderlem, horl., n» 1465. Jacopo doila Quercia, sculp. it., 348. Jarqiiard (Antoine), gr. et arm. fr.,365, 553. Jamnitzcr (Wenzel), orf. ail.. 369. Jamniizer (Christoph), orf. ail., 370. Janct (François Clouet, dit), n* 571. Jean rie Clicby, orf. fr.,Sô9. Jean de Pise, sculp. it.. 57, 159, 160, 173, 17*. 241 Jean de IJmogcs, éro., 147. Joliaune, horl. fr., n» 1473. Joli y, horl. fr., 373. Jousse (Mathuriu), serrur. fr., 368 Kciudler, Rcnlp. ail., 333, n» 1303. Karl (Matthias), gr. en méd. ail., 59. Kollerthaler (D.), orf. ail., 369, 371, 381, n» 313. Kern (Léonard , sculp. en iv., 48, no. Koyil Uohann), peint, en ém. sur vases de verre, 369. Kip (I.), peinu en ém., 18(>, n* 757. Kt'IImanii, arm. ail., 365. Krabensberger, sculp. ail., 49. Kraft (Adam), sculp. ail , 34, 38. Kranach (Lucas), peint, et scolp. ail., 40, 41 . Kreizer (Conrad), horl. ail., n» I4K8. Krug (Ludwigi, sculp. ail., 39. Krueger, sculp. iv., 50, n» 384. Kiinkel, chimiste verrier ail., 359, «• 1390. Labarre, orf. fr., 37i. Lat^rcnce, peint , 338. L'Aigle (Nicolas de), verr. vén., 356. Lamberil (Nicolo\ sculp. fl., 35(». l^nfranco (Girolamo). cér. it., 398. Laufranco (Giacomo ou Jacomo), lîér. it., 398, S03. u* 1164. Laroche, peint, cér., 348. Laudiu i^ainé (Noél), peint, en em.. 193, 194, n" 785 à 788. Laudin (Joseph), peint, en ém., 194, n»> 789 à 794. Laudin (Valérie), peint, en ém., 194. Laulizio, orf. it., 364. l^blatil (J.), peint, sur ém., 196. Lebracllier (Jean), sculp. en iv. fr., 38. Lebrun (Charles), peint. fr„373. Legaré (Gilles., orf. et gr. fr., 538. Legrand, horl. fr., n» 1469. Lemassoo (Antoine), peint, en ém., 193. Léonard, dit Limousin, peint, en ém., 183, 183, 18i,n*«696à706. Léonard Limousin (Jeun), peint, en ém., 191, n"* 774 à 780. l.eonardo, fils de Giovanni, orf. fl., 59,34.%, 344, 346, 351, 390. I^onardo, fils de Matteo, orf. it., 344. Leroy (Julien», horl., n* 1475. 856 LISTE DES ARTISTES. liCroy (Pierre), horl., n* 1454. Lesucur (Eusiache), peint. rr.,4:>. LejTveber, amo. et cisel. eu fer ail. ,60, 3G.S. Uotard. p«iDt., 196, n« 6i5. lx>benigke, scalp, en iv., 48. Lucan de Leyde ( Lucas Dammesx , dit ) , peint, hollaod., 94, 9S, 96. n* »50. LOcb, sculp. \y. et modeleur cér., 49, 394. Luilhardus, call., 3f1. IjdOD, peint, en éni., t9i. Mabiiinu», orf. gaulois, SIO. llagdd>urRer(Hieronymu8),gr. en méd., 89* Maler (Valentin), gr. en méd., 59. Maller (Venceslas), mod. en cire, S3. Marc-Antoine. Voyez Raimondi. Marci (Giovanni), orf. it., 945. Margarilone, peint., sculp. et arch. fl., 90, 99,160. Martin, peint, inventeur d'un vernis ; ~ nés ouvrages de peinture, n^» 464, 1574 à tS86, 1590, 1594 ; — ses imiutions d'ob- jets de la Chine et du