im^^.'T^'-- ■>•;•':

r^J; ^ «««aç

ail c

-7c CL c:i^

«:«i««g:;^

«-'<^r:«i; c

'«-■^«grv.r

Ci ■' <C r_ '^ g;

c«:^c^_

^ < <r es

="'-, «sac;.. ;c«iKr

ce; <c< <,- <

'■ t: OC]

:• i. <.

OC?!- c^<; <*g ce

- <5<;:c

V. <K <

«1 .<sç=

t:c<3 r C<g

2^- ■< c:<" -■ <: ji ~ < <?: <p- ■' •■•c:;, «

-^ ^ '<s: <smmz

17". c ■ce <C^-<!gr' C_<s:-«3&_ . ^ 'cr: .CL ccT' <

■«:^ «!- Cr<ï <CS< <: -C ocr «r <?r' ce

c:«, <c_ ««sc^ ^ :< c«x; <7 ce:; ce

ce '<^:^'^<iz.:<^^mʣ^:<K^: ce

rrr % ^S~ ^ «^««^^«C C

^ <s-/^yfr c ro.^acs:c<: c ç

^.;' <^'.''<Cc<r <

=£:c<r''ccc:c r

\)1»

MUSEE IMPERIAL

DU LOUVRE.

MUSÉE IMPÉRIAL DU LOUVRE.

DESCRIPTION

DES

SCULPTURES MODERNES

HEMRir BARBET DE JOUY,

Conservateur Adjoint des Antiques et de la Sculpture niodernc.

PARIS,

CHAKI.KS DE IMOVnCiVES FRERES

SOCCESSBUaS DE VI>'CHOT<r »

IMPRIMEURS DES MUSÉES IMPÉRIAUX,

RCE J.-J. ROUSSEAU, N" 8.

1856.

Monsieur le Dibectedr général,

J'ai riionncur tic sounifittre 5 votre examen les épreuves de la IVotice des Sculptures modernes exposées dans les galeries du Musée impérial du Louvre, travail dont j'avais, avec votre aulorisalion, coiifié la rédaction à M. Henry Barbet de Jouy , Conservateur-adjoint de mon département, que ses études spéciales désignaient naturellement, et qui s'est acquitté do cette tâche avec beaucoup de soin.

Je vous prie, Monsieur le Directeur général, si vous approuvez cctlo Notice, de vouloir bien me permettre d'en l'aire faire le tirage.

Agréez, Monsieur le Directeur général, l'expression de mes sentiments dévoués et de ma haute considération.

Le Conserraleur des Antiques et de la Sculpture moderne,

LOiNGPÉRIEB. 20 Août 1855.

Approuvé :

Le Directeur gvnéral des Musées Impériaux, Intendant des Beaux-Arts de la Maison de S. M.,

Comte ItE IVIEV1«VRKERKE.

SCULPTEURS ITALIENS.

XVe ET XVIe SIÈCLES.

LUCA DELLA ROBBIA, à Florence en 1400 (i), mort en la même ville l'an 1481 (2).

Contemporain de Lorenzo Gliiberti et de Donatello, comme eux il a taillé le marbre et travaillé en bronze : il a fait, en concurrence avec le dernier, les bas-reliefs justement célèbres qui ornaient la tribune de l'un des. orgues de Sainte-JIarie-des-Fleurs et exécuté, pour la sacristie de la même, église, une porte de bronze qui paraît digne du talent de Ghiberti. L'in- vention spontanée, ou l'application que Luca délia Robbia a faite à la.sculp- ture des procédés delà poterie en terre émaillée, a illustré son nom et sa famille ; ses plus beaux ou^Tages en ce genre sont encore aujourd'hui Tune des gloires de Florence : on les admire sur les murs d'Or san Michèle, à la chapelle des Pazzi, dans le chœur de Sainte-Marie-des-Fleurs, dans la basi- lique ae San Miniato. Le contiiuiateur de Luca fut André delta Robbia, son neveu, son élève, habitant et travaillant en la même maison, qui naquit à Florence en I^jST (3) et y mourut Tan 1528. Une grande composition en marbre, surmontant l'autel et formant le principal ornement de la chapelle de Sainte-Alarie-des-Gràces, à peu de distance d'Arezzo, est une œuvre au- thentique de ce sculpteur qui permet d'étudier sa manière caractéristique et de classer ses productions en terre cuite émaillée, très-nombreuses dans les églises d'Arezzo, à Florence et dans les villes qui l'entourent, fai- sant une suite habile aux travaux de Luca, avec lesquels on les a trop sou- vent confondues.ïrois fils d'André, Jean, Luca et Jérôme ont été les der- niers héritiers de l'art transmis par leur père ; chacun d'eux l'exerça en des lieux diflérents : le premier dans sa patrie, le second à Piome, et Jérôme en France. Jean délia Robbia, en 1^70, a inscrit son nom sur l'un de ses ouvrages (un tabernacle, dans l'église du couvent de Saint- Jérôme, pour les pauvres filles abandonnées, via délie Porerine), daté de 1521, et Va- sari nous apprend que Luca, frère de Jean, fit, entre autres choses, les pa- vés des loges du Vatican ; c'est également lui qui nous dit que Jérôme dclla Robbia, sculpteur en marbre, en bronze et en terre émaillée, émule du Sansovino et de Baccio Bandinelli, fut conduit en France par quelques marchands florentins et qu'il y travailla pour le roi François 1' "■, au châ- teau de Madrid. Nous savons en outre que cet artiste italien a fait des terres émaillées pour Fontainebleau, et que c'est lui qui a exécuté la statue en marbre de la reine Catherine de Médicis, pour être placée, telle qu'on la voit encore aujourd'hui , dans l'abbaye de Saint-Denis, au tombeau de Henri II. Jérôme survécut à ses frères et était encore vivant de 156'»à 1565, car on lit dans les comptes des sépultures de Saint-Denis, sous les dates

(1) G. Gaye, Carleggio, n" lxxi, 1. 1.

(2) Note du Vasari de Florence, 18ii8, t. m, p. OS.

(3) G. Gaye, Carleggio, n" Lxxii, t. 1.

SCULPTEURS ITALIENS,

ci-dessus : « A Jherosme de la Robia.... Sur la figure d'un gisant de marbre « blanc, de longueur de cinq pieds, représentant la figure de la Royne, «pour mettre à la sépulture du feu roi Henri, dernier décédé.... » (!)•

liUca délia nobbla.

1 . La Vierge adorant Jésus.

Marie, agenouillée et les mains jointes , abaisse le visage vers son fils couché sur la crèche ; saint Jean-Baptiste, enfant, est posé un peu en arrière, dans l'attitudede la prière, et deux anges sont suspendus dans les airs. On remarque près du groupe principal une vache et un âne. Neuf tètes d'anges ailées forment au- tour de la composition un premier cadre que circonscrit une guirlande de lis et d'églantiers reliés par des ru- bans. — Médaillon circulaire de terre cuite émaillée : diamètre, 1,320. Les figures sont émaillées en blanc sur fond bleu, les feuillages sont verts.

i,nca délia iiobbia (école tic).

S. La Vierge et l'Enfant-Jésus.

La Vierge , assise, soutient l'Enfant posé debout sur ses genoux ; Jésus bénit de la main droite et tient un fruit de la gauche. Groupe de ronde bosse, déterre cuite émaillée: hauteur, 1,230. Les chairs sont incolores et sans émail ; les vêtements sont émail- lés et polychromes ; la robe est violacée , le manteau est bleu extérieurement et vert à l'intérieur, le voile est blanc.

i.aca délia Robbia (école de).

3. Un Martyr.

Il est presque entièrement nu, posé debout et adossé à un arbre auquel sont attachés ses deux bras ramenés

(1) Comte DE liABORUE, /(/ Henaisunnre des arts, t. i*', p. Sl.'î.

FIN DtJ XV'- SIÈCLE ET COMMENCEMENT DU XYI». 3

en arrière. Un nimbe entoure la tète, et vers le haut de l'encadrement, qui est formé par une guirlande de fruits, on remarque une couronne et deux palmes de martyre. Figure entière de haut relief, de terre cuite. Les chairs sont incolores et sans émail ; un linge est figuré au-dessus des hanches et émaillé de blanc; le nimbe est jaune; le fond de la niche est de nuance violacée, et la guirlande de fruits est émaillée de tons variés. Hau- teur, 1,710; largeur, 0,930.

Andué DELLA ROBBIA, à Florence en 1437, mort 1528.

4. La Vierge adorant Jésus.

Marie est représentée à genoux, les mains jointes , contemplant l'Enfant-Jésus couché sur la crèche; Dieu le Père, entouré de six anges dont on ne voit que les têtes ailées, regarde et bénit l'Enfant; l'Esprit-Saint, sous la forme d'une colombe, vole au-dessus de lui. Le cadre, cintré par le haut, est formé d'un rang d'oves. Bas-relief de terre cuite émaillée : hauteur, 0,670 ; largeur, 0,450. Les figures sont émailléesen blanc sur fond bleu.

5. JÉSUS GUÉRISSANT UN MALADE.

Le Christ est représenté debout, relevant un homme qui est agenouillé et appuyé sur un long bâton. Mé- daillon circulaire de terre cuite émaillée : diam., 1,020. Les chairs sont colorées : la robe du Christ est de nuance violacée et le manteau bleu; la tunique de l'homme agenouillé est verte (un médaillon entièrement semblable orne une des arcades de la loge de San-Paolo, à Florence).

4 SCULPTEURS ITALIENS, %.\V SIÈCLE.

André delta nobbia.

6. Sainte Anne [tête de). Fragment.

Les chairs sont incolores et ne sont pas émaillées ; la robe est bleue , le voile de couleur violacée, le linge blanc, le nimbe jaune. Bas-relief de terre cuite émaillée : hauteur, 0,450.

Della Robbia (saitedes). xvi^ siècle.

'S'. Un sacrifice au dieu des jardins.

Une femme à demi nue , coiffée d'un diadème , as- sise, tient en la main droite un vase qu'elle pré- sente comme une offrande à une divinité qui a la forme d'un terme ; près d'elle sont assis ou accroupis deux adolescents : l'un , qui tient une flèche , est tel qu'on peint l'Amour ; l'autre est étendu dans une attitude qui indique l'épuisement. Médaillon circulaire, de terre cuite émaillée : diamètre, 0,450. Peinture en grisaille d'un ton violacé.

Délia Robbia (suite des). xvi<^ siècle.

8. Épisode de la peste de Florence.

Au premier plan , un homme est étendu et mort ; un autre, à demi couché, regarde deux personnages placés vers la gauche, qui étendent les bras vers un homme posé debout et dont le geste répond à leur appel ; en arrière sont assis un homme, une femme et un enfant, et non loin sont des pans de murailles en ruines. Médaillon circulaire , de terre cuite émaillée; diamètre, 0,450. Peinture en grisaille d'un ton violacé.

Délia Robbia (suite des). \vi° siècle.

9. Le dieu Mars.

Il est représenté debout, ayant une épée en la main droite et appuyant la main gauche sur un bouclier. Médaillon circulaire, de terre cuite érnailléo : diamètre » 0,450. ReUcfs blancs, fond violacé.

SCULPTEURS ITALIENS, XV^ ET XVI"^ SIÈCLES. 5

Délia Robbla (suite des). xvi« siècle.

tO. La Bienfaisance.

Elle est debout, portant un vase, et regarde un enfant nu et vu de dos qui tend les bras vers elle. Médaillon circulaire, de terre cuite émaillée : dia- mètre, 0,450. Reliefs blancs, fond violacé.

M. Alexandre Lenoir a attribué ces quatre médaillons à Bernard Palissy: Tableauexplicatif desmonuments français. Ub3,pl. 120. 11 assure qu'ils provenaient du château de Saint-Gennain. Cette provenance est sans doute exacte, mais l'at'ribution est démentie par le mode de peinture et la na- ture de l'émail ; l'opinion récente qui les avait fait inscrire sous le nom de Jérôme délia Robia, quoique plus rationnelle, n'est appuyée siu- aucime preuve qui nous soit connue.

I.NCONIVU. xve SIÈCLE.

1 1 . Sujet inconnu.

La scène se passe en une sorte de place circonscrite par des constructions dont l'architecture italienne et le style du w" siècle déterminent tout au moins l'origine et l'âge du bas-relief. Une maison occupe le côté gauche, et l'on y voit, à une hauteur de premier étage, deux per- sonnages regardant par une fenêtre la scène animée qui remplit la place; à droite est une autre maison, close et sans rien qui indique si elle est habitée ou par qui elle peut l'être ; un pan de muraille crénelée, qui réunit les deux maisons et forme le fond du bas-relief, est orné de médaillons et de trois niches qui contiennent des sta- tues : la niche du milieu est plus grande, plus élevée que les autres, et la statue représentant un adolescent debout et nu , tenant en main la foudre, est plutôt un empereur déifié que le dieu Jupiter; les deux autres statues sont Castor et Pollux, tous deux nus , debout , tous deux tenant une lance , l'un d'eux une sorte de fleuron qu'on ne distingue pas bien et l'autre une cou- ronne. Au centre de la place est un autel sur lequel est un vaseenflammé, et un homme coilfé d'un bonnet, dont le costume est court et l'aspect vulgaire, présente au- dessus des flammes un serpent inanimé ; cet acte, qui semble commandé par un personnage important, vêtu

6 SCULPTEUKS ITALIENS, XV StÈCLE.

en patricien et couronné de lauriers, qui est assis vers l'angle gauche sur un siège élevé et richement orné, paraît être la cause de tout le mouvement qu'on remar- que à l'entour : ici, c'est un homme qui se tourne vers le magistrat comme pour applaudir à un ordre ingénieux; ce sont en arrière de l'autel trois sacrificateurs habillés de longues robes ; deux soldats, l'un à droite , l'autre à gauche, l'un vu de face, l'autre de dos et ayant un casque qu'accompagnent des petites ailes ; plusieurs personnages distribués sur les côtés et dans le fond, ne prenant qu'une assez faible part à l'action, tandis que trois hommes ayant le même costume que celui qui tient le serpent au-dessus des flammes, sont représentés agités et le poing fermé, séloignant avec vivacité de l'autel l'on peut croire que leur sort s'est décidé d'une manière qui leur est peu agréable, et l'un d'eux, soulevant le marteau de la porte de droite, est prêt à la frapper du poing. Une inscription gravée au-dessous de la scène en expliquait sans doute le sujet, mais on ne peut plus lire que quelques-unes des lettres :

AKlTAAll TV OKr Kl \fi .

Bas-relief de bronze: longueur, 0,420; hauteur, 0,355.

INCONNU. XV* SIÈCLE,

13. BÉATRix d'Esté (1), file iV Hercule I^', duc de Fer- rare, représentée à l'âge de 12 à 13 ans.

(( Cette princesse, née en 1473, épousa en 14.91

« Louis le Maure, duc de Milan; elle mourut en 14-97.

« Sur le socle est gravée cette inscription : divae. bea-

« TRici.D.HERCVL.F. Ce buste est attribué à Desiderio

« da Settignano , l'un des plus habiles sculpteurs ita-

« liens du xv siècle. Buste de marbre : hauteur,

a 0,620. ))

l\ provient do la rnllcrtion de M. Dcbruge-niiiiK-nil, n" 103 du cata- logue.

(1) Jules Labaiite, Uescriplion des nbjvls d'arl qui conii>oscnlla col- iection Debrugc-Dutnénil, p. UUU.

SCULPTEURS ITALIENS, XT' SikCLE. 7

PAOLO, ROMANO, sculpteur et orfèvre.

Vasari dit qu'il était fils de Paolo Giaiiciistoforo Romaiio, qui fut aussi un artiste habile; les œuvres qu'il attribue h Paolo, comme sculpteur, sont une statue de saint Paul quil fit pour le pape Pie II et la figure équestre d'un homme armé qui éUiil î» Saint-Pierre et qui ne serait autre que le bas-relief décrit ci-dessous; cette sculpture, après avoir été trans- portée à la villa Borghèse, fut acquise pour la l'rance en même temps que la belle collection qui y était réunie.

13. Robert Malatesta, seigneur deRimini, général

des armées de Sixte IV , délia Rovere.

Représenté à cheval, la tête nue, le corps revêtu d'une armure , il tient de la main droite le bois d'une lance; deux hommes d'armes l'accompagnent, l'un mar- chant en arrière, l'autre plus qu'à demi caché par le cheval. On lit vers l'angle gauche supérieur : robertvs MALATESTA ABiMiNENsis. Bas-relicf de marbre :. hauteur, 1,570; largeur, i,hQO.

Collection Borghèse (1).

INCONISU. xv<= SIÈCLE.

14. La Vierge adorant Jésus.

Le visage est vu de profd ; la figure, à mi-corps, est drapée ; l'enfant est nu et couché; lestétes sont nimbées, quelques accessoires sont dorés et le fond est couvert d'une peinture, en deux couleurs et or, imitant une étofTe. Bas-relief de marbre : hauteur, 0,535 ; largeur, 0,430.

IiyCONTVU. xv» SIÈCLE.

15. La Vierge et l'Enfant-Jésus.

L'Enfant, nu et posé debout, se penche vers sa mère, qui e^t représentée à mi-corps; une fine guirlande de feuillages est indiquée sur le fond. Bas-relief d'albâtre : hauteur, 0,330; largeur, 0,210.

(1) Villa Borgliesc descriUa da Jncomn ManilU nmano, 1050, p. 38.

8 SCULPTEURS ITALIENS, XVl"^ SIECLE.

LAURENT DE MUGIANO, Milanais, travaillait en 1508. Cet artiste, en signant son œuvre, a sauvé son nom de l'oubli.

16. Louis XII, roi de France, en li62, mort en 1515.

Il est représenté debout, la main droite relevée et la gauche appuyée sur une tablette sont figurées par un de leurs monuments et indiquées par des initiales, les villes principales de l'Italie : MI. (Milano), FI. (Firen- za), R. (Roma), VE. (Vérona), IT. (Italia). Le roi a la tête nue et est revêtu d'une armure ; on remarque sur la cuirasse un épisode d'un combat équestre et, au- dessous, une mêlée de fantassins ; dans l'un et dans l'autre, un personnage dont le casque a pour cimier une fleur de lis, joue le rôle principal, et les deux actions doivent être allusives à la valeur du prince ; plus bas et sur une bandelette qui contourne le bord, on lit : medio-

L ANENSIS-L AVRENCI VS - DF.MVGI ANO - OPUS-FECIT-1 508 .

Statue d'albâtre : hauteur, 1,910.

La statue de Laurent de IMugiano, que nous savons avoir éti- transportée de Milan au château de Gaillon en 1508 (1), était à mi-corps ; la tête avait été détruite lorsque M. Alexandre Lenoir recueillit les débris de l'œuvre du sculpteur milanais, et celle qui la remplace a été ordonnée par lui et faite par P. Beauvallet (2). Ce ne lut que plus tard, et pour le Musée historique de Versailles, que la demi-figure fut transformée en une statue en pied par l'adjonction des jambes et des accessoires qui y sont joints (3). Un buste en bronze, qui était un surmoulé, a été exposé au Louvre, dans une des salles du Musée d'Angoulfime {U).

(1) A. Deville, Comptes et dépenses de la construction du chdleau de Gaillon.

(2) A. Lenoir, Musée impérial des monuments français, 1810, n"aJi6; description, p. 221,

(3) Notice des sculptures du palais de Versailles, 1839, n" 175,

p. ia7.

(4) Comte DE Clarac, Musée de la sculpture française, 182a, 38, p. 34.

SCULPTEURS ITALIENS, XVI* SIÈCLE.

EVCOIVNU. xvie SIÈCLE.

fV. Vasque de marbbe provenant de la fontaine qui occupait le centre de la cour du château de Gaillon (1),

La base est triangulaire ; le pied, en forme de fût, est orné de stries, de feuilles d'eau , de feuillages de chêne, et entouré d'une couronne héraldique. On re- marque sur la coupe quatre masques d'animaux, dont la gueule est percée pour livrer passage aux eaux, et sur le bord une frise d'ornements et de fleurs de lis. Au centre de la coupe s'élève un autre fût sem- blablement décoré. Hauteur, 2,420.

La fontaine dont cette vasque n'est qu'un fragment, était un don de la république de Venise au cardinal d'Amboise. On lisait sur les muis du châ- teau de Gaillon: stvpendo fonte mahmoreo ex venetorvm mvnere ILLVSTRATVS(2). Elle fut démolie en 1757 et les matériaux furent vendus. M. A. Lcnoir (3) nous apprend qu'il fit l'acquisition de cette vasque d'un marbrier nommé Mazetti. Elle passa du Musée des Petits-Augustinsen celui du Louvre {Vj.

Andréa RICGIO, à Padotie en 1480, mort le 8 juil- let 1332.

SainteJustinedePadoue, construite sur sesdessins, et un très-magnifique candélabre en bronze, érigé dans l'église de Saint-Antoine, ont, dans sa ville natale, conservé sa mémoire comme architecte et sculpteur ; c'est à Vérone et pour le tombeau des Torriani, en l'église de San Fermo Maggiore, qu'il lit une suite de huit bas-reliefs en bronze qui furent transportés d'Italie en France, l'an 1797, et ajustés dans une porte de la salle des Caryatides, au Louvre, ils sont restés jusqu'à cette année qu'ils en ont été détachés pour être exposés plus près de la vue, et en un meilleur ordre. L'historien Maflei (5) dit que Jules, Jean-Baptiste et Raimond délia Torre, peu d'années après la mort prématurée de leur frère Marc-Antoine, firent construire un superbe mausolée en l'église de San Fermo Maggiore de Vérone, pour y réunir ses restes, transportés de Riva, à ceux de Jérôme,

(1) Androuet Dccerceac , Des plus excellents bâtiments de France, Gaillon.

(2) A. Deville, Comptes de dépenses de la construction du château de Gaillon.

(3) A.Lenoir, Description des monuments français, n" 5£i2, p. 2W. {U) Comte DE Clarac, Description, n" 65, p. Wi.

(5) Maffei, Verona illustrala.

10 SCULPTEUKS ITALIENS, XVT SIKCI.E.

leur père, qui était mort à Padoue; l'un et l'autre s'étaient illustrés par leur savoir et avaient professé la médecine avec éclat, mais Marc-Antoine avait eu de plus grands succès que son père, et, comme il était mort en la maturité de l'âge, l'on peut croire que c'est lui plutôt que Jérôme, qui est représenté, jeune encore, dans les bas-reliefs qui ornaient une sépulture (|ui leur fut connnune. Marc-Antoine délia Torre vivant encore en 1510, et Andréa Ricr io étant mort en l'an 1532, c'est entre ces deux dates qu'il faut placer l'exécution de ces œuvres élégantes dont le style et de nom- breux emprunts faits aux idées païennes témoignent du goût de leur au- teur pour les monuments de l'antiquité. Une épitaphe en l'honneur d'Andréa Riccio, retrouvée par J. Morelli (1), car elle n'est point celle (|ue l'on lit sur son tombeau, a restitué à ce sculpieur le monument des délia Torre , dont jusqu'alors l'auteur était resté incertain ; elle est conçue ainsi qu'il suit:

. Andke-e crispo Briosco pat. (avino)

STATUARIO NOSTR.E TE5IPESTATIS EXURO

VEL CANDELABKO ^E.NEO D'ANTOMI

ET SEPVLCHRO ISSIGM TVRRIANORVM VERONENSIVM

r.vm antiqvis co^■fere^do

Alexander Bassianvs et Iuoasnes Cavinvs

(Ce sont les célèbres graveurs A. Bassiano et J. Cavini dont les œuvres forment une suite célèbre connue sous le nom de médailles des Padoumis.)

TESTAIIENTI CVRATORES

AMico BEN. MR [erito)

IIANC PERPETV* QVIETIS SEDEM POS. (uerunl) AN. MDXXXII.

L'épitaphe inscrite sur le tombeau d'André Riccio, dans l'église de San tiiovanni in Verdara, à Padoue, ajoute à cette date quelque chose de plus :

VIX. AN. LXII. MENS. III. DIES VII. OBIIT VIII. ID. IVLII. MDXXXII.

;lLUdré niccio.

18. Della Torre enseignant la médecine.

C'est sous les yeux d'Apollon et d'Hygie , en avant d'une statue de Minerve, en une contrée croissent le palmier , le dattier et l'olivier, qu'on le voit assis et couronné de lauriers, tenant un livre sur lequel un do ses doigts marque le passage qu'il commente; plu- sieurs hommes, la plupart imberbes , qui sont debout et écoutent avec attention, forment un groupe posé du ci>té droit; de l'autre est une ligure de femme, coiffée de créneaux, personnifiant la ville dont elle porte de-

;i) NoliztadOperedi discgno, scritlii (la un nnanimo, baisano,i6W.

SCULPTKIIRS ITALIENS, XVI* SitCLE. il

vant elle, comme sur un plateau, l'enceinte et les mo- numents, et, au premier plan, vers l'angle, le fleuve, sous les traits d'un vieillard, est penché sur les urnes d'où s'écoulent ses eaux. Bas-relief de bronze : lon- gueur, 0,490 ; hauteur, 0,370.

A^ndré niccio.

19. Les derniers moiments de della Torre.

Il est représenté nu et assis sur un lit déforme antique, soulevé par une jeune femme qui le tient embrassé, et recevant les soins de deux autres. Les hommes qui en- tourent son lit sont au nombre de trois, comme étaient ses frères : l'un est près du chevet, l'autre au pied, et le troisième conseille une des femmes, qui présente un breu- vage au malade ; Apollon, mêlé à la famille, bénit son dis- ciple. A gauche est le groupe des Parques : Clotho porte la quenouille, Atropos approche ses ciseaux, et Lache- sis, assise, arrête le fuseau, tenant en signe d'accord, dans l'une de ses mains, la main de sa sœur. A droite, sont trois autres femmes, et l'une d'elles, penchée sur un trépied enflammé, cherche à entretenir un feu que l'on peut croire près de s'éteindre. Bas-relief de bronze : longueur, 0,490 ; hauteur, 0,370.

André niccio. SO. Sacrifice offert aux dieux, pour obtenir la

GUÉRISON de della TorRE.

Un temple occupe le fond, et au centre de la compo- sition est un autel sur lequel sacrifient, en présence des prêtres, deux des principaux personnages; un troi- sième { on retrouve encore ici un nombre égal à celui des frères de Marc-Antoine) est agenouillé, les mains croisées sur la poitrine, remerciant le ciel d'un heureux présage, car sur un plus petit autel, placé en

2

i2 SCULPTEURS ITALIENS, XVie SIÈCLE.

avant de l'autre, on voit un serpent qui se dresse pour se nourrir de l'offrande. Le concours des assistants est considérable, ainsi que le nombre des victimes : l'un présente un vase, deux tiennent des cornes remplies de fruits, un homme porte un bouc sur ses épaules, un a itre retient un bélier ; l'on remarque au milieu de la foule un jeune homme égorgeant un mouton dont le sang est recueilli en une tasse par un enfant, et vers la droite, deux hommes jeunes, nus, qui sont à genoux et cherchent à arrêter un porc qui fait des efforts violents pour leur échapper, tandis qu'un petit génie ailé fait le geste de le frapper ; au premier plan, vers la gauche, est un jeune enfant qui approche d'un bélier un grand vase, comme pour l'y faire boire. Bas-relief de bronze: longueur, 0,490; hauteur, 0,370.

André Ricclo.

SI. Mort de della Torre.

Il est nu, étendu sur son lit, soulevé vers le haut du corps par deux serviteurs, tandis qu'un troisième tient les jambes. On voit à la tête du lit un personnage qui s'abaisse vers le visage du mort , pour examiner si la vie a cessé; vers les pieds est un autre qui lit, et tout à fait vers la droite un troisième qui est assis, se tenant le front , et semblant abattu par la douleur ; six femmes , placées en arrière, sont représentées dans des attitudes variées, mais qui toutes expriment le désespoir. Quatre hommes sont groupés vers la gauche, et sept du côté droit, attristés ou pleurant. Sur le fond d'architecture se détachent six torches dressées et enflammées. Deux figures symboliques, posées en avant du lit, complètent et expliquent la composition : l'une est un enfant age- nouillé qui souffle , pour les éteindre , sur les dernières flammes d'un brasier, en signe de la vie qui a cessé; l'autre est le génie de l'étude, portant un livre et une palme, qui s'éloigne de l'ami qu'il vient de perdre.

SCULPTEURS ITALIENS, XVI« SIÈCLE. 13

Bas-relief de bronze : longueur, 0,^1.90; hauteur, 0,370.

André niccio.