Japon, n«* 367, 1587 àl589, 1710, 1711. Masoiino da Panicale, peint, et orf. fl.. 950. Mautreui (Jean de), orf. fr., 939. Mehlem (Van), peint, fl., 94, 96, n" 549. Mekenem, peint, flamand, 93. Mengs (Isroaël-, peint, sur ém. ail., 197. Mengs (Raphaël), peint, ail , 197. Mérault, peint, cér. à Sèvres, 3i8. Meylens, peint, suédois sur ém., 197. Midiel-AiJge (Michelagnolo Buonarolti, dit), peint., sculp. et arch. fl., 46, 59, 58, 955, 961, n* 335. Mfchelagnolo dl Viviano da PinKidimonte, orf., cisel et ém. fl., 169. 954, 955, 364. Midietoxzo, sculp. et arch. fl., 951 . Mignot (Daniel), orf et gr., 537. Milano, Als de Dei, orf. il., 959. Mfmblelie, peint, en ém., 191. MiDore, marq it.,379. Miotlo ou Miotli (Doroenico), ver. vénitien, 349, 346. Misseroni ou Hisuroni (fiunille), gr. en pierres fines, 904, 905, Mobamroed, fils de Zin-Eddin, fondeur et dam. arabe, 406. Monte (Michèle), orf. it., 951. Monvpamf, peint, en ém., 176, 177, 180, n"«691à693. Morlière d'Orléans, peint, surém., 195. Moser (Lucas), sculp. ail., 54. Motta. ver. vénitien, 546. Mouret (Dominique), peint, en ém., 191. MQIIer (Consuntin), gr. en méd., 59. Mure, ver. vénitien. 346. Mutioa (Tommaso, dit de), peint, de Mo- dène ; il travaillait à Prague (par erreur on l'a dit de l'rague), 91 . Myrmécide, horl., 371. Myron, sculp. grec, S7G. Nassaro (Maileo dal), gr. en p., ti9. Nero (Lorenzo del), orf. fl., 948. Nicolas de Pi$e, sculp. etarch.,rt6. I59, iii. .Nicolô, fils de Gugli^mo, orf. it., 944. Niquei, peint, cér. à Sèvres, 998. NoaiUer (Jacques), peint, eném. ,199. o*785. Nofri, orf. it., 94i. Noualher (Pierre), peint, eném. 199, n* 784. Nonalher ; autres peintres eo ém. du même nom, 194. Obatal (Van), sculp. en iv., 48. Ogoabene (Andréa), orf. it , 942. Orcagna, sculp. et arch. fl., 57. OrshK», modeleur en cire fl., 59. Palissy (Dernard), modeleur cér., 88, 507 pt suiv. ; citations tirées de ses ouvrages. 508 et 509, 317. PaKssy (Nicolas et Mathurin), cér., 311. Paolo, orf. it.. 160, 174, 949. Paolo d'Azzimino, dam., 900. I*ape, peint, ém., 176, 189, n* 748, 740. Parpelte, peint, cér. à Sèvres, 398, n* 1191 . Pataoazzi (Alfonso), peinu cér. il., 999. Paianazzl (Vicenzo), peint, cér. it., 999. Pauquet, orf. à Paris, 669. Peguillon, peint, en ém., 191. PéDicaud ou Pénicault ( fiunille ), 189, 185. Pénicault l'ancien, p. ém., 189. Pénicaud l'atné (Jean), 185, n«« 793, 797. Pens (Georg), peint, et gr. ail., 94, 104,534. Permoser (Balthasar), sculp. en iv., 49, 80. Perrin, peint, fr., n«» 630. Petit (Vincent), orf. fr., 979. Pelitot deGenève,peint . sur éraaDx,195,196. Peiilot, dessinateur, n" 640. Pezold (Hans), gr. en médailles ail., 89. Pezolt (Hans), orf. ail., 970. Pfeifhofeu, sculp. iv., 48. Phidias, sculp. grec, 976. Pialti (Bartolomeo), dam. il., 901. Picciolni (Antonio, Frederico et Lucciu) , dam.it., 901,364. Piccolpasso (il cavaliere\ p. cér. it., 996. Pichler (Joseph), gr. en pierres fines, 69. Picot (M), peintre d'histoire. Portrait de M. Debruge Duraénil, 105. Piero dit Mine, orf. it., 964. Pietro de Plaisance, fondeur en bronze, 56,64. Pietro, orf. d'Arezzo, 160, 174, 949. Pietro, fils d'Arhgo, orf. ail., travaillait en Italie, 944, 945. Pietro, fils de Giovanni, orf de Pisiota,944. Pietro, fils d'Anionio de Pise, orf, 945. Piguigny (Jean de), orf. fr.,939. Pilcam ( Daniel Van ) , horl. hollandais , n« 1470. Pilly (Salvador^, ciseleur ém. it., 169. Piloio, orf. i t., 964. Pinaigrier, peint, sur verre, 68. Pithou atné, peint, cér. k Sèvres, 398. Pithou jeune, peint, cér. à Sèvres, S98. Poillevei, peint, en ém., 194. Pollaiuolo X Antonio del ), peint., sculp. et orf. fl , 57, 161, 174, 9.M), 9S1, 959. LISTE DES ARTISTES. sr>' Pollaiuulo (Pieiru;, peini. el »culp. fl ,ô7. l'olyclMe.arch. grec, 276. l'uiicel iHj, peint, en em , 19i, n» 781. l'ortier (Pierre), horl. fr., n» 146G. l'oiissiii (Nicolas), peini. fr., 43. I oiizo (Giu\uiini), gr. en med. ei sculp. iv.. tiO. l'ripur, peinl. sur ém., 106. l'rimaticcio ( Niccul6, dil le Primalice) , peinl , 170. putnnJT (Leu>, sculp. iv. uU ,48. l-.iifraello dal Colle, p. ii.,997, 298. F.:ttTaollo (fra) de Brescia, marq., 380. Kaiinoiidi fMarcanionio), dil Marc-Auluine, gr. 11., 297, 300. liamel (Benédicii, orf. fr., 167. Raphaël. Voyez Sanz/o. ^ Kiiphaël dal Colle. Voyez RaffaeUo. r>app, modeleur en cire ail., 54. lîaili (Agoslino), peint, cér. il., 304. i;aymond (Maniai), peinl. en era. 191. i'iaymond (Pierre), peiui. eneni. 105, 179, iHi, n«* 707 à 722. Ilcclianibaut. p. en ém ,191. Ilfilz (Hoinnch), orf. et gr. ail., 59, n» 384. lictour (Koberi), orf. fr., 239. Ilicciardi (Meo), orf. it., 245. H'zzo (Paolo), orf. dam. vénitien, 200. Ilobbia (Luca délia), sculp , oif. eicer. fl., 57, 52, 175, 170, 2lb, iH3, 2»7, 290, 291, liobbia (autres membres de la famille délia), 291. RumanoiTerenzo), pem. ler. il., 304. Komero. arm.dam.,20l, 36i- Uu^selliiio (.\ntonio di Maitco di Domeuico Gatiiltt^relli, du), sculp. fl., 37. Kosset. peint. ctM. à Sèvres, 328. i;u!>i)0, dil malue Roux, peinl. fl.. 170, II"» 033, 742, 74.3, 744, 740. Kouqucl, peint, sur om., 190. Rousseau, horl. fr., n« 1402. Hdussel, orf. fr., 272. Ruker (Thomasj, cisel. en fer ail., 60. Sadeler (Egidius). peint, et gr. naui.,299. Salvagj^io (Guido), peinl. cér. il., 298. Salvi (Alll^^nio^, orf fl.,2:>l. Salviali (Fiancesi-o Rossi de') peint., 532, fl"» 653, 1541. s.i' y. sculp fr., n» 640. SaiiJiarl (L. de), peinl. en ém., 178, 194. Sandr i (Antonio di), orf. fl., 255. SatisoviiKt (Jacopo Tutti, dil), bi. Sau/Ào ou de' SantI (RaffaeUo). dit Raphaël, d't'rbino, peint et arch., 95, 170, 4î»0, 300, n*" 098, 724, 72S, 730. ■Saraziii (Jacques), peint, et sculp., 272. Snrrachi (le> frères,, lapidaires il., 20fi. .SassoferratoiAnionioSalvi, dil), peint, it , n. 55^. Sawr (Corwinianuï.), gr., 53.'>- Sihaper Johann I. peinl. en éni sur nhsps de verre. 3:.î». "«c'IiàuUin (Han.<^), peint ull , ^0. SchoiigniiiT UU Scl'iin (.Martin), peiut. et gr. ail., 94, 178, n*»* 090, 1481. (Son nom s'écrit souvent en France Schoen.) Schieforslein, ebonisle ail., 581. Sclimiill.urf. ail., à'I. n- I03.'i. SchoKia. fondeur et dam. arabe, 40(i. Schoorel (Jobann Vani peint, holl.,94, 90. vSchwanhanl (Hans), ébéniste ail , 382. SchwarizHans), sculp. ail., 41. Scbillileîn, sculp ail, 34. SchweÎKgor, sculp. ail , n» n4. SegiLso, ver. vénitien, 344*. Sciiiicbier de Paris, 372. Serraand, horl. fr., n» 140». ScrvelliDO (Guido del). marq., 379. Sicardi, peint, fr,, n» 602. Sllber (Jonas), orf. ail., 270. Simone, sculp. fl., 37. Sioux, peinl. cer., 328. S0. Stella, peint, fr., n» 553. Sioss (Veil), sculp. ail., 34, 38. Slrauch (Georg ). peinl. surém., 197. Slrauch (I.orenz), mod. en cire ail., 55. Suzanne, sculp. fr., n' 13 1. Talus, cér. gr«*c, -iTi. Tcias.son (Aniuinc , peint en em.. 192. launayp^re, peinl. fr , n«4 le num dtj suint). orf. fr., 213. Ttiélot (Johann Andréas), orf. ull., 27.1. I hcuiJoric de Prague, peint., \)l. Théophile, moine artiste. Voyez la TabL: fies matières. Touron de Genève, peinl. sur cm., 197. Touliu, orf., peint, sur ém. fr., 179, 193, 194, 195. Rnmux peints suivant su mé- thode, n«» 795 à «18. Tovaluccii) (Piero, Giovanni et Romulo del), orf it , 204. Trezzu (Jacopo du,, gr. en pierres tlncs il.. 204. Trik>olo (Niccolè, dit le), sculp. et arclt. fl., 55 TH).;er Simon), sculp. iv., 49, n«»* 203, 'îf»4, 2(»:». Turiiii CGiovunni', cisel ém. it., 101. Turcone (Pompeoj,arti8un m fer dam. il., 2, 174, IM- .1.» I.ISTK lli:S ABTISTHS fc (Hen peim.. w.ilp, Vlwlior IPewr', bci)1|i. ill. Vb.t>m, «rr. ï™iiien.:i« vue (T'»o>™ drila), pcini VoLtUiii». nrr Mcni.. lis, W>lbinm lHiihiiK), mt . Wallluiilurl. hori. inglui', Woeiriol IPiermj, Woti.iirmulli (Micli achflrfiffnïet SU zelln (licolii.wiil ZiD-Edilin. fond.. ( Ziim, peint, sur MT Zuccirn (TutdfuI, 4i, ptinl. ei Kulp. > A •/ 1 t .-'^ m ?: r ri Li, ~ '^~ ' I I <*f ■ ^v.-v.- ■y :io \ A- 3t I 1 :\ ■■> f ,, n^êt ./,)( 1 I il \ ^^^ :iO ■'^ ^• X3 .V I \ ( o V .A A.. / :h \1 3fl ^ \ ' f \ 4' n v.\ 4^ 4'f \. /■-■ 44 ) \ ! \i. { ^ 4f. «•/ p; IV 1 f IX > ..1 N . t^ï I \ ' y