SS. Funérailles de della Torre,

Le tombeau, placé vers le centre, est la représenta- tion de celui que les frères de Marc-Antoine firent ériger à Vérone, dans l'église de San Fermo. C'est l'un d eux, sans doute, qui, incliné vers la gauche, examine tris- tement la scène qui se passe et dont le caractère sévère est symbolisé par l'action de deux enfants dont l'un est effrayé en apercevant l'autre, qui a caché son jeune visage derrière un masque tragique. En arrière de cet homme est un groupe nombreux, et très-près de lui un jeune garçon qui cherche à voir ce qu'on fait du côté opposé : c'est que deux hommes soutiennent un vase de forme antique et qu'un vieillard à longue barbe, te- nant de la main gauche un volumen, de la droite une branche d'olivier, se détache d'un groupe d'hommes et de femmes qui semblent l'écouter avec respect, Bas- relief de bronze : longueur, 0,4-90; hauteur, 0,370.

André Ricclo.

93. L'enfer.

Le sculpteur a représenté vers la gauche, sortant d'une caverne, tous les monstres inventés par les poètes de l'antiquité, et en reproduisant sous les traits les plus hideux les harpies, les centaures, les gorgones et la chimère, qu'il a faite semblable à celle qu'on retrouva en Toscane au xv*^ siècle, il en a ajouté d'imaginaires qui ne sont pas les moins farouches. Ces êtres abo- minables sont mis en émoi parle voisinage d'une âme que l'on voit, sous la forme d'un jeune homme, endormie au pied de l'arbre des songes ; c'est celle de della Torre, qui a quitté son corps et que nous reverrons ainsi rajeuni

14 SCULPTEURS ITALIENS, XVI^ SIÈCLE.

dans le séjour des élus. Du coté droit l'on voit le vieux Caron assis dans sa barque et paraissant fort indécis; on comprend qu'il écoute, sans être encore gagné, les instances de dix petits génies qui, réunis en troupe sur le bord du Styx, intercèdent en faveur de délia Torre qui les aima sur la terre. L'un d'eux porte un livre, et l'on reconnaît en lui celui qui, dans le bas-relief de la mort, est figuré s "éloignant du savant qui a cessé de vivre. Bas-relief de bronze : longueur, 0,490; hau- teur, 0,370.

André nlcelo. S4. Della Torre récompensé dans un autre monde.

En ua lieu planté d'arbres qui se détachent sur un fond de montagnes. Ton reconnaît l'àme de della Torre, telle qu'on l'a vue, dans le bas-relief de l'enfer, endor- mie sous l'arbre des songes ; il est nu et coiffé de lleurs ; une nymphe l'entraîne en dansant, qui le caresse d'une main et retient de l'autre le même génie de l'étude que nous avons vu déjà deux fois ; l'on retrouverait facilement la troupe entière, car, très-près de là, trois sont réunis, lisant ensemble dans un livre que tient l'un d'eux; plus loin d'autres dansent, deux accompagnent avec des ins- truments de musique, et vers le haut l'on remarque un petit génie seul et buvant dans un courant d'eau qui descend de la montagne. Vers la gauche, est un homme de formes épaisses, assis nonchalamment, ayant à ses côtés un enfant et une femme coiffée de pampres, et cet homme cherche à retenir l'âme élégante qui s'éloigne de lui; les Grâces sont groupées en arrière et, non loin, sont deux jeunes gens qui se tiennent embrassés, en pré- sence d'une femme portant le flambeau de l'hymen. Une scène tout à fait distincte est figurée vers la gauche : quatre sages sont représentés à l'écart, assis et endor- mis, ayant à leurs pieds les insignes de la science : on pourrait croire que ce sont les quatre fils de Jérôme

SCULPTEURS ITALIENS, XVI^ SIÈCLE. ^5

délia Torre, que Marc-Antoine est celui que la Renom- mée couronne, et que Jules, Jean-Baptiste et Raimond se sont de leur vivant fait représenter réunis , dans le séjour des élus, au frère qu'ils avaient aimé. Bas- relief de bronze : longueur, 0,490; hauteur, 0,370.

jLndré Ricclo.

SS. Della Torre récompensé sur la terre.

L'homme illustre n'a laissé sur la terre que son sque- lette, que Ion voit adossé contre un arbre mort ; la sé- paration de l'âme est indiquée par le déchirement de toute la poitrine qui laisse apercevoir un large espace vide et dont les parois sont rongées ; un livre est déposé à terre, et près du livre un vase dont l'anse porte une petite lampe; le mot virtvtis (pr.emivm) est inscrit sur le vase, dont les ouvertures livrent passage à une branche d'épines avec un rameau d'olivier ; près de est une petite corne d'abondance. La figure principale est la Renommée , ailée , tenant une couronne de la main gauche, ne touchant que d'un pied au globe terrestre (on remarque en sa bouche un court fragment de la trom- pette qu'elle soutenait de la main droite et qui aura été brisée). Vers la gauche est le cheval Pégase, dont la pose est animée et qui fait jaillir en frappant du pied la fontaine Hippocrène, Bas-relief de bronze : longueur, 0,490; hauteur, 0,370.

INCONNU. XVie SIÈCLE.

S6. Les travaux d'Hercule, Judith portant la tête d'Holopherne , des figures de femmes nues et des scènes de chasse sont les principaux motifs d'ornemen- tation d'un vase dont la destination sacrée est indiquée par des inscriptions gravées en relief que l'on lit dans l'intérieur; l'une d'elles est: regina. celi. letare.

ALLELVIA.QVEM. MERVISTI. PORTARE. ALLELVIA. RES.

i6 SCULPTEURS ITALIENS, XYI*" SIÈCLE.

(lirrexit) et l'autretiN. te. domine, comfido. Vase de bronze : hauteur, 0,375; diamètre, 0,430.

Inconnu. xvi< siècle.

S'î'. Une frise d'ornements occupe sur ce vase la même place que sur le précédent la suite de figures qui a été indiquée : c'en est la seule différence; des guirlandes, des têtes de chérubins et de larges feuillages complètent la décoration de l'un comme de l'autre. Dans l'intérieur, on lit également sur le bord : regina.celi.letare.

QVIA. QVEM. MERVISTI. PORTARE. ALLELVIA. RESVR.

(rexit), et l'on voit au fond une tête de Tibère. Vase de bronze : hauteur, 0,375; diamètre, 0,4-30.

Ces deux vases ont appartenu à l'étjlise de Saiiit-EustacFie. L'un d'eux, c'est le second, a fait partie du Musée des monuments français (i), et M. A. Lenoir, qui le décrit, nous apprend que de son temps le premier se voyait déjà au Alusée Napoléon.

MiCHELANGE BU03(AUIU*TI , sculpteur, pcinlre et ar- chitecte, né en 1475 en Toscane, mort en lo64 à Rome.

Il excella dans tous les arts et aima de prédilection la sculpture.U : y était déjà distingué et était âgé de trente ans lorsque le pape Jules n voulut que de son vivant Michel-Ange fit son tombeau. Le projet qui nous est connti par les descriptions de Vasari et d'Ascanio Condivi, par un dessin conservé à la galerie de Florence, et une gravure de l'édition du Vasari de l'772 (2), était tel que ce sera un éternel regret qu'il n'ait point été achevé comme il avait été conçu, ni placé il devait être. Jules II mounit en 1513; quatre papes lui succédèrent en l'espace de trente ans, et Michel- Ange, occupé par eux à d'autres travaux, abandonna et reprit tour à tour les sculptures du tombeau. Du vivant de Jules II, et depuis sa mort, il avait terminé de sa main, à Rome, deux prisonniers; il en avait ébauché d'autres ; il avait achevé une Victoire foulant à ses pieds un captif ; il avait fait la statue de Moïse. Le pape Paul III, jaloux d'employer l'artiste le plus illustre de son temps à des travaux auxquels nous devons la peinture du Jugement dernier, le contraignit à changer et restreindre ses projets pour la sépulture de Jules II, et à la terminer telle qu'on la voit aujour- tl'hui dans l'éatlise de Saint-Pierre-aux-Liens : trois statues sont de la main de Michel-Ange ; l'une d'elles est le Moïse, et, ainsi que l'observa le cardinal de Mantoue, cette figure seule suffisait pour honorer le pape

tl) A. Lenoir, Musée des monumenls français, t. iv, p. 1^12, pi. 155 (2) G.VkS\ni,Yita(ti!UichelafjnoloBonarroli,i, vi,.p. 186.

SCULPTEURS ITALIENS, XM" StÈCLE. 17

Jules 11. Nous devons à cet encliaiiieinent de faiis la possession des deux Prisonniers : comme ils n'avaient plus leur place dans le monument de Saint-Pierre-aux-Liens, Michel-Ange les donna au seigneur Robert Strozzi, qui l'avait recueilli malade en sa maison, et celui-ci en fit don aa roi François !«'•

Miclielange.

S8. Un Prisonnier.

Nu, debout ; c'est un liomino dans l'âge delà force et d'une constitution vigoureuse; il semble faire un ef- fort violent pour dégager ses bras des liens qui les re- tiennent et élève ses regards vers le ciel avec désespoir. Statue de marbre : hauteur, 2,150.

Micbelangc.

SJ>. Un Prisonnier.

Nu, debout, le bras droit ramené sur la poitrine, le gauche replié au-dessus de la tête. Il est jeune et de formes élégantes ; l'attitude du corps et l'air du visage expriment l'abattement et la souiïrance. Statue de marbre : hauteur, 2,150.

Il est probable que le roi François I'^'' donna ces deux statues au conné- table Anne de Montmorency, car du vivant de Vasari elles étaient à Ecouen, et y étaient encore lorsque Androuet Ducerceau a publié les Vues du châleau (l).E\\cs en furent enlevées en 1632 (2) pour être transportées dans la superbe demeure construite en Poitou par le cardinal de Ri- chelieu (3). Ce fut le dernier maréchal de ce nom qui les fit transférer à Paris, dans le jardin de son hôtel, et sa veuve les avait placées dans une maison qu'elle habitait au faubourg du Roule ; c'est qu'en 1793 , M. Alexandre Lenoir les trouva abandonnées dans une écurie, en empêcha la vente et les acquit à l'Etat (U).

(1) J. Androuet DdcerCeau, De» plus excellents hastiments de France, 1610.

(2) Swv \h,Antniuilès de Paris, t. ii, p. 1^2.

(3) Le Chasleau de Richelieu, parlM. Vig.mer, à Saumur, 1676.

(!i) Alexandre Lenoir, Deicriplion des Ouvrages de la scutplure française, 182£i, n"> 5 et 7.

i8 SCOlPTEDRS ITALIENS, XVI» SIÈCLE.

luiclielangc (d'après).

30. Moïse, réduction de la statue dti tombeau de Jules II , qui est à Rome dans V église de Saint- Pierre-aux-Liens.

Il est assis, le bras droit posé sur la table de la loi, le gauche ramené vers la ceinture. Sa barbe est très longue et flottante, sur sa tète on remarque deux pe- tites cornes mêlées à la chevelure ; une draperie couvre le corps et retombe au long des jambes. Sur la tablette qui soutient le bras droit a été gravée dans la masse et avant la cuisson l'inscription qui suit :

ADI k- OTTOBRE 1519 MBF (MichelagnoIoBuonariotifecit.)

Statuette de terre cuite : hauteur, 0,500.

Micbelange (d'après).

31 à 34. Copies réduites des figures allégoriques qui ornent les tombeaux de Julien et de Laurent de Médicis, dans une chapelle de San-Lorenzo, à Florence. Elles représentent :

Le JoiR. La Nlit. L'Aurore. Le Crépuscule. Statuettes de bronze : longueur, 0,otiO.

Benvendto CELLEM, orfèvre et sculpteur, à Flo- rence l'an 1500, mort en la même ville l'an 1871.

Cet homme extraordinaire a t'crit sa vie el des traités sur les ans (1) : c'est de lui-même que nous savons les noms des orfèvres qui furent ses premiers

(1) Vita di B. Celuni, sniita da lui niedesimo.

SÈCLPTEUliS ITALIENS, XVI'" SifeCIÈ. l9

maîtres, et le dt^tail minutieux des ouvrages qu'il a exécutés pour les papes et les ducs de riorence. Eu 1537, il lit un premier voyage à Paris, qui fut sans résultat ; mais, en 1540, il y revint, à la sollicitation du roi François I", qui l'installa dans le château du petit Nesie et lui donna des lettres de naturalisation. C'est pour la France et afin de satisfaire le goût qu'avait le roi pour les grands travaux, que Benvcnuto Cellini, qui n'avait fait encore que des ouvrages d'orlévrerie , appliqua ses talents à la sculpture en bronze ; il y était parfaitement préparé par l'étude enthousiaste qu'il avait faite du style de Michelange et la connaissance des monuments de l'anli- quité que, tout jeune, il avait puisée dans les dessins de Philippe Lippi, avant qu'il les eût vus à Rome. Le seul de ses grands ouvrages qui nous ait été conservé est de nature h inspirer de vifs regrets de la perte de tous les autres: je veux parler de la Nyinphe de Fontainebleau, faite pour orner la porte du palais, carB. Cellini nous apprend que telle en tut la destina- tion ; au livre il, chap. 8 de sa vie, il en décrit les modèles faits en 15î»3, et, au chap. 10, il en parle de nouveau, et en fixe l'exécution et l'achèvement à l'année 154i. Je ne transcrirai ici que la description qu'il nous en a laissée en son traité de la sculpture : n Dans ce traité, je m'occuperai d'abord de « l'art de jeter les statues en bronze. Pour initier à la pratique que j'ai 0 acquise par mes travaux, je dirai que j'eus occasion de faire, à Paris, « pour le roi François P', quelques ouvrages en bronze, dont les uns 0 furent menés à fin et les autres laissés inachevés par suite de divers <i empêchements: entre autres choses, je terminai une figure de bronze, « grande de sept brasses, renfermée dans un hémicycle également en « bronze. Cette statue représentait la Nymphe de Fontainebleau, ravissante " villa appartenant au roi. Son bras gauche reposait sur des vases d'où <i s'échappaient des sources, pour rappeler les eaux qui arrosent cette con- « trée; son bras droit entourait une tête de cerf en ronde bosse, par allusion « à la race de ces animaux qui peuplent ce pays. Cette composition était ic ornée, d'un côté, de chiens braques et de lévriers et, de l'autre côté, de <i chevreuils et de sangliers. Au dessus de l'hémicycle, j'avais encore placé « deux petits anges tenant chacun ime torche, et différents ornements que <i je m'abstiens de décrire afin d'être bref. » Peu après l'achèvement du bas-relief, Cellini quittait la France ; le roi François 1*'' mourait en 15?i7, et il est probable que la^ymphe ne fut point placée au-dessus de la porte du palais de Fontainebleau, car nous la retrouvons à l'entrée du château d'Anet (1), mêlée aux élégantes décorations de la résidence de la duchesse de Valentinois, y occupant la même place en 1780 (2) , et subissant, à la fin du siècle, les chances de destruction qui menacèrent tous les monuments des arts. En 1806, lorsque la salle des Caryatides, au palais du Louvre, fut restaurée par HIM. Percier et Fontaine , et que la tribune de Jean Goujon, restée jusqu'alors inachevée, fut couronnée d'une balustrade, les archi- tectes imaginèrent de former un ensemble décoratif, en y ajoutant une porte composée avec les bas-reliefs en bronze d'André Riccio, et en plaçant, au fond de la partie supérieure de la tribune, la Npnphe de Cellini! En 18Ji9, le désir d'exposer ce précieux bas-relief d'une façon qui lui fût plus favorable, détermina l'enlèvement de l'œuvre originale qui fut remplacée par un sunuoulage et prit rang dans la petite salle du musée des sculptures modernes, même l'on a vu pendant quelque temps les esclaves de Michelange , jusqu'au jour elle fut transportée en la place qu'elle occupe aujourd'hui.

(1) DucERCEAiT, Les plus excellents bâtiments de France, 1601,

(2) Palais, châteaux et maisons royales dessinés d'après nature en 1780 et gravés par J. Rigaud.

20 SCULPTEUllS ITALIENS, XV1« SIÈCLE.

■tenvenuto ccllini.

3S. La Nymphe de Fontainebleau.

Nue, la chevelure ornée d'une couronne de fruits, couchée sur les eaux, elle enlace du bras droit l'enco- lure d'un cerf dont la tête, surmontée d'un bois superbe et se présentant de face, occupe le milieu du bas-relief ; elle appuie la gauche sur l'urne d'où s'échappe une source abondante, et l'on remarque à côté une urne plus petite livrant passage à un moindre courant. Des biches et des sangliers sont groupés d'un côté, et des chiens de races variées sont réunis de l'autre. Bas-relief de bronze, de forme cintrée : longueur, 4,090; hau- teur, 2,050.

POINZIO, Ponce, en Toscane, a vécu et travaillé en France sous les règnes de François I>'^, Henri II, François II et Charles IX.

Le nom mcnie de cet artiste a donné lieu à plus d'iuie incertitude. Va- sari le mentionne en ces termes dans la Vie du Primalice : « Nel niedesimo « luogo ha lavorato ancora moite ligure di stucco, purtonde, un scultorc 0 similuiente de' nostri paesi, chianialo Ponzio, clie si 6 portato benissi- ■1 mo. I) « En ce même lieu (iMeudon) a fait aussi beaucoup de ligures u de stuc, en ronde bqssc, un sculpteur également de nos pays, nommé « Ponzio, qui y a très-bien réussi, n Ce que Félibien n'a que légèrement changé en l'un de ses entretiens sur la peinture, oîi il dit : « Ce fut le Pri- « matice qui fit les premiers ouvrages de stuc de Fontainebleau et y em- « ploya Damiano del Barbieri et un sculpteur florentin nommé Ponce. » Sauvai, en son Histoire de Paris, si précieuse par les renseignements qu'elle renferme sur les sculptures du xvi" siècle, qu'il appelait le bon siècle 1), ainsi que nous faisons, indique en plus d'un lieu (2) les œuvres de cet artiste, qu'il ne nomme jamais autrement que maitre Ponce. Germain Brice (3) l'appelle Paul Ponce, et depuis lors c'est ainsi que le plus souvent on l'a désigné jusqu'à notre siècle, l'on a ajouté le nom de Trébatti. il restait à déterminer s'il était le même que Ponce Jacquio. M. Ëmeric

(1) Sauval, Ilislilire de Paris, t. i", p. i»?i8.

(2) Sauval, t. l"', pp. Î31, 359, aOO, f»Gl, Û09, S'/S, 582; t. II, pp. 35, 59, (^0, 188, 213, 3/43 ; t. m, pp. 9, 12, 10, 19.

(3) Germain Brice, Vescriplion de la viik de Paris, t. ii, p. 291.

SCOLPTEUKS ITALIENS, XVl'^ SIÈCLE. 21

David, qui a publié un excellent travail sur Ponce (1) , a fort habilement détruit l'opinion erronée qui, jusqu'à lui, quoique Féliblen ait été très- près de la vérité (2), avait attribué à cet artiste une large participation au tombeau de Louis XII, bien reconnu aujourd'hui comme étant l'œuvre de Jean Juste (3), et ayant été exécuté sous les dates de 1517 et 1518. Or quelle que soit l'année, rapprochée de 1530, qui ait été celle Ponce vint travailler en France, le premier monmnent que nos historiens indiquent comme son ouvrage est le tombeau d'Albert Pie de Carpi, érigé en 1535, et la dernière mention de son nom dans les comptes des bâtiments royaux est sous l'année 1571. C'est donc une carrière d'environ quarante ans con- sacrée à la France, et il n'est plus besoin d'imaginer deux hommes , l'un qui eûtété maître Ponce, et l'autre Ponce Jacquio, pour sortir de l'embarrasv oîi jetait ce dernier nom que l'on avait trouvé dans les mémoires de la chambre des comptes (U). Il y a tout lieu de croire que Ponzio Jacquio étaiti le véritable nom de l'artiste italien dont parle Yasari, le même que les comptes des bâtiments (5), pour les sculptures de Saint-Denis, de 1559 à 1571, appellent toujours Ponce Jacquio, et Sauvai maître Ponce, caries, ouvrages qu'il cite de ce sculpteur sont le plus souvent compris entre ces., deux dates. Le tombeau d' André Blondel de Roquencourt, mort en 1558(6), est le monument le plus authentique de Ponce, et à ce titre celui qu'il est préférable de comparer à deux statues de bronze du tombeau de Henri II, que les comptes des sépultures de Saint-Denis (7) assignent à Ponce Jacquio. Ces deux figures, représentant l'une la Prudence, et l'autre la Tempé- rance (les attributs ont été brisés, mais ils sont connus par les gravures) (8), sont placées à l'un et l'autre angle de l'arrière du tombeau ; elles sont fort belles et inspirées par des réminiscenses de l'art antique qui les distin- guent de celles qu'a faites Pilon ; or, ces deux statues et la figure d'André Blondel de Roquencourt sont assurément les œuvres d'un môme sculp- teur, et il ne paraît pas douteux que maître Ponce et Ponce Jacquio ne soient les désignations d'un même homme. Sauvai ne décrit pas les tom- beaux de Saint-Denis, mais il nous apprend que maître Ponce a travaillé pour le sépulcre des Valois (9). D'autre part, des documents récemment pu- bliés (10) fournissent les preuves des travaux de Ponce Jacquio au tombeau de François I*^^', de 1559 à 1563, et au tombeau de Henri 11, de 1564 à 1571.

(1) EMEnic DAVID, Biographie universelle, au mot Trébatti. Réim- primé dans la Vie des artistes anciens et mnriernes, p. 168. Voir aussi du même. Tableau historique de la sculpture française, p. 155.

(2) Dom Michel Félibien, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denis, p. 563.

(;î) Archives curieuses de l'histoire de France, extrait des comptes de François 1", 22 novembre 1531.

(4) A. Lenoir, Musée des monuments français, t. m, p. 89, en note.

(5) Comte de L aborde, la Renaissance des arts, comptes des bâti- ments, t. l", pp. 479, 500, 506, 517.

(6) Sauval, t. I", pp. 582, 469, 378.

(7) Comte DE Laborde, la Renaissance des arts.

(8) Marot, Tombeau du roy Henri second et de la reine Catherine de Médicis,sa femme, à Saint-Denys.

(9) Sauval, t. m, p. 16.

(10) Comte DE Laborde, la Renaissance des arts, comptes des sépul- !,urcs de Saint-Denis, 1. 1«', pp. 479 et. suivantes.

22 SCDlPTEOnS ITALIENS, XVI*^ SIÈCLE.

36. Albert Pie de Savoie^ prince de Carpi, mort vers 1535.

La figure, revêtue d'une armure, est à demi couchée sur un coussin richement orné, et la tête est appuyée sur le bras droit qui presse du coude un oreiller. La main gauche est ramenée en avant sur un livre ouvert, dans lequel le personnage semble lire. Un bout de manteau recouvre la jambe gauche, et deux livres fermés sont posés près des pieds. Ronde bosse > bronze : lon- gueur, 1,700; hauteur, 0,520.

Corroiet (1) nous apprend que cette sépulture était de son temps en la nef de l'église des Cordeliers, du côté de septentrion, et l'inscription qu'il nous a conservée contient deux dates intéressantes : » Albert Pie de Savoie, vixit « annos LV. Hi-redes niœstissinii posueruntanno M. d. xxxv. •■ C'est; donc un monument de 1535 qui, du lemps de Sauvai, était attribuée Ponce, car cet écrivain n'aflirme pas. Après avoir écrit : « Cette figure est fort estimée " en toutes ses parties.... Elle est de bon goût et faite dans le bon siècle. » Ailleurs il dit : « Je ne puis oublier le tombeau du prince de Carpi, qu'on 0 tient de maître Ponce, ni encore la croix de Gastines, qui est du même. » Toutelois, la tradition a prévalu, et il semble que c'est avec raison.

Musée d^s monuments français, 97, pi. 99.

Musée d'Angcnrième, au Louvre, 56.

3'î'. Charles de Magny, capitaine des gardes de la porte dw roi Henri II, mort vers 1556.

Sa sœur lui fit ériger ce monument en 1556, dans l'église des Célestins. Il est représenté assis et dor- mant, vêtu d'une armure très— ornée de rinceaux, la tête appuyée sur la main gauche et tenant de la droite un fer de hallebarde; un écu, sur lequel est figuré un aigle à deux têtes, est sculpté vers le haut du siège. Statue de pierre : hauteur, 1,450.

(1) COBROZET, Antiquités de Paris, p. 85.

SCULPTEURS ITALIENS, XV!» SIÈCLE. 23

Corrozet nous a conservé l'épitaphe contenant la date du monument (1) ; Sauvai en parle avec éloge, sans l'attribuer à Ponce. C'est Brice qui nomme ce sculpteur, et après lui tous ceux qui l'ont copié.

Musée des monuments français, n" 100, pi, 105.

Musée d'Angoulême, au Louvre, n" 3.

38. André Blondel de Rocquencourt , contrôleur général des finances du royaume sous Henri II, mort en 1558.

Il est représenté couché et endormi, la tête reposant sur un coussin qui figure une étoffe damassée. Le bras gauche est relevé vers le visage ; le droit est étendu, et la main presse des pavots, symboles du sommeil. Une partie du corps est cachée par une draperie ; le torse, les bras et la jambe gauche sont entièrement découverts. Près des pieds sont groupés un casque, une épée et un écu armorié. Bas-relief de bronze : longueur, 1, 730 ; largeur, 0,600.

Ce monument est assurément le plus incontestable que nous ayons con- servé de Ponce. Voici en quels termes en parle Sauvai : o 11 (André Blondel) « fut porté dans l'église des Filles-Pénitentes (2), et sa veuve ensuite honora « sa sépulture d'un petit mausolée de bronze, enrichi de sa figure en bas- 0 relief, que fit maître Ponce, l'un des plus renommés sculpteurs de son « temps. Or, comme depuis ces religieuses vinrent à être transférées à la « rue Saint-Denys (3), elles emportèrent avec elles ses cendres et sa tombe, 0 qu'elles mirent dans leur nef; et parce que cette tombe embarrassait et <i occupait trop de place, depuis elles l'ont dressée contre la muraille, à côté Il de leur portail. Quoique elle ne fasse pas ce bel effet qu'elle faisait 0 quand elle était couchée, on ne laisse pas de remarquer toujours qu'elle Il est d'une grande manière et bien entendue » (ii).

Musée des monuments français, n" 101, pi. 103.

Musée d'Angoulême, au Louvre, n" 57.

(1) CORROZET, Antiquités de Paris, p. 131.

(2] Elles logeaient alors près Saint-Eustache, à l'hôtel d'Orléans, qui fut plus tard l'hôtel de Soissons.

(3) En 1580, les religieux du monastère de Saint-Magloire leur aban- donnèrent leur couvent.

(4) Sauval, 1. 1", pp. 582, ft69, 578; t. n, pp. 188, 213.

24 SCClPrEt'RS ITALIENS, XVl<^ SIÈCLE.

Atlrlbaé à Ponce.

39. Olivier Leeeevre, seigneur d'Ormesson.

La tête nue, il est vêtu d'un pourpoint. Buste de bronze : hauteur, 0,590.

11 provient de l'église des Bons-Hommes de Passy. Musée des monuments français, n" 155.

Damele RICCIARELLI(l) ou RICIARELLI, dit Daniele

DA Volterra, peintre et sculpteur, à Volterra {dans la Toscane) en 1509, mort le 4 avril 1366.

40. La mise al tombeau.

Le corps du Christ est déposé dans le sépulcre par Nicodèrae et Joseph d'Arimathie; Marie-Madeleine sou- lève un de ses bras; la Vierge, défaillante, est secou- rue par saint Jean et soutenue par une des Marie. Deux hommes groupés du côté gauche et un jeune sol- dat, debout vers la droite, complètent la composition. Bas-reUef de pierre de liais : hauteur, 0,980 ; lon- gueur, 1,310.

Ce bas-relief, qui a fait partie du Musée des monuments français (2), est attribué, par M. A. Lenoir, qui n'en indique pas la provenance, à Daniele Ricciarelli.

PiETRO Paolo OLIVIERI , sculpteur et architecte, ne l'an 1331, mort à Rome le 6 juillet 1399.

Le peintre Baglione (3), qui a écrit une notice sur cet artiste, indique les principaux ouvrages qu'il a faits pour les églises de l\ome. Il rend hom-

(1) Frédéric Villot, Notice des tableaux exposé» dans les galeries du Musée impérial du Lnuvrc, écoles d'Italie et d'Espagne.

(2) A. Lexoir, Musée des miynuments français, t. iv, p. 155, pi. 156.

(3) Gio. Baglioe Romano, le Vite dei piltori, seultori, etc.

SCULPTEURS ITALIENS, XVF SIÈCLE. 25

mage à son caractère et à son talent et dit qu'il fut toujours très<her au irape Clément VIII, qui lui confia d'importants travaux.

41 . L'Amitié.

Sous les traits d'une jeune fille qui est nue, debout, et qui porte la main droite vers son cœur, est indiquée une blessure ouverte ; la main gauche est appuyée sur un tronc d'arbre. Statue de marbre : hauteur, 1,930.

Cette statue, qui a été longtemps dans le palais du Luxembourg , puis dans le jardin, et dont on ignorait la provenance (1), est assurément la même que Richardson, dans son voyage en Italie, décrit pour l'avoir vue dans la villa Mattei. « L'Amitié, sous la figure d'une belle femme « nue et qui tient sa main sur sa poitrine, qui est ouverte par une es- « pèce d'incision, qui exprime la sincérité. C'est une statue moderne, « plus grande que le naturel, faite par Pierre-Paul Olivieri, et dont Virgi- " nius Ursinus fit présent à Cyriaque, ainsi que le prouve l'inscription « suivante :

« Virginius Ursinu$ Cyriaco 3lathœto amiciliw monumentum. ti Statuere illuslrius me ipsâ amùitiànonpoluit. m.d.C.v. (1605) »

mCOlNNU, xvi^ SIÈCLE. 48. VÉNUS ET l'Amour.

Vénus est représentée nue, debout, vue de dos, soulevant une draperie dont les bords retombent sur un jeune amour porté sur les eaux par un dauphin. Bas-relief de marbre : largeur, 0,320; hauteur, 0,500.

EXCONTVU. xvi" SIÈCLE.

43. La descente de croix.

Trois hommes entourent et soutiennent le corps du Christ qu'ils viennent de détacher; un quatrième est vu de dos montant les degrés dune échelle. Au pied de la croix et dans l'éloignement, sont groupées cinq femmes animées par la douleur. Les deux larrons attachés à des

(1) A. DE JIoxTAiGLO>, voir VAthcnwum frunçait du 11 décembre 1852 , p. 388.

26 SCULPTEURS ITALIENS, XVl" SIECLE.

arbres, et morts, occupent l'un et l'autre côté; au des- sus d'eux l'on voit, sur le fond du ciel, les représenta- tions du soleil et de la lune, figurés par des disques rayonnants qui encadrent le buste d'un jeune homme et celui d'une femme, tous deux se couvrant de la main les yeux. Au premier plan, la Vierge est représentée éten- due et se cachant le visage ; saint Jean et les saintes femmes sont à ses côtés ; deux petits génies sur le devant. Bas-relief de bronze : hauteur, 0,700; largeur, 0,500.

INCONNU.

44. Un Nègre.

Il est debout, étendant les bras. Toutes les parties qui figurent le nu sont de marbre noir ; la tunique, d'albâtre oriental, est ornée vers le bord d'une incrustation de marbres, rouge, vert, et jaune antique. Statue : hau- teur, 1,770.

Un inventaire des tableaux et des autres curiosités qui se trouvaient au Louvre en 1603, indique « une statue d'un More vestu d'une chemise de u jaspe ou de marbre marqueté, mais la teste, les iambes, les pieds et les « bras sont de marbre noir. Derrière lui un carquois avec des flèches a (1).

INCONNU.

45. Diane.

Elle est debout, dans l'action de tirer une flèche. La tunique, d'albâtre, est un fragment antique; la tête, les bras et les jambes, de bronze, sont de travail moderne ; un croissant, placé sur le front, est doré. Statue : hauteur, 1,460.

(1) Ph. DE CazyKEXittiES, Archives de l'art français, «i* année, !•« li- vraison, p. 51.

SCULPTEURS ALLEMANDS, XVI« SIÈCLE. 27

SCULPTEURS ALLEMANDS.

XVIe SIÈCLE.

INCOIVIVU, d'apri's Albert Durer.

46. L'Enfance du Christ.

La Vierge Marie est représentée assise et filant, ayant près d'elle Anne, sa mère, et à ses pieds le petit berceau qui renferme l'Enfant-Jésus que des anges adorent. Non loin, saint Joseph taille une pièce de bois, et, sur le devant, des petits génies ailés ramassent les copeaux ou les portent dans un panier. Dans les nuages. Dieu le Père est figuré coilTc d'une tiare et portant le globe du monde, et, au-dessous de lui, est le Saint-Es- prit, sous la forme d'une colombe. Le fond de la scène est la représentation de la cour d'une maison des champs. Bas-relief de chaux carbonatée : hauteur, 0,430; largeur, 0,320.

Le sculpteur a emprunté tous les détails de sa composition à la gravure très-connue d'Albert Durer, delà suite de l'histoire de la Vierge. Ce gentil bas-relief a fait partie du Musée des momunents français, 558 (1).

Emebic schillinck.

Fragments en maibr e noir, ornés d'incruslalions d'albàlre, sculptes en bas-reliefs pour le monument funéraire du clianlre de Lanlslejn, 1561. (Compris sous les n°' 47 à 51.)

4^. Le départ de la Vierge et la Visitation

(1) A. Lenoir, Musée det monuments français, t. m, p. 1:13, pi. 95.

3

28 SCULPTEURS ALLEMANDS, XYl^^ SIÈCLE.

sont figurés sur deux plaques d'albâtre, qui sont in- crustées dans une placjue de marbre et superposées. Leurs encadrements, entièrement semblables, sont sy- métriquement surmontés de frontons, et des ornements très-fins sont disposes sur les côtés et sur la base. Du fragment de marbre : hauteur, 1,000 ; largeur, 0,390.

Kinerlc iSchilIlnck.

48. La Circoncision et la Présentation au tem- ple sont représentées sur les deux plaques d'albâtre décorant un fragment qui ne dilfère en rien du pré- cédent pour la disposition, les ornements et les dimen- sions.

Kmcric Schillinck.

49. L'ÉVANGÉLISTE SAINT LuC.

Deux petits bas-reliefs d'albâtre sont incrustés sur les côtés: l'un représente la Foi et l'autre l'Espérance. Du fragmerit de marbre noir : hauteur, 0,3i0; lar- geur, 0,190.

Kuieric ScUilIinck.

50. L'ÉVANGÉLISTE SAINT MATTHIEU.

Sur les deux albâtres sont figurées la Charité, la Jus- tice. — Du fragment de marbre noir: hauteur, 0,340 ; largeur, 0,190.

. Emeric scbllllnck.

51. L'ÉVANGÉLISTE SAINT MaRC, l'ÉvANGÉLISTE

SAINT Jean, sont représentés assis, le premier lisant, le second écrivant, dans des cadres qui occupent l'une et l'autre extrémité d'une longue tablette sur laquelle

SCDLPTEURS ALLEMANDS, XVI<" SIÈCLE. 29

est gravée l'inscription qui nous a appris le nom et l'é- tat de riiomnie pour qui fut fait le monument, celui du sculpteur et la date :

HOC OPERA EMMERICI SCHILLINCK MONVMENTASACELLO QVM LEGIS ARTIFICI SVNT FABRICATA 3IANV : INCLYTVS A LANTSTEYN TVVS O GERMANIA ALVMTSVS HAC PIVS INSIGNI CANTOR IN yEDE SENEX MALVIT HJ3C VIVO SIBI MARMORA PONERE VIVVS AMBIGVAM H/EREDIS QVAM SVBIISSE FIDEM. 1561.

Cest Schillinck qui a cxôcuU; d'une main habile le monument que tu vois en cette chapelle. Le cOlèbre de Lantsteyn, ton élève, ô Germanie, chantre pieux en celte superbe église, arrivé à la lin de sa carrière, a mieux aimé s'élever ces marbres de son vivant, que de s'en fier à la fidélité douteuse d'un héritier. 1561.

Bas-relief de marbre noir : hauteur, 0,330 ; lon- gueur, 1,105. Les deux petits bas-reliefs d'albâtre qui sont incrustés sur les côtés représentent , sous la figure de deux femmes debout, la Force et la Foi.

INCONNU.

5S. Triomphe de l'empereur Maximilien i".

Couronné, revêtu d'une armure que recouvre en partie le manteau impérial , portant de la main droite une épée et de la gauche un sceptre, il est assis sur un char triomphaf dont le dossier , ramené en avant, forme au-dessus de sa tète une sorte de dais. Quatre clievaux attelés au char sont montés par des hommes richement habillés qui agitent leurs fouets. Cette composition est entourée par des frises et deux pilastres qui l'encadrent : le motif de la frise supérieure est une. ligne d'aigles éployés, qui sont les armes de l'Empire ; on retrouve, au centre de la frise inférieure, le même aigle chargé en cœur d'un écu aux armes de la maison de l'empereur, environné du coUier de l'ordre de la ïoison-d'Or, et pour supports deux griffons. Au-dessous règne une in- scription de neuf lignes, gravée en relief dans la masse

30 SCULPTEURS ALLEUANDS, XVI<^ SIÈCLE.

(lu bois ; elle comprend la liste très-étendue des titres de l'empereur : Imperator Cœsar diviis Maximilianus pius felix augustus Chrutiamicus supremus princeps Germaniœ Hungariœ Dalmatiœ Croaciœ Bosnœque Rex Angliœ PortugalUœ Bohcmiœ hères aique Archi- dux Austriœ Dux Burgundiœ Lotharingiœ Braban— tiœ Stirice Carinthiœ Carniolœ Lymhurgiœ Liicem— hurgiœ et Gheldriœ Cornes princeps mhabspg. et Tirolis Lantgravius Alsatiœ princeps Siieviœ Pala— timcs Hannoniœ princeps et cornes Burgundiœ Flan— driœ Goritiœ Artliesis Holandiœ et cornes Seelandice Phirretis Mkgburg Namurei et Zutphaniœ Marchio super Anasnm Bnrgoniœ et sacri Romani Imperii do- minus PhrisiœMarcItiœ Salvonicœ Mechiim et Portus- naoms et Salmarum, etc. princeps potenlissimus in— clytus Victor ac triumphator. Bas-relief de bois : longueur, 0,460; hauteur, 0,470.

II\COI\IVU.

S3. Louis V, dit le Pacifique (1), comte palatin, duc des Deux-Bavières, en 1478, mort en 1544.

Au bas du portrait se trouve cette inscription gravée en relief :

DEI.GRATIA.LVDOVICVS.COMES.PALA : TINVS.RHENI.VTR.BAVARIiE.DVX.

Ecole de Nuremberg. Bas-relief de chaux car- bonatée litlioïde. Buste : hauteur, 0,220; lar- geur, 0,180.

Il provient de la collection de M. Debruge-Duménil, n" 105 du catalogue.

(1) Jules Labarte, Description des objets d'art qui composent la col- lection Debruge-Duménil, p. ftû5.

SCULPTEURS ALLEMANDS, XVI« SIÈCLE. 31

INCONNU.

S4. Homme en prière.

Il est agenouillé, les mains jointes, vu de profil, re- gardant à droite ; il porte un costume allemand de la fin du xvi*^^ siècle et a la tête découverte. Bas-relief de chaux carbonatée lithoïde : largeur, 0,200; liau- teur, 0,280,

»S. Femme en prière.

Elle est agenouillée, les mains jointes, vue de profil, regardant à gauche; elle porte un costume allemand de la fin du xvi*^ siècle, et son bonnet, qui encapuchonné la tête, est accompagné d'un touret de nez qui cache le bas du visage. Bas-relief de chaux carbonatée li- thoïde : largeur, 0,200; hauteur, 0,280.

Ces deux personnages sont représentés dans la pose traditionnelle des donateurs et ont faire partie d'un monument pieux dont ils auront été détachés. Acqtiisition de l'année 1850.

INCONNU.

S6. Armoiries de Wolff Scauffletzer et de Barbara Mertz.

Un cartouche formé d'enroulements encadre les deux écussons, qui sont séparés par un vase d'où s'échap- pent des fleurs. Des inscriptions en langue allemande occupent la partie inférieure ; leur traduction est : Wolff Scauffletzer, bourgeois et conseiller à Ratis- honne, et Barbara Scauffletzer, née Mertz, son éfouse. Sur le haut de la plaque est la date 1601, et vers les angles inférieurs sont les initiales A et P. Plaque de pierre calcaire : longueur, 0,240; hauteur, 0,215. Les

32 JEAN DE BOLOGNE ET SON ÉCOLE.

dessins sont épargnés en relief et le fond est creusé au moyen de l'eau-forte, par un procédé analogue à celui qu'employa plus tard l'inventeur de la lithographie.

JEAN DE BOLOGNE ET SON ÉCOLE.

XVI" SIÈCLE ET COMMENCEMENT DU XYII».

JEAN DE BOLOGNE, à Douai en 1529 (1), mort à Florence en 1608.

Il eut pour premier maître un Flamand nommé Jacques Bcuch , et reçut les conseils de Michel-Ange, pendant un séjour de deux ans qu'il fit à Rome. Sa vie presque entière s'est passée à Florence, et les ouvrages en grand nombre qu'il a fails pour cette ville sont justement célèbres. Chef d'école, il eut pour principaux élèves Pierre Franqueville, Pierre Tacca, Adrien le Flamand, qui est Adrien de Vries, à La Haye, qui faisait eu 1593, à Prague, et pour l'empereur Rodolphe II, le groupe en bronze de Mercure et Psyché, que nous possédons. Jean de Bologne était fort âgé lorsqu'en 160!» il commença, pour la France, le cheval de bronze qui devait porter la statue de notre "roi Henri IV. Ce fut son dernier travail, que la mort ne lui laissa pas le temps d'achever, et que Pierre Tacca fut chargé de finir. La statue équestre de Henri IV, terminée en 1611, embarquée à Livourne en 1612, échoua sur les côtes de Sardaigne et n'arriva à Paris qu'en 161 fi; elle fut placée sur le Pont-Neuf, en présence de Pierre Franqueville, premier sculp- teur de leurs majestés, et de François Bordoni, leur sculpteur ordinaire. Franqueville imagina, pour la décoration du piédestal, les quatre figures d'esclaves, en bronze, qui n'étaient achevées lorsqu'il mourut, et qui l'ont été, en 1618, par Bordini, son élève et son gendre. Le décret de l'Assem- blée nationale du l^i août 179-2 a été fatal pour l'œuvre de Jean de Bologne : l'extrémité d'une des jambes du cheval, et un bras, une main, une botte» débris de la statue du roi, ont seuls échappé à la fonte. Les(|ualre esclaves du piédestal, de l'invention de Franqueville, ont été conservés.

(1) Baldinucci dit qu'il naquit eu 152li. J'ai préféré l'opimon de Mariette. (Voir r.l becedario).

XVie SIÈCLE ET COMMENCEMENT DU XVIie. 33

Pierre TACCA, à Carrare en 15.., mort en 1640.

Lorsque Jean de Bologne eut cessé de \ivrc, Tacca lui succéda dans la charge de sculpteur du giand-duc 11 eut alors mission de terminer le cheval de bronze pour la l'rance, que son maître n'avait pu finir, et le fit embarquer à Livourne en 1012. Baldinucci nous a conservé le texte de la Icllre que Marie de Métiicis lui adressa à ce sujet, le 10 octobre 1614. Elle était ainsi conçue : « En réponse à votre Icltrc que m'a remise « de votre part Antonio Guidi , ingénieur de mon cousin le grand-duc 0 de Toscane, je vous fais savoir le contentement que le roi, mon seigneur « et fils, ainsi que moi, avons eu de la belle statue de bronze que vous nous a avez envoiée, digne, en vérité, de celui qu'elle représente. Le seigneur 0 Guidi m'a aussi" remis le buste de bronze que vous m'avez fait tenir ; il u vous en dira ma satisfaction et la sonnne d'argent que j'ai ordonnée pour « vous à cet eflet, en signe de mon entier agrément, et je prie Dieu qu'il « vous conserve (1). »

Fragmenls de la slalue équestre de Henri IV (2). Bioiize. (Compris sous les n"' 57 à GO.)

5'S' . La main gauche à demi fermée pour retenir les rênes , dont il ne reste qu'un arrachement. Longueur, 0,300.

58. Le bras droit , à partir du coude. Il est revêtu d'un brassard orné d'arabesques ; la main presse un bâton de commandement, l'index et le doigt du milieu manquent. Longueur, 0,730.

59. La jambe gauche, ou plutôt une botte , avec l'in- dication d'un éperon retenu par une courroie. Un frag- ment de frange du tapis de la selle y est adhérent. Longueur, 0,980.

Jean de Bologne.

60. La jambe de devant, hors montoir, du cheval, à partir du dessus du genou. Longueur, 1,000.

(1) Baldinucci, Vie de Pierre Tacca.

(2) Voir le procès- verbal tel qu'il a été trouvé sous un des pieds du cheval de l'ancienne statue de Henri IV. Apperulice aux mémoires hisloriqucx relatifs à la fonte et à l'élévation de la statue équestre de Henri IV, par M. Ch.-J. Lafolie, à Paris, 181'J.

34 JEAN DE BOLOGNE ET SON ÉCOLE.

Jean de Bologne (d'après).

61 . Réduction des deux figures principales du groupe de l'enlèvement d'une Sabine. Le vieillard renversé qui existe dans l'œuvre originale manque à cette repro- duction. — Bronze, hauteur, 0,450.

Antoine Susini, élève de Jean de Bologne, en 15.., mort en lG2a, eut un talent particulier pour réduire et jeter en bronze les ligures antiques et les œuvres les plus connues de son maître. François Susini, sou neveu et son élève, hérita de son adresse et a reproduit en bronze presque toutes les compositions de Jean de Bologne. Il a réduit aussi beaucoup de ligures antiques.

Pierre FR ANQUEYILLE , à Cambray en 1548, mort vers 1618.

l\ fit, hl'âge de seize ans, quelques études à Paris, oii devait se terminer sa carrière, et travailla plus longtemps à Inspruck, sous un sculpteur en bois. Jeune encoi-e, il voulut voir Rome, et revenant par Florence en 157ii, il devint l'élève de Jean de Bologne, dont il fut souvent le collaborateur. 11 a laissé de nombreux ouvrages à Florence, à Gènes et h Pisc. Vers 1601 il entra au service du roi de France Henri IV, et en lOlù, lorsque la statue équestre de ce prince, envoyée de Florence par Tacca, qui l'avait remplacé près de son maître, fut placée sur le Pont->euf, Franqueville imagina et commença quatre figures d'esclaves pour le piédestal.

6S. Orphée.

11 est représenté nu, debout, jouant du violon ; à ses pieds est Cerbère. Sur un ceinturon qui Hotte autour des reins on lit : opvs pétri francavill.e belgici

CAMERACEISSIS FLORENTIM ACADEMICI PISANI Q CI- VIS. A.D.M. MDxcviii (1598). Statue de marbre : hauteur, 2,500.

Baldinucci, dans la Vie de Pierre Franqueville, raconte qu'il y avait à Florence un sculpteur nommé Bomolo Ferruzzi, qui était fort habile à faire en pierre toutes sortes d'animaux, que Jérôme de Gondi, noble flo- rentin qui habitait la France, luien avait fait demande d'iuie certaine quan- tité pour envoyer à Paris, afin d'en orner son jardin, et qu'ayant entendu parler de la grande renommée de Franqucvilie, il voulut qu'il lui fît en marbre une statue haute de six brasses, représentant Orphée, pour placer dans le même jardin, au-dessus d'une fontaine et au milieu des animaux sculptés par Ferruzzi -, il ajoute que Franqueville l'exécuta tel qu'il l'avait souhaité, et que le roi Henri IV étant venu voir le jardin dont on parlait beaucoup à Paris, demanda à Jérôme de Gondi de faire tout ce (lui dépcn-

XVie SIÈCLE ET COMMENCEMENT DU XVII'. 33

(Irait de lui pour engager Pierre de Franqueville à son service, ce qui se fit proinptement, avec le consentement du grand-duc, vers l'annéeieoi (1).

Pierre Franqueville.

63. David vainqueur de Goliath.

Il est nu, debout, couronné de lauriers ; on voit à ses pieds la tête de Goliath, et le jeune vainqueur semble se reposer en s'appuyant sur l'épée du géant. La main droite tient une pierre, la gauche supporte une fronde et la dépouille d'un lion. Le bâton de berger est posé con- tre le bras droit. On lit sur une courroie qui rattache une écharpe flottante : opus petri.a.francavilla. Statue de marbre : hauteur, 1,790.

Pierre Franqueville.

64 à 67. Quatre figures d'esclaves , qui ehtou- raient le piédestal de la statue de Henri IV, sur le Pont-Neuf. Ils sont assis, les mains liées derrière le dos, nus, avec quelques draperies, et ont à leurs pieds des armu- res. L'un, représenté dans la force de l'âge, a le pied droit posé sur un casque et le gauche sur un fragment de canon qui porte l'inscription qui suit : a petro fran-

CAVILLA CAMARCENSI INVENTVM ET INCEPTVM. FRANC. AVTEM BORDONI FLORENT. ElUS GENER PERFECIT LV-

TETiyE. AN DNi.MDCxviii (1618). Un autre, jeune, est posé la jambe droite étendue, la gauche relevée et le pied appuyé sur une armure autour de laquelle on lit : a

PETRO FRANCAVILLA CAMARCENSI INVENTVM ET IN- CEPTVM. FRANC. AVTEM BORDONI FLORENT. EIVS GENER

PERFECIT LVTETi^E.AN.DNi.MDCXviii. Le troisième, de race africaine, a le pied gauche posé sur une cara- pace de tortue formant bouclier, dont les bords portent l'inscription : a petro francavilla camarcensi

INVENTVM ET INCEPTVM FRANC'. AVTEM BORDONI FLORENT^EIVS GENER PERFECIT LVTETIiE. AN. DNI.

(1) Baloinucci, Vila di Pielro Francavilla

36 JEAN DE BOLOGNE ET SON ÉCOLE.

iMDCXviii. Le quatrième, d âge avancé, a la jambe gauche étendue, la droite repliée et le pied appuyé sur le haut d'une cuirasse dont le ceinturon porte la même inscrip- tion : A PETRO FRANCAVILLA CAMARCENSI INVENTVM ET INCEPTVM. FRANC. AVTEM BORDONI FLORENT. EIVS GENER PERFECIT LVTETI.E. AN.DNI .MDCXVIII .

Statues de bronze : hauteur, 1,550. Pierre vranqueville (attribué à].

68. Jean de Bologne.

Le front est très-dégarnide cheveux; la barbe, longue, retombe sur la poitrine. Buste : hauteur, 0,700, La tête est de bronze, le corps d'albâtre, le piedouche de marbre porte le nom gravé en creux : J. de Bov- longne [sic).

Musée des monuments français, n" 563.

Adrien DE VRlES(l). Il naquit à la Haye, étudia en Ita- lie, et fut élève de Jean de Bologne.

En 1590 il mit son talent au service de l'empereur Rodolphe II et vécut à Prague. 11 travailla la pierre, le bronze, et a laissé des modèles en cire de ses ouvrages, lia fait pour Augsbourg deux fontaines dans la Grande-Rue, qui sont fort ornées, et l'une d'elles est surmontée d'un Mercure inspiré parla statue célèbre de Jean de Bologne. Les œuvres d'Adrien de Vries ont été gravées par Muller, qui était son parent.

«9. Mercure et Psyché.

Le Dieu est représenté volant, portant dans ses bras la jeune fille, entièrement nue, qui tient en sa main droite un petit vase. Groupe de bronze : hauteur, 2,150.

Jean Muller a gravé ce groupe sous trois aspects, et tracé sur les bases l'inscription qui suit : ivssv Rhvdolphi ii CvESARis avgvsti adrianvs

DE VRIES HAGIENSIS FACIEBAT PRAC/E OPVS ALTITVDINIS PEDVM OCTO

EX JERE. 1593. In grntiam D. Adriani de Vries cngnali sui clnrissimi sctilpebal Johamics Muftcrus, Ilarman Muller c.rrud. Mariette a connu ces gravures et n'a point parlagé longtemps l'erreur de ses conteinporains, (|ui ont attribué à Jean de Bologne l'œuvre d'un de ses élèves. La provenance

(1) A. UE MONTAIGLON. Voir VAlhetwium français de décembre 1852, p. 388.

XM" SIÈCLE ET COMMENCEMENT DU XVIl"^. 37

<le ce groupe élégant est indiquée par Piganiol (1) : « La reine Christine en "I fit présent à M. Servien, et M. de Sablé, son fils, en vendant Meudon à 0 M. de Louvbis, s'accommoda de ce groupe avec M. Colbert, qui le fit Il transporter à Sceaux, il était quand M. de Seignelay, toujours magni- ci fique et toujours attentif rt ce qui pouvait plaire au grand roi qu'il avait « l'honneur de servir, pria S. M. de vouloir bien l'accepter. » Placé dans le jardin haut ou Belvédère de Marly, il fut transporté au Musée de Paris en l'an JI, en sortit en l'an X, pour être porté à Saint-Cloud, et y est rentré en 1850.

SCULPTEURS FRANÇAIS

DEPUIS LE XIII« SIÈCLE JUSQU'A NOS JOURS.

INCONNU. xiii« SIÈCLE.

VO. Childebert, roi de France, mort en 558.

Posé debout, adossé à une colonnctte. La main droite porte un sceptre dont le fleuron manque; la gauche re- tient le cordon qui attache le manteau , un bandeau de pierreries , orné de feuilles de trèfle , surmonte la tête ; la chevelure est longue, la barbe et les moustaches sont ondulées. La robe est attachée par une ceinture ornée de pierreries, dont un des bouts retombe en avant; cette robe est de couleur rouge, et une imitation d'hermine est peinte à l'intérieur du manteau, dont l'extérieur est bleu. Statue de pierre : hauteur, 1,800.

Cette statue provient de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Dom Jacques Bouillart, qui décrit, en l'histoire de l'abbaye, 1. m, p. 123, le réfectoire construit par Pierre de Montereau, au temps de l'abbé Simon, élu en 1235, dit : o L'on a placé à la porte du réfectoire une statue de CI pierre qui représente Childebert, laquelle a été faite apparemment sur (I le modèle d'une autre plus ancienne. Elle est haute de cinq pieds et « demi. Childebert a une couronne ornée de trèfles et un sceptre en la « main dont l'extrémité d'en haut est cassée. 11 a une robe qui descend « jusqu'à la cheville du pied; sa ceinture, large de six lignes, est ornée. Il d'espace en espace, de petites roses façon d'orfèvrerie ; son manteau. Il qui ne le couvre que par derrière, est attaché au devant par un cordon u qu'il tient de la main gauche ; ses souliers, pointus par le bout, sont échan- 11 crés en ovale par le dessus, depuis la moitié du pied jusqu'à la ligature. »

Itfusée des monuments français, n" 30, pi. 33.

(1) Description des châteaux et parcs de Versailles et Marly, iV édic, ni7, 1. 11, p. 261.

38 SCULPTEURS FRANÇAIS, XIII» SIÈCLE.

INCONNU, xiiie SIÈCLE.

71. Un Ange.

Debout, ailé, habillé d'une robe et d'un manteau, te- nant en ses mains un sceptre dont l'extrémité a été brisée. Statue de pierre : hauteur, 1,100.

Inconnu, xiii^ siècle.

'Sft. Un Ange.

Debout, ailé, vêtu d'une robe que recouvre un man- teau ; il tient des deux mains une couronne. Statue de pierre : hauteur, 1,050.

Inconnu. xni« siècle.

73. Un Ange.

Debout, ailé, vêtu d'une robe que recouvre un man- teau ; il tient une couronne dont la partie antérieure est brisée, ainsi que la main droite. Statue de pierre : hauteur, 1,050.

Inconnu, xiii^ siècle.

74. Un Ange.

Debout, ailé, vêtu d'une robe que recouvre un man- teau ; il tient une <;ouronne dont la partie antérieure est entièrement détruite, ainsi que la main gauche. Statue de pierre : hauteur, 1,050.

Quelques restes de peintures indiquent que ces statues (n"»?! à 74) ont été colorées; elles proviennent de l'abbaye de Poissy. Acquisition de l'an- née 1850.

INCOIVNU. xiv siècle.

75. Saint Denys, saint Rustique et saint Éleu-

thère.

Tous trois sont représentés après leur martyre, le cou tranché et tenant en mains leurs têtes; saint

SCULPTEURS FRANÇAIS, XIV<^ SIÈCLE. 39

Denys est debout entre ses doux compagnons, qui sont, l'un assis et l'autre agenouillé. Une rosace à quatre lobes, inscrite dans un rectangle, encadre et relie les personnages. Quelques traces de couleurs indiquent que la sculpture a été peinte. Bas-relief de pierre, longueur, 1,050; hauteur, 0,900.

Il provient de Saint-Denis.

IIVCONNU. Xive SIÈCLE.

•yc. La Vierge et l'Enfant-Jésus.

La Vierge est posée debout, portant sur le bras gauche son enfant, qu'elle ramène à la hauteur de son visage ; Jésus touche de la main droite la joue de sa mère et met un des doigts de la gauche dans le bec d'un petit oiseau qui est placé sur son genou ; il est habillé d'une robe. La Vierge Marie a sur la tête une cou- ronne posée sur un voile très-court ; sa robe est longue et retenue à la taille par une ceinture fort étroite ; son manteau, ramené sur le devant du corps, cache les bras et forme des plis sur le côté gauche du corps ; des traces presque imperceptibles de couleur rouge et bleue indi- quent que la statue a été peinte ; la couronne, un bou- quet de fleurs que la Vierge tient en sa main droite, et les galons des vêtements ont été redorés. Statue de pierre : hauteur, 1,780.

Elle provient de l'église de Maisoncelles, canton de La Ferté-Gaucher, arrondissement de Provins, et n'en est sortie qu'en ISftO, lorsque l'église fut supprimée par la réunion de Maisoncelles à la commune de Saint- Martin-du-Boscliet.

INCONIVU. xive SIÈCLE.

"ÎV. Pierre de Fayet, chanoine de l'église de Paris, mort en 1303.

Il est représenté à genoux, les mains jointes, vêtu de la robe de chanoine, la tête découverte ; ses armoi-

40 SCULPTEURS FRANÇAIS, XIV^ ET XV^ SIÈCLE.

ries sont placées au-dessus de lui. Des moulures divisent le bas-relief en deux zones verticales : la figure du chanoine, surmontée de l'écusson, occupe celle de droite , et sur l'autre est l'inscription qui suit, gravée sur treize lignes, en caractères gothicpies :

MAITRE PIERRE DE FAYET , CHANOINE DE PARIS, A DONNÉ DEUX CENS LIVRES PARISIS POUR AIDER A FAIRE CES HISTOIRES ET POUR LES NOUVELLES VERRIERES QUI

SONT SUR LE CHOEUR DE CEANS. » Bas-rcUef de pierre : largeur, 0,660; hauteur, 1,060.

On lit dans la description de l'église de Paris, 1763: «Avant la cons- « truction du nouveau chœur (par le roi Louis XIV], on voyait autour de « l'ancien chœur et en dedans les histoires de l'Évangile et des Actes des « Apôtres en statues de pierre isolées avec des inscriptions au bas, et « au-dessous l'histoire de la Genèse en bas-relief. A côté était un cha- 0 noine à genoux, dont la mort arriva en 1303, aussi ce bas-relief avait

u cette inscription derrière lui: «Messire Pierre Fayet » Mais

« depuis la construction du nouveau chœur, on a mis sa statue à la « porte collatérale, vis-à-vis la porte rouge. »

Musée des monuments français, n" ISfi.

INCOIVNU. XV« SIÈCLE.

•ÎS. Personnage inconnu.

Un homme jeune, dont les cheveux , longs sur les côtés, sont coupés droits sur le front. Un collet de fourrure, traversé par une très-grosse chaîne, cache en partie le vêtement, (pii laisse voir entièrement le cou. Buste de marbre : hauteur, 0,550.

Inconnu. xv° siècle.

'S9. Personnage inconnu.

Une jeune femme, dont la chevelure est renfermée en une coiffe d'étofîe transparente, qui se modèle exac- tement sur la forme de la tète ; la robe, qui laisse voir la naissance des seins, est sans aucun pli. Buste de marbre : hauteur, 0,480.

SCDLPTEDRS FHANÇAIS, W" SIÈCLE. 41

INCONIVU. XVe SIÈCLE.

80. Pierre d'Evreux Navarre, comte de Mortain, fils de Charles-le-Mauvais, roi de Navarre et comte d'Evreux, et de Jeanne de France, mort au commencement du xy" siècle.

Il est représenté couché, la tête reposant sur un coussin, les mains jointes. Les cheveux sont courts et coupés en rond ; les jambes comme les bras sont revê- tus d'une armure que recouvre une cotte blasonnée de ses armes qui sont de France à la cotice componée, pour Évreux, et une chaîne rangée selon toutes les partitions et en double orle, qui est Navarre. Les pieds reposent sur deux lions. Statue de marbre : longueur, 1,900.

Musée des monuments français, 79. Musée historique de Versailles, n" 130 (1).

Inconnu. xv« siècle.

81 . Catherine d'Alençon, femmede Pierre d'Evreux Navarre, morte en la seconde moitié du xx" siècle.

Elle est représentée couchée, la tête reposant sur un coussin ; une bande plissée entoure le visage, le menton est caché par un linge, et une coifle large enveloppe toute la tète ; la robe est longue, la ceinture et la chaîne sont ornées de pierreries; les pieds sont appuyés sur un chien. Statue de marbre: longueur, 1,800.

Cette statue, de même que celle qui précède, provient d'un tombeau de l'église des Chartreux, de Paris. On lit dans les antiquités de J. Du Breul (2), 1. II, p. a73 : « Le second sépulcre est au côté méridional du grand autel 0 élevé d'environ trois pieds de terre, construit de marbre noir, avec une a arcade pratiquée dans le mur de l'église. Au-dessus duquel tombeau sont « les deux effigies d'albâtre, en bosse, de Pierre de Navarre, comte de Mor- « taigne, et de Catherine d'Alençon, sa femme, fille de Pierre, comte

(1) Livret de 1839.

(2) De Guilhermy, Annales archéologiques, année 1853, p. 127.

42 SCULPTEURS FRANÇAIS, XV» SIÈCLE.

0 d'Alençon, et de Marguerite, vicomtesse de Beaumont , avec plusieurs 0 autres petites images à l'entour dudit tombeau, et tout le dedans de l'ar- « cade orné de riches peintures et d'un grand tal)leau représentant notre n Seigneur descendu de la croix, aux deux côtés duquel sont encore repré- a sentées les images desdits prince et princesse, à genoux, avec les ar- « moiries de Navarre. »

Musée des monmnents français, n"79. Musée historique de Versailles, n" 132.

EXCONNU. xve SIÈCLE.

8S. Anne de Bourgogne, fille de Jean-sans-Petir, femme de Jean de Lancastre, duc de Bcdford, morte en 1432.

Elle est couchée, la tête reposant sur un coussin, les deux mains jointes et ramenées sur la poitrine. La coif- fure est un bonnet dont le tour forme une couronne de pierreries ; les cheveux sont réunis de chaque côté du visage en une masse contenue dans un réseau de perles ; la robe est longue, la ceinture et une longue chaîne sont composées de pierreries ; les pieds sont appuyés sur deux petits chiens dont l'un porte un os à sa gueule. Statue de marbre : longueur, 1,630.

Cette statue provient du couvent des pères Célestins de Paris. On lit dans l'histoire du monastère, par le père Louis Beurrier, p. 370 : « Son corps re- « pose proche la chapelle d'Orléans, elle est représentée en marbre noir « (c'est-à-dire sur un tombeau en marbre noir), avec cette épitaphe : Cy « gist noble dame, madame Anne de Bourgogne, espouse de très-noble Il prince monseigneur Jean, duc de Bethfort, et régent de France, et fille de <i très-noble prince monseigneur Jean, duc de Bourgogne, laquelle tres- «1 passa à Paris lelî» de novembre l'an de grâce 1432. »

Musée des monuments français, 83, Musée historique de Versailles, 158 (1).

ENCONNU. xv^ SIÈCLE. 83. Un Moine.

Debout, le visage presque entièrement caché par un capuchon ; figure très-semblable à quelques-unes de

(1) Livret de 1839.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI« SIÈCLE. 43

celles qui entourent les tombeaux des ducs de Bourgo- gne, mais la proportion est moindre et la matière est différente. Statuette de marbre : hauteur, 0,410. La petite niche sculptée à jour qui contient la ligure est de marbre et dorée par places.

Michel COLOMBE, sculpteur qtie se disputent la Bre- tagne et la Touraine (1).

L'année précise de sa naissance et celle de sa mort sont restées inconnues; nous pouvons approximativement fixer l'une à l(i30, l'autre à 1512, sachant par une lettre de Jean Lemaire, solliciteur des édifices de Madame Marguerite d'Autriche, qu'en 1511 Colombe était âgé d'environ quatre-vingts ans (2), et ayant lieu de croire par une autre que l'année suivante il avait cessé de vivre. Les notions sur ses travaux sont plus incertaines : le plus authentique et le plus célèbre est le tombeau de Fran- çois II, duc de Bretagne, érigé en 1506, à Nantes, dans l'église des Carmes, dispersé à la fin du dernier siècle et rétabli au commencement du nôtre dans la cathédrale. En 1500, Michel Colombe travaillait à Tours (31, et c'est dans cette ville qu'en 1508, le cardinal Georges d'Amboise lui fit porter une table de marbre, pour y faire tailler et graver un saint Georges destiné à l'autel de sa chapelle, au château de (îaillon.

84. Saint Georges combattant un dragon.

Le patron des hommes de guerre est représentée cheval, armé de toutes pièces et perçant de sa lance le cou du monstre qui, dressé dans l'attitude de la défense, repousse et mord l'arme dont il est traversé. Dans le fond, la fille du roi de Lydie est à genoux et en prières. Bas-relief de marbre : longueur, 1,850; hauteur, 1,240.

On lit dans les comptes et dépenses du château de Gaillon, publiés par M. Deville, 1851 : « A MichaultCoulombe, sur le marché à lui fait pour

(1) Lambro.n de LuiNiM, Recherches historiques.

(2) Le Glx-ï, Analecles historiques, Lille, 1838. LE(;LAy, Bulletin archéologique, t. ii, p. W9. Baron de Guilhermy, Annales arckéolo- fjiques, t. ii, p. 93. Eméric David, Uisloire de la sculpture.

(3) Lambron de F,igmm, Recherches historiques.

44 SCULPTEURS FRANÇAIS, IVl* SIÈCLE.

la façon de faire le Saint-George, tailler et graver sur led. marbre, par 0 certification de Pauls Binet, du 25'^ jour de février 1508, pour ce, « cy 300 livres. «

11. Alex. Lenoir avait réuni ce bas-relief au monument funéraire de Philippe de Comines, et en faisait honneur à Paul Pnncf il', erreur qui est restée attachée au bas-relief lorqu'il est passé des Petits-Augus- tins au Louvre, l'on l'a vu longtemps ajusté dans la décoration d'une cheminée du Musée d'Angoulème (2). La publication des comptes de Gaillon a fait justice de cette fausse attribution.

INCONNU.

85. Philippe de Comines, néenih-k^,mort en 1509. Il fut nn des conseillers du roi Louis XI, et suivit Charles VIII en Italie. Ses mémoires ont illustré son nom.

Il est agenouillé, les mains jointes, la tête nue, vêtu d'une cotte blasonnée aux armes de sa famille. Statue à mi-corps (posée sur une sorte de prie-Dieu figurant la partie antérieure d'un lion), de pierre et co- lorée ; le visage et les mains sont en tons de cliair, la . chevelure est noire, la robe est rouge : hauteur, 1,120.

Inconnu.

86. HÉLÈNE DE Chamiîes-Montsoreau, femme de Philiffe de Comines.

Elle est agenouillée, les mains jointes, la tête couverte d'une coitTe, vêtue d'une robe dont les manches sont garnies de fourrures ; à son cou pend une petite chaîne soutenant une croix, et l'on remarque trois bagues aux doigts de la main droite. Le prie-Bien qui la supporte a été surmoulé sur celui qui accompagne la statue de son mari. Statue à mi-corps, de pierre et colorée;

(1) Musée impérial dei monuvients français, 1810, n" 93, pi. 83; Desrript., p. 219,

(2) Description du Musée de la sculpture moderne, 182îi, 72, p. 53.

SCDtPTEORS FRANÇAIS, XVI'" SIÈCLE. 45

le visage et les mains sont en tons de chair, la coiffe est noire, la robe a été dans l'origine dorée : hauteur, 1,000.

Les deux statues (n"' 85 et 86) ont pour base commune une sorte de sar- cophage en pierre, que décorent des armoiries et la devise : QDi non labo- RAT NON MANDUCET. Le monument (1) avait été érigé pour la sépulture de Philippe de Comines et de sa fenune, dans l'église des Augustins, en une chapelle que cet homme éminent avait fait construire (2). Il a fait partie du Musée des monuments français (3). Après un assez long séjour dans les ma- gasins de l'Ecole des Beaux-Arts, il a pris rang à Versailles, dans les salles de sculptures historiques , et n'a été transféré au Louvre qu'en 1850.

IIVCONTNU.

8'î'. Louis de Poncher, tonseiller et receveur trésorier du roi François /'■ , mort en 1521.

Il est représenté mort et étendu, la tête ppsée sur un coussin, les mains jointes, les pieds appuyés sur un lion. Il est revêtu d'une armure, ayant au côté l'épée dans le fourreau. La cotte est blasonnée aux armes des Pon- cher, qui sont d'argent, à la fasce de gueules , chargée d'une tête de Maure, de sable, tortillée d'argent ; ladite fasce accompagnée de trois coquilles de sable, deux en chef et une en pointe. Les mêmes sont répétées sur l'écusson que porte entre ses pattes le lion, qui est de restauration moderne. Statue d'albâtre : longueur, 1,970.

88. RoBERTE Lege^due, femme de Louis de Poncher , morte en 1520.

Elle est représentée morte et couchée , la tête posée sur un coussin, les deux mains jointes et appuyées sur

(1) Voir la planche dans l'ouvrage de Millin.

(2) G. CORROZET, Antiquités de Paris, p. 89.

(3) A. Lenoir, 93, pi. 83.

46 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVie SIÈCLE.

la poitrine, les pieds reposant sur une levrette. La tête est couverte d'une coifle et le corps est vctu d'une robe à longues manches , un chapelet est attaché à la cein- ture. L'ocusson aux armes des Poncher est appendu au cou de la levrette, qui le tient relevé entre ses deux pattes. Statue d'albâtre : longueur, 1,910.

Ces deux statues (n"» 87 et 88) recouvraient les tombeaux des person- nages qu'ils représentent, dans une cliapelle du chœur de Saint-Gerniain- l'Auxerrois, bâtie de 150^1 à 1505 (1) aux dépens de Louis de Poncher, secrétaire du roi et général des finances. Elles ont fait partie du Musée des inonumeiits français, ont pris rang pendant quelques années dans les galeries historiques de Versailles et n'en ont été retirées, en faveur du Musée du Louvre, qu'en raison de leur mérite.

Jlusée des monuments français, n" 96.

Musée historique de Versailles, n"" 201 et 202.

IIVCONNU. XVie SIÈCLE.

89. JÉSUS TRAHI PAR JUDAS.

Jésus, dont les mains sont liées, est entouré d'une troupe nombreuse d'hommes armés ; l'und'eux l'entraîne, et Judas, tenant une bourse à la main, est près de son maître qu'il a trahi par un baiser. Vers la droite, saint Paul est prêt à frapper de son glaive un soldat renversé ayant une lanterne à la main. Dansl'éloignement, sont figurées deux scènes qui se rattachent à l'action princi- pale : en l'une, qui occupe l'angle gauche supérieur, Jé- sus-Christ est représenté priant sur la montagne des Oliviers, un ange lui montre la croix, les trois disciples sont endormis ; en l'autre, qui est à droite, on voit les soldats s'arrêtant près d'une porte et se montrant Jé- sus. Au-dessous de la scène principale, sont posés, vers les extrémités, deux groupes de personnages agenouillés: à gauche est le donateur accompagné de six fils ; adroite, est sa femme ayant derrière elle six filles. Une inscrip- tion en lettres gothiques occupe la partie inférieure du bas-relief; elle est contenue en un cartouche allongé

(1) TaoCHC, Annales arcliéoloijiques, t. xii, 1852,

SCULPTEURS FRANÇAIS, \\V SIÈCLE. 47

que tiennent deux anges agenouillés ; on y lit : Ci gist

HONORABLE HOMME JaCQVES DE GORN, MARCHAND DRA- VIER ET BOURGEOIS DE PARIS, QUI TRESPASSA LE ^k"

JOUR d'août 1555, ET Bonne Abli, femme jeanne Danesthemme, dudit de Corn qui très passa le 2 octobre 15i2. Priez Dieu pour les trespassez, Pater noster, Ave Maria. Bas-relief de marbre : hauteur 0,580 ; longueur, 0,8'*0.

UIGniCR, sculpteur lorrain, à Saint-Mihiel ou à Da- gonville, car le lieu de sa naissance ne nous est encore connu que par la tradition.

Il fut un des meilleurs sculpteurs du xvi'' siècle: son œuvre la plus considérable est le sépulcre de Saint-lMihiel ; la mise au tombeau y est représentée avec beaucoup de sentiment et d'habileté : les figures, au nombre de treize, sont de grandeur naturelle et eu pierre de la Meuse. Si le nom de liichier est attaché par la tradition, de la façon la plus au- thentique, à ce monument qu'il n'a pas signé, par contre, on peut voir, dans la petite église de llalton-le-C!iàtcl, située entre Saint-Mihiel et Pont-à-Mousson, un calvaire assurément de la même main que le sé- pulcre (1), de la même pierre, et sur lequel sont gravées la date 1523 et les initiales G.R. Le rapprochement de ces deux monuments et du sque- lette en marbre que Richier lit pour le tombeau du duc René de Clià- lons, tué au siège de Sainl-Dizier en lûiii, actuellement dans Téglise de Saint-Elienne àBar-le-Duc, détermine, entre la date fixe d'un des pre- miers travaux du sculpteur de Saint-Mihiel, dans une église de campa- gne (1523), et celle il exécuta la riche sculpture commandée par une princesse de Lorraine pour la chapelle des anciens souverains du Bar- rois (vers 1544), l'époque approximative oîi il dut faire dans sa ville natale le sépulcre qui avait fondé sa réputation et l'a perpétuée jusqu'à nous.

90. Le jugement de Suzanne.

Le sculpteur a figuré au milieu de la composition le jeune Daniel, assis sur un trône élevé de trois marches, et a disposé deux groupes sur les cotés : Suzanne est en avant de cehii de gauche ; elle est retenue par deux soldats, mais l'air de son visage exprime le triomphe de l'innocence, et Ion voit près d'elle sa mère qui, les mains

(1) Vu en juillet 1855.

48 SCOtPTEURS FRANÇAIS, XVI«^ SIÈCLE.

jointes, semble remercier la Providence. Quatre jeunes femmes sont placées en arrière, deux enfants près d'elles, et sept personnages, en costumes civils ou mili- taires, complètent le groupe. C'est vers celui de droite que Daniel est tourné, et son geste expressif s'adresse à l'un des vieillards qui, confus et interdit, est, au pre- mier rang, gardé par un soldat; le second vieillard, ayant l'air accablé, vient à la suite, et un soldat le re- tient par sa ceinture. Dix personnages sont placés en arrière, et le plus remarquable est un fou que l'on voit, au dernier plan, agitant en l'air sa marotte, pour railler les amours caduques. Dans le haut du bas-relief, des nuages sont figurés formant une zone interrompue en son milieu par un grand cartouche qui semble avoir été des- tiné à contenir une inscription ; sur les côtés, les nuages s'écartent pour laisser voir deux anges : l'un étend au dessus de Suzanne la couronne d'innocence ; et l'autre, qui domine le groupe des vieillards, brandit le glaive de la justice pour rappeler cette parole de Daniel : « Le « messager du Seigneur est prêt, ayant l'épée pour te « scier par le milieu, afin qu'il vous extermine. » La composition est gracieusement complétée par un groupe de deux enfants qui sont en avant du trône de Daniel : tous deux sont nus, l'un est renversé et pleure elTrayé par un petit chien qui est sur la première marche du trône; l'autre est debout et sourit en prenant des deux mains un second chien posé sur l'autre marche. Bas- relief de pierre de la Meuse : longueur, 0,410 ; hau- teur, 0,380.

Il a tait partie du Musce des iiioiiuiiieiits fraii<;ais (1), ii° 122 du Catalogue.

nichiei*. îll . L'EXFAM -JÉSUS.

Il est nu , couché et tel qu'on peut se le figurer sur

(i) A Lesoir, Tableau explicalif, XXV, et p. 238; Hu»ee dts moiiu- uients I lançais, U viii, p. 179.

SCULPTEDHS FRANÇAIS, XVI'' SIÈCLE. 49

la crèche. Statue de pierre de la Meuse : hauteur, 0,260.

Ce fragment, qui a faire partie d'un groupe de la Nativité, a éu5 longtemps encastré dans un mur du château de Ligny, il a été acquis en 1852.

Jean GOUJON, sculpteur et architecte.

L'année et le lieu de sa naissance sont inconnus, et la tradition souvent répétée qui a désigné le plus illustre des sculpteurs français comme l'une des victimes de la Saint-Barthélémy est plutôt démentie queconGrmée par les preuves qu'en recherche une critique éclairée (1). Le juste orgueil inspiré par le talent élevé et véritablement original d'un artiste que nous pouvons opposer aux sculpteurs modernes de tous les pays, a excité l'esprit de recherche des hommes qui se sont voués à l'étude des docu- ments de notre histoire : nous devons à M. A. Deville (2) la production de comptes qui ne permettent pas de douter que Jean Goujon ail travaillé, à Rouen, de son art, dans la cathédrale et l'église de Saint-Maclou, en 15iileia2. En outre, une découverte récente (3) nous a fait connaître des dates qui suivent celles-là de si prés qu'elles paraissent se confondre avec elles et déterminent l'époque ignorée jusqu'alors oïi Jean Goujon a commencé, par les sculptures du jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, la brillante carrière presque entièrement consacrée à l'embellissementde Paris; s'il a travaillé à Ecouen , ainsi que semble le prouver la grande analogie qui existe entre les évangélistes provenant du principal autel de la cha- pelle de ce château et ceux du jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois retrouvés depuis peu d'annés {U), et acquis par le Musée en mars 1850, ce dut être de 15!i4 à 15!i7, en un temps très-rapproché de celui oti il avait sculpté le jubé ; on avait eu lieu de le présumer d'ailleurs, par le titre d'architecte du con- nétable (5), qui avait, avant 15fi7, précédé celui d'arrhiiccte du roi. En 1550, Jean Goujon passait marché pour les quatre Caryatides de la tribune de la salle des Suisses (G), au Louvre, et, comme dans le cours de la même année (7), il exécutait les sculptures de la l'oniaine de Saint-Innocent (8), nous remarquerons que ce moment lut celui de l'entier développement et de la plus grande activité de ses talents. 11 a travaillé au château du Louvre en 1555, 56, 57, 58, 59, 60, 61, C2 (9) , et reçu pour ses travaux, en

(1) A. DE LONGPÉRiER, vic de Jean Goujon , dans le Plutarque fran- çais, t. III.

(2) A. Deville, les Tombeaux delà cathédrale deRouen, 1833, Rouen.

(3) Documents trouvés sur la reliure d'une ancienne collection du Jour- nal des Débats.

(4) Léon DE Laborde, Journal des Z)efta<s du 12 mars 1850.

(5) yoirV Architecture ou art de bien bastir, de Marc Vitrcve-Pollion, autheur romain antique, misde latin en françoys, par Jan Martin, secrétaire de monseigneur le cardinal de Lenoncourt, pour le roi très-chreslien Henri II. m.d.xlvii.

(6) Sacval, t. Il, p. 33.

(7) Gilles CORROZET, Antiquités de Paris, 1586.

(8) Biaise De Vigenère, les Statues de Callistrate, 1637, p. 855.

(9) Comptes des bdliments royaux. Voir la Renaissance des arts, par lecomte de Laborde, 1850, t. i", pp. a38, îi50, a63, û71, ((83, a88, a97.

SO SCDLPTEURS FRANÇAIS, XVI'^ SIÈCLfi.

divers payements, quatre mille huit cent soixante livres tournois. A partir du 6 septembre 1562, les comptes royaux ne contiennent plus de paye- ments faits à Jean Goujon ; ils mentionnent depuis le 6 octobre 1502 et sans interruption jusqu'en 1565, les noms de Pierre et François Llieureux, Wartin-le-Fort, Pierre Navjii, Estienne Carmoy, et désignent très-exacte- ment les motifs de scidpture ex(5cut(''S par eux au Louvre (1). Si l'on en conclut que tout ce qui n'est pas leur ouvragea été l'œuvre de Jean Goujon, nousdcvronslui faire honneurde tous les reliefs de la lacade du levant re- construite au xvi= siècle ; c'était l'opinion de Sauvai, qui semble toujours fort bien renseigné et très-judicieux. La lecture attentive de cet historien confirme en la pensée que suggère un examen attentif, (juc Jean (loujon n'a fait d'autres sculptures à l'hôtel Carnavalet (2) que celles qui déco- raient la porte. On les y voit encore, Mansari les ayant respectées dans sa restauration (.3).

Jean Goujon.

9S. La déposition.

Nicodème et Joseph d'Arimathie déposent sur le sol le corps du Christ descendu de la croix ; tous deux sont inclinés, et l'un d'eux, vu de dos, est agenouillé au pre- mier plan. Le fond de la composition est occupé par le groupe de Marie évanouie , et de saint Jean qui la soutient; vers la droite, sainte Madeleine et les deux Marie sont disposées dans des attitudes qui expriment la douleur, la peine et l'abattement. Bas-relief de pierre de Trossy : hauteur, 0,790; longueur, 1,950.

Musée des monuments français, n" 112. Jean doujon.

93. Saint Jean.

Il est assis sur des nuages, vu de profil, regardant à droite, tenant une palme à la main ; l'aigle est posé près de lui. Bas-reliefde pierre de Trossy : hauteur, 0,790; largeur, 0,560,

(1) Comte DE Laborde, Comptes des biUimcnts, t. !"■, pp. 501, 508, 509 ; t. II, pp. 26, 29, 31 ; t. m, p. 16.

(2) SADVAL, t. III, p. 12.

(.?) Voir la face de l'hôtel de Carnavalet, bâti par le sieur Mansart, qui en a conservé l'ancienne porte, gravée par Marot.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XV!-" SlÊCl-E. 51

Jean eoiijon. 5>4. Saint Matthieu.

Il est assis sur des nuages, lisant en un livre que soutient un ange; la tète, posée de profil, est coilTée d'un bonnet. Bas-relief de pierre de Trossy : hauteur, 0,790 ; largeur, 0,560.

Jean doujon. 95. Saint Luc.

Assis comme les précédents ; le corps est vu de face, le visage de profd, regardant à droite ; ses deux mains sont appuyées sur un livre fermé qui est posé sur son ge- nou ; le bœuf est couché vers les pieds. Bas-relief de pierre de Trossy : hauteur, 0,790; largeur, 0,560.

Jean ooujou.

»6. Saint Marc.

Il est assis sur des nuages ; le corps est posé de trois quarts, le visage de profil regardant à gauche ; la barbe est longue, la tête est coiffée d'un voile formant une sorte de turban ; les deux mains soutierment un livre ouvert qui est appuyé sur la tète du lion couché aux pieds de l'évangéliste. Bas-relief de pierre de Trossy : hauteur, 0,790; largeur, 0,560.

L'encadrement des cinq bas-reliefs (compris sous les n*"* 92 à 96) est uniformément composé d'iui rang de perles et d'une moulure ornée de feuilles d'eau.

Ils ont été exécutés de 1541 à ISii'i (1) pour la décoration du 'ubé de Saint-Germain-l'Auxerrois. Sauvai, qui en a écrit une description tr6s-dé- taillée (2), parle avec admiration du bas-relief principal et nous apprend que les marguilliers l'avaient barbouillé de dorure. C'est en cet état (3)

(1) Voir page ^9, note it.

(2) Sauvai, 1. 1<'', p. 304.

(3) Description des monuments français, n" 112 bis; voir pp. 232, 234.

52 SCULPTEURS FUANÇ.VIS, XV r SifcCLE.

qu'il parvint à II. Lenoir, qui semble avoir ignoré sa provenance, mais ne s'est pas mépris sur son attribution. 11 en avait orné un piédestal qui sup- portait, dansleSIusée des monuments français, une colonne funéraire du cardinal de Bourbon (1). I.oisqu'il fut transporté au Louvre, M. Fontaine s'en servit pour la décoration d'une grande cheminée qu'il construisit dans une des salles du musée d'Angoulème (2), eu employant des fragments d'arabesques provenant de (iaillon, qui étaient l'encadrement naturel du saint Georges en bas-relief par Michel Colomb, qu'il y avait adapté. Des indications recueillies à propos ont fait retrouver, en 1850, les quatre bas- reliefs représentant les évangélistes, qui étaient encastrés dans le mur de l'escalier d'iHie maison portant le U, dans la rue Saint-Hyacinthe-Saint- Ilonoré. L'acquisition qui en fut faite alors a complété, de la façon la plus heureuse, l'ensemble d'un des premiers travaitx de Jean Goujon, exécuté dans une église de la ville de Paris.

Jean cionjon.

9^. Une Naïade.

Elle est nue, étendue sur une coquille que portent des eaux, vue de dos et de profil, représentée dormant; vers la droite est un génie ailé qui, assis sur un monstre ma- rin, regarde la nymphe avec une expression de malice. Bas-relief de pierre de liais : hauteur, 0,730; longueur, 1,950.

Jean donjon. 98. Une Naïade.

Elle est nue, étendue sur une longuecoquille, et semble s'éveiller ; elle soulève de l'une et l'autre main un voile que le vent suspend au-dessus de sa tête ; vers la gauche, un génie, coifl'é de roseaux et qui tient d'une main deux poissons, est assis et endormi sur un cheval marin qui tourne vers lui la tète et paraît hennir, comme pour le tirer du sommeil. Bas-relief de pierre de liais ; hauteur, 0,733 ; longueur, 1,950.

(1) A. Lenoir, Musée des monuments français, t. m, p. 135, pi. 12(i.

(2) Comte DE Clarac, Description du Musée de la sculpture moderne, n" 73, p. bU,

SCCLPTEURS FRANÇAIS, XTI^ SIÈCLE. 53

Jean coojon.

99, Une Nymphe, un Triton et deux génies des eaux.

La naïade, vue de face , agenouillée sur une co- quille, appuie la main gauche sur un aviron ; elle est nue et reçoit les caresses d'un triton que l'on voit de dos, sortant des eaux; un enfant, assis sur un dauphin, écarte le voile de la nymphe, et un autre, animé par un sourire, est suspendu sur les enroulements qui termi- nent le corps du triton. Bas-relief de pierre de liais : hauteur, 0,730; longueur, 1,950.

Ces trois bas-reliefs (n"' 97 à 99) ont décoré originairement le soubasse- ment des fontaines de Saint-Innocent, au coin de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers, bâties de neuf l'an 1550 (1), avec tui corps d'iiôtcl (2) par- dessus, formé de deux arcades sur l'une des faces, et d'une seule sur l'autre; ils concouraient à l'ensemble d'une ornementation dont Goujon avait indi- qué la pensée par deux mots inscrits sur le monument : Foniium nymphis. En 1787, lorsque le gouvernement eut adopté le projet de démolir les char- niers des Innocents, la destruction de la fontaine des Nymphes en fut la conséquence (3). Elle resta quelque temps isolée au coin qu'elle occupait. M. Quatremèie de Quincy raconte (4) qu'il adressa au corps de ville un mémoire dont l'objet était d'indiquer les moyens de transporter le monu- ment au milieu de la nouvelle place destinée à devenir un marché, et que M. Poyet, alors architecte de la ville, exécuta le plan dont il semble reven- diquer l'initiative. Kos trois bas-reliefs furent placés au soubassement de la nouvelle fontaine jusqu'au jour la trop grande abondance d'eau résul- tant de l'alimentation du canal de l'Ourcq les menaça d'ime destruction imminente.ct rendit urgent leur enlèvement et leur transport en lieu sûr. Ils furent placés dans le Musée d'Angoulème, au Louvre (5).

Jean donjon.

100. Diane.

Elle est représentée nue, étendue sur le sol, tenant un arc de la main gauche, et pressant de la droite le

(1) Les A n tiiiuiti's de Paris, par Gilles CorROZET, Parisien, depuis aug- mentées par N. ïi., Parisien, 1586.

(2) Livre de diverses perspecUvjs et paysages, faits sur le naturel, mis en lumière par Israël. 1651.

(3) Journal de Paris du il février 1787.

(it) Encyclopédie méthodique, architecture, par Al. Oi'AïntMÉRE ne

QOINCÏ, t. II, p. (175.

(5) Comte DE Clakac, Description, n"' 81, 91, OU.

bi SCDLPTEURS FRANÇAIS, XVI» SIÈCLE.

COU d'un cerf sur qui elle s'appuie ; deux chiens , posés de l'un et l'autre côté, complètent le groupe. La coif- fure de la déesse , formée de tresses et ornée de bijoux, est une de celles qu'ont adoptées les femmes auxvr siè- cle. — Statue de marbre : longueur, 2, 500 ; hauteur, 1,550.

Une tradition moderne a prôté à cette figure symbolique une ressem- blance avec Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, qui est plus que douteuse. Ce qui est vrai, c'est que ce groupe surmontait originairement une fontaine placiîe dans une cour latérale du château d'Anet, et les dessins de Ducerccau (l) nousen font connaîlre et la position et l'arrangement pri- mitifs. Lorsque nigaud dessina, on 1780, et grava la suite des châteaux de France (2), le groupe de Diane porté par la vasque qui nous est parvenue, conservée en partie, occupait le centre d'un bassin, au fond et sur le point le plus élevé de la terrasse du palais. Le plan du xvi"-' siècle n'existait j)lus, la cour avait été transformée en jardins, et unhémicycle reliant deux pavil- lons formait, en arrière de la fontaine, un motif d'architecture destiné à la mettre en valeur ; c'est ainsi que l'avait vu Dargenville lorsque Anet appar- tenait à M. le prince de Dombes, et sa description (3) est tout à fait con- lorme au dessin de Rigaud. « Sur la terrasse de gauche on aperçoit un por- 0 tique d'architecture rustique, décrivant une portion circulaire qui ren- .. lerme la fontaine de Diane. Cette déesse est en niarbre et couchée sur un <. piédestal lort élevé, au milieu d'un bassin nourri par une gerbe. " Dar- genville qui venait d'écrire Sur la cheminée on voit une petite figure Il équestre etd'argent de Diane de Poitiers, « ne fait, au sujet de la fontaine, nulle allusion au souvenir de la duchesse de Valentinois. Quoi qu'il en soit, la statue n'avait pas été épargnée par les destructions révolutionnaires : M. Lenoir raconte [U] comment il la trouva brisée, en recueillit les parties éparses, et la plaça dans le Musée confié à ses soins. En ISlii, lorsque les monuments rassendjiés aux Petlts-Augustins furent restitués à leur ayants droit, le groupe de Diane fut désigné pour être rendu à M. le duc d'Or- léans, héritier des biens de la maison dePenthièvre; mais le roi Louis XVlll le conserva pour le Louvre, en donnant au prince, en échange, une statue de Dupaty, Ajax bravant les Dieux. La Diane fut placée dans le Musée d'Angoulême, au Louvre (5).

(1) Jac(|ues Androuet Ducf.rceau, architecte, Len plus excellents bdli- menls de France, 1607.

(2) Recueil île cent vingt-vne des plus belles t'iies de palais, châteaux et maisons royales de Paris et de ses ewi'(»-on.i!, dessinées d'après nature en 1780, et gravées par J. Rigaud (Calcographie du Louvre).

(3) Voyage pilloresque des environs de Paris, ou description des mai- sonsroyalcs, châteaux et autres lieux de plaisance, situés à quinze lieues aux environs de cette ville, 1755.

{h) A. Lenoir, Musée des monuments français,^, iv, description n"ù07, pi. 146.

(5) ConUe DE Clarac, Description des ouvrages de la sculpture fran- çaise, 182(1, n" 13.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XV!» SIÈCLE. OO

Jeaa eoujon (attribué à). lOt . Henri II, roi de France.

Buste de marbre : hauteur, 0,870.

Il a été longtemps connu sous le nom de l'amiral de Coliguy. Musée des monuments français, n" 551 bis.

IWCOIMVU.

lOS. LOTH ET SES FILLES.

Loth est assis, tenant une coupe en la main gauche ; une de ses filles est agenouillée très-près de lui, l'autre est debout, portant une aiguière. On voit, vers le haut, un génie armé de foudres. Bas-relief d'albâtre, de forme ovale : longueur, 0,250; hauteur, 0,200.

Jean COUSIN, sculpteur, peintre et architecte, à Soucy, près de Sens, vers l'an 1300, mort vers 1589.

La détermination de ces deux dates approximatives est le résultat des recherches et de la critique de M. Frédéric Villot il), qui, dans sa Notice dos tableaux de l'école française, a réuni sur Cousin plus de renseigne- ments qu'aucun écrivain n'en avait encore recueilli. Ou ne saurait mieux faire que de s'y référer. Quelque limité que soit le nombre des peintures de cet artiste, celui des sculptures lui pouvant être attribuées sans con- teste est assurément moindre ; son nom n'est inscrit qu'une seule fois et sous les dates de ISfiO à 1550, dans les comptes des bâtiments de Fon- tainebleau ; on le lit en toutes lettres sur une fort belle gravure (2) dont le sujet est la Mise au tombeau, qui est l'un des types les plus sûrs pour étudier le style et le dessin de Jean Cousin.

103. Philippe de Chabot, amiral de France, mort en 1543.

Il est à demi couché, la tête découverte, revêtu d'une armure et d'une cotte blasonnée de ses armes qui sont, au premier et quatrième d'or à trois chabots

(1) Frédéric ViLLOT, Notice des tableaux de l'écnJe française , 1855,

(2) La Bibliotb(''que impériale en possède deux épreuves, et une troisième est au nombre des raretés qui forment le cabinet de M. de Baudicourt.

B6 SCCLPTEDRS FRANÇAIS, XVI'' SIÈCLE.

de gueules, au deuxième d'argent au lion de gueules couronné, armé et lampassé d'or; au troisième de gueules à une comète d'argent de seize rais. Il a sur la poitrine le collier de Saint-Michel ; le bras droit suit la ligne du corps, et le gauche, qui est soulevé, s'appuie sur un casque, la main tenant un sifflet, tel que les hommes de mer en ont pour le commandement. Statue d'albâtre : longueur, 1,577.

Cette statue provient du monument que Léonor de Chabot avait fait ériger en l'honneur de son père dans la chapelle d'Orléans, en l'église des Célestins. Le monument, très-chargé de sculptures, a été gravé dans l'ou- vrage de Millin (1). La tradition qui l'attribue à Jean Cousin n'est pas de date ancienne; Sauvai, en parlant du tombeau de Chabot, dit (2): 0 Perlan l'attribue à inaitre Ponce, Sarrasin n'est pas de cet avis, tous " avouent que le goût en est fort et superbe ; il ne parle pas de Jean Cou- « sin. Nous ignorons sur quelle preuve s'appuyait G. Brice (3) quand il (I écrivait : Tout proche est le tombeau de Philippe Chabot, amiral de (1 France, mort le l"^' juin 15i3, dont l'ouvrage est de Jean Cousin, le (I même qui a peint le Jugement universel, qtie les Minimes conservent u soigneusement dans leur sacristie. Le travail de ce tombeau fait juger « que Cousin n'excellait pas moins en sculpture qu'en peinture. » Cette attribution de G. Brice a toujours été depuis répétée et est devenue tra- ditionnelle. C'est sous le nom de Jean Cousin que la statue de Chabot a été transportée dans le Musée des monuments français {U) , puis au LouvTe (5).

jrean consin.

i04. La Fortune.

Elle est renversée, regardant le ciel ; à ses pieds est une roue brisée. Statuette d'albâtre : longueur, 0,850.

Accessoire naturel d'une sépulture, elle occupait au-dessous de la statue de l'amiral de Chabot (6) une position toute particulière et qui semble symbo- lique. Lorsque les fragments du tombeau furent transférés des Célestins au Musée des monuments français, elle y suivit la statue, et fut placée sur un piédestal {!) faisant partie d'une disposition nouvelle qui leur fut doiuiée.

(1) A.-L. Millin, Antiquités nalionala.

(2) Sacval, 1. 1, p. 461.

(3) G. Brice, t. ii, p. 285.

(ù) A. Lenoir, n" 98, Musée des monumenls français, t. m, p. 53, pi. 100.

(5) Comte de Clarac, d" 9, Description, p. 7.

(6) A.-L. Millin, Anliquilés nationales, pi, /»2.

{!) A. Lenoir, Mutée des monuments français, t. ni, pi. 100.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI" SifcCLE. 57

Jean Cousin. f05. Un GÉNIE FUNÉRAIRE.

Debout, à demi drapé, tenant une torche renversée. Statue d'albâtre : hauteur, 1,020.

Jean cousin.

106. Un génie funéraire.

Faisant pendant au précédent. Statue d'albâtre : hauteur, 1,020.

Ces deux figures proviennent du tombeau de Philippe de Chabot; elles étaient posées sur des trépieds et se reliaient à une sorte de cartouche qui formait un riche encadrement à la statue de l'amiral (1). M. A. Le- noir (2) en avait décoré un petit monument érigé à la mémoire de J. Cou- sin, dans le Klusée des Âugustins.

Jean cousin (attribué à).

107. François, comte de la Rochefoucauld, cham- hellan du roi François l'\ mort en 1517, et Anne de Polignac, femme de son fis.

Le comte est représenté mort, étendu, la poitrine nue ; Anne de Polignac, que l'on voit près de lui, est renversée et semble accablée de douleur. Bas-relief de marbre : hauteur, 0,520 ; longueur, 1,3G0.

Telle est la désignation appliquée à ce monument funéraire par M. A. Lenoir (3), qui l'attribue à Jean Cousin et n'en dit pas la provenance.

(1) Voir la planche gravée dans l'ouvra-e de A.-L, Millin, les Anti- quités nationales.

(2) A. Lenoir, t m, p. 100, 253, pi. 117.

(3) A. Lenoir, Description des monuments français, n" 558.

68 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI<' SIÈCLE.

Lorsqu'il fut transporté au Louvre après 1816, M. le comte de Clarac (1), en réunissantce bas-relief à la statue de l'amiral de Chabot, assura qu'il re- présentait un des ancêtres de Philippe de Chabot et sa femme, sans com- muniquer aucune preuve.

INCO]\]NU.

f OS. François I", roi de France, mort en 1547.

La main droite tient un rouleau et la gauche est ap- puyée sur le côté; l'armure est ornée de rinceaux, et le collier de Saint-Michel traverse la poitrine. Buste à mi-corps assez semblable à une section de statue; bronze : hauteur, 0,640.

Il a fait partie du Musée des monuments français, n" 1Ù5, et M. A. Le- noir, qui l'attribuait à Jean Cousin, n'en a pas indiqué la provenance.

EVCONNU.

fl09. Charles-Qlint, roi d'Espagne.

La tête est posée de profil, regardant à droite; elle est couronnée de lauriers ; la barbe est entière ; la cui- rasse, qui est sans ornements, supporte un collier de la Toison-d'Or. Sur l'épaule on lit l'inscription qui suit :

CAROLOVMAX.IMPOPT.PRINCIPI.ANT.PERRENOTGRAÎS- VELLANVS COEPS : ATREBATENSIS . EIVS . PRIMVS.CONS : RERVM.STATVS.ET.SIGILLORVM.CVSTOS.DNO.S.OPTIME. MERITO.HANC.AD.VIVVM.HVIVS.PRINCIPIS . EFFIGIEM .

DiVTVRN^.MEMORLE.EX./ERE.POsviT. Médaillon de bronze, en forme de cartouche qu'encadrent des enlace- ments auxquels sont mêlés quelques masques : hau- teur, 0,680; largeur, 0,580.

iVlusée des monuments 'rancais, 146.

(1) Comte DE Clarac, Descriplion du Musée de la sculpture moderne, u"10.

SCULPTEURS FRA>ÇAIS, XV!"^ SIÈCLE. 59

FREMYN ROUSSEL.

Fremyn Roussel est un de ces sculpteurs du xvie siècle, peu connus, dont les ouvrages ont eu le sort, commun à beaucoup d'autres, d'être attribués aux artistes illustres qui dominent et caractérisent celte belle époque. Les comptes des bâtiments royaux contiennent sonnomaunombredcceuxdes imagers qui ont travaillé.'» Fontainebleau, de 15û0àl550 (1). Ils nous appren- nent davantage à son sujet en le désignant comme l'auteur du bas-relief de la Charité (2), qui est un de ceux qui décorent le soubassement du tom- beau de Henri 11, dans l'abbaye de Saint-Denis, cardés lors on a pu étu- dier le style et le mode d'exécution particuliers à cet artiste, et par analogie lui attribuer le bas-relief, de sujet fort incertain, que M. A. I.enoir (3) a honoré du nom de Jean Goujon, et expllcjné comme une allégorie de la mort et de la résurrection.

rreniyn Roussel (attribué à).

110. Le Réveil.

Une nymphe endormie est la figure principale; un génie tenant une torche renversée est près d'elle. Trois jeunes enfants l'entourent, et l'un d'eux sonne en une corne comme pour l'éveiller ; telle est également l'action d'un jeune faune occupant le second plan et celle d'un homme posé debout vers la droite, qui souffle dans une très-longue corne et s'appuie sur une hamadryade. Bas-relief de marbre : hauteur, 0,430; longueur, 0,440.

Musée des monuments français, n" 1*56.

t

rremyn noussel (attribué à].

111. Un Génie de l'histoire.

Sous les traits d'un adolescent, ailé, assis et courbé sur une sorte de livre ou de tablette, suivant du regard ce que sa main semble y tracer ; la draperie laisse à décou- vert les bras et les jambes ; la chevelure est longue et

(1) Comte DE Laborde, la Renaissance des arts, t. i".

(2) Le même , Comptes de 156Û à 1566, 1. 1", pp. 506 et 517.

(3) A. Lekoir, Musée des monuments français, t. ui,p.Q2y[>].HUhis.

5

60 SCULPTEOnS FRANÇAIS, XVI<^ SIKCLE.

toute la personne est de sexe incertain. Statue de marbre : hauteur, 0,9i0.

Cette statue, qui provient de l'abbaye de Saràt-Denis, oîi elle existait comme une chose dépostie et sans emploi, a été l'objet de beaucoup de sup- positions. JI. A. Lenoir, et d'autres après lui, ont cru qu'elle avait été e\é- cutée pour le mausolée du connétable de Bourbon. » Les connaisseurs, a-t-il

i( dit, l'attribuent à Perrin Vinci, neveu et élf've du grand Léonard On

(1 croit aussi y reconnaître la manière de Nicolo, qui fut appelé en France, en 0 1552, par le roi Henri IL » Ce sont de ces suppositions qu'on ne peut ni accueillir, nirejeter, jusqu'au jour oînm document nouveau produitun nom auquel on n'avait pu songer. Or, on lit dans les comptes royaux : « AFrcs- '. min Roussel, sculpteur, la somme de 150 livres pour faire tailler bien et 0 dueuient une figure d'ange dedans une pierre de uiarbre qui lui a été, par » leditSaint-Martin, baillée, à la hauteurde trois pieds ou environ, laquelle Il figure tiendra im tableau faisant mention de la figure (?) du feu roy Fran- « cois, dernier décédi'-. 150^-1565. » Et plus loin : u A Fremjii PiOiissel, Il sculpteur, pou'r avoir tenu plus haut et de grosseur de demi-pied ou ea- II viron, une figure de marbre par lui faite, courbée et tenant un livre, Il en forme detablesde Moyse, qui doitservirùl'undes angles de la colonne, u et piédestal lait de marbre et pierre mixte, de la sépulture du cœur du

o feu roy François 1564-15G5. » Cette figured'ange,en marbre, de trois

pieds ou environ, courbée et tenant un livre en forme de table de Moïse, ressemble assez à celle que nous avons sous les yeux pour donner fort à penser. L'on sait, en outre, que cette ligure, destinée à la sépulture du cœur de F'rançois U , n'a point fait partie de ce monument qui nous est connu, et qu'elle a rester sans emploi ; la comparaison de la statue in- certaine avec le bas-relief de la Charité, qui est très-authentique, devra, plus que tout autre indice, éclairer sur son véritable auteur, que nous croyons être Fremyn Pioussel.

Germain PILON, mort en 1S90 (1).

Voici en quels tenues en parle Lacroix du Maine : « Ci. Pilon, Parisien, 0 issu du pays du Maine, car son père était dans la paroisse de Loué, « à six lieues du Mans, qui était aussi la naissance d'Abel Foulon; Pilon B est un des plus excellents statuaires de Paris, voire de toute la France, Il comme il se voit par tous ses ouvrages, tant à Paris qu'en divers lieux u delà France, tant ingénieusement élabourés. Jedésiierais qu"il voulut u mettre en lumière les secrets de sa science pour servir à ceux qui « font profession de cet art. Il florit à Paris cette année 158^ (2). » Cette assertion d'un contemporain conserve toute sa valeur, quoiqu'elle ait été attaquée avec beaucoup de chaleur et à l'aide de quelques textes de dates plus récentes par M. Henouard (3) , dont l'opinion a été depuis généra- lement adoptée. Il importe assez peu que G. Pilon soit originaire ou natil de Loué, du jour l'on a reconnu par lui examen attentif qu'il était impossible de rattacher son nom à aucune des sculptures justement célèbres de l'abbaye de Solesmes {U), ni même de conjecturer qu'elles lui aient servi d'enseignement et aient eu sur son style la moindre in-

(1) Biaise de Vigexère, les Statues de Callistrate, p. 835.

(2) Lacroix dd SIaine, Bibliothèque française, 1588, p. 122.

(3) A. Le\oir, Musée des monuments français, t. m, p. 102. [U] Vu le 12 septembre 1854.

SCOLPTEDRS FRANÇAIS, XVI« SIÈCLE. 61

fliience. G. Pilon, aussi ))ien que notre Jean Goujon, est Parisien par la pratique de son art à Paris (t) pendant plus de trente années, jusqu'à sa mort, et aucun de nos sculpteurs fiançais du W'i" siècle n'a subi autant que lui l'influence du Primatice. Artiste très-fécond, il a travaillé en marbre, en pierre, en bronze, en bois, en terre cuite, en carton-pâte, invention moins moderne qu'on ne le pense en général, si l'on en croit un passage de Sauvai (2) , qui parle d'un crucifix de carte fait par Pilon pour les pénitents noirs du collège de Saint-Michel. Ses premiers travaux pour le tombeau du roi François l''^ dans l'abbaye de Saint-Denis, remontent à l'année 1558(3), et ceux beaucoup plus considérables qu'il a exécutés pour la sépulture du roi Henri II dans la même abbaye, sont compris sous près de vingt années, de 156U à 1583 (4). En 15'71, il était sculpteur du roi Charles IX et habitait à l'hôtel de ^esle (5) ; il achevait en 1585(6) la décoration du cadran du Palais, et l'on connaît une lettre de M. de Mrolaï au grand prieur de Saint-Denis (7), sous la date d'avril 1580, lui enjoignant, sur la demande de la reine, de faire délivrer à M. Pilon du marbre blanc pour faire une image de la vierge Marie. Cette Vierge, qui a beaucoup souffert, et qui du Musée des monuments français a étépoitée dans une chapelle de l'église Saint-Paul, rue Saint-Antoine, est assurément la même que Sauvai décrit et juge très-bien {H) , et dont le modèle en terre se voyait de son temps barbouillé de peinture sous les orgues de la Sainte-Chapelle; on le peut voir aujourd'hui dans la cha- pelle de l'école militaire de Saint-Cyi- (9) qui l'a recueilli après la dispersion du Musée des monuments français, et apprécier par l'un des derniers ou- vrages de la main de Pilon, ce qu'était vers la fin de sa vie l'ingénieux talent qui avait produit dans la maturité de l'âge le groupe très-célèbre que nous allons décrire.

Cermain pilon.

t f S. Les Grâces.

Elles sont au nombre de trois, sont représentées de- bout, drapées, adossées l'une à l'autre et réunies par les maiiK qui se touchent à peine; leurs tètes, gracieuse- ment coiflees, sont posées symétriquement et à distances

(1) Sacval cite ou décrit un grand nombre de sculptures exécutées par Pilon, qu'il a vues dans les églises, les hôtels et les rues de Paris, t. i, pp. 23a, 359, 36.3, ;»07, il08, UU5, fiîiS; t. il, pp. 217, 2iil, 388; t. Ill, pp. 3, 16, 21, 6ii7. Voir aussi Dakgen ville, Vie des fameux sculpteurs, t. ii, p. 115.

(2) Sacval, t. ii, p. 388.

(3) Comte de Laborde, la Renaissance des arts, pp. Û6l, 507. (a) Le même, pp. 511, 5ia, 517, 535, 536, 537, 538.

(5) Devis et marchés passés par la ville de Paris pour l'entrée solennelle de Charles IX , en 1571 , publiés par M. L. Docet-d'Arcq dans la Revue archéologique, 1849, p. 587.

(6) G. CoRROZET, les Antiquités de Paris, 1586, p. 120.

(7) Comte de Laborde, la Renaissance des arts, 1. 1, p. 537.

(8) Sauval, 1. 1, p. ÛÛ5 ; t. m, p. 16. Voir aussi Dargenville, Voyage pittoresque, 1752, p. 37.

(9) Vu le 5 septembre 185£i.

fi2 SCDLPTEDRS FRANÇAIS, XVI'' SIÈCLE.

égales pour supporter une urne qui, otiginairement, a contenu le cœur du roi Henri II, lorsque ce groupe élé- gant, ayant une destination funéraire, était au nombre des monuments qu'abritaient les voûtes de la cliapelle d'Orléans, l'une des plus riches en sépultures de l'église des Célestins. Groupe de marbre : hauteur, 1,500.

La reine ayant fait exécuter ce gracieux monument que Pilon tailla dans un seul bloc de marbre, vers Taunde 1560 (1), y déposa le cœur de son mari, ainsi que l'indique l'inscription que l'on lit sur l'une des faces- du piédestal :

HIC COR DEPOSVIT REGIS CATHARINA HARITI ID CVPIEJJS PROPRIO CONDERE POSSE SINV.

Le distique gravé sur la seconde face célèbre sa tendresse conjugale r

COR JV>CTVM AMBORVM LONGVM TESTATVR AMOREM AME HOMINES JVNCTVS SPIRITVS AME DEVM.

Et le troisième explique et justifie le sujet du groupe :

COR QVO^DAM CHARITVM SEDEM COR SVMMA SECCTVM TRES CHARITES SVIIMO VERTIGE JVRE FERVNT.

Ce sont donc bien les grâces, mais les grâces chrétiennes, presque dos charités, et telles qu'on les a pu confondre avec les vertus théologales (2). Le piédestal, taillé sur un plan triangulaire que décrivent trois lignes courbes et très-orné de reliefs dont le motif central est un cartouche en- touré de masques et de guirlandes auxquelles se rattachent de jeunes en- fants, n'est pas de la main de Pilon; il est l'œuvre de Dominique Floren- tin (3), qui fit également le modèle du vase et le termina après qu'il eut été fondu en cuivre par Benoist Boucher [U] : je veux parler de l'urne originaire, car le vase que l'on voit aujourd'hui sur la tète des Grâces est en bois doré et moderne. Ce Dominique Florentin est Donienico del Barbiere, cité par Vasari dans la vie de Primatice et le môme que Félibien, en l'un de ses entretiens, appelle, par une erreur de copiste, Damiano del Barbiere. Les comptes des bâtiments (5), qui le font con- naître comme auteur du piédestal des Grâces, nous ont appris également qu'il a exécuté à Fontainebleau des ouvrages en mosaïque rustique, neuf figures en bois, de déesses, pour la décoration du jardin de la reine, et aussi leYnodèle en terre d'une statue agenouillée de Henri II, pour servir à la sépulture de ce prince. Le groupe des Grâces, après la destruction des Célestins, a été l'un des

(1) Comte DE Laborde, la Renaissance des arls, t. i", pp. 494, ù95, 500.

(2) Elegiacum rarmrn de pio régis Henrici hujus nominis secundi corde, cité parLELABOCREi^R, Tes Tombeaux des per$onn€sitlustrcs,l6U2, p. 33.

(3) Comte DE Laborde, la Renaissance des arts. 1. 1'^', pp. 495, 500, (U) Le même, t. i«', p. 495.

(5) Le même, t. i", p. 421, 490, 491, 513.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI' SIÈCLE. G3

ornements du Musée des monuments français (1), et plus tard du MusOc d'Angoulùme au Louvre (2).

oerniain Pilon.

ItS. Valentine Balbiane, femme du chancelier de Birague, née en Piémont l'an 1518, morte à Paris, l'an 1572.

Elle est représentée lisant, étendue sur un coussin ; ayant le bras gauche accoudé sur des carreaux et la main droite ramenée en avant pour soutenir le livre ; les des- sins de sa robe imitent un riche damas, et des passe- menteries sont indiquées sur le corsage et sur les man- ches ; un très-petit chien, de race épagneule, est posé sur le devant. Statue de marbre : hauteur, 0,830, lon- gueur, 1,920.

cermaln Pilon.

114 et 115. Deux petits Génies funéraires.

Ils ont été réunis à la statue de Valentine Balbiane et sont placés comme ils l'étaient sur son tombeau ; tous deux sont assis et tiennent des torches renversées. Statues de marbre : hauteur de l'une, 0,520; de l'autre, 0,510.

Ces trois figures (n"* 113 à 115) proviennent de la sépulture de 11°"^ de Birague, érigée en 157Ù dans l'église de Sain te-Catherine-du-Val-des-Ecoliers, et nous sont connues par la planche insérée dans leCorrozet;niais cette gra- vure, précieuse parce qu'elle est contemporaine du monument, n'indique pas l'effigie de femme morte qui a été placée sur le soubassement, de même qu'elle l'avait été par M. Lenoir (3) lorsqu'il avait rétabli dans le Musée des monuments français les tombeaux du chancelier et de sa l'enune , en les réunissant. Toutefois, cette planche, qui offre sur d'autres points des inexactitudes et des omissions, hiisse voir en la même place une longue tablette dont la forme et l'étendue sont telles qu'il est nécessaire pour la

(1) A. Lenoir, Tableau explicatif, n" 111. Musée des monuments français, t. m, p. 132, pi. 123.

(2) Comte DE Ci^iRAC, Musée de la sculpture française, n" 69, p. i»8.

(3) A, Lenoir, Musée des monuments français, t. m, p. 126, pi. 125,

64 SCULPTEURS FRANÇAIS, XYI* SIÈCLE.

contenir, et l'on ne peut méconnaître que cette effigie d'une morte, qui a tous les caractères d'une œuvre de Germain Pilon, n'ait une très-grande ressemblance avec l'image vivante de M"' de Birague. Corrozet ni Sauvai ne nomment le sculpteur, quoique le premier décrive avec détail les deux tombeaux de l'église Sainte-Catherine. Germain Brice (1) le désigne sans hésitation; il (Ut : « Les curieux y vont voir les ouvrages de Germain « Pilon, qui n'a rien fait de plus beau que ce monument. » Musée des monuments français, n" 108.

eermaln Pilon.

116. Effigie d'une femme morte.

Elle est étendue , nue , les cheveux déliés , les mains croisées , le visage vu de profil ; quelques parties du corps sont voilées par le suaire, Bas-relief de marbre : hauteur, 0,330 ; longueur, 1,620.

ccrniain Pilon.

11 '5'. René, cardinal de Birague, chancelier de France, à Milan, en 1506, mort à Paris en 1583.

Il est représenté agenouillé, les mains jointes, vêtu du manteau de cardinal , la tête nue, ayant devant lui un prie-Dieu, en marbre blanc, orné de têtes d'anges. Statue de bronze : hauteur, 1,430.

Elle faisait partie du monument (2) queFrançoise de Birague, marquise de Néelle, avait fait ériger à son père, en l'église de Sainte-Catherine-du- Val-des-Écoliers, dont il avait été prieur, lorsqu'il fut entré dans les or- dres, après la mort de sa femme, Yalentine Balbiane. Corrozet nous ap- prend que le tombeau du seigneur de Birague fut achevé au mois de juin de l'année 1585.

Musée des monuments français, 108.

Ocrmain Pilon. 118 à ISl. Les QUATRE VERTUS CARDINALES.

Elles sont posées debout et sont drapées ; les pieds

(1) G. BiiiCE, Description de la ville de Paris, t. ii, p. 200.

(2) G. Corrozet, les Anliquilés de Paris, 1586, partie, p. 1)3; partie, p. 103, à laquelle est jointe la planche.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI» SIÈCLE. 63

sont nus , les bras manquent. Statues de bois : hau- teur : 1,900.

Ces quatre belles figures ont eu pour destination originaire de sup- IKirter la châsse de la sainte patronne de Paris, dans l'abbaye royale de Sainte-Geneviève-dii-Mont ; il existe une gravure d'Abraham Bosse qui représente les religieux descendant les reliques de la sainte, et Ton y voit les quatre statues, qui alors étaient dorées, surmontant un ordre isolé d'architecture ionique, posées au droit des colonnes , ayant un bras replié pour soutenir la châsse, et l'autre relevé qui porte une tor- che enflammée. M. A. Lenoir, qui les avait recueillies dans le Musée des monuments français (1), en avait décoré les angles d'un soubassement qu'il avait imagin'' pour un tombeau de Diane de Poitiers ; plus tard, le roi Louis-Philippe les avait retirées des magasins de l'Ecole des beaux-arts pour les placer à Versailles, d'oui elles ont été transportées au Louvre, nettoyées de la couleur qui les défigurait et groupées sur un piédestal composé de plâtres surmoulés sur celui des Grâces. Ce ne sont pas les seuls ouvrages en bois que l'on sache avoir été taillés par Germain Pilon : sans parler des sculptures qu'il a laites pour les fêles publiques et particulièrement pour l'entrée solennelle dans Paris du roi Charles IX et de la reine Klisabeih d'Autriche, en mars ISTl (2), nous savons que Germain Pilon avait fait quatre ligures de bois, l'une de Mars, l'autre de Minerve, l'autre de Junon et l'autre de Vénus; de l'ordonnance de l'abbé de Saint-Martin, pour la décoration du jardin de la reine à Fontainebleau. Son talent convenait particulièrement à ce genre de sculpture.

Musée des monuments français, û66.

Ciermain Pilou.

1S«. Cheminée provenant d'un château que Nicolas le Gendre de Neufville, seigneur de Villeroy, avait fait construire au xw siècle, près de Mennecy.

Elle a la forme d'un petit monument terminé par un fronton; le centre est occupé par une niche de forme ovale, destinée à contenir un buste, et l'on a placé celui du roi Henri II, que l'on attribue à Jean Gou- jon, et qui a été longtemps désigné comme un portrait de l'amiral de Coligny; l'encadrement de cette niche est une très-élégante couronne de fruits et de fleurs. Deux nymphes sont placées debout, l'une à droite, l'autre à gauche, toutes deux, dans la même pose, tenant des

(1) A. Lenoir, Musée des monuments français, t. iv, p. 77, pi. lJi5.

(2) DOCET - d'Arcq , Devis et marchés passés par la ville de Paris, pour Venir ce solennelle de Charles IX, en 1571, publiés dans la Revue archéologique, année, IS^iO.

66 SCULPTEURS FRANÇAIS, XYI^ SIÈCLE.

fleurs en une main et portant de l'autre une couronne de feuillages qu'elles élèvent au-dessus de leur tête. Deux chimères sont sculptées sur la frise de la cheminée, et les pieds droits sont ornés d'un terme représentant un faune auquel se rattachent des guirlandes et d'élégants feuillages qui ont été dorés en partie. La masse de cette charmante cheminée est taillée dans une belle pierre de liais, et des marbres de couleurs variées y ont été incrus- tés comme accessoires ou comme fonds. Sur l'une des tablettes on lit la devise: per ardla svrgo. Hauteur de l'ensemble, 4,620; largeur de la tablette, 2,540.

Musée des monuments fiançais (1) n" 551 bis. Musée d'Angouléme, au Louvre, n" 89.

Les cheminées, au xvi^ siècle, ont été un motif de décorations char- mantes : Sauvai cite avec éloges celles de l'hôtel d'O (2), à Paris, qu'on (I tenait être de l'ordonnance de Pilon, et aussi les voûtes des rampes « de l'esralier chargées de figures de bas-reliefs, de festons de fleurs et « d'autres enrichissements, car cette maison était la seule, la plus belle « et la plus superbe au xvi^ siècle, et chacun alors l'allait voir pour un « sou (3). » Telles durent être les cheminées de l'hôtel de Carnavalet, que la marquise de Sévigné (U) appelle vieille antiquaille et faisait attaquer par un fort honnête homme survenu tout à propos pour les détruire. 11 esl vrai qu'elle assure qu'il n'était point architecte.

ocrmaiu pilon.

123. La prédication de saint Paul.

L'apùtre est représenté debout et prêchant : la foule des auditeurs occupe le côté droit et des femmes sont groupées au premier plan ; elles sont assises et l'une d'elles retient en ses bras un enfant nu qui est debout. Bas-relief de pierre de liais : hauteur, 0,750 ; lar- geur, 0,680.

Musée des monuments français, n" 121.

(1) A. LK:<oir., Musée des monuments français, t. iv, p. 192, t. v, . 9, pi. nu.

(2) Sauval, t. m, p. 21.

(3) Idem, t, n, p. 251, p. 200.

(d) Lettre i madame de Grignan, 18 octobre 1679.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XM" SIÈCLE. 67

Ciermalo pilou. 1S4 à fS'î'. Quatre figures de Vertus portaîst

LES INSTRUaiENTS DE LA PaSSION.

Elles proviennent, de même que le bas-relief (n" 123), d'une chaire à prêcher de l'église des Grands- Augustins.

Elles étaient et sont placées sur les angles, dans la position de caryatides, et étaient accompagnées de deux autres qui nous manquent. Ronde bosse, pierre de liais : hauteur, 0,840. Elles sont altérées par le temps et par la dorure , dont elles ont conservé quel- ques traces.

Germain Bricc en parle en ces termes : a La chaire du prédicateur est « surmontée par une grande couronne royale de menuiserie dorée, au- 0 tour de laquelle sont quelques bas-reliefs de Germain Pilon, sculpteur B très-habile ; on a cru les embellir en les faisant doi cr, mais on s'est « trompé (1). 1 Une gravure de l'ouvrage de Millin (2) couiplëte les indi- cations que l'on peut souhaiter.

M. A. Lenoir avait composé, des fragments de la môme chaire, un piédestal (3) pour la statue de Francheville, représentant David vainqueur de Goliath.

«.ernialn Pilon. ISS. La DÉPOSITION.

Le corps du Christ, étendu sur le sol, est soulevé par l'apôtre saint Jean, et la Madeleine, agenouillée vers les pieds, touche de la droite l'extrémité du suaire. La mère de Dieu, dans l'attitude de la douleur, est secou- rue par l'une des saintes femmes, et l'on voit les deux autres qui sont en prière près de la Madeleine ; vers la gauche sont placés debout Nicodème et Joseph d'Ari- mathie, portant l'un les clous et l'autre la couronne d'épines. Bas-relief de bronze : hauteur, 0,480; longueur, 0,815.

Musée des monuments français, n" U5ii, pi. 117.

(1) Germain Brice, Description de la ville de Paris, t. iv, p. 92.

(2) MiLLix, Antiquités nationales.

(3) A. Lenoir, Musée des monuments français, t. iv, p. lui, pi. 15ft.

68 SCOLPTEDRS FRANÇAIS, XVI» SIÈCLE.

Ciermaln Pilon.

1SÎ>. Henri II, roi de France.

Il est couronné de lauriers, revêtu d'une cuirasse que recouvrent quelques plis d'un manteau fleurdelisé, et porte sur la poitrine le collier de Saint-Michel. Buste d'albâtre : hauteur, 0,770. On lit sur le piédouche :

HENRY. II.

Cienualu pilou.

130. Charles IX, roi de France.

Il est représenté à l'âge de dix-huit ans, les cheveux courts , sans barbe. Sa cuirasse est très-richement ornée de rinceaux, et traversée par le collier de Saint- Michel; le manteau est fleurdelisé. Buste d'albâtre, la tète de marbre : hauteur, 0,770. On lit sur le pié- douche : CAROLVS IX. 1568.

Cermaiu Pilon.

131 . Henri III, roi de France.

La tète est nue, la moustache est fine, la cuirasse est ornée, le manteau fleurdelisé; le collier de Saint-Michel traverse la poitrine. Buste d'albâtre : hauteur, 0,770. On lit sur le piédouche : henry m.

M. A. Lenoir assure que ces trois bustes ^n"' 129 à 131), fort curieux comme portraits, décoraient le château du Raincy ; l'état de destruction des têtes de Henri U et Henri 111 indique un long séjour en plein air.

Musée des monuments français, n"' 'jUI, 5!i8, 549.

Musée d'Angoulênie au Louvre, rx"' lu, 25, 26.

SCULPTEDBS FRANÇAIS , XV!*" SIÈCLE. ti9

Germain Pilon.

13S. Portrait d'un enfant.

Il ressemble beaucoup à deux dessins qui font par- tie de la collection des crayons du xvi'= siècle, à la biblio- thèque impériale, et qui portent le nom de Henri III. Buste de marbre : hauteur, 0,320.

INCONNU.

133. JÉSUS SUR LA MONTAGNE DES OlIVIEÇIS.

Il est représenté priant, et l'on voit un ange qui lui apparaît portant une croix et un calice ; saint Jean est prosterné aux pieds de son maître, et les apôtres Pierre et Jacques sont placés au premier plan ; tous deux sont endormis. Vers la gauche et dans l'éloignement, est le traître Judas, guidant des soldats dont la troupe est à demi cachée par la montagne. Bas-relief d'albâtre : largeur, 0,600; hauteur, 0,785.

INCONNU.

134, Nymphe DE Paris.

Elle est nue, posée de face et assise sur le bord d'un vaisseau dont la voile est enflée par le vent; elle soulève de la main droite un filet et tient la gauche relevée sur un aviron. Le vaisseau, de forme imaginaire, est décoré de reliefs représentant des enfants et des monstres marins, et porte, en guise de mât, un obélisque surmonté d'une boule que termine un appendice auquel est attaché un pavillon flottant. Des dauphins sont mêlés aux eaux et des nuages sont indiqués sur le ciel. Bas-relief de pierre déliais : hauteur, 0,450; largeur, 0,260.

70 SCULPTEURS FRANÇAIS, XTI<^ SIÈCLE.

f 3S. Nymphe de la Seine.

Elle est représentée nue, ayant sur la tète des roseaux, assise sur le bord d'un navire; elle tient de la main gauche une tige de lis à trois fleurs, qui symbolise les armes de France, et entoure du bras droit le fût d'une colonne, à chapiteau ionique, placée comme un mât à la pointe du navire qui a la forme d'une coquille et est orné de reliefs représentant des dauphins ; un pavil- lon flotte au-dessus de la boule qui surmonte la co- lonne, et l'on remarque des canons dont les bouches sortent des flancs du vaisseau. Les eaux sont animées par des dauphins et le ciel est indiqué par des nuages. Bas-relief de pierre de liais : hauteur, 0, 450 ; largeur, 0, 260.

inconnu.

136. Une Nymphe et un Génie des eaux.

La nymphe est debout, le corps vu de face, le visage posé de profil et regardant à droite ; elle est coifliée de roseaux; elle tient d'une main un filet, et appuie l'autre main sur le manche d'un aviron; son pied droit est posé sur une urne d'où s'échappent des eaux; l'on voit à côté une urne plus petite, et un jeune enfant qui semble courir de l'une à l'autre. Des herbes forment le terrain et des nuages indiquent le ciel. Bas-relief de pierre de liais : hauteur, 0,450 ; largeur, 0,260.

Inconnu. tS'î. VÉNUS.

Elle est nue et posée debout sur une coquille portée par les eaux ; elle soulève de l'une et l'autre main sa chevelure qui retombe du côté gauche de la tète. L'on voit des dauphins dans les eaux et des nuages sur le

SCDLPTEDRS FRANÇAIS, XVF SIÈCLE. 71

fond du ciel. Bas-relief de pierre de liais : hauteur, 0,450; largeur, 0,260.

Ces quatre compositions (n"' 13a à 137) ont un cadre semblable formé par un rang de perles qui ne sont qu't'bauchées. S'il est vrai que ces petits bas-reliefs proviennent d'un arc de triomphe fait à la porte Saint-Antoine, ils ne pourraient être l'œuvre de Jean Goujon, à qui ils ont été attri- bués, car l'avant-portail de la porte Saint-Antoine, qui avait toujours conservé son ancienne forme de forteresse (1) , fut édilié de 1583 à 1585 (2) , sous le rÈgne du roi Henri 111, longtemps après la mort de Jean Goujon.

BARTHELEMY PRIEUR. Oïl ignove les dates de sa nais- sance et de sa mort.

On a dit qu'il était élève de G. Pilon ; et en effet, par le costume de ses figures et par quelques analogies de détails, on le peut rattacher à ce maître, dont il n'a toutefois ni les qualités ni les défauts. Sauvai (3), qui nous apprend qu'il était huguenot, ajoute que le connétable de Montmo- rency l'avait caché et sauvé du massacre de la Saint-Barthélémy, ce qui est une grave erreur , car le connétable de Montmorency était mort en 1567. Le même historien dit que Prieur a restauré la Diane antique et n'en parle pas à sa louange; il désigne comme ses meil- leurs ouvrages, les figures en bas-relief dont il avait orné le milieu de la face de la petite galerie du Louvre, et particulièrement deux Renom- mées, couchées sur les reins de l'arcade de la porte, que l'on y peut voir de nos jours. Barthélemi Prieur a sculpté le tombeau du connétable dans l'église de Montmorency, et dans celle des Célestins le monument funéraire pour la sépulture du cœur de cet homme illustre, qui fut dé- posé dans la chapelle d'Orléans, non loin de celui du roi Henri II, le prince ayant ordonné de son vivant que leurs cœurs, qui avaient été toujours d'accord, fussent après la mort réunis en im même lieu (4).

138 à 14S. Une Colonne, trois Statues allégori- ques ET DES Emblèmes sculptés en bas-re- lief, proîjenanf du monument funéraire du cœur d'Anne de Montmorency , duc et pair, grand m^aistre et connestable de France, mort en 1567.

La colonne est de marbre blanc, torse, striée, ornée de sculptures qui figurent des pampres et des feuillages de

(1) SAnVAL, t.I",p. 105.

(2) Gilles CORROZET, 1586, p. 121.

(3) SAnVAL, t. I", p. Û60;t. II, pp. 37, U2, U3.

{U) Le Laboureur, les Tombeaux des personnes illustres, p. 61.

72 SCDLPTEDRS FRANÇAIS, XVI^ SIÈCLE.

chêne et d'olivier, surmontée d'un cliapiteau composite, incrustée vers le bas de marbre Isabelle ; elle est de celles qu'on a nommées salomoniques, parce qu'on y a voulu voir une imitation des colonnes du temple de Sa- lomon ; on a dit qu'elle était de l'ordonnance de J. Bul- lant (1), Le socle, de marbre noir incrusté de marbre blanc, porte, sur trois de ses faces, des inscriptions gravées. Hauteur de la colonne avec le socle, 3,230.

Les trois statues, posées l'une en avant delà colonne et les deux autres sur les côtés , sont : la Paix ; elle est inclinée et prête à brûler, au moyen d'une torche renversée, un trophée d'armes placé près de ses pieds.

Bronze ; hauteur, 1,220. la Justice, qui tient une épée de la main droite. Bronze : hauteur, 1,250.

3" l'Abondance, portant en la main droite des épis, et soutenant de l'autre main une corne remplie de fruits. Bronze ; hauteur, 1,280,

Les sculptures du soubassement, de marbre blanc, d'un léger rehef, incrustées dans des plaques de marbre de couleur, figurent des emblèmes de l'Abondance et de la Paix, lépée de connétable et les alérions qui font partie des armes de la glorieuse maison de Mont- morency. — Hauteur, 1,000; développement, 2,720.

L'on peut voir dans l'ouvrage de Millin sur les Antiquitét natio- nales, une gravure du monument tel qu'il était en son état primitif, dans la chapelle d'Orléans, aux Célestins : la statue de l'Abondance était la seule qui accompagnât la colonne que surmontait alors une urne funé- raire; les deux autres statues formaient à droite et à gauche des motifs détachés. M. A. Lenoir (2), en rétablissant, dans le Musée des monu- ments français, les fragments de cette noble sépulture, avait isolé la colonne en la surmontant de la statue de la Justice, et avait placé les deux autres statues sur un soubassement qui portait la colonne funéraire du cardinal de Bourbon. La colonne et les statues furent exposées isolé- ment dans le Musée d'Angouléme (3), au Louvre.

(1) Saoval, 1. 1, p. 1x60.

(2) A. Lenoir, Musée des monuments français, t. m, p. 136, pi. 124; t. V, p. 3, pi. 169.

(3) Comte DE Clarac, Mtisée de la sculpture française, n»» 70, 79, S2, 93.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI«^ SIÈCLE. 73

Baribelenil prienr.

143. Anne de Montmorency, duc et pair, maréchal,

grand maître et connétable de France, frappé, en combattant devant Saint -Denys, de huit coups mortels, dont il mourut deux jours après, le 12 novembre 1567, âgé de soixante-quinze ans.

Il est représenté mort, couché, armé de pied en cap , avec Vépée posée au long du corps ; la visière du casque est relevée et laisse à découvert le visage ; les mains gantées sont jointes ; la cotte est blasonnée aux armes des Montmorency, qui sont d'or, à la croix de gueules , cantonnée d'alérions d'azur ; une couronne ducale entoure le casque; le collier de Saint-Michel traverse la poitrine, et l'ordre de la Jarretière est placé au-dessous du genou gauche. Statue de marbre : longueur, 1,750.

Bartlieleini prieur.

144. Magdelaine de Savoie, mariée. Van 1526, à

Anne de Montmorency ; morte en 1586.

Elle est représentée morte, couchée, la tête reposant sur un coussin ; son costume se compose d'une longue robe et d'un manteau, d'un capuchon formant camail, d'un bonnet qui cache les cheveux, et d'un linge à petits plis qui couvre le menton et descend au-dessous de la ceinture. Statue de marbre : longueur, 1,750.

Le monument que la maison de IMontmorency avait fait ériger en l'honneur du connétable Anne, dans l'abbaye de Saint-I\Iariin de Mont- morency, fut rétabli dans le jardin Elysée du Musée des monuments français (1). Les deux statues du guerrier mort en combattant, et de Madeleine de Savoie sa femme, avaient été conservées (2) , et lorsque le Musée des Augustins 'ut dispersé, elles restèrent en dépôt dans les ma- gasins de l'Ecole des beaux-arts jusqu'au jour oQ le roi Louis-Philippe

(1) A. Lenoib, Musée des monuments français, t. v, p. 3, pi. 168,

(2) Le même, t. iv, pi. 147; t. v, pi. 171.

74 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI^ SIÈCLE.

les fit entrer dans les suites de personnages liistoriques qu'il réunissait à Versailles (1).

Bartbelemi prieur (attribué à).

14S. Henri IV, m de France.

Il est couronné de lauriers; la cuirasse est ornée d'arabesques. Buste de marbre : hauteur, 0,800.

Musée des monuments français, 265. Bartbelemi prieur (attribué à).

146 et 147. Deux Génies funéraires.

Leur pose rappelle les figures dont Michel-Ange a orné les sépultures des Médicis, mais leurs formes sont juvéniles et délicates. Statues de bronze : longueur, 0,950.

INCONNU.

148. Philibert de Lorme, architecte du roi Henri II,

mort en 1577.

Le visage est posé de profil regardant à gauche. Bas-relief, la tête de bronze est incrustée sur un fond de marbre : largeur, 0,390, hauteur, 0,480.

Musée des monuments français, n" U&9.

mCONNU.

149. Christophe DE Thou, premier président aii Par-

lement, mort en 1582.

La tête nue et les cheveux très-courts ; une fraise entoure le cou. La robe est de marbre rouge du Lan- guedoc; le visage, le camail et les revers de la robe,

(1) Notice historique det êculplures, 1839, n»» 229 et 232.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVI'' SIÈCLE. 73

au-dessous des épaules, sont de marbre blanc, Buste : hauteur, 0,704.

Ce buste provient du tombeau de De Thou, qui était dans une chapelle de l'église Saint-André-des-Arts. G. Corrozet (1), qui s'étend sur le sujet de cette sépulture, a joint à sou texte une planche qui nous fait connaître toute la décoration accessoire et nous a transmis l'efligie, qui, comparée à celle que nous avons sous les yeux , présente une analogie parfaite de visage et une entière dissemblance de costume qu'on ne saurait attribuer qu'au caprice du graveur. M. A. Lcnoir, en plaçant dans le Musée des monuments français (2) le buste de Christophe de Thou , l'avait réuni aux statues de Jacques-Auguste, son fds, et de ses deux femmes.

Musée des monmnents français, n" 165.

Musée d'Angoulème, au Louvre, n" 82.

INCONNU.

150. Henri IV vainqueur.

Le roi est représenté en costume romain, coifl'é d'un casque avec un grand panache, brandissant son épée et lançant son cheval sur des ennemis en déroute. Plu- sieurs guerriers sont renversés , un cheval est abattu, un autre fuyant; le roi, suivi de trois hommes d'armes, poursuit quatre cavaliers qui portent des drapeaux. Au fond et vers la gauche, une ville est figurée dans le lointain, et les habitants, implorant la clémence du vainqueur, forment un groupe en avant de la porte. En haut , on voit Jupiter , sortant d'un nuage, qui tient en sa main droite le foudre, et de la gauche présente, au-dessus de la tête de Henri IV victorieux, une couronne de feuillages dont la partie antérieure a été brisée. Bas-relief de marbre : longueur, 0,660 ; hauteur, 0,470,

Musée des monuments français, n" 113, pi. 126.

INCONNU.

151. Une Victoire.

Ailée, couronnée de lauriers , elle est posée horizon- talement, portant en sa main droite une palme et tenant

(1) G. Corrozet , A ntiquités de Paris, 1. 1 , p. 16fi ; t. ii , p. 99, planche.

(2) A. Lenoir , t. v, p. 56, pi. 177.

6

76 scllptedus français, wi'^ siècle.

sur ses deux bras un collier de l'ordre du Saint-Esprit. Des trophées sont disposés vers les extrémités, et l'on remarque, du côté droit, les insignes d'Hercule, que les sculpteurs ont souvent figurés pour célébrer le roi Henri IV. Bas-relief de marbre : longueur, 0,830 ; hauteur, 0,270.

INCONNU.

15S à loS. GÉNIES portant enleurs mains les initiales du nom de Henri, les insignes de la royauté ou des emblèmes en l'honneur de Henri IV.

1" L'un tient la couronne et un étendard aux armes de Navarre ; 2" un autre, la lettre H et deux sceptres reliés par des lauriers; 3' un troisième, une corne d'abondance , la lettre H et les sceptres réunis de France et de Navarre ; k" le quatrième, une couronne et une trompette avec un pavillon aux armes de France. Quatre bas-reliefs de marbre : longueur de cliacu!!, 0,320; hauteur, 0,260.

INCONNU.

iSC». Philippe Desportes, poète, à Chartres en 1545, mort en son ahhaye de Bon- Port Van 1606. Médaillon de bronze contenant un portrait en buste ; bas-relief: hauteur 0,430; largeur, 0,430.

11 provient du monument que Théobald Desportes, frère de Philippe, lui avait fait érigerdansl'abbayede Bon-Port, et dt^coraitlcsoubassementd'une colonne que surmontait une urne funéraire (1). M. A. Lenoir l'avait riMalili en son entier dans le Musée des monuments français, n" 5fi6.

INCONNU.

t&'i. Personnage inconnu,

La tête est presque chauve; quelques cheveux qui garnissent les tempes sont relevés, de même que la

1) Comte DE Clarac, Degcriplion, n" 82.

SCULPTEURS FKANÇAIS, Wir SIÈCLE. 77

moustache ; la barbe est en pointe. Buste, la tête de bronze, l'armure d'albâtre : hauteur, 0,600.

IIVCONNU.

flS$^. Martin Fkeminet, 'peintre, à Paris en 1567, mort Van 1619. Il a peint la chapelle de Fon- tainebleau, fut premier peintre de Henri IV, et reçut de Louis XIII le cordon de Saint-Michel.

La chevelure est courte et bouclée, la barbe taillée en pointe, les moustaches sont relevées ; le pourpoint est boutonné et le col rabattant ; un manteau est drapé sur la poitrine que traverse l'ordre de Saint-Michel. Buste de bronze : hauteur, 0,i90.

Il provient de l'abbaye de Barbeau (1), ofi était le tombeau de Martin l'réniinet. Musée des monuments français, 562. Musée d'Angoulême, au Louvre, n"Ul.

mcoiv]\u.

159. PlETA.

Le corps du Christ est soulevé par la vierge Marie placée en arrière , et un ange, occupant le côté gauche, soutient la tète. Le donateur est représenté du côté opposé: c'est un prélat, vêtu d'habits sacerdotaux, ayant près de lui sa crosse, et agenouillé sur un prie-Dieu qui supporte un livre; ses armes, qui sont placées en avant du prie-Dieu, sont celles de Juste de Serres, abbé de Montbourg, évêque du Puy, mort en 1641. Les chairs et principalement les visages ont conservé des traces de peinture ; les vêtements sont bordés et fes- tonnés d'or; le fond figure une riche étolTe dorée, et l'encadrement est formé par une moulure découpée dont

(1) Voir la planche de l'ouvrage de MiLLiN, Antiquités nationales.

78 SClLPTEUnS FRANÇAIS, XVII' SIKCLE.

les ornements se détachent sur un fond d'or. Bas— re- lief de pierre : longueur, 1,530; hauteur, 0,900.

Il provient de l'église de Sainte-Geneviève.

INCOIMHU.

IGO. L'apparition du Saint-Esprit.

La vierge Marie et trois saintes femmes occupent le fond et sont représentées en prière ; au-dessus de leur tète on voit le Saint-Esprit, sous la forme d'une co- lombe, planant dans les airs. Le lieu de la scène est une chambre percée de portes et de fenêtres ; deux co- lonnes détachées, (pii se relient à l'ensemble de larchi- tecture, divisent en trois compartiments la composition et encadrent les groupes des apôtres qui sont, les uns agenouillés, les autres debout, tous élevant leurs re- gards vers l'Esprit-Saint qui leur apparaît. Bas-relief de pierre, conservant quebpies traces d'une peinture rosée qui lui donne une apparence de terre cuite. Lon- gueur, l,iiO; hauteur, 1,120.

II\CO>TVL. 161. Un Chien.

Bronze : hauteur, 0,960.

Inconnu.

163. Un Chien.

Bronze : hauteur, 0,960.

Ces deux beaux animaux, et deux qui leur sont semblables, décoraient le piédestal d'une fontaine (1) que le roi Henri IV avait fait construire dans le jardin de la reine à Fontainebleau, et qui, privée des quatre chiens, existe encore aujourd'hui, surmontée, comme elle le fut dès l'origine, d'im surmoula<j;e en bronze de la Diane antique. Les chiens lurent tianspoi tés dans les jardins de Saint-Cloud, oîi deux ont été laissés lorsqu'en 1850 ceux-ci furent apportés au Louvre.

(1) P. Dan. h Trésor des merveilles de la maison royale de Fon- tainebleau, MDCXLII.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII'' SIÈCLE. / î»

iivcoNixr.

1C3. Hercule.

Il est représenté en buste, couvert d'une peau de lion. Bas-relief de terre cuite : diamètre, 0,560.

Jl provient d'une maison de Reims.

Guillaume BEUTHELOT.

Cet artiste est cité deux fois dans la Description du châlenn de Riche- lieu, par JI. Vignier, 1" pour avoir fait une Renommée en bronze placée sur le petit dôme qui surmontait la porte, et 2", sur la façade du même dôme, une statue en marbre du roi Louis XIU. Le peintre romain Baglioue, qui a écrit des biographies d'artistes depuis le pontificat de Grégoire XLI, «n 1572 , jusqu'au temps du pape Urbain VIII , en 16U2 , et c'est à peu près l'époque de sa mort , a consacré quelques lignes à un sculpteur français , son contemporain, qu'il nomme Guillaume Bertolot. Le nom n'est pas trop altéré pour être passé d'une langue en une autre. Il nous apprend que ce Français, qu'il cite comme l'un des sculpteurs les plus habiles de son temps, vint de Paris à Rome, il fit ses études et pratiqua son art. Les principaux ouvrages dont Baglione lui fait honneur sont des statues de bronze et, en première ligne , le beau modèle de la Vierge portant son tils dans ses bras, pour être placé, en face de Sainte-Marie-^Iajeure, sur le faîte de la colonne antique qu'on avait retirée du temple de la Paix, au Campo-Vaccino ; il cite en outre deux anges de métal et une statue de l'apôtre saint Paul, également de bronze; il ajoute qu'il restaura pour les Borghèse le Narcisse de marbre , et qu'il en fit ensuite un de métal ; il termine en disant que Guillaume Bertolot retourna à Paris, et qu'après y avoir travaillé, il mourut sous le pontificat d'Urbain VUI.

CiDilIaiiiue Bertbelot (attribué à). 164. La Renommée.

Elle est nue, ailée, représentée volant et soufflant dans une trompette qu'elle soutient de la main droite; dans la gauche est un appendice qui semble un fragment d'un instrument semblable. La statue ne tient à sa base que par l'extrémité du pied droit. Le socle, de forme hémi- sphérique , est moderne. Statue de bronze : hau- teur, 1,340.

M. Lenoir assure ([uc cette statue a été originairement placée à Bor- deaux, au château Trompette, aujourd'hui détruit. La Description du

80 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII* SIÈCLE.

rhdleau de Richelieu par Vignier contient la notice suivante : » Sur le M petit dôme qui est au-dessus de la porte, il y a une Ueiiomniée d'airain « qui est de Bcrthelot, » et il la dépeint ainsi :

La Renommée au vol soudain,

Au-dessus de ce petit dôme.

Une trompette en chaque inain, Publie avec plaisir de royaume en royaume , La grandeur du ministre et de son souverain.

On ne saurait trouver une indication plus juste de la statue que le Louvre possède ; or, une statue identique provenant du château de Boissy et antérieurement de celui de lUchelicu, a été vendue à Paris au mois de décembre 185^ ; celle-là était assurément celle dont parle Vignier et avait été, de même que la nôtre, fondue sur le modèle de Guillaume Berthelot; eten effet l'on n'en sauraitimagiuer aucun qui convintniieux pourtermincr ces dômes qui lurent si fort à la mode dans les constructions du règne de Louis XIU.

Simon GLILLAIN , sculpteur et architecte, à Paris l'an lS8t, mort en la même ville le 26 décembre 1658.

Il fut élève de son père, sculpteur connu sous le nom de Cambrai, du lieu de sa naissance, et étudia ensuite en Italie. Quatre figures d'évangé- listes pour le portail de Saint-Gervais furent, ù son retour, ses premiers travaux qui furent suivis d'ouvrages en grand nombre pour les églises et les maisons de Paris. Lors([ue le pont au Change fut achevé en iùkl, Simon Guillain fut préféré à Sarrazin pour l'exécution du monu- ment que la Ville fit ériger aux frais des propriétaires des maisons du pont, en l'honneur de Louis XIU et de Louis XIV ; il en fut le sculpteur et l'architecte. Aous avons à regretter que le monument ait été démoli en- 1787, mais du moins nous possédons les trois statues principales et un grand bas-relief en pierre qui nous permettent de le reconstruire par pensée. En 16U8, qui est l'époque de l'exéculion de cette œuvre de sculp- ture, Guillain fut nommé l'un des douze anciens ou premiers professeurs de l'Académie de peinture et de sculpture, dont il fut élu recteur en 1657.

16S. Louis XIV, à l'âge de dix ans.

Debout, il tenait à la main un sceptre (la poignée seule a été épargnée) ; le bras gauche, re[)lié à la hauteur de la hanche, soulève les plis d'un manteau royal. Le ca- mail, imitant l'hermine, est traversé par un collier du Saint-Esprit. Statue de bronze : hauteur, 1,530.

Ou monument du pont au Change.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII"' SIÈCLK. 81

Siuion Ciulllaln.

«ee. Louis XIII.

Debout, tenant de la main droite un sceptre dont la fleur de lis a été brisée, et de la gauche faisant un geste de commandement. La chevelure est flottante ; le man- teau royal, relevé, laisse apercevoir l'armure et les bottes qui couvrent les jambes. L'ordre du Saint-Esprit est suspendu sur le camail. Statue de bronze : hau- teur, 2,300.

Du monument du pont au Change. Simon Ciuillalii.

tG'ét. Anne d'Autriche.

Debout, appuyant la main droite sur sa poitrine, elle tenait de l'autre un sceptre dont il ne reste que la poi- gnée. Des perles sont mêlées à ses cheveux, et un col- lier entoure son cou; des dentelles sont indiquées sur le corsage et les manches de sa robe que recouvre en par- tie un manteau fleurdelisé. Statue de bronze : hau- teur, 2,000.

Du monument du iwnt au Cliange. Simon auillaln.

168. Des Captifs et des Trophées.

Quatre hommes, d'âges différents, figurent des nations vaincues : deux sont entièrement couverts de draperies dont ils s'enveloppent; un jeune homme, vu de dos, est entièrement nu ; le (juatrième , dont les bras sont liés en arrière, a la poitrine et les jambes découvertes. Des armes et des étendards sont sculptés sur le fond qu'ils remplissent entièrement. Bas-relief de pierre : hau- teur, 1,140; longueur, 3,670.

Du monument du pont au Cliange.

Vlusée des monuments français, n" '(7'(, pi. 179,

Musée d'Angoulêmc, au Louvre, n"» ûl, Ù2, Û3.

82 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII*^ SIÈCLE.

iSlmon duillaln.

169. Charlotte -Catherine de La Trémolille,

'princesse de Condé, morte en 1629.

Elle est agenouillée, les mains jointes, ayant devant elle un prie-Dieu sur lequel est posé un livre. Sa robe laisse voir la poitrine ; des perles ornent son cou et ses oreilles; son manteau fleurdelisé est doublé d'hermine. Statue de marbre : hauteur, 1,025.

Cette statue avait été érigée* par Henri de Bourbon, dans l'église des religieuses de l'Ave-Maria , et placée sur la clôture de la chapelle de la princesse do Condé (l). Elle a fait partie du Musée dos monuments français (2), et avant d'être transportée au Louvre, elle a été placée dans les salles de sculpture du palais de Versailles (3). (iuilletde Saint-Georges, dans un mémoire lu & l'Académie le U août 1691 , désigne le mausolée de Charlotte-Catherine de La ïrémouille, en l'église de l'Ave-Maria, an nombre des ouvrages de Simon Guillain {it).

fZIO. Louis XIII.

La chevelure flottante forme une masse très-abon- dante sur le côté gauche ; une fraise entoure le cou ; le manteau royal, drapé sur la poitrine, est traversé par les colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Buste de bronze : hauteur, 0,730.

INCONNU.

l*!!. Louis II de Bourbon, dit le Grand Condé, en 1621, mort en 1686.

Il est représenté jeune (il n'avait pas 22 ans lors- qu'il remporta la victoire de Rocroi, le 19 mai 1643). La chevelure est longue et couvre les épaules; un

(1) Le Labouredb, les Tombeaux des persùnnes illuslres, p. 289.

(2) A. Lenoir, n" 170; Description, p. 252.

(3) Notice historique, 1839, n" 256.

(U) P. Mantz , voir VAlhenwum franco is du 29 mars 1856.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XYll* SIÈCLE. 83

manteau drapé cache à demi la cuirasse qui est ornée de ciselures, dont le motif principal est une fleur de lis avec des griffons pour supports. Buste de bronze : hauteur, 0,590.

Guillaume DUPRÉ, graveur de monnaies sous Henri IV et Louis XllI. Il était de Troyes en Champagne et est mort à Paris vers Vannée 1625.

1 VS. Nicolas Brulart de Sillery , chancelier de France, en 1544, mort en 1624.

Il est représenté de profil, regardant à droite, revêtu d'un pourpoint et d'une robe fourrée. Médaillon de bronze, portant l'inscription qui suit: Nicol . Brulaktus. A. Sillery. Franc, et. Navar^.cancel. (larivs.). Diamètre, 0,340.

EVCONIVU.

l'î'3. Saint Sébastien.

Nu, représenté mort et attaché au tronc d'un arbre parle bras droit, qui supporte le poids du corps. Statuette de bronze doré : hauteur, 0,550.

Jacques SARRAZEN (1), sculpteur et peintre, àNoyon en 1388, mort à Paris le 3 décembre 1660.

Après avoir travaillé à l'école du p6re de Simon Guillain, il alla à Rome et y vécut dix-huit années, étudiantde préférence les ouvrages de Michel- Ange, dont il faisait gloire de se déclarer le disciple; de retour à Paris vers 1628, il ne tarda pas à être employé aux sculptures du Louvre, et les Carya- tides qu'il composa pour la décoration du grand pavillon central ténioignè-

(1) L. DossiEox, E. SouLiÉ, Ph. de Chenhevières, Paul Mantz, A. DE MONTAiGLON, Mémoires inédits sur ta vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

84 SCULPTEUBS FRANÇAIS, XVIIC SIÈCLE.

rent de ses droits à continuer l'œuvre de Jean Goujon ; hi r(îpuialioii qu'il en acquit le fit trOs-reclierclier pourrornenientatioii des grandes habitations de Paris et la décoration des églises. Les historiens (1) citent ses travaux à Saint-NicoIas-des-Chainps, à Saint-Gervais, au >oviciat des Jésuites, et surtout dans l'église de Saint-Louis de la rue Saint-Antoine, Ton ad- mirait deux anges portant au ciel le cœur de Louis XllI, fondus en argent et bronze doré, par Perlan, que Sauvai désigne comme le meilleur fon- deur de son temps, et dont on trouve sou\ent le nom joint à celui de SaiTazin pour des monuments de leur art qui exigeaient la réunion de leurs talents; tel Otait le mausolée du cœur du prince de Condé, mort en " 16Û6, œuvre très-considérable et la dernière qu'ait exéciit(''e Sarrazin, qui tomba malade en y travaillant. Il avait été de ceux qui jetèrent les fonde- ments de l'Académie de peinture et de sculpture, l'un des doi'ze anciens ou professeurs en 16!i8, et recteur en 165^».

Jacques Sarrazin.

t 'î'4. Saint Pierre.

Debout ; les mains sont jointes ; la jambe droite, rele- vée, pose sur un fragment de terrain, et près des pieds l'on voit le coq qui rappelle le reniement de l'apôtre. Petite statue de marbre : hauteur, 0,640.

Jacques Sarrazin.

1 ^S. Sainte Marie-Madeleine.

Debout, représentée pleurant et essuyant ses larmes ; elle tient en la main gauche le petit vase à parfums qui sert le plus souvent à la faire reconnaître. Petite sta- tue de marbre : hauteur, 0,550.

0 Dans l'inventaire qui suivit la mort de Sarrazin, les originaux de <i plusieurs bustes furent achetés pour le roi par M. Uatabon (surin- « tendant des bâtiments), avec deux figures entières, de la même main, Il dont l'une représente saint Pierre et l'autre la Madeleine (2). u Ce sont assurément les deux petites figures que le Musée possède, et très-proba- blement des répétitions de celles que Sauvai (3) désigne pour les avoir vues dans la chapelle de l'hôtel du chancelier Séguier, et dont il parle en ces termes : " Sarrazin a élevé sur son autel les figures de saint Pierre et I' de sainte Marie-Madelajne, les patrons du maître et de la maîtresse de « ce palais. »

(1) Sauval, t. I",pp. ïJ^e, 'i62, UaU, a05, !iSO,560; t. II, pp. 29, 31, 158, 192, 196, 343 ;t, m, pp. 2, 3, Ift, 16, W.

(2) (iuiLLET DE Saint-Georges, Mémoire historique. Voir L. Dus- siEUX, déjà cité.

(3) Sauval, t. ii, p. 196.

SCULPTEUES FHAXÇAIS, WH'^ SIÈCLE. 85

Jacques Sarrazin.

176. Figure ALLÉGORIQUE.

Elle représente la Douleur sous les traits d'une jeune femme assise sur un tombeau et déroulant une légende sur laquelle on lit : memobledrvsihenneqvinabbatis ac dnl de bernay et in svpremo senatv parisiensl senatoris integerrimi. vixit annos lxxvi obiit die VII MARTii ANNo SAL. 3IDCLI. Un jeune enfant, à demi caché par l'angle du tombeau, joint les mains et semble exprimer la tristesse. L'on voit, vers l'angle gauche in- férieur, les armoiries de l'abbé de Bernay, et sur le ter- rain, près des pieds de la femme, on Ut la signature du sculpteur : iacobvs sarazin fecit. Bas-relief de marbre, de forme ovale : hauteur, 1 ,320; largeur, 1 ,000.

Sauvai (1) parle de ce monument et le juge très-bien : « A Sainte-Crois- « de-la-Bretonnerie, le tombeau de l'abbé de Bernay, de la conduite de .. Sarrazin , est le plus simple de Paris et le plus modeste, mais il ne passe u pas pour son chef-d'œuvre. »

Musée des monuments français, n" 2Wi.

Jacques sarrazin (attribué à).

l'î'î'. Pierre Séguieb, chancelier de France ^ mort en 1672.

La chevelure est bouclée, le costume est une robe de magistrat, Tordre du Saint-Esprit est suspendu au cou et placé sur la poitrine. Sur le piédouche sont 'ciselées les marques de la dignité de chancelier de France, qui sont deux masses posées en sautoir. Buste de bronze : hauteur, 0,420.

Le chancelier Séguier fut un des protecteurs de l'Académie de pein- ture et de sculpture, et lorsqu'il mourut, les Académies réunies voidurent témoigner de leur reconnaissance et honorer sa mémoire par ime cérémo- nie dont M"* de Sévigné nous a transmis le détail.

(1) Sauval, 1. 1", p. û26.

86 SCULPTEURS FRANÇAIS, XYII» SIÈCLE.

François ANGUIER, à Eu en 1604, mort à Parix en 1669.

11 fut élève de Guillaiii et fit iin séjour de deux années en Italie ; lors- qu'il en fut de retour, il obtint du roi Louis XIII la garde de son cubinet des antiques et lui logement au Louvre. Nous possédons ses ouvrages les plus importants.

f^S à 190. Monument funéraire des ducs de

LONGUEVILLE (1).

11 se compose d'une pyramide de marbre blanc dont les quatre faces sont décorées défigures et de trophées des- tinés à rappeler la gloire militaire de la maison de Lon- gueville et ses goûts pour les sciences, les lettres et les arts. Les quatre figures allégoriques qui accompagnent les angles du piédestal, posées debout, sont : 1" la Force, portant une massue ; 2" la Prudence , qui tient un ser- pent et un miroir; S" la Justice, armée de faisceaux et d'une hache ; 4" la Tempérance. Ces statues sont de marbre : hauteur, 1,480,— 1,474, 1,483, 1,410. Quatre bas-reliefs sont engagés dans le soubassement en dessous de chacune des figures dont ils sont les re- présentations symboliques : pour la Force, c'est un lion qui terrasse un sanglier; une tête de Janus, pour la Pru- dence ; pour la Justice , un génie tenant un balance, et pour la Tempérance, un enfant qui verse un liquided'une aiguière en un vase. Ces bas-reliefs sont de marbre : hauteur 0,486, largeur 0,372. Deux belles couronnes de fleurs taillées en relief sont encadrées dans des lis- tels de marbre noir. Hauteur, 0,490; longueur, 0,620. Une sorte de piédestal supporte la pyramide et repose, ainsi que les quatre statues allégoriques qui l'accompagnent, sur un large soubassement; ce piédestal, surmonté d'un couronnement sont sculptés un sa- blier et deux torches renversées, est orné de deux bas-

(1) Voir la gravure de Marol.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII« SIÈCLE. 87

reliefs de cuivre doré : celui (jui occupe la face antérieure représente la bataille de Senlis, Henri de Longueville défit le duc d'Aumale, et le vainqueur y est figuré com- baltant a»i centre d'une mêlée de cavaliers armés à l'an- tique. — Hauteur, 0,406 ; longueur, 0,758. L'autre est le secours d'Arqués , et Ton y remarque le roi Henri IV, parlant au duc de Longueville, qui est vu de dos, ayant près de lui son cheval tenu en bride par un écuyer. Hauteur , 0,i06 ; longueur , 0,758 Hauteur de la pyramide, 4,350.

Lorsque ce monument servait de sépulture aux ducs Henri I" et Henri II de Longueville, morts le premier en 1595, le second en 1663, et à Charles Paris d'Orléans, dernier duc de Longueville, tué en 1672, il était dans la chapelle d'Orléans, de l'église des Célestins (1). Il fut transporté et rétabli dans le Musée des monuments français (2) ; mais lorsque les fragments en furent rapportés au LouvTe, ce fut isolément qu'ils furent exposés dans le Musée d'Angoulême (3).

François Angnier.

191. Jacques- Auguste De Thou, président à mortier au parlement de Paris, historien, mort eniQiT.

Il est agenouillé, la tète nue, couvert d'un long man- teau qu'il relève de la main gauche, tandis que de la droite il tourne les feuillets d'un livre posé sur un prie- Dieu, qui est composé dune figure d'ange terminée en console renversée. Statue de marbre : hauteur, 1,450.

Elle provient du tombeau de cet homme célèbre dont l'efligie, ainsi que celle de ses deux femmes, était placée dans l'une des chapelles de l'église Saint-André-des-Arts pi). Lorsque l'église fut détrmle, les frag- ments de ces sépultures furent transportés au Musée des monuments français et y furent réimis (5). Après 1816, les statues de Jacques-Au- guste de Thou et de'ses deux femmes restèrent en dépôt dans les maga-

(1) Sauval, t. 1", p. aei.

(2) A. Lenoir, n" 207 , Musée des monuments français, t. v, p. 107, pi. 175.

(3) Comte de Clarac, Musée de la sculpture française, n»» 85, ft5, 46, 76, 66, 71, lu, 2, 12, 8, 6.

(4) G. Brice, t. m, p. 218.

(5) A. LE^OIR, Musée des monuments français, t. v, p. 55, pi. 177.

88 SCULPTEURS FRANÇAIS, XV11« SIÈCLE.

sins de l'École des beaux-arts, d'oii elles fureni retirées par ordre du roi Louis-Philippe, qui les fit placer dans le Musée de Versailles (1), aile du Midi, galerie 139.

Musée des monuments français, 165.

François Aiignier.

19S. L'Histoire inscrivant le titre des œuvres DE Jacques de Thou.

L'Histoire, sous les traits d'une femme ailée, à demi nue, est assise et écrit sur une tablette que soutient un jeune enfant, ces mots : Iacobi Avgvsti Thvani his- toriarvm svi temporis libri cxxxviii. Un petit enfant, tenant une couronne et une branche d'olivier, entoure du bras gauche le cou de celui qui supporte la tablette ; un autre, ayant à la main une longue trom- pette, avance la tête pour voir les mots qu'a tracés l'His- toire. Vers l'extrémité gauche, trois génies sont occupés à entasser des livres ; de l'autre côté, cinq forment un groupe dont toute l'action est dirigée sur une balance que tient l'un d'eux, représentant l'équité de Thistorien, de même que l'épée et le faisceau d'armes que Ton voit aux mains de deux autres en personnifient la vigueur et la fermeté. Une autruche est placée en arrière. Bas- relief de bronze : longueur moyenne, 1,220 ; hauteur, 0,330.

Il provient du tombeau de l'historien De Thou (n" 191).

François A^nguler.

193. Jacqlesde Sol'vré, chevalier de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem, grand prieur de France ^ mort en 1670.

Il est représenté mourant, à demi couché, le haut du corps nu, les jambes couvertes d'une draperie; en ar-

(1) Notice det iculplures de Versailles, 1839, 290, p. 197.

SCCIPTEUnS FMAîSÇAIS, XVII'' SIÈCLE. 89

rière est posé un enfant dont le visage exprime l'anxiété, et près des pieds un trophée d'armes qui rappelle les services militaires du chevalier de Malte. Groupe de marbre : hauteur, 1,160 ; longueur, 1,960.

Ce groupe provient du tombeau que François Anguier (1) avait exé- cuté dans l'église de Saint- Jean-de-Latran, qui était située en lace le Collège royal, et était la seule maison que l'ordre de Malte eût à Paris, avant que le Temple lui eût été donné. M. A. Lenoir l'avait placé dans le Musée des monuments français (2), et en avait formé un monument en y réunissant des fragments qui sont restés à l'École des beaux-arts, lors- que le roi Louis-Philippe fit placer dans le Musée de Versailles (3) la fi- gure de Jacques de Souvré, que l'on a vue jusqu'en 1850 dans l'aile du nord, galerie 90.

Musée des monuments français, n" 191.

Michel ANGUIER, à Eu le 28 septembre 1612, acadé- micien en 1668, mort à Paris le 11 juillet 1686.

Après avoir laissé les premiers essais de sa jeunesse dans sa ville na- tale, il vint a Paris, oîi il fut élève de Guillain, puis il partit pour Rome et y resta dix ans. A son retour, en 1651, ayant exécuté quelques sculptures au monument du duc de Montmorency, que son frère aîné, François, exécutait en l'église des religieuses de Sainte-Marie, dans la ville de Moulins, il commença une suite non interrompue de travaux importants dans la ville de Paris': les plus considérables ont été la décoration des pla- fonds du Louvre, dont Piomanelli a lait les peintures, en 1662 ; les sculp- tures du Val-de-Grâce en 167^1, celles de la porte Saint-Denis. Son dernier travail fut un crucifix pour l'autel de la Sorbonne. Nous ne possédons de lui qu'un buste.

194. Jean-Baptiste CoLBERT , marquis de Seigne- lay, mort en 1683.

La tête est coiffée d'une vaste perruque; le manteau, drapé à grands plis, est décoré d'une croix du Saint- Esprit. Buste de marbre : hauteur, 0,798.

Musée des monuments français, n" 200 bis.

(1) DussiEux, E. SouLiÉ, Pu. de Chennevières, Paul Mantz, A. DE MONTAiGLON, Mémoires inédits sur lu vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture, 1. 1, p. Û68.

(2) A. Lenoir, Musée des monuments français, t. v, p. 91, pi. 185. (.3) i\otire de la sculpture du Musée de Versailles, 1839, u" ai3.

90 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII^ SIÈCLE.

INCONNU.

195. TÊTE DE Fleuve.

La barbe est longue et ondulée ; elle est, ainsi que la chevelure, taillée dans le marbre sans être polie. Buste de marbre noir : hauteur, l,OiO.

Gaspard et Balthazar MARSY. Gaspard, à Cambrai en 1624, académicien en 1657, mort à Paris le 10 dé- cembre 1681; Balthazar, à Cambrai en 1628, acadé- micien en 1673, mort à Paris le 26 mai 1674.

Tous deux, après avoir consacré quelques années à travailler sous les ordresdeSarrazin, d'AnguieretdeVanObslal, firent preuve d'une grande fécondité de talent pour la sculpture décorative. Les travaux en stuc qu'ils avaient exécutés dans les grandes habitations de Paris ont été' détruits, mais ceux qu'ils tirent pour le roi dans la galerie d'Apollon (1), au Louvre, et les groupes en plomb dont ils ont orné les jardins de Versailles, ont survécu et témoignent de leurs talents, qui ne furent jamais mieux inspirés que quand ils furent réunis. Ils sculptÈrent ensemble, dans l'église de Saint-Gennain-des-Prés, le tombeau (2) de Casimir, roi de Pologne, mort en 16'72. Ce monument, que surmonte la statue du prince, age- nouillé, était accompagné de deux Cgures de captifs qui en furent déta- chées lorsqu'on l'exposa dans le Musée des monuments français (3), et n'y ont pas été réunies lorsque après 1816, le tombeau du roi de Pologne fui restitué à l'église de Saint-Germain-des-Prés, il a été rétabli tel que nous le voyons de nos jours.

196. Un Captif.

Statue de marbre, longueur : 1,500.

Provenant du tombeau de Casimir, roi de Pologne.

19'S'. Un Captif.

Statue de marbre, longueur : 1,600.

Provenant du tombeau de Casimir, roi de Pologne.

(1) Ph. de Chennevières, Description de la galerie d'Apollon.

(2) Voir la gravure par Marot.

(3) A. Lenoir, Musée des monuments français, n" 19a, t. v, p. 9ft, pi. 186.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII« SIÈCLE. 91

luaspard inarsy (d'après).

198. Borée ENLEVANT Orythie.

Réduction du groupe en marbre que Duquesnoy et Gaspard Marsy ont fait en commun, et qui est actuelle- ment dans le jardin des Tuileries. Bronze : hauteur, 1,020.

Il est placé dans la salle des séances.

PiERBE PUGET, sculpteur, peintre, architecte, construc- teur de navires, ne à Marseille le 31 octobre 1622, mort en la même ville le 2 décembre 1694,

Il eut pour premier maître un constructeur de galères nommé Roman, et n'était âgé que de 16 ans, lorsqu'on lança à la mer un bâtiment dont il avait exécuté les sculptures; il n'avait pins rien à apprendre df:s lors dans sa ville natale et partit pour l'Italie, oii il fut tour à tour sculpteur en boisa Florence, et peintre à Rome, sous la direction de Pii-tre de Cortone. En 16't3 il revint à Marseille et fut sollicité par le duc de Bréité de dessiner et faire faire sous ses ordres un vaisseau de guerre tel que pouvait l'imaginer un jeune artiste pour qui étaient déjà familiers les principaux arts du dessin, et qui devait les connaître tous, car il réunit bientôt aux talents déjà acquis le génie de l'architecture, qui se déve- loppa en lui par un second voyage à Rome, consacié à l'étude attentive des monmnents de l'antiquité. Ce l'ut cependant la peinture (I) qui l'oc- cupa d'abord, exclusivement, pendant deux années, de 1653 à 1655, à Marseille, oîi l'amour du sol natal le ramenait sans cesse, et ce fut une maladie qui détourna son choix, et décida de son avenir : à partir de ce moment il fut sculpteur sans cesser d'être architecte. Les Caryatides de l'hùtel de ville de Toulon furent son premier essai. Ce fut alors qu'appelé en Aormandie par le marquis de Vaudreuil, et après avoir exécuté pour lui une statue d'Hercule et un groupe de Janus et Cybèle, il vint à Paris, y connut l'architecte Le Pautre, et fut présenté au surintendant Fouquet, qui voulut l'employer aux grands travaux qu'il projetait pour son château de Vaux, et l'envoya à Carrare pour y choisir ses marbres. Puget s'établit à Gènes, et la disgrâce de Fouquet ayant mis fin à sa mission, il lit de grands travaux dans cette ville, il a peut-être laissé son dief-d'œuvre, le saint Sébastien; il y resta neuf ans. Lorsqu'il revint en France, ce fut à Toulon qu'il alla d'abord, et l'amiral duc de Beaufort l'employa à la décoration de plusieurs galères. La construction d'un arsenal, qui fut projeté et détruit par un incendie dès le début des travaux, éveilla tour à tour en l'âme de Puget une noble ambition et un cruel découragement, qui lui fit solliciter sa retraite. Il revint à Marseille: c'est qu'il a exécuté, pour le roi Louis XIV, les gi'ands ouvrages de sculpture qui ont illustré son nom. C'est qu'il est

(1) F. ViLLOT, Solicc des tableaux, 3' partie, école française, 1855, p. 298.

î>2 «CCLPTEUH8 FHANÇAIS, XVII'" SIÈCI.E.

mort, et son dernier travail fut le bas-relief représentant la peste de Milan. Son caractère fut trop lier et trop indépendant pour se plier à la règle hiérarchique de l'organisation des arts telle que l'avait comprise Louis XIV. Puget ne fut point appelé à l'Académie, qui ouvrit ses porte» au Bernin, et il fut souvent forcé de faire lui-même son éloge et de dire aux honmies de son siècle tout ce qu'il valait et quelle haute estime lui était due.

Puget (d'après).

t99. Caryatide de l'hôtel de ville de Toulon.

Un torse d'homme mi, dont le bras droit est rejeté en arrière et le gauche relevé en avant de la tête qui supporte la corniche d'un balcon, se termine en une gaine que décorent des draperies et d'amples coquilles. Figure de ronde bosse : hauteur, 3,180 ; plâtre moulé d'après l'original.

Poget (d'après).

500. Caryatide de l'hôtel de ville de Toulon.

Un torse d'homme nu, dont la main gauche est appuyée contre le visage et la droite posée sur une cor- niche que la tête supporte, se termine comme le précé- dent en une gaine que décorent des draperies et d'am- ples co([uilles. Figure de ronde bosse : hauteur, 3,180; plâtre moulé d'après l'original.

Cfes deux figures colossales, dont Puget décora la façade de l'hôtel de ville de Toulon, sont les premières sculptures monumentales qu'il fit en France (le contrat passé avec les consuls porte la date du 19 janvier 1656). On assure que Bernin , qui les vit lorsqu'il traversa la Provence, se rendant à Paris, oîi il était appelé par le roi Louis XIV pour achever le palais du Louvre, dit: » Je suis surpris que le roi, ayant un sujet si habile, ait pensé à m'appeler auprès de sa personne. "

Puget.

501. Hercule.

Il est roprésenté nu, assis, la jambe gauche appuyée sur la massue que recouvre une peau de lion, et l'un des bras retombant sur un bouclier. Les pommes d'or que

SCULPÏKUHS KaA>ÇAIS, XVU* SikCLE. 9S

pressent les doigts expliquent que le dieu ne se repose qu'après avoir accompli l'un de ses plus périlleux tra- vaux. — Statue de marbre : hauteur, 1,600.

Pugct ayant été envoyé en Italie, en 16G0, par le surintendant Fouquet, afin (l'y choisir les marbres qui devaient être employés au château de Vaux, s'établit à Gènes et, en même temps qu'il s'occupait de sa mission, il fit et vendit à Guillaume Sublct des Noyers cette statue, qui fut nommée l'Hercule gaulois, qui appartint ensuite à Colbert, fut placée longtemps dans l'avant-cour de Sceaux, et plus tard dans le jardin (1). Au commen- cement du siècle on la voyait dans une des salles des séances de la chambre des pairs.

Piiget.

1SOS. Deux anges enfants.

Ils sont nus, posés debout et appuyés l'un et l'autre sur un socle en console qui est orné sur le devant de deux têtes de chérubins ailées. Groupe de marbre : hauteur, 0,680.

Ce groupe fut exécuté, vers 1670, pour le tabernacle de l'église des Minimes, à Toulon. 11 a fait partie du Musée des monuments français, n" 552, et M. A. Lcnoir en avait orné le monument qu'il avait composé en l'honneur de Pugct.

PIIJJCI.

fiOS. MlLON DE CROïONE.

Debout et nu, il est représenté faisant un suprême effort pour arracher sa main droite de l'arbre qui l'é- treint et ne cède pas, et repoussant de la gauche la gueule du lion qui, attaché à ses lianes, le déchire des dents et des griffes. Groupe de marbre : hauteur, 2,700. Sur la base est gravée l'inscription qui suit :

p. PVGET SCFLP MASSILIEXCIS FA... (ciEBATJ ANNO 1682.

Lorsque la statue de Milon fut envoyée par Pugel de Marseille àVersailles, en 1683, elle fut d'abord placée dans un des endroits les moins fréquentés

(1) Lettre de Lebrun à Puget, en date du 19 juillet 1689.

94 SCULPTEUliS FKANÇAIS, XVII<^ SIÈCLE.

du petit parc, mais Louis XIV la vit et la fit poser en tète de l'allée royale. La reine, touchée de pitié pour une niàle douleur si énergiquement expri- mée, s'écria à la vue du Milon : « AU ! le pauvre homme ! » (1).

pugct.

S04. Persée délivrait Andromède.

Le jeune héros, vêtu et armé à l'antique, s'élance vers le faîte d'un rocher sur lequel se détache tout l'en- semble du groupe. Il délie les chaînes qui retiennent Andromède, et la jeune fille, représentée nue, appuie l'un de ses bras, qui est déjà Ubre, sur le bras gauche de Persée. Le mobile et la récompense probable de l'action héroïque sont indiqués par la présence d'un amour enfant, posé près des pieds d'Andromède, vu de dos et suspendu à l'anneau d'une chaîne. Des armes sont réunies en trophée sur les terrains, et l'on remarque un ruban déroulé sur lequel sont gravés les mots LVDOvico MAGNO ; en outre et sur la base : p. pvget.

MASSIL. SCVLP. AKCH. ET. PIC. SCVLPEBAT ET DICABAT

EX. A {nimo) a (nno) dom. mdclxxxiv. Groupe de marbre : hauteur, 3,200.

Le roi Louis XIV voulut avoir un pendant au groupe de Milon, et, le 20 octobre 1C83, Puget adressait un mémoire à M. le marquis de Louvois, l'on lit ces mots : « Je me suis remis après mon groupe de l'Enlèvement " d'Andromède par Persée, dont j'enverrai bientôt le dessin; j'espère que n cet ouvrage sera plus beau et plus agréé que celui de Milon ; la pièce de « marbre est sans aucun défaut et blanche comme la neige ; j'y ai travaillé, » en divers temps, cinq ans. » Lorsque le groupe terminé fut présenté à Louis XIV, en ICSS, par le fils de Puget, qui déjà avait accompagné le Milon, le roi dit qu'il n'y avait personne dans l'Europe qui le pfit égaler. Il donna la préférence à ce groupe sur le premier; cependant quelques critiques furent faites, et M. de Tournefort, passant à Marseille, dit au sculpteur qu'on trouvait la figure d'Andromède trop petite et que Persée paraissait un peu vieux pour un jeune héros. Puget répondit qu'un de ses élèves, nommé Veyrier , avait, à la vérité, lui peu raccourci la figure d'Andromède en l'ébauchant; que néanmoins on y rencontrait les mêmes proportions qu'à la Vénus de Médicis; à l'égard du IVrsée, ajouta-t-il ei» riant, le coton qu'il a sur les joues niar(|ue plutôt sa grande jetmesseque son âge avancé. En ime autre occasion, il répondit que l'Andiomèdc étai? aussi grande que la plus grande dame de la cour.

(1) Lettre de Lebrun à Pugcl, en date du l'J juillet 1083.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XYIl'' SIÈCLE. 95

Puget. SOS. Alexandre et Diogène.

Le roi de Macédoine est représenté passant à cheval, la tête découverte, la main droite ramenée vers l'é- paule et la gauche appuyée sur la hanche, se retournant vers Diogène que l'on voit presque nu, assis dans un tonneau et disant au prince de s'écarter de son soleil. Un homme de formes robustes et vulgaires retient , à i'aide d'une chaîne, un chien qui semble prêt à s'élancer sur le philosophe ; quelques guerriers, à pied ou à che- val, complètent le groupe qui a pour fond des édifices en perspective. Bas-relief de marbre : hauteur , 3,320; largeur, 2,960.

Il fut fait pour Versailles et n'y fut pas placé (rabord , car Dargenville ■nous apprend qu'on le voyait de son temps dans la salle des Antiques, au Louvre. Puget l'avait commencé à Toulon en 1669, en même temps que la statue de Milon, et en 1685 il y travaillait encore,

pugct (attribué à).

SOC Alexandre vainqueur.

Alexandre est représenté armé et porté par un cheval qui se cabre. Trois barbares sont renversés sous lui : l'un d'eux est mort ; un autre s'appuie en tombant ; le troisième étend un bras et se cache le visage ; des armes sont jetées pèle-mèle sur le sol. On Ht sur la base la signature P. Puget. Groupe de marbre de petite proportion : hauteur, l',100.

Les biographes de Puget nous ont conservé l'indication de la pensée qu'il

aurait conçue d'une statue équestre de Louis XIV : < Quant aux

n autres ouvrages que je pourrais entreprendre pour contribuer à l'orne- <i ment de Versailles, le premier serait le roi à cheval, sur, trois pieds, et u pour soutenir ie fardeau, je pratiquerais quelques broussailles de lau- « riers, mêlées avec quelques épines, armures des ennemis, même quel- le ques soldats renversés au pied de la statue du roi, qui serait grand à <( peu près comme le Milon.» Bien cpie ce groupe d'Alexandre présente quelques analogies de composition avec le projet que renferment les quelques paroles citées ci-dessus, la ligure principale n'offrant aucune ressemblance avec le roi Louis XIV, l'on n'y saurait reconnaître le modèle fin groupe projeté par Puget.

Acquisition de l'ynnée 18Ù9.

96 SCULPTEURS FRANÇAIS, XYII^ SIÈCIE.

IIXCONNU (d'après nernln).

»07. MÉDUSE [Tête de).

Des serpents sont mùlés aux cheveux. Marbre: hauteur, 0,520.

Inconnu (d'après Beruin). »08. MÉDUSE [Tête de).

Semblable à celle qui précède, avec quelques va- riantes. — Marbre : hauteur, 0,520.

Ces deux têtes sont des copies d'une œuvre oiiginale de Bernin con- servée, dit-on, au Mus(îe de Berlin.

François GIRARDON, à Troycs le 16 mars 1628, mort le l"^' septembre 1715.

Il eut pour maître, en son enfance, un menuisier et sculpteur en bois, nommé Baudesson, et se forma surtout par le goût très-vif qu'il conçut pour les œuvres élégantes dont François Gentil, Troyen, et l'Italien Domenico ont enrichi les églises de Troyes au xvi* siècle. Il alla à Rome par la protection du chancelier Séguier et en revint en 1650. Le 7 juillet 1657, il fut admis à l'Académie. Sa vie fut partagée entre Paris et sa ville natale qu'il n'oubha jamais et pour laquelle il a beaucoup travaillé. Ses œuvres les plus considérables, à Paris, ont été la statue équestre de Louis XIV et le tombeau du cardinal de Richelieu, que l'on peut voir en l'église de la Sorbonne. Girardon avait formé un cabinet de sculptures, antiques et modernes qui ont été gravées en six planches par ^icolas Cbevalier,

»09. Louis XIV.

Il est représenté à cheval, tenant les rênes de la main gauche et faisant de la droite un geste de commande- ment ; vêtu à la romaine et coiffé à la mode de son temps. Un bouclier orné d'une tête de Méduse est posé sur la base. Statuette de bronze: hauteur, 1,020. Modèle de la statue équestre que la ville de Paris fil;

SCULPTECUS FKANÇAIS, XVH'" SifeCLK. 97

ériger , en l'honneur du roi , sur la place Louis-le- lirand, en 1699, et qui a été fondue en 1792.

Musée des monuments Trançais, 212.

Girardou. SJIO. Pied GAL'CHE DE LA STATUE DE LOLIS XIV (1).

Bronze : longueur, 0,680.

Mi'sée des monuments français, n"'2£iO.

elrardon.

SU. BoiLEAU Despréaux, poëtey mort en 1711.

Le visage est tourné à droite ; un manteau drapi': laisse voir la chemise qui est ouverte et garnie de den- telle. — Buste de marbre : hauteur, 0,900.

Il a inspiré à Boileau les vers qui suivent :

Grâce au Phidias de notre âge. Me voilà sûr de vivre autant que l'univers; Et ne connût-on plus ni mon nom, ni mes vers. Dans ce marbre fameux, taillé sur mon visage, De Girardon toujours on vantera l'ouvrage.

Il a fait partie du Musée des monuments français, 312. Ciirardon (d'après).

SIS. Pluton enlevant Proserpine.

Réduction du groupe en marbre que Girardon a fait pour le parc de Versailles. Bronze : hauteur, 1,000.

II est placé dans la salle des séances.

(1) BOFFUANU, arcliiiecte du roi i.ouis XV, Descriplion de ce qui a i le imiliquè pour fondre en hronze, d'un seul jet, la fiijure vqueHre de- Louis XIV, élevée pur la ville de l'aris dam la jitacede Louis-le-Grand^ en 1699, enrichi de planches cii taille-douce, Pans, 17'i:5.

98 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVII« SIÈCLE.

INCONNU.

213. Personnage inconnu.

La coiffure et l'habit sont tels qu'on les portait au xvn* siècle. Buste de marbre : hauteur, 0,970.

Jacques BUIRETTE, à Paris en 1630, mort le 3 mars 1699.

D fut reçu à l'Académie le 2 juin 1663, et fut l'un des mattres de Desjardins.

SI 4. L'union de la Peinture et de la Sculpture.

La Sculpture, debout, demi-nue, appuie la main droite sur le torse antique, et la gauche sur le bras de la Peinture, qui tient en lune de ses mains des pinceaux et pose l'autre sur l'épaule de la Sculpture; un amour qui tient une palette est assis aux pieds de la Peinture. Bas-relief de marbre : largeur, 0,700; hauteur, 0,920.

C'est le morceau de réception de Buiretle à l'Académie.

Etienne LEHONGRE, à Paris l'an 1628, mort en mai 1690.

Éltve de Sarrazin, il partit pour l'Italie en 1653, étudia à Rome, ne revint à Paris qu'en 1659 et fut reçu ù l'Académie le 30 avril 1667. Les travaux qu'il exrcuta au Temple, aux Prémontrés du faubourg Saint- Germain, au Luxembourg et à Choisy pour Mademoiselle d'Orléans, de môme que ceux dont il avait orné plusieurs des riches hôtels de Paris, n'existent plus ; il n'est resté que peu de chose de ceux qu'il fit au collège Mazarin, mais ^crsailles en a conservé davantage et l'on y peut étudier son style comme statuaire, sa uianiÈre et son goût comme sculpteur et ornemaniste.

SIS à fil'ZI . Une Colonne ET DEUX Génies funéraires jirovenatit titin tombeau que Madame la ma- réchale de la Meilleraye fit élever dans la chapelle d'Orléans de l'église des Célestins, en

SCDLPTEURS FRANÇAIS , XVH« SIÈCLE. 99

l'honneur de Louis de Cossé, duc de Brissac, mort en 1661, et de Jean Armand de Cossé, frère de Louis, mort en 16^8. Une inscription y rappelait la mémoire de Timoléon de Cossé, comte de Brissac, tué au siège de Mucidan en Périgord, l'an 1569, dont Charles IX avait fait déposer le cœur en la même chapelle (I).

La colonne est de marbre blanc, cerclée de cinq cou- ronnes ducales et ornée de chiffres qui sont formés de la réunion des lettres L et C ; le chapiteau composite est décoré d'aigles qui sont les supports des armoiries de la maison de Cossé. Les deux génies funéraires, debout, aux côtés de la colonne, sont à demi nus; l'un d'eux tient un cœur de la main droite, l'autre est représenté pleurant ; tous deux s'appuient sur un écu armorié qui est de sable à trois fasces d'or denchées par le bas, pour cimier un aigle d'or issant du bourlet du timbre, pour supports deux aigles. Ces deux statues sont de mar- bre : hauteur de la colonne, 3,199 ; des statues, 1,130.

Musée des monuments français, n" 106. Musée (l'Angoulême, au Louvre, n" 67.

Pierre HUTEVOT, à Paris en 1616, élève de Simon Gnillain^ mort le 29 septembre 1679.

SI 8. La Peinture et la Sculpture découvertes PAR le Temps.

Le Temps soulève un rideau et découvre un buste, une palette et des pinceaux, qui sont posés sur un pié- destal ; il est éclairé par la Science, et près de lui est un amour qui tient une équerre, une règle et des compas. Bas-relief de marbre -.hauteur, 0,830; largeur, 0,650.

C'est sur cette sculpture que Pierre Hutinot fut reçu à l'Académie, le 3 septembre 1667.

(1) 11 en est résulté une confusion qui a persisté aussi longtemps qu'un mémoire de Guillet de Saint-Georges, sur les ouvrages de M. Lehongre, est resté manuscrit et oublié dans les archives de l'Ecole dos beaux-arts. Voir Mémoires inédits, t. f, p. 370.

100 SCULPTEURS FRANÇAIS, XVIl<^ SIÈCLii:.

MiKTiN DESJARDEVS {son nom, en hollandais , est Van den Bogaert), à Bréda {Hollande], en 1640, mort le 2 mai 1694.

Ce sculpteur n'est Hollandais que par sa naissance ; il vint jeune à Paris, et tous ses travaux fuient pour la France, il mourut. Il fut reçu ù l'Académie le 28 mars 1671. Il se fit honorablement connaître par la statue équestre de Louis XIV, pour la place Bellecourt, à Lyon, et lorsque le duc de la Feuillade eut la pensée d'élever sur la place des Vic- toires, à Paris, un monument à l'image et en l'honneur de son roi, ce fut Desjanlins qu'il choisit pour le composer et le fondre. La statue de Louis XIV, détruite en l'792, ne nous est connue que par la gravure, mais les bas-reliefs du piédestal nous ont été conservés.

S19. Hercule couronné par la Gloire.

La Gloire, à demi nue et vue de dos, tient en la main gauche une statuette de la Victoire et dépose une cou- ronne sur la tète d'Hercule, qui eu représenté nu, cou- vert d'une peau de lion, ayant en la main droite une pomme du jardin des Hespérides, et s' appuyant de la gauche sur une massue; un dragon abattu est à ses pieds. Bas-relief de marbre : largeur, 0,730; hau- teur, 0,810.

C'est le morceau de réception à l'Académie de Desjardins, qui célébra, sous une forme allégorique, les vertus héroïques de Louis XIV (1).

!930. Edouard Colbert, marquis de Villacerf, mort en 1699. Il était frèredu ministre de Louis XIV.

Il est représenté avec une ample chevelure et vêtu d'un manteau sur lequel retombe un rabat de dentelle. Buste de marbre : hauteur, 1,050. On lit en dessous l'inscription qui suit : Edouard colbert, jiarquis de

VILLACERF, SURINTENDANT DES BATIMENS DU ROI,

(1) L. DUSSIEUX, E. SOULIÉ, PH. UE CHENNEVIÈRES, PAUL MAMZ,

A. DE MoNTAiGLON, Mémoires tnédils, t. i*% p. 391.

SCULPTEITliS FUANÇAIS , XVII' SIÈCLE. 101

AGE DE LXIIII ans, FAIT PAR DeS.IARDINS, SCULPTEUK DU ROI, RECTELR de son ACADEMIE.

M. de Villacerfen fit présent à l'Académie le 29 décembre 1696 (1). Desjardins.

SSl. La préséance de la France reconnue par l'Espagne. 1662.

Bas-relief de bronze : longueur, 1,680; hauteur, 1,100.

ncsjarding.

553. Le passage du Khin, 1672.

Bas-relief de bronze : longueur, 1,680; hauteur, 1,100.

Desjardins.

3S3. La dernière conquête de la Franche-Comté, 1674.

Bas-relief de bronze ; longueur, 1,680; hauteur, 1,100.

Desjardins. *

554. La paix deNimègue, 1678.

Bas-relief de bronze : longueur, 1,680; hauteur, 1,100.

Desjardins. 3SS. Les duels abolis.

Bas-relief de bronze : diamètre, 0,820.

(1) GuÉRiiv, Description de l'Académie royale des nrlx de peinture et de sculpture.

ÎD2 SCCLPTEDRS FRANÇAIS, XVII'' SIÈCLE.

Desjardins. 336. L'hérésie détruite, 1685.

Bas-relief de bronze : diamètre, 0,820.

Ces six bas-reliefs (compris sous les n"' 221 à 226) ont orné le piédes- tal de la statue que le maréchal duc de la Feuillade éleva à ses frais, en l'honneur de Louis XIV (1), sur la place des Victoires, et qui fut inau- gurée avec un grand cérémonial le 28 mars 1686. Us étaient accompa- gnés d'inscriptions qui sont citées fort au long par Brice (2), en son His- toire de Paris. .

Musée des monuments français, n" 208, pi. 176, n°' 319 et 320.

Charles-Antoine COYZEVOX, à Lyon lc29 septembre 1640, académicien le 11 avril 1676, mort à Paris le 10 avril 1720.

II fit ses premiers essais dans sa ville haiale, ses études à Paris, sous Lerambert, et, à l'âge de vingt-sept ans, fut appelé en Allemagne par le cardinal de Furstemberg, pour qui il exécuta d'importants travaux au palais de Saverne. Ceux qu'il fit îi Versailles, dès son retour, en le^l, lui ont assigné l'un des premiers rangs parmi les sculpteurs du siècle de Louis XIV ; ils furent suivis de grands ouvrages pour Marly, qui ont été, en partie, transportés dans les jardins des Tuileries, dont ils sont encore aujourd'hui l'ornement : ce sont les deux chevaux ailés, dont l'un porte Mercure et l'autre la Henommée; une Flore, une Hamadryade, un Faune jouant de la flûte. Le talent de Coyzevox se prétait à tous les genres, et particulièrement au portrait : les bustes qu'il a exécutés avec beaucoup de naturel et de distinction nous ont dignement conservé les traits des hommes les plus illustres de son siècle.

Tombeau de Mazarin :

SS'Î'. Le cardinal Mazakix, agenouillé, la tête nue, re- vêtu du costume des princes deTÉglise, a la main gauche posée sur le cœur ; un ange, placé derrière lui, tient un faisceau, qui était la pièce principale de ses armes ; la barette et un manteau sont posés plus loin. Groupe de marbre: hauteur, 1,600. On lit sur le socle : A. Coyzevox, f. 1692.

Le sarcophage est de marbre portor.

(1) François Lemée, Traité des statues, Paris, 1688.

(2) G. Brice, t, i", p. 398.

SCULPTEURS FRANÇAIS, XVIK PIKCLE. 103

Trois statues allégoriques de bronze sont assises sur les degrés du tombeau et appuyées aux moulures du soubassement; elles représentent la Prudence, la Paix, la Fidélité :

%S8. La Prudence, ayant le pied droit posé sur le globe du monde, soutient un aviron et porte en la main gauche un petit miroir qu'entoure un serpent. On lit sur le manche de l'aviron : A. Coyzevox, f. 1692. Statue de bronze : hauteur, 1,420.

SS9. La Paix, couronnée d'olivier , porte une corne d'abondance, et tient en la main droite une torche abaissée dont la flamme est posée sur un bouclier fai- sant partie d'un groupe d'armes sur lequel elle est assise. Statue de bronze : hauteur, 1,470.

930. La Fidélité , le pied posé sur une cassette, soutient un bouclier aux armes de France et porte en la main gauche la couronne royale. Un chien, qui se blottit près d'eUe, est à demi caché par les plis de la robe. Statue de bronze : hauteur 1,450.

Deux figures de marbre blanc , qui ont fait partie du monument primitif et qui, placées à une grande éléva- tion, servaient de supports aux armoiries du cardinal, ont été rapprochées du tombeau. Elles représentent:

^31. La Religion. Assise, drapée et voilée, regardant le ciel , elle tient une petite église appuyée sur son ge- nou; une cigogne est posée en arrière. Statue de marbre : hauteur, 1,490.

S33. La Charité. Assise, drapée et voilée, elle tient de la main droite un cœur enflammé, et de la gauche attire vers elle un jeune enfant nu et vu de dos. Groupe de marbre : hauteur, 1,480.

Le cardinal ^lazariii avait ordonaé pai son icslaincnl, fait trois jours avant sa mort, le 16 mars 1661, la construction du collège des Quatre-

loi SCULPTEtUS FRANÇAIS, XVII« Slî-.CLE.

Nations. Ses volontés furent exécutées, et son tombeau fut l'ornement principal de la chapelle qu'il avait fondée. Il a fait partie du Musée des monuments français (1), et avait été compris, jusqu'en 1850, dans les suites de sculptures historiques du palais de Versailles (2).

coyzevox.

533. Makie-Adélaide de Savoie, duchesse de Bour-

gogne.

Elle est représentée avec les emblèmes de Diane et vêtue d'une tunique très-courte; sa main droite est l)osée sur la tête d'un lévrier, et la gauche soulève une boucle de sa chevelure qui est ornée d'un croissant. On remarque sur le carquois suspendu derrière les épaules une croix et des fleurs de lis. Les mots : A. Coyzevox, 1710, AD vivvM, sont gravés sur la basé, au-dessous du pied gauche. Statue de marbre : hauteur, 1 ,950.

Elle fut faite pour le duc d'Antin et placée à Petit-Bourg.

coyzevox.

534. Louis XIV, roi de France, mort en 1715.

Il est représenté à genoux, portant la main droite vers le cœur et semblant implorer la protection de Dieu. Il est revêtu du manteau royal et la couronne est posée sur le coussin qui le porte. Statue de marbre : hau- teur, 1,820.

Cette statue fut faite pour l'église Notre-Uaiue de Paris, et terminée en 1715. Elle a fait partie du Musée des monuments français (3), et fut placée, lors de la formation du Musée de Versailles {h), au rez-de-chaus- sée de l'aile du Mord.

coyzevox.

535. Le cardinal de Richelieu, mort en 1642. Les cheveux sont courts, la moustache et la royale

(1) A. Lenoir, Musée des monuments français, n" 187, t. v, p. 8ft, pi. 18a.

(2) Notice historique des sculplures, 1839, 359, p. 230.

(3) A. Lenoir, Description, n" 213.

Cl) Notice historique des sculptures, n" 305.

SCIJL1>TEURS t'RANÇAlS, XVII" SIÈCLE. 105

en pointe ; un rabat retombe sur le camail que traverse un cordon auquel est suspendue la croix du Saint-Es- prit. Sur le scabellon on lit ; Richelieu. Buste de marbre, hauteur, 0,840.

Musée des monuments français, n" 2'76.

» C'oyzevox.

S36. Personnage inconnu,

La chevelure est bouclée; un grand camail couvre les épaules et est traversé par un cordon qui soutenait une croix que l'on a effacée. Buste de marbre : hau- teur, 0,880.

Musée des monuments français, n" ft90. (Sous le nom de Fénelon.)

Coyzevox.

SSV. BossuET, mort en ilOk.

Les cheveux sont courts ; un camail couvre les épaules ; une cravate cache en partie le cou. Buste de marbre : hauteur, 0,780.

Musée des monuments français, n" 311. coyzevox. 238. Charles-Antoine Coyzevox, mort en 1720.

Buste de marbre : hauteur, 0,670. On lit sur le pié- douche : Charles antoine coisevox sculpteur du roi, chancelier de l'académie fait par lui même

DONNÉ A l'académie PAR CHARLES PIERRE COUSTOU architecte du roi, son PETIT NEVEU.

coyzevox.

939. Charles le Brun, peintre, graveur, architecte, mort en 1690.

La chevelure est abondante, la moustache courte ; la chemise est fixée au cou par un poignet brodé qu'a- grafe un bouton d'orfèvrerie; le manteau est drapé. On

106 SCULPTEDRS FRANÇAIS, XVir SIJSCLE.

lit par derrière : c. le brun puemier peintre du roi

ET CHANCELIER DE l' ACADEMIE. A COYZEVOX FECIT.

1679. PAR ORDRE DE l' ACADEMIE. Buste de marbre : hauteur, 0,650.

toyzevoï.

S40. Pierre Mignard, peintre, mort en 1695.

Les cheveux sont longs et flottants ; la chemise est garnie de dentelle, le manteau est drapé. Buste de marbre : hauteur, 0,780.

coyzevox.

S4f . Marie Serre.

La tête est couverte d'un mouchoir formant une sorte de voile et de turban ; la robe est ornée de nœuds. Au- dessous est l'inscription qui suit : marie serre mère

de hyacinthe RIGAVD fait par COYZEVOX EN 1706.

Buste de marbre : hauteur, 0,810.

Musée des monuments français, n" 297.

coyzevox.

Î84!8. Louis XIV, roi de France.

Le visage est posé de profil, regardant à droite ; la chevelure est abondante ; une écharpe, drapée sur les épaules, laisse apercevoir une portion d'armure. Médaillon de bas-relief, de marbre : hauteur, 0,680 ; largeur, 0,5i0. Musée des monuments français, n" 262.

Coyzevox. S43. Marie-Thérèse, femme de Louis XIV.

Le visage est posé de profil, regardant à gauche ; la draperie de la robe est retenue sur la poitrine et sur

SCDLPTEDR8 FRANÇAIS, XVII"^ SIÈCLE. 107

l'épaule par des agrafes ; un collier de perles entoure le cou. Bas-relief de marbre : hauteur